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  • il y a 11 heures
Un corps identifié comme étant celui de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai, a été retrouvé jeudi dans le Gers. Les critiques s'intensifient sur les éventuelles failles judiciaires dans cette affaire, le suspect ayant fait l'objet de plusieurs plaintes. «C’est un échec de l’État», reconnaît le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn.

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Transcription
00:00Avant de répondre à votre question, je voudrais juste redire encore une fois la compassion qu'on a pour la
00:05famille de cette jeune fille
00:07et aussi pour les familles des autres victimes, puisque vraisemblablement il y a d'autres victimes dans ce parcours criminel.
00:13Pour répondre à votre question, c'est un « nous » collectif, c'est un échec collectif, depuis hier on
00:17emploie ce terme,
00:18c'est un échec de l'État, puisque manifestement il y a des défaillances, on verra lesquelles au sein de
00:24l'institution judiciaire,
00:25mais probablement aussi chez les forces de l'ordre, probablement peut-être aussi au sein de l'éducation nationale,
00:30puisque se posent des questions autour d'éventuels signalements qui auraient été faits ou n'auraient pas été faits,
00:35donc c'est un « nous » collectif. Maintenant ça ne doit pas dédouaner des responsabilités, vous avez deux types
00:40de responsabilités,
00:41soit il y a eu des manquements, ou en tout cas des failles systémiques, c'est-à-dire comment est
00:45-ce qu'on prend en charge ce type de dossier en France,
00:47et probablement qu'il y en a. Notamment, on a beaucoup parlé aujourd'hui de la transmission de dossiers papiers,
00:53je pense que vos téléspectateurs découvrent qu'en 2026 on peut encore se transmettre un dossier criminel d'un commissariat
01:00ou d'une gendarmerie à l'autre,
01:01comme à d'autres charrettes, comme si on était dans un temps qu'on pensait révolu.
01:05Et ensuite vous avez la question de responsabilités individuelles, et je veux dire devant vous que cette question des responsabilités
01:12individuelles,
01:13elle n'est pas accessoire. Moi-même je suis magistrat, il y a encore quelques mois je rendais des décisions
01:18en votre nom à tous,
01:19au nom du peuple français. Et pourquoi j'avais le droit de le faire ? Parce que vous me déléguiez
01:22ce pouvoir,
01:22et qu'à partir du moment où vous n'avez plus confiance en moi, où vous n'avez plus confiance
01:26en l'institution que je représente,
01:28ça pose une difficulté, parce que du coup je n'ai plus la légitimité de rendre cette justice.
01:32Et c'est pour ça que le ministre a eu une expression très forte, c'est que l'indépendance des
01:36magistrats,
01:36l'indépendance qu'on leur doit, on ne doit pas dire à un magistrat ce qu'il doit faire dans
01:39un dossier individuel,
01:40ça ne veut pas dire l'irresponsabilité. C'est-à-dire que si des personnes ont mal fait leur travail,
01:45je ne sais pas si c'est le cas. Et je pense sincèrement que quand vous êtes magistrat,
01:49vous vous levez le matin pour aider et protéger les gens, comme quand vous êtes gendarme,
01:53quand vous êtes policier, personne ne pense que vous avez des dangereux magistrats en France
01:57qui laissent des pédocriminels, si vous voulez, dans la nature, délibérément.
02:01Il n'empêche que vous pouvez parfois mal faire votre travail.
02:04Et quand vous avez une grande responsabilité, il est normal que vous soyez comptable devant nos concitoyens
02:09si vous avez mal fait votre travail.
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