00:00Quand Héloïse rencontre ce groupe, c'est un groupe qui a décidé volontairement
00:03de vivre un peu en marge, par choix, mais aussi par envie de se protéger.
00:07Je pense qu'il y a ce truc de se dire qu'on est entre nous
00:09et donc personne ne peut nous faire du mal si on est entre nous.
00:12Et donc dans ça, il y a le groupe qui protège,
00:15mais en même temps, la limite, c'est aussi que du coup, personne ne peut rentrer.
00:18Le cheminement de ce film, c'est aussi l'arrivée d'Héloïse
00:20qui, elle, a décidé de ne pas complètement se fermer.
00:22Ça raconte comment être...
00:24Enfin, ces jeunes femmes qui sont en guerre, comment s'y passer à la suite,
00:27comment penser à la reconstruction et comment créer un endroit
00:29où on se sent en sécurité, pour autant,
00:31pas devoir complètement se couper du monde
00:34et pas faire une croix sur l'extérieur, quoi.
00:37Tu dors ? Tu veux rester là ?
00:40Non.
00:42Allez, viens.
00:47Mais toi, tu peux...
00:48Tu t'appelles comment ?
00:50Héloïse.
00:50C'est un prénom de jument, ça ?
00:51C'est un prénom de tortue, genre, on m'appelle...
00:53T'es une tortue ?
00:55T'en fues. Quelqu'un te cherche ?
00:57Je suis en foyer, il y en a tout le temps des fûts.
00:58Il y a juste quelques règles.
01:00Tu ne me mens pas.
01:02C'est clair ?
01:03Ok.
01:03Vous faites quoi dans la vie ?
01:05Elle bosse en boîte de nuit.
01:06Tu veux venir ?
01:10Salut les garçons !
01:11C'était une évidence de retravailler avec Héloïse.
01:13Après Matryoshka, j'ai commencé à écrire les fiduciales
01:15et le personnage s'appelle Héloïse.
01:17Consciemment ou inconsciemment, c'était quand même très clair
01:18que je voulais que ce soit elle dans le film.
01:21Assez consciemment, d'ailleurs.
01:22Je suis trop heureuse d'avoir pu faire ce long-métrage avec elle.
01:24Je trouve que c'est une comédienne brillante.
01:26Elle a un instinct dingue.
01:28C'est vraiment une actrice que j'admire comme réalisatrice,
01:31mais comme actrice aussi.
01:31Moi, comédienne, je la regarde faire et je me dis
01:33« Putain, bien jouée ! »
01:35J'ai vraiment toujours eu envie d'être comédienne.
01:37La réalisation et l'écriture, c'est venu beaucoup plus tard.
01:39C'est vraiment l'écriture qui est venue en premier,
01:40parce que j'ai la chance de travailler avec plein de gens très différents,
01:43dans des univers très différents.
01:44Mais je crois qu'à un moment, il y a aussi l'envie
01:45de prendre un petit peu le contrôle
01:47de ce qu'on va raconter dans sa vie professionnelle.
01:50Et sinon, je crois que ça s'est fait un peu progressivement.
01:53J'étais très heureuse de tourner pour les autres,
01:56et je le suis toujours.
01:56Mais je crois que cette envie de prendre aussi la parole
01:59est venue assez naturellement avec le temps.
02:02Après, j'ai eu la chance d'être entourée de techniciens
02:04qui m'ont littéralement proposé
02:05de faire ce premier court-métrage ensemble à l'arrache.
02:07C'était assez libérateur aussi de faire des courts-métrages
02:11qui n'étaient pas dans un processus de financement classique,
02:14parce qu'il y avait très peu de comptes à rendre,
02:15et donc on pouvait se planter, ce n'était pas grave.
02:17Mais disons qu'il n'y avait pas d'enjeu financier,
02:19et ça, c'était très libérateur.
02:21Le film ressemble beaucoup au scénario.
02:23Là où il y a eu de l'improvisation et du travail,
02:25c'est pour arriver à la justesse de ce qui est écrit dans le scénario.
02:27On fait des longues prises,
02:29on refait la scène quelques fois dans la prise,
02:30on reste dedans pour ne pas casser ce moment-là,
02:34ou être déconcentré par le côté procédurier du tournage,
02:39qui est de claper, de « attends, on va retoucher, mec, il y a machin »
02:42et tout, j'aimerais qu'on reste dans ça,
02:44qu'on garde un espace vraiment pour le jeu.
02:45Moi, je lance des répliques en plus à rajouter.
02:48Parfois, il y a de l'impro avec d'autres comédiennes
02:50qui ont fait intervenir à ce moment-là,
02:51alors qu'elles ne sont même pas forcément dans la scène,
02:52ou qu'elles n'ont pas ces répliques-là,
02:53mais pour finalement au montage,
02:55épurer de toute l'improvisation qui n'est pas indispensable
02:57et qui peut rendre un peu le film un peu verbeux
03:00ou un peu l'alourdir,
03:02et revenir à l'essentiel,
03:03mais qu'on aura trouvé dans une vraie justesse,
03:06de par ce qui a été mis en place,
03:07pour arriver à la sincérité de ce moment-là.
03:10Ce qui me passionne comme spectatrice aussi,
03:12c'est de voir quelqu'un capter des moments de vie,
03:15des endroits où on ressent une humanité très forte
03:17et on voit des humains en évolution.
03:20Et c'est là que je trouve que le jeu d'acteur,
03:22c'est ce qui me fascine,
03:23c'est de pouvoir capter ces moments-là de la vie.
03:25Donc forcément, c'est un film qui s'écrit aussi
03:27pour ces moments-là,
03:28c'est une mise en scène qui s'articule autour de ça aussi.
03:32Comment mettre en place une arène
03:33où on peut faire exister des comédiennes,
03:36on leur laisse la place de créer,
03:38on crée ensemble.
03:39Moi, c'est ce que j'aime,
03:40et donc même techniquement,
03:42on s'organise autour de ça.
03:44C'est vraiment ça qui doit prendre la place
03:46la plus importante sur le plateau.
03:50C'est à cause de vous voyer de merde qu'on en est là,
03:51je peux parler à ma patiente.
03:53Oui, mais cette patiente-là, c'est nous, elle, c'est nous, nous, c'est elle.
03:55Donc vous parlez à nous quatre, en fait.
03:56C'est pour ça qu'on est là, c'est nous, la vraie famille.
04:04Vas-y, offre-moi un truc.
04:05Après, tu me ramènes pas à toutes tes copines, hein.
04:10J'ai peur de pas y arriver.
04:12Dans la vie, il faut que tu resserres.
04:13Tu te souviens de Jurassic Park ?
04:15Sauter un tyrannoseur, sortir une chèvre.
04:16Tu seras pas ce qui arrive à la chèvre ?
04:19En fait, ici, tu viens, tu peux jamais repartir.
04:21Tu veux être toute seule ? Dégage.
04:27T'as pas besoin de lui, t'as besoin de nous.
04:29Mais tu veux aller où, en fait ?
04:30Je vais où je veux.
04:32On sera là, on sera toujours là, nous.