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  • il y a 3 minutes
Invité sur le plateau de CNEWS, l'ancien ministre Philippe de Villiers s'est exprimé sur l'aspect sécuritaire, qualifiant les politiciens de «coupables», alors que des débordements sont attendus en marge de la finale de Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal.

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Transcription
00:00On a vécu l'année dernière, le 31 mai, une soirée d'émeutes, un moment d'épouvante, inouïche,
00:18où chacun se disait, tout à coup, la vie n'est plus la vie, elle n'est plus qu'effarement
00:28et peur,
00:32le foot n'est plus le foot, la fête n'est plus la fête, Paris n'est plus Paris, la
00:36France n'est plus la France.
00:39Et on a vécu l'année dernière un grand basculement.
00:45Pourquoi ? Parce qu'on a vécu une manifestation inédite de tribalisme, de conquête territoriale,
00:51avec trois gestes que l'histoire retiendra.
00:56Trois gestes de conquête invasive.
00:59Le premier geste de conquête invasive, c'est le pillage.
01:02Non plus un pillage comme avant, un pillage de vitrine, un pillage, comme on disait du temps de Clovis,
01:10après la bataille de Soissons, de robberie, de déroberie, pour s'enrichir.
01:15Non, un pillage de sanctions, un pillage de jouissance punitive.
01:20Un pillage qui est une sorte d'exutoire, de révélateur, de revanche postcoloniale.
01:28Sur le thème, vous êtes venus chez nous, on vient chez vous, c'est le match retour.
01:32C'est ça ce pillage l'année dernière, pour tous les sociologues qui ont regardé de près, ce qui s
01:38'est passé.
01:39Deuxième geste de conquête invasive, c'est encore plus frappant, c'est la confrontation.
01:44C'est-à-dire en fait, la police nationale, la police française, considérée comme une bande rivale,
01:50par des gens qui ne cherchent plus l'esquive comme avant.
01:53On joue à cache-cache avec la police, non.
01:55Ils cherchent l'affrontement, ils cherchent la peur,
01:57ils cherchent à faire reculer les voitures de police pour la demi-finale.
02:01Et enfin, troisième geste de conquête invasive, c'est le plus lourd, le plus important.
02:10C'est le jeu des consignes de la préfecture de police et du ministre de l'Intérieur.
02:14Restez chez vous.
02:16Ce mot-là, comment dirais-je, ce commandement impérieux,
02:21cette instruction donnée à tous les Parisiens, restez chez vous.
02:25Ça veut dire, la rue n'est plus à vous.
02:28Vous n'êtes plus chez vous.
02:30Si on dit restez chez vous, c'est parce que vous n'êtes plus tout à fait chez vous.
02:33Alors, on voit les commerçants, là tout à l'heure, je voyais, des contreplaqués partout.
02:38Ah, les fabricants de contreplaqués sont ravis.
02:42Pour se protéger, et les gens vont se calfotrer, les Parisiens vont se calfotrer et attendre.
02:48Et attendre.
02:50Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:51Restez chez vous.
02:52Ça veut dire que le chez-soi change de résident, que le souverain change de titulaire.
03:01Et c'est le passage qu'on avait prédit du confinement sanitaire, bien connu, hélas, de nos services,
03:11au confinement sécuritaire.
03:13C'est le début du confinement sécuritaire.
03:16Voilà ce qui est devant nous, voilà ce qui est derrière nous.
03:19Et en fait, je voudrais dire à tous ces politiciens qui nous gouvernent,
03:25ou qui font mine de s'opposer.
03:27Vous êtes tous coupables, tous responsables, tous complices.
03:32Parce que la politique de la ville, c'est vous.
03:34C'est une faillite.
03:37Vous avez supprimé le mot assimilation.
03:40Vous parlez maintenant de l'intégration.
03:43C'est un crime.
03:44Il n'y a pas d'intégration, il y a une désintégration.
03:47Vous avez parlé d'insertion.
03:49Vous avez parlé de société inclusive.
03:51Le rapport Thuo en 2003, société inclusive.
03:53Je t'en foutrais de la société inclusive.
03:55Et on a aujourd'hui un climat de pré-gare civile.
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