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  • il y a 9 minutes
Les dossiers liés aux débordements qui ont suivi le sacre du PSG en Ligue des champions continuent de défiler devant la justice et les peines de tomber. Hugues B, condamné à 4 mois de prison avec sursis pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, témoigne sur BFMTV.

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Transcription
00:00Vous êtes étudiant, je crois, en master de mathématiques.
00:03Vous avez donc été jugé hier pour participation à un groupement en vue de commettre des violences.
00:09Les réquisitions du parquet, c'était 12 mois de prison avec sursis.
00:13Vous avez finalement écopé d'une condamnation à 4 mois de prison avec sursis.
00:17Vous êtes donc sorti libre. Vous êtes sur ce plateau ce matin.
00:20Vous avez été interpellé samedi.
00:23Vous avez passé tout de même 3 jours et 3 nuits en garde à vue.
00:27Comment vous réagissez ce matin, à la fois à ce que vous avez fait et ensuite aux peines ?
00:33Concernant ce que j'ai fait et concernant les peines,
00:36en réalité, moi, ce que je vois aussi, c'est que c'est beaucoup de procès verbal.
00:42J'ai demandé directement des exploitations de caméras.
00:46Ils ne les ont pas.
00:47La réalité, elle est là aussi, c'est qu'il n'y a pas d'exploitation de caméras.
00:51Ça se base beaucoup sur des procès verbales.
00:54Vous vous dites quoi ? Vous dites que je ne l'ai pas fait ?
00:56Moi, je dis que j'ai utilisé un mortier.
00:59Vous visiez qui ?
01:00Oui, c'est toute la question, évidemment.
01:02Mais la réalité, c'est que j'ai utilisé un feu d'artifice,
01:05pas sur les forces de l'ordre.
01:08C'était mon but principal.
01:10C'était un but de bon enfant.
01:12Vous savez que les mortiers, c'est interdit ?
01:13Je sais, mais je pensais...
01:15Mais vous le saviez ?
01:16Non, je ne le savais pas.
01:18Je vous promets, je ne le savais pas.
01:19Je savais que ce n'était pas normal.
01:20Je ne savais pas que ce n'était pas normal.
01:21Vous ne saviez pas que les mortiers, c'était...
01:24Vous ne regardez pas BFM TV, vous n'écoutez pas la radio, vous ne regardez pas les...
01:28Je n'écoute pas trop la radio.
01:29Les feux d'artifice, pour moi, parce qu'en vrai, je les appelle comme ça,
01:32parce que mortier, c'est un vocabulaire très guerrier pour parler de quelque chose qui...
01:36On le répète, mais moi, quand je suis sorti avec mes amis, c'était bon enfant.
01:40On voulait juste supporter, et en réalité, la plupart des jeunes qui sont sortis...
01:44Vous l'avez acheté, ce mortier ?
01:45Ce mortier ? Non, je ne l'ai pas acheté, on me l'a donné.
01:47Mais si vous voulez, je veux juste rester sur ça.
01:50On est sortis avec une envie de fêter la victoire de notre club.
01:56Et ce qu'on a reçu, du coup, c'est des peines et, comme vous le voyez à mon visage,
02:02un tabassage des agents de la BAC.
02:04Et mon cas, à moi, il n'est pas individuel.
02:08J'ai, sur tous les jeunes qui sont passés,
02:10Vous avez un oeil au beurre noir ?
02:12Vous dites que c'est un policier qui vous l'a fait ?
02:13Oui, c'est un policier qui me l'a fait.
02:14Vous avez porté plainte ?
02:15Non, je n'ai pas porté plainte, parce qu'on ne m'a pas accordé le droit
02:23d'avoir un médecin quand je suis arrivé en garde à vue.
02:25D'ailleurs, j'ai vu ça avec mon E4, mais je ne vais pas rentrer.
02:28En fait, ma situation me concerne moi.
02:32Et si vous voulez, en fait, vraiment, j'ai envie d'insister sur ça.
02:35Tous les jeunes qui sont passés en garde à vue et au tribunal que j'ai rencontrés,
02:40tous avaient des marques de tabassage des officiers de police.
02:44Tous, tous, tous.
02:45Des mineurs, des majeurs.
02:46Vraiment, des marques.
02:48Évidemment, de ce point de vue-là, nous n'avons pas d'autres versions que la vôtre.
02:54En fait, ce que j'entends, c'est que vous avez résisté à l'arrestation.
02:55Non, pas du tout.
02:56Je ne résistais pas.
02:57Et d'ailleurs, en fait, j'ai aussi envie d'accentuer sur un point, un point qu'on médiatise peu,
03:01un point qui ne se voit pas sur le visage.
03:03C'est le point des violences verbales et du déferlement raciste.
03:08Qu'est-ce qu'ils m'ont dit, en réalité ?
03:09Vous voyez, je m'appelle Hugues.
03:10Mais quand je me suis fait arrêter, j'ai tout de suite été traité de salle bougnoule, salle arabe.
03:15Ma mère la salle traînée.
03:17On va te faire les fesses au poste, etc.
03:18C'est vraiment, en fait, comme ça que j'ai été interpellé.
03:21Vous n'avez pas l'air d'avoir beaucoup de regrets.
03:22C'est-à-dire que là, vous insistez beaucoup là-dessus, si c'est le cas.
03:24Oui, bien sûr.
03:25Alors nous, on ne peut pas évidemment vérifier, parce que, comme vous le disiez,
03:27puisque vous dites vous-même,
03:28« Ah ben moi, ils n'ont pas exploité les caméras. »
03:31Bon, nous, on n'a pas pu exploiter quoi que ce soit.
03:33Bien sûr.
03:33C'est votre parole.
03:34Mais c'est vrai que ce matin, vous êtes souriant.
03:36On a presque l'impression que...
03:37Moi, je viens de sortir de 60 heures de garde à vue.
03:41Donc, je vous avoue, en fait, je suis parti,
03:44comme beaucoup de jeunes comme moi,
03:45dans l'idée que j'allais prendre du ferme.
03:47Parce que c'est ce qu'on m'a dit.
03:48C'est ce que l'OPJ m'a dit.
03:49C'est ce que l'OPJ m'a regardé.
03:51C'est d'ailleurs l'officier de police judiciaire.
03:53Merci.
03:54Et en fait, l'officier de police judiciaire m'a regardé
03:57et m'a dit, « Toi, on va te foutre au dépôt.
03:59Et on espère vraiment que tu vas prendre du ferme. »
04:02On a...
04:03Vous n'avez aucun regret sur ce qui s'est passé
04:06dans la nuit de samedi à dimanche ?
04:07Parce que vous vous dites, en fait, moi, j'étais juste...
04:09Moi, je suis venu festoyer.
04:10Je suis venu faire...
04:11Oui, mais moi, ma question, c'est,
04:12est-ce que c'est un marqueur, cette condamnation,
04:13ces quatre mois sur six ?
04:14Est-ce que ça va vous empêcher ?
04:15Par exemple, il y a le Mondial qui commence dans 15 jours.
04:17Écoutez-moi.
04:17C'est quoi ?
04:18Écoutez.
04:20Je vais vous le dire.
04:21Et d'ailleurs, merci de me poser cette question,
04:23pour le coup, parce que j'ai rudement pensé.
04:25C'est qu'aujourd'hui, je pense que je vais rester chez moi.
04:27Alors que j'aime mon pays, j'aime la France,
04:30j'aimerais beaucoup fêter avec tout le monde ce qui va se passer.
04:33Je suis interdit, du coup, du huitième arrondissement.
04:36J'ai quatre mois de sursis,
04:37donc s'il y a quelque chose qui se passe, etc.
04:40Parce que j'ai croisé beaucoup de jeunes,
04:42des 2008, tout juste majeurs,
04:44qui, directement, se sont fait interpeller
04:47sur des bases de procès verbables,
04:49ont été jugés non condamnés,
04:52mais sont quand même restés 60 heures en garde à vue
04:55et en dépôt,
04:55et sont fait tabasser par là-bas.
04:57En fait, pour vous,
04:59quand je vous entends ce matin,
05:00Hugues,
05:03le problème, c'est la police.
05:04Non, ce n'est pas ce que je dis.
05:06Non, mais je veux dire, en tout cas,
05:07vous dites que vous n'avez rien à vous reprocher.
05:12Je suis venu fêter la victoire de mon club.
05:15Donc, vous n'avez rien à vous reprocher.
05:19Il y a un mortier comme ça qui vous est tombé dans les mains ?
05:22Moi, je ne sais pas comment vous l'avez trouvé.
05:23Vous avez un mortier qu'on vous donne.
05:25Vous ne savez pas que c'est interdit.
05:26Et vous ne visez pas les policiers.
05:27Non, je ne visez pas les policiers.
05:29Vous vouliez juste faire la fête.
05:30Et ensuite, les policiers vous insultent.
05:32Mon but, c'était...
05:33Vous insultent, vous tapent.
05:34M'insultent, me tapent.
05:35C'est ce que vous nous dites ce matin.
05:36Vous insultent, vous tapent.
05:37Et ce n'est pas seulement ma situation, en fait.
05:39Si vous ne retournez pas sur le terrain, là, pour les prochaines festivités, je n'ai pas l'impression que
05:48c'est parce que vous avez été condamnés et que vous vous dites, bon, je ne veux pas le refaire.
05:51C'est plutôt parce que vous vous dites, de toute façon, je ne peux pas le faire parce que je
05:53suis interdit.
05:53Non, il n'y a rien à voir, si vous voulez.
05:56Réellement, j'ai peur.
05:57En fait, j'ai peur parce que...
05:58Mais vous avez peur de quoi ? Vous avez peur de vous ou vous avez peur d'eux ?
06:00J'ai peur d'eux.
06:01Enfin, j'ai pas...
06:02Si vous voulez, non, ce n'est pas une question d'avoir peur d'eux.
06:04J'ai peur de me faire tabasser.
06:05Je n'ai pas peur des policiers en soi.
06:07Je n'ai pas peur de la police.
06:08Moi, en fait, ce que je vois, c'est que...
06:09Mais quand vous dites eux, je n'ai pas dit qu'eux...
06:10Laissez-moi juste finir, mon propos, s'il vous plaît.
06:13Oui, oui, allez-y.
06:13Je voudrais savoir qui c'est eux.
06:15Et c'est ce que je vais vous dire tout de suite.
06:16La réalité, c'est que quand M. Nunez déploie 8 000 policiers et déploie aussi 22 000 policiers dans toute
06:24la France,
06:24en fait, on a l'impression d'assister à un face-à-face plus qu'à une préparation de fête.
06:29La réalité, elle est là aussi.
06:30C'est qu'on déploie des policiers contre des supporters, contre des gens qui sont venus faire la fête par
06:35rapport à...
06:37Vraiment, on déploie ça contre des gens qui sont venus faire la fête et on leur déploie des policiers.
06:42Il y a eu des antécédents qui justifient quand même.
06:43Mes antécédents, j'ai un casier juste.
06:45Non, non, non, dans les événements.
06:48Si on met autant de policiers, c'est bien qu'il y a eu dans le passé des débordements qui
06:52justifiaient cette...
06:54C'est une décision politique, si vous voulez, c'est une décision politique comme une autre.
06:57Il y aurait eu moins de violence s'il y avait eu moins de policiers ?
06:59Je ne sais pas. Avec des si, on mettrai Paris.
07:01C'est un peu ce que vous laissez entendre.
07:03Moi, ce que je laisse entendre, c'est que déployer 8 000 policiers juste dans Paris, c'est un signe
07:10que ça donne.
07:11C'est un signe de... OK, aujourd'hui, si vous voulez, pas de débordement, mais j'ai été interpellé directement,
07:19tabassé.
07:19Je ne me suis... J'ai envie d'insister sur ça.
07:22Je ne me suis pas rébellé. Je n'ai pas eu d'outrage à l'agent.
07:25Je n'ai rien eu par rapport à ça.
07:26Et il y en a énormément qui sont dans mon cas.
07:27Et des gens qui sont en mauvaise entre eux.
07:29Je précise ce matin, l'IGPN a été saisi.
07:32Et notamment, en particulier, pour deux jeunes en région parisienne qui ont été touchés à l'œil par des LBD.
07:39L'IGPN a été...
07:418 000 policiers et qu'en plus, on n'a pas arrêté les bons, en fait.
07:44Mais c'est ça, c'est un peu ce que je vous dis.
07:47C'est que je sors, déjà, en fait, de tout ce que j'ai vu avec les balafres et tout
07:51de certains de mes co-détenus.
07:53S'il vous plaît, de mes co-détenus de garde à vue, j'ai vu ça.
07:57Et ensuite, je sors du tribunal.
07:58Qu'est-ce que je vois ?
07:59Un gamin de 13 ans éborgné à Bobigny.
08:02Mais c'est...
08:04Il y a deux enquêtes IGPN qui ont été ouvertes.
08:06Effectivement, c'est des informations...
08:08Si vous voulez, les enquêtes IGPN, c'est normal.
08:11Mais ça ne lui rendra pas son œil.
08:12Il a perdu son œil.
08:13Il y en a un qui est bourgné, qui est blessé gravement.
08:15Tout à fait.
08:15Et effectivement, l'enquête a été lancée hier.
08:19Hugues, vous insistez beaucoup sur les violences des policiers.
08:22Est-ce que vous considérez qu'il n'y a pas eu de violence du côté des manifestants ?
08:24Moi, vous savez, déjà, j'ai passé 60 heures en garde à vue.
08:27Et ensuite, les violences du côté des manifestants, je ne les ai pas vues.
08:30Parce que, vraiment, je me suis fait interpeller à 23 heures.
08:33Et il y a un point aussi où j'ai envie vraiment d'insister.
08:36Et en réalité, quand on voit les médias, etc., on entend beaucoup de choses.
08:40On entendait M. Zemmour dire une horde d'arabo-musulmans venus foutre la merde sur Paris, etc.
08:47Oui, bon, excusez-moi.
08:48Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a 85% des personnes qui ont été interpellées qui
08:52sont français.
08:52Ça, c'est factuel.
08:53C'est ce qui a été donné.
08:54Un tiers de mineurs et 89% de garçons.
08:56Le plus jeune, 14 ans.
09:00Et majoritairement des garçons.
09:01Voilà, ça, c'est les faits que l'on a et les chiffres que l'on a.
09:05Très bien.
09:05Et en fait, par rapport à ce que, du coup, j'ai un peu déformé les propos de M. Zemmour.
09:09Mais non, mais en effet, l'idée, je pense, c'était tout à fait celle-là.
09:12Et il le revendiquerait, d'ailleurs.
09:14C'était l'esprit qui était donné à la chose.
09:17Et si vous voulez, en fait, quand on sort de garde à vue, quand on sort du tribunal et qu
09:20'on voit ça en première instance,
09:22nous, en fait, ce qu'on voit, avant de me faire interpeller, je vais être très honnête avec vous,
09:27c'était un moment de festivité.
09:28C'était un moment où tout le monde pleurait de joie parce qu'on a la deuxième étoile.
09:32Parce qu'en fait, c'est beau.
09:33Parce qu'en fait, tout le monde est réuni.
09:34Parce que nous, jeunesse des quartiers, on peut fêter, enfin, notre victoire aussi.
09:39On a le droit à ça.
09:40Et en fait, on avait le droit à ça jusqu'à 23h, au moment où je me fais interpeller,
09:44au moment où beaucoup de mes collègues se font interpeller aussi.
09:45Et en fait, ce qu'on espère pour la France, notre rêve pour la France, c'est ça.
09:49C'est un rêve uni ensemble.
09:51C'est un rêve où on peut fêter ensemble.
09:54Je crois que tout le monde le rêve.
09:55Mais tout le monde le rêve.
09:56Et en réalité, bien sûr, quand vous avez des jeunes qui disent qu'ils ont pillé un commerce
10:03en disant, on ne savait pas que c'était un commerce, etc.
10:05Vous qui dites, bon, le quartier, ça n'est pas que c'est interdit.
10:07Mais ça, c'est faire la loupe sur un fait, etc.
10:10Moi, j'ai envie de vous faire la loupe sur Mireille.
10:11J'ai envie de vous faire la loupe.
10:12On l'a fait, on l'a fait.
10:13On l'a retrouvé, c'est BFMTV qui l'a retrouvé.
10:16C'est magnifique, ça, si vous voulez.
10:18Vous n'avez que des Mireilles et vous n'avez pas de dégâts, de casses.
10:22Et nous, on a les deux.
10:23Mais en fait, c'est aussi une volonté médiatique et politique de l'extrême droite de mettre
10:28en lumière ce qui se passe mal.
10:30La réalité, c'est que...
10:30Vous faites de la politique ?
10:31Non.
10:32Vous êtes militant quelque part ?
10:33Non, non, non.
10:34Moi, si vous voulez, je suis un étudiant.
10:36Votre discours est politique, ce que je comprends.
10:38Oui, bien sûr.
10:38Mais tout est politique, madame de Malheur.
10:40Évidemment que vous êtes militant.
10:42Mais Hugues, est-ce que vous êtes militant quelque part ?
10:45Est-ce que vous êtes dans une association ?
10:48Non, en réalité, je m'intéresse à la politique.
10:51Mais en réalité, parce qu'aujourd'hui, on est obligé...
10:53Je vous le redis, tout est politique.
10:55On est obligé de s'intéresser à la politique.
10:56Mais moi, je ne suis pas venu dans une posture de militant.
10:58Je suis venu dans une posture de jeune de quartier qui s'est fait tabasser et qui...
11:04Mais qui est un peu irresponsable aussi.
11:06C'est-à-dire qu'il y a un moment où, quand vous voulez faire de la politique, il faut
11:08être responsable.
11:08Ne pas savoir que vous n'avez pas le droit d'utiliser des mortiers, etc.
11:12Il y a un moment où...
11:13Pour qu'on comprenne, est-ce que vous pouvez simplement nous expliquer dans quelles circonstances vous avez été interpellé ?
11:17Parce que vous disiez que c'était festif, c'était joyeux.
11:19C'était festif, c'était joyeux.
11:20Donc, il y avait des policiers, manifestement.
11:22Pas de risque.
11:22Vous n'étiez pas à les agresser.
11:24Non.
11:24Donc, qu'est-ce qui s'est passé ?
11:26J'ai été interpellé...
11:28Mais en fait, mon cas, en vrai, il n'est pas très intéressant.
11:30J'ai envie de vous le dire, j'ai envie de vous le dire.
11:32Mon cas m'intéresse, justement, c'est quasiment d'entendre la parole.
11:35Dans les mêmes circonstances.
11:37En gros, ce qui s'est passé, c'est que j'ai tiré un mortier pour fêter les victoires de
11:41mon club.
11:42Et directement après, du coup, je suis parti rejoindre mes amis.
11:45Et à ce moment-là, j'ai été plaqué au sol, ventré avec le genou sur le cou,
11:52de manière à m'empêcher de respirer, pour m'embarquer directement.
11:57Et en fait, si vous voulez, cette violence-là, elle a été vraiment subie par toutes les personnes que j
12:04'ai vues en garde à vue.
12:04Je peux vous poser une question.
12:05Vous posez-moi avec plaisir.
12:06Est-ce que la peine que vous avez eue, est-ce qu'elle a chez vous une vertu éducative ?
12:15Est-ce que vous vous dites, bon, pardon, j'emploie des termes que je ne devrais pas employer,
12:20mais j'ai déconné, on est allé un peu loin, j'ai été sévèrement réprimé,
12:24parce que tout le monde dit le sursis, ce n'est pas grave,
12:26mais visiblement, vous qui avez été condamné, vous dites, une peine de prison avec sursis, c'est grave.
12:32Donc ma question, c'est, est-ce qu'elle a au moins une vertu éducative ?
12:36En vous disant, ok, j'ai déconné, je ne leur ferai plus un mortier, maintenant, je sais que c'est
12:41interdit.
12:42Je rappelle quand même que nul n'est censé ignorer la loi.
12:44C'est l'article 1.
12:46Nul n'est censé ignorer la loi.
12:47Donc ça vous a au moins appris ça.
12:49Alors c'est cher payé peut-être à vos yeux, mais est-ce que ça a une vertu éducative ?
12:54Je n'ai pas cher payé d'être 70 heures enfermé et d'être...
12:58Non, est-ce qu'au fond, vous vous dites, je ne le ferai plus ?
13:04Mais évidemment que je ne le ferai plus, parce que, en fait, dans tous les cas, là,
13:10comme je vous le dis, il y a des gens qui sont passés au tribunal en commission...
13:16Excusez-moi, je n'ai pas l'été...
13:19Je ne suis pas du tout familial à la justice, moi.
13:21Je n'ai jamais eu d'antécédent, etc.
13:22Mais si vous voulez, il y a des gens qui sont passés en comparaison immédiate
13:27qui n'ont rien fait, il n'y a aucune preuve des actes qui l'aurait reproché.
13:30Mais pardon, du coup, ça veut dire que quand Laurent vous dit...
13:32Est-ce que vous dites, ça a une vertu pédagogique, je ne le referai plus,
13:35vous dites, je ne le referai plus, parce que je ne veux pas me retrouver tabassé ou insulté par...
13:41Ou est-ce que parce que vous pensez que, en effet, quand cet interdit ne le fait pas,
13:45c'est interdit d'avoir un mortier, donc je ne le prendrai plus ?
13:47Je comprends ce que vous voulez dire.
13:49Mais est-ce que vous voulez que je vous dise que je ne le referai plus,
13:51c'est-à-dire que je ne refêterai plus jamais les victoires de mes clubs que j'aime ?
13:54En fait, c'est ça, en fait.
13:55L'interdiction du mortier, comme le disait Laurent à l'instant,
13:58le mortier s'est interdit et nul n'est sans rien.
13:59Surtout, j'ai l'impression, en vous écoutant,
14:04que vous dites, j'ai été, comme d'autres, victime d'une injustice.
14:08D'où ma question.
14:09Est-ce que la peine dont vous avez écopé a une vertu pédagogique
14:12ou, au contraire, vous met en colère parce que vous dites,
14:15j'ai été condamné pour rien, ce n'était pas moi ?
14:18Je ne vous l'ai pas dit et, pour le coup, la juge a été extrêmement clémente avec moi.
14:25J'entendais un policier me dire que le procureur recourait pour des faits similaires au mien,
14:30six mois de ferme, six mois de sursis, pour des jeunes 2008.
14:34Je ne sais pas, en fait, si...
14:35Mais en fait, tout dépend des éléments, chaque cas est particulier.
14:39Bien sûr, je sais très bien, mais ça dépend aussi...
14:41Il n'y a pas de tarif.
14:41Ça dépend aussi, en réalité, de ce qui est demandé directement
14:47par rapport au quota, par rapport à toutes ces choses-là.
14:50Mon avocate me l'a dit.
14:52Malheureusement, c'est la fin de cette émission, mais je ne peux pas dire ça comme ça.
14:55Non, en fait, on m'a dit, les policiers m'ont dit,
15:00et mon avocate m'a dit qu'il y avait des gens qui allaient servir d'exemple.
15:03Ce jour-là, il y avait des gens qui...
15:04dit 2008, tout juste majeurs.
15:07Il y en a certains qui n'ont pas pu passer leurs épreuves du baccalauréat
15:10parce qu'ils ont fêté la victoire de leur club,
15:11parce qu'ils ont juste célébré un moment festif.
15:15Votre témoignage ce matin, c'est la fin de cette émission.
15:18Mais en tout cas, on l'entend parfaitement.
15:21C'est extrêmement intéressant.
15:22Là, on a vraiment en direct, effectivement, votre récit de ce qui s'est passé.
15:27Vous faites partie, je le redis, de ceux qui ont été jugés en comparution immédiate hier.
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