- il y a 11 heures
Près d'une semaine après la disparition de Lyhanna, le profil de Jérôme Barella, principal suspect mis en examen et placé en détention provisoire, se dessine. La procureure de la République d'Auch Clémence Meyer a révélé lors d'une conférence de presse ce mercredi 3 juin que l'homme de 41 ans était déjà été visé par plusieurs signalements et plaintes, indépendantes de la disparition de la jeune fille dans le Gers.
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00:00Et mon invité ce matin, plus qu'un invité, c'est évidemment un spécialiste, un chroniqueur, un consultant, Dominique Rizet.
00:06Bonjour Dominique Rizet, consultant police-justice de BFM TV et on a bien besoin de vos lumières ce matin.
00:12Où est Liana, la petite fille de 10 ans qui a donc disparu vendredi dernier ?
00:17Mais depuis 24 heures, alors que les recherches se poursuivent, ce n'est plus seulement l'affaire Liana, c'est
00:22aussi l'affaire Jérôme B.
00:24C'est une affaire tentaculaire où l'on découvre un homme accusé de plusieurs plaintes, de signalements pour des viols,
00:31des comportements déplacés sur des fillettes ou des jeunes filles mineures.
00:35Et c'est aussi l'affaire de la justice avec cette question que pose la maman de l'une des
00:40petites filles qui avait porté plainte pour viol contre lui en août dernier.
00:43Si la plainte avait été prise au sérieux, Liana aurait-elle disparu ?
00:48On va essayer de répondre à toutes ces questions.
00:50Mais d'abord Dominique, nous sommes donc jeudi, presque une semaine que Liana a disparu.
00:56On en est où de l'enquête ?
00:58Alors écoutez, on la recherche toujours.
01:00Donc il y a deux phases.
01:01Sur le terrain, il y a des recherches opérationnelles qui sont menées par la gendarmerie avec des renforts d'escadrons
01:06de gendarmerie mobile.
01:08Vous savez que depuis quelques temps, la gendarmerie a fait savoir qu'elle ne tenait plus tellement à ce que
01:12des battues citoyennes soient organisées.
01:14D'abord les gendarmes et ensuite, si on a besoin de personnes qui viennent en aide, on va chercher des
01:20chasseurs.
01:20C'est ce qui s'est passé hier parce que les chasseurs connaissent le secteur.
01:23Des ramasseurs de champignons, des gens qui connaissent le coin.
01:26Donc des recherches opérationnelles sur le terrain.
01:28Et puis à côté, des recherches numériques, techniques.
01:31Et une personne qui était placée en garde à vue et pas n'importe qui parce que c'est un
01:36personnage, on va y revenir, très intéressant.
01:38Recherche numérique, ça veut dire la caméra de vidéosurveillance.
01:41Il est 15h05, à la sortie du collège, l'après-midi.
01:46Et Liana monte dans une voiture.
01:49Et c'est le conducteur de cette voiture qui va être interpellé par les gendarmes, qui lui pose la question.
01:54Monsieur, est-ce que ?
01:55Et monsieur répond, non, pas du tout, j'étais pas là.
01:57Et les gendarmes lui disent, caméra.
01:59Ah, il commence par dire ?
02:01Non, je n'ai pas vu Liana, je n'ai pas vu Liana ce jour-là, pas du tout.
02:06Or, les enquêteurs savent, avec la vidéosurveillance et un témoignage, que Liana est bien montée dans la voiture grise de
02:12cet homme.
02:13Premier mensonge, en tout cas, mensonge.
02:16Et donc ça, c'est l'enquête numérique.
02:18Et comme on est maintenant sur ce suspect, plus que suspect, il était placé en détention, toujours présumé innocent, mais
02:24placé en détention.
02:25Eh bien, on va regarder le déplacement de sa voiture, de son téléphone.
02:30Est-ce que Liana avait un téléphone ? Est-ce que son téléphone s'est déplacé, a borné en même
02:34temps que celui de cet homme dans la voiture, puisqu'on sait qu'elle monte dans la voiture ?
02:37Est-ce que son téléphone a cessé d'émettre ? On n'a pas encore les éléments sur...
02:43On imagine et on espère que les enquêteurs l'ont et que ça fait partie des éléments sur lesquels ils
02:47vont pouvoir remonter.
02:48Il y a deux heures, Dominique, et c'est ce qui est sidérant dans cette histoire.
02:51Il y a deux heures, entre 15h05, comme vous le dites, là on sait précisément que Liana est montée dans
02:58la voiture.
02:59Et aux alentours de 17h, Jérôme Barrella est vu à nouveau, puisqu'il vient chercher sa cadette ou qu'il
03:08participe à une fête de l'école.
03:10Il y a donc deux heures pendant lesquelles on ne sait pas ce qui s'est passé ?
03:14C'est un tout petit peu plus compliqué.
03:1815h05, elle sort de son collège.
03:22Il faut cinq minutes pour aller à la piscine.
03:24Quand les gendarmes lui posent la question, il répond, oui finalement, je l'ai récupéré à la sortie du collège
03:29et je l'ai conduit à la piscine.
03:31Cinq minutes.
03:32Ensuite, il dit, mais ça ce n'est pas vérifié, en tout cas, ça doit l'être, mais on n
03:36'a pas l'information ni la réponse.
03:38Il dit qu'à 16h30, il est allé chercher sa fille à l'école.
03:42Ensuite, il dit qu'à 18h30, dans cette même école, il a assisté à une fête.
03:49Visiblement, à 18h30, il est bien dans l'école, il assiste à la fête.
03:51Maintenant, les gendarmes sont allés questionner sa fille pour lui demander, est-ce qu'à 16h30, ton papa est venu
03:57te chercher à l'école ?
03:58On n'a pas la réponse.
03:59Ce qui fait que ça laisse un écart de temps plus grand agilé.
04:04Ça veut dire qu'au fond, 15h05, effectivement, le moment où, officiellement, dit-il, elle est descendue de sa voiture.
04:1416h30, dit-il, il serait allé chercher sa fille à l'école.
04:1818h30, pour le coup, il est bien là.
04:21Et là, des témoignages le disent, il a bien été vu à la fête de l'école.
04:24Ça lui laisse entre 15h et 18h30, pour faire quelque chose qu'il refuse d'expliquer aux enquêteurs.
04:34En tout cas, il n'a pas beaucoup parlé aux enquêteurs, ou très peu.
04:36Et il a fait valoir son droit au silence devant la juste instruction, à l'issue de sa garde à
04:41vue de 48 heures.
04:42Ce qui veut dire que les enquêteurs ne pourront plus le reprendre.
04:45La garde à vue est finie.
04:46Celui ou celle qui peut le questionner maintenant, c'est le ou la juge d'instruction.
04:50Et tout converge donc vers cet homme, avec plusieurs points qui font qu'il est le suspect.
04:55Au départ, parce que c'est lui qui a en réalité vu la petite Liana pour la dernière fois, puisqu
05:01'elle est montée dans sa voiture.
05:02Et puis, il commence à y avoir les récits de la maman,
05:05qui dit qu'elle avait été chez lui pour une soirée pyjama.
05:11Là, ça commence à lever les doutes.
05:13Bien sûr.
05:14Alors, la maman de Liana raconte qu'elle est allée chez lui pour une soirée pyjama,
05:18qu'ensuite elle a raconté des choses,
05:20et que les parents de Liana ne voulaient plus entendre parler de JB, de cet homme,
05:24qui tournait autour de Liana.
05:26Donc, il y avait les soirées pyjama, il y a ce que Liana avait dit à ses parents.
05:31Et donc, cet homme tournait autour d'elle, un peu comme un prédateur.
05:34Alors, encore une fois, on ne va pas faire le film avant que le film ne soit déroulé.
05:39Et cet homme est présumé innocent.
05:40Il a été vu lui apportant des goûters à la sortie du collège.
05:44C'est clairement quelqu'un qui s'intéressait à cette jeune fille.
05:47Dégoûté, il lui apportait des cadeaux, il était autour d'elle.
05:50Les parents ne voulaient plus qu'elle aille chez lui.
05:52Et ce qui est terrible, c'est que chez lui, il y a un piège.
05:55Le piège, c'est sa propre fille.
05:56Il y a lui qui a l'âge de Liana et qui est la copine de Liana.
05:59Tu sais, les soirées pyjama, on a tous des enfants.
06:01Les enfants sont tous allés à des soirées pyjama.
06:04On s'est parfois posé un peu la question de savoir dans quel foyer allait nos enfants.
06:08Mais là, je peux vous dire que les soirées pyjama, ça va être terminé.
06:11Alors, les soirées pyjama, il y a évidemment Liana.
06:15Et puis, il y a cette découverte, Information BFM TV, qui évidemment crée la stupéfaction.
06:22Une plainte.
06:23Et puis hier, on apprend que ce n'est pas une seule plainte pour viol, mais d'autres.
06:27Est-ce que vous pouvez nous refaire la chronologie ?
06:29Aoutre 2025, une plainte est déposée pour viol au pluriel sur une fillette de 11 ans par ses parents,
06:36entre 2024 et 2025, à Montestruc-sur-Gers, au domicile de celui que moi j'appelle JB.
06:44Neuf mois plus tard, il n'a toujours pas été entendu.
06:47L'affaire est toujours à l'instruction.
06:49Et la procureure de la République d'Auche nous dit,
06:50c'est parce qu'on attend d'avoir tous les éléments constitutifs de l'enquête,
06:56expertise psychologique, expertise psychiatrique, examen médico-légal de l'enfant,
07:00audition des parents, avant d'entendre, enfin, et de placer en garde à vue, M. JB.
07:06Donc, on en est là.
07:08Et il y a eu visiblement des dysfonctionnements, ou en tout cas, des lenteurs.
07:13Voilà, des lenteurs.
07:13La gendarmerie, la brigade territoriale...
07:15Des moments où il s'est resté un peu dans le fond du tiroir.
07:16Bien sûr.
07:16La brigade de l'Ectour a été saisie par la justice, par Auch,
07:20le parquet d'Auche, au mois de janvier.
07:23Et depuis janvier, il ne s'est pas passé grand-chose.
07:25Le parquet leur avait demandé, il avait demandé aux gendarmes
07:27de refaire des auditions de la maman,
07:31reprendre des auditions de la petite,
07:34de vérifier quelques points.
07:36Mais là, on est au mois de juin.
07:39Donc, jusqu'ici, le temps a passé.
07:41Dominique Rizet, que dit la petite fille, la petite Rosa ?
07:45Elle dit, elle a été jusqu'à porter plainte, raconter un récit circonstancié.
07:51Et malgré l'âge de la petite, il n'y a pas eu un sentiment d'urgence ?
07:56Vous savez, c'est ce que disaient plusieurs avocats qui sont venus chez nous hier,
08:00Maître Pardot, Maître Maslia,
08:02et qui travaillent sur ce genre de dossier.
08:05En fait, on ne croit pas les enfants.
08:06A priori, on ne croit pas les enfants.
08:09On considère que les enfants sont des affabulateurs, on ne les croit pas.
08:12Et donc, il faut, pour des avocats, des pénalistes qui travaillent sur ce genre de dossier,
08:17insister, relancer la justice en permanence.
08:20Alors qu'un certain nombre de, j'allais dire presque de warnings,
08:25auraient dû immédiatement clignoter,
08:27les sirènes auraient dû se mettre à sonner dans les bureaux de la police
08:31ou de la justice et de la gendarmerie, en l'occurrence.
08:33Parce que, certes, il y a cette plainte pour viol déposée le 22 août 2025.
08:40Mais il y avait eu précédemment un licenciement en 2021
08:44avec signalement pour des faits d'insistance particulière
08:48sur une jeune fille dans le cadre d'un établissement scolaire.
08:50Il y avait eu, en janvier 2024, une plainte qui avait été classée sans suite
08:55pour viol sur une fillette de 9 ans.
08:58Il y avait eu, en décembre 2017,
09:00un renseignement judiciaire établi par la gendarmerie
09:05sur la question d'une jeune fille de 17 ans
09:08dont la mère avait saisi la gendarmerie.
09:10Et tout cela, comme si c'était en parallèle,
09:13comme si aucun n'avait croisé l'autre ?
09:15Oui. La plainte de 2022 pour des faits comme il y a en 2020,
09:17c'est sur une fillette de 7 ans.
09:19De 7 ans ?
09:20Alors là, il n'y a pas de condamnation pour l'instant.
09:23Donc il n'y a pas de casier judiciaire.
09:25Cet homme JB n'a pas de casier judiciaire.
09:28Alors aussi bizarre que ça puisse paraître.
09:30Or, il y a une fois où il a été placé en garde à vue dans une affaire
09:34où on aurait pu prélever son ADN
09:36et le versé au tâge, au FNAEG,
09:41au fichier des antécédents judiciaires.
09:43Il aurait pu avoir un tâge.
09:45Donc c'est-à-dire une signalisation au système des antécédents judiciaires.
09:50Et vous voyez, c'est ça qui choque dans cette affaire.
09:53Et c'est ça qui est inaudible pour ceux qui nous écoutent.
09:55C'est que ce genre de personnage aussi prévisible
09:59soit passé à travers les mailles du filet
10:01et pu échapper aux enquêteurs, les policiers,
10:04parce qu'il y a une plainte déposée dans un service de police,
10:06aux gendarmes, parce que les autres affaires sont chez les gendarmes,
10:10et à la justice.
10:11Et ça, c'est pas supportable.
10:13C'est pas audible.
10:15C'est comme dans les féminicides.
10:18C'est le type qui dit « je vais tuer ma femme, je vais tuer ma femme, je vais tuer
10:20ma femme ».
10:20Il le dit dix fois, il finit par la tuer.
10:22Ensuite, on dit « ah bon, c'est Bruno Garcia qui tue sa femme, Julie Douybe, en Corse. »
10:27Et ça a généré le grenelle des violences faites aux femmes.
10:31Laurent Nunez a dit hier qu'il y aurait eu une enquête administrative
10:35pour voir d'éventuels dysfonctionnements.
10:38Les dysfonctionnements, clairement, on les a sous les yeux.
10:41Ce que vous êtes en train de nous expliquer, Dominique Rizet, ce matin,
10:44c'est que même lorsqu'il s'agit d'enfants,
10:46et c'est évidemment la question de cette urgence de la protection de l'enfant,
10:49je pense aussi aux deux filles de JB, comme vous l'appelez,
10:54qui sont deux petites filles qui étaient en permanence avec cet homme.
10:59L'État a-t-il failli dans la protection des enfants ?
11:03À quoi servent les signalements s'ils ne sont suivis d'aucune conséquence ?
11:07La réponse est oui. L'État a failli, c'est évident.
11:10Et les enquêtes le prouveront.
11:12Donc l'enquête demandée par Laurent Nunez concerne les enquêteurs,
11:17gendarmes, policiers, en l'occurrence plutôt les gendarmes,
11:19et les enquêtes aussi demandées par Gérald Darmanin concernent la justice,
11:22le parquet d'Auches, parce que ça traîne des deux côtés.
11:25Mais moi, je ne veux pas accabler des hommes,
11:28parce que je connais bien le travail des policiers et des gendarmes sur le terrain,
11:31ils en ont beaucoup.
11:32Et le travail de la justice aussi, elle en a beaucoup.
11:35Elle manque de tout, elle manque de moyens, elle manque de greffiers.
11:37Les greffiers, c'est un métier très important, et on les oublie trop souvent.
11:41Moi, je pense qu'on n'a pas les bons outils.
11:44Et qu'en fait, plus de gendarmes, plus de policiers, plus de justice,
11:48ce n'est pas ça qui va changer les choses.
11:49On n'a pas les bons outils, il faut de nouveaux métiers, de nouvelles fonctions,
11:54des guetteurs, des veilleurs, des gens qui surveillent ce genre de sujet.
11:58Et puis, il faut aussi des nouveaux outils informatiques.
12:01On est intelligent, on sait faire, on est une démocratie,
12:04on est un pays hautement évolué.
12:04C'est ce qui paraît d'autant plus inacceptable et insupportable.
12:08Dominique Rizet, pendant ce temps-là,
12:10pendant qu'il y a cette conférence de presse hier de la procureure,
12:15pendant qu'il y a ces questions politiques,
12:18pendant qu'il y a cette enquête qui va donc être lancée,
12:20enquête administrative sur le dysfonctionnement,
12:22il y en a toujours introuvable et c'est une course contre la montre.
12:26Vous nous avez dit au début la manière dont ces enquêtes étaient menées.
12:30Quels sont les éléments qui sont en possession aujourd'hui de la justice,
12:34qui permettraient peut-être de pouvoir accélérer le fait de retrouver cette fillette ?
12:40Alors techniquement, on a une plage horaire,
12:43entre 15h, on l'a dit tout à l'heure, 15h10 et 17h30.
12:48Quel trajet a-t-il pu parcourir ?
12:51Si c'est lui, si c'est bien lui, JB.
12:54Quel trajet a-t-il pu parcourir ?
12:55Combien de kilomètres a-t-il pu faire ?
12:58Le temps d'aller quelque part, de faire quelque chose
13:01et de revenir à son point de départ.
13:03Donc ça donne un rayon aux enquêteurs
13:06dans lequel ils sont en train de chercher...
13:08Dans lequel il y aurait eu le temps de faire l'aller-retour, en quelque sorte,
13:11puisque l'on sait à quel moment il revient, où il réapparaît.
13:13Et vous voyez comment c'est compliqué dans une affaire
13:15comme l'affaire Delphine Jubilard,
13:17avec Cédric Jubilard désormais condamné,
13:20qui ne s'est pas tellement éloigné de chez lui,
13:23qui a été condamné pour le meurtre de sa femme
13:25dont on n'a jamais retrouvé le corps.
13:26C'est-à-dire combien c'est complexe de rechercher quelqu'un.
13:29De la même façon,
13:30combien de temps a-t-on cherché le petit Émile
13:32dans une toute petite superficie.
13:35Là, dans cette affaire-là,
13:3610 kilomètres de diamètre,
13:38ça fait 314 kilomètres de superficie.
13:41Ça fait trois fois la ville de Paris
13:42pour rechercher l'Iana.
13:44Dans la végétation.
13:45Dominique Rizet, le profil, donc, on l'a vu,
13:49les éléments matériels, il y en a, la voiture ?
13:52Oui, la voiture, bien sûr que la voiture parle.
13:54Elle a déjà parlé, d'ailleurs.
13:56Une voiture qui parle, c'est la voiture de Nordal-Lelandais
13:58dans laquelle va monter Maëlys.
14:00Nordal-Lelandais qui dit non,
14:01elle n'est pas montée dans ma voiture.
14:02On retrouve une empreinte palmaire de Maëlys
14:04dans la voiture.
14:05Donc, bien sûr qu'on va trouver de l'ADN,
14:07des cellules épithéliales,
14:09des empreintes digitales,
14:10de la petite...
14:12Avec une question, c'est que si elle l'est,
14:15de toute façon, il l'assume aujourd'hui,
14:16il dit oui, elle est montée dans la voiture.
14:18Donc, ce serait normal si c'est au...
14:21Je vais dire, à la place du passager.
14:23Dominique Rizet, il ne parle pas.
14:26Qu'est-ce qu'il peut faire qu'il parle ?
14:27Qu'est-ce qu'il pourrait faire qu'il parle ?
14:29Juste avant de vous répondre,
14:30si elle est montée dans la voiture,
14:31elle est montée à l'avant.
14:32Si on trouve des cellules épithéliales,
14:34de l'ADN, des traces,
14:36des particules de vêtements
14:37sur la banquette arrière,
14:39c'est qu'il y a une autre version.
14:40Qu'est-ce qu'il pourrait faire qu'il parle ?
14:42Eh bien, c'est très difficile
14:43pour les auteurs de meurtres d'enfants,
14:45d'enlèvements ou de meurtres d'enfants,
14:47parce que cet homme est un père de famille
14:50et qu'il y a des blocages
14:52qu'il faut faire sauter,
14:53des verrous qu'il faut faire sauter.
14:55Alors, les gendarmes travaillent sans doute
14:58avec des psychologues,
14:59quand on interroge des personnes comme lui,
15:02des psychologues pour essayer de les faire craquer.
15:04Mais c'est terrible parce qu'il n'a pas parlé
15:06devant les enquêteurs.
15:06Et c'est difficile ensuite de parler devant le juge.
15:09La pression d'une garde à vue,
15:11ce n'est pas l'audition dans un cabinet d'instruction.
15:13Un juge d'instruction vous reçoit,
15:15vous vous asseyez,
15:17il y a votre avocat,
15:18c'est cordial.
15:18Ce n'est pas une garde à vue
15:19où les gendarmes tournent autour de vous,
15:21viennent vous réveiller à 2h du matin
15:22en vous disant
15:23« Tiens, on va vous reprendre de 2h à 4h,
15:25vous êtes fatigué. »
15:27Vous voyez, ce n'est pas du tout la même chose.
15:28Donc, ça veut dire que cet homme,
15:30si c'est lui,
15:32et souvent les prédateurs sexuels,
15:33sont verrouillés parce que
15:34avouer un meurtre,
15:35avouer le meurtre de l'amant de votre femme,
15:37c'est quelque chose.
15:38Mais avouer l'enlèvement,
15:40le meurtre d'une petite fille
15:41de 7 ans, de 11 ans,
15:44c'est très compliqué.
15:45Et l'histoire criminelle le prouve à chaque fois.
15:48Dominique Rizet,
15:49au moment où l'on se parle,
15:50l'enquête a repris.
15:52Qu'est-ce qui se passe sur le terrain ?
15:53Qu'est-ce qu'il reste encore
15:54qui n'ait pas été fouillé,
15:56analysé, regardé ?
15:57Il reste tout.
15:58Il reste tout à faire.
16:00On a des périmètres
16:02sur lesquels on note
16:03des cartes géographiques,
16:04des cartes IGN,
16:05sur lesquels on note
16:06« Ici, on est passé. »
16:09Là, on a constaté ça.
16:10Là, on a peut-être trouvé quelque chose.
16:12Et on va ensuite
16:15éliminer ces endroits-là.
16:16Mais ça va quand même rester compliqué,
16:18l'affaire du petit Émile.
16:19Souvenez-vous,
16:20on retrouve son crâne
16:21à un endroit
16:22où des recherches
16:23avaient eu lieu.
16:24Donc, il faut être
16:26très organisé.
16:27Et il faut que les groupes
16:29de travail se parlent.
16:30Mais bon, ça,
16:30les enquêteurs savent faire,
16:31les gendarmes savent faire.
16:32Chacun se partage,
16:33on se partage le travail.
16:34Il y a ceux qui cherchent
16:35sur le terrain,
16:36il y a ceux qui cherchent
16:37le numérique,
16:37la téléphonie,
16:38il y a ceux qui vont faire
16:39des auditions.
16:40Vous disiez,
16:40tiens, ça fait une semaine.
16:41Eh bien, une semaine,
16:42c'est important
16:43parce qu'il y a des jours clés.
16:45Vous voyez ?
16:45Le vendredi matin,
16:47demain,
16:47les gendarmes vont être partout
16:49pour poser des questions
16:50à tous ceux qui vont passer
16:50en voiture dans le coin
16:51parce qu'on a ces habitudes.
16:52Par exemple,
16:54le vendredi,
16:54c'est jour de poisson,
16:55on va à la poissonnerie
16:56parce qu'on ne mange pas de viande.
16:57Ou alors, le vendredi,
16:58c'est jour de mosquée,
16:59on va faire la prière,
17:00on va repasser au même endroit
17:01à telle heure.
17:02Ou le vendredi,
17:03c'est rendez-vous avec les copains
17:03pour aller faire du vélo
17:05ou avec des copines
17:06pour aller boire un thé.
17:07Ceux qui peut-être étaient là
17:08vendredi dernier
17:09seront à nouveau là
17:09vraisemblablement ce vendredi.
17:11Ceux qui ont des habitudes,
17:12Apolline,
17:12qui passent là
17:13le même jour
17:14à la même heure
17:15pour aller chercher
17:16les gosses à l'école,
17:17pour un rendez-vous
17:18en chimiothérapie
17:19ou chez le médecin,
17:19etc.
17:20Donc demain,
17:21si on n'a pas retrouvé Liana,
17:23ça va être un jour
17:24important de l'enquête
17:25et toute la région
17:27va être criblée
17:28par les gendarmes.
17:28Criblée et déjà
17:29évidemment extrêmement mobilisée.
17:31On l'entend sur le terrain
17:32avec nos reporters.
17:33Merci beaucoup Dominique Rizet
17:35d'avoir pris le temps
17:35ce matin
17:37de vraiment comprendre
17:38à la fois
17:39évidemment
17:40où en est l'enquête
17:41mais aussi ce profil
17:42et les dysfonctionnements.
17:44On le rappelle,
17:45il y aura une enquête
17:45mais le temps de l'enquête
17:46n'est évidemment pas celui
17:47de la recherche
17:48de cet enfant
17:49toujours disparu
17:49depuis vendredi dernier.
17:51Merci Dominique.
17:52Dominique Rizet,
17:53consultant police-justice
17:53sur BFM TV.
17:55Il est 8h47
17:56et vous êtes bien sûr
17:56à RMC BFM TV.
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