00:00L'invité d'ici matin, que faire face à la vague de violence qui touche Grenoble et notamment ses commerces,
00:05Noémie Philippot ?
00:06Après la boulangerie, salon de Téchardon bleu détruite par une voiture bélier le week-end dernier,
00:11un salon de coiffure a été incendié dans la nuit de mardi à mercredi dans le centre-ville.
00:15On échange à ce sujet avec Brice Gageant, secrétaire départementale du syndicat Unité Police. Bonjour.
00:21Bonjour.
00:22La liste des actes de violence continue de s'allonger en ce moment à Grenoble.
00:26Ces attaques visant des commerces, mais aussi la fusillade dans le quartier Mistral, un corps retrouvé dans une voiture à
00:31Echirol.
00:32On peut dire qu'on a passé un cap dans la violence depuis dix jours ?
00:36Bien évidemment, nous avons passé un cap et on emploie de plus en plus le terme de mexicanisation, auquel j
00:42'adhère totalement.
00:43Par contre, ce qui nous sidère un peu, c'est jusqu'où cela va durer et que faut-il de
00:48plus pour qu'on réagisse ?
00:50Car concrètement, quand j'emploie ce terme personnellement, souvent on me renvoie en me disant
00:53« Mais est-ce que ce n'est pas un peu trop fort ? » Non, ce n'est pas
00:55un peu trop fort.
00:56On a, comme vous l'avez dit, des assassinats à répétition, des gens filmés, séquestrés et exécutés sur des réseaux
01:05sociaux.
01:06On a effectivement la vague d'incendies qui perdure dans la foulée et qui peut potentiellement s'apparenter à avoir
01:14un lien avec ces faits.
01:15L'enquête nous le démontrera parce que la piste criminelle est bien sûr confirmée.
01:19Donc la mexicanisation, je vous la confirme et ça va aller de pire en pire.
01:23Des enquêtes sont en cours. Alors justement, on reste prudent.
01:27Mais vous avez déjà des pistes d'explication sur cette poussée générale de violence. Pourquoi en ce moment ?
01:33Pourquoi en ce moment ? C'est un peu le momento, comme ils disent dans les quartiers.
01:37En fonction des matchs-retours, les reprises de terrain, tout est lié, que ce soit des actes de dégradation,
01:42des actes criminels comme des assassinats, potentiellement des incendies volontaires,
01:47car tout existe pour mettre la pression au camp adverse ou en riposte à une famille sur des gens qui
01:52ont été envoyés.
01:53Tout est possible, donc il va falloir que l'enquête avance rapidement.
01:56Elle avance rapidement et nous verrons s'il y a des liens à établir entre ces différentes affaires.
02:00Après la fusillade dans le quartier Mistral, le procureur de la République de Grenoble avait parlé d'une guerre de
02:06territoire.
02:06On est là-dedans aujourd'hui ?
02:08Nous sommes dans une guerre de territoire qui perdure.
02:11L'histoire grenobloise, je la connais depuis longtemps.
02:14Concrètement, il y a des liens qui s'opèrent sur des années.
02:17On se retrouve avec des assassinats aujourd'hui qui découlent d'une affaire d'il y a presque dix ans.
02:22C'est en fait des matchs-retours, des matchs-retours, des reprises de terrain.
02:25Mais concrètement, oui, on a franchi un palier et il va falloir une réaction rapide du gouvernement.
02:30Que faire face à la vague de violence qui touche Grenoble ?
02:32Des explications aussi sur les raisons.
02:34Tout cela avec notre invité à 7h48 qui est avec nous, Brice Gageon, secrétaire départementale du syndicat Unité Police,
02:40qui répond à vos questions, Noémie Philippot.
02:42Les grenoblois se sont habitués, on peut le dire, aux violences autour des points d'île.
02:46Maintenant, on en parle depuis le début de cette interview.
02:48Les commerces sont visés, ça interroge ?
02:50Bien évidemment que ça interroge.
02:53Notamment s'il y a des liens avec les faits précédents.
02:57Parce qu'une nouvelle fois, on aura franchi un cap.
02:59La criminalité que l'on avait avant en périphérie de l'agglomération se délocalise,
03:05vient dans le centre-ville avec des fusillades,
03:07des grenades jetées en plein centre-ville dans des commerces.
03:11Des policiers blessés, des passants blessés très récemment.
03:14Donc c'est quand même une nouveauté.
03:15Et il n'y a pas très longtemps que j'intervenais en employant ce terme de mexicanisation.
03:19Et certaines personnes trouvaient ça un peu trop fort.
03:22Moi je vous le dis, ce n'est pas un peu trop fort, c'est réel.
03:24Et on va monter crescendo et je ne sais pas où ça va s'arrêter.
03:28Est-ce que vous avez les moyens d'intervenir face à ces violences qui augmentent ?
03:33Alors nous avons les moyens, mais concrètement, devant une augmentation exponentielle des faits criminels
03:39et des effectifs de police qui diminuent constamment,
03:43là on peut très bien anticiper que d'ici 4 ou 5 ans, sur l'agglomération grenobloise,
03:48en fait du phénomène générationnel, nous allons perdre entre 150 et 200 policiers.
03:53sur à peu près 800 policiers actifs.
03:55Ça fait quasiment un policier sur 4.
03:57Et dans le même temps, nous allons avoir une courbe de la criminalité qui va augmenter.
04:01Donc concrètement, ça n'est plus possible.
04:03Nous n'avons aucune réaction de l'État.
04:05Est-ce qu'un homme politique s'est déplacé sur Grenoble ces jours-ci,
04:08alors qu'on a quasiment une exécution par mois ?
04:11Et je vous laisse de côté toutes les tentatives de meurtre qu'il y a eu.
04:14Il n'y a aucune réaction du gouvernement.
04:16Nous ce qu'on veut c'est des effectifs, des moyens,
04:18et surtout à très court terme, une politique claire et nette
04:21pour s'adapter et lutter contre le narcotrafic.
04:23Vous demandez une réaction au niveau national, au niveau local.
04:27La maire de Grenoble répète qu'elle veut travailler avec tous les acteurs sur le sujet.
04:31Vendredi, avec le procureur, la préfète, le directeur de police,
04:34elle a mis en place un nouveau groupe local de traitement de la délinquance dans le quartier Hoche.
04:40Ça montre qu'il y a une prise de conscience sur le sujet localement, selon vous ?
04:44Que vous dire sur le sujet ?
04:45Ils déclarent tous.
04:46Depuis 20 ans, comme vous venez de le dire, ils déclarent.
04:49Par contre, où sont les faits ?
04:50Où est la vidéoprotection ?
04:51Où sont les effectifs de police municipale en plus ?
04:54Parce que ça pourrait nous filer un petit coup de main, quand même, certaines affaires.
04:57Concrètement, en fait, il y a beaucoup de déclarations,
04:59mais dans les actes, il n'y a pas grand-chose.
05:01Merci beaucoup, Brice Gageant, d'avoir été avec nous ce matin
05:04pour décrypter un petit peu cette nouvelle vague de violences
05:08dans Grenoble et l'agglomération.
05:09Je rappelle que vous êtes secrétaire départementale du syndicat Unité Police.
05:14Merci à vous et bonne journée.
05:15Merci.
05:15Merci.
05:16Merci.
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