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  • il y a 16 heures
Comédie (Le Dîner de cons)
Avec Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster

Sujet du film :
Tous les mercredis, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est declaré vainqueur. Ce soir, Brochant exulte, il est sur d'avoir trouvé la perle rare, un con de classe mondiale: Francois Pignon, comptable au ministère des Finances et passionné de modèles réduits en allumettes. Ce qu'il ignore c'est que Pignon est passe maître dans l'art de déclencher des catastrophes.
Transcription
00:00:26Sous-titrage MFP.
00:00:30Sous-titrage MFP.
00:01:27Sous-titrage MFP.
00:01:29De tout. Politique, spectacle, sport.
00:01:32Il me demande mon avis sur l'actualité et je lui donne.
00:01:35C'est pas vrai con comme t'es, il te demande ton avis.
00:01:38Je ne sais pas si je suis con, mais il y aura des gros bonnets à ce dîner mercredi.
00:01:42Et M. Perrier m'a dit qu'ils étaient très intéressés par mes idées.
00:01:45S'il y a un con ici, c'est pas celui qu'on pense.
00:01:48Mais c'était pas tant ça !
00:01:50Aucun problème, M. Bichot, je serai avec vous mercredi, sauf un accident après-midi.
00:01:55Allô ? Allô ?
00:02:04T'arrives ou tu parles ?
00:02:06Je pars. Je vais être à Biarritz tout à l'heure.
00:02:08Tu vas un café ?
00:02:08Qu'est-ce que tu vas foutre à Biarritz ?
00:02:10C'est l'anniversaire de mon père.
00:02:11Tu l'embrasse ça pour moi ?
00:02:13Un café, s'il vous plaît.
00:02:14On te voit mercredi ?
00:02:15Non, malheureusement, j'ai un empêchement.
00:02:17Toi, t'y vas ?
00:02:18Bien sûr, mais je suis emblété et j'ai toujours pas de con.
00:02:21Ah bon ?
00:02:22Oui, c'est pas fou d'en chercher, crois-moi.
00:02:24T'en aurais pas un sous la main, par hasard ?
00:02:26Non, mais je vais y penser.
00:02:28Ah, j'y ai eu.
00:02:33Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:02:35C'est pour mon père, il fait collection.
00:02:36Elle est belle, hein ?
00:02:3818e, ça va sûrement lui faire plaisir.
00:02:39Ton père fait collection de louches ?
00:02:41Il en a plus de 300.
00:02:42Ça l'occupe bien depuis qu'il a pris sa retraite.
00:02:44Mais c'est intéressant, ça.
00:02:46Et il aime partager sa passion ?
00:02:47Enfin, je veux dire, il peut en parler en public ?
00:02:49Il peut faire l'historique de la louche à travers les âges ?
00:02:51Non, Pierre.
00:02:52Il vient à Paris de temps en temps ?
00:02:53Non, Pierre, pas papa.
00:02:55Quoi, pas papa ?
00:02:55Je trouve la passion de ton père très originale et...
00:02:57Et tu veux l'amener mercredi soir ?
00:02:59Mais pas du tout, qu'est-ce que tu vas chercher là ?
00:03:00Tu me vois invitant le père de mon meilleur ami à un dîner de con ?
00:03:04Oui.
00:03:05Tu me prends vraiment pour un salaud, hein ?
00:03:07Oui.
00:03:09Non, je plaisantais, bien sûr.
00:03:10Ce qui est sérieux, c'est que j'ai pas de con pour mercredi
00:03:12et que je commence à paniquer.
00:03:21Bonjour aux pieds, monsieur.
00:03:30Bonjour, monsieur.
00:03:32Bonjour, monsieur.
00:03:35Oh, pardon.
00:03:50Je suis désolé, elle est tombée quand j'ai sorti mon dossier.
00:03:53Je vous en prie.
00:03:57Vous avez sûrement reconnu ?
00:03:58Pardon ?
00:04:00La tour Eiffel, entièrement faite avec des allumettes, 346 422 exactement.
00:04:06C'est vous qui avez fait ça ?
00:04:08C'est une de mes plus belles pièces.
00:04:09Ah bon ? Vous en avez d'autres ?
00:04:12Si j'en ai d'autres...
00:04:17Je vous parlais tout à l'heure des problèmes de portance.
00:04:19Eh bien, dans un ouvrage comme celui-ci, c'est la grande question, les problèmes de portance.
00:04:25Mais commençons par le début.
00:04:27Qu'est-ce qu'un pont suspendu ?
00:04:32Si l'angle entre les allumettes n'est pas calculé au dixième de degré,
00:04:35c'est foutu !
00:04:37À un dixième de degré près, vous vous rendez compte ?
00:04:45Pour Concorde, j'ai dû faire face à une autre forme de problème.
00:04:56Et maintenant une petite colle juste pour ruire.
00:04:58On est arrivé.
00:04:59Qu'est-ce qui m'a donné le plus de mal d'après vous ?
00:05:00La tour Eiffel ou Concorde ?
00:05:02On est arrivé.
00:05:04Ah oui ?
00:05:05Déjà, on n'a pas vu le temps passer, dis donc.
00:05:16Allô, passez-moi la broche en s'il vous plaît, de la part de Jean Cordier.
00:05:21Pierre ?
00:05:22J'en tiens un.
00:05:23Comment est-il ?
00:05:24Un champion du monde.
00:05:29Quand ils sont tout neufs, qu'ils sortent de l'œuf, du cocon.
00:05:33Tous les jeunes blancs becs prennent les vieux mecs pour des cons.
00:05:37Quand ils sont devenus des têtes chenues, des grisons.
00:05:41Tous les vieux fourneaux prennent les genoux pour des cons.
00:05:44Moi qui balance entre deux âges, je leur adresse à tous un message.
00:05:52Le temps ne fait rien à l'affaire.
00:05:55Quand on est con, on est con.
00:05:59Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père.
00:06:03Quand on est con, on est con.
00:06:07Entre vous, plus de controverses.
00:06:11Con caduque ou con débutant.
00:06:15Petit con de la dernière averse.
00:06:18Vieux con des neiges d'antan.
00:06:22Petit con de la dernière averse.
00:06:26Vieux con des neiges d'antan.
00:06:31Vous, les cons naissants, les cons innocents, les jeunes cons.
00:06:36Qui ne le niaient pas, prenez les papas pour des cons.
00:06:39Vous, les cons âgés, les cons usagés, les vieux cons.
00:06:43Qui confessaient le prenez les petits bleus pour des cons.
00:06:47Méditer l'impartial message.
00:06:50D'un qui balance entre deux âges.
00:06:55Le temps ne fait rien à l'affaire.
00:06:58Quand on est con, on est con.
00:07:02Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père.
00:07:05Quand on est con, on est con.
00:07:10Entre vous, plus de controverses.
00:07:13Qu'on caduque ou con débutant.
00:07:17Petit con de la dernière averse.
00:07:21Vieux con des neiges d'antan.
00:07:25Petit con de la dernière averse.
00:07:29Vieux con des neiges d'antan.
00:07:40Alors, monsieur Loxerrois.
00:07:42Au chiot l'Oem, au chiot l'Oem, au chiot.
00:07:45Tu vas voir, mercredi au Xer.
00:07:49Regardez-moi ce connard.
00:07:51Oh, excusez-moi, Louisette.
00:07:52Non, je vous en prie, j'ai l'habitude.
00:07:56Oui ?
00:07:57Les éditions Pierre Brochand, je voudrais parler à monsieur Pignon, s'il vous plaît.
00:08:00C'est moi.
00:08:01Ne quittez pas, je vous passe monsieur Pierre Brochand.
00:08:03Monsieur Pignon ?
00:08:04Oui ?
00:08:05Bonjour, je vous appelle de la part d'un ami, Jean Cordier.
00:08:08Vous avez fait connaissance dans le TGV, je crois.
00:08:11Ah, parfaitement, oui.
00:08:12Il m'a beaucoup parlé de vous et j'aimerais vous rencontrer.
00:08:16Me rencontrer ?
00:08:18François Pignon.
00:08:19Il était tellement aéri, il ne pouvait plus dire un mot.
00:08:21On va se régaler.
00:08:27Et Michaud, il vient avec qui ?
00:08:29Avec un type qui collectionne des boomerangs.
00:08:30C'est bon, ça.
00:08:31Il est exceptionnel, il paraît.
00:08:33On sera à combien en tout ?
00:08:34À dix en comptant Pignon.
00:08:36Ça s'annonce plutôt bien, dis-moi.
00:08:43Oh, putain !
00:08:44Qu'est-ce qui t'arrive ?
00:08:51Christine ?
00:08:58Christine !
00:09:16Je vais décommander ton dîner.
00:09:18Oh, que c'est froid, d'ordre de Dieu, que c'est froid.
00:09:20Ton dîner, tu l'as décommandé ?
00:09:22Je croyais qu'il fallait de la chaleur pour les reins.
00:09:24Zorbi a dit de la glace.
00:09:25T'as réussi à le joindre ?
00:09:26Dans sa voiture.
00:09:27T'as de la chance, il était dans le coin, il arrive tout de suite.
00:09:28Formidable.
00:09:29Je pourrais bien quelque chose, moi.
00:09:31Un petit fond de scotch, tiens.
00:09:34Ça rend sourd, le tour de rein ?
00:09:35Non, je n'ai pas décommandé mon dîner.
00:09:38C'est pas vrai.
00:09:38Dans l'état où tu es, tu veux quand même aller à ce dîner sinistre.
00:09:41On ne va pas recommencer.
00:09:41C'est un dîner qui m'amuse, si tu le trouves sinistre.
00:09:45Tu ne vas pas me faire la gueule parce que j'ai envie de m'amuser un peu.
00:09:49Décommande-toi.
00:09:49Reste avec moi ce soir.
00:09:50Tu sais que ça ne va pas très fort, moi, en ce moment.
00:09:52Eh bien, justement.
00:09:53Comment ? Change-toi les idées, viens avec moi.
00:09:54Tu vas voir ce t'irrésistible, ce dîner.
00:09:56C'est irrésistible d'inviter un malheureux pour se moquer de lui toute la soirée.
00:09:59C'est pas un malheureux, c'est un abruti.
00:10:00Il n'y a pas de mal à se moquer des abrutis.
00:10:02Ils sont là pour ça, non ?
00:10:03Je passe d'abord chez lui boire un verre et on va dîner ensuite.
00:10:05Vous allez au restaurant ?
00:10:07Non, c'est un ami à lui qui organise un grand dîner.
00:10:10Je ne sais pas, il traque, moi.
00:10:12Laquelle ?
00:10:13C'est la même.
00:10:15Non, celle-là est plus rouge.
00:10:17Allez, jamais, ça ne fait plus fantaisier.
00:10:20Alors, il ne faut pas que je vous demande aussi maquette.
00:10:25Il veut faire un bouquin.
00:10:26Un bouquin sur mes maquettes, vous vous rendez compte ?
00:10:29Dépêchez-vous, vous allez être en retard.
00:10:31C'est pas vrai.
00:10:32Tu l'as invité ici ?
00:10:33Je voulais l'étudier un peu avant de l'emmener à dîner.
00:10:35Tu vas voir, il paraît qu'il est fabuleux.
00:10:37Je verrai rien du tout, je vais vous laisser en tête à tête.
00:10:39Amusez-vous bien.
00:10:40Où tu vas ?
00:10:41J'ai un dîner, moi aussi.
00:10:42J'avais pas très envie d'y aller, mais tant pis.
00:10:44Un dîner avec qui ?
00:10:46C'est lui ? Je ne veux pas le voir.
00:10:49Mais non, c'est le docteur.
00:10:52Oui ?
00:10:53Sorbier.
00:10:54Oui, montez, docteur.
00:11:00Bonsoir, docteur.
00:11:01Bonsoir.
00:11:01Je vous le laisse.
00:11:02Débloquez-le vite, il est un dîner très important ce soir.
00:11:04Christine.
00:11:05Un dîner de cons.
00:11:06Vous ne connaissez peut-être pas le principe.
00:11:08Chaque invité amène un con.
00:11:10Christine, je t'en prie.
00:11:11Les cons ne savent pas, bien sûr, pourquoi on les a sélectionnés.
00:11:13Et le jeu consiste à les faire parler.
00:11:15Il paraît que c'est très drôle.
00:11:17Moi, ça ne me fait pas rire du tout, et alors je m'en vais.
00:11:18Bonsoir, docteur.
00:11:19Bonsoir.
00:11:25Excusez-moi, docteur, je vous avais fait venir pour un tour de rein, pas pour une scène de ménage.
00:11:28Mais je vous en prie, je peux me laver les mains ?
00:11:30Première porte à gauche.
00:11:33Quand j'étais étudiant, on faisait des dîners de moches.
00:11:35Il fallait inviter la fille la plus laide possible.
00:11:37Et à la fin du dîner, on décernait une palme.
00:11:40J'ai fait ça, moi aussi.
00:11:41Mais c'est plus drôle avec les cons.
00:11:43Ça me paraît moins objectif tout de même.
00:11:44Non, non, croyez-moi, docteur, il y a des cons totalement objectifs.
00:11:47J'en attends un d'un moment à l'autre, vous allez voir, on ne peut pas se tromper.
00:11:54Oh, vous êtes superbe.
00:11:56Merci, Louisette.
00:11:58Allez, bonne soirée.
00:11:59Et tâchez d'être brillants.
00:12:02Vous êtes un ami à vous ?
00:12:04Non, j'ai des amis très cons, mais pas à ce point-là.
00:12:06Ceux qu'on sélectionne sont des champions, c'est de la haute compétition.
00:12:11Et vous les trouvez où, ces champions ?
00:12:12Oh, c'est pas simple.
00:12:13C'est une vraie chasse à l'homme.
00:12:14On a des rabatteurs qui nous signalent un con qui vaut le détour.
00:12:16Allez, cinquième lombaire.
00:12:26C'est grave ?
00:12:28Non, mais j'ai peur qu'il faille annuler votre dîner.
00:12:30Ah non !
00:12:30Je n'aime pas manipuler à chaud.
00:12:31Reposez-vous cette nuit, je repasserai de ma mate.
00:12:33D'auteur !
00:12:34J'ai un con de classe mondiale ce soir.
00:12:36Je vous en supplie, faites quelque chose.
00:12:37Un calmant, des anti-inflammatoires, je veux pas le savoir, mais faites quelque chose.
00:12:40Le sac de glace et du repos, ou vous en avez pour trois semaines ?
00:12:44C'est vraiment pas de chance.
00:12:46Carnet, s'il vous plaît.
00:12:48Merci.
00:12:48Téléphone.
00:12:52Comment il s'appelle, déjà ?
00:12:55Ah oui, Pignon.
00:12:56François Pignon.
00:13:01Il fait quoi dans la vie ?
00:13:02Travaille aux impôts.
00:13:03Dites donc, c'est dangereux, ça.
00:13:04Imaginez qu'il apprenne pourquoi vous l'avez invité.
00:13:06Aucun risque.
00:13:07On fait très attention.
00:13:08Jamais un con n'a su pourquoi on l'avait invité.
00:13:12Il est pas là.
00:13:14Oh putain !
00:13:15Quoi ?
00:13:17Son répond de Horns.
00:13:17Vous allez voir, il essaye d'être drôle, c'est pathétique.
00:13:22Vous êtes bien chez François Pignon, mais il n'est pas là pour l'instant.
00:13:26Laissez un message après le pipi, il vous rappellera le nom d'une pipe.
00:13:31C'est à vous de parler.
00:13:33Hein ? Il est pas beau celui-là ?
00:13:35Il a l'air assez exceptionnel, oui.
00:13:38Le voilà.
00:13:38Bougez pas, j'y vais.
00:13:43Oui ?
00:13:43C'est François Pignon.
00:13:45Cinquième gauche.
00:13:49Il arrive.
00:13:51Je vais vous laisser des calmants.
00:13:52Deux comprimés dans la nuit si vous avez vraiment mal.
00:13:54Vous voulez pas l'attendre, qu'on rigole un peu ?
00:13:56Non, non, non.
00:13:57Faut que je file.
00:13:58A demain, et n'hésitez pas à m'appeler chez moi si vous avez un problème.
00:14:00A demain, docteur.
00:14:01Laissez la porte ouverte, s'il vous plaît.
00:14:04J'aimerais vous demander une faveur.
00:14:06Mais, je vous en prie.
00:14:07Ne m'invitez jamais à dîner, j'aurai toujours un doute.
00:14:19Bonsoir.
00:14:20Bonsoir, monsieur.
00:14:23Entrez, c'est ouvert.
00:14:27Merci.
00:14:34Bonsoir, monsieur Pignon.
00:14:36Entrez, entrez.
00:14:37Excusez-moi, je ne me lève pas, je suis complètement bloqué.
00:14:39Je me suis fait un tour de rein.
00:14:40Je suis désolé, il va falloir remettre notre dîner.
00:14:43C'est moi qui suis désolé pour vous.
00:14:44C'est pas drôle, un tour de rein.
00:14:46C'est surtout très bête.
00:14:47Qu'est-ce que vous faites mercredi prochain ?
00:14:49Mercredi prochain, rien.
00:14:52Parfait.
00:14:52L'ami chez qui on devait aller ce soir redonne un dîner.
00:14:54Vous êtes bien sûr invité.
00:14:56C'est vraiment très gentil, ça.
00:14:58Non, c'est normal.
00:14:58On vous a raté aujourd'hui.
00:14:59On ne doit pas vous rater la semaine prochaine.
00:15:02Mais attention.
00:15:03Le vrai boomerang.
00:15:05Le boomerang authentique.
00:15:07Pas celui qu'on trouve dans les bazars pour touristes de Sydney et de Canberra.
00:15:11Canberra, le boomerang primitif, celui qui armait les fiers guerriers australiens depuis la nuit des temps.
00:15:17Ce boomerang-là a une dynamique, un mouvement dans l'espace quand il est bien lancé, que je qualifierais de
00:15:27miraculeux.
00:15:28Alors, comment ça va ?
00:15:30Pas très fort, je suis complètement cassé.
00:15:32Tais-toi, c'est trop bête.
00:15:34Vas-y.
00:15:36Non, non, vraiment, ça ne va pas être possible ce soir.
00:15:40Écoute, là, on passe à table dans une petite demi-heure.
00:15:42Ça te laisse le temps de voir si c'est que c'est mieux.
00:15:43Qui peut vous décapister un kangourou à 50 mètres ?
00:15:46D'accord, mais comptez pas trop sur nous.
00:15:49Oui, oui, il est là, oui.
00:15:51Oui, très sympathique.
00:15:54Il a une belle tête de vainqueur.
00:15:57Non, t'inquiète pas, si je peux pas ce soir, je te l'amène la semaine prochaine.
00:16:01Salut.
00:16:08Alors, comment ça va, M. Pignon ?
00:16:10Très bien, je vous remercie.
00:16:15Je suis tombé sur votre répondeur tout à l'heure, il est très amusant.
00:16:18Ah oui, j'ai essayé de faire un message un peu original.
00:16:22Très réussi, j'en ris encore.
00:16:24Figurez-vous que tout le monde m'en parle, et j'ai même des amis qui me demandent de faire
00:16:28leur message.
00:16:29Ah, mais ça ne m'étonne pas du tout.
00:16:31Je vois que vous avez un répondeur, si vous voulez, je peux...
00:16:33Non, ça n'est pas la peine.
00:16:34Parce que j'en ai pour une minute, hein.
00:16:35Non, non, vraiment, il est très bien comme ça.
00:16:37Bon, peut-être un peu classique pour vous, mais...
00:16:40Je suis vraiment ravi de vous connaître, M. Pignon.
00:16:43Moi aussi, M. Bruchon.
00:16:45Depuis que vous m'avez appelé au ministère, c'est bête à dire, mais je suis comme sur un majeu.
00:16:49J'ai d'abord cru que c'était une blague.
00:16:52J'ai dû vous paraître stupide au téléphone.
00:16:54Oui.
00:16:54Non, non, non, vous étiez parfait.
00:16:57Qu'un grand éditeur comme vous veuille publier un ouvrage sur mes maquettes, et que vous m'invitiez à dîner
00:17:02en plus, vous avez changé ma vie, M. Bruchon.
00:17:06Oui, pour ce qui est de l'ouvrage, c'est encore un projet un peu vague, hein.
00:17:10Alors, je vous ai apporté les photos de mes plus belles pièces.
00:17:17La tour Eiffel.
00:17:19Superbe.
00:17:20Huit mois d'efforts.
00:17:21Ça se voit. Et vous faites ça le soir, après votre travail ?
00:17:24Le soir et pendant les week-ends, dès que j'ai un moment de libre, quoi.
00:17:27Et vous êtes marié ?
00:17:28Oui. Enfin, non.
00:17:30Tancarville.
00:17:31Magnifique, mais vous êtes marié, oui ou non ?
00:17:34C'est-à-dire que ma femme est partie.
00:17:37Ah, bon.
00:17:39Avec un ami à moi.
00:17:40Ça arrive, ces choses-là.
00:17:42Un type que j'ai connu au ministère, pas méchant.
00:17:45Un soir, je l'ai amené à la maison, et il lui a plu.
00:17:48Je n'ai pas très bien compris pourquoi, d'ailleurs, parce qu'entre nous, c'est pas une lumière.
00:17:54Qu'en vais-vous aller lui mettre, d'après vous, pour un ouvrage pareil ?
00:17:56Comment ça, pas une lumière ?
00:17:57Le garçon avec qui il est parti.
00:17:59C'est pas pour dire, mais qu'est-ce qu'il est bête.
00:18:02Allez, dites un chiffre.
00:18:04Mais plus bête que...
00:18:06Enfin, je veux dire, vous êtes intelligent, vous, alors, par rapport à vous.
00:18:08Ah, écoutez, moi, je n'aime pas être grossier, mais là, il faut employer le mot, c'est un con.
00:18:13Mon Dieu.
00:18:15Alors ?
00:18:17Excusez-moi, mais je n'arrive pas à croire que votre femme soit partie avec un con.
00:18:20Mais moi non plus.
00:18:21Et c'est un vrai débile.
00:18:22Il ne parle que de planche à voile.
00:18:24Et où peut-on le rencontrer, ce garçon ?
00:18:26Pourquoi vous aimez la planche à voile ?
00:18:27Énormément.
00:18:28Je suis passionné de planche à voile.
00:18:30Alors, vous allez bien vous entendre avec lui.
00:18:31Il s'appelle Jean-Patrice Benjamin.
00:18:33Mais au ministère, on l'appelle du con.
00:18:35Vous trouverez son numéro dans l'annivers.
00:18:37À Benjamin, pas du con.
00:18:44Alors, combien d'allumettes ?
00:18:472 000.
00:18:50346 422.
00:18:52Waouh !
00:18:53Hein ?
00:18:54Et attendez, ce n'est pas fini.
00:18:55Combien de tubes de colle ?
00:18:56Monsieur Pignon.
00:18:57Oui ?
00:18:59On va tout de même aller à ce dîner.
00:19:01Et vous pouvez marcher.
00:19:02Je vais essayer.
00:19:04Vous avez une voiture ?
00:19:05Oui.
00:19:06Alors, si vous me conduisez, on devrait y arriver.
00:19:08Aidez-moi seulement à me lever.
00:19:10Allez.
00:19:12En route.
00:19:17Ça va ?
00:19:18Oui.
00:19:20Baisse-moi.
00:19:2537.
00:19:26Comment ?
00:19:27Les tubes de colle, 37.
00:19:32On va passer une bonne soirée, monsieur Pignon.
00:19:34Une très bonne soirée.
00:19:40Pardon.
00:19:41Désolé.
00:19:42Vous vous êtes fait mal ?
00:19:45Il y a peut-être quelque chose de cassé.
00:19:52Qu'est-ce que vous faites ?
00:19:53J'appelle un kiné.
00:19:54C'est pas la peine.
00:19:55C'est un copain à moi, il est formidable.
00:19:57C'est pas la peine, je vous dis.
00:19:58C'est le meilleur kiné de Courbevoie.
00:20:00Je ne veux pas du meilleur kiné de Courbevoie.
00:20:02Rentrez chez vous, ça va aller.
00:20:03Ah bon ?
00:20:04On va pas dîner, alors ?
00:20:05Non, on ne va pas dîner.
00:20:06Là, je ne suis plus tout à fait en état, figurez-vous.
00:20:13Laissez, il y a le répondeur.
00:20:14Nous ne sommes pas là pour l'instant.
00:20:15Vous pouvez laisser un message après le bip sonneur.
00:20:17C'est vrai qu'il pourrait être plus rigolo, votre message.
00:20:22C'est moi.
00:20:22Je t'appelle pour te dire que je ne rentrerai pas ce soir.
00:20:25Je crois que je ne rentrerai plus jamais.
00:20:28Je suis désolée d'avoir à te dire ça sur un répondeur.
00:20:31Mais c'est peut-être mieux comme ça.
00:20:33Adieu, Pierre.
00:20:42Bon, ben, je vais vous laisser.
00:20:46Vous êtes sûr que vous n'avez besoin de rien ?
00:20:48Non, non.
00:20:49Tout va bien, bonsoir.
00:20:57Excusez-moi.
00:20:59J'avais oublié mon porte-document.
00:21:07Je suis avec vous, M. Brochamp.
00:21:09Je suis vraiment de tout cœur avec vous.
00:21:11Merci beaucoup. Au revoir.
00:21:13Au revoir.
00:21:16Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
00:21:17Rien du tout. Ça va très bien. Bonne nuit.
00:21:19M. Brochamp, s'il y a un homme qui peut comprendre ce qui vous arrive, c'est bien moi.
00:21:23M. Pignon, j'aimerais qu'on me laisse tranquille.
00:21:25C'est ce que je disais moi aussi quand elle m'a quitté.
00:21:27Puis j'ai failli mourir de solitude et de chagrin dans mon living room.
00:21:30Vous, en plus, vous avez le dos en compote.
00:21:32Personne ne m'a quitté.
00:21:33C'est un message incohérent dans un moment de déprime.
00:21:35Elle va revenir tout à l'heure.
00:21:35Vous pouvez rentrer chez vous. Bonsoir.
00:21:37Elle va revenir tout à l'heure.
00:21:38Voilà encore une chose que je disais moi aussi.
00:21:40Et puis, ça fait deux ans qu'elle doit revenir tout à l'heure.
00:21:43Je vais me coucher. Vous êtes un rare sortant.
00:21:44Vous ne voulez pas que j'appelle Maurice ? C'est mon copain qui n'est...
00:21:47Non.
00:21:48C'est vraiment un craque, Maurice.
00:21:49Puis il n'est pas cher, en plus.
00:21:51Vous savez combien il prend quand il vient à domicile ?
00:21:53Je suis entre les mains du professeur Sorbier
00:21:55qui dirige le service rhumatologie de l'hôpital Brousset.
00:21:57Je n'ai pas besoin de Maurice.
00:21:59Oui, ben, je ne sais pas comment il dirige son service,
00:22:01mais regardez-vous, vous êtes dans un état.
00:22:02Je suis dans cet état parce que vous m'êtes tombé dessus.
00:22:04Je ne sais pas pourquoi je discute avec cet abruti bordel de merde.
00:22:08Vous faites peine à voir.
00:22:10On dirait un cheval qui a raté une haie.
00:22:12On vous abattrait sur un champ de course.
00:22:15Allez-vous-en, M. Pigneron.
00:22:17C'était quoi, restez paralysé, ça ?
00:22:18Je ne veux pas vous affoler,
00:22:19mais si la moelle épinière est touchée,
00:22:21c'est paralysé à tous les coups.
00:22:22Et là, par un voyage à Lourdes...
00:22:26Appelez Sorbier.
00:22:27Ah, j'aime mieux ça !
00:22:32C'est quoi, son numéro ?
00:22:33Dans le carnet, là.
00:22:50Allô ?
00:22:51Allô ?
00:22:51Je voudrais parler au docteur Sorbier.
00:22:53J'appelle de la part de Pierre Brochon.
00:22:54Pierre Brochon ?
00:22:55Oui, passez-moi vite le docteur, s'il vous plaît, c'est une urgence.
00:22:57Mais quel docteur ? Il n'y a pas de docteur ici.
00:23:00Oh ! Excusez-moi, je me suis trompé de numéro.
00:23:02J'ai dû sauter une ligne dans le répertoire.
00:23:04Il faut dire que c'est écrit tellement petit.
00:23:06On s'en fout, raccrochez !
00:23:09Oui, je suis chez lui.
00:23:11Oui, oui, il est là.
00:23:13Ah, non, il va pas bien du tout.
00:23:16Il a un tour de rein.
00:23:18Le sale truc, il peut plus bouger, il est affalé sur le plancher comme un vieux sac, c'est dégoûtant.
00:23:23Mais qui parle, là ? À qui vous parlez, bordel ?
00:23:25Excusez-moi, qui est à l'appareil, là ?
00:23:28Ah bon ?
00:23:30Eh bien, je peux vous le dire, alors, ça va très mal.
00:23:33Sa femme l'a quitté, en plus.
00:23:35C'est un homme brisé, le cœur, les reins, tout.
00:23:37Mais arrêtez, enfin !
00:23:39Il faut que je vous quitte, ces nerfs sont en train de lâcher, en plus.
00:23:42Je n'y manquerai pas.
00:23:43Au revoir.
00:23:44C'était votre sœur.
00:23:46Je n'ai pas de sœur.
00:23:48Vous n'avez pas de sœur ?
00:23:50Je lui ai dit qui était à l'appareil, et elle m'a dit sa sœur.
00:23:54Il a appelé Marlène.
00:23:56Ce n'est pas votre sœur.
00:23:57C'est son nom, sa sœur, Marlène, sa sœur.
00:24:01Je ne pouvais pas savoir, moi.
00:24:02Elle me dit, c'est Marlène, sa sœur, avouez que c'est confusant.
00:24:06Donnez-moi ce téléphone.
00:24:09Mais vite, mon Dieu !
00:24:09Maintenant qu'elle sait que la place est libre, elle va se ruer, cette malade.
00:24:12C'est tout ce qui me manquait ce soir.
00:24:13Une nymphomane.
00:24:15Ah bon ? Elle est nymphomane en plus ?
00:24:18Oh là là là !
00:24:20Oh là là là là là !
00:24:21Oh là là là là là !
00:24:22C'est fini, oui !
00:24:24Si je l'appelle, elle ne va pas me lâcher cette folle, j'en ai pour des heures.
00:24:27Dis-tu que ma femme est rentrée ?
00:24:29Mais dépêchez-vous, mon Dieu !
00:24:32Ma femme vient d'arriver, tout va bien.
00:24:33Ah bon ?
00:24:34Non, c'est ce qu'il faut lui dire.
00:24:36Pardon.
00:24:37Marlène, sa sœur.
00:24:50Allô ?
00:24:51Marlène, sa sœur ?
00:24:52C'est encore moi.
00:24:54Je vous rappelle pour vous dire que Mme Brochon est rentrée.
00:24:58Oui, oui, à l'instant.
00:25:00Elle va bien, M. Brochon va bien aussi.
00:25:02Tout le monde va bien, quoi.
00:25:04S'il a toujours un peu mal au rhum, mais il prend ça avec bonne humeur, maintenant.
00:25:07Bon, au revoir.
00:25:08Non, je ne suis pas vraiment un ami de M. Brochon.
00:25:11Je l'ai rencontré parce qu'il s'intéresse à mes maquettes.
00:25:14Oui, je reproduis avec des allumettes tous les grands chefs-d'oeuvre du génie civil,
00:25:19le pont de Tancarville, le Golden Gate de San Francisco.
00:25:22Mais il s'en fout !
00:25:24Pas du tout, ça la passionne, figurez-vous.
00:25:25N'immobilisez pas mon téléphone !
00:25:27Excusez-moi, je vais être obligé de vous quitter parce qu'il m'appelle et dans l'état où il
00:25:31est,
00:25:31j'ai peur de le laisser tout seul.
00:25:33Oh non, te tuer !
00:25:34Comment ça, tout seul ?
00:25:35Sa femme n'est pas rentrée ?
00:25:37Comment ?
00:25:38Si, si, elle est rentrée, mais elle est ressortie.
00:25:42Non, pas repartie, ressortie.
00:25:44Une seconde pour vider la poubelle.
00:25:47Mais qu'est-ce qu'il raconte ?
00:25:50Bélier.
00:25:51Bélier à son danger mot.
00:25:53Les béliers ne sont pas des menteurs, mais je ne m'en parle, je vous assure.
00:25:56Bon, ça suffit.
00:25:57J'arrive.
00:25:59Allô ?
00:26:01Elle a raccroché.
00:26:03Elle a dit j'arrive et elle a raccroché.
00:26:05Donnez-moi ce téléphone !
00:26:08Je suis désolé, j'avoue que je l'ai joué un peu relax.
00:26:11Je ne pouvais pas deviner qu'elle était aussi pointue.
00:26:20Allô ?
00:26:21Ah, c'est toi, mon chéri.
00:26:22J'arrive.
00:26:23Je dépose les chiens chez mon frère et je suis chez toi.
00:26:25Non, surtout pas, Marlène.
00:26:26Ne dépose les chiens nulle part.
00:26:27Ma femme va rentrer d'un moment à l'autre.
00:26:29Je t'en prie, ne débarque pas chez moi maintenant.
00:26:31Je ne veux pas te faire de peine, Pierre, mais je ne crois pas qu'elle revienne.
00:26:34En fait, tu sais ce que je pense ?
00:26:35Qu'elle est retournée chez Leblanc.
00:26:37Mais quoi, Leblanc ? Pourquoi tu me parles de Leblanc ?
00:26:39Mais sûrement pas, cette histoire terminée, Leblanc.
00:26:40Elle s'en fout de Leblanc.
00:26:42Bon, tu penses ce que tu veux, mais moi, je te dis qu'elle n'est partie avec personne
00:26:44et que je préfère que tu restes chez toi ce soir, c'est clair ?
00:26:47Allô ?
00:26:48Je ne veux rien entendre, cette foule.
00:26:51Bon, vous pouvez me laisser, M. Pignon ? J'ai besoin d'être seul.
00:26:54Oui, oui, je m'en vais.
00:26:56Vous ne voulez pas que je vous aide à aller dans votre chambre ?
00:26:57Vous n'allez pas rester partir toute la nuit ?
00:26:59Amenez-moi jusqu'au canapé.
00:27:04Doucement.
00:27:06Non, regardez pour vous.
00:27:11Toutes les mêmes, hein ?
00:27:12Comment ?
00:27:12Non, rien, j'ai écouté un peu malgré moi tout à l'heure
00:27:14et j'ai cru comprendre que la vôtre était partie avec quelqu'un, elle aussi.
00:27:17Elle n'est partie avec personne.
00:27:19La mienne non plus, elle n'est partie avec personne
00:27:21parce que Jean-Patrice Benjamin ou personne, c'est pareil,
00:27:25mais elle est tout de même partie avec lui.
00:27:27On s'était dit au revoir, je crois.
00:27:29Oui, oui, je file.
00:27:31Je vous apporte un peu d'eau pour les cacher et je file.
00:27:37C'est un ami à vous ?
00:27:39Vous allez me foutre la paix, oui ?
00:27:49Porte-document.
00:27:58Quand vous m'avez demandé de raconter ma vie,
00:28:00moi, je ne vous ai pas répondu, foutez-moi la paix.
00:28:03Adieu, M. Brochon.
00:28:06Le Blanc était un ami à moi, mon meilleur ami,
00:28:08on est brouillé depuis deux ans, voilà.
00:28:10Vous êtes content ?
00:28:12Et vous vous êtes brouillé, pourquoi ?
00:28:14Parce qu'il tournait autour de votre femme.
00:28:16Pas du tout, c'est moi qui la lui ai prise.
00:28:18Il vivait avec Christine, elle l'a quitté pour moi.
00:28:21Ils avaient écrit un roman ensemble,
00:28:23ils étaient venus me le proposer.
00:28:24Et alors ?
00:28:27J'ai pris les deux, le roman et Christine.
00:28:31Mais c'est effrayant, ça.
00:28:33Tous les types qui font de la planche à voile
00:28:34piquent la femme de leurs amis, alors.
00:28:36Mais je ne fais pas de planche à voile,
00:28:37vous allez me lâcher avec ça ?
00:28:38Vous ne faites pas de planche à voile,
00:28:39vous m'avez dit tout à l'heure que...
00:28:40J'en fais pas assez pour piquer la femme de mes...
00:28:42Mais qu'est-ce que je raconte, moi ?
00:28:44Bon, votre curiosité est satisfaite, maintenant ?
00:28:48Et pourquoi vous ne lui téléphonez pas ?
00:28:50À qui ?
00:28:51À lui, pour savoir s'il est retourné chez lui.
00:28:53C'est ça, je ne lui ai pas parlé depuis deux ans,
00:28:55je l'appelle et je lui dis,
00:28:55est-ce que la femme que je t'ai piquée
00:28:56est revenue chez toi ?
00:28:57Au moins, vous seriez fixée.
00:28:59Moi, j'ai appelé Jean-Patrice Benjamin,
00:29:01je lui ai dit, est-ce que tu es parti avec Florence ?
00:29:03Il m'a dit oui et il a raccroché.
00:29:05J'étais fixé.
00:29:09Vous voulez que je l'appelle ?
00:29:11Vous ?
00:29:11Oui, j'appelle, je dis allô,
00:29:13je suis un vieil ami de Mme Brochamp,
00:29:14est-ce que vous savez où je pourrais la joindre ?
00:29:16Il ne va pas se méfier du tout.
00:29:18J'essaie seulement de vous aider, hein ?
00:29:20Vous êtes gentil,
00:29:20mais elle n'est sûrement pas retournée chez lui
00:29:22et je voudrais me reposer, maintenant.
00:29:24Je n'insiste pas.
00:29:26Bonne nuit, M. Brochamp.
00:29:32M. Pignon ?
00:29:33Oui ?
00:29:36Si je vous dis précisément ce qu'il faut lui dire,
00:29:38vous pensez que vous pouvez le faire ?
00:29:39Il y a des moments,
00:29:40j'ai vraiment l'impression
00:29:41que vous me prenez pour un imbécile.
00:29:44Mais bien sûr que je peux le faire.
00:29:46Qu'est-ce que je dois dire ?
00:29:47On pourrait se servir du bouquin
00:29:48qu'ils ont écrit ensemble.
00:29:49Oui ?
00:29:50Vous appelez Leblanc
00:29:51et vous lui dites que vous êtes producteur de films.
00:29:52Oui ?
00:29:53Vous avez lu le roman
00:29:53et vous voulez acheter les droits pour le cinéma.
00:29:55Ah oui, c'est bien ça.
00:29:56Et en fin de conversation,
00:29:57vous lui demandez
00:29:58où vous pouvez joindre sa collaboratrice.
00:30:00Quelle collaboratrice ?
00:30:02Ma femme.
00:30:03Je vous ai dit
00:30:03qu'il avait écrit un bouquin avec elle.
00:30:04Mais oui, exact.
00:30:05Ok, d'accord, excusez-moi.
00:30:06Ça ne marchera jamais.
00:30:07Mais si, j'ai compris.
00:30:09Ce n'est pas simple, mais j'ai compris.
00:30:10Mais quoi ce n'est pas simple ?
00:30:11C'est tout simple.
00:30:12Vous êtes producteur, ok ?
00:30:13Ok, ok.
00:30:13Vous avez une maison de production à Paris.
00:30:15Non, pas à Paris.
00:30:16Il connaît tout le monde.
00:30:16Vous êtes un producteur étranger.
00:30:17Ok.
00:30:18Américain, allemand ?
00:30:20Belge.
00:30:21Voilà, c'est parfait ça, belge.
00:30:23Pourquoi belge ?
00:30:24Parce que c'est très bien belge.
00:30:25Vous êtes un gros producteur belge.
00:30:27Vous avez lu Le Petit Cheval de Manège,
00:30:28c'est le titre du roman
00:30:29et vous voulez lui acheter
00:30:30les droits pour le cinéma, ok ?
00:30:32C'est un bon livre ?
00:30:34Très mauvais, quelle importance.
00:30:36Ça m'embête un peu, ça.
00:30:38Pourquoi ?
00:30:38Si le bouquin est mauvais,
00:30:40pourquoi j'irai acheter les droits ?
00:30:41Ah, ah, ah, ah, ah !
00:30:44Monsieur Pignon.
00:30:45Oui ?
00:30:45Vous n'êtes pas producteur.
00:30:47Non.
00:30:47Vous n'êtes pas belge non plus.
00:30:49Ah, non.
00:30:49Ça n'est donc pas pour acheter
00:30:50les droits du livre que vous téléphonez,
00:30:51mais pour essayer de savoir
00:30:52où est ma femme.
00:30:55Oh !
00:30:56Alors ça, c'est très tordu,
00:30:58mais bougrement intelligent.
00:30:59C'est quoi son numéro ?
00:31:0101 47 47.
00:31:03Je vais le faire moi-même.
00:31:05Il s'appelle Juste Leblanc.
00:31:07Ah bon, il n'a pas de prénom ?
00:31:09Je viens de vous le dire.
00:31:10Juste Leblanc.
00:31:15Leblanc, c'est son nom
00:31:16et c'est Juste son prénom.
00:31:19Oui.
00:31:21Monsieur Pignon,
00:31:22votre prénom à vous,
00:31:23c'est François, c'est Juste ?
00:31:24Oui.
00:31:25Eh bien, lui, c'est pareil,
00:31:26c'est Juste.
00:31:29Bon, on a assez perdu de temps comme ça.
00:31:31Ma femme a signé le roman
00:31:32de son nom de jeune fille,
00:31:33Christine Le Guérec.
00:31:34Ah bon ?
00:31:35Elle est bretonne ?
00:31:37Je vous en prie,
00:31:38restez concentré.
00:31:38Excusez-moi.
00:31:40Et vous n'oubliez pas,
00:31:41en fin de conversation,
00:31:42vous lui demandez
00:31:43où vous pouvez joindre
00:31:44Christine Le Guérec.
00:31:45Ça sonne,
00:31:46je vous mets sur au parleur.
00:31:47C'est à vous.
00:31:48Je prends l'axe en belge ?
00:31:49Non.
00:31:52Allô ?
00:31:53Allô ?
00:31:55Allô ?
00:31:56Pourrais-je parler
00:31:57à Monsieur Le Blanc
00:31:58juste une fois ?
00:32:00C'est moi.
00:32:02Bonsoir, Monsieur Le Blanc.
00:32:04Georges Van Brugel
00:32:05à l'appareil.
00:32:05Pardon de vous déranger
00:32:06à une heure aussi tardive.
00:32:07Je suis producteur belge de sport.
00:32:09J'arrive de Belgique une fois.
00:32:11Je suis très intéressé
00:32:12par votre roman.
00:32:14Votre roman ?
00:32:15Le Petit Cheval de Manège.
00:32:16Le Petit Cheval de Manège.
00:32:17Et j'aimerais
00:32:19discuter
00:32:20l'achat des droits
00:32:21pour le cinéma.
00:32:22C'est une blague ou quoi ?
00:32:24Pas du tout.
00:32:25Pourquoi une blague ?
00:32:27Étienne.
00:32:28Pardon ?
00:32:29Arrête tes conneries,
00:32:30Étienne.
00:32:30Je t'ai reconnu.
00:32:34Vous faites erreur,
00:32:35Monsieur Le Blanc.
00:32:35Je ne suis pas Étienne du tout.
00:32:37Je suis producteur
00:32:37et j'arrive de Bruxelles.
00:32:39Quelle production ?
00:32:40Pardon ?
00:32:42Votre maison de production,
00:32:43c'est quoi ?
00:32:44Les films du plat pays.
00:32:46Les films du plat pays ?
00:32:47Ce sera une production jeune
00:32:48mais dynamique,
00:32:49Monsieur Le Blanc.
00:32:50Et vous êtes intéressé
00:32:51par mon roman ?
00:32:52Absolument,
00:32:53très intéressé, oui.
00:32:54C'est pour le cinéma
00:32:55ou la télé ?
00:32:57Pour le cinéma,
00:32:58Monsieur Le Blanc,
00:32:59pour le grand écran.
00:33:00Pas pour la petite lucarne.
00:33:03Je dois vous prévenir
00:33:04que j'aimerais faire
00:33:05l'adaptation moi-même.
00:33:07Je ne vous parie pas
00:33:07poser de problème,
00:33:08ça, Monsieur Le Blanc.
00:33:09Mais vous devez seulement
00:33:10s'avouer
00:33:11que nous n'avons pas
00:33:12une grosse production
00:33:12et que nous n'avons pas
00:33:13donné nos moyens.
00:33:14Mais si vous n'êtes pas
00:33:15trop gourmand...
00:33:16On réglera les questions
00:33:17d'argent plus tard.
00:33:18Quand puis-je vous rencontrer,
00:33:19Monsieur ?
00:33:20Monsieur ?
00:33:20Va en Briegel,
00:33:22alors écoutez.
00:33:23Alors écoutez,
00:33:23je vous appelle demain
00:33:24chez vous
00:33:24et on prend rendez-vous
00:33:25une fois.
00:33:26Entendu,
00:33:26à demain.
00:33:27À demain,
00:33:28Monsieur Le Blanc.
00:33:29Et voilà,
00:33:30on a les droits.
00:33:33Oh là là là là là.
00:33:35Et pour pas cher,
00:33:37à mon avis,
00:33:37il a marché.
00:33:38Il a marché à fond,
00:33:39le gars.
00:33:40Et ma femme ?
00:33:43Quoi ?
00:33:46Il a oublié ma femme.
00:33:48Il fait le clown
00:33:49pendant cinq minutes
00:33:50et il oublie ma femme.
00:33:52À la boulette.
00:33:55Ça dépasse
00:33:55tout ce que j'ai pu imaginer.
00:33:57Ah oui,
00:33:57j'ai fait la boulette.
00:33:59On a repoussé
00:34:00les limites là.
00:34:02Je le rappelle.
00:34:03Donnez-moi le téléphone.
00:34:04Je le rappelle,
00:34:05je dis à propos,
00:34:05Monsieur Le Blanc,
00:34:06j'ai oublié de vous demander
00:34:06où je pouvais joindre
00:34:07votre collaboratrice,
00:34:07Christine Le Guirec.
00:34:08C'est tout simple.
00:34:08Rendez-moi ce téléphone.
00:34:10C'est dommage,
00:34:11on allait être fixé.
00:34:14Vous ne lui direz
00:34:15rien de plus
00:34:16que à propos,
00:34:16j'ai oublié de vous demander
00:34:17où je pouvais joindre
00:34:18votre collaboratrice,
00:34:19Christine Le Guirec.
00:34:20Pas un mot de plus.
00:34:23Oh, un type
00:34:23avec un accent impossible.
00:34:26Vanbrugel.
00:34:27Sa maison de production,
00:34:28c'est les films du plat pays.
00:34:30Au moins non plus,
00:34:31ça me dit rien.
00:34:32Attends,
00:34:32on m'appelle sur l'autre ligne.
00:34:34Bouge pas.
00:34:35Allô ?
00:34:35Allô,
00:34:36Monsieur Le Blanc.
00:34:37Pardon de vous déranger,
00:34:38c'est temps encore
00:34:39Monsieur Vanbrugel
00:34:40à l'appareil.
00:34:41Excusez-moi,
00:34:42je suis sur l'autre ligne
00:34:42avec mon agent.
00:34:43Je vous appelle dans une minute.
00:34:44Quel est votre numéro ?
00:34:4501-45-90-56-03.
00:34:49Allô ?
00:34:50Allô ?
00:34:51Il a coupé ?
00:34:52Mais non,
00:34:52c'est moi, abruti.
00:34:53Comment ça, abruti ?
00:34:56Vous lui avez donné
00:34:57mon numéro de téléphone.
00:34:59Eh bien, oui.
00:35:00Il me demande
00:35:01où il peut me rappeler.
00:35:03Vous ne vous reposez jamais,
00:35:05vous.
00:35:07Excusez-moi,
00:35:08j'avoue que je suis un peu perdu.
00:35:09J'essaie de comprendre,
00:35:10mais...
00:35:10La classe mondiale.
00:35:12Peut-être même
00:35:13le champion du monde.
00:35:17Ça sonne.
00:35:19Il est content.
00:35:21Ça sonne
00:35:21et il est content.
00:35:22C'est lui qui rappelle.
00:35:23On ne répond pas.
00:35:24Nous ne sommes pas là
00:35:25pour l'instant.
00:35:25Vous pouvez laisser un message
00:35:26après le bip sonneur.
00:35:29Pierre, c'est juste.
00:35:30Je me suis demandé
00:35:31pendant quelques secondes
00:35:32ce que cet étrange
00:35:32producteur belge
00:35:33faisait chez toi.
00:35:34Puis je lui ai compris
00:35:35que je voulais tout simplement
00:35:35savoir où était ta femme.
00:35:37Si c'est le cas,
00:35:37je te suggère
00:35:38de me le demander directement
00:35:39et sans accent.
00:35:40Salut.
00:35:42Juste ?
00:35:42Oui.
00:35:43C'est moi.
00:35:43Où est-elle ?
00:35:45Ça fait deux ans
00:35:46que j'attends ce moment
00:35:46et bizarrement,
00:35:47ça ne me réjouit pas tellement.
00:35:48Je crois même
00:35:48que je te plains, tu vois.
00:35:50Je ne t'en demande pas tant.
00:35:51Dis-moi seulement
00:35:51si elle est chez toi.
00:35:52Non, elle n'est pas chez moi.
00:35:53Elle a appelé
00:35:54pour me dire
00:35:54qu'elle t'ait quitté.
00:35:55Elle était bouleversée.
00:35:56Elle ne t'a pas dit
00:35:57où elle allait ?
00:35:57Non.
00:35:59Où elle n'est plus allée,
00:36:00mon Dieu.
00:36:02Ça fait mal, hein ?
00:36:05Je sais,
00:36:06tu as vécu ça toi aussi,
00:36:06mais moi, en plus,
00:36:07j'ai un tour de rein.
00:36:08Sans blague.
00:36:10Tu me verrais,
00:36:10tu rigolerais bien,
00:36:11je ne peux plus bouger,
00:36:12je suis cassé en deux.
00:36:12T'es lamentable, quoi.
00:36:14Tu veux que je passe te voir ?
00:36:16T'es gentil,
00:36:17ne te dérange pas,
00:36:17je préfère rester seul.
00:36:18Bonne nuit
00:36:19et encore merci.
00:36:21Juste !
00:36:22Oui ?
00:36:23T'es pas obligé
00:36:23de le faire,
00:36:24mais si par hasard
00:36:25elle te rappelait...
00:36:26Oui, je t'appelle,
00:36:27c'est promis.
00:36:28Merci.
00:36:29Oui.
00:36:30Je ne mérite vraiment
00:36:31pas un ami comme toi.
00:36:43Vous pouvez me passer
00:36:44le bloc, là,
00:36:44s'il vous plaît.
00:36:47Je vais aller laisser
00:36:47ce petit mot sur la porte.
00:36:50J'ai pris des calmants.
00:36:53Je dors.
00:36:56Je ne veux voir
00:36:57personne ce soir.
00:36:58Voilà,
00:36:59j'espère qu'elle aura
00:36:59le bon goût
00:37:00de me foutre la paix.
00:37:00Vous ne voulez pas
00:37:01que je l'attende ?
00:37:02Vous vous enfermez
00:37:02dans votre chambre
00:37:03et hop,
00:37:03je ne fais pas rage.
00:37:04Non, non,
00:37:04vous en avez assez fait
00:37:05comme ça.
00:37:05Je sais que je n'ai pas
00:37:06été à la hauteur
00:37:06tout à l'heure
00:37:07au téléphone
00:37:07et je suis vraiment
00:37:08désolé,
00:37:08M. Brochand,
00:37:09j'aurais tellement
00:37:09voulu vous aider.
00:37:11Vous allez m'aider
00:37:11à aller jusqu'à mon lit,
00:37:12je ne vous en demande pas plus.
00:37:13Oui.
00:37:45Si vous n'avez pas de morale cette nuit,
00:37:46n'hésitez pas à m'appeler
00:37:47je reviendrai tout de suite,
00:37:48M. Brochand.
00:37:49Non.
00:38:00Vous savez ce qui m'a manqué
00:38:01quand la mienne est partie ?
00:38:04Un ami qui me tient de la main.
00:38:06Au revoir, M. Pignon.
00:38:17Ah, Mme Sasseur,
00:38:18j'allais le médecin
00:38:19pour vous sur la porte.
00:38:20C'est moi que vous a vu
00:38:21tout à l'heure au téléphone.
00:38:22Le bélier a son danger mot.
00:38:24Je voulais appeler le médecin
00:38:25et je suis tombé sur vous
00:38:26et j'ai compris ensuite
00:38:27que vous étiez sa petite amie.
00:38:31Sa petite amie ?
00:38:32Oui, je suis désolé
00:38:33si j'étais un peu embrouillé
00:38:34au bout du fil
00:38:34parce qu'en fait
00:38:35la situation est toute simple.
00:38:36Sa femme l'a quittée
00:38:37mais alors,
00:38:38il s'en fout un peu moins.
00:38:40Il va très bien,
00:38:41il est très heureux,
00:38:41il dort et il veut pas
00:38:42qu'on le dérange.
00:38:43C'est clair ?
00:38:45Très clair, oui.
00:38:46Je vais lui dire deux mots.
00:38:49Marlène !
00:38:50Vous permettez
00:38:51que je vous appelle Marlène ?
00:38:52Mais je vous en prie.
00:38:54Je ne connais pas
00:38:55M. Brochand depuis longtemps
00:38:56mais je crois
00:38:56c'est bien le comprendre
00:38:57et j'aimerais vous donner
00:38:58un conseil d'ami.
00:38:59Je vous écoute.
00:39:01Attendez un peu.
00:39:02Sa femme est partie.
00:39:03Ne vous précipitez pas
00:39:04dans la brèche.
00:39:05Restez la maîtresse sensuelle
00:39:06et amusante
00:39:07que j'imagine.
00:39:08Soyez porte-jartel
00:39:09et champagne
00:39:10si vous voyez ce que je veux dire.
00:39:12Continuez à le voir
00:39:12trois, quatre fois par semaine
00:39:14comme avant.
00:39:15Distrayez-le
00:39:16et attendez votre tour.
00:39:17Si l'avenir,
00:39:17il viendra.
00:39:19C'est lui qui vous a dit
00:39:20qu'il me voyait
00:39:20trois, quatre fois par semaine ?
00:39:22J'ai cru comprendre
00:39:23qu'il vous verrait tous les jours
00:39:24s'il le pouvait.
00:39:25Alors croyez-moi,
00:39:26n'assissez pas.
00:39:27Rentrez chez vous,
00:39:28c'est ce que vous avez
00:39:29de mieux à faire.
00:39:32Vous avez raison.
00:39:33Il vaut mieux
00:39:33que je ne le réveille pas.
00:39:36Bravo, Marlène.
00:39:37Et je vous fais une prédiction,
00:39:38il sonnera très vite
00:39:39à votre porte
00:39:39avec un énorme bouquet de fleurs.
00:39:41C'est vous
00:39:42qui deviez dîner
00:39:42avec lui ce soir ?
00:39:43Oui, comment le savez-vous
00:39:44il vous a parlé de moi ?
00:39:46Oui, mais même sans ça,
00:39:47je vous aurais reconnus.
00:39:51Je vais à le travail.
00:39:59J'ai vu la lumière
00:40:00sous la porte,
00:40:01j'ai pensé que vous ne dormiez pas.
00:40:02Vous êtes encore là, vous ?
00:40:03Oui, et vous pouvez remercier
00:40:05le ciel que je sois encore là.
00:40:06Pourquoi ?
00:40:07On a eu de la visite.
00:40:08Qui ça ?
00:40:09La folle.
00:40:11Marlène ?
00:40:11Oui, elle sort d'ici à l'instant.
00:40:13Elle allait forcer
00:40:13la porte de votre chambre,
00:40:14mais vous avez la chance
00:40:15de connaître un monsieur
00:40:15qui s'appelle François Pignon
00:40:17et qui a dit
00:40:18on ne passe pas.
00:40:19Vous avez réussi
00:40:20à virer Marlène ?
00:40:21Oui, et sans me vanter,
00:40:23je crois que je l'ai jouée
00:40:23assez finement ce coup-ci.
00:40:25J'ai alterné la douceur,
00:40:27la fermeté,
00:40:27elle s'est retrouvée dehors.
00:40:28Vite fait,
00:40:28vous n'êtes pas prêts
00:40:29de la revoir, celle-là.
00:40:30Mais tant mieux.
00:40:31Remarquez, c'est peut-être dommage
00:40:32parce qu'entre nous,
00:40:33elle est vraiment jolie.
00:40:36Elle fait quoi dans la vie ?
00:40:37Elle écrit.
00:40:39Elle aussi ?
00:40:41Mais vous couchez
00:40:41avec tous vos auteurs,
00:40:42dites-moi.
00:40:43Mais je vous emmerde,
00:40:44mon petit vieux.
00:40:45Bon, d'accord,
00:40:46ça ne me regarde pas,
00:40:47mais je vous dis,
00:40:48ce que je pense,
00:40:49ce n'est pas bien.
00:40:50Moi, j'ai toujours été fidèle
00:40:51à ma femme
00:40:51et pourtant,
00:40:53ce n'est pas les occasions
00:40:53qui manquent
00:40:54au ministère des Finances.
00:40:56Je fais ça
00:40:56qu'on me laisse tranquille
00:40:57maintenant.
00:41:00Dis-donc,
00:41:01ça ne l'arrête pas
00:41:02ce soir.
00:41:12Yes ?
00:41:16C'est M. Leblanc.
00:41:20T'es venu quand même.
00:41:21Ça m'embêtait
00:41:21de te laisser tout seul.
00:41:22Ah, il n'était pas
00:41:23vraiment tout seul.
00:41:24Puis on s'est bien
00:41:24occupé de lui,
00:41:25hein, M. Brochand ?
00:41:26Très bien.
00:41:26Et maintenant,
00:41:26on allait partir,
00:41:27hein, M. Pignon ?
00:41:29J'y vais, oui.
00:41:30Je vais vous laisser
00:41:31mon dossier maquette,
00:41:32ça vous distraira
00:41:32si vous avez du mal
00:41:33à dormir.
00:41:33Vous êtes gentil,
00:41:34ça n'est pas la peine.
00:41:35Ce sont des constructions
00:41:35que je fais avec des allumettes.
00:41:36M. Pignon,
00:41:37le pont de Tantarville,
00:41:38un de mes plus gros morceaux.
00:41:39M. Pignon,
00:41:40juste n'est pas venu ici
00:41:41pour faire les maquettes.
00:41:42Ah bon, d'accord,
00:41:43excusez-moi.
00:41:43Et reprenez votre dossier,
00:41:44je n'ai pas la tête à ça
00:41:45en ce moment.
00:41:46Ok, ok.
00:41:47Alors,
00:41:47qu'est-ce que tu deviens,
00:41:48dis-moi ?
00:41:48Ah ben,
00:41:49j'écris toujours.
00:41:49Mais t'inquiète pas,
00:41:50j'ai un éditeur.
00:41:51Qu'est-ce que t'écris en ce moment ?
00:41:52On parlera de mes œuvres plus tard,
00:41:53Pierre,
00:41:54j'ai pas de très bonnes nouvelles.
00:41:54Elle m'a appelé tout à l'heure.
00:41:56Alors ?
00:41:57Elle hésitait entre revenir ici
00:41:58et faire une très grosse bêtise.
00:42:00J'hésite de la convaincre
00:42:00de rentrer,
00:42:01mais apparemment...
00:42:03Quelle grosse bêtise ?
00:42:05J'ai peur qu'elle ne soit
00:42:06léchée Menon.
00:42:07Quoi ?
00:42:08Parce qu'elle menoue
00:42:08le publicitaire.
00:42:09Ah ben,
00:42:10elle est sans doute
00:42:10chez lui en ce moment.
00:42:11Non.
00:42:12Si.
00:42:12Ça fait des semaines
00:42:18et je les range
00:42:19par rente chronologique.
00:42:20Les premières constructions
00:42:21d'abord...
00:42:22Vous les rangez chez vous,
00:42:22s'il vous plaît.
00:42:23D'accord.
00:42:25Mais pourquoi Menon ?
00:42:26C'est ce qu'il y a de pire.
00:42:27C'est peut-être pour ça
00:42:28qu'elle a choisi.
00:42:29Elle t'en veut, tu sais.
00:42:29Elle choisit un donjon de merde,
00:42:31un cavaleur dégueulasse,
00:42:32mais elle est folle.
00:42:32Et la miel alors
00:42:33qu'il choisit un con.
00:42:34Mais vous allez nous lâcher un peu.
00:42:36Oui.
00:42:37Je m'en vais.
00:42:38Bonsoir, monsieur Bonchamp.
00:42:40Où il habite, ce salaud ?
00:42:41Je sais qu'il a une garçonnière
00:42:42quelque part dans Paris,
00:42:43mais pour avoir l'adresse.
00:42:45Bonsoir, monsieur Leblanc.
00:42:47Bonsoir.
00:42:47Ça doit être très secret.
00:42:48Je ne sais pas
00:42:48qui pourrait nous renseigner.
00:42:50Bonsoir, monsieur Brochamp.
00:42:52Bonsoir.
00:42:53Mais enfin,
00:42:53on doit pouvoir
00:42:53la trouver, cette adresse, mon Dieu.
00:42:56Il a été contrôlé, Menon.
00:42:59Si c'est bien Pascal Menon,
00:43:00le publicitaire,
00:43:01il a été contrôlé.
00:43:02Je le sais,
00:43:02j'ai vu son dossier au ministère.
00:43:04C'est Cheval,
00:43:05un ami à moi
00:43:05qui l'a contrôlé.
00:43:06Il a effectivement
00:43:07une garçonnière dans Paris,
00:43:08mais elle n'est pas secrète du tout.
00:43:11En tout cas, pas pour nous.
00:43:13Bonsoir, monsieur Brochamp.
00:43:16Rattrape-le un bordel.
00:43:22Monsieur Vignon.
00:43:26Monsieur Vignon.
00:43:27Oui ?
00:43:27Monsieur Brochamp,
00:43:28on voudrait vous parler.
00:43:34Excusez-moi, François,
00:43:35je me suis montré
00:43:36un peu nerveux tout à l'heure.
00:43:37J'avoue que j'étais
00:43:38assez meurtri.
00:43:39Je m'arrange pour virer
00:43:40l'autre folle.
00:43:41Vous me remerciez à peine,
00:43:42je vous laisse mes photos,
00:43:43vous me les jetez à la tête.
00:43:44Bon, je vous demande pardon.
00:43:45Vous voulez boire quelque chose,
00:43:46mon petit François ?
00:43:46Non, merci.
00:43:50Ce n'est pas pour vous les montrer,
00:43:51c'est juste pour les ranger.
00:43:52Je ne vous embêterai plus avec ça.
00:43:53Mais vous ne m'embêtez pas du tout.
00:43:55François fait des constructions
00:43:56assez extraordinaires
00:43:57avec de petites allumettes.
00:43:58Ah, vraiment ?
00:43:59Mon premier ouvrage,
00:44:01343 allumettes,
00:44:01comme vous pouvez le voir,
00:44:02c'est assez rudimentaire.
00:44:03C'est très prometteur.
00:44:05Attendez la suite.
00:44:06Vous pourriez peut-être
00:44:07nous obtenir l'adresse
00:44:08de cette garçonnière, François.
00:44:09Il faudrait que j'appelle Cheval,
00:44:10ça me gêne un peu.
00:44:11A cette heure-ci,
00:44:12il doit être en train
00:44:12de regarder le foot sur Canal+,
00:44:13ce n'est pas le moment
00:44:14de le déranger.
00:44:15Hein, Derrick ?
00:44:15Elle est superbe, ce Derrick.
00:44:16Tu as vu ce Derrick ?
00:44:17Oui.
00:44:18Vous savez comment
00:44:19je l'ai appelé?
00:44:21Bodéric.
00:44:22À cause de l'actrice américaine,
00:44:23Bodéric.
00:44:24Bodéric, Bodéric.
00:44:26Est-ce qu'on a pu rire
00:44:27au bureau avec ça ?
00:44:28François, oui ?
00:44:29Ma femme est probablement
00:44:30chez le plus grand obsédé
00:44:31sexuel de Paris.
00:44:32Vous pourriez peut-être
00:44:32faire un effort
00:44:33et appeler Cheval.
00:44:34Je vous conseille
00:44:35d'attendre la mi-temps.
00:44:36Pourquoi ?
00:44:36Je veux bien appeler maintenant,
00:44:37mais si on est dans une phase de jeu,
00:44:38il risque d'être de mauvais poils
00:44:39et de m'envoyer sur les rouges.
00:44:40Je serai vous,
00:44:40j'attendrai la mi-temps.
00:44:41C'est quand la mi-temps ?
00:44:42On ne doit pas être bien loin.
00:44:43Le mieux,
00:44:44c'est de regarder le match.
00:44:45Vous avez la télé.
00:44:45Mais je ne vais pas regarder
00:44:46un match de foot maintenant.
00:44:47L'OM contre Auxerre.
00:44:48Mais je m'en prie.
00:44:50Excusez-moi.
00:44:51Il y a une télé
00:44:51dans le petit salon.
00:44:57Allez Auxerre.
00:44:59Allez Auxerre.
00:45:00Allez Auxerre.
00:45:01Allez Auxerre.
00:45:04Il ne serait pas un peu con,
00:45:05dis-moi.
00:45:05C'est pour ça que je l'ai invité.
00:45:07Oh oui !
00:45:07Ne me dis pas que c'est le type
00:45:08de son...
00:45:08Si, c'est horrible.
00:45:09Horrible.
00:45:11Ce n'est pas vrai.
00:45:12C'est le con de ton dîner.
00:45:13J'en peux plus,
00:45:13juste, j'en peux plus.
00:45:14Ouais !
00:45:17C'est pas drôle.
00:45:18Excuse-moi,
00:45:18mais je te vois
00:45:19avec ton tour de rein
00:45:20et ton chagrin d'amour
00:45:21entre les mains.
00:45:25Arrête, s'il te plaît.
00:45:26Tu sais, quand elle m'a dit
00:45:28qu'elle te quittait,
00:45:28ça ne m'a pas vraiment réjoui.
00:45:30Mais t'imaginer
00:45:30toute la soirée
00:45:31avec ce con.
00:45:37Putain !
00:45:39Putain !
00:45:40Bouge !
00:45:42Ah ouais !
00:45:43Joli !
00:45:46Pignon !
00:45:47J'arrive !
00:45:53Pignon !
00:45:54On s'est rendu la mienne
00:45:55à la mi-temps
00:45:55dans une minute.
00:45:57Ah, mais elle est rentrée.
00:45:58François Pignon,
00:45:59Marlène.
00:46:02Marlène ?
00:46:03Qui avez-vous viré
00:46:04tout à l'heure, Pignon ?
00:46:05Marlène ?
00:46:06Comment ?
00:46:06Elle est là, Marlène,
00:46:07devant vous.
00:46:07Qui avez-vous viré ?
00:46:11Toi, si c'est pour rigoler,
00:46:12tu peux rentrer chez toi.
00:46:13Excuse-moi.
00:46:15C'est une femme blonde
00:46:16avec un imperbeige
00:46:17que vous avez foutu dehors.
00:46:18Vous me dites,
00:46:19l'autre folle va rappliquer,
00:46:20l'autre folle va rappliquer.
00:46:21Moi, je vois arriver une femme,
00:46:22je me dis, c'est elle,
00:46:22c'est la follingue.
00:46:23Mais de qui il parle, là ?
00:46:30Qu'est-ce que vous lui avez dit exactement ?
00:46:31À qui ?
00:46:32À ma femme !
00:46:34Rien.
00:46:36Elle revient à la maison,
00:46:37vous lui parlez cinq minutes
00:46:37et elle repart en courant.
00:46:38Qu'est-ce que vous lui avez dit ?
00:46:39Je croyais que c'était
00:46:40l'autre hystérique, je vous dis.
00:46:41J'ai pensé,
00:46:42elle a trouvé quelqu'un
00:46:43pour garder les chiens
00:46:43et maintenant,
00:46:44elle vient foutre la pagaille,
00:46:45cette nymphomane.
00:46:46De qui il parle, là ?
00:46:50Marlène, tu vas être gentille,
00:46:50tu vas rentrer chez toi,
00:46:51j'ai un problème grave à régler.
00:46:53Pierre, écoute-moi.
00:46:54Marlène, va-t'en,
00:46:55s'il te plaît.
00:46:56Quoi ?
00:46:56Je m'entasse dans la voiture
00:46:58avec les trois chiens
00:46:58pour venir te voir
00:46:59et tu me fous dehors.
00:47:01Par contre,
00:47:01c'est une marraine,
00:47:02allez-vous-en,
00:47:02ça va mal tourner.
00:47:03Va-t'en,
00:47:04vite !
00:47:04Filez,
00:47:05c'est ce que vous avez mieux à faire.
00:47:15Il l'a virée, ma femme.
00:47:18Je suis désolé,
00:47:19monsieur Branchot.
00:47:21Elle est revenue
00:47:21et il l'a virée.
00:47:22Il l'a envoyée
00:47:23tout droit chez Meunot.
00:47:24Ok, j'ai fait une boulette
00:47:25mais je ne suis pas vraiment responsable.
00:47:27Je vous jure,
00:47:27n'importe qui se serait trompé.
00:47:29Allez-vous-en,
00:47:29monsieur Pignon.
00:47:30Non, non, Pierre,
00:47:30on a besoin de lui.
00:47:31S'il vous plaît,
00:47:31appelez cheval.
00:47:32Je ne veux plus le voir,
00:47:33qu'il s'en aille.
00:47:33Je suis vraiment désolé,
00:47:34monsieur Branchot.
00:47:35J'ai envie de disparaître sous terre,
00:47:36vous ne pouvez pas savoir.
00:47:37J'avais tellement envie
00:47:38de vous aider.
00:47:38Pierre, c'est la mi-temps,
00:47:39il faut appeler cheval tout de suite.
00:47:41Je vais me rattraper,
00:47:42monsieur Branchot.
00:47:42Allez, dites-moi d'appeler cheval,
00:47:43je vous en prie.
00:47:44Dites-moi d'appeler cheval.
00:47:45Dis-lui, Pierre.
00:47:46Pense à Christine,
00:47:46il faut la tirer de là,
00:47:47bon Dieu.
00:47:47Allez, dites-lui d'appeler cheval.
00:47:48Allez, dites-moi d'appeler cheval.
00:47:49Allez, dites-lui d'appeler cheval.
00:47:50Dites-moi d'appeler cheval.
00:47:55Appeler cheval.
00:47:56Ah, merci, monsieur Branchot.
00:47:59Tout va s'arranger.
00:48:00Vous allez voir,
00:48:01tout va s'arranger.
00:48:05On ne fera pas
00:48:06de la route d'un paradis,
00:48:07mais nous ferons tout
00:48:08pour la rendre plus humaine.
00:48:10Chère, le plat.
00:48:13Alors, j'écoute.
00:48:14Lucien, tu vas bien ?
00:48:15C'est François.
00:48:16Alors, comment il va ce soir,
00:48:18monsieur l'Oxerrois ?
00:48:20D'abord, je ne suis pas Oxerrois
00:48:21et puis de rien,
00:48:22ce n'est pas encore perdu.
00:48:23Ce n'est pas perdu ?
00:48:24Écoutez-le, le con.
00:48:25Il se prend deux buts
00:48:26dans les cinq premières minutes
00:48:26et il dit que ce n'est pas perdu.
00:48:28C'est des guignols,
00:48:29les Oxerrois,
00:48:30des petites bites,
00:48:31des gens foutres.
00:48:34Ah oui,
00:48:34et qui s'est fait déchirer
00:48:35la semaine dernière à Bordeaux ?
00:48:36C'est au cerf peut-être ?
00:48:37Dans le cul, l'OF,
00:48:38dans le cul, dans le cul.
00:48:40Va te faire foutre, tiens.
00:48:41Toi aussi, il va te faire foutre.
00:48:43Oh !
00:48:44Mais quel connard, ce type !
00:48:47Oh, allez l'OM !
00:48:49Oh, chiotte l'OM !
00:48:50Oh, chiotte l'OM !
00:48:51Oh, chiotte l'OM !
00:48:53Ah, quel connard !
00:48:57Je le rappelle.
00:48:59Ah, mais il est hors concours, celui-là.
00:49:01C'est comme ça depuis une heure,
00:49:02ça n'arrête pas.
00:49:03Ce n'est pas grave, je vous dis,
00:49:04je le rappelle,
00:49:05on s'engueule tout le temps,
00:49:05on s'adore.
00:49:24Pignon.
00:49:26Lucien, je te rappelle
00:49:27parce que j'ai un service
00:49:28à te demander.
00:49:29D'accord, mais à une condition.
00:49:31Laquelle ?
00:49:32C'est que tu cries à l'OM.
00:49:34Quoi ?
00:49:35Je veux t'entendre crier
00:49:36« Allez l'OM ! »
00:49:40Allez-y.
00:49:41Allez-y, mon vieux.
00:49:43Allez l'OM !
00:49:44Allez l'OM !
00:49:45Allez !
00:49:46Allez l'OM !
00:49:47Allez l'OM !
00:49:47Allez !
00:49:48Allez l'OM !
00:49:50Allez l'OM !
00:49:51Allez !
00:49:51Allez l'OM !
00:49:53Allez !
00:49:54C'est vraiment pour vous
00:49:56que je le fais, Pierre.
00:49:58Allez l'OM !
00:50:00Oh, toi, tu dois avoir quelque chose
00:50:01de sérieux à me demander.
00:50:02Oui, Lucien, c'est très important.
00:50:03Je t'écoute.
00:50:04C'est bien toi qui es sur le dossier
00:50:06Menot, Pascal Menot,
00:50:07le publicitaire.
00:50:08Affirmatif.
00:50:09Je sais qu'il a une garçonnière
00:50:10dans Paris et j'aimerais
00:50:11avoir l'adresse.
00:50:12T'es pas du tout son genre,
00:50:13tu sais.
00:50:16Comment ?
00:50:18Il les aime avec plus de poitrine
00:50:19et moins de poils aux pattes.
00:50:25C'est un bouton.
00:50:29C'est sérieux, Lucien,
00:50:30j'ai besoin de cette adresse.
00:50:31Vite !
00:50:32Mais pourquoi tu veux
00:50:32l'adresse du bésodrome de Menot ?
00:50:34Je vais te dire la vérité,
00:50:35c'est pour un ami
00:50:36qui pense que sa femme est d'abord.
00:50:37C'est Menot ?
00:50:38Oh là là !
00:50:39Sa femme, c'est Menot ?
00:50:40Oh, le pauvre !
00:50:42Tu comprends maintenant
00:50:43pourquoi j'ai besoin
00:50:43de cette adresse ?
00:50:44Si je comprends !
00:50:45Je l'ai vu à l'oeuvre,
00:50:46le Menot.
00:50:47Dès qu'il y a un jupon
00:50:48à l'horizon, il devient fou.
00:50:49Oh, le cochon !
00:50:50Oh, le cochon !
00:50:52Oh, le cochon !
00:50:52Le cochon, le cochon !
00:50:54Bon, ben, ça va maintenant.
00:50:54Bon, ben, ça va maintenant.
00:50:55Eh, je le connais, le cornard ?
00:50:58Je crois pas, non.
00:50:59Vous n'avez jamais été contrôlé.
00:51:00Non.
00:51:01Non, tu le connais pas.
00:51:01Allez, c'est quoi l'adresse, vite ?
00:51:03Ah, je peux pas te le dire maintenant.
00:51:04Je la connais pas par cœur
00:51:05et ton ministère dans le dossier,
00:51:06je te le dirai demain matin.
00:51:06Mais je vais pas attendre demain matin.
00:51:08Allez, Lucien, il y a urgent.
00:51:09Je te demande ça
00:51:10comme un service perso.
00:51:11Est-ce que tu peux faire un saut
00:51:11au ministère tout de suite ?
00:51:13Tout de suite ?
00:51:14Ben, et le match ?
00:51:15Tu l'enregistres,
00:51:16on regarde la deuxième mi-temps ensemble.
00:51:17Mais je peux pas.
00:51:18Charlotte m'a demandé
00:51:19d'enregistrer le patinage artistique.
00:51:20Elle est allée chez sa mère.
00:51:21On va le lui enregistrer.
00:51:22On va te l'enregistrer, Lucien.
00:51:23Fonce, allez, fais ça pour moi au moins.
00:51:25T'es chiant, tu sais.
00:51:26Mais j'ai même pas dîné, moi.
00:51:28Mais il mangera un morceau ici.
00:51:29Mon ami t'invite à dîner.
00:51:30Mais je le connais pas, moi, ton cornard.
00:51:32Il est très sympathique, tu verras.
00:51:34Allez, Lucien, fonce au ministère.
00:51:36Ça roule bien, à cette heure-ci.
00:51:44C'est quoi l'adresse ?
00:51:459 rue de l'université, 5e gauche.
00:51:48À tout de suite.
00:51:49À tout de suite.
00:51:51On l'a gagné, monsieur cornard !
00:51:53Je veux dire, monsieur Brochamp,
00:51:55ça a pas été facile, mais on l'a gagné.
00:51:59Ça va ?
00:52:00Oui, ça va mieux.
00:52:01Ça m'a fait du bien, c'est comprimé.
00:52:02Allez, il faut enregistrer le match
00:52:04de se demeurer maintenant.
00:52:05C'est pas un demeurer du tout, cheval.
00:52:07C'est même un des meilleurs
00:52:07contre l'or de la boîte.
00:52:08Tiens, vous le lâchez
00:52:09dans un appartement comme ça,
00:52:10croyez-moi, il fait du dégât.
00:52:11Ah, oui.
00:52:16Eh bien, tu vois, à la réflexion,
00:52:18je suis pas sûr que ça soit très prudent
00:52:19d'inviter un contrôleur fiscal chez soi.
00:52:45Enfin, je suis censé être un de vos amis,
00:52:46il va pas faire des heures supplémentaires
00:52:47chez moi tout de même.
00:52:48Mais vous connaissez pas,
00:52:49cheval, il contrôlerait sa mère.
00:52:51C'est un faux, celui-là.
00:52:54Écoutez, si vous n'avez rien à vous reprocher,
00:52:55si tous ces tableaux,
00:52:56tous ces bibelots sont clairs,
00:52:57il y aura pas de problème.
00:52:59Qu'est-ce qu'on lui donne à manger ?
00:53:01Hein ?
00:53:01Il est surgelé dans le frigidaire
00:53:02et des oeufs, je crois.
00:53:03Eh ben voilà, je vais lui faire
00:53:04une bonne omelette.
00:53:09Aide-moi.
00:53:09Oh, fais attention à ton dos.
00:53:11On le met.
00:53:13Dans ma chambre.
00:53:13On va tout planquer dans ma chambre.
00:53:17Sois gentil, juste.
00:53:17C'est assez dur comme ça.
00:53:18Un con qui, en moins d'une heure,
00:53:19amène ta femme à l'adultère
00:53:21et toi au contrôle fiscal.
00:53:22dans ma condition.
00:53:38Sous-titrage Société Radio-Canada
00:53:54Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:15C'est parti !
00:54:40C'est un gros lafitte qui tâche.
00:54:42Tiens, goûte.
00:54:43Ah non, non, goûte toi-même.
00:54:45Non, merci.
00:54:51Alors ?
00:54:52C'est bizarre, ça lui donne du corps, je trouve.
00:55:01Merde alors.
00:55:01Il n'est pas plus mauvais.
00:55:05Ce serait même plutôt meilleur.
00:55:06Honnêtement.
00:55:07Faites voir.
00:55:11Ah oui, c'est bon à savoir, ça.
00:55:17Oh, oh, oh.
00:55:19Ça devrait aller, là.
00:55:24Ah non, non.
00:55:25Ah si, si.
00:55:36Des toilettes.
00:55:37Non, pas.
00:55:40Parfait.
00:55:40Ah.
00:55:45Oui ?
00:55:47Cheval.
00:55:48Cinquième gauche.
00:55:56Ça va ?
00:55:57Oui.
00:55:58Il arrive.
00:55:59Je vais.
00:56:02Tu vas pas lui faire boire ça.
00:56:07Lucien Cheval.
00:56:08Bien bon champ, juste le blanc.
00:56:10Monsieur Cheval, je vous remercie d'avoir pris la peine de...
00:56:11Ne me dites rien.
00:56:13Comment ?
00:56:15Pour le match, ne me dites rien.
00:56:16Non, non, on sert à égaliser, mais à part ça, je ne te dis rien.
00:56:19On sert à égaliser ?
00:56:20Mais non, je te fais marcher.
00:56:22Oh, le con.
00:56:23Oh, le con.
00:56:25Il est con, hein.
00:56:28Oh, la tronche.
00:56:30La tronche quand je dis qu'on sert à égaliser.
00:56:33Regardez-le, il est content.
00:56:35Ça va lui faire la soirée, ça.
00:56:36Excusez-moi, monsieur Cheval, mais le temps presse, vous avez l'adresse ?
00:56:39Monsieur Banchon, le monsieur dont je t'ai parlé au téléphone.
00:56:40Ah oui, le...
00:56:42Vous savez.
00:56:43Elle est là, l'adresse.
00:56:44Jeune heure de femme, moi.
00:56:45Oui, assieds-toi, Lucien, je t'ai préparé une belle omelette au Finzer, tu vas te régaler.
00:56:50Merci.
00:56:51Si il se l'a mangé ?
00:56:52Oui, oui, on a déjà dîné.
00:56:54Alors, cette garçonnière ?
00:56:56Je me souviens, j'ai contrôlé un Brochon il y a trois ans.
00:56:59Michel Brochon.
00:57:00C'est apparent à vous ?
00:57:01Michel Brochon, c'est pas impossible, où habite-t-il ?
00:57:03En prison.
00:57:04Il l'a pris pour cinq ans.
00:57:06Il était très sympathique.
00:57:08Il avait un grand et bel appartement comme vous,
00:57:10qui a été vu en liquidation judiciaire.
00:57:13Bon.
00:57:15Il est où, ce Bézodrome ?
00:57:19Pour le retrouver, ça va être coton,
00:57:21parce qu'il y a beaucoup d'immobilier, monsieur, maintenant.
00:57:23Ça rapporte.
00:57:24Un pub.
00:57:27Et vous faites dans quoi, vous, monsieur Brochon ?
00:57:29L'édition.
00:57:32Ça marche très fort, ça, non ?
00:57:35Soyez gentil, monsieur Cheval.
00:57:36L'adresse.
00:57:41Rue Saint-Jean, sinon ça, c'est sa résidence principale.
00:57:44Mais où il est, ce nid d'amour ?
00:57:46Et une bonne omelette aux herbes, une.
00:57:49Oh, merci, François.
00:57:57C'est un petit vin de propriétaire.
00:57:59Un peu râpeux, peut-être, mais sincère, je l'ai à très bon prix.
00:58:05Voyons cette omelette.
00:58:14Qu'est-ce qu'il y a ?
00:58:15C'est merveilleux, ton omelette, François.
00:58:17Qu'il est bête.
00:58:19Merci, Lucien.
00:58:21Oh, légère, onctueuse.
00:58:23Moi, mon truc, c'est de rajouter une petite goutte de bière.
00:58:25Quand j'ai battu les oeufs...
00:58:26L'adresse, bordel !
00:58:29Rue d'une colle.
00:58:30Non, ça, c'est son bureau.
00:58:33Rue Vieille du Temple.
00:58:34C'est pas ça non plus.
00:58:38Vous avez été saisis récemment ?
00:58:41Non, pourquoi ?
00:58:43Parce qu'il y a des traces plus claires sur les murs.
00:58:44Comme si on avait retiré des tableaux.
00:58:47Il voit tout, il est formidable.
00:58:48Non, il voit tout.
00:58:49T'es formidable, Lucien.
00:58:52Vous êtes venu pour l'aider ou pour le contrôler, monsieur Cheval ?
00:58:55Non, il est venu pour l'aider, hein, Lucien.
00:58:57Dépêche-toi de trouver cette garçonnère.
00:58:58Tu vois bien que ce pauvre monsieur Brochand est sur du charbon ardent.
00:59:00C'est pauvre monsieur Brochand, c'est pauvre monsieur Brochand.
00:59:03Bon, d'accord, le Pascal Menon, c'est un rôle de numéro.
00:59:05Comme on dit dans mon village, hein, le coquet est lâché, gardez vos poules.
00:59:13Ah ben voilà, boulevard Maurice Barès.
00:59:15Je savais bien que c'était dans le bois.
00:59:1737 bisous boulevard Maurice Barès.
00:59:19À Neuilly.
00:59:19Bravo Lucien, j'y vais.
00:59:21Mais non, attends, il faut d'abord être sûr que ta femme est chez lui.
00:59:23Tu vas pas débarquer chez ce type en pleine nuit sans savoir si ta femme est là-bas.
00:59:25Il vous ouvrira pas d'abord, il est très méfiant le menot.
00:59:28J'enfoncerai la porte.
00:59:29C'est pas si facile que ça, l'enfoncer une porte.
00:59:31Puis d'abord, tu y arrives, tu casses la porte.
00:59:33Christine n'est pas là, qu'est-ce que tu fais ?
00:59:34Et si on lui téléphonait ?
00:59:35Et pour lui demander quoi ? Si ma femme est dans son lit ?
00:59:37Il va sûrement me répondre, bien sûr, elle est là, bien au chaud, sous la couette.
00:59:40Sous la couette !
00:59:41Sous la couette !
00:59:42Sous la couette !
00:59:43C'est fini, oui.
00:59:56Il y avait un bibelot, là.
00:59:58Il y avait un bibelot.
01:00:00Ça se voit, la piscine autour.
01:00:02Je l'avais dit, c'est un formidable professionnel.
01:00:05Bravo Lucien !
01:00:06Tu vas me faire rongir, François.
01:00:08Sois pas modeste, Lucien.
01:00:09T'en as quoi ? C'est d'autres défrondeurs.
01:00:11Qui s'en aille maintenant ?
01:00:12On a l'adresse qui s'en aille tous les deux.
01:00:13Sois gentil, arrêtez un peu.
01:00:15Je crois que j'ai une idée, Pierre.
01:00:17Tu m'entends ? Je crois que j'ai une idée.
01:00:18Vas-y.
01:00:19Il faut lui faire peur, Meno.
01:00:20Il faut lui faire peur pour l'obliger à se démasquer.
01:00:22Comment ça ?
01:00:22On l'appelle.
01:00:23On lui dit que t'es au courant, que tu sais que ta femme est chez lui,
01:00:25que t'arrives pour tout casser.
01:00:26Mais on peut même lui dire que t'es pas tout seul,
01:00:28que tu viens avec trois copains qui sont très costauds.
01:00:29C'est pas mal, ça.
01:00:30Ou ta femme est chez lui, il la vire parce qu'il est pris de panique,
01:00:32ou alors elle est pas là et on se rencontre tout de suite.
01:00:33Ah oui, c'est très bien.
01:00:34C'est une très bonne tactique.
01:00:36Ça veut dire quoi on l'appelle ? Qui l'appelle ?
01:00:38Ça peut pas être moi, il me connaît, il reconnaîtra ma voix.
01:00:39Même chose pour moi, il me connaît bien, Meno.
01:00:41Ça peut pas être moi non plus, je passe mes journées avec lui en ce moment.
01:00:49Je sens qu'on va avoir besoin de moi.
01:00:52Ah non.
01:00:52C'est le seul qui puisse le faire, Pierre.
01:00:54Ah non, je suis prêt.
01:00:55Allons-y, je me sens très en forme.
01:00:57On va bien lui expliquer, il y aura pas de problème.
01:00:59Tu vas voir s'il y aura pas de problème.
01:01:00Ah moi, je veux bien vous aider, mais si vous voulez pas, tant pis, je vais pas me battre.
01:01:02Attendez, on l'appelle de la part de qui ?
01:01:04Comment ?
01:01:05Il faut l'appeler de la part d'un ami à lui.
01:01:06Quelqu'un susceptible d'avoir le numéro de cette garçonnière, sinon ça paraîtra louche.
01:01:09Vous pouvez l'appeler de la part de Jean-Paul Roussin, son associé, ils passent leur vie ensemble.
01:01:13Et ben voilà, on l'appelle de la part de Roussin.
01:01:15Pourquoi il l'appelle pas lui-même ?
01:01:16Hein ?
01:01:17Pourquoi Roussin fait-il appeler par quelqu'un d'autre ?
01:01:19Meno va trouver ça bizarre.
01:01:20Il peut pas appeler Roussin, il est dans l'avion.
01:01:22Il partait pour Los Angeles ce soir.
01:01:23C'est Meno qui me l'a dit.
01:01:25Mais ça tombe très bien ça.
01:01:26On l'appelle de la part de Roussin, qui appartient plus loin de Meno avant de prendre l'avion.
01:01:28Et ben voilà, impeccable !
01:01:30Vous avez bien compris la stratégie ?
01:01:31Ah oui, elle est très claire.
01:01:32Allez, allons-y.
01:01:33Hop, hop, hop, hop, il faut le faire répéter.
01:01:34Mais non, il y a...
01:01:35Si, je sais ce que je dis, il faut le faire répéter, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
01:01:38Asseyez-vous, M. Pignon, et répétez après moi.
01:01:42Allô, je vous appelle de la part de Jean-Paul Roussin, il a tenté de vous joindre avant de prendre
01:01:45l'avion.
01:01:46Il avait un message urgent pour vous.
01:01:47D'accord.
01:01:48Non, répétez.
01:01:49Je suis Pascal Meno, vous me téléphonez, répétez ce que je viens de vous dire.
01:01:51Mais non, ça va, j'ai compris.
01:01:53S'il vous plaît, M. Pignon, répétez précisément.
01:01:56Allô ?
01:01:57Allô ? Je vous appelle de la part de Jean-Paul Roussin.
01:01:59Très bien.
01:02:00Il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion, il avait un message urgent pour vous.
01:02:03Non, c'est parfait, c'est parfait ça, non ?
01:02:04Attendons la suite.
01:02:05Et vous ajoutez, Brochand est au courant.
01:02:07D'accord.
01:02:08Répétez.
01:02:08Ça va, il a compris, il n'est pas court tout de même.
01:02:13Brochand est au courant.
01:02:15Brochand est au courant.
01:02:16Meno répond quoi ?
01:02:17Et vous dites, Pierre Brochand est au courant pour sa femme et il arrive chez vous.
01:02:20Et si Meno demande qui est à l'appareil, vous répondez, vous ne me connaissez pas, je suis un ami
01:02:23de Roussin.
01:02:24Il m'a chargé de vous dire que Brochand arrivait et qu'il n'était pas seul.
01:02:29Il a trois de ses copains avec lui et ils sont très costauds.
01:02:33Bravo.
01:02:34Hé, il est doué, hein ?
01:02:35C'est juste un travail de perroquet.
01:02:37Ça ne peut pas être mieux.
01:02:38Je pourrais peut-être improviser un peu.
01:02:40Non !
01:02:41Ne criez pas comme ça.
01:02:43Vous m'avez fait peur.
01:02:44Répétez ce que je vous ai dit au rasoir, d'accord ?
01:02:46Ok, ok.
01:02:47Bon, allez, on a assez perdu de temps comme ça.
01:02:50C'est quoi son numéro ?
01:02:540147 47 39 63.
01:03:00C'est parti !
01:03:02J'ai peur.
01:03:03Non, la stratégie est excellente.
01:03:04Ce n'est pas la stratégie qui m'inquiète, c'est le stratège.
01:03:07Ça sonne.
01:03:08Mettez-le au parleur.
01:03:12Espérons qu'ils n'ont pas encore consommé.
01:03:15Chut !
01:03:19Pourquoi il ne répond pas ?
01:03:20Il y a peut-être mieux à faire.
01:03:21Oh, chut !
01:03:25Allô ?
01:03:25Allô ?
01:03:26Allez !
01:03:28Pascal Meneau ?
01:03:29Oui ?
01:03:30Il a la voix fatiguée.
01:03:31Ce n'est pas un bon signe.
01:03:32Oh !
01:03:36Pardon de vous déranger.
01:03:38Je vous appelle de la part de Jean-Paul Roussin.
01:03:42Oui ?
01:03:42Il a tenté de vous joindre avant de prendre l'avion.
01:03:44Il avait un message urgent pour vous.
01:03:46Je vous écoute ?
01:03:47Brochamp est au courant.
01:03:49Quoi ?
01:03:49Pierre Brochamp.
01:03:50Il est au courant pour sa femme.
01:03:51Il arrive chez vous pour tout casser.
01:03:52Bravo, franchement, bravo.
01:03:54Qui était là pareil ?
01:03:55Vous ne me connaissez pas.
01:03:56Je suis un ami de Jean-Paul Roussin.
01:03:57Il m'a dit de vous dire que Brochamp arrivait
01:03:58et qu'il n'était pas seul.
01:03:59Il a trois de ses copains avec lui
01:04:02et ils sont très costauds.
01:04:03Mais il est malade, ce type.
01:04:04Je ne suis pas avec sa femme.
01:04:06Vous n'êtes pas avec Mme Brochamp.
01:04:08Mais non, elle s'est décommandée.
01:04:11Ce n'est pas ce que Roussin m'a dit.
01:04:12Lui, il m'a bien dit.
01:04:13Il est avec Mme Brochamp.
01:04:15Mais pas du tout.
01:04:15Je suis avec la femme de mon contrôleur fiscal.
01:04:23Comment ?
01:04:24Un connard qui me persécute depuis des mois.
01:04:26Je suis en train de sauter sa femme.
01:04:27Je ne suis pas du tout avec Mme Brochamp.
01:04:35Est-ce que je peux utiliser votre téléphone, s'il vous plaît ?
01:04:37Mais je vous en prie.
01:04:43Elle faisait des courses du côté des Champs-Elysées
01:04:45cet après-midi.
01:04:46Et je lui ai dit, Charlotte,
01:04:48ça t'ennuie de porter ce formulaire
01:04:50au bureau de M. Menot.
01:04:51Et voilà le résultat.
01:04:56Bonsoir, M. Menot.
01:04:58Voulez-vous être assez aimable pour me passer Mme Cheval, je vous prie ?
01:05:02Vous m'avez parfaitement reconnu, M. Menot.
01:05:04Je vous vois demain matin à 9h, comme d'habitude.
01:05:07Et on reprend tout depuis le début.
01:05:09Et maintenant, passez-moi ma femme, je vous prie.
01:05:13Charlotte ?
01:05:14Non, ne m'explique rien.
01:05:15Je veux que tu quittes cet endroit immédiatement.
01:05:17Tu m'entends ?
01:05:18À la seconde.
01:05:19Comment ?
01:05:20Bien sûr que tu te rhabilles.
01:05:21Évidemment que tu te rhabilles.
01:05:26Charlotte, je ne suis pas seule.
01:05:28Je ne peux pas te parler maintenant.
01:05:29On causera à la maison.
01:05:32Charlotte !
01:05:32Je t'avais enregistré le patinage artistique.
01:05:38Ah non !
01:05:46Est-ce que c'est que ça va ?
01:05:47Il est un peu rappeux, hein ?
01:05:50Je vais vous dire.
01:05:51Bien, bien, Lucien.
01:05:52Sur les toilettes.
01:05:53Première porte à gauche.
01:06:06J'avais dit à gauche, Pignon.
01:06:12C'est intéressant, cette chambre.
01:06:14Oui, je m'en sers un peu comme d'une remise.
01:06:16J'entasse des vieilles choses sans valeur.
01:06:19Je m'en fous, François.
01:06:20C'est l'affreux, mais je m'en fous.
01:06:21De quoi, Lucien ?
01:06:22Ça sent la faute fiscale à plein l'aise, je m'en fous.
01:06:24Oh là, il faut que tu te reprennes, toi.
01:06:26Rentre vite chez toi, prends une bonne douche.
01:06:28Il faut que tu te reprennes.
01:06:30Tu veux que je te donne l'enregistrement du match ?
01:06:32Non, merci, François.
01:06:33Je n'ai pas vraiment la tête au fou de ce soir.
01:06:36Au revoir, M. Leblanc.
01:06:37Au revoir, M. Cheval.
01:06:38Au revoir, M. Cheval.
01:06:39Et merci de vous être dérangé.
01:06:41Mais je vous en prie, on va se revoir très vite.
01:06:44Parce que je vais tout de même vous contrôler.
01:06:46C'est pas très net, tout ça.
01:06:52Et récupère vite, hein.
01:07:10Mais où est-ce qu'elle peut être ?
01:07:12Je vais rentrer, moi.
01:07:12Elle risque d'appeler chez moi.
01:07:13Si c'est le cas, je te rappelle.
01:07:15Merci.
01:07:17Au revoir, M. Pignon.
01:07:18Au revoir.
01:07:21Tout le monde s'en va ?
01:07:22Oui, vous allez pouvoir rentrer aussi, M. Pignon.
01:07:29Oui ?
01:07:30Oui, c'est moi.
01:07:32Oui, je suis le mari de Christine Brochamp.
01:07:33Pourquoi il est arrivé quelque chose ?
01:07:37Non.
01:07:38Quel hôpital ?
01:07:40J'arrive.
01:07:41C'est la police.
01:07:42Elle a eu un accident de voiture.
01:07:43Elle est à Bichat.
01:07:44C'est grave ?
01:07:44Non, d'après les flics, juste un traumatisme.
01:07:46Mais elle va passer la nuit en observation.
01:07:48J'aurais peut-être du mal à conduire.
01:07:49Je peux vous emmener, si vous voulez.
01:07:50C'est pas la peine, merci.
01:08:08Nous ne sommes pas là pour l'instant.
01:08:10Vous pouvez laisser un message après le bip sonneur.
01:08:12Pierre, c'est moi.
01:08:15Pierre, je sais que tu es là.
01:08:18C'est pas bien ce que tu fais, c'est pas bien du tout.
01:08:21Tu m'as menti pendant deux ans en me disant que tu allais quitter ta femme et regarde comment tu
01:08:24me traites maintenant.
01:08:26Pierre, je t'en prie, réponds-moi, ne me laisse pas comme ça.
01:08:29Je te dis, ça va pas du tout.
01:08:32Je t'en prie, Pierre, décroche.
01:08:34Si tu ne décroches pas, je suis capable de faire une bêtise.
01:08:37Marlène, sa femme a eu un accident, il part pour l'hôpital.
01:08:41Un accident ?
01:08:41Oui, ça n'a pas l'air très grave, mais...
01:08:43C'est bien fait pour lui.
01:08:45Non, il ne faut pas dire ça, Marlène.
01:08:47Si, bien fait pour lui, c'est un sale type.
01:08:49Et voilà le résultat, sa femme est à l'hôpital et moi, je vais me foutre par la fenêtre.
01:08:53Bon, d'abord, il ne faut pas vous foutre par la fenêtre et puis, il faut essayer de le comprendre,
01:08:57il traverse un moment difficile.
01:08:58C'est un salaud !
01:09:01Oh, merde, mon verre !
01:09:03Oh là là, la moquette !
01:09:06Pourquoi je suis tombée amoureuse d'un salaud pareil ?
01:09:11Excusez-moi, il faut que je vous laisse.
01:09:12Non, non, non, ne me laissez pas.
01:09:14Je vous en prie, ne raccrochez pas.
01:09:15Restez un peu avec moi, ça me fait du bien de parler.
01:09:19Raccrochez maintenant.
01:09:20Vous laissez se jeter par la fenêtre.
01:09:21J'entends, je raccrochez, je vous dis.
01:09:23Où j'ai foutu mes clés, moi ?
01:09:24Marlène, vous allez me promettre de ne pas faire de bêtises, hein ?
01:09:27S'il vous plaît, promettez-moi d'être raisonnable.
01:09:29Vous êtes gentils, vous.
01:09:32Et lui, c'est un salaud.
01:09:35Quel salaud, mais quel salaud !
01:09:37Non, ne dites pas ça.
01:09:39Si, tout est moche en lui, tout.
01:09:41Même sa façon de s'amuser, tiens.
01:09:43Non, il faut que j'y aille, moi.
01:09:45Si il ne s'était pas fait un tour de rein ce soir, il serait en train de se moquer
01:09:47d'un pauvre type en ce moment.
01:09:48C'est pas moche, ça.
01:09:50Comment ça, il serait en train de se moquer d'un pauvre type ?
01:09:52T'es pas raccroché, bordel.
01:09:54Il ne vous en a pas parlé ?
01:09:57Toutes les semaines, ses amis et lui font ce qu'ils appellent un dîner de cons.
01:10:02Ils invitent le type le plus con possible pour se payer sa tête toute la soirée.
01:10:10Allô ?
01:10:11Allô ?
01:10:15En route.
01:10:18Allez, en route.
01:10:20Allez, il y a votre porte-documents.
01:10:22Dépêchez-vous, mon vieux, je suis pressé.
01:10:25Monsieur Brochamp ?
01:10:26Oui.
01:10:29Le dîner de ce soir, c'était quoi exactement ?
01:10:32Mais je vous l'ai dit, un dîner d'amis à qui j'ai parlé de vos travaux.
01:10:34Bon, allons-y maintenant.
01:10:35Et il y avait d'autres invités ?
01:10:37Oui, bien sûr, on ne pourrait pas parler de tout ça dans l'ascenseur.
01:10:40C'était quel genre d'invité ?
01:10:43Ça veut dire quoi, cet interrogatoire ?
01:10:46Rien, je vous demande seulement comment vous choisissez vos invités.
01:10:49Où voulez-vous en venir, monsieur Pignon ?
01:10:53Est-ce que vous m'avez invité à un dîner de cons, monsieur Brochamp ?
01:11:08Allô ?
01:11:09Ah, c'est toi, ma chérie, j'arrive.
01:11:10Je partais pour l'hôpital à l'instant.
01:11:11Comment ça va, dis-moi ?
01:11:14Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
01:11:17Mais c'est grotesque, je t'aime, je ne vais pas te laisser toute seule à l'hôpital.
01:11:21Écoute, Christine, j'ai compris beaucoup de choses ce soir.
01:11:24J'ai besoin de toi.
01:11:28Mais arrête, je me fous de cette fille.
01:11:31Ce n'est pas du tout ma maîtresse, c'est l'autre abruti qui a inventé ça.
01:11:36Écoute, je suis là dans dix minutes, on parlera tout ça de vive voix, d'accord ?
01:11:39D'accord ?
01:11:41Christine !
01:11:48L'autre abruti va s'en aller, mais avant, il voudrait une réponse.
01:11:52Est-ce que vous m'avez invité à un dîner de cons, monsieur Brochamp ?
01:12:00Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'en une soirée, vous avez vengé tous les cons
01:12:03qui ont participé à tous les dîners de cons à travers les âges et dans le monde entier.
01:12:06Voilà.
01:12:08Bonne nuit, monsieur Pignon.
01:12:10Elle avait raison que vous êtes un homme méchant, monsieur Brochamp.
01:12:13Oui, je suis méchant, c'est aussi ce que dit Christine.
01:12:15Voyez, tout le monde est d'accord, je suis méchant.
01:12:19Tiens, voilà un truc que vous pourriez mettre sur mon répondeur.
01:12:21Il est méchant, monsieur Brochamp, il est méchant, monsieur Brochamp.
01:12:26Vous devriez pas mélanger l'alcool et les médicaments.
01:12:28Mais pourquoi pas ? C'est une belle morale pour cette histoire.
01:12:31Le méchant Brochamp, abandonné de tous, se saoule tout seul dans son grand appartement vide
01:12:35et le gentil Pignon rentre chez lui avec ses maquettes en pensant, c'est bien fait pour ce salaud.
01:12:40Il est méchant, monsieur Brochamp, il est mignon, monsieur Pignon.
01:12:50Mais qu'est-ce que vous faites encore ?
01:12:51Allô, je voudrais le numéro de l'hôpital Bichat, s'il vous plaît.
01:12:54Ça y est, il recommence.
01:12:58Merci beaucoup.
01:13:00Ils vont pas vous la passer, qu'est-ce que vous croyez ?
01:13:02C'est un hôpital, pas une clinique.
01:13:06Hôpital Bichat.
01:13:07Oui, bonsoir, mademoiselle.
01:13:08Je voudrais parler à madame Christine Brochamp.
01:13:10Elle a été admise ce soir à la suite d'un accident de voiture.
01:13:12Désolé, les malades ne reçoivent plus de communication à partir de 18h, monsieur.
01:13:15Rappelez demain matin à 9h.
01:13:17Et voilà.
01:13:18Non, soyez gentil, mademoiselle.
01:13:19Passez-moi madame Christine Brochamp.
01:13:20C'est le professeur Sorbier à l'appareil.
01:13:24Oh, pardon, monsieur.
01:13:25Ne quittez pas un petit instant, je vous prie.
01:13:27Oui, je suis un peu pressé, mon petit.
01:13:29Dépêchez-vous, s'il vous plaît.
01:13:32Je vous passe madame Brochamp, monsieur Sorbier.
01:13:34Merci, mon petit.
01:13:38Il a arrêté cette comédie, elle vient de me raccrocher au nez.
01:13:43Le professeur Sorbier, madame Brochamp.
01:13:47Merci.
01:13:49Allô ?
01:13:51Madame Brochamp ?
01:13:53Oui, bonsoir, docteur.
01:13:55Non, ce n'est pas le professeur Sorbier qui vous parle, madame Brochamp.
01:14:00Qui est l'appareil ?
01:14:01C'est le con de votre mari.
01:14:07Comment ?
01:14:08Nous nous sommes entrevus tout à l'heure.
01:14:10Je m'appelle François Pignon et je suis le con que votre mari devait emmener dîner ce soir.
01:14:17Je vous écoute.
01:14:19Je viens d'apprendre pourquoi votre mari m'avait invité.
01:14:22Je suis dans l'état que vous imaginez.
01:14:24Je sais que vous avez eu un accident de voiture, mais je crois que je suis aussi choqué que vous.
01:14:29Allô ?
01:14:31Oui, je suis là.
01:14:33Mais je ne vous appelle pas pour me plaindre.
01:14:35Je vous appelle parce que je le plains lui.
01:14:38Je ne sais pas si c'est l'homme le plus méchant que j'ai rencontré, mais je suis sûr
01:14:42que c'est le plus malheureux.
01:14:44J'étais là quand vous lui avez dit de ne pas venir à l'hôpital et je l'ai vu
01:14:48si perdu, si misérable que j'ai essayé d'oublier que j'étais un con et que j'ai décidé
01:14:53de vous appeler.
01:14:55Madame Brochamp ?
01:14:56Oui.
01:14:57Ma femme m'a quitté il y a deux ans et ce jour-là, tout s'est écroulé autour de
01:15:02moi.
01:15:03J'ai survécu en faisant mes petites maquettes, mais au fond de moi-même, c'est toujours un grand champ
01:15:09de ruines et je ne souhaite ça à aucun homme, pas même à votre mari.
01:15:16Je suppose qu'il est à côté de vous ?
01:15:20Comment ?
01:15:22Il est à côté de vous, il est en train de vous souffler, ce beau scénario aussi émouvant.
01:15:26Pas du tout, Madame Brochamp. Je vous donne ma parole d'honneur, c'est moi qui ai pris l'initiative
01:15:29de vous appeler, qu'il ne m'a rien soufflé du tout.
01:15:32Est-ce qu'il est près de vous, là ?
01:15:36Non, Madame, je vous appelle d'une cabine téléphonique.
01:15:42Il ne m'aime pas, Monsieur Pignon, et je pense qu'il n'aime personne.
01:15:47Madame Brochamp, pendant deux heures, j'ai vu votre mari essayer désespérément de retrouver votre trace.
01:15:52Il a même été jusqu'à téléphoner à Pascal Menot dans sa garçonnière, en le dérangeant dans les bras d
01:15:56'une dame qui n'était pas vous.
01:15:59Il a téléphoné à Menot ?
01:16:02Mais oui, vous n'imaginez pas tout ce qu'il a fait ce soir par amour pour vous.
01:16:06Il s'est réconcilié avec son meilleur ami, il s'est débarrassé de sa maîtresse.
01:16:10Il a même affronté un contrôleur fiscal.
01:16:14Il a fait le ménage dans sa vie d'une manière incroyable,
01:16:18et il est maintenant tout seul dans son grand appartement à mélanger l'alcool et les médicaments.
01:16:25Je suis très inquiet pour lui, parce que je sais qu'on peut mourir d'amour à Madame Brochamp.
01:16:34Je vais réfléchir. En tout cas, merci d'avoir téléphoné, Monsieur Pignon.
01:16:39Mais de rien.
01:16:41Au revoir, Madame Brochamp.
01:16:43Au revoir.
01:16:47Elle va rappeler.
01:16:55Monsieur Pignon ?
01:16:56Oui ?
01:16:57On va toujours dîner mercredi prochain, mais cette fois, c'est vous qui m'invitez.
01:17:01Et je suis sûr de décrocher la palme.
01:17:03Je suis épuisé, moi. C'est horriblement fatiguant d'être intelligent.
01:17:07Je ne sais pas, il faudra que j'essaye.
01:17:08En tout cas, vous allez me promettre une chose, Monsieur Brochamp.
01:17:11Tout ce que vous voulez.
01:17:12Vous allez me promettre que vous y reprendrez deux fois avant de traiter quelqu'un de con.
01:17:15Je vous le promets, François. Je vous le jure.
01:17:19Allô ? Oui, bonsoir, Madame Brochamp. Ne quittez pas, je vous le passe.
01:17:21Mais qu'est-ce que vous faites là ?
01:17:22Vous, je croyais que vous appelez d'une cabine téléphonique ?
01:17:24Euh, mais quel con.
01:17:26Non, je ne suis plus dans une cabine téléphonique.
01:17:28Je suis effectivement de nouveau chez votre mari, mais je vais vous expliquer.
01:17:31Allô ?
01:17:32Mais quel con.
01:17:33Je le rappelle. Je le rappelle.
01:17:35Vous dites que je le rappelle.
01:17:36Tout va s'arranger.
01:17:38Tout va s'arranger.
01:17:39Je le rappelle.
01:17:40Oh, le con.
01:17:42Tout va s'arranger.
01:18:42...
01:19:12...
01:19:42...
01:19:43...
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