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  • il y a 2 jours
Aux assises de la Drôme, Le verdict est attendu dans la journée pour les parents de la petite Zita, accusés de privation de soins et d'alimentation après la mort de leur fillette de 16 mois. Sur le banc des victimes depuis une semaine, en plus de la famille, une association de protection de l'enfance.

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Transcription
00:00Ici Bromardèche, le réveil 100% local.
00:04Ici matin, jusqu'à 9h.
00:06Aux assises de la Drôme, le verdict va tomber dans la journée pour les parents de la petite Zita,
00:11accusés de privation de soins et d'alimentation après la mort de leur fillette de 16 mois.
00:15Sur le banc des victimes, depuis une semaine en plus de la famille, une association du Lot-et-Garonne.
00:21Son avocate est avec nous ce matin, Emmanuel Champal.
00:23Bonjour Christine Maz.
00:25Bonjour.
00:25Vous représentez l'association La Mouette, qui est basée à Agen.
00:30Pourquoi est-ce que cette association a décidé de se porter partie civile dans une affaire somme toute drômoise ?
00:35Parce que la maltraitance n'a pas de frontières et que nous allons là où les enfants sont saccagés,
00:42où ils meurent dans des conditions criminelles.
00:45Et nous avons décidé de porter la voix de la petite Zita.
00:49Vous allez partout en France ?
00:50Partout.
00:51Systématiquement ?
00:52Partout.
00:52Nous n'avons pas du tout souhaité, justement, être une association où on choisirait.
01:00On ne choisit pas.
01:01On va là où la mort est là, et là où l'enfant est véritablement saccagé.
01:07Vous utilisez des mots, effectivement, assez forts.
01:10Enfance saccagée, dites-vous.
01:12Oui.
01:14Meurtri, maltraité, blessé, et jusqu'à la mort.
01:18C'est ce que l'on voit dans beaucoup de dossiers.
01:21Au début de ce procès aux assises de la Drôme, une de vos consoeurs avait réclamé le huis clos.
01:26Vous l'avez refusé.
01:27Pourquoi ?
01:28Non, comme Gisèle Pellicot, il faut arrêter.
01:31Il faut arrêter de juger dans un huis clos.
01:33Il faut que les gens se rendent compte de ce qui se passe.
01:36C'est éducatif et c'est aussi préventif.
01:39Il est hors de question pour nous de cacher même les vérités les plus sordides.
01:43Ce que nous souhaitons, c'est vraiment avoir une dimension pédagogique.
01:47Parce qu'on ne se rend pas suffisamment compte de ce qui se passe ?
01:49C'est ce que vous nous dites en fait ?
01:50Bien sûr que non.
01:51Et puis je pense qu'il y a de la prévention à faire autour de ces affaires criminelles.
01:56Il est hors de question de se dire qu'on va juger parce que c'est trop dur, parce que
02:00c'est trop sale.
02:01Il faut véritablement une prise de conscience.
02:03Ce que vous dites, c'est que les enfants maltraités, ce n'est pas que des images qu'on voit
02:07à la télé, dans les journaux, ce sont de vraies personnes ?
02:11Ce sont des enfants pour de vrai.
02:13Nous sommes très présents dans les affaires de pédocriminalité,
02:16où nous avons des photos d'enfants qui sont plus dramatiques, horribles qu'on puisse penser.
02:24Et nous, ce que nous disons, c'est que derrière ces photos que nous voyons,
02:28comme ça qu'ils nous sont imposés par ces pédocriminels,
02:31eh bien il y a des enfants pour de vrai qui souffrent, qui sont violés, qui sont assassinés.
02:35Et ce que nous souhaitons faire, c'est de les représenter,
02:39parce que c'est des petits-enfants qu'ils n'ont quelquefois pas identifiés,
02:42et l'association est là pour ça.
02:45La cause des enfants, c'est le parent pauvre de la justice aujourd'hui ou pas ?
02:48Absolument. J'ai quelques années d'expérience et je peux vous dire que c'est le parent pauvre de la
02:54justice.
02:54Pourquoi vous dites ça ?
02:55Parce que nous voyons que les moyens qui sont donnés au juge des enfants,
03:00aux services sociaux, sont des moyens qui sont très pauvres,
03:04et que sans moyens, nous ne pouvons pas aller trouver l'aide nécessaire,
03:09la prise en charge de ce fléau.
03:11Et les enfants, c'est quand même l'avenir.
03:14Manifestement, le ministère l'a entendu.
03:15Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, vient de présenter un projet de loi
03:18pour une refonte complète de la justice des mineurs.
03:21Vous l'avez examiné, ce projet de loi.
03:23C'est suffisant, selon vous, ce qui est prévu dedans ?
03:25Je ne sais pas si c'est suffisant.
03:26On est toujours en train, avec nos politiques, à venir chercher des espèces de rustines.
03:32Moi, je dis qu'il faut donner les moyens.
03:33Les moyens, c'est vraiment beaucoup plus de personnel autour de la cause des enfants.
03:39Et nous le regrettons.
03:40On en parle d'ailleurs, au niveau du ministère.
03:42Mais nous avons, dans le cadre de ce que nous travaillons aujourd'hui,
03:46la nécessité de dire, donnez-nous les moyens.
03:48C'est quoi les moyens ?
03:50C'est des personnels en plus ?
03:51C'est des enquêteurs en plus ?
03:52C'est des personnels, l'éducatif.
03:54Je crois que c'est très important.
03:56Alors, l'éducatif, c'est ce que l'on fait dans les familles.
03:58Mais lorsque les familles ne font pas ce qu'il faut,
04:01il faut que nous puissions, nous, au terme de la société,
04:03prendre en main tout ce qui est carencé.
04:06Et il faut des moyens financiers, il faut des moyens humains,
04:09il faut des juges, des enfants qui soient beaucoup plus en nombre.
04:13Voilà.
04:13Et alors, ça, nous ne l'aurons pas.
04:15Il faut être clair avec ça.
04:16Nous ne l'aurons pas.
04:17Mais il faut aussi trouver, quand même,
04:19au travers des différents dispositifs législatifs,
04:21des choses qui sont réelles et concrètes.
04:23Faute de moyens, selon vous,
04:25il y a des dossiers de maltraitance sur des enfants qui ne sortent pas,
04:29qui n'arrivent pas en tout cas en justice ?
04:30Énormément de classements sans suite, ça c'est clair.
04:33Il y a aujourd'hui, au niveau de l'inceste,
04:36des choses qui arrivent, vous le voyez,
04:38avec la libération de la parole.
04:40L'inceste, c'est un fléau.
04:42C'est un fléau que nous n'avons jamais géré,
04:45et qui, aujourd'hui, grâce à ce phénomène MeToo,
04:48va, à mon avis, exploser.
04:50Pardonnez-moi, mais on avait l'impression que ça avait un petit peu évolué ces dernières années.
04:54Et vous me dites non ?
04:55Je ne pense pas qu'au niveau des enfants, ça évolue.
04:57Je pense même qu'au niveau des enfants, ça régresse.
05:00La parole d'un enfant qui est porté en justice
05:03est extrêmement difficile à faire reconnaître.
05:05L'aide sociale à l'enfant, ce n'est pas suffisante.
05:07Elle est défaillante, dit Gérald Darmanin.
05:09Je ne suis pas d'accord avec défaillante.
05:11Elle n'a pas les moyens pour tout gérer.
05:14Et ce n'est pas facile de donner comme ça un avis aussi tranché,
05:19alors que des gens font des choses et travaillent pour le mieux et le meilleur.
05:25Gérald Darmanin veut rendre imprescriptibles les crimes commis sur des mineurs.
05:30C'est la solution, ça pourrait éviter des drames ?
05:32Je ne sais pas si c'est la solution.
05:33Ce que l'on sait, c'est qu'un enfant ne peut pas révéler des faits aussi graves
05:38d'inceste ou de maltraitance dans sa famille,
05:42dans des délais courts qui seraient encadrés par la loi.
05:47Donc rallonger le temps de venir porter la parole,
05:51à mon sens, c'est nécessaire.
05:53Ça pose plein d'autres problèmes,
05:54mais je pense qu'au niveau des enfants, c'est nécessaire
05:57de laisser le temps que ça mûrisse, que ça puisse être dit.
06:01parce que la libération de la parole pour un enfant, c'est ce qu'il y a de plus difficile.
06:04Il faut des moyens, on l'entend bien ce matin avec vous, Christine Maz,
06:08avocate de l'association La Mouette,
06:10qui est partie civile dans le procès des parents de la petite Zita,
06:14le verdict attendu dans la journée.
06:16Merci à vous, passez une bonne journée.
06:17Merci.
06:18Il est 7h51.
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