00:00Quand on entend ces chiffres, quand on voit ces images, je rappelle, et c'est le chiffre le plus important,
00:04parce qu'on sait que les forces de l'ordre font un travail extraordinaire, d'accord ?
00:075% de condamnation l'année dernière, 5% sur les plus de 500 interpellations.
00:13Reda Beladj, quand vous revoyez ces images, vous dites quoi à quelques heures de cette finale de Ligue des Champions
00:19?
00:19Est-ce qu'on aura retenu la leçon de l'année précédente ?
00:24Il faut savoir, et je pense que c'est quasiment le plus important après la demi-finale de cette année,
00:30il y a eu 23 policiers blessés.
00:32Pour moi, c'est énorme, apparemment, pour d'autres personnes, ce n'est pas grand-chose, si je puis dire,
00:37et puis on a dû faire face à quelques petits débordements.
00:40Sachant qu'aujourd'hui, les Champs-Elysées seront ouverts et qu'après la demi, ils étaient fermés.
00:46On a vu le résultat, on a eu 23 blessés, donc on a quand même, en tout cas de mon
00:50côté,
00:51le sentiment qu'on allège un peu l'événement, et donc on prend l'événement un peu avec légèreté.
00:59Et certes, on met beaucoup d'effectifs, mais comme vous l'avez dit juste avant,
01:02si c'est pour interpeller mille personnes, mais qu'il n'y en ait qu'une qui soit condamnée,
01:06je ne vois pas trop l'intérêt.
01:08J'espère que...
01:09Vos équipes sur le terrain, quels sentiments ce matin ?
01:13Est-ce qu'elles sont démotivées ?
01:16Est-ce qu'elles sont inquiètes ?
01:18Est-ce que la peur a gagné le rang de la police qui sera présente sur le terrain ce matin,
01:23ce soir ?
01:24Vous avez vu en 2023, sur ce plateau, les gens me disaient, par rapport à l'affaire Naël
01:29et les émeutes qui ont suivi, tout le monde disait « oui, il faut l'armer, oui, il faut l
01:33'armer ».
01:33Non, au final, la police et la gendarmerie ont su gérer.
01:35Alors certes, c'est sûr, en France aujourd'hui, pour gérer des émeutes,
01:39il faut faire venir, je vais dire, je vais faire une métaphore,
01:42les tanks de la BRI, les tanks du RAID, c'est comme ça maintenant.
01:46Parce qu'on fait face à une violence qu'on ne sait pas sanctionner.
01:49Donc on s'adapte, c'est ce qu'on va faire également ce soir.
01:53Et je pense qu'on est en capacité de le faire, mais il faut nous donner le pouvoir de le
01:57faire.
01:58Et surtout, il faut assumer aussi.
02:00Ça, on oublie de le dire, et j'espère que ça va bien se passer ce soir.
02:03Mais on a quand même, j'ai quand même des doutes.
02:05J'espère qu'on assumera les 8000 policiers qu'on met sur la voie publique.
02:09C'est-à-dire que les gens vont voir des images qui vont sûrement les choquer,
02:13des images de violence légitime de la part des forces de l'ordre
02:16et des images de violence à l'encontre des forces de l'ordre qui ne sont pas du tout légitimes.
02:22Et que nous, on va devoir, à notre niveau, si je puis dire, les mots sont forts, fonctionner.
02:27Parce qu'on a un peu marre, en fait, d'en prendre plein la gueule.
02:31Et que la société ne prend pas en compte le fait qu'aujourd'hui,
02:36on n'a pas assez de forces de l'ordre en France.
02:38Tout simplement, par rapport à la gestion de la société depuis 20 ans.
02:42Voilà, parce qu'on en parlera peut-être tout à l'heure avec les spécialistes sportifs.
02:47Quand Paris a gagné sa dernière Coupe d'Europe sur les champs, ça s'est très bien passé.
02:53Alors, c'était la Coupe des Coupes, il faut préciser aux téléspectateurs.
02:56En 1998, on a gagné la Coupe du Monde.
02:58Les champs étaient ouverts.
03:00Ça s'est, dans l'ensemble, en tout cas, en termes de violence urbaine,
03:02il n'y en a pas eu du tout.
03:04Et aujourd'hui, l'année dernière, 563 interpellations, 307 gardes à vue,
03:10quasiment pas de condamnation, des forces de l'ordre blessées,
03:14un mobilier urbain détérioré.
03:16Et aujourd'hui, comme vous l'avez vu juste avant,
03:18hier, j'ai dit le mot, on est en guerre.
03:21Certaines personnes rigolent, mais excusez-moi,
03:23quand je vois qu'on est...
03:24Quand maintenant on a un magasin, que ce soit sur les champs,
03:27entre Ocadéro, enfin, quand on a une boutique de luxe
03:30ou même un salon de coiffure, on est obligé de se barricader.
03:33Si pour vous, c'est normal en France et dans la capitale,
03:35la plus belle ville du monde, pour moi, c'est pas normal.
03:37Donc, c'est un échec.