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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 29/05/2026
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03:01A propos des actions des Américains et leurs discours, ce qui compte pour nous, ce sont les messages officiels que
03:07nous recevons.
03:08Forcément, l'Iran n'acceptera pas quelque chose qui ne s'aligne pas avec ses intérêts.
03:12C'est pour cette raison que nous voulons l'étendue du cessez-le-feu pour être sûrs que tout coïncide
03:18avec nos intérêts.
03:19Le camp américain a aussi besoin de cette prolongation.
03:24Pour l'heure, rien n'est assuré, le cadre d'accord nécessite l'aval de Donald Trump qui ne s
03:31'est pas encore exprimé.
03:35La décision reviendra au président de la décision reviendra au président Trump.
03:39Le président a clairement donné trois conditions.
03:47Pour arriver à la signature de cet accord, Washington exige l'accès illimité au détroit d'Hormuz, verrouillé par l
03:58'Iran depuis le début du conflit.
04:00En contrepartie, le blocus américain des ports iraniens sera levé, ainsi que les sanctions économiques qui pèsent sur Téhéran.
04:09En ce qui concerne le dossier nucléaire, Washington campe sur ses positions.
04:13L'Iran doit se défaire de son arsenal nucléaire.
04:23Nous sommes très inquiets et concernés par rapport à l'échange de frappes qu'il y a eu entre l
04:30'Iran et les Etats-Unis ces derniers jours.
04:32Nous encourageons les deux parties à respecter le cessez-le-feu qu'ils ont annoncé.
04:40Un éventuel cadre d'accord entre Washington et Téhéran pourrait ouvrir la voie à une désescalade militaire et diplomatique
04:48après une longue période de tensions autour du nucléaire et de la sécurité maritime d'Hormuz.
04:55Des militaires libanais et israéliens tiennent aujourd'hui une première réunion à Washington
04:59au cours de laquelle Beyrouth va réclamer en priorité l'arrêt des frappes d'Israël.
05:04La réunion se tient en pleine négociation entre les Etats-Unis et l'Iran
05:08qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
05:13Et selon le Premier ministre Benyamin Netanyahou,
05:16l'armée israélienne a traversé le fleuve Litanie dans le sud du Liban
05:19à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière avec Israël.
05:26Et au Liban, l'incertitude persiste quant à la fiabilité du cessez-le-feu avec Israël.
05:31En cause, les frappes israéliennes en continuent.
05:34Des combats qui menacent aussi Beyrouth.
05:36Les explications sont de Louise Courdane.
05:39Beyrouth menacée par la guerre.
05:42Durant les dernières 24 heures, des frappes israéliennes ont touché une localité proche de la capitale libanaise,
05:49laissant derrière elle un décor de ruines et une population apeurée.
05:53Dans cet immeuble résidentiel, les secours s'affairent pour trouver les victimes,
05:58ensevelies sous les décombres.
06:00Même constat dans le sud du pays où l'armée israélienne dit avoir ciblé les positions du Hezbollah.
06:11Les responsables de Hezbollah se cachent au sein de la population de Beyrouth.
06:15Nous, les ciblants, Israël, démontre au Hezbollah que se cacher dans la population libanaise ne marchera pas.
06:24L'armée israélienne a annoncé avoir envoyé des ordres d'évacuation aux habitants avant de frapper.
06:30Pour les habitants, il faut rester à tout prix.
06:35Je ne pense pas que nous allons quitter le sud.
06:38C'est notre terre, notre âme, la terre de nos ancêtres et notre honneur.
06:42Nous ne partirons pas du sud.
06:44Nous ne laisserons pas se passer ici ce qui s'est passé en Palestine.
06:48Cette terre est la nôtre.
06:51L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un soldat suite à une frappe dans la région
06:56de Nabatiyé.
06:57De plus, le gouvernement libanais a dénoncé les actes de l'armée israélienne dans la ville de Tyre.
07:04Ces frappes à Tyre ont envisé les vieux quartiers historiques, les églises, les mosquées, les sites culturels.
07:10De son côté, le Hezbollah continue de revendiquer des attaques aux drones contre les forces israéliennes.
07:17Une nouvelle escalade du conflit au Liban qui laisse craindre l'étendue des affrontements sur tout le territoire.
07:25Et sur l'autre front du conflit à Gaza, l'armée israélienne a reçu l'ordre d'aller au-delà
07:30de la ligne jaune fixée par l'accord de cesser le feu.
07:33Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou assure avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% du
07:40territoire palestinien.
07:42Gaza reste d'ailleurs le théâtre de violences quotidiennes.
07:44La situation humanitaire étant de plus en plus inquiétante sur place.
07:51Le secrétaire général de l'OTAN, Marc Rutte, a exprimé la solidarité absolue de l'alliance avec la Roumanie
07:57après la chute d'un drone russe sur un immeuble résidentiel en Roumanie, près de la frontière avec l'Ukraine.
08:04La Roumanie, pays membre de l'OTAN, dénonce d'ailleurs une grave et irresponsable escalade
08:09après cette chute qui a fait deux blessés légers. Kiev, de son côté, accuse la Russie d'avoir attaqué avec
08:15un drone en mer Noire
08:16un cargo turc qui quittait le port ukrainien d'Odessa, blessant deux membres de l'équipage.
08:22Et selon le ministère romain de la Défense, la Russie a attaqué cette nuit à l'aide de drones
08:28des cibles civiles et des infrastructures en Ukraine, près de la frontière fluviale avec la Roumanie.
08:37Le patron de l'Organisation mondiale de la santé doit rencontrer les autorités congolaises à Kinshasa.
08:43Le rendez-vous était en proie à une grave épidémie de maladie Ebola.
08:48Une possible rencontre avec le président congolais Félix Tshisekedi pourrait avoir d'ailleurs lieu aujourd'hui.
08:54Son déplacement en Iturie, province reculée et théâtre principal de cette 17e épidémie aura lieu demain.
09:01La République démocratique du Congo, pays parmi les plus pauvres de la planète,
09:05a déclaré le 15 mai une nouvelle épidémie sur son immense territoire de plus de 100 millions d'habitants.
09:11L'Organisation mondiale de la santé a d'ailleurs déclenché une alerte sanitaire internationale.
09:20Et toujours selon l'Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité du virus Ebola serait bien en deçà
09:26des dernières épidémies.
09:28De quoi donner de l'espoir grâce aux moyens humains qui se déploient de plus en plus.
09:32On voit cela en détail avec Dunia Dimo.
09:364 tonnes d'équipements médicaux en transit vers Bunia, dans la région d'Iturie, au Congo.
09:42La ville est le foyer de l'épidémie d'Ebola qu'affronte actuellement la République démocratique du Congo.
09:46A ce jour, il n'existe ni traitement, ni vaccin contre ce variant, mais le dernier rapport de l'OMS
09:52redonne de l'espoir.
09:52La souche Bundy-Bugyo aurait un taux de létalité inférieur à 25%.
09:57De plus, les moyens mobilisés les derniers jours alimentent cet espoir de mieux contenir cette épidémie,
10:02jusqu'à présent plus rapide que les moyens humains mis en place.
10:06On est venu réceptionner 2000 tests au Radiwan, donc PCR,
10:10qui ont été acheminés à partir de Kinshasa pour appuyer le diagnostic ici à Aniturie.
10:17Nous avons un laboratoire normé au niveau du laboratoire de santé publique, ici à Bunia.
10:24C'est un laboratoire qui peut faire le diagnostic à maladie à virus Ebola.
10:28Depuis le 17 mai, ce laboratoire a été installé.
10:32Donc il ne nous manquait plus que des réactifs pour travailler et confirmer les cas que nous recevons régulièrement.
10:40Pour calculer le taux de létalité d'un virus,
10:42il faut mesurer la proportion de personnes infectées qui décèdent de cette maladie.
10:47La riposte est en train de se déployer.
10:49Nous venons pour voir comment est-ce que se déploie, comment est-ce qu'on est efficace.
10:53Et pour l'instant, nous continuons d'abord à donner les chiffres de manière brute,
10:58de telle sorte que nous puissions retrouver tous les contacts et toutes les personnes qui présentent des symptômes.
11:04Je viens surtout pour encourager les prestataires de soins.
11:08Vous savez qu'ils payent le prix le plus lourd au niveau des centres de santé,
11:13parce que nous avons perdu des médecins, nous avons perdu du personnel de santé de qualité.
11:19Nous venons d'abord surtout pour compatir.
11:21Une prise en charge et une orientation précoce peuvent sauver des vies.
11:24Alors pour toucher le plus de monde possible, des cours de prévention sont donnés dans des écoles.
11:29Le milieu éducatif est un milieu très touché parce qu'il y a encore vraiment d'abord des élèves
11:34et ce sont des personnes qui n'ont pas trop de connaissances.
11:36Bon, comme tout le monde, mais le milieu éducatif est un milieu qui est ciblé.
11:40C'est important que dans ce milieu, qu'il y ait propagation des informations
11:44qui permettront de prévenir contre la maladie à violer Ebola.
11:48Parce qu'en milieu éducatif, il peut y avoir un moyen de faire à ce que la prévention soit efficace
11:53avec notre sensibilisation et notre information.
11:55Eux iront sensibiliser dans leur communauté.
11:58Ils sont aussi des canals de communication, mais aussi on essaie de mettre en sécurité les écoles
12:04parce que ça doit rester un milieu sûr.
12:07Selon l'OMS, 1000 personnes auraient contracté la souche et plus de 250 autres en seraient mortes.
12:12Les autorités sanitaires estiment que les bilans sont probablement encore sous-estimés.
12:16Le directeur de l'Organisation mondiale de la santé doit se rendre vendredi en Nitturie.
12:20En 50 ans, le virus Ebola a entraîné la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique.
12:29Je vous le disais en titre, les pèlerins ont entamé ce vendredi le Tawaf d'Adieu
12:33autour de la Sainte Kaaba à la Mecque, marquant ainsi la fin du Hajj.
12:37La grande mosquée a connu d'ailleurs une forte affluence lors du Tawaf.
12:41Plus de 1,7 million de fidèles venus de 165 pays ont participé cette année au Hajj,
12:47l'un des plus grands rassemblements religieux au monde.
12:51Ce vendredi, les pèlerins ont achevé le troisième jour du rite de la lapidation de Satan à Mina
12:57avant d'embarquer dans des bus en direction de la grande mosquée de la Mecque.
13:00D'autres ont choisi de faire le trajet à pied muni d'ombrelles pour se protéger du soleil
13:05sous des températures ayant dépassé les 40 degrés cette année.
13:13On place à présent un autre entretien avec l'invité de la rédaction.
13:26Depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis en 2006,
13:31les échanges commerciaux entre les deux pays n'ont cessé de progresser.
13:34Les exportations américaines vers le Maroc ont dépassé les 5,5 milliards de dollars,
13:39tandis que les importations américaines en provenance du Maroc ont atteint, elles, 1,9 milliard de dollars.
13:45Au-delà des chiffres, ce partenariat se transforme.
13:49Automobiles, électroniques, agriculture, énergie verte ou encore nouvelles technologies,
13:53les deux économies semblent aujourd'hui plus complémentaires que jamais.
13:57Mais cette dynamique cache également plusieurs interrogations.
14:00Déficit commercial, dépendance alimentaire, concurrence mondiale ou encore opportunité d'investissement.
14:06Et pour en parler, nous sommes en direct depuis Malaga avec Abdeltev Komat, analyste économique et politique.
14:12Abdeltev Komat, bonsoir et merci d'être avec nous.
14:16Bonsoir et merci pour l'invitation.
14:18Alors, 20 ans après l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec les États-Unis,
14:23peut-on parler d'un succès pour le Maroc ?
14:27Effectivement, en fait, il faut rappeler que le Maroc est le premier pays à avoir signé l'accord de libre
14:31-échange avec les États-Unis.
14:32Et depuis lors, que ce soit en fait en termes d'investissement, en termes d'échange,
14:38mais également en termes de partenariat stratégique, les relations se sont beaucoup renforcées.
14:44Et comme vous l'avez dit aujourd'hui, les chiffres sont éloquents en termes d'échange,
14:49notamment en fait des importations marocaines qui ont dépassé les 5 milliards de dollars,
14:54ce qui est un montant très important qui fait des États-Unis un des premiers partenaires commerciaux de notre pays.
15:00Mais par ailleurs également, le Maroc s'impose en termes d'exportation.
15:04Bien évidemment, il y a un déficit qui est notable,
15:07mais nous relèverons que les exportations marocaines également d'une part se développent en chiffres,
15:12mais également se diversifient pour toucher des produits à haute technologie.
15:17On parle de l'automobile, on parle de l'électronique,
15:19avec la stabilisation des secteurs classiques qui sont les engrais, les phosphates,
15:24mais également les secteurs agricoles,
15:25pour dire que nous sommes effectivement devant un partenariat hautement stratégique pour les deux pays.
15:32Alors, en vue de ce succès, quels sont les secteurs marocains qui ont le plus bénéficié de cet accord ?
15:38Alors, il faut dire que les engrais étaient classiquement le premier poste d'exportation marocaine vers les États-Unis depuis
15:47plusieurs années.
15:48Ils restent quand même importants, ils occupent encore le premier poste,
15:52mais il faut dire qu'il y a une montée en gamme de certains produits qui sont à l'image
15:57de la transformation de l'économie marocaine,
15:59qui est une économie beaucoup plus orientée vers des secteurs à haute technologie,
16:03mais également qui s'intègre de plus en plus dans les chaînes de valeur mondiales.
16:08Et bien sûr, là, je fais allusion à l'industrie automobile.
16:12Vous savez que plus de 1,5 milliard de dirhams d'exportation marocaine en voiture vers les États-Unis,
16:18mais également le secteur électronique. Le Maroc également s'intègre de plus en plus dans les filières à composantes électroniques
16:25américaines.
16:26Et donc là, également, c'est un poste qui se développe avec force,
16:29tout en maintenant, bien sûr, les premiers rangs occupés notamment par le secteur agricole,
16:36que ce soit en termes d'agrées de fruits, mais également en termes de légumes,
16:40qui continuent en fait à occuper des rangs assez avancés pour dire que c'est à l'image de l
16:48'économie marocaine d'une manière générale,
16:49les exportations marocaines, il y a une diversification, tout en bien sûr gardant les secteurs classiques,
16:55mais en tendant de plus en plus vers des secteurs beaucoup plus industrialisés à contenance technologique.
17:01Parlons à présent chiffres, M. Komat. Le déficit commercial est de plus de 3,6 milliards de dollars.
17:08Est-ce que ce chiffre doit inquiéter ou bien il reflète simplement la nature des échanges entre les deux économies
17:14?
17:15Il faut dire que c'est une relation avec la première puissance mondiale.
17:19Et c'est normal qu'il y ait un déficit, tout en plus que le Maroc, bien sûr, importe des
17:23produits sensibles.
17:24Là, je fais allusion aux produits alimentaires, mais également aux produits industriels,
17:28les composants notamment et les produits intermédiaires.
17:30Et c'est normal qu'avec les États-Unis, on ait un déficit.
17:33Est-ce que c'est inquiétant ? Non, je relativise par rapport peut-être à des déficits avec d'autres
17:39pays.
17:40Celui avec les États-Unis, je dirais, il est moins inquiétant parce qu'il s'inscrit dans une relation stratégique.
17:46Il est multidimensionnel. Bien sûr, il y a la dimension politique qui est fondamentale.
17:50Le Maroc est un premier, je dirais, partenaire stratégique sur le plan politique des États-Unis en Afrique.
17:57Et c'est normal qu'en parallèle à la politique liée de l'économique.
18:01Mais au-delà, il y a un certain équilibre qui s'établit, tout d'abord par les EDE.
18:06Donc, de plus en plus, les investissements directs étrangers américains s'implantent au Maroc sur plusieurs secteurs d'activité.
18:13Également, les flux monétaires.
18:15Bien sûr, nous avons notamment le tourisme qui se développe.
18:19Et d'ailleurs, l'ONDA a donné des chiffres concernant les flux de la mobilité aérienne qui a connu une
18:25augmentation de plus de 30 %.
18:27Et donc, ça démontre que, justement, ce déséquilibre, ce déficit commercial se compense par des flux financiers en termes de
18:36revenus,
18:37notamment envoyés par les Marocains à l'étranger.
18:41Et nous savons que, là, également, les Marocains du monde, aux États-Unis, également, ont transfert des moyens au Maroc
18:48et qui les placent parmi les Marocains du monde les plus, je dirais, en mouvement concernant ces flux.
18:54Donc, il y a le tourisme, il y a l'investissement.
18:57Tout cela nous pousse à dire que c'est vrai, il y a un déficit commercial.
19:01Mais si on place la relation dans cette dimension globale, on peut dire que c'est quelque chose qui est
19:08cohérent et qui est bien structuré.
19:11Au niveau du marché américain, est-ce que le Maroc a pleinement exploité les opportunités offertes par l'accès préférentiel
19:17à ce marché ou pas du tout ?
19:20Bon, on peut dire qu'il y a un potentiel.
19:22Il y a un potentiel parce que, comme vous l'avez dit, le déficit, c'est quand même important.
19:263,6 milliards de dollars, c'est un montant important que le Maroc devrait œuvrer pour le réduire.
19:32Il ne s'agit pas carrément de l'éliminer parce qu'il y aura toujours un déficit commercial.
19:36Mais la tendance devrait être à sa réduction en exploitant le potentiel de l'économie marocaine.
19:42Alors, vous avez évoqué un peu les filières sur lesquelles le Maroc peut justement s'étendre au niveau de ses
19:48exportations vers les États-Unis.
19:50Et là, on devrait aller davantage sur les métiers mondiaux du Maroc.
19:53Bien sûr, il y a l'automobile qui doit se développer davantage.
19:57Donc, le Maroc est très compétitif sur ce plan-là.
20:00Il y a l'aéronautique.
20:01On sait qu'aujourd'hui, pratiquement, il n'y a pas un avion au monde qui vole sans qu'il
20:06ait, en fait, une pièce produite par du tissu industriel marocain.
20:11Là, également, c'est un pont qui peut prendre de l'ampleur.
20:15Alors, il y a, bien sûr, tout ce qui est Hongrie, industrie phosphatière, d'autant plus que le Maroc s
20:20'intègre de plus en plus dans la décarbonation de l'industrie phosphatière.
20:24Et donc, ça lui donne une certaine primauté sur le marché américain.
20:28Et puis, il y a également tout ce qui est énergie.
20:30Le Maroc, aujourd'hui, se place au niveau de tout ce qui est production de l'énergie propre.
20:35Et là, également, bien sûr, il y a un potentiel.
20:37Pour dire que les possibilités, ils sont là, c'est à nous, au niveau de notre tissu économique, entrepreneurial, de
20:46se hisser aux standards américains.
20:48On connaît les standards qui sont une économie d'échelle parce qu'ils ont besoin de très grandes quantités,
20:54mais également le respect d'un certain nombre de règles phytosanitaires, mais également environnementales.
20:59Et je crois que les entreprises marocaines, de plus en plus, se soucient un peu des labels qualité,
21:04de labels environnementales, d'aller vers plus de responsabilités sociales et sociétales.
21:10Et tout cela donne une image, donne un label aux entreprises marocaines
21:14pour qu'elles puissent avoir la place qu'elles devraient avoir sur le marché américain.
21:18Comment est-ce qu'on peut expliquer cette progression continue des échanges,
21:23malgré les crises mondiales successives ?
21:26Alors, bien évidemment, le Maroc, d'une manière générale, sa dynamique économique reste de mise.
21:31C'est vrai qu'il y a une crise, qu'il y a, je dirais, une difficulté au niveau du
21:36commerce international.
21:37Mais il faut dire, pas seulement avec les États-Unis, même avec l'Europe, même avec d'autres pays,
21:42le flux des échanges continue parce que la dynamique économique dans notre pays reste vive.
21:47Et puis, le taux de croissance aujourd'hui, on part de 4,8 à 5 %.
21:51Et donc, tout cela, bien sûr, il faut l'alimenter, notamment par des échanges,
21:55que ce soit en import ou en export, pour dire que le Maroc, c'est vrai,
21:59il est touché, comme d'autres pays, par un peu les difficultés que vit le monde d'une manière générale.
22:05Mais je crois qu'il faut relativiser à Tunier parce qu'il y a, en fait, une certaine stabilité,
22:13il y a une certaine rigueur, il y a une stratégie qui est basée sur le moyen et le long
22:17terme,
22:18qui est une gage de confiance en termes d'investissement
22:21et qui garantit les flux commerciaux avec les partenaires.
22:25Et donc, pour dire que, en fait, ces difficultés n'ont pas atténué et ne devraient pas le faire,
22:32d'autant plus que nous sommes sur une relation, sur un partenariat hautement stratégique pour les deux pays.
22:37On connaît la force des relations entre le Maroc et les États-Unis.
22:40Et bien évidemment, en fait, lorsqu'il y a une relation de confiance qui est bien assise,
22:46qui est bien structurée, qui est historique,
22:47ça ne devrait donner qu'un élan économique, quelles que soient les difficultés.
22:52Il y a la continuité, il y a la confiance,
22:54il y a, en fait, une vision vers le moyen et le long terme vers l'avenir.
22:59Et je crois que les États-Unis et le Maroc sont liés, en fait, sur des horizons très lointains
23:04et que ce n'est pas, en fait, des petites perturbations par-ci, par-là
23:09qui pourraient et qui devraient atténuer cet élan économique et commercial
23:13qui est bien basé et qui est bien structuré sur une base, comme j'ai dit, de confiance et de
23:17considération mutuelle.
23:19Alors, durant notre entretien, vous avez cité le phosphate qui reste un pilier des exportations marocaines.
23:25Mais on voit aussi émerger l'automobile, l'électronique ou encore le matériel électrique.
23:29Est-ce qu'on assiste à un changement de modèle ?
23:32Est-ce que le marché américain représente aujourd'hui une débouchée stratégique pour l'industrie marocaine, selon vous ?
23:38Alors, on assiste à un changement, une mutation du modèle marocain.
23:42Vous savez que lorsqu'on voit, d'ailleurs, Sa Majesté l'avait souligné lors de son discours du 29 juillet
23:482025,
23:49où les exportations industrielles ont doublé entre 2014 et 2024.
23:54Et donc, c'est carrément une métamorphose de notre économie dans laquelle le secteur industriel,
23:59les secteurs de l'énergie, les secteurs de l'économie verte,
24:03prennent de plus en plus de place, une place importante.
24:07Et bien évidemment, étant donné qu'il y a un changement de notre modèle productif,
24:10ça régénère sur le changement de notre modèle d'export.
24:14Pas seulement avec les États-Unis, même avec l'Europe aujourd'hui.
24:17Le Maroc exporte de plus en plus de produits industriels.
24:20Si vous prenez les exportations totales du Maroc, par exemple, en 2024-2025,
24:25qui dépassent les 400 milliards de dirhams,
24:27plus de 300 milliards de dirhams sont constitués de produits industriels.
24:31Et donc, c'est une transformation de notre modèle
24:34qui rejaillit sur les relations commerciales avec les États-Unis,
24:37avec d'autres pays.
24:38Et ce n'est qu'un départ, parce qu'on va encore assister,
24:42je dirais, dans les prochaines années,
24:43à plus, je dirais, de place pour l'industrie,
24:47notamment l'industrie qui contient plus de technologies,
24:50qui contient des compétences humaines.
24:52Aujourd'hui, les ressources humaines de plus en plus marocaines,
24:55elle est considérée comme une ressource humaine qualifiée, performante,
24:58et qui contribue à cette dynamique et à cet ancrage industriel.
25:03D'après vous, Adoltef Komat,
25:05est-ce que le Maroc peut devenir une plateforme industrielle de production
25:09destinée au marché nord-américain ?
25:11Et qu'en est-il, d'ailleurs, de l'industrie automobile marocaine ?
25:14Alors, effectivement, ça, c'est un objectif parmi d'autres.
25:17Comme le Maroc, en fait, il se propulse comme une plateforme d'intermédiation
25:22et d'investissement en l'Europe, l'Asie, mais également avec les États-Unis.
25:25Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas,
25:27également avec les États-Unis.
25:29D'autant plus, comme j'ai dit, il y a une complémentarité,
25:31il y a une entente politique, il y a une vision stratégique partagée.
25:35Et donc, le Maroc devrait, en fait, de plus en plus être
25:39comme une plateforme d'investissement pour les États-Unis,
25:41notamment pour toucher les pays arabes, pour toucher les pays africains.
25:46Donc, hier, on a assisté, en fait, à un rapport qui a été fait par la BAD,
25:50la Banque africaine de développement,
25:52dans lequel le Maroc s'est hissé au premier plan
25:55comme produit industriel en Afrique.
25:57Et ça, ce n'est pas rien.
25:58En fait, ce n'est pas rien.
26:00Donc, le Maroc, il a maintenant cette image,
26:02il a cette visibilité internationale,
26:06étant donné qu'il a de l'infrastructure qu'il faut.
26:08Vous savez qu'aujourd'hui, en termes d'infrastructure,
26:11la dynamique que connaît le Maroc,
26:12il le place au premier plan au niveau de la région,
26:15avec les ports.
26:16Aujourd'hui, on a le port en Gemed,
26:17mais il y a Nador qui est imminent,
26:19il y a Dakhla qui est en phase très avancée.
26:21On a, en fait, les voies ferrées, le TGV,
26:24qui va transcender aujourd'hui Kinitra-Kaza pour aller vers Marrakech.
26:28Donc, il y a des autoroutes.
26:30Et puis, il y a des zones économiques.
26:32Et puis, il y a surtout ce plan de développement territorial intégré
26:37qui va créer une certaine émulation entre les différentes régions
26:40pour attirer l'investissement.
26:42Et ça, c'est un peu la finalité de notre pays.
26:45Et c'est l'objectif de Sa Majesté.
26:46C'est qu'il y ait un développement territorial cohérent, intégré et global.
26:51Et cela passe par un équilibre en termes d'investissement.
26:54Et bien sûr, les investissements américains ou autres
26:57devraient dorénavant s'intéresser à toutes les régions du Maroc.
27:00On sait qu'aujourd'hui, les régions du Maroc
27:04regorgent aujourd'hui de potentialité en termes d'énergie ou autres.
27:08Justement, M. Komat, j'y venais.
27:10Est-ce que les États-Unis, malgré les liens qui unissent les deux pays,
27:13investissent aujourd'hui suffisamment au Maroc
27:16par rapport au potentiel existant ?
27:18Et quel secteur pourrait justement attirer les capitaux américains ?
27:22Alors, ils investissent effectivement.
27:24Ils sont parmi les premiers investisseurs.
27:26Mais on espère davantage.
27:27Il y a un potentiel énorme en termes d'investissement.
27:30Comme j'ai dit, si le Maroc se propulse davantage
27:32comme plateforme d'investissement pour le marché marocain,
27:36mais au-delà, parce que c'est ça l'avantage du Maroc,
27:39c'est qu'il transcende vers l'Afrique, vers les pays arabes.
27:42Et donc, c'est bien évidemment, il y a un potentiel énorme.
27:45Alors, quels sont les secteurs ?
27:47Les secteurs, on peut toujours, en fait, avancer les secteurs classiques
27:52qui sont l'immobilier, le tourisme, l'agriculture.
27:55Mais de plus en plus, il y a la tendance vers les énergies renouvelables.
27:59Et là, j'ai évoqué tout à l'heure, en fait, la Commission nationale,
28:02la Commission stratégique d'investissement qui a étudié
28:05un certain nombre de projets d'investissement.
28:06Donc, nous avons recensé plusieurs dizaines de milliards de dirhams
28:10d'intentions d'investissement dans les énergies renouvelables,
28:13dont une partie est destinée aux provinces du sud du Maroc.
28:16Et bien sûr, les États-Unis sont parmi les pays qui s'intéressent
28:19beaucoup au développement de l'énergie propre.
28:21Et donc, ça pourrait être un des secteurs.
28:24Mais il n'y a pas que ce secteur-là.
28:26Il y a l'industrie d'une manière générale.
28:29Également, elle reste très intéressante, surtout dans la complémentarité
28:32dans ce qu'on appelle les métiers mondiaux du Maroc, l'aéronautique.
28:36On sait que là, il y a en fait un potentiel énorme.
28:40Les États-Unis sont en puissance aéronautique.
28:42Et le Maroc, aujourd'hui, est considéré comme le premier pays dans la région
28:48comme plateforme aéronautique.
28:49Et donc, il y aura certainement de l'investissement sur ce plan-là.
28:52Et puis, bien évidemment, il y a le domaine agricole également,
28:55qui est très important.
28:56Il y a une certaine complémentarité entre les deux pays.
29:00Notamment, vous savez que le Maroc est un importateur de produits alimentaires,
29:04mais notamment l'alimentation des bétails,
29:07donc une bonne partie, nous importons des États-Unis.
29:10Donc, tout cela donne les possibilités d'investissement au Maroc
29:14par des entreprises américaines pour développer aussi bien
29:18les secteurs classiques que des secteurs modernes,
29:21des secteurs d'avenir.
29:23Merci beaucoup, Abdlatif Komad, pour votre analyse
29:25et d'avoir répondu à nos questions.
29:27Je rappelle que vous êtes analyste économique et politique
29:29et que vous étiez avec nous en direct depuis Malaga.
29:31Merci beaucoup.
29:33Merci à vous.
29:36Il est l'heure à présent de faire le tour
29:37de l'actualité économique nationale et internationale.
29:40Et c'est avec Shaima Fikri.
29:49On commence ce journal avec l'évolution des prix à la consommation au Maroc,
29:53selon le Haut-Commissariat au plan,
29:55le niveau général des prix a progressé de 0,3% à fin avril 2026
30:00par rapport à la même période de l'année dernière.
30:03Dans le détail, les prix des produits non alimentaires ont augmenté d'1,1%,
30:07tandis que ceux des produits alimentaires ont baissé de 0,8%.
30:11L'indice des prix à la consommation affiche également une progression annuelle d'1,7%,
30:16sous l'effet notamment de la hausse des prix des services et des biens hors alimentation.
30:20Hors boissons alcoolisées et tabac, les produits alimentaires ont eux aussi connu légère hausse de 0,6%.
30:26Sur le seul mois d'avril, les prix ont progressé de 0,4%.
30:30Cette évolution est liée à une hausse d'1,2% des produits non alimentaires,
30:35alors que les prix alimentaires ont reculé de 0,6%.
30:38Enfin, l'inflation sous-jacente qui exclut les produits volatils et les tarifs publics
30:43progresse légèrement sur un mois mais recule de 0,3% sur un an,
30:47signe d'un ralentissement relatif des pressions inflationnistes.
30:51Le Maroc devient la première puissance industrielle d'Afrique.
30:54Selon la Banque africaine de développement,
30:56le Royaume prend la tête de l'indice de l'industrialisation 2025 devant l'Afrique du Sud.
31:01La BAD salue la diversification des exportations maroquais,
31:05la compétitivité industrielle et le développement des infrastructures.
31:09Le Maroc profite aussi de la relocalisation industrielle mondiale.
31:12Sa proximité avec l'Europe et ses plateformes logistiques
31:15renforcent son attractivité auprès des investisseurs.
31:18Mais malgré ses avancées, l'Afrique reste peu présente dans l'industrie mondiale,
31:22avec moins de 2% de la production manufacturière globale.
31:26On poursuit avec la BAD qui renforce son soutien au Maroc.
31:29En 2025, ses engagements atteignent un niveau record de près d'1,3 milliard d'euros.
31:34Une grande partie de ses financements est destinée aux infrastructures.
31:37La BAD mobilise notamment 270 millions d'euros
31:40pour moderniser les aéroports de Marrakech, Agadir, Tangier et Fès.
31:45La banque soutient aussi les collectivités territoriales,
31:47l'entrepreneuriat, l'agriculture et l'emploi des jeunes.
31:50Parmi les projets phares, un programme de 200 millions d'euros
31:53pour renforcer les compétences et l'employabilité.
31:56La BAD accompagne également la transition vers du groupe OCP
31:59avec une garantie de crédit de 450 millions d'euros.
32:03Côté transport aérien, la Royal Air Maroc réduit temporairement son réseau international.
32:08En cause, la forte hausse des prix du kérosé lié aux tensions au Moyen-Orient,
32:12la compagnie suspend 12 liaisons vers l'Europe et l'Afrique centrale,
32:17sont notamment concernées Douala, Yaoundé, Libreville, Kinshasa ou encore Brazzaville.
32:22Certaines lignes au départ de Marrakech et Tangier vers plusieurs villes européennes sont aussi interrompues.
32:27Selon la RAM, ces mesures visent à préserver l'équilibre économique de la compagnie
32:32dans un contexte de ralentissement de la demande.
32:34La compagnie assure toutefois maintenir 90% de ses desserts africaines
32:38et promet une reprise progressive des lignes suspendues.
32:42Et puis à l'international, le constructeur automobile Stellantis annonce un investissement majeur en France.
32:48Plus d'un milliard d'euros seront injectés dans le site industriel de Mulhouse
32:53pour produire une nouvelle génération de véhicules électriques à partir de 2029.
32:57L'annonce a été faite par Emmanuel Macron lors d'une réunion consacrée à l'électrification des usages.
33:03Le président français évoque un signal fort pour l'avenir industriel du site
33:06et pour la montée en puissance de la production électrique en France.
33:10Cette stratégie suscite toutefois des interrogations du côté des syndicats.
33:14Certains craignent une réduction progressive de la production européenne malgré les investissements annoncés.
33:19Et on reste en Europe avec l'Union européenne qui autorise une aide de 15 millions d'euros de l
33:25'État français au secteur agricole.
33:27Cette enveloppe vise à compenser la hausse des prix du carburant liée aux tensions au Moyen-Orient.
33:32Le dispositif couvrira jusqu'à 70% des surcoûts de gazole non groutiers enregistrés en avril 2026.
33:39Bruxelles estime que cette aide reste conforme aux règles européennes de concurrence.
33:43L'Union européenne a récemment assoupli ses règles pour permettre aux États membres de soutenir les secteurs les plus touchés
33:49par la crise énergétique.
33:51La plateforme chinoise de commerçants Lin Temu écope d'une amende de 200 millions d'euros.
33:56Bruxelles accuse le groupe d'avoir laissé circuler des produits illégaux et dangereux sur le marché européen.
34:02Parmi les produits visés, des chargeurs défectueux et des jouets pour bébés présentant des risques de suffocation ou contenant des
34:08substances nocives.
34:09Pour prouver ces infractions, les équipes de la Commission européenne ont réalisé leurs propres achats sur la plateforme.
34:15Temu devra désormais présenter des mesures correctives d'ici fin août sous peine de nouvelles sanctions.
34:21La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro.
34:26Bruxelles prévoit désormais une croissance de seulement 0,9% cette année contre 1,2% anticipé auparavant.
34:32L'exécutif européen pointe clairement les répercussions du conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie.
34:38L'inflation dans la zone euro devrait atteindre 3% cette année, bien au-dessus des précédentes estimations.
34:44L'Allemagne serait particulièrement touchée avec une croissance limitée à 0,6%.
34:49Bruxelles estime que si les prix du pétrole poursuivent leur hausse, la reprise économique pourrait être encore plus fragile en
34:562027.
34:57Dans ce contexte, les États européens seront appelés à accélérer les réformes tout en limitant les dépenses publiques de soutien
35:03généralisé.
35:04Et en termine ce journal aux États-Unis, l'insécurité alimentaire y progresse depuis la crise du Covid.
35:10C'est le constat d'un rapport de la Banque fédérale de New York.
35:13Selon les économistes de la Fed, la croissance américaine masque des difficultés croissantes pour les ménages les plus modestes.
35:19Le rapport souligne une hausse des difficultés à se nourrir, du recours à l'aide alimentaire et de l'utilisation
35:24de l'épargne pour couvrir les dépenses courantes.
35:26Les foyers les plus touchés sont les ménages à faible revenu, les personnes peu diplômées, les familles avec enfants.
35:32Dans le même temps, l'inflation américaine atteint 3,8% sur un an en avril, portée notamment par la
35:38hausse des prix de l'énergie.
35:40Votre Soir Info se poursuit avec l'Invité Culture.
35:43Mereem Hamlichy reçoit aujourd'hui Valérie Balden-Labasti, auteure et professeure de littérature et de théâtre.
36:00Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'Invité Culture.
36:03Mon invitée ce soir est une femme de lettres, de théâtre et de transmission.
36:07Elle vient de publier son tout premier roman, Mon Brésil, ma braise, le Brésil de Valérie Balden-Labasti.
36:15Et pour reprendre ses propres mots, un arbre de braise d'un pays de feu.
36:21À travers une prose poétique, une grande densité littéraire, ce livre nous plonge dans l'expérience vertigineuse de l'exil.
36:30Ce moment de bascule où la vie nous projette sur une terre imprévue, un territoire inconfortable où l'on devient
36:37de fait étranger.
36:39Doin d'être un simple récit de déracinement ou de nostalgie, il s'agit avant tout d'une odyssée de
36:47la reconstruction.
36:48Pour Valérie Balden-Labasti, l'arrachement n'est pas une fin en soi, ni une simple perte d'identité.
36:56Il devient la condition sine qua non pour qu'un nouveau départ devienne possible.
37:01Il y a une renaissance par le feu, pour reprendre également l'image que vous avez un petit peu dans
37:07ce roman.
37:09Valérie Balden-Labasti, c'est un plaisir de vous avoir avec moi ce soir.
37:11Merci d'avoir accepté cette invitation.
37:13Merci, merci de m'avoir invitée et de me recevoir aujourd'hui.
37:17Alors on va d'abord montrer la couverture de ce livre, Mon Brésil, ma vraise, que vous avez publié aux
37:23éditions 11.
37:26Parlez-vous un petit peu de la genèse de ce projet, comment vous est venue l'idée de l'écrire
37:30?
37:32J'ai eu, en fait, je n'ai pas eu d'idée, ça n'a pas été quelque chose, une
37:36démarche intellectuelle,
37:37même si j'ai une formation intellectuelle, je suis agrégée de lettres,
37:40donc on pourrait se dire que ça va être un livre un peu érudit et très intellectuel, pas du tout.
37:46Je n'ai pas eu d'idée, j'ai eu un besoin, je dirais, viscéral d'écrire après mon départ
37:53du Brésil,
37:54après y avoir passé un certain nombre d'années, après m'y être perdue,
37:58après m'y être reconstruite, comme vous l'avez très bien dit.
38:01Il a fallu qu'en France, à ce moment-là, j'ai commencé, dans mes moments de libre,
38:07à essayer de retrouver, par l'écriture, par le rythme des phrases, par la poésie,
38:12de retrouver ces émotions que j'avais au quotidien quand je vivais à Rio.
38:17Expliquez-nous donc ce titre, Mon Brésil, ma vraise.
38:20Alors, c'est vraiment amusant, parce que ce titre, il prend aujourd'hui, pour moi, plusieurs significations.
38:29Au départ, le titre, il est un peu érudit, parce que le nom du Brésil, Brasio,
38:35vient de l'arbre de braise, l'arbre de braise brasio,
38:38qui servait de teinture à la cour du Portugal,
38:43et qui permettait de teindre les vêtements des courtisans, etc.
38:46Et donc, c'est cet arbre dont le tronc, si vous voulez, transpire de la sève rouge,
38:55qui a été exploité par les Portugais pendant de nombreuses années,
38:58et pendant toute la période sinistre de l'esclavage, etc.
39:02Et donc, le Brésil porte le nom de sa production principale,
39:07qui est la teinture de braise.
39:10Mais il se trouve que je réalise que je n'ai pas donné ce titre-là il y a un
39:16an, à peu près,
39:17quand le livre a été publié, par hasard.
39:20Puisqu'en ce moment, je suis en train d'écrire sur le feu.
39:23Et un autre livre, autre chose.
39:25Et en fait, la braise du Brésil, c'est cette consommation, pour moi, qui m'a permis de renaître.
39:31De renaître par le feu.
39:33De renaître par le feu.
39:34Par la douleur, mais aussi par l'incandescence.
39:37D'ailleurs, j'ai repris vos termes quand vous dites un arbre de braise, un pays de feu.
39:42Donc, un pays qui vous a permis cette renaissance, de vous centrer, recentrer sur vous-même,
39:48de vous perdre et puis de vous retrouver également.
39:51Oui, c'est ça.
39:52Ça a été une perte dans la mesure où je n'étais pas du tout prête, je le raconte dans
39:57le livre,
39:58alors, à quitter la France à ce moment-là, je venais d'accoucher d'un petit bébé,
40:02je n'avais pas du tout envie de prendre l'avion, je n'avais pas...
40:04Enfin, bon, c'est anecdotique, mais c'est vrai que quand je suis arrivée à Rio,
40:11je n'étais pas prête du tout à y rester et à y vivre.
40:16Il y avait cette dimension un peu brutale.
40:18Ça a été très brutal.
40:19Ça a été très brutal.
40:21D'ailleurs, les premiers mots qui ont été écrits sur place, à ce moment-là,
40:25qui font partie, en fait, du texte le plus originel,
40:30c'est ces mots qui sont sur la quatrième de couverture.
40:35Commencer au moment où l'on se sent le plus fragile, le plus à jamais étranger,
40:40au moment où la vie me pose par hasard dans ce pays où je ne pensais jamais aller,
40:47où je ne pensais jamais vivre.
40:48« Brésil, arbre de braise, pays de feu, lieu de toutes les quiétudes et de toutes les consommations,
40:55pays de rêves et de blessures, tempêtes et accalmies, coups et caresses, salive et sang mêlé. »
41:02Ça, je l'ai écrit, ce texte-là, je l'ai écrit sur place au tout début que j'étais
41:05à Rio.
41:05Sachant qu'au tout début, vous avez eu quelques, on va dire, soucis, difficultés par rapport au visa.
41:12Oui.
41:13Déjà, votre arrivée, ça annonçait une couleur qui n'était pas très…
41:17Des problèmes de visa, des problèmes de… comment dire, des problèmes d'adaptation.
41:24Je ne parlais pas portugais à l'époque.
41:25Mon mari parlait très, très bien portugais déjà.
41:28Vous avez appris ?
41:29J'ai appris. J'ai appris très vite. J'ai appris très vite aussi, j'ai appris très vite auprès
41:35d'un peuple qui encourage,
41:39qui est toujours positif, qui, dès les premiers anonnements dans la langue, disent « mais tu es brésilienne, mais tu
41:44vas y arriver, mais c'est ça, etc. »
41:46Donc, j'ai été portée aussi.
41:47Comment vous avez appréhendé ce bouleversement intérieur face à des repères nouveaux, finalement ?
41:55D'abord, je me suis sentie perdue. Je me suis ressourcée dans la maternité, puisque j'étais avec un petit
42:03bébé.
42:04Donc, j'étais très enfermée à m'occuper de mon enfant.
42:10Et puis, ensuite, j'ai pris des cours de portugais.
42:12Ensuite, j'ai travaillé dans le milieu professionnel pour le théâtre, comme assistante à la mise en scène.
42:18Donc là, j'ai travaillé professionnellement. Ça m'a sortie.
42:22Et puis, de devoir travailler dans le milieu du théâtre, j'étais obligée vraiment de maîtriser la langue.
42:27Enfin, les choses se sont bien engrenées pour faire qu'au bout d'un an, j'étais vraiment acclimatée au
42:34pays.
42:34En tout cas, en vous lisant beaucoup de poésie, on sent qu'il y a un fil conducteur.
42:41Mais en même temps, les chapitres…
42:45À chaque chapitre, on découvre un personnage et donc une rencontre.
42:48Donc, on a l'impression que vous vouliez centrer plus ou moins cet écrit, je ne sais pas si c
42:52'était prémédité ou non,
42:53sur les rencontres que vous avez faites. Est-ce qu'elles symbolisent pour vous ?
42:59Écoutez, moi, écrire ces textes, c'est des textes…
43:03Les textes des portraits, notamment, parce qu'il y a une grande section sur les portraits,
43:07sont des textes de déclaration d'amour aux personnes dont je fais le portrait.
43:13Et des déclarations d'amour à des personnes qui, vous le verrez dans le livre, appartiennent à des milieux extrêmement
43:19différents.
43:20Tout à fait.
43:22Et auxquelles je rends vraiment hommage.
43:26Moi, peut-être le texte qui me touche le plus, parce que c'est une personne que j'ai perdue
43:30de vue et qui n'est plus à Rio,
43:33c'est, pour moi, peut-être le portrait que je préfère.
43:37C'est le portrait de mon portier, un ami, ce qui a accompagné ma vie pendant toutes ces années.
43:43Et qui est un peu un équivalent, en fait, qui est un homme du Nord-Est.
43:50Les Nord-Estains, à Rio et à Saint-Paul, sont méprisés comme les Français méprisent les Maghrébins.
43:56Et donc, il est vraiment dans la position des Maghrébins en France.
44:00Vraiment, pour le Brésil, c'est un équivalent strict.
44:03Donc, pour moi, en fait, il est dans la position de mon grand-père algérien par rapport à la société
44:09dominante française.
44:11Et cet Anani, il est arrivé à Rio, il y a bien des années, en arrivant dans une ville du
44:19Nord-Est.
44:20Il est né si petit que sa mère lui aménagea un berceau dans une boîte d'allumettes.
44:25Il y tenait tout entier, allongé, tranquille, à côté de ses onze frères et sœurs,
44:31tous nés de la même mère, toute petite, elle aussi, toute perdue, dans la grande ville de Karouarou.
44:37C'est-à-dire que c'est impressionnant, cette région du Nord-Est.
44:41À quel point elle peut être méprisée par les dominants au Brésil ?
44:45Mais cette région où, en fait, on fait encore 7, 8, 9 enfants qu'on va allaiter,
44:51avec des gens qui sont souvent malnutris, qui, même si le Brésil a évolué là en 20 ans,
44:57ça reste encore une région dévalorisée, si vous voulez, du pays.
45:01En tout cas, la reconstruction que vous décrivez n'est pas tout à fait linéaire.
45:06Parlez-nous un petit peu de cette expérience et puis du fil conducteur tout au long de l'écriture de
45:11ce roman.
45:14Je dirais que de fil conducteur, au départ, il n'y en a pas eu.
45:19D'ailleurs, c'était bien mon problème, ça a été bien mon problème.
45:22Il y a un an et demi, à partir de tous les textes, de tous les fragments que j'avais
45:27accumulés pendant toutes ces années,
45:29j'ai trouvé un fil conducteur qui est, en fait, mon histoire.
45:33Mais le fil conducteur, l'appréhension de la ville, mais dans une optique, la ville de Rio,
45:38mais dans une optique qui n'est pas une optique touristique, je dirais,
45:42qui est presque un non-tourisme.
45:45C'est aller voir ce qu'on ne voit pas quand on est touriste, justement,
45:48quand on réside dans un pays et qu'on ne voit pas la vitrine d'un pays.
45:52Voir l'envers du décor, d'une certaine manière.
45:54Un envers qui peut être magnifique, tout comme qui peut être aussi misérable,
46:00terrible, j'ai parlé de mon immeuble, les gens de mon immeuble.
46:04Ça, ça m'est venu parce que j'ai vu un film brésilien sur, justement,
46:07les habitants d'un immeuble à Rio, et donc les contrastes entre les différents habitants
46:13que j'ai appris à connaître.
46:16Et puis les fêtes à Rio, parce que le Brésil, c'est un pays de fêtes,
46:19et ça, ce n'est pas touristique.
46:21Les gens aiment danser, les gens aiment sortir, les gens aiment le carnaval,
46:24les gens aiment les fêtes religieuses.
46:25Il y a une espèce d'engouement pour ces moments d'enthousiasme.
46:31Le peuple brésilien, il est enthousiaste.
46:33Il est possédé par une énergie plus forte que lui.
46:36Est-ce qu'on peut dire que finalement, vous vous êtes brésiliarisé ?
46:41Oui, ma nationalité de cœur, même si je me sens redevable à la France très fortement,
46:49de la culture que la France a su me donner,
46:52ma nationalité de cœur, c'est vraiment, je suis brésilienne.
46:58J'ai des enfants franco-brésiliens, donc voilà, ce n'est pas qu'une nationalité.
47:02Mes enfants sont nés sur le territoire.
47:04Donc, il y a un contraste entre ce refus, ce rejet que vous aviez en arrivant
47:08et puis la personne que vous êtes devenue plus tard,
47:12après avoir vécu cette expérience, après toutes les rencontres qui vous ont enrichi.
47:16Et puis, quand on parle de déracinement, de perte d'identité,
47:20est-ce que, comme je le disais tout à l'heure en introduction,
47:23ce sont des conditions finalement sine qua non
47:25pour pouvoir se retrouver et se reconstruire ?
47:29Est-ce que c'est un passage obligé ?
47:31Je ne sais pas. En tous les cas, moi, ça a été mon chemin.
47:35Mon chemin, ça a été vraiment me perdre.
47:40Mais c'est une perte relative parce qu'il ne faut pas imaginer le Brésil
47:45comme étant le fin fond d'un pays sauvage.
47:50Oui, tout à fait.
47:51La culture occidentale, elle est très présente.
47:53La culture portugaise est très présente.
47:55Il y a toute une communauté française aussi là-bas.
47:57Ce n'est pas avec eux que j'ai le plus lié, mais c'est là.
48:00Et ça soutient quand même, parce que c'est ma culture d'origine.
48:03Et à partir de là, on peut acquérir d'autres éléments, d'autres cultures, etc.
48:10À partir de ce socle.
48:12Et ce socle, il est très présent, comme il est présent ici au Maroc,
48:16qui met aussi un pays de cœur.
48:18Et d'ailleurs, l'un de vos prochains écrits concerne également le Maroc.
48:21Donc, normalement, le prochain livre qui va sortir, c'est un roman qui n'a rien à voir avec le
48:26Maroc,
48:26qui se passe entre la France, l'Italie et l'Argentine.
48:29Et qui n'est pas autobiographique, celui-ci.
48:32Et qui est une grosse transformation.
48:34Vraiment, oui, qui est un roman.
48:36Vraiment un vrai roman.
48:39Et ensuite, là, je travaille déjà depuis un moment à un texte sur le Maroc.
48:46En fait, qui prend forme.
48:49Ce seront des portraits.
48:51Et à chaque portrait sera associé une nouvelle.
48:54Un portrait, une nouvelle.
48:56Un portrait, une nouvelle.
48:57Avec des contrastes énormes, avec des personnes qui ne vont pas se reconnaître directement, rassurez-vous.
49:03Ce seront des montages de plusieurs personnalités que j'ai pu rencontrer,
49:10ou plusieurs situations, etc.
49:12Tout comme les nouvelles ne seront pas des nouvelles réalistes,
49:15ce seront des nouvelles qui diront quelque chose du Maroc,
49:18mais à partir vraiment d'une fiction.
49:22Où j'essaye d'explorer différents secteurs de la société marocaine.
49:26En tout cas, on a hâte de découvrir vos prochaines...
49:29J'ai un gros boulot, hein, encore.
49:33En tout cas, on a hâte de vous lire.
49:35C'est un plaisir de lire celui-ci, mon brésil de ma brèze, que je montre à nouveau,
49:39qui a été publié aux éditions 11, comme on le disait tout à l'heure.
49:43Aux éditions 11, auxquelles je rends grâce la qualité de leur publication et de leur soutien.
49:50Merci aux éditions 11.
49:51Merci à vous, Valérie Baldène Labasti.
49:53C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir,
49:55de découvrir votre ouvrage et de le partager avec le public.
49:59En attendant, de vous relire très prochainement.
50:02Merci, merci beaucoup.
50:03C'est la fin de l'invité culture pour ce soir.
50:05Je vous souhaite une très bonne soirée.
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