00:00Monsieur le ministre, Mathieu Devesse pour CNews. Vous demandez de réexaminer 70 000 plaintes qui touchent les enfants en un
00:06peu plus d'un mois.
00:07Est-ce vraiment possible sans saturer encore plus les parquets ?
00:12C'est des procédures qui sont ouvertes. Donc les parquets sont en train de s'en occuper, plus que tout
00:17le monde.
00:18En tout cas, tout le monde. Les échanges que j'ai eus ce matin avec les procureurs généraux, où je
00:24m'inquiétais légitimement de savoir si mes instructions étaient suivies,
00:27ils m'ont répondu, monsieur le président de la conférence des procureurs généraux, que j'ai eu d'ailleurs hier
00:31au téléphone,
00:32comme monsieur le président de la conférence des procureurs de la République, et les procureurs généraux, on a eu un
00:35long échange, quasiment trois heures.
00:37Ils m'ont répondu que ne vous inquiétez pas, monsieur le ministre, nous avons parfaitement conscience de vos consignes et
00:42nous les appliquons.
00:44Donc, puisqu'on s'en occupe déjà, je demande juste de, et c'est normal, de revérifier.
00:49J'ai dit aux mesdames et messieurs les procureurs généraux qu'ils sont eux-mêmes responsables de quelque chose, puisqu
00:54'ils sont chefs de leur parquet général.
00:56Si un dysfonctionnement, une défaillance, ce qui peut arriver, c'est la justice des hommes, arrive, alors qu'ils ont
01:02donné des consignes qui étaient inverses.
01:04Ils réuniraient légitimement leurs collaborateurs sous leur autorité, diraient, est-ce que vous appliquez bien mes consignes ?
01:11Leur parquetier, leurs collaborateurs diraient, bien sûr monsieur le procureur général, et vu le drame, la mort, le viol et
01:18la mort d'une petite fille dans des conditions absolument atroces.
01:22Ils diraient, on va quand même revérifier. Et bien c'est ce qu'on va faire, on va revérifier.
01:28Donc, en tout cas, je ne vois pas dans quel monde je serais, où après avoir pensé que mes circuits
01:39de politique pénale étaient appliqués partout,
01:41constatez qu'il y a au moins un fait à un moment où ça n'a pas été appliqué.
01:45Je n'en tirerai qu'une conclusion et je dirai, rentrez chez vous, tout va très bien, les Français ne
01:50se posent aucune question sur leur justice,
01:52et on va continuer, puis je n'ai sa juge vol.
01:57Ma responsabilité, c'est de dire que même si on doit passer du temps, même si on doit réclamer peut
02:00-être demain ou après-demain des moyens,
02:02même si on constate peut-être une embolisation, c'est de faire la vérité sur ces chiffres.
02:06Moi d'ailleurs, je vais vous dire, monsieur, je pense qu'il n'y a pas un magistrat, il n
02:12'y a pas un agent du ministère de la Justice,
02:13et au fond, je pense qu'il n'y a pas un Français qui n'a pas le cœur serré
02:16devant ce drame ignoble.
02:17Il y a des moments où la vie fait rencontrer l'ignoble à des familles, et on n'y peut
02:25pas grand-chose,
02:26et il y a des moments où on peut se dire légitimement qu'on aurait pu faire les choses autrement.
02:31Et un responsable politique, c'est de pouvoir se le dire à soi-même, se remettre en cause,
02:35et remettre en cause aussi ses procès, ses organisations, même si ça bouscule un peu.
02:39Et donc si, effectivement, on constate que ça demande trop de travail, qu'il y a peut-être plus que
02:44ces 70 000 plaintes,
02:45on va peut-être s'apercevoir qu'il y en a beaucoup plus,
02:46notamment celles qui sont dans les services de police et de gendarmerie,
02:49et qu'on n'a pas su remonter au parquet, par manque de moyens, peut-être, et bien on le
02:55verra.
02:56Mais dans le cas très précis, je voudrais savoir si toutes les enquêtes ouvertes,
03:00comme dans l'affaire Liana, sont traitées, soit comme l'affaire Liana,
03:04soit, comme je l'espère, comme elles sont traitées normalement, comme je l'ai demandé,
03:08c'est-à-dire extrêmement rapidement, avec, si possible, sous l'autorité individuelle de chaque magistrat,
03:15qu'on entend les mises en cause, qu'on le mette en garde à vue,
03:17et quand il y a des moments, des suspicions extrêmement graves,
03:21qu'on puisse le placer en détention provisoire.
03:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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