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Un médecin de campagne est accusé de dizaines de viols et d'agressions sexuelles, y compris sur des enfants. Et il exerce toujours aujourd'hui. Des victimes témoignent pour actu.fr.

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Transcription
00:00C'était en 2004, j'avais 25 ans.
00:03Dès cette première consultation, le médecin m'a fait un toucher vaginal.
00:11Entre les touchers vaginaux et le toucher rectal,
00:15à un moment donné, j'ai vu que sur un toucher vaginal, il prenait du plaisir.
00:19J'ai subi son examen médical, puis je le trouvais quand même bizarre
00:22de me faire déshabiller complètement pour un mal de gorge.
00:25Et en plus, après un moment, il a mis ses mains dans mon slip pour me toucher les ovaires.
00:34Dans cette petite ville tranquille, à 20 minutes de Nantes,
00:37des femmes accusent un médecin généraliste de viol et d'agression sexuelle.
00:41En 2025, elles ont créé le collectif des victimes d'un médecin du Lorou-Botreau
00:46et ont déjà recueilli le témoignage de 45 femmes,
00:49dont les plus jeunes avaient une dizaine d'années au moment des faits.
00:52Un jour, j'ai dû consulter un médecin en urgence.
00:56Ce n'était pas mon médecin habituel.
01:00Donc, j'ai pris rendez-vous chez ce médecin.
01:04Dès cette première consultation, en fait, le médecin m'a fait un toucher vaginal.
01:13Deux, trois jours après, j'avais de nouveaux symptômes.
01:17J'avais du sang dans les urines.
01:19Le matin même, j'avais eu rendez-vous avec ma gynécologue,
01:24qui avait fait un contrôle habituel.
01:26Et donc, je signifie clairement au médecin que cette fois-ci,
01:31pas besoin de contrôler à ce niveau-là,
01:35puisque j'avais eu ce matin des examens gynécologiques.
01:42Et en fait, il n'entend pas ce nom.
01:44Donc, même pire que ça, en fait, il baisse lui-même ma culotte.
01:51Et il me dit, il faut absolument que je vérifie,
01:55parce que le clitoris, le point G, tout ça, ça peut être très douloureux.
02:00Donc, il faut que je vérifie.
02:03Il me demande si j'ai bien des orgasmes.
02:07Donc là, ça m'a paru complètement hallucinant.
02:10J'étais dans un état de peur et de sidération.
02:17J'étais en train de me dire que j'étais en train de me faire agresser par un pervers.
02:22Et j'avais qu'une seule envie, à ce moment-là, c'était de fuir.
02:25On n'est pas sur une plaignante ou un plaignant isolé.
02:30Sur une carrière sans faille,
02:33on est sur plusieurs victimes qui racontent et qui ne se connaissent pas
02:37et qui racontent le même mode opératoire et les mêmes faissaillants.
02:43Le seul fait qu'il y ait plusieurs victimes sur une période longue de temps
02:48fait qu'il ne s'agisse pas a priori, dans sa pratique, d'un moment très isolé ?
02:53Ce qui est assez surprenant, pour l'instant, dans les contacts qu'on a eus,
02:57c'est justement les variations d'âge.
03:00Et de profil.
03:01Selon les informations que nous avons collectées,
03:04le praticien, aujourd'hui âgé d'une soixantaine d'années,
03:07aurait abusé de patientes tout au long de sa carrière,
03:10Holoroux-Botreau, depuis la fin des années 80 jusqu'à la fin des années 2010,
03:15soit une période d'une trentaine d'années.
03:17Contacté, ni le médecin généraliste mis en cause,
03:20ni son avocate n'ont souhaité répondre à nos questions.
03:22Un jour, j'avais tellement mal qu'il m'a fait une biopsie vaginale.
03:29Et pendant ce temps-là, je suis restée un moment en attente de résultats,
03:33avec la crainte d'avoir quelque chose.
03:36Quand je l'ai revu après pour mes résultats, il m'a dit que finalement,
03:39ce n'était pas ça, mais qu'il fallait certainement qu'il me fasse un toucher rectal.
03:44Alors quand il me met le spéculum, il me regarde droit dans les yeux,
03:48il met sa main sur mon bas-ventre tranquillement,
03:51et c'était une impression, mais son regard et son petit sourire en coin
03:56m'ont donné énormément envie de vomir.
04:03Et je ne comprenais pas ce qui se passait, en fait.
04:07Parce que je me suis dit, c'est un médecin, ce n'est pas normal.
04:09Mais j'ai trouvé son regard immonde et sale, en fait.
04:16Je suis allée chez ce médecin pour un mal de gorge banal.
04:20Et je me suis...
04:21Donc j'ai subi son examen médical.
04:26Puis j'ai trouvé quand même bizarre de me faire déshabiller complètement
04:28pour un mal de gorge, d'être allongée sur le divan.
04:35Et en plus, après, à un moment, il a mis ses mains dans mon slip
04:38pour me toucher les ovaires.
04:40Je suis sortie de là, je me suis dit, mais plus jamais je n'ai réussi à ce médecin-là.
04:44Un juge d'instruction est saisi de ces faits depuis le mois de janvier 2020,
04:48mais pour l'instant, le dossier est toujours en cours d'instruction.
04:52Depuis le lancement de la procédure,
04:54le médecin a interdiction d'exercer en cabinet,
04:57ce qui ne l'empêche pas de pratiquer la médecine en téléconsultation
05:01et de faire de la régulation pour le SAMU qui dépend du CHU de Nantes.
05:06Le médecin n'est pas un praticien employé par le CHU de Nantes.
05:09C'est un médecin libéral qui exerce une activité de régulation de médecine générale.
05:14A notre connaissance, le jugement le concernant n'a pas été rendu.
05:17Le CHU sera très attentif aux évolutions judiciaires.
05:20Le Conseil de l'Ordre des médecins de Loire-Atlantique
05:23est au courant depuis longtemps des agissements du médecin
05:26qui a été mis en garde sur sa pratique.
05:29Des patientes ont d'ailleurs été reçues par l'institution.
05:32Les éléments déontologiques étaient à l'époque insuffisants
05:35pour que le Conseil de l'Ordre puisse saisir l'instance disciplinaire.
05:38La répétition de signalement et leur concordance
05:41nous a conduit à signaler le médecin au procureur de la République
05:44et à déposer plainte auprès de la Chambre disciplinaire
05:47de première instance des pays de la Loire fin 2019.
05:50De façon générale, vous observerez que depuis quelques années,
05:54que ce soit la Cour des comptes,
05:55que ce soit les juridictions pénales,
05:59lorsqu'elles jugent M. Le Squarneck ou d'autres,
06:03constatent la faillite des ordres des médecins.
06:06Ce n'est pas nous qui le disons pour des comptes et des juridictions.
06:10Et je pense que ce dossier peut-être illustrera,
06:16une fois de plus, une telle faillite.
06:18En tout cas de cause, dans ce dossier-là,
06:21le médecin exerce toujours.
06:23Par ailleurs, il y a des plaignantes.
06:25Il va falloir que le dossier soit investigué
06:27pour qu'il y ait une vraie décision qui soit prise.
06:29Parce que là, l'entre-deux ne paraît pas satisfaisant.
06:32Soit il y a une vraie problématique.
06:34Au caca, c'est compliqué de le laisser au contact de patients,
06:37quelle qu'il soit, quelle que soit la forme.
06:39Soit il n'y en a pas.
06:39Au caca, il aurait fallu d'ores et déjà clôturer
06:42en disant qu'il n'y a pas de difficulté.
06:44Ce que je trouve grave, c'est que le Conseil de l'Ordre
06:47ait toujours ce pouvoir très important
06:49de calmer, d'étouffer un petit peu les choses.
06:53Que les procès, ça ne se passe pas en public,
06:56mais ce sont des procès qui sont à huit clos.
06:59Alors que ce sont des faits,
07:01tout le monde est jugé à l'air libre.
07:04On n'a pas besoin d'être à huit clos.
07:06Ça serait vraiment bien que ça change ça aussi.
07:09Mathilde est l'une des patientes qui a été reçue
07:11par le Conseil de l'Ordre des médecins en 2004,
07:14rapidement après les faits,
07:15mais elle n'en garde pas un très bon souvenir.
07:18Les médecins du Conseil de l'Ordre m'ont dit
07:21qu'il fallait que je...
07:23que c'était pas tout à fait normal ce qui s'était passé,
07:25mais qu'il fallait que j'excuse ce médecin
07:28qui était très porté sur la sexologie
07:32et qu'il avait participé à trop de colloques de sexologie
07:35et que c'est ça qui expliquait la pratique de la médecine.
07:39Donc ce moment devant le Conseil de l'Ordre,
07:42je l'ai vécu comme une deuxième violence.
07:46J'ai eu plus l'impression d'une profession
07:49qui se couvrait entre elles
07:51et que la personne qui cherchait à protéger,
07:54c'était plutôt le médecin que moi
07:56et les patients et patientes suivis par ce médecin-là.
08:00Donc aujourd'hui, le temps nous paraît vraiment, vraiment long
08:05parce que Saint-Diémoin a été entendu en 2020,
08:09ça va faire six ans
08:10et on a vraiment hâte de pouvoir enfin mettre un point final
08:16à cette histoire avec un procès.
08:20On espère vraiment que la justice va s'activer
08:23et puis pouvoir bientôt mettre une date d'audience.
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