00:00Le ministre de France a été convoqué hier par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, après l'affaire de
00:04Liana.
00:05On reproche à la justice de ne pas avoir su écarter le suspect dans cette affaire,
00:10alors qu'il était sous le coup de 7 plaintes pour viol et agression sexuelle.
00:14Gérald Darmanin qui promet un réexamen de 70 000 plaintes en cours d'ici le mi-juillet.
00:20Pour en parler, Anne-Laure, vous recevez ce matin le procureur général près la cour d'appel de Dijon.
00:25Bonjour Philippe Astruc.
00:26Bonjour Madame.
00:27Hier à l'appel de plusieurs associations de protection de l'enfance,
00:30deux à trois cents personnes étaient rassemblées devant la cité judiciaire de Dijon
00:33pour dire que l'État ne protège pas assez ses enfants.
00:36Aujourd'hui ce fait divers dramatique n'est pas un simple fait divers,
00:40c'est l'État qui est pointé du doigt, la société civile qui s'exprime aussi.
00:44Qu'est-ce que ça dit de notre société ?
00:45C'est un séisme, il y a une colère, parce que la mort de l'enfant c'est ce qu
00:51'il y a de pire.
00:52Dans le cas d'un crime c'est épouvantable, mais si on a le sentiment,
00:55et on a le sentiment que peut-être cette mort aurait pu être évitée,
00:58il y a de l'incompréhension, il y a de la colère.
01:01Moi je l'entends, je l'ai vu hier, j'ai vu ces 300 personnes, j'ai vu leurs panneaux.
01:05Voilà, il va falloir que ça bouge.
01:06Aujourd'hui, comment un homme qui fait l'objet de plusieurs plaintes pour viol sur mineur
01:10peut passer à travers les mailles du filet de la justice,
01:13par exemple ne jamais être placé en garde à vue ?
01:15Comment c'est possible aujourd'hui ?
01:16Donc ça, ça sera à l'inspection de le dire, dans l'affaire Liana,
01:19voilà, donc dans 15 jours on aura les résultats,
01:21le ministre s'est engagé à le rendre public,
01:23il faudra en tirer dans les enseignements,
01:25dans tous les tribunaux, dans tous les tribunaux,
01:27on a le sentiment, nous magistrats du parquet,
01:29que ça aurait pu arriver dans n'importe quel tribunal.
01:32Voilà, donc il y a bien quelque chose de systémique,
01:34au-delà peut-être, je dirais, d'une mauvaise gestion,
01:37c'est possible, l'inspection le dira.
01:39Mais il faut qu'on interroge le système,
01:41notre organisation, nos priorisations,
01:43voilà, c'est ça qui est en jeu.
01:45Je crois que, si on veut avoir de l'espoir,
01:47il faut se dire, on a réussi à avancer
01:50dans le bon sens, dans la lutte contre les violences faites aux femmes,
01:53dans la prévention des féminicides,
01:55il y a eu un avant et un après-méthou.
01:57On s'est réorganisé, on a changé nos méthodes de travail,
02:00Et là, il va falloir lâcher, il va falloir continuer.
02:02Oui, il faut d'abord faire un inventaire,
02:04là, on avait commencé dès la semaine dernière,
02:06avant même que le ministre nous le demande.
02:08Bon, pour vous donner un ordre d'idée,
02:09sur le ressort, trois départements,
02:11on avait, sur viol et agression sexuelle,
02:14on avait, au 1er janvier,
02:16un peu plus de 1700 procédures, 1700 enquêtes en cours.
02:19Bon, si on prend celles qui concernent les mineurs,
02:21si ça nous est un peu moins précis,
02:22je donnerai les chiffres,
02:23dès que je les aurai, dans les prochaines semaines.
02:26Voilà.
02:27Donc, inventaire approfondi pour éviter,
02:29essayer de voir s'il n'y a pas une autre procédure
02:31dans laquelle un tel drame pourrait arriver,
02:33ça, c'est l'urgence.
02:34Mais après, derrière ça,
02:36il va falloir réfléchir,
02:37il va falloir se saisir.
02:38Là, il y a un enjeu politique,
02:40il y a un enjeu pour la justice,
02:42il y a un enjeu organisationnel.
02:44Voilà.
02:44Déjà, dans l'organisation,
02:45le temps qui vous est imparti,
02:47c'est réalisable ?
02:4714 juillet, c'est demain.
02:49Oui.
02:5070 000 dossiers à revoir,
02:51dont parle Gérald Darmanin.
02:53Oui.
02:53Là, il y a urgence.
02:54Il faut le faire.
02:56On le doit aux victimes.
02:57On le doit à la mémoire de cet enfant.
02:59Voilà.
02:59Moi, j'ai une pensée, évidemment,
03:00émue pour cette famille.
03:02Et donc, il faut se retrousser le manche
03:04et le faire.
03:05Voilà.
03:05Le sujet, il est là.
03:06L'urgence, elle est là.
03:07Comment ça va se passer concrètement ?
03:09Quelles consignes, vous,
03:10vous allez donner aux procureurs
03:12qui sont sous vos ordres ?
03:13Moi, j'ai vu les procureurs hier soir.
03:15Et donc, on va très concrètement
03:17élaborer un tableau
03:18avec tout ce qui est à faire
03:19dans chaque procédure.
03:20On va remplir pour toutes les procédures
03:22qu'on a sur le ressort.
03:23Ça, c'est fait.
03:23Ça, c'est pas fait.
03:24Ça, c'est à faire.
03:25Ça, c'est urgent.
03:25Ça, c'est pas urgent.
03:26Voilà ce qu'on va faire.
03:27On va se retrousser les manches.
03:28Et pendant un mois, on va faire ça.
03:29Et alors, vous allez avoir
03:30les moyens humains, financiers,
03:36il faut qu'on aille à l'audience,
03:38il faut qu'on tienne nos permanences, etc.
03:40Mais vous savez, les magistrats,
03:42c'est un métier d'engagement.
03:43Et je peux vous dire
03:44que les collègues sont prêts
03:46à faire cela.
03:47Il n'y a pas de difficulté.
03:48Aujourd'hui, est-ce que la plainte
03:50d'un mineur pour violences sexuelles
03:52ou physiques, elle est traitée
03:53en priorité ?
03:56J'aimerais vous dire que oui.
03:59La vérité m'oblige à dire
04:00que c'est une priorité
04:01au milieu d'autres priorités.
04:03Je vous ai parlé
04:03des violences conjugales.
04:05Le narcotrafic,
04:06il n'y a pas besoin
04:06à Dijon, sept morts en deux ans.
04:08Il n'y a pas besoin de dire
04:09que c'est aussi une priorité.
04:10Voilà.
04:11La question, c'est
04:12comment on différencie ?
04:13C'est un problème
04:14de priorisation.
04:17Voilà.
04:18C'est peut-être là
04:19qu'on a des marges de progression.
04:20Voilà.
04:21C'est-à-dire que
04:22tous les dossiers
04:23n'engagent pas,
04:26je dirais, les mêmes choses.
04:27Donc, il faut qu'on soit
04:28peut-être mieux capable
04:30d'identifier ceux
04:31qui doivent absolument
04:32être traités en urgence.
04:34Alors, justement,
04:34pour identifier ces dossiers
04:36à traiter en urgence,
04:37est-ce qu'il n'y a pas aussi
04:38un problème de formation ?
04:39Peut-être aussi
04:39dans les petites gendarmeries,
04:41les petits commissariats,
04:42qu'on puisse aiguiller
04:44au mieux les personnes
04:45pour dire
04:45attention, il faut tirer
04:46la sonnette d'alarme.
04:47On peut toujours améliorer
04:48la formation des magistrats,
04:49des enquêteurs, bien sûr.
04:51Mais je ne crois pas
04:52qu'on soit au cœur du sujet,
04:53là, dans cette affaire-là.
04:55Voilà.
04:56Il y avait une garde à vue
04:57qui avait été demandée
04:58pourquoi elle n'a pas été réalisée.
05:00Voilà.
05:00Et pourquoi on ne s'en est pas
05:01rendu compte
05:01qu'elle n'avait pas été réalisée.
05:03Voilà.
05:04Donc, c'est ça,
05:05c'est ça le sujet.
05:06Et recoupé,
05:06est-ce qu'on avait une vision,
05:08sans doute pas,
05:09je dirais,
05:10peut-être de la dangerosité
05:11de ce...
05:12même s'il n'avait pas
05:13à ce moment-là encore
05:14d'antécédents judiciaires.
05:15Voilà.
05:15Ça pose des questions
05:17assez précises.
05:18En tout cas,
05:19vous avez du pain sur la planche.
05:20Vous allez vous mettre au travail
05:21dès ce matin.
05:22On y est déjà.
05:23Vous y êtes déjà.
05:24On y est déjà.
05:24Je rendrai public le bilan.
05:26Voilà.
05:26Dans quelques semaines,
05:27le ministre nous l'a demandé
05:28pour le 15 juillet,
05:29vous le savez.
05:30Je rencontrerai le ministre
05:31à la suite
05:32et je rendrai public
05:33le bilan
05:33qui concerne
05:35notre ressort.
05:36Eh bien, on aura l'occasion
05:37d'en reparler.
05:37Merci beaucoup, Philippe Astruc,
05:39d'être revenu
05:39dans nos studios ce matin.
05:40Vous êtes le procureur général
05:42près la Cour d'appel de Dijon.
05:43C'est moi qui vous remercie.
05:43Merci, bonne journée.
05:44Au revoir.
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