Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 23 heures
Le rassemblement omnisport de Freissinières est un modèle d’autogestion et d’émancipation par le sport à la FSGT. Ce lieu de rencontre estivale en Haute Durance rassemble des centaines de participant.es chaque année.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:12On a de plus en plus des moments partagés, des expériences qu'on a vécues ensemble.
00:24Pour moi, c'est absolument évident que ce soit un système évolutif
00:28en direction de toutes les opérations et de toutes les discriminations.
00:41L'escalable, c'est un jeu avec la gravitation, c'est le vertige, le fait de chavirer ou pas.
00:46C'est très symbolique sur plein de choses psychologiques qui nous font chavirer.
00:59C'est un jeu avec la gravitation.
01:11C'est un jeu avec la gravitation.
01:33On avait quand même plusieurs fois découvert qu'en encadrant des personnes, soit des enfants ou des menants isolés,
01:40soit des femmes qui n'ont jamais fait de sport dans leur vie avant, soit des personnes malvoyantes.
01:46C'est vrai que des fois, on se retrouvait un petit peu pas forcément compétent.
01:50Je suis grimpée avant d'arriver à la FEGT et puis j'y arrivais dans l'optique de faire plus
01:56de sorties, plus d'extérieur.
01:58Après, j'ai découvert qu'il y avait une vraie vie associative, une vraie organisation associative qui me plaisait,
02:06qui était alignée avec mes propres valeurs en dehors de l'escalade.
02:09Et du coup, c'était assez évident pour moi d'y rester, d'aller explorer un petit peu ce que
02:13ça donnait.
02:14Parce que si on venait ici pour juste grimper, on resterait avec des gens qu'on connaît déjà.
02:18Mais on partage tellement d'autres aspects de la vie.
02:23C'est plus facile de comprendre l'autre quand on a vécu les mêmes choses.
02:28C'est plus facile, ça enlève d'autres prismes qu'on pourrait avoir sur l'autre.
02:32Et on peut se concentrer sur l'expérience commune.
02:55Donc ça, c'est propre, les cordes sont à place, c'est bien.
02:59Ça, ouais, vas-y, tu peux ajuster, voilà, sans trop se serrer non plus.
03:03Alors ça, tu vois, pareil, truc, tu vois, ça passe un peu dessus-dessous.
03:08Si tu l'enlèves, je me permets, tu passes là.
03:12Déjà, pour moi, ça fait un truc un peu plus clean.
03:16Tu me bloques, là, du coup ?
03:18Pour l'épopée, euh...
03:21J'arrive rien du tout, quoi.
03:23Non, mais là, c'est bien, là.
03:24Attends, est-ce que ça bloque ?
03:27Ouais, super, c'est ça.
03:28Je pense que ce sport, il a évolué de telle façon que c'est devenu...
03:32Avant, c'était beaucoup d'instituteurs qui faisaient ça, des profs et des instituts.
03:36Maintenant, c'est beaucoup d'ingénieurs et tout.
03:38Mais ça veut dire que c'est une classe sociale qui est carrément relativement aisée.
03:41Les jeunes des quartiers, ils préfèrent le football et les activités collectives
03:46aux activités où tu te retrouves face à toi-même et tout.
03:48Ils n'ont pas encore vraiment compris que l'escalade peut être une activité collective
03:52suivant comment elle est pratiquée.
03:53Et si tu les amènes ici, je ne sais pas trop comment ça peut se passer.
03:55Donc, il faudrait que collectivement, on les prenne en charge.
03:57Ça, ce serait intéressant.
03:58C'est une espérance qu'on a faite avec Yves Renou,
04:01où on a fait venir des équipes de jeunes,
04:04qui ont été très bien intégrées.
04:10Tout en haut, il y a une vire très nette là.
04:14Mais ça, c'est dur avant la vie.
04:16Oui, oui, non.
04:16Non, on va arriver vraiment ce qui est le plus confortable comme vire, tout là-haut.
04:20Au-dessus de la partie grise ?
04:22Oui, oui, oui.
04:23On n'est pas tout seul, en fait.
04:25C'est une émotion qui est partagée.
04:27Souvent, les défis, même en compétition, ils sont solitaires.
04:30Là, le fait qu'on a réussi à faire une certaine grande voie,
04:35ou une longueur, une couenne, ou une belle excursion en montagne,
04:39qui peut être arrêtante,
04:41l'avoir fait sereinement,
04:42ou avec juste les bonnes émotions qu'il fallait.
04:45On s'enforce à plusieurs, en fait.
04:46C'est une manière de vivre qui est satisfaisante, en fait.
04:50Et tout ça, ça crée une collectivité, en tout cas une communauté qui fonctionne beaucoup mieux.
04:55Ce n'est pas juste des individus qui n'ont rien en commun à part l'escalade.
04:59C'est une communauté des individus qui partage non seulement des valeurs,
05:04mais des pratiques, des souvenirs, des paysages.
05:07Ça me paraît évident que ça permet une meilleure compréhension de l'autre,
05:11en tout cas l'autre au sein du camp.
05:14Dès qu'on est dans cette démarche-là, on est dans une démarche émancipatrice.
05:18Ça valorise les gens qui transmettent,
05:21ça autonomise les gens qui reçoivent cette transmission.
05:25Et dès qu'on est sur ce mode-là, ça enclenche autre chose.
05:29Là, il n'est pas bon.
05:30Le son qu'il a fait n'est pas bon.
05:33Par contre, si je le mets là, vous écoutez le son.
05:39Là, je me regarde.
05:40Là, c'est trop bon, tout à l'heure, ça.
05:43C'est le côté maçon qui est au son.
05:47Et là, il ne va pas plus loin.
05:50Plus il sonne, meilleur il est.
05:53J'ai commencé l'escalade avec une connotation sociale.
05:57Et ça m'a donné envie d'ouvrir des voies.
05:59Donc, on a commencé à ouvrir des itinéraires d'escalade à l'ancienne,
06:05donc ce qu'ils appellent maintenant le trad.
06:08Mais expliquer que les spits, c'est une chose,
06:11que c'est une nouvelle forme d'escalade,
06:12puisque tous ces gens-là qui sont là,
06:14ils ont été formés dans des salles,
06:16des SAE, ils appellent structure artificielle d'escalade.
06:19Donc, ils ne sont pas trop habitués quand ils sortent dans les falaces.
06:23Ça peut leur poser certains problèmes,
06:24parce qu'ils n'ont pas l'habitude.
06:27Ça s'appelle des bicoings.
06:29Bicoings, il y a deux faces,
06:32et légèrement incurvées dans ce cas-là.
06:34C'est ce qui va vous permettre d'être sauvé en cas d'escalade.
06:39Moi, ce que je propose, c'est une petite formation intermédiaire
06:42pour mettre des petits poings pour ne pas qu'ils se tuent.
06:45Et je l'ai réexpliqué, je les ai pris à part.
06:47J'ai dit, écoutez, moi, je vous fais voir ça
06:50pour que vous appreniez à placer des points amovibles
06:53entre les points.
06:54Ce n'est pas pour faire du trad.
06:55Allez, tire, arrache le rocher, là.
06:57On arrache.
06:58Là, il n'est pas bon, là.
06:59Et pour le lever,
07:01alors là, c'est là qu'il y a des légères difficultés,
07:03parce que tu vas essayer de le lever,
07:06de comprendre le principe.
07:08Parce que tu vas être obligé de jouer sur la petite poignée
07:11qui va te faire bouger les cams.
07:13Il est bien, ton...
07:16Il est super, hein.
07:17Attends, moi.
07:18Là, moi, là, il est...
07:19Putain, oh.
07:20Donc c'est parallèle, c'est grand.
07:21Tiens, tiens, tiens, tiens.
07:22C'est magique, là-haut.
07:23L'important, c'est déjà, le premier truc,
07:25c'est que c'est gratuit et que c'est sérieux.
07:27Pourquoi je dis gratuitement ?
07:28Parce que dans les salles d'escalade, maintenant,
07:30où on est en concurrence à ce qui paraît,
07:32eh bien, c'est payant, hein.
07:33Et là, justement, ce qui est intéressant,
07:36c'est qu'on fait des trucs qui font flipper.
07:38C'est le vrai verté, c'est le vrai danger.
07:41Et on essaie de le rendre accessible
07:42dans le dépassement et dans le contrôle,
07:45quelle que soit la force physique.
07:48À tous les niveaux, technique, mental ou physique,
07:51on peut trouver une panique voluptueuse,
07:55une voie au niveau qu'il faut
07:57pour pouvoir évoluer dans ce cadre-là.
08:01Et ça, donc, ça renforce la confiance en soi.
08:06Et puis, là,
08:09il y a un pire, là.
08:10Il y a un pire.
09:02Je me suis dit, putain,
09:04mais justement, quand on monte vers le glacé blanc,
09:06et le glacé blanc, on monte sur le poivre.
09:19Les marmottes, elles font des terriers.
09:21Et devant les terriers, souvent,
09:22il y a des petits monticules de terre.
09:23Donc des petites montagnes comme ça,
09:25avec de la terre, c'est toute la terre
09:26qu'elles ont sorti quand elles ont creusé leur terrier.
09:28Et le chasseur de marmottes,
09:30il pose 2-3 grammes de poivre moulu,
09:33dans une petite pensée de poivre moulu,
09:35à l'entrée du terrier.
09:36Et la marmotte du fond de son terrier,
09:38elle renifle,
09:39elle sort,
09:41où est le plat ?
09:41Et là,
09:42elle se cogne la tête
09:44sur le petit monticule de terre.
09:46C'est comme ça qu'à l'époque,
09:47dans les montagnes,
09:48dans les arbres,
09:48on chassait les marmottes.
10:21Je pense que Fristinière,
10:22c'est d'abord une première génération.
10:23Nous, on avait un objectif didactique.
10:26Si on voulait démontrer
10:27que dans les processus d'apprentissage,
10:29il y a possibilité, disons,
10:31d'apprendre des activités dites à risque
10:32et de développer de l'autonomie là-dedans.
10:35Et que ça,
10:36quand les gens apprennent
10:38dans ce contexte-là,
10:40ça a une fonction libératrice.
10:42Pour moi, il ne faut pas injecter la politique.
10:44La politique, elle émerge
10:45des innovations et de la pratique.
11:01Il y a une nouvelle génération
11:02de militants qui lient,
11:04je dirais,
11:05lutte d'émancipation du sport
11:07avec, ben oui,
11:09mais si on veut un sport émancipateur,
11:11c'est un sport qui regarde autour de lui.
11:18La FSGT Montagne-Escalade,
11:20elle est en pleine évolution.
11:22Ça fait partie vraiment
11:23de ce qu'il y a de passionnant
11:24avec cette fédération.
11:27Et il y a des allers-retours
11:28entre Frésinières
11:29et la vie associative des clubs.
11:30Parce que ce qui est important,
11:31le canyon, c'est quelque chose de volitif.
11:33Ce n'est pas comme une voie d'escalade.
11:35Donc l'année dernière, c'était très bien,
11:36mais entre-temps, il y a eu des crues.
11:38Et ce qui est très dangereux,
11:39c'est aussi les branches,
11:40les choses auxquelles on peut s'accrocher sous l'eau
11:42et ne pas pouvoir en sortir.
11:45La vie associative des clubs
11:46est en train de se transformer
11:48au contact et à l'aune
11:49de l'expérience de Frésinières
11:51par les participants sportifs
11:54qui viennent ici pour le sport au départ
11:56et qui font cette expérience ici à Frésinières
11:59et qui la ramènent dans leur club.
12:00Et ça marche évidemment en sens inverse.
12:28La société capitaliste
12:30fabrique l'individualisme.
12:33Et c'est tous contre tous,
12:35chacun pour soi.
12:36Mais en même temps,
12:37l'évolution anthropologique de la société
12:39c'est-à-dire l'accumulation de richesses humaines
12:41de plus en plus importantes
12:42et surtout le besoin de vivre ensemble, etc.
12:46produit un processus qui n'est pas l'individualisme,
12:48qui est l'individualisation.
12:51C'est en gros, les individus deviennent
12:53de plus en plus développés,
12:54de plus en plus spécifiques.
12:56Et ils ont de plus en plus de choses à apprendre.
12:57Qu'est-ce qui se passe d'intéressant à Frésinières ?
12:59Mais ça pourrait être vrai à l'échelle globale.
13:02Les gens ont toujours envie d'apprendre.
13:04Ils sont toujours en train d'essayer
13:05de conquérir de nouveaux savoirs.
13:07Et ça, ça produit à la fois du commun,
13:09mais ça produit des personnalités
13:11de plus en plus différentes.
13:12Mais c'est ça l'individualisation.
13:15En gros, on produit des individus
13:17de plus en plus éclairés,
13:19de plus en plus motivés,
13:20et qui découvrent qu'à un moment donné,
13:22il y a une sorte d'intersection.
13:23Bon, c'est ça qui est révolutionnaire.
13:25C'est découvrir qu'il y a une intersection
13:27entre la poursuite
13:28de ton processus d'individualisation,
13:31d'émancipation individuelle,
13:32et la construction des communs.
13:40On est en lutte
13:41avec beaucoup de forces contradictoires.
13:43On est en lutte
13:43avec tout ce qui nous pousse
13:45à être individualistes,
13:47tout ce qui nous pousse
13:48à ne pas lutter,
13:49tout ce qui nous pousse
13:50à ne pas avoir le temps de lutter.
13:51C'est une vraie question, le temps.
13:52C'est un combat quand même
13:53de maintenir ce qu'on arrive à faire ici
13:55et de continuer de le faire bouger.
14:21Tu te fais cajoler,
14:23que tu y en vas.
14:26Bon, je t'ai réveillé, mon petit chat.
14:29À Frésinière,
14:30ce que j'ai aimé tout de suite,
14:31c'est ce décret
14:32de lutter contre les discriminations.
14:35Le premier que j'ai vu,
14:36c'est le prix libre,
14:37donc que tout le monde puisse participer,
14:39quel que soit ses moyens financiers,
14:41sa situation sociale et tout ça.
14:44Mais au début,
14:45je n'ai vu que ça.
14:46Pour moi, c'était déjà énorme
14:47parce que ce n'est quand même pas fréquent.
14:50Dans notre société capitaliste,
14:52le prix libre,
14:54ce n'est pas si courant que ça.
15:15Même si tu n'as pas l'impression
15:15de faire la politique,
15:16c'en est en fait.
15:17C'est l'organisation de la cité.
15:19Donc là, elle est petite,
15:19la cité, c'est les vacances.
15:21Donc ça, c'est quand même cool,
15:21entre guillemets.
15:22Mais même à cette échelle-là,
15:23on voit que ce n'est quand même pas facile.
15:24Et donc, c'est une belle expérimentation
15:27parce que globalement,
15:28on expérimente beaucoup de choses
15:29en termes de relations inter-humaines.
15:31On vous assure dans vos activités à risque,
15:34c'est qu'on vous accueille
15:35et vous faites partie d'une organisation
15:37avec des principes très forts
15:39d'autogestion et compagnie.
15:42Et dans ce prix libre aussi,
15:44il y a les co-voiturages sur place.
15:45Par exemple, il y a des gens
15:46qui ont des voitures,
15:46des gens qui n'ont pas de voiture.
15:49Considérez ça aussi.
15:50Si vous avez une voiture
15:51et que vous faites circuler tout le monde,
15:52ce n'est pas forcément à vous
15:53de payer l'essence,
15:54ce n'est pas forcément à vous
15:55de payer tout.
15:56Et si vous êtes amené à des endroits
15:58avec des voitures d'autres personnes,
16:00considérez ça aussi.
16:01Puis toutes les petites choses
16:02comme quand on va faire le marché
16:03et qu'on passe un petit moment au café
16:05et qu'il y a des gens
16:06qui ramènent à manger
16:07pour toute une tablée,
16:08c'est pareil, c'est prix libre.
16:10Voilà.
16:11Et c'est un des principes
16:13assez fondateurs de ce rassemblement.
16:16On a une AG toutes les semaines
16:18qui nous permet aussi
16:20de réfléchir ensemble
16:22ce qui s'est passé,
16:23ce qui va se passer,
16:24qu'est-ce qui devrait se passer,
16:25comment est-ce qu'on devrait faire.
16:27Ce genre de responsabilisation
16:31devient vraiment l'expérience partagée
16:32de Frécinière.
16:33Pas tout le monde,
16:34évidemment, pas au même niveau,
16:36mais quand même,
16:36c'est l'ambiance générale.
16:37Quand il y a des courses à faire
16:39au marché de Briançon,
16:40j'en sais rien,
16:40pour le panier de la grimpe
16:41ou pour des repas collectifs,
16:43ceux qui se chargent
16:44d'aller faire les courses,
16:45prenez du cash dans la...
16:47Avancez pas vos propres sous,
16:48prenez du cash dans la caisse
16:52pour avancer ces sous-là.
16:53N'hésitez pas à proposer
16:55des ateliers,
16:56quels qu'ils soient,
16:56d'ailleurs pas forcément d'escalade,
16:58des ateliers, des activités,
17:00on a tous envie
17:02et ça aussi,
17:02c'est un investissement dans le camp.
17:04Du coup, tout ça,
17:06ça nous unit
17:07et ça multiplie
17:09les expériences
17:10diverses et variées
17:11vécues ensemble.
17:13Du coup, nos rapports
17:14deviennent autre chose
17:16que des consommateurs
17:17côte à côte.
17:22L'organisation elle-même
17:23est immense de Patrice.
17:24Il y a vraiment une idée motrice
17:25qui essaye de seconder
17:26l'organisation,
17:28une idée un peu libertaire,
17:29autogestionnaire
17:30de comment on organise
17:31un rassemblement,
17:32à la fois laisser
17:33le plus libre,
17:35toutes les initiatives possibles,
17:36même les plus dangereuses
17:38a priori,
17:39et collectivement
17:40décider si on a les moyens
17:41de le faire
17:41et si on le fait,
17:42quels moyens on se fait.
17:43Il y a une expérience,
17:44une expérimentation
17:45qui se fait.
17:48C'est des vacances
17:49qui sont sorties
17:50d'un modèle capitaliste,
17:51économique.
17:52Et vraiment,
17:52si les gens reviennent
17:53et s'il y a de plus en plus
17:54de monde,
17:55c'est aussi parce que
17:56c'est évidemment
17:57qu'on y trouve quelque chose.
17:58Même les personnes
17:59qui ne sont pas impliquées
17:59dans l'organisation,
18:00en fait,
18:01elles y trouvent quelque chose
18:02de beaucoup plus enrichissant.
18:05pour redéfinir
18:06un nouveau profil
18:07du futur Frécinière.
18:09Donc on se repose
18:10toutes les questions.
18:11Qu'est-ce qui n'était pas bien ?
18:12Qu'est-ce qu'on voudrait
18:13faire de mieux ?
18:13Le dernier an a augmenté.
18:15On est passé de deux semaines
18:16à maintenant sept semaines.
18:16qu'est-ce qui n'était pas bien ?
19:15Sous-titrage Société Radio-Canada
19:27Sous-titrage Société Radio-Canada
19:55Sous-titrage Société Radio-Canada
19:59Sous-titrage Société Radio-Canada
20:05C'est une vraie auto-gestion
20:07le camp de Frécinière.
20:08On ne peut pas nier le fait
20:09qu'il y ait des gens
20:10qui s'investissent en amont
20:12avant l'été
20:12et des gens qui sont sur place
20:14un peu plus longtemps
20:15et qui sont disponibles
20:17à prendre plus de charges mentales
20:19et organisationnelles.
20:20Ça, ce n'est pas à nier,
20:21mais ça ne veut pas dire
20:22que ces gens-là
20:22sont des organisateurs
20:24et les gens qui viennent
20:24et qui font autre chose
20:25ne le sont pas.
20:27chacun se l'approprie
20:28comme il peut,
20:29comme il peut.
20:30Il y a une vraie fonction
20:32pédagogique dans ce qu'on fait,
20:34on essaie de faire ensemble.
20:35C'est le même modèle
20:35que nos pratiques sportives.
20:37C'est-à-dire qu'on progresse
20:39en essayant d'entraîner les autres
20:41dans le développement
20:42d'une culture militante,
20:45civique et auto-gestionnaire.
20:47Le jeu maintenant,
20:48je mets la dégaine
20:51et je place surtout l'anneau
20:53sur la dégaine.
20:55Si possible,
20:56je vous l'ai montré,
20:57on utilise le mousqueton incurvé,
20:59ça facilite.
21:00Allez, à droite maintenant.
21:01À fond, à droite.
21:03À cinq ans.
21:04Voilà.
21:05L'aspect militant, après,
21:06c'est une question de sémantique.
21:08Est-ce qu'on appelle ça militant ou pas ?
21:10Je pense que chaque personne
21:11aurait ses préférences.
21:13Mais tout ce qu'on fait,
21:14c'est par définition militant
21:15parce que ça adhère
21:16à certaines valeurs.
21:17Bravo !
21:33Moi, je préfère le terme militant
21:35au terme bénévole
21:36parce que je pense
21:36qu'il y a une dimension politique
21:38et je pense que ce n'est pas
21:39un gros mot de le dire
21:39qu'il y a une dimension politique.
21:41L'essentiel, c'est d'être juste
21:45dans ce qu'on propose aux gens.
21:46On laisse à la bonne volonté
21:48des personnes, de tout le monde
21:49et à leur disponibilité.
21:50De un, déjà,
21:52on le fait pour des causes militantes
21:55et de d'où pour des gens
21:57qui ne sont pas forcément
21:57convocus par ces causes
21:58ou pour qui ce n'est pas
21:59vraiment leur priorité
22:00ou ce qu'ils recherchent
22:01en premier en arrivant
22:02sur le camp frais-signère.
22:04C'est ce qu'ils finissent par faire
22:05et c'est ce qu'ils apprennent aussi.
22:08Du coup, dans ce sens,
22:09je pense que dans nos actes,
22:10on est militant,
22:11dans nos consommations,
22:13nous sommes militants
22:14et par la suite,
22:15il y a une pédagogie militante.
22:16Peut-être ce qui rassemble
22:17le terme de bénévole
22:18et de militant,
22:19c'est ce terme d'engagement.
22:20C'est ça qu'il y a de commun,
22:22c'est ça le fil
22:23entre ces deux notions.
22:32Ça me paraît évident
22:32qu'une expérience collective
22:34réussite, en tout cas positive,
22:36mène à une meilleure réflexion,
22:39meilleure compréhension
22:40sur ce que c'est la collectivité.
22:41Et du coup, peut-être
22:42que ça marche parfois
22:43en sens inverse,
22:44c'est-à-dire que peut-être
22:45qu'il y a des gens
22:46qui se considèrent comme bénévoles
22:47et qui sont militants
22:48et que c'est important aussi
22:49de leur dire
22:51que nos actions ici,
22:53y compris sur ce camp,
22:53y compris si on s'en tient strictement
22:55à ce qu'on fait sur ce camp,
22:56c'est pas du bénévole,
22:57c'est du militantisme.
22:59Parce qu'on se forme
23:00et parce qu'on évolue
23:01dans nos pratiques
23:02et parce que la manière
23:03dont on s'organise
23:04en petite société
23:05durant ces désormais
23:07sept ou huit semaines
23:09de camp autogéré,
23:11c'est la création
23:12d'un modèle de société
23:13compétente de manière
23:13beaucoup plus large
23:14et en faisant de ce camp
23:16un succès chaque année.
23:17Vraiment, on a de plus en plus
23:18de monde,
23:19les gens sont heureux ici.
23:21Il y a un conflit
23:22entre le soin
23:23de la montagne,
23:24de la nature,
23:25de l'environnement
23:25et la nécessité
23:26de construire
23:27des complexes gigantesques
23:28ou d'artificialiser
23:29les pistes
23:30pour accueillir les touristes
23:31que nous sommes nous aussi.
23:33Et il y a aussi
23:34un conflit
23:35avec la proximité
23:35de la frontière italienne
23:36qui est un des principaux
23:37points d'entrée
23:38des personnes
23:39en situation d'exil.
23:42Assez rapidement,
23:43quand on est allé
23:43vers une forme collective
23:44d'organisation du camp,
23:46on s'est assez tôt
23:47posé la question
23:47de savoir comment
23:48on faisait en sorte
23:49de ne pas être ici
23:50en simple touriste
23:52entre guillemets.
23:52Aujourd'hui,
23:53on est tous conscients
23:54de notre impact environnemental.
23:56C'est un peu moins évident
23:57d'objectiver notre impact
23:58politique et social.
23:59Et pourtant,
23:59on en a un.
24:10Assez rapidement,
24:11on s'est dit
24:11que nous,
24:12on n'avait pas envie
24:12d'être ici
24:13uniquement en touriste
24:14sans avoir aucune conscience
24:17de ce que notre présence,
24:19y compris à nous,
24:19FSJT,
24:20entraîne
24:20en termes
24:21d'évolution politique,
24:23d'évolution sociale
24:24de ce territoire.
24:25Et donc,
24:25on essaye chaque année
24:26de connaître
24:28ces luttes politiques,
24:29sociales et locales,
24:30de les diffuser,
24:31de sensibiliser
24:32les participants
24:33et de s'interroger
24:34sur la manière
24:34dont on peut modifier
24:35notre impact
24:36sur ce territoire.
24:37Il y a aussi des actions
24:38qui sont prévues.
24:40Peut-être que Claire
24:40ou d'autres voudront parler
24:41de ce qu'on fait
24:42avec le refuge
24:42solidaire de Brienson
24:43qui accueille ces personnes
24:44qui viennent de passer
24:45la frontière
24:46et qui ont besoin
24:46de soins médicaux,
24:47de soins psychologiques,
24:48de soins administratifs.
24:49Demain,
24:49il y a un point de rendez-vous
24:50à Brienson.
24:51Si vous avez des choses
24:51à donner,
24:52on est plusieurs à y aller.
24:53On peut récupérer
24:54des dons ce soir
24:55et aller les apporter demain.
24:56On propose aux personnes
24:57qui arrivent ici
24:58par l'entrée sportive
25:01d'accompagner des actions,
25:03ce qui peut aller vraiment
25:04d'aller préparer à manger
25:05pour les personnes exilées
25:06au refuge un soir
25:07sur leurs deux semaines
25:08de séjour.
25:17à une action
25:17beaucoup plus poussée
25:19de, on est un certain
25:21nombre d'entre nous,
25:21à avoir un lien
25:22tout au long de l'année,
25:23désormais à connaître
25:24les collectifs locaux,
25:25à connaître les associations
25:26locales et à être en lien
25:27tout au long de l'année
25:28avec ces personnes-là.
25:29Pour un certain nombre
25:30d'entre nous,
25:30ça a entraîné
25:31un engagement
25:32qui est constant
25:34et qui est bien plus large.
25:43La vraie chanson,
25:45c'est En notre tour
25:46de Babel,
25:46laquelle est la plus belle
25:48et c'est la femme d'Hector
25:49et après, voilà.
25:51Moi, je viens
25:52pour le sport, évidemment,
25:53pour l'escalade
25:54et la montagne.
25:55J'ai toujours adoré ça
25:56et en fait,
25:57j'étais en cherche
25:58d'un collectif
25:59et puis,
26:00j'avais deux vies, quoi.
26:02J'avais ma vie au sport
26:03et j'avais ma vie militante
26:05et je faisais taire
26:08ma vie militante un peu
26:10pour faire du sport
26:11tranquillement, quoi.
26:12Donc, Frécinière,
26:13je découvre que ça me permet
26:16de me réunir moi-même
26:17et d'être moi-même
26:20et de réunir
26:21mes vies différentes.
26:23Là, Frécinière,
26:24elles peuvent cohabiter.
26:25On l'a écrasée
26:27sous nos semelles,
26:28on l'a jetée
26:29à la poubelle,
26:30on ne sera plus jamais
26:31les femmes d'Hector
26:33faudra nous appeler
26:34par nos noms.
26:35On ne fera plus
26:36cuir rose,
26:37on ne vous donnera
26:38plus de bibou.
26:42Et tant pis pour le mec
26:44d'Elsa,
26:45celui de Fadila,
26:46celui de Sarah.
26:49Tant pis pour le mari de Julie
26:51et celui d'Emilie
26:52et celui de Marie-Bonne.
26:55Tant pis pour les amants
26:57de maman
26:57et ceux de grand-maman
26:59et ceux de belle-maman.
27:02Tant pis pour eux
27:03s'ils ne sont pas d'accord
27:04il n'y a plus d'eux
27:08de femmes d'Hector.
27:16Sous-titrage Société Radio-Canada
27:24Sous-titrage Société Radio-Canada
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
27:53Sous-titrage Société Radio-Canada
27:56Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations