00:00Par exemple, une dame te demande, je ne sais pas moi, est-ce qu'elle pouvait me donner, je ne
00:06sais pas moi, la serviette ?
00:07Ah, écoutez, tout, je n'ai pas le temps, j'ai ça.
00:10En fait, j'étais à saturation et je ne me reconnaissais plus.
00:12Tu étais fatigué ?
00:13Fatigué.
00:14Et renté ?
00:15Et renté, irritable.
00:16Moi qui étais très patient, moi qui étais très souriant, je commençais à m'éteindre.
00:22C'est-à-dire, je venais pour venir parce qu'il fallait que je fasse un salaire.
00:27Je venais parce qu'il fallait que je pointe, dans le sens où il ne faut pas mettre non plus
00:32les collègues en difficulté.
00:33Ça veut dire que je ne voyais même plus le résident.
00:35Je ne disais même plus, j'y vais parce que les résidents ont besoin de moi.
00:40C'était plutôt, j'étais arrivé à un stade de, je pense aux collègues.
00:43J'y vais parce que sinon les collègues vont mal parler sur moi.
00:45Moi qui étais dans la compassion, dans la sensibilité, dans l'écoute active, je ne retrouvais plus ça en moi.
00:51Donc, qu'est-ce que j'ai fait ?
00:52Je suis arrivé à un stade où je n'arrivais plus à me lever.
00:55C'est-à-dire, je me lève le matin, je me recouche.
00:59Après, c'était des arrêts maladies d'une semaine, deux semaines.
01:02Et à un moment donné, c'était, je sentais que je suis en dépression.
01:04C'est-à-dire, je ne sortais plus de chez moi.
01:08Je ne faisais que, je ne peux pas dire le mot pleurer, mais j'étais en craquage total.
01:13Craquage total, c'est, je veux dire, c'est moi qui n'aime pas l'alcool, de base qui ne
01:18buvait pas,
01:19il fallait que je trouve un anesthésien.
01:20Donc, à un moment donné, tous les soirs, il fallait que je bois pour ne pas réfléchir,
01:23afin de pouvoir me coucher.
01:27Jusqu'au moment où la chance que j'ai, c'est, dans tout ce que je fais, je questionne.
01:32C'est-à-dire que même si je pars dans une dérive, j'ai cette faculté, je me dis grâce
01:35à Dieu,
01:36où j'ai cette remise en question.
01:38Pourquoi tu fais ça ?
01:39Qu'est-ce que ça t'apporte ?
01:40Qu'est-ce qui t'emmène à faire ça ?
01:42Et ce questionnement-là m'a amené moi-même de consulter un psychiatre.
01:47Je me suis dit, au début, j'en ai parlé à deux, trois potes, ils me disaient,
01:49tu peux avoir un psychologue, pourquoi un psychiatre ?
01:52Je dis, non, je ne suis pas né dans ma tête, j'ai vraiment besoin de quelqu'un qui est
01:57là
01:59pour qu'il m'explique ce qui ne va pas, je pète les plombs.
02:04Donc, en allant consulter ce psychiatre, je lui explique ce qui m'arrive, je lui dis
02:07aussi le métier que je fais.
02:09Et c'est là où il m'explique, non, je lui dis, j'ai un problème.
02:14Je dis, mot pour mot, j'ai un problème.
02:17Je suis violent, je suis malade, je ne me reconnais plus.
02:22Et là, il me dit clairement, vous n'êtes pas du tout malade, vous êtes totalement équilibré.
02:28Ce qui vous emmène à être dans cet état, c'est simplement le métier que vous faites
02:31dans les conditions dans lesquelles vous travaillez.
02:33Donc, monsieur, le problème, là, je vous écoutais depuis tout à l'heure.
02:37Je ne vois aucun problème chez vous mental, psychologique, ni émotionnel.
02:41C'est juste que vous prenez conscience de ce que vous faites.
02:44Ils savent que vous n'aviez pas les mots pour pouvoir expliquer.
02:46Donc, moi, je vous le dis, vous êtes en burn-out.
02:48Et c'est là où j'ai découvert ce mot-là, compris ce que c'était qu'un burn-out.
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