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  • il y a 2 mois
Le président Emmanuel Macron a jugé vendredi qu'il y avait eu un «dysfonctionnement» qui est «inacceptable» dans l'affaire Lyhanna, estimant que «ce n'est pas une question de moyens» mais de «responsabilités» qui devront être établies par les enquêtes administratives. «Même avec 10 fois plus de moyens, ce fiasco judiciaire aurait vraisemblablement eu lieu», juge Francis Nachbar, procureur général honoraire.

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Transcription
00:00Alors qu'on soit bien clair, même si on avait eu dix fois plus de moyens, ce fiasco judiciaire, il
00:07aurait vraisemblablement eu lieu parce qu'il repose à l'origine, me semble-t-il, sous réserve des deux inspections,
00:15il repose sur des manquements, des erreurs d'appréciation individuelles qui doivent être sanctionnées.
00:21Ça paraît être une évidence, maintenant on verra si les inspections me contredisent ou pas, mais on ne peut pas
00:30expliquer, surtout pas expliquer par un problème de moyens, ces neuf mois d'inertie, d'erreur, d'orientation, de transmission
00:40par courrier,
00:41sans même qu'ils aient été doublés d'un coup de téléphone ou d'un mail, deux mois pour déterminer
00:48quel est le tribunal compétent, tout ça c'est incompréhensible et à mon sens inadmissible.
00:54Donc ça c'est une chose, ça c'est certain. Attention tout de même de ne pas aller trop loin
00:58dans la désignation des responsables, et pour l'instant j'allais dire de la responsable.
01:05J'ai entendu dire qu'elle avait déjà reçu, cette procureure, des lettres de menace. Donc je trouve que ça
01:10va très loin.
01:11Si effectivement elle a commis une erreur d'appréciation ou des fautes personnelles, on en tirera les conséquences, et c
01:18'est bien normal,
01:19quand on est procureur ou quand on est magistrat, on est responsable et on assume.
01:24Et quand on est procureur, en plus on assume aussi pour ses collaborateurs, je viens de le dire parce que
01:28je n'ai pas toujours vu ce comportement parmi mes collègues.
01:32Donc ce n'est pas du tout un problème de moyens, sur ce plan-là, le président de la République
01:36a raison de le dire.
01:37Mais c'est un peu s'exonérer très facilement, et beaucoup trop facilement, et puisqu'il indique qu'on doit
01:43chercher les responsabilités,
01:45il devrait aussi s'interroger sur sa propre responsabilité, me semble-t-il, parce qu'il n'y a aucune
01:50vision de la justice,
01:51il y a un désintérêt total de sa part depuis 2017 sur la défense de nos concitoyens,
01:59sur la sécurité, sur la politique pénale, sur la justice, la police, la gendarmerie.
02:04Manifestement, ce n'est pas du tout une priorité, puisqu'aujourd'hui on parle de l'autorité.
02:09Donc qu'il s'interroge également sur la responsabilité des uns et des autres, des procureurs, des magistrats, des gendarmes,
02:17c'est normal, il pourrait peut-être s'interroger aussi sur sa propre responsabilité.
02:22Moi je me souviens, M. Dupond-Moretti, qui parlait de sentiments d'insécurité avec un peu de mépris pour ceux
02:28qui ne pensaient pas le contraire,
02:29et qui étaient donc populistes, et qui faisaient le jeu naturellement des formations extrémistes, comme d'habitude.
02:34Je me souviens de ses propres propos au Président de la République, indiquant qu'on était sujet à un bourrage
02:39de crâne de la part de certaines chaînes d'informations.
02:43C'est peut-être un petit peu méprisant aussi.
02:46Donc que tout le monde s'interroge, que tout le monde en tire les conséquences, y compris au plus haut
02:51niveau de l'État.
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