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  • il y a 10 heures
Emmanuelle Bocheneck-Puren, procureure de la République d'Orléans

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Transcription
00:02Il y a eu un dysfonctionnement de la justice et c'est inacceptable.
00:06Ce sont les mots d'Emmanuel Macron la semaine dernière,
00:09alors que les révélations se multiplient dans l'affaire de la mort de Liana,
00:12cette collégienne de 11 ans, on le rappelle, disparue dans le Gers fin mai.
00:16Le traitement judiciaire des affaires pédo-criminelles doit-il être vu ?
00:20On en parle ce matin avec votre invitée, Marie Dorcès,
00:23c'est la procureure de la République d'Orléans.
00:25Bonjour Emmanuelle Bosch-Necturaine.
00:27Bonjour.
00:27Une question avant d'aborder ce sujet des institutions judiciaires.
00:31Deux enquêtes sont ouvertes après le crash d'un hélicoptère en forêt d'Orléans
00:34qui a coûté la vie à un gendarme dimanche soir.
00:36Où en est-on de ces enquêtes ?
00:38Tout d'abord des mots très forts de soutien et de solidarité de l'ensemble du parquet
00:45à la gendarmerie nationale dans son ensemble,
00:48mais également à la famille, aux proches et aux camarades de ce gendarme qui est décédé.
00:55Je me suis déplacée sur les lieux dimanche avec le magistrat de permanence du parquet.
01:03Les premières vérifications, notamment par rapport au lieu du crash,
01:07ont démontré, c'était en étant limite de ressort,
01:10que l'accident relevait de la compétence du parquet de Montargis.
01:14Donc j'ai très vite, dès que ceci a été établi,
01:17transmis le relais au parquet de Montargis.
01:19Je ne suis donc pas en mesure aujourd'hui de communiquer plus avant
01:22sur cette enquête qui n'est pas placée sous ma direction.
01:25Madame la procureure, un millier de personnes hier dans les rues d'Orléans
01:28à l'appel national de rassemblement pour rendre hommage à l'IANA
01:31et demander plus de justice aussi.
01:34Est-ce que vous entendez que la population soit inquiète
01:36après ces révélations en cascade autour du principal suspect ?
01:40Nous nous partageons vraiment la peine de la famille.
01:44Nous nous associons également totalement à l'émotion qui s'exprime,
01:53comme professionnel, mais également comme parent.
01:58Être magistrat, être magistrat du parquet, être magistrat du parquet en charge des mineurs,
02:04c'est faire de sa vie professionnelle un engagement pour prévenir et pour protéger.
02:10Et dans cette balance qu'est la justice, protéger les plus vulnérables peut-être encore plus.
02:17Et c'est effectivement, je pense qu'il faut le dire, un sentiment d'échec, de faillite
02:25que nous partageons, je le redis, comme professionnels et comme parents.
02:30Face à cet échec, comme vous l'appelez, Gérald Darmanin,
02:33le ministre de la Justice a reçu hier les procureurs généraux,
02:35leur a demandé de reprendre toutes les plaintes qui touchent les enfants.
02:3970 000 en France, dit-il.
02:41Est-ce que ce travail a commencé à Orléans ?
02:43Comment est-ce que ça va s'organiser ?
02:44Alors, nous avons reçu les instructions écrites hier dans la soirée.
02:50Nous étions déjà sensibilisés depuis hier matin.
02:55Nous allons faire.
02:59Nous allons procéder à un recensement que moi j'ai déjà demandé de faire aux responsables de la police et
03:06de la gendarmerie.
03:08Nous allons identifier les procédures qui sont actuellement en enquête.
03:13Et nous allons procéder à un réexamen de l'ensemble de ces affaires.
03:20Ça va nécessiter, mais ça ne pose absolument aucune difficulté dans l'équipe que j'ai l'honneur de diriger.
03:28Nous allons mobiliser l'ensemble des ressources disponibles.
03:33Je vais mobiliser pour ce travail tous les magistrats et tous les attachés de justice.
03:40On est actuellement une quinzaine de personnes.
03:45Ça veut dire qu'il va y avoir une priorisation extrêmement forte.
03:50Donc d'autres affaires qui pourraient ne pas être jugées ou être mises en attente.
03:54Le temps que ce travail soit fait, et c'est l'échéance du 14 juillet, comme vous le savez, qui
03:58a été fixée par monsieur le ministre.
04:03Nous allons nous concentrer sur l'ensemble des affaires dans lesquelles il y a un risque pour la santé, la
04:09sécurité des personnes.
04:10Et les enquêtes dans lesquelles le rôle de l'autorité judiciaire est absolument indispensable.
04:16Je vais là, bien entendu, mention du rôle que nous tenons en termes de protection des libertés individuelles.
04:22On vous entend, ça veut donc dire qu'effectivement il y a des affaires qui sont en attente.
04:26Est-ce que c'est à cause d'un manque de moyens humains, notamment, dans les parquets en France, comme
04:31le vôtre ?
04:32La question des moyens, la justice en parle effectivement souvent.
04:37Il y a des communications au niveau national sur là où nous nous situons, par rapport à certains voisins européens.
04:47Moi, je l'ai déjà dit à votre antenne, je le redis.
04:50Il y a un effort significatif qui a été effectué pour renforcer les moyens de la justice.
04:56Nous en avons eu également un certain nombre ici, de manière très concrète, sur le parquet d'Orléans.
05:05J'ai aussi, et je le dis en toute transparence, toujours des postes vacants, notamment des postes de magistrats qui
05:12sont vacants.
05:14Moi, je ne fais pas partie de celles ou de ceux qui veulent réduire ce qui s'est passé à
05:18une question de moyens.
05:21Il y a une question de priorisation, il y a une question d'organisation, il y a des sujets également,
05:28nous sommes au cœur actuellement d'une transition numérique.
05:31Comment est-ce que l'on fait également le meilleur usage de l'ensemble de ces outils numériques qui sont
05:39à notre disposition ?
05:43Ça veut dire que la demande du garde des Sceaux, justement, de revoir cette priorisation, cette organisation, elle est tout
05:48à fait pertinente pour vous ?
05:51On ne peut pas rien faire. On ne peut pas rien faire par rapport à ce qui s'est passé.
05:55Donc il faut se réorganiser ?
05:56Moi, je pense, en tout état de cause, c'est ce que je vais faire ici, qu'il y a
06:01une action à conduire à trois niveaux.
06:03La première, c'est l'opération urgente, dans l'immédiat, jusqu'au 14 juillet, recenser les procédures, être très au
06:10clair par rapport aux affaires qui sont actuellement en cours.
06:14Et les deux autres ?
06:15Distinguer ce qui relève d'une action immédiate et urgente, si cela n'a pas encore été fait.
06:21La deuxième chose, procéder à une forme d'audit interne de nos organisations, travailler aussi en proximité avec les services
06:30de police et de gendarmerie.
06:33Et la troisième ?
06:34Et la troisième, je pense que c'est Rémi Yates qui l'a évoqué, M. le procureur général de la
06:39Cour de cassation hier, c'est la question d'une remise à plat.
06:42Et là, on est sur du niveau politique, sociétal, remise à plat, en fait, de ce que nous faisons actuellement,
06:48en termes de politique publique, sur les questions de la protection de l'enfance.
06:52Et tout ça risque de prendre du temps. Merci beaucoup Emmanuel Bosch-Nekpuren, procureur de la République d'Orléans, d
06:57'avoir été notre invité ce matin.
06:58Merci pour votre écoute.
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