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Laurent Wauquiez, député de Haute-Loire et président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale, était l’invité du Face-à-Face de ce mardi 9 juin sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Il est 8h29, vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Wauquiez.
00:04Bonjour.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin.
00:06Vous êtes le député de Haute-Loire et président du groupe droite républicaine,
00:10le groupe LR, à l'Assemblée Nationale.
00:13De très nombreuses questions à vous poser.
00:14Et d'abord, évidemment, après la mort de Liana et la série en chaîne de dysfonctionnements, de ratés,
00:23que faire ? Que faire ? La réponse politique.
00:26Le Premier ministre dit qu'il réunira à nouveau ce matin les ministres concernés.
00:29Gérald Darmanin, Laurent Nunez, la ministre de la Santé, le ministre de l'Éducation,
00:32la ministre de l'Égalité Femmes-Hommes.
00:35Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce qu'il faut dire ?
00:37D'abord, je voudrais juste dire quelque chose.
00:40Ça me rappelle des souvenirs qui sont très douloureux chez moi.
00:44Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y avait eu un drame qui était exactement la
00:48même chose.
00:49À l'époque, les mêmes gesticulations sur une gamine qui devait avoir 13 ans au collège Chevenol,
00:56qui avait été torturé, violé, brûlé, par un assassin, un prédateur,
01:02qui avait été mis dans un internat mixte, alors même qu'il y avait déjà eu des plaintes de viol
01:07contre mineurs contre lui.
01:10Et j'ai l'impression de revivre la même chose.
01:12Vous parlez d'Agnès ?
01:12Oui, bien sûr.
01:13Agnès au collège Chevenol, chez moi, au Cloire, au Chambon-sur-Lignon.
01:17Le même drame, les mêmes visages de famille abasourdie, la même colère, les mêmes marches blanches,
01:23le même dysfonctionnement de la justice.
01:26Et je me dis, mais ça se reproduit, on a la même chose.
01:32À quel moment est-ce qu'on prend la mesure de ce à quoi on a à faire face ?
01:35Parce que pour répondre très simplement et clairement à votre question,
01:39je crains que ce ne soit pas un fait divers,
01:42ce n'est pas un acte isolé,
01:44il ne va pas seulement suffire de chercher la responsabilité de telle politique,
01:49tel procureur, tel personnel de gendarmerie.
01:51On a affaire pour moi à la faillite globale de la justice française.
01:56Ça remonte à loin.
01:57On en a aujourd'hui l'aboutissement.
01:59On a un système de justice qui ne marche plus,
02:02qui ne protège plus, qui ne protège pas nos enfants.
02:06Et donc si on veut répondre,
02:08ce n'est pas de la gesticulation qu'il va falloir,
02:10c'est un changement très profond de toute notre approche de politique pénale.
02:14Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui,
02:15toutes ces réunions qui s'enchaînent,
02:17ces conférences de presse à l'Assemblée nationale,
02:20à Matignon, c'est de la gesticulation ?
02:23Non, ça veut dire, je pense que
02:24quand le garde des Sceaux dit clairement,
02:27ce n'est pas juste des responsabilités à établir sur une affaire,
02:31mais qui pose le problème global de l'ensemble de la politique pénale,
02:34je pense qu'il a raison.
02:36Qu'est-ce qui est en train de se passer ?
02:38On a une justice extrêmement lente en France.
02:41Et tout se tient.
02:43Quand on a une justice qui n'est pas capable de condamner dès le premier délit.
02:46Quand on a une justice qui n'est pas capable de réagir aux casseurs.
02:49C'était quand même le débat de la semaine dernière.
02:51Il y a une semaine, quasiment jour pour jour,
02:52on était dans les premières comparutions immédiates
02:54après les casses autour de la victoire du PSG.
02:57Et avec le retour de ce qui s'était passé il y a un an,
02:59souvenez-vous, 500 gardes à vue,
03:01même pas 10 personnes qui vont en prison.
03:03Quand on a une justice qui n'est pas capable d'expulser des délinquants étrangers,
03:06quand on a une justice qui n'est plus capable de mettre hors d'état de nuire
03:09des prédateurs sexuels,
03:11on a un problème majeur.
03:13C'est que la justice, pour qu'elle marche,
03:15il y a deux conditions qui sont simples, je pense,
03:18mais qui sont très difficiles à mettre en oeuvre.
03:20La première, il faut que ce soit rapide.
03:22En moyenne, au Royaume-Uni, on juge trois fois plus vite.
03:26Et il y a 50% de places de prison de plus.
03:29En France, notre justice est beaucoup trop lente.
03:31Quatre ans.
03:32Quatre ans, vous vous rendez compte.
03:34Quatre ans en moyenne.
03:36Et c'est comme ça qu'on récupère cette situation.
03:38Puis deux, la deuxième chose, c'est que comme il n'y a pas de sanction,
03:41dès le premier délit,
03:43comme on a perdu le sens d'une politique pénale
03:45qui est quand même de mieux sanctionner,
03:47pour pouvoir mieux protéger,
03:49et bien à l'arrivée, on est submergé par la violence,
03:52par la délinquance, par les prédateurs,
03:55parce qu'il n'y a plus de peur, et donc il n'y a plus de respect.
03:57Donc la question de la sanction pénale, pour vous, est liée à tout le reste ?
04:01Pour moi, tout se tient.
04:03Sinon, vous ne comprenez pas.
04:04Je pense que ceux qui nous écoutent et qui se disent
04:06mais comment c'est possible ?
04:0970 000 plaintes qui mettent en question des mineurs,
04:12qui sont en cours d'instruction,
04:1470 000 en France, comment c'est possible ?
04:17Malheureusement, la réponse, elle est là.
04:18C'est que comme notre justice est trop lente,
04:21comme elle n'arrive plus à endiguer le flot de violence,
04:23elle est submergée par des faits qui se multiplient
04:25et face auxquels on ne pose pas, dès le début, des sanctions.
04:28Gérald Darmanin, qui a donc annoncé ce dimanche,
04:29en effet, qu'il allait demander au procureur généraux
04:32de reprendre, je cite,
04:32l'intégralité des plaintes qui touchent des enfants,
04:34soit environ, dit-il, 70 000 dossiers d'ici au 14 juillet.
04:39Il faut le faire quand même.
04:40Évidemment qu'il faut le faire.
04:42Mais la réponse, elle ne sera pas là seulement.
04:44La réponse, c'est plus globalement de se poser
04:46sur toute notre politique pénale.
04:48Et ce que je veux dire aussi à ceux qui nous écoutent ce matin,
04:50c'est possible.
04:52D'autres pays l'ont fait.
04:53Je citais l'exemple du Royaume-Uni,
04:55qui a revu sa politique pénale,
04:57qui a essayé de faire en sorte que la procédure soit plus rapide,
05:00qu'elle soit plus efficace.
05:02On peut citer l'exemple des Pays-Bas.
05:04Les peines plus courtes.
05:05Le principe aux Pays-Bas, c'est qu'on agit,
05:07vous le rappelez avec raison, dès le début.
05:09Nous, en France, on attend le multi-récidiviste.
05:12Et donc, on est submergé par la délinquance.
05:14Mais qui va faire ça ?
05:14Ce que je trouve quand même très frappant,
05:16c'est qu'au fond, ce que vous dites,
05:17c'est ce que déjà Gérald Darmanin disait il y a un an.
05:19Reprenons l'exemple du PSG.
05:21Il y a un an, quasiment, jour pour jour,
05:24il y avait les mêmes émeutes
05:25et il y avait à peu près la même proportion de personnes
05:27qui étaient arrêtées.
05:28Et à ce moment-là, Gérald Darmanin avait dit
05:31c'est un échec, notre justice ne fonctionne pas suffisamment bien.
05:33Et il avait proposé, parmi les pistes de réflexion,
05:36l'idée de supprimer le sursis.
05:37C'est-à-dire qu'en fait, une peine prononcée,
05:39elle est tout de suite appliquée.
05:40Elle n'est pas une menace pour si jamais,
05:43un jour, il y a à nouveau quoi que ce soit.
05:45Un an après, il est ministre de la Justice.
05:47Ce n'est pas quelqu'un qui dit ça loin.
05:49Il est en ce moment même au ministère de la Justice.
05:52Et c'est encore une piste de réflexion.
05:55Je vous écoute tous et j'ai quand même l'impression
05:57que tout ça est très largement théorique.
05:59Quand est-ce que ça atterrit dans le monde réel ?
06:00Si on veut, un, que ça atterrisse dans le monde réel,
06:02il y a une première condition qui est juste la première de toutes les autres.
06:05Il faut faire des places de prison.
06:07Parce que tant qu'on ne fera pas de places de prison,
06:09tous les discours qui seront tenus ne serviront à rien.
06:12Notre problème, c'est qu'on n'est pas capable d'emprisonner.
06:15Et donc, on a une politique pénale qui a été faite à rebours
06:18en fonction du nombre de places de prison qu'on a.
06:20Et donc, l'impératif, mais ça fait dix ans que je me bats en le répétant,
06:25c'est de construire des places de prison.
06:26J'ai un député dans mon groupe
06:28qui propose de construire des prisons chez lui,
06:31une prison chez lui, depuis plus de dix ans.
06:34Et pourquoi ça ne se fait pas ?
06:35Bonne question.
06:36J'ai interpellé l'administration.
06:39On a essayé de le soutenir.
06:40Il se bat, il essaie de s'exprimer dessus.
06:42C'est quoi ? Non, mais c'est-à-dire, c'est des blocages, c'est quoi ?
06:43C'est l'urbanisme ? C'est les associations de rivains ?
06:46C'est la justice ? C'est quoi ? C'est des moyens ?
06:48C'est globalement, je pense, un système qui est beaucoup trop lourd.
06:51Pour les Jeux Olympiques, on est capable de mettre en place
06:53des procédures ultra rapides pour faire des équipements sportifs.
06:55Il faut faire la même chose pour construire des places de prison.
06:59Et donc, si on reprend dans le bon sens,
07:01pour le dire très clairement,
07:02un, des places de prison,
07:04deux, une refonte totale de notre politique pénale,
07:06et pas juste quelques têtes d'épingle.
07:08C'est, on a besoin de tout remettre à plat.
07:10Et sans doute que, comme l'éducation,
07:13ça devra être pour moi des grands débats de 2027.
07:16Alors, l'éducation, la justice,
07:18comment est-ce qu'on remet à plat ?
07:20Quand vous écoutez, par exemple, Bruno Retailleau,
07:21le patron des Républicains, il dit qu'il veut créer, je cite,
07:23une cour disciplinaire de la magistrature,
07:25avec cette question qui est celle de la sanction des juges
07:28et de la responsabilité des juges.
07:31Question aussi là-dessus,
07:32est-ce qu'à vos yeux, les magistrats doivent rendre des comptes ?
07:35C'est un débat que Bruno Retailleau a raison de poser.
07:38Quand il y a un pouvoir, quand il y a une responsabilité,
07:40en face, il faut qu'il y ait des contreparties.
07:42Et donc, qu'il y ait évidemment la possibilité
07:45que quand il y a des dysfonctionnements lourds,
07:47la responsabilité des juges soit mise en cause,
07:49pour moi, c'est une évidence, ça ne doit pas poser des sanctions.
07:50Donc, il faut des sanctions ?
07:51Mais, je vais quand même aller au cœur du sujet.
07:55Ce qu'attendent les Français,
07:56ce n'est pas de mieux sanctionner ou de plus sanctionner
07:59des juges qui font des fautes.
08:00C'est qu'on a un système de justice qui fasse moins de fautes,
08:03qui fasse moins d'erreurs judiciaires,
08:04qui protègent.
08:05Et donc, si vous m'interrogez ce matin sur ma priorité,
08:08moi, ma priorité, c'est une politique pénale
08:10plus rapide et qui sanctionne mieux.
08:12C'est ça, ce que je pense être le cœur de notre débat.
08:15Avec une autre question,
08:16qui est la question des violences,
08:17en particulier vis-à-vis des femmes et des enfants.
08:21Cette proposition de loi dite intégrale,
08:23qui est une proposition de loi transpartisane,
08:25qui est portée plutôt par une députée socialiste,
08:28mais qui hier a été présentée aussi
08:30par la présidente de l'Assemblée nationale,
08:32qui voudrait que ça revienne à l'ordre du jour.
08:35Est-ce que vous estimez que cette loi,
08:37avec 140 propositions très vastes, très larges,
08:40elle doit être à nouveau examinée ?
08:41Vous l'avez dit, c'est une loi qui est portée
08:43par une députée socialiste.
08:45Je n'aurai aucun problème à la soutenir.
08:47Et mon groupe sera impliqué,
08:48si jamais elle vient à l'Assemblée nationale,
08:50pour pouvoir l'enrichir et l'améliorer.
08:52Mais je redis ce que je vous dis ce matin.
08:54Tout se tient.
08:55C'est la question de la protection de nos enfants.
08:57C'est la question de la lutte contre la délinquance des femmes,
09:00contre la délinquance contre les femmes,
09:01bien sûr, c'est une évidence.
09:03Mais c'est plus global.
09:04C'est toute notre politique pénale qui est par terre.
09:06J'ai bien compris.
09:06Pour vous, c'est la question de, en gros,
09:09du début, c'est-à-dire ministère plutôt là,
09:12de l'intérieur, jusqu'au bout,
09:13c'est-à-dire la question de la sanction
09:14et de l'application des peines.
09:16Pourquoi je vous le dis ?
09:17Parce que je suis convaincu qu'on peut y arriver.
09:18Mais je suis convaincu que ça peut se redresser.
09:21Je suis convaincu qu'on peut remettre de l'ordre
09:23dans notre pays, mais à une condition.
09:25C'est qu'on pose les beaux débats.
09:26Les bons débats.
09:27Et ma crainte, c'est que,
09:29comme toujours en France,
09:31quand il y a un drame,
09:32on a tendance à faire des réponses
09:33qui sont trop petites, trop limitées,
09:35qui ne se situent pas à la hauteur de l'enjeu.
09:37La hauteur de l'enjeu, c'est bien ça.
09:39C'est notre justice aujourd'hui étant faillite.
09:41Il faut retrouver une justice qui se sanctionne.
09:43Est-ce que c'est une question de moyens
09:44ou est-ce que c'est une question de philosophie ?
09:46Les moyens sont nécessaires.
09:48Il en faut plus et ça ne sera pas suffisant.
09:51S'il n'y a pas cette volonté de sanctionner
09:53et cette capacité d'emprisonner,
09:55ça ne suffira pas.
09:57Pour que ça passe, il faut gagner.
09:59Et il faut être au pouvoir.
10:00Vous avez dit la machine à perdre
10:03est enclenchée, mais qui l'alimente ?
10:05Vous avez l'air tous de parler en votre nom propre.
10:08Il n'y a pas de collectif,
10:09quand je vous entends, vous, la droite.
10:11J'essaye en tout cas.
10:12Peut-être que je n'y arrive pas pour l'instant.
10:15Mais j'essaye de parler à tout le monde.
10:16Ce n'était pas ma spécialité.
10:18Oui, vous nous avez tous dit que vous aviez changé.
10:21Alors, un de plus.
10:22Non, mais je veux dire, franchement,
10:23vous n'êtes pas le premier à me dire ce matin.
10:29Mais regardez comme j'ai changé.
10:30Regardez comme je me suis amélioré.
10:32C'est ma faute.
10:32C'est ma très grande faute.
10:34Ce n'est pas du tout ce que je vous ai dit.
10:35C'était un léger petit trait d'autodérision.
10:37Tu, de temps en temps, peux être salutaire en politique.
10:39Donc, maintenant, vous êtes pour le collectif.
10:41OK.
10:41Non, ce n'est pas ça.
10:42C'est juste que je regarde.
10:43C'est quoi la situation ?
10:45Division partout.
10:46Multiplication des candidatures.
10:47Vous avez vu Mélenchon ce week-end ?
10:49Il dit « Chez nous, c'est carré ».
10:51Et en effet, on peut dire que c'était carré.
10:54Tout le monde derrière lui, sur la scène.
10:56Est-ce que c'était une démonstration de force ?
10:57Oui.
10:57Oui.
10:58Est-ce qu'à l'arrivée,
10:59Jean-Luc Mélenchon sera beaucoup plus haut
11:00que ce que tout le monde veut croire ?
11:02C'est une évidence.
11:02Est-ce que potentiellement,
11:04il peut être qualifié au second tour ?
11:05Je le crois, je le dis,
11:06depuis de nombreuses semaines.
11:08Et donc, la droite, en étant divisée,
11:10prendrait une immense responsabilité
11:12de permettre la qualification de Jean-Luc Mélenchon
11:15au second tour de l'élection présidentielle.
11:17Ce que beaucoup de politiques à droite
11:18semblent totalement ignorées
11:19et ce que beaucoup de Français redoutent.
11:21Donc oui, je me bats.
11:23Alors, vous avez raison de me le dire.
11:24Très bien, vous m'expliquez que vous avez changé.
11:26Je me bats pour faire en sorte
11:28qu'on soit rassemblés.
11:29Est-ce que vous n'êtes pas en train de vous battre ?
11:31Surtout pour que Bruno Retailleau
11:32ne soit pas le candidat de la droite.
11:33Est-ce que je ne sais pas sur tout ça,
11:34l'objectif en vrai ?
11:34Je me bats pour que tout le monde soit rassemblé
11:36et même si vous essayez de m'emmener
11:38du côté de mes vieux démons,
11:39je n'irai pas là-dedans.
11:41Je considère que je veux parler à Bruno Retailleau,
11:43je veux parler à Édouard Philippe,
11:44je parle à Gérald Darmanin,
11:45je parle à Sarah Knafow.
11:47J'essaye de mettre tout le monde ensemble
11:49et de leur dire très simplement
11:51qu'on a une responsabilité,
11:53on ne peut pas être chacun
11:54avec des candidatures isolées
11:56qui aboutiront à ce que la droite
11:57soit disqualifiée dès le premier tour.
11:59Parce que derrière,
12:00il y a cette menace immense
12:01de Jean-Luc Mélenchon.
12:02Alors, on fait comment ?
12:03On fait comment ?
12:04C'est-à-dire que vous faites comment ?
12:05Quelle est la recette ?
12:06Est-ce que c'est une histoire de sondage ?
12:07On regarde, on ne sait pas,
12:08on dit au 1er septembre,
12:10on voit lequel est le plus haut.
12:10Est-ce que c'est une histoire de primaire ?
12:13Et dans ces cas-là, avec qui ?
12:14Vous évoquez Sarah Knafow,
12:15mais parce que Sarah Knafow,
12:17ça ne sonne pas comme Éric Zemmour.
12:18Mais la vérité, c'est qu'elle l'a déjà dit,
12:19elle, elle n'est pas sur la présidentielle,
12:21ce sera Éric Zemmour.
12:21Donc, est-ce que ça va de Éric Zemmour ?
12:23Parce qu'on va dire les choses comme elles sont,
12:25ce n'est pas Sarah Knafow.
12:26Est-ce que ça va de Éric Zemmour
12:27à, je ne sais pas, à Gabriel Attal ?
12:28Alors d'abord, justement,
12:29ce que j'essaye de faire,
12:30c'est de ne pas tomber dans votre piège.
12:33Votre piège, c'est celui de la droite,
12:34c'est de raisonner à partir de personnes.
12:36Et chacun s'excommunie.
12:37Et tout le monde dit,
12:38je ne peux pas travailler qu'un tel
12:39parce qu'il m'a trahi il y a cinq ans,
12:40ou un tel parce qu'il n'a pas les bonnes idées.
12:43J'essaye de dire à tout le monde,
12:44commençons par travailler sur le fond.
12:46Qu'est-ce qu'on veut porter ensemble ?
12:48Moins d'immigration ?
12:49Moins de dépenses publiques ?
12:51Moins d'assistanat ?
12:52Plus de pouvoir d'achat ?
12:53Plus de sécurité ?
12:55Plus d'économie ?
12:56Bon.
12:57Qui est-ce qui est d'accord avec ça ?
12:58Le RN ?
12:59Non.
13:00Voici.
13:00Non, pardon Madame de Malher,
13:02ce que vous dites est faux.
13:04Interrogez Madame Marine Le Pen.
13:05Demandez-lui si elle est de droite.
13:07Posez-lui la question de savoir
13:08est-ce qu'elle est prête à faire des économies
13:10sur la dépense publique.
13:10Non, non, vous allez me dire,
13:11en effet, qu'il y a un désaccord
13:12sur les questions économiques,
13:13mais sur le reste...
13:15Ah bon, et pour vous,
13:16c'est rien l'économie ?
13:17Le pouvoir d'achat de ceux qui nous écoutent...
13:19C'est pas rien, mais jusqu'à présent,
13:20le RN était votre adversaire
13:21sur d'autres questions que celle-là.
13:22Mais moi, j'ai toujours eu la même réponse.
13:24Je n'ai jamais changé à votre micro.
13:25Je vous ai toujours dit,
13:27si on veut redresser le pays,
13:28il faut arrêter la cistana.
13:29Il faut faire des économies
13:30sur la dépense publique.
13:31Il faut revaloriser le travail.
13:32J'ai toujours eu le même discours.
13:33Ok, alors partons de ce principe-là.
13:35Et donc, on commence par dire...
13:36Comment vous organisez
13:37la sélection du candidat ?
13:39Attendez, n'allez pas...
13:41Parce qu'en fonçant comme ça,
13:42comme un chien fou,
13:43c'est comme ça précisément
13:44qu'on n'y arrive pas.
13:45J'essaye de poser les choses dans l'ordre.
13:46D'abord, un programme commun de la droite.
13:48Comment est-ce que la droite
13:49peut partager des idées ?
13:50Ensuite, faire discuter
13:51tout le monde ensemble.
13:53Moi, je veux qu'on puisse mettre
13:54dans une même pièce
13:55des personnalités de sensibilité
13:57différentes de droite
13:57qui ne se parlent plus.
13:59Et c'est ce que j'essaye de faire.
14:01Et ensuite, à l'automne,
14:02il faut trouver un système
14:03pour arbitrer tout le monde.
14:04Moi, vous savez celui
14:05pour lequel je plaide.
14:06Je considère que seule une primaire
14:07peut permettre de le faire.
14:09Mais si d'autres ont de meilleures idées,
14:11je ne tiens pas la primaire
14:12en tant que telle,
14:12je veux juste qu'on trouve un système
14:14qui permette de mettre
14:14tout le monde ensemble.
14:15Et ça doit se faire à l'automne.
14:17Et si ça ne se fait pas à l'automne,
14:19je pense que ce sera trop tard.
14:20Est-ce que Renaissance,
14:21puisqu'on ne doit pas dire les noms,
14:23puisque vous dites
14:23que le problème n'est pas des personnes,
14:25mais des idées,
14:25est-ce que les idées portées
14:26par le parti Renaissance
14:27ont vocation pour vous
14:29à faire partie
14:29de cette grande famille de la droite ?
14:30Si elles sont à droite, oui.
14:32Si ça consiste à dire
14:34« Ah, l'immigration, peut-être,
14:36un peu, on peut continuer,
14:37on ne va pas complètement être ferme »,
14:38non.
14:40Si on est clair sur le fait de dire
14:41« On baisse la dépense publique
14:43pour rendre l'argent aux Français,
14:44comme ce que j'ai fait
14:45dans ma région Verne-Rhône-Alpes »,
14:46c'est oui.
14:47Gérald Darmanin, sur l'immigration,
14:48pour prendre cet exemple-là,
14:49il dit qu'il faut faire
14:50trois ans de pause.
14:51Gabriel Attal, lui,
14:52il dit qu'il faut se concentrer
14:53sur l'immigration de travail,
14:55donc stopper l'immigration,
14:56baisser en tout cas,
14:58le regroupement familial
14:59et l'immigration plus familiale.
15:01Entre ces deux-là,
15:03le programme,
15:03enfin la proposition
15:04de Gérald Darmanin
15:05a davantage vos faveurs.
15:06Oui, moi, vous me connaissez
15:07sur l'immigration,
15:08je suis favorable
15:08à ce qu'on soit très ferme.
15:10Il faut évidemment
15:10arrêter l'immigration
15:11hors de contrôle.
15:12Mais je ne suis pas fermé.
15:14C'est-à-dire que
15:14pour que la droite revive,
15:16il faut qu'elle accepte
15:17la stimulation d'idées et le débat.
15:18Si jamais je viens
15:19avec votre plateau
15:20et que je dis
15:20moi je suis capable
15:21de travailler
15:22qu'avec des gens
15:23qui ont exactement
15:23les mêmes idées que moi,
15:24on ne s'en sortira jamais.
15:26Donc le principe,
15:27c'est de retrouver
15:27de la diversité.
15:28Il y a une droite
15:29qui est libérale,
15:30il y a une droite
15:30qui est gaulliste,
15:31il y a une droite
15:31qui est plus sensible
15:32au monde du travail,
15:33c'est la mienne.
15:34Il y a une droite
15:34qui est très attentive
15:35au sujet économique.
15:37Voilà, ça fait partie
15:38de la richesse d'une famille.
15:39Et au fond,
15:40depuis 15 ans,
15:41elle est partie en puzzle
15:42pour reprendre l'expression
15:43des tontons flingueurs
15:45et il faut la remettre ensemble.
15:46Et c'est ce que j'essaye
15:47de faire.
15:47Votre vocation
15:48c'est de réorganiser ça ?
15:49C'est-à-dire que vous ne vous rajouterez
15:50pas à la liste des prétendants ?
15:51C'est exactement ce que je fais,
15:53c'est-à-dire que je ne me rajoute pas
15:54à cette liste de prétendants,
15:55j'essaye de contribuer
15:56au rassemblement,
15:58j'essaye aussi
15:59de ne pas être emprisonné
16:00dans un camp.
16:01C'est pour ça que vous n'iriez pas
16:02au meeting,
16:03vous avez dit que vous n'iriez pas
16:04au meeting de Bruno Retailleau
16:06le 20 mai prochain ?
16:07Je participerai.
16:09C'est bien d'avoir une oreillette.
16:18Moi je n'en ai pas.
16:19Je vous avoue que là-dessus
16:20je ne savais plus.
16:22Je reconnais moi aussi mes torts.
16:23Il n'y a pas de problème.
16:24Vous avez changé vous aussi.
16:26Et donc,
16:28qu'est-ce que je veux dire par là ?
16:30Pourquoi vous n'y serez pas ?
16:31Je ne participerai pas
16:32à des actions de campagne
16:33qui vont nourrir la division
16:34avant qu'on soit tous rassemblés.
16:36Donc je n'irai pas au meeting
16:37de Bruno Retailleau.
16:38Je ne participerai pas plus
16:39au meeting d'Edouard Philippe.
16:41Je n'ai pas fait d'action de campagne
16:42avec David Lissnard
16:43et pourtant c'est un ami.
16:44Parce que ce que j'essaye
16:45c'est que je pense
16:46qu'on aura besoin
16:47de quelques personnalités.
16:48Mais tout cela
16:49pourrait être légitime.
16:51Gérald Darmanin y compris
16:52puisque c'est vous-même
16:53qui l'avez cité.
16:54Pour moi,
16:55le candidat légitime
16:56des Républicains
16:56c'est Bruno Retailleau.
16:57Je l'ai dit.
16:58Mais ce que je cherche
16:59c'est le candidat de la droite.
17:01Pas de tel ou tel parti.
17:02Pas de tel ou tel chapelle.
17:04Ce qu'il faut
17:04c'est mettre tout le monde ensemble.
17:06Et c'est pour ça
17:06que ce dont on a besoin
17:08c'est qu'il y ait
17:09quelques personnalités
17:10qui ne soient pas prises
17:10dans les camps.
17:11Qui soient capables
17:12d'échanger, de discuter,
17:13de faire un peu de lien.
17:14J'essaye de le faire.
17:15Il y en a d'autres
17:15qui le font.
17:16Gérald Larcher par exemple.
17:18Gérald Darmanin aussi
17:19contribue à ce qu'on discute
17:20les uns avec les autres.
17:21On essaie de porter ça ensemble.
17:22Laurent Wauquiez,
17:23vous avez dit,
17:23je crois, cette phrase
17:24le plus grand danger
17:25aujourd'hui
17:25c'est Jean-Luc Mélenchon.
17:27Est-ce que vous estimez
17:28que le plus grand danger
17:28c'est Jean-Luc Mélenchon
17:30ou c'est Marine Le Pen ?
17:31Je le redis à votre micro.
17:32Le plus grand danger politique
17:34pour la République
17:34c'est Jean-Luc Mélenchon.
17:36Quelqu'un qui considère
17:37que les policiers
17:38sont responsables
17:38de la violence.
17:39Qui plaide pour la destruction
17:41de ce qu'est la laïcité
17:42lié à un républicain.
17:44Vous avez entendu
17:45les propos de Jean-Luc Mélenchon
17:46sur la ruralité ?
17:48Sur le fait que...
17:49Alors, je n'ai pas entendu
17:50l'intégralité de l'interview
17:51donc je ne voudrais pas tronquer
17:52mais les mots que j'ai entendus
17:54en effet étaient sur le fait
17:56que dans le monde rural
17:56on se regroupait uniquement
17:58entre personnes qui pensent
17:59la même chose
18:00alors que dans le monde
18:01plus urbain
18:02on aurait des discussions
18:03avec des gens plus divers.
18:04Moi je viens,
18:05mon département
18:06c'est un département rural.
18:07Les propos de Jean-Luc Mélenchon
18:08étaient hallucinants de mépris.
18:10Et surtout ils sont révélateurs
18:11pour moi
18:12de ce qu'est la menace
18:13de Jean-Luc Mélenchon
18:14c'est qu'il oppose
18:15les Français les uns aux autres.
18:16Il oppose les communautés
18:17à la République.
18:18Il oppose l'enfermement
18:21dans le sectarisme
18:21par rapport aux liens républicains.
18:22Vous ne mettez donc pas
18:23de signe égal
18:23entre LFI et RN ?
18:25Pour moi, je le dis très clairement
18:27sur votre plateau
18:28et je l'ai toujours dit
18:29Jean-Luc Mélenchon
18:30c'est le principal danger politique
18:33pour notre pays.
18:33S'il y a RN, LFI au second tour
18:36ce que vous tentez d'éviter
18:38vous choisirez donc le RN
18:40en toute logique.
18:40Madame Apolline de Malherbe
18:41si j'ai un vote plateau
18:42c'est pas pour considérer
18:44déjà qu'on a perdu.
18:45Si je viens ici
18:46c'est pour refuser la division
18:47qui aboutirait
18:48à la disqualification de la droite
18:50au premier tour
18:51de la présidentielle.
18:52Et précisément
18:52ce que je ne veux pas
18:53c'est que les Français
18:54n'aient que le choix
18:55au second tour
18:55entre le RN et Jean-Luc Mélenchon.
18:57C'est pour ça que je me bats.
18:58C'est le sens de mon combat.
18:59Merci Laurent Wauquiez
19:00d'avoir répondu à mes questions
19:01ce matin.
19:01Député de Haute-Loire
19:02et président du groupe
19:03Droite Républicaine
19:04à l'Assemblée Nationale.
19:05Vous êtes bien sûr
19:05RMC, BFM TV.
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