00:00Avant de répondre à votre question, je voudrais juste redire encore une fois la compassion qu'on a pour la
00:05famille de cette jeune fille
00:07et aussi pour les familles des autres victimes, puisque vraisemblablement il y a d'autres victimes dans ce parcours criminel.
00:13Pour répondre à votre question, c'est un « nous » collectif, c'est un échec collectif, depuis hier on
00:17emploie ce terme,
00:18c'est un échec de l'État, puisque manifestement il y a des défaillances, on verra lesquelles au sein de
00:24l'institution judiciaire,
00:25mais probablement aussi chez les forces de l'ordre, probablement peut-être aussi au sein de l'éducation nationale,
00:30puisque se posent des questions autour d'éventuels signalements qui auraient été faits ou n'auraient pas été faits,
00:35donc c'est un « nous » collectif. Maintenant ça ne doit pas dédouaner des responsabilités, vous avez deux types
00:40de responsabilités,
00:41soit il y a eu des manquements, ou en tout cas des failles systémiques, c'est-à-dire comment est
00:45-ce qu'on prend en charge ce type de dossier en France,
00:47et probablement qu'il y en a. Notamment, on a beaucoup parlé aujourd'hui de la transmission de dossiers papiers,
00:53je pense que vos téléspectateurs découvrent qu'en 2026 on peut encore se transmettre un dossier criminel d'un commissariat
01:00ou d'une gendarmerie à l'autre,
01:01comme à d'autres charrettes, comme si on était dans un temps qu'on pensait révolu.
01:05Et ensuite vous avez la question de responsabilités individuelles, et je veux dire devant vous que cette question des responsabilités
01:12individuelles,
01:13elle n'est pas accessoire. Moi-même je suis magistrat, il y a encore quelques mois je rendais des décisions
01:18en votre nom à tous,
01:19au nom du peuple français. Et pourquoi j'avais le droit de le faire ? Parce que vous me déléguiez
01:22ce pouvoir,
01:22et qu'à partir du moment où vous n'avez plus confiance en moi, où vous n'avez plus confiance
01:26en l'institution que je représente,
01:28ça pose une difficulté, parce que du coup je n'ai plus la légitimité de rendre cette justice.
01:32Et c'est pour ça que le ministre a eu une expression très forte, c'est que l'indépendance des
01:36magistrats,
01:36l'indépendance qu'on leur doit, on ne doit pas dire à un magistrat ce qu'il doit faire dans
01:39un dossier individuel,
01:40ça ne veut pas dire l'irresponsabilité. C'est-à-dire que si des personnes ont mal fait leur travail,
01:45je ne sais pas si c'est le cas. Et je pense sincèrement que quand vous êtes magistrat,
01:49vous vous levez le matin pour aider et protéger les gens, comme quand vous êtes gendarme,
01:53quand vous êtes policier, personne ne pense que vous avez des dangereux magistrats en France
01:57qui laissent des pédocriminels, si vous voulez, dans la nature, délibérément.
02:01Il n'empêche que vous pouvez parfois mal faire votre travail.
02:04Et quand vous avez une grande responsabilité, il est normal que vous soyez comptable devant nos concitoyens
02:09si vous avez mal fait votre travail.
Commentaires