00:00Ici Dromardèche, le réveil 100% local.
00:04Ici matin, jusqu'à 9h.
00:077h47, des rassemblements de colère ce soir après la mort de Liana.
00:10Notre invité sera ce soir également devant le tribunal de Valence, Emmanuel Champagne.
00:14Bonjour Fabienne Chabot.
00:15Bonjour.
00:16Présidente de l'association Chrysalis Drôme, qui accompagne et représente les mineurs en justice quand les parents ne peuvent pas
00:22le faire.
00:22Longue expérience, vous concernant dans la protection de l'enfance, vous avez passé 40 ans à la sauvegarde.
00:28Quel message, vous, vous allez porter ce soir devant le tribunal de Valence ?
00:34Un message de colère, un message pour renforcer la protection des enfants, un message pour donner des moyens à la
00:42justice, aux enquêteurs, pour réaliser leurs enquêtes correctement.
00:47Parce qu'aujourd'hui, c'est quand même dramatique ce qui se passe et que les moyens ne sont pas
00:52suffisants.
00:53C'est quelque chose qu'on dénonce depuis assez longtemps.
00:56Ça fait des années qu'on ne dit plus jamais ça, et pourtant on en est encore là aujourd'hui.
01:02Oui, on en est encore là aujourd'hui.
01:04Alors, c'est vrai que moi je suis présidente depuis 2021, et j'ai vu les désignations pour notre association
01:13augmenter.
01:14Ce qui veut dire qu'on entend de mieux en mieux les enfants, et qu'on les croit.
01:20Mais, bien sûr, il y a encore des progrès à faire en matière d'enquête, en matière de mise en
01:35place des auditions.
01:36Non, puisqu'aujourd'hui, même si on a sur le département trois unités d'accueil qui existent grâce aussi à
01:45une autre association, ça ne suffit pas.
01:48Ce que vous dites, c'est que la situation s'est un petit peu améliorée dans la Drôme ?
01:52Oui, je pense. On voit quand même au niveau du parquet, par exemple, où on a un pôle famille qui
02:01est organisé, où il y a trois substituts des procureurs,
02:05un qui est plus chargé des violences conjugales et les deux autres sur les mineurs.
02:09Mais on sait très bien que ça ne suffit pas. On connaît leurs conditions de travail qui sont assez abyssales.
02:20Et on peut imaginer qu'il y a des dossiers qui passent à travers.
02:24Vous parlez de manque de moyens, d'enquête, de justice. Vous en voulez à qui aujourd'hui ?
02:30J'en veux au gouvernement, au gouvernement et aux différents gouvernements qui n'ont pas su prendre en compte ce
02:38fléau.
02:39Ce fléau qui, aujourd'hui, on a fermé les yeux, on a fermé les oreilles aussi.
02:49Et on a refusé de voir que des enfants étaient agressés.
02:55Et aujourd'hui, on ne voit pas non plus. Il y a toute une partie des agressions sexuelles qui sont
02:59dans les familles.
03:00Ça, on le sait. On a eu les rapports de la civise. On a eu des rapports, différents rapports.
03:06Et aujourd'hui, on n'a pas fait beaucoup plus.
03:09Même si on nous dit qu'on a renforcé les moyens de la justice, mais on part de tellement loin.
03:15Quand vous entendez Gérald Darmanin qui va dire ce matin aux procureurs généraux
03:20« Je vous laisse jusqu'au 14 juillet pour reprendre en main les 70 000 dossiers qui impliquent des enfants.
03:27»
03:27L'Union du syndicat de la magistrature dit que c'est de la communication, rien de plus.
03:30C'est aussi votre avis, ça ?
03:31Oui.
03:33On part de tellement loin ?
03:34C'est ça. On part de tellement loin.
03:38On sait les chiffres. Il faudrait 500 enquêteurs de plus, 600 magistrats.
03:44Ça, c'est des chiffres de la Fondation pour les femmes.
03:47En France, on est vraiment en dessous de la moyenne européenne.
03:51Fabienne Chabot, vous êtes présidente de l'association Chrysalis Drôme.
03:54Est-ce qu'à votre connaissance, il y a des dossiers du type de celui de l'IANA
04:00où on a des suspects qui sont en liberté alors qu'il y a des plaintes contre eux ?
04:04À ma connaissance, non.
04:06Mais après, notre association est toute petite.
04:10Enfin, en tout cas, représente une partie des mesures qui sont en cours.
04:17D'autant plus qu'on a une mission très spécifique
04:19puisqu'on accompagne les enfants dont les parents ne sont pas impliqués.
04:24Donc, voilà.
04:27Mais, vu l'état des moyens et du nombre d'enquêteurs
04:34qui sont sur ces situations-là,
04:37rien n'est impossible.
04:39Rien n'est impossible.
04:40Vous accompagnez combien d'enfants aujourd'hui ?
04:42Alors, aujourd'hui, on accompagne...
04:46Enfin, en 2025, j'ai eu le chiffre de 2025,
04:48146 enfants.
04:49On a été désigné pour 146 enfants
04:51sachant qu'on a en cours 300 dossiers.
04:58Donc, voilà.
04:59On accompagne à peu près 500 enfants par an.
05:03Vous accompagnez de plus en plus d'enfants.
05:05Est-ce que ça veut dire que la parole de l'enfant, désormais,
05:07est mieux prise en compte malgré tout ?
05:09Oui, je pense.
05:09Oui, je pense.
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