- il y a 12 heures
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise et député des Bouches-du-Rhône était l’invité du Face-à-Face de ce lundi 8 juin sur BFMTV et RMC.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:06Vous êtes le coordinateur national de la France Insoumise, vous êtes également député des Bouches-du-Rhône.
00:11Vous étiez sur scène hier lors de ce grand meeting en plein air de Jean-Luc Mélenchon.
00:16On y reviendra dans un instant, c'est vraiment le lancement officiel de la campagne de la France Insoumise et
00:21de Jean-Luc Mélenchon.
00:22Mais d'abord le drame, le drame de Liana.
00:25Vous l'avez entendu, Gérald Darmanin présente ses excuses à la famille de Liana.
00:29Il parle de dysfonctionnement.
00:31Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, reconnaît un échec, des dysfonctionnements, un manque de bon sens.
00:38Est-ce que tout cela suffit ?
00:40Non, ça ne suffit pas que le ministre de la Justice présente ses excuses.
00:45C'est la moindre des choses.
00:47Mais je vois bien qu'il y a une tentative, si vous voulez, d'aller pointer du doigt ou faire
00:52porter la responsabilité
00:53à des individus ou à des dysfonctionnements qui seraient des dysfonctionnements individuels.
00:57Alors que clairement, ce que révèle malheureusement cette tragédie, c'est un problème qui est un problème systémique
01:04de prise en charge dans notre société, de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles de manière générale
01:10et particulièrement de la lutte contre les violences sexuelles à l'égard des enfants.
01:15Et que les réponses, elles ne peuvent pas seulement être des réponses de sanctions individuelles.
01:20Elles doivent être des réponses qui sont des réponses systémiques.
01:23Vous savez, il y a une commission indépendante qui s'appelle la CIVIS qui a travaillé sur les problèmes d
01:28'inceste
01:28et de violences sexuelles contre les enfants.
01:30Elle a formulé un certain nombre de recommandations, plus de 80, en 2023.
01:35Et à l'heure où je vous parle aujourd'hui, vous avez seulement 25% de ces recommandations
01:39qui ont été mises en œuvre et qui sont effectives.
01:42Vous avez des associations qui demandent 2,6 milliards d'euros dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
01:49Et aujourd'hui, malheureusement, on n'en voit pas la couleur.
01:51Donc c'est ça qu'il faut faire.
01:52Il dit, Gérald Darmanin, mais pourtant j'avais donné des instructions, j'avais fait une ordonnance,
01:56j'avais demandé à ce que les affaires qui concernent les enfants, les mineurs, soient sur le haut de la
02:02pile.
02:03Ma circulaire n'a pas été respectée.
02:05Pardonnez-moi, mais ce n'est pas vrai.
02:06Il y a eu trois circulaires dont M. Darmanin parle quand il est allé à la télévision avant le week
02:11-end.
02:12La première de ces circulaires, elle mettait en haut de la pile des priorités la lutte contre le narcotrafic.
02:16Et elle mettait en deuxième point la question des violences contre les personnes.
02:21Et à l'intérieur de ce deuxième point, elle parlait des violences contre les enfants.
02:26Ensuite, il y a eu une deuxième circulaire qui parlait de la prise en charge et de l'accompagnement des
02:30victimes d'attaques contre les personnes.
02:34Troisième circulaire, elle parlait des violences sexuelles contre les enfants dans le cadre scolaire et dans le cadre périscolaire.
02:41Là, en l'occurrence, malheureusement, dans la tragédie de l'IANA, on ne parle pas du cadre scolaire ou périscolaire.
02:48Donc, ce que dit M. Darmanin, c'est une manière, en quelque sorte, de s'exonérer de sa propre responsabilité,
02:53qui est une responsabilité politique et ne correspond pas au fait.
02:56Il n'y a pas eu d'instruction de M. Darmanin demandant à ce que la lutte contre les violences
03:00sexistes et sexuelles
03:01et la lutte contre les violences sexuelles contre les enfants soient une priorité ultime.
03:05Il doit démissionner ?
03:06Je trouve que, si vous voulez, il y a en Macronie ce sentiment que le pouvoir politique n'assume jamais
03:12ses propres responsabilités.
03:14Et quand on est ministre de la Justice aujourd'hui, quand on a été ministre de l'Intérieur avant,
03:18puisque la question qui est posée là, c'est l'articulation entre le travail de la police et le travail
03:22de la justice,
03:23donc la responsabilité du ministre de l'Intérieur et la responsabilité du ministre de la Justice,
03:28il me semble un peu normal dans une démocratie, au bout d'un moment,
03:31que les responsables politiques assument leurs responsabilités et qu'ils ne cherchent pas en permanence à se défausser.
03:36Donc pour vous, Gérald Darmanin et Laurent Nunez devraient remettre leur démission ?
03:39Je trouve que la question se pose en tout cas de la responsabilité politique.
03:43Mais vous la demandez cette démission ?
03:44Mais ça ne sert à rien que je la demande.
03:45Mathilde Panot le fait.
03:46Oui, voilà.
03:47Mais c'est surtout que je sais bien qu'il ne suffit pas que je la demande pour qu'elle
03:50devienne effective.
03:51Je dis juste que la responsabilité politique, à un moment, elle est posée,
03:54parce que sinon, le sentiment qu'on envoie aux Françaises et aux Français,
03:58c'est qu'à la fin, on cherche juste à se protéger.
04:01Or, la question qui est posée, elle dépasse des personnes, elle passe des individus.
04:04C'est une question qui doit être une question de société.
04:06Comment on fait en sorte que nos enfants soient protégés ?
04:09Comment on fait en sorte qu'on comprenne que les enfants sont un sujet de droit ?
04:11Qu'on ne peut pas le laisser comme ça ?
04:13Enfin, pardon, mais il y a 160 000 violences sexuelles contre les enfants.
04:19Quand il y a des plaintes pour viol d'enfants, il y en a 72% qui sont classées sans
04:24suite.
04:24Et il y en avait eu plusieurs avant le drame de Liana qui concernait Jérôme Barrella.
04:32Le suspect, il y en avait quatre au moment de sa disparition.
04:36Il y en a neuf aujourd'hui.
04:38Laurent Nunez dit d'ailleurs, c'est un drame qui aurait pu être évité.
04:42Malheureusement, je crois que sur ce point, il a raison.
04:45Quand on sait qu'il y a une plainte qui date d'il y a plus d'un an, que
04:49cette personne n'avait même pas été auditionnée.
04:54Quand on sait qu'un des signalements qui a été fait à la gendarmerie n'a même pas été suivi
04:59d'effet.
05:00Quand on sait que cette personne a subi une sanction administrative puisqu'elle travaillait dans un établissement scolaire
05:05et qu'elle a été licenciée et qu'il n'y a pas eu de signalement à la justice.
05:09C'est terrible de se dire que, évidemment, c'est un drame, une tragédie et ce sentiment atroce qu'il
05:15aurait pu être évité.
05:15On va voir ce que vous proposez, vous, sur la justice.
05:18Mais Manuel Bompard, vous avez dit, les sanctions, ça ne suffirait pas.
05:22Mais en faut-il tout de même ?
05:23Des sanctions individuelles.
05:24Des sanctions individuelles.
05:25On parle de la question de la procureure d'Auche.
05:28On parle de la question de la responsabilité des uns et des autres
05:30qui n'ont pas forcément mis en lumière ce qui se passait,
05:35qui n'ont pas forcément tiré les conséquences, par exemple, de l'analyse médicale
05:39qui avait été faite sur l'une des petites filles qui a porté plainte.
05:41Est-ce qu'il faut des sanctions individuelles ?
05:43Il y a une enquête administrative qui a été lancée.
05:45Cette enquête, elle va aller jusqu'à son terme.
05:47Si elle révèle qu'il y a eu des failles individuelles,
05:50elles peuvent donner lieu à des sanctions.
05:53Mais honnêtement, c'est une manière de prendre le problème
05:56qui ne le traite pas dans sa globalité.
05:58sa globalité aujourd'hui.
06:00On va parler de la globalité, mais Emmanuel Bonaparte,
06:01êtes-vous opposé à des sanctions ?
06:03Non, je ne suis pas opposé, je vous ai répondu.
06:04Si, il y a une enquête en cours, ce n'est pas l'affaire à la place.
06:06Est-ce que les juges doivent davantage rendre compte de leurs actions ?
06:10Tout le monde doit rendre compte, et les juges en particulier,
06:12dans la justice aussi.
06:15La responsabilité individuelle, elle existe toujours.
06:17Vous avez entendu peut-être Bruno Retailleau
06:18qui demande une cour disciplinaire de la magistrature.
06:21En fait, si vous voulez, tous ces coups de communication
06:24que je trouve, d'un certain point de vue, assez indécents d'ailleurs.
06:27Comme quand M. Darmanin nous dit aujourd'hui
06:29qu'il va réexaminer toutes les enquêtes en cours.
06:32La belle affaire, une fois qu'on les a examinées,
06:34s'il n'y a personne pour les prendre en charge et pour les traiter,
06:36qu'est-ce que ça va changer ?
06:37Et puis, il faut un drame et une tragédie.
06:39Il a cette expression, il dit, nous ne partirons pas en vacances,
06:41ni moi, ni les procureurs, tant que les 70 000 plaintes
06:44qui concernent des enfants ne seront pas examinées.
06:46C'est de la démagogie, parce que vous pouvez les examiner,
06:49mais il faut qu'elles soient prises en charge,
06:50il faut qu'il y ait une police judiciaire pour mener les enquêtes,
06:52il faut auditionner des personnes.
06:54Et puis quoi ? C'est-à-dire qu'il faut une tragédie dans notre pays
06:56pour que les enquêtes suivent leurs cours ?
06:58C'est ça que nous dit M. Darmanin.
07:00C'est-à-dire que s'il n'y a pas de drame ou pas de tragédie,
07:01c'est normal que les enquêtes soient là et qu'elles ne suivent pas les...
07:04Enfin, c'est absolument absurde.
07:06Donc, on a un problème qui a un problème de clochardisation absolue de la justice.
07:11Et quand j'entends le président de la République dire
07:13« je ne veux pas entendre parler de moyens »,
07:15bah si précisément, évidemment que la solution,
07:17ce ne sont pas que des moyens.
07:19Mais la question des moyens, elle est centrale.
07:20Sur la clochardisation, on va en venir aux moyens que vous,
07:23vous mettriez ou pas.
07:24Sur la clochardisation, c'est une expression qui avait été utilisée
07:26par Jean-Jacques Urvoas à l'époque où il était garde des Sceaux.
07:28Ce matin, je recevais le représentant de tous les procureurs de France.
07:32Il est lui-même procureur de Chartres.
07:34Un, il disait « pas question d'être les boucs émissaires » dans cette histoire.
07:38Mais deux, il disait « pour autant, non,
07:40il n'y a plus de clochardisation de la justice en France ».
07:44Là, le problème, je veux bien qu'on parle de moyens,
07:46et il y a un vrai problème de moyens,
07:47mais là, le problème, c'est qu'il y a eu des procédures.
07:51Il y a eu, ne serait-ce que sur la plainte que l'on évoquait à l'instant,
07:54le 22 août dernier, une petite fille porte plainte avec sa maman.
07:59Le 11 septembre, il y a un examen médical qui conclut
08:03que les lésions qu'elle présente sur son corps corroborent son récit de viol.
08:07Ce n'est pas une question de moyens.
08:08Il est là, le rapport, mais rien n'est fait derrière.
08:11– Pourquoi rien n'est fait ?
08:12– C'est la question que, là, vous dites, ce n'est pas une question de moyens.
08:15– Pour vous, rien n'est fait parce que tout le monde est débordé, quoi ?
08:17– Pas seulement, peut-être, encore une fois.
08:19J'essaye d'avoir une vision qui est une vision complexe de cette situation dramatique.
08:25Mais quand je sais qu'il y a à peu près 3 procureurs pour 100 000 habitants en France,
08:28alors qu'il y en a 11 dans la moyenne de l'Union européenne,
08:31quand je sais qu'il y a 11 juges pour 100 000 habitants en France,
08:33alors qu'il y en a 22 dans la moyenne de l'Union européenne,
08:36quand je sais qu'il y a moins d'un greffier pour 100 000 habitants en France,
08:38alors qu'il y en a quasiment 15 dans la moyenne de l'Union européenne.
08:42– C'est juste, tous ces chiffres sont justes.
08:43– Oui, donc vous pouvez me dire qu'il n'y a pas de problème de clochardisation de la justice.
08:46– Mais on est d'accord, c'est pas moi qui le dis, c'est le procureur national qui le
08:50disait ce matin.
08:50– Vous comprenez, je veux dire, qu'on me dise, le sujet, ce ne sont pas que les moyens,
08:54et y compris le sujet, ce ne sont pas que les moyens,
08:56parce que ne focaliser la discussion uniquement sur les moyens,
08:58c'est aussi, pardon, ne pas comprendre qu'il y a un problème de culture du viol,
09:03de culture patriarcale.
09:04– Mais il y a tout ça, j'ai envie de vous dire, on le voit bien.
09:05– Et qu'il y a un continuum aujourd'hui entre les violences sexistes et dans les violences sexuelles contre
09:10les enfants,
09:11ne pas comprendre qu'il y a des problèmes de formation,
09:13qu'il y a des problèmes de la parole de l'enfant qui n'est pas pris au sérieux,
09:16comme la parole d'une femme qui vient sur le plan n'est pas pris au sérieux.
09:19– Mais là, encore une fois, on a eu la parole, et on a ensuite les preuves médicales matérielles.
09:23Une question quand même, le tribunal d'Auch,
09:25on ne peut pas dire que ce soit un des tribunaux les plus débordés,
09:27en tout cas c'est ce qu'il semble,
09:29ce n'est pas le tribunal de Paris ou le tribunal pour enfants de Bobigny.
09:32– Je ne sais pas, je vous invite à regarder,
09:34j'ai lu plusieurs articles dans la presse sur le fait qu'à un moment,
09:38il n'y avait plus de juges dans ce tribunal.
09:39Bon, je ne suis pas sûr que nos tribunaux, nos petits tribunaux,
09:43parce que c'est ça la comparaison que vous faites,
09:45en particulier dans les zones qui ne sont pas les grands centres urbains,
09:48soient en très meilleure santé si vous voulez que les tribunaux.
09:52– Vous, au pouvoir, vous faites quoi ?
09:53– Pour restaurer la justice, pour lui donner les moyens.
09:55– Comme je vous le disais, d'abord on met en œuvre immédiatement
09:58l'ensemble des recommandations qui sont formulées par cette civile,
10:01cette commission indépendante qui a travaillé,
10:03et ces recommandations doivent être suivies d'effet.
10:06Deuxièmement, on accorde les 2,6 milliards d'euros
10:09qui sont demandés par les associations qui travaillent sur ce sujet
10:12pour pouvoir avoir le plan digne de la France
10:15dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
10:17Enfin, pardonnez-moi, on est capable de distribuer
10:19des dizaines de milliards d'euros aux grandes entreprises sans contrepartie,
10:23on est capable de donner des dizaines de milliards d'euros
10:25de cadeaux fiscaux aux plus riches dans ce pays
10:27sans que ça ne pose de problème,
10:28et on n'est pas capable de mettre moins de 3 milliards d'euros
10:31pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles
10:33et pour protéger nos enfants.
10:34Voilà ce qu'on fait.
10:35On commence par ça, et ça, ça nécessite des enquêteurs supplémentaires,
10:38ça nécessite des formations.
10:40Vous savez que quand un enfant vient parler,
10:43il faut qu'en face, il y ait un enquêteur qui soit formé.
10:45– Qui soit formé, qui soit capable de distinguer,
10:47de lui poser des questions spécialement.
10:48– Je revoyais, regardez, je prends, j'avais un chiffre,
10:51je ne le retrouve plus, mais qui disait qu'aujourd'hui,
10:54vous n'avez pas suffisamment d'enquêteurs
10:55qui sont formés pour entendre la parole des enfants.
10:57– Spécialement pour la question du recueillement des enfants.
10:59– Eh bien oui, et donc, tout le monde peut le comprendre
11:01parce qu'un enfant, le faire parler, c'est difficile.
11:04Et donc, bien souvent, il y a ce sentiment,
11:05il doit raconter des bêtises, il doit dire n'importe quoi.
11:08Donc, voilà ce qu'il faut faire.
11:10Il faut mettre ça sur la pile des priorités des politiques publiques.
11:13– Est-ce qu'il faut un parquet spécialisé,
11:14à l'image du parquet national financier,
11:17à l'image du parquet désormais, contre le narcotrafic ?
11:20C'est Dominique de Villepin qui propose cela.
11:21– Dans le programme qu'on avait défendu déjà en 2022,
11:24là, pour l'élection présidentielle qui vient,
11:26vous savez, on est en train de travailler sur nos propositions.
11:29– Il est déjà bien avancé.
11:29– Mais dans le programme de 2022,
11:31on mettait en place l'idée qu'il y a en tout cas
11:33des équipes spécialisées qui prennent en charge,
11:36qui soient formées sur la question des violences sexistes et sexuelles
11:39et sur la question des violences sexuelles contre les enfants.
11:41Je trouve qu'effectivement, ça irait dans la bonne direction.
11:43– Est-ce que vous irez ou est-ce que vous appelez à aller
11:45aux différents rassemblements ce soir ?
11:47En particulier à Paris, devant le ministère de la Justice,
11:49mais devant tous les tribunaux de France.
11:51– Je pense que des insoumis, ils seront présents,
11:52parce qu'évidemment, on partage cette peine et cette émotion.
11:55Après, on sera vigilants, si vous voulez, sur les messages
11:58pour participer à des rassemblements avec lesquels on partage les messages.
12:02– Hier soir, donc, enfin hier après-midi précisément,
12:05grand meeting en plein air à Saint-Denis.
12:08Vous avez annoncé avoir réussi à rassembler 26 000 personnes.
12:12Alors le chiffre, personne n'avait vraiment compté, mais en tout cas, il y avait beaucoup,
12:15beaucoup, beaucoup de monde.
12:16Vous avez compté les 26 000, un par un ?
12:18– Pas un par un, mais vous savez…
12:19Non, mais juste pour que les choses soient dites rapidement.
12:20– Oui, pour qu'on comprenne comment vous arrivez là-dessus.
12:22– En fait, il y a un travail sur plan qui permet d'identifier une superficie.
12:26Sur cette superficie, il y a une densité qui est estimée.
12:28Là, il y avait à peu près entre 7 000 et 8 000 mètres carrés.
12:30Si vous faites 3 à 4 personnes par mètre carré, vous arrivez à ce chiffre.
12:33Voilà, pour que les choses soient claires.
12:34– Grand meeting, grand rassemblement, en effet, coup d'envoi de la campagne LFI
12:41avec un certain nombre de points sur lesquels on vous a toujours entendu.
12:44La retraite à 60 ans, vous maintenez.
12:46Le SMIC à 1 700 euros.
12:48Un peu plus surprenant, peut-être, l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie,
12:51l'autonomie davantage pour la Corse.
12:53Comment vous en êtes venu à ça ?
12:54– D'abord, en partant des demandes qui sont exprimées.
12:57En Corse, vous avez depuis plusieurs élections
13:01les élections qui sont remportées par les autonomistes.
13:05Et à un moment, quand vous êtes démocrate,
13:07vous entendez la parole de la population et la parole du peuple.
13:08– Mais cet argument pour la Corse, il ne vaut pas pour la Nouvelle-Calédonie
13:11puisque pour la Nouvelle-Calédonie, ils ont voté à 4 pays.
13:13– Non, mais la Nouvelle-Calédonie, Jean-Luc Mélenchon a dit
13:14« Nous accompagnerons la Nouvelle-Calédonie vers l'indépendance. »
13:17C'est ce qui est fait en France depuis les années 80.
13:19Les accords de Nouméa, puis les accords de Matignon.
13:21– Non, mais ça veut dire que vous, vous souhaitez l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.
13:23– Un processus de décolonisation tel qu'il a été engagé,
13:27son aboutissement, c'est la fin des soumissions
13:30et donc un processus d'indépendance avec les référendums.
13:32– Mais me semble-t-il, votre argument sur la Corse,
13:34qui est un argument électoral,
13:37pourrait donner exactement l'inverse du côté de la Nouvelle-Calédonie
13:40parce qu'il y a eu des votes et que les votes n'ont pas non plus à la volonté
13:43d'une...
13:44– En effet, c'est plus compliqué, on est d'accord, mais...
13:46– En tout cas, il n'y a pas eu de référendum pour la...
13:48– À chaque fois, l'indépendance a progressé
13:50et le troisième référendum qui peut-être aurait pu conduire
13:55a finalement été boycotté par les indépendantistes
13:57puisqu'il a été organisé par M. Édouard Philippe
14:00contre la volonté des indépendantistes dans la période du Covid.
14:02– Ce n'est pas une forme d'abandon ?
14:04– Non, c'est une forme de reconnaissance d'un processus de décolonisation
14:08qui est engagé en Nouvelle-Calédonie
14:09et qui est reconnu, y compris par les Nations Unies
14:11et que son aboutissement, c'est celui-là.
14:13Et quand vous avez cette attente, cette volonté qui s'exprime,
14:18je crois que vous devez la prendre en compte.
14:20La République, ça ne peut pas être une camisole de force.
14:23Vous ne pouvez pas imposer à des populations
14:25qui demandent une indépendance
14:27ou dans d'autres territoires une autonomie
14:29de ne pas y avoir droit.
14:31Et donc, il vaut mieux le réfléchir en intelligence
14:32et en discussion plutôt que le faire, malheureusement,
14:35par des situations climatiques.
14:36– Votre adversaire, c'est le RN.
14:39Nous ferons rempart au RN.
14:40Voilà ce qu'a redit Jean-Luc Mélenchon hier.
14:43Dans la foule, on a entendu ça.
14:44– On est chez nous, on est chez nous !
14:49– On est chez nous, on est chez nous !
14:53– Ce « on est chez nous », on est chez nous,
14:57crié par la foule face à vous, j'ai quand même dû le réécouter plusieurs fois
15:00parce que c'est un cri que l'on entend habituellement dans les meetings
15:03du Front National ou aujourd'hui du Rassemblement National.
15:06Ça veut dire quoi ?
15:07Ça veut dire qu'en fait, vous voulez être le miroir du RN ?
15:10– Non, pas du tout.
15:11Ça veut dire qu'il y a eu une tentative depuis des dizaines d'années
15:15par l'extrême droite de capter un certain nombre de symboles,
15:19un certain nombre d'idées, un certain nombre de slogans
15:21et que vous disiez, Jean-Luc Mélenchon a dit
15:24« on est le rempart contre le Rassemblement National ».
15:26Sa candidature, c'est pas seulement une candidature d'opposition
15:28au Rassemblement National, c'est d'abord une candidature
15:30qui propose un programme alternatif.
15:32Mais oui, il y a aussi dans cette campagne des élections présidentielles
15:36la nécessité de combattre, de battre le Rassemblement National.
15:40Et une des manières de le faire, c'est de lui reprendre aussi
15:43les symboles qu'il a essayé de nous confisquer.
15:46Quand le Rassemblement National dit « on est chez nous »,
15:48c'est pour exclure une partie de la population
15:51et pour considérer que cette partie de la population n'est pas chez elle.
15:54Quand le peuple d'hiver qui était rassemblé hier à Saint-Denis
15:57dit « on est chez nous », c'est pour dire « non, on est tous chez nous ».
16:00Et y compris ceux que les autres considèrent qu'ils ne sont pas chez eux.
16:04Voilà, la réponse, c'est celle-là, c'est une réponse qui n'est pas du tout un miroir.
16:08Il y avait d'ailleurs beaucoup de drapeaux français hier,
16:11de drapeaux tricolores, quelques drapeaux palestiniens,
16:13mais les drapeaux tricolores en masse, c'est nouveau,
16:16ils ont été distribués par LFI, ces drapeaux ?
16:19Comme d'habitude, dans nos meetings, on a toujours,
16:21d'ailleurs contrairement à ce que dit souvent l'extrême droite
16:23pour parler de la France insuffisante,
16:25il n'y a pas de drapeaux bleu-blanc-rouge ici,
16:26il y a toujours des drapeaux bleu-blanc-rouge.
16:27– Ben oui, il y en a, évidemment il y en a, parce que…
16:31– Mais ça veut dire qu'on vous dit, voilà, on veut se réapproprier,
16:33je recevais la semaine dernière Raphaël Luxman ici même,
16:36qui disait à peu près en réalité la même chose,
16:38alors vous ne serez évidemment sûrement pas d'accord
16:40sur la suite de ce qu'ils en fait,
16:43mais lui il dit, il faut qu'on fasse en sorte
16:45de ne pas laisser ces symboles à l'extrême droite,
16:48il parle de la Marseillaise, il parle du drapeau tricolore,
16:52Raphaël Luxman qui dit, moi je plierai la France insoumise.
16:56– Alors il a raison, il faut faire une chose très simple,
16:59vous prenez le bulletin de vote de Jean-Luc Mélenchon,
17:00vous le pliez avant de le mettre dans l'urne,
17:03c'est ça qu'il faut faire.
17:05– D'accord, c'est comme ça que vous l'entendez ?
17:06– Ben oui, il faut plier le bulletin avant de le mettre dans l'enveloppe,
17:08sinon il ne rentre pas.
17:09– Vous êtes surpris ?
17:10– De ?
17:10– Ben, qui dit ça ?
17:11– Non, il fait ce qu'il veut, écoutez,
17:13il y a eu une élection présidentielle qui arrive.
17:15– Mais vous avez dit la primaire c'est fini,
17:16hier Jean-Luc Mélenchon a dit ça y est la primaire est finie,
17:18comme s'il y avait déjà eu une primaire de la gauche.
17:20– Il n'a jamais trop commencé, ça ne vous a pas échappé Madame de Malabre.
17:23Écoutez, ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon hier,
17:24c'est dans cette grande bataille qui vient et qui est une bataille décisive,
17:28il y a une force politique, une candidature, une campagne qui est carrée,
17:32qui est engagée avec une équipe, avec un programme qui est en cours de discussion
17:35et avec une démonstration de force populaire qu'on a vue hier.
17:38Et donc ceux qui veulent une alternative au macronisme,
17:41et ceux qui veulent battre l'extrême droite,
17:42ceux qui veulent réouvrir une nouvelle page de l'histoire des Frances,
17:44qui veulent partager les richesses, qui veulent faire la planification écologique,
17:47qui veulent passer à la 6ème République,
17:49qui veulent redonner à la France une voix sur la scène internationale.
17:52Et bien ils ont une équipe, ils ont une candidature, c'est celle de Jean-Luc Mélenchon.
17:55Alors je leur dis venez, venez participer de cette bataille.
17:58– Fabien Roussel l'hier qui dit pour nous ce ne serait ni l'un ni l'autre
18:01en parlant de Jean-Luc Mélenchon ou de Raphaël Guzman.
18:03– Fabien Roussel dit ce qu'il veut, mais je crois que si à la fin,
18:07c'est pour conduire à des candidatures qui n'ont finalement que pour seul résultat
18:12d'empêcher la candidature de Jean-Luc Mélenchon d'être qualifié au second tour
18:17et de l'emporter, je ne crois pas qu'on aura beaucoup fait avancer la gauche
18:20et c'est ce qui s'est passé en 2022.
18:22Et moi vous savez, j'ai croisé beaucoup de militants communistes
18:24qui s'en sont mordus les doigts en 2022,
18:27d'avoir maintenu jusqu'au bout une candidature qui a fait autour de 2% des voix
18:30et ces 2% des voix, c'est ceux qui ont manqué à Jean-Luc Mélenchon
18:33pour se qualifier au second tour.
18:35Donc chacun prendra ses décisions, mais ce que je dis,
18:37c'est que tout le monde a une responsabilité devant l'histoire.
18:40Personne ne pourra dire « je n'étais pas au courant ».
18:42Tout le monde a une responsabilité devant l'histoire.
18:44Et moi je veux juste dire ça.
18:45Je veux dire, la proposition qu'on fait, c'est une proposition qui est ouverte.
18:48Toutes celles et ceux qui veulent participer de cette dynamique sont les bienvenus.
18:52Tout le monde sera à respecter.
18:53Il y a une discussion sur le programme,
18:54il y a la volonté de faire un accord présidentiel législatif.
18:57Ceux qui le refusent, après ils assumeront leurs propres responsabilités.
19:00Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise,
19:02merci d'avoir répondu à mes questions.
19:038h48 sur AMC, BFM TV.
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