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  • il y a 6 heures
Au mois de mai, trois radars tourelles ont été incendiés en Guadeloupe, peu de temps après leur installation. Ces dispositifs de contrôle de vitesse sont devenus un symbole de revendication face aux problèmes d’accès à l’eau sur le territoire.


« Pas d’eau, pas de radars ». Sur les réseaux sociaux, le slogan circule sous les publications des vidéos montrant des radars incendiés en Guadeloupe - trois depuis le début du mois de mai. L’un d’entre eux a été vandalisé seulement deux jours après son installation. Il fait partie des neuf nouveaux radars-tourelles implantés sur l’île par la préfecture dans le cadre d’un plan d’actions pour lutter contre la mortalité routière.

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Transcription
00:00En Guadeloupe, trois radars ont été brûlés au mois de mai, seulement quelques jours après leur installation.
00:04En ce moment, on est un peu à cran, donc la population est là-bas.
00:08C'est l'argument que j'entends sur les réseaux sociaux, pas d'eau, pas de radar.
00:12Depuis quelques années, les radars cristallisent les tensions sur le territoire
00:15et à chaque installation de nouveaux radars suit une vague de dégradation.
00:22Début mai, la préfecture a annoncé l'installation de neuf nouveaux radars tourelles.
00:26L'un d'entre eux a été brûlé seulement deux jours après son installation.
00:29Ici, les radars sont un sujet extrêmement sensible.
00:33J'en ai installé neuf, il y en a déjà trois qui ont été brûlés, mais ce n'est pas
00:37très grave, ils seront reposés.
00:39Derrière ces actes de vandalisme, une partie de la population y voit un message envoyé à l'État
00:43pour dénoncer le problème récurrent des coupures d'eau qui pèsent fortement sur le quotidien des Guadeloupéens.
00:48L'argument de tout Guadeloupéen, c'est de dire qu'on a un gros problème d'eau
00:52et pourquoi on n'a pas d'eau et on a des radars pour sécuriser les gens.
00:56Il y a encore des radars qui fonctionnent, donc ce n'est pas la volonté de vouloir exterminer tous les
01:02radars,
01:03mais c'est le manque de respect qui fait que maintenant il y en a marre.
01:06Qu'on pense à la priorité, nos priorités, l'eau, l'hôpital, les routes, qu'on nous bouche les trous.
01:10Je dois changer les roues un peu plus souvent que dans l'année, au moins trois fois dans l'année.
01:15On essaye d'éviter les trous, mais il y en a de partout.
01:17Ce n'est pas bien de brûler les radars, parce que ça évite les mortalités sous la route.
01:25En soi, de les brûler, c'est notre argent qu'on brûle aussi.
01:28Vous savez combien ça coûte ?
01:30Ah non, pas du tout.
01:30C'est environ 30 000 euros.
01:32Ah ouais, quand même.
01:33Ça fait un coût quand même.
01:35S'ils en enlèvent 10, ça fait 300 000.
01:37Ils le mettent sur l'eau.
01:40Ce serait peut-être mieux.
01:42Vous avez des coupures d'eau là où vous êtes ?
01:44Aux abîmes, oui, pas mal.
01:46À peu près tous les deux jours.
01:47Sur les réseaux sociaux, un personnage fictif est même devenu viral aux Antilles.
01:51Il s'appelle Radarman et il serait derrière les incendies des radars ces dernières années.
01:55Un mouvement qui s'est lancé, on l'appelle Radarman, on ne sait pas c'est qui.
02:04Mais il les a tous brûlés.
02:06Ou ils les ont tous brûlés, s'ils sont à plusieurs.
02:08Et là, avec la réinstallation des nouveaux, ça a déjà commencé.
02:13Et c'est loin d'être fini.
02:14Il y a un grand fan club maintenant, puisque bon, on va dire que ce sera notre sauveur,
02:19puisque c'est la réponse à la répression.
02:22C'est un symbole, parce que nous, les radars, c'est l'argent.
02:26Et on nous dit qu'il n'a pas d'argent.
02:28Il y a un Radarman dont on a l'identité, c'est l'artiste guadeloupéen Kérosel.
02:34En 2021, le chanteur a écopé de 9 mois de prison avec Turcy pour avoir brûlé un radar.
02:38Selon les médias locaux, lors du procès, il a revendiqué un acte de contestation sociale.
02:43Pour le préfet de Guadeloupe, le sujet des radars est un faux débat.
02:46C'est pas parce que je travaille contre l'insécurité routière que je délaisse les autres sujets.
02:52C'est raccourci, c'est des raccourcis pour faire du buzz sur les réseaux.
02:55Ça n'est pas la réalité de l'action de l'État,
02:57ça n'est pas la réalité de l'action publique des différentes collectivités de ce territoire.
03:01Nous sommes sur tous les fronts.
03:03Avec 19 décès depuis le début de l'année, la mortalité sur les routes est un vrai sujet en Guadeloupe.
03:07L'année dernière, nous avons perdu 49 personnes sur les routes.
03:10Nous avons une mortalité qui est quand même trois fois supérieure au national.
03:13La vitesse a toujours été un facteur aggravant en plus de l'alcool et des stups.
03:17Aujourd'hui, on voit que les gens brûlent les radars.
03:18Ils ont certainement des revendications à faire passer par l'État sur le plan local.
03:22Mais nous, nous voulons vraiment accentuer sur qu'est-ce que le conducteur fait lorsqu'il conduit.
03:29Aujourd'hui, on parle de comportement.
03:31Lorsqu'on voit un radar, la première réaction, c'est de ralentir lorsqu'on arrive devant le radar et d
03:35'accélérer ensuite.
03:36Donc on a vraiment une grosse problématique de comportement.
03:39Selon la préfecture, les radars sont installés dans les zones les plus accidentogènes.
03:43L'installation de nouveaux radars est couplée avec une série de nouvelles mesures pour lutter contre les accidents,
03:48avec une augmentation de 20% des contrôles routiers, un durcissement des sanctions et la création d'une fourrière administrative.
03:54Ce que je veux, moi, c'est faire passer un message à l'ensemble de la population.
03:59Il est absolument important de respecter les règles parce que l'espace routier doit être un espace où on n
04:06'a pas peur de circuler.
04:07Sous-titrage Société Radio-Canada
04:10Merci.
04:10Merci.
04:11Merci.
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04:11Merci.
04:11Merci.
04:11Merci.
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