00:00Grâce à RTL Matin
00:03Et pour bien finir la semaine, c'est le trapenard du vendredi à 9h26 Augustin.
00:08La fête des mères, dimanche donc, c'est au minimum un petit message, au minimum.
00:13Oui, et tant qu'à faire, autant que ce soit avec les mots de grands auteurs.
00:16Écoutez, c'est si beau, les mots de Romain Garry sur sa mère à qui il a dédié dix ans
00:19plus tôt son roman La Promesse de l'Aube.
00:21On est en 1970, il a 56 ans, c'est ce grand gaillard barbu dans la force de l'âge,
00:27assis sur son canapé en quelques secondes, en quelques mots, il redevient un enfant.
00:32D'abord, il avait un seul trait de caractère, c'était moi.
00:35C'est-à-dire que toute sa personnalité s'était cristallisée sur moi.
00:39Elle avait eu une vie d'échec et pour elle, j'apportais une promesse de triomphe, comme elle le disait.
00:47Et avec une détermination absolue de gagner, en ce sens qu'elle voulait par-dessus tout assurer mon éducation
00:56et comme elle disait à l'époque, que tu deviennes un homme et que tu deviennes quelqu'un.
01:01Que tu deviennes quelqu'un. Romain Garry qui parle de sa mère.
01:04Rappelez-nous, rappelez-nous Augustin, ces mots de La Promesse de l'Aube
01:07qui sont sans doute parmi les plus beaux jamais écrits sur une maman.
01:10Mais oui, quand il écrit Romain Garry,
01:12Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais.
01:17On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours.
01:20Après ça, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur,
01:24ce ne sont plus que des condoléances.
01:26On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné.
01:30Jamais plus, jamais plus, jamais plus.
01:32Bon, vous conviendrez Thomas que ce bon fait de baman c'est bien, ça c'est un peu mieux.
01:36Oui, c'est très intense.
01:37Oui, c'est très intense.
01:38Non mais c'est hyper émouvant, c'est un amour tellement fort que c'est une malédiction.
01:42Oui, et ça revient d'ailleurs dans la littérature.
01:45Je vous ai retrouvé une très belle archive d'Albert Cohen
01:46qui parle de cet amour inconditionnel presque maudit.
01:50Albert Cohen, dont l'un des plus beaux livres, s'appelle justement Le Livre de ma mère.
01:53On est en 1977, dans Apostrophe.
01:56Au micro, vous allez l'entendre de Bernard Pivot.
01:58Et je revois ma pauvre mère en pleurant, se sentant coupable.
02:03Et elle m'a consolé tout de suite, m'a pris sur ses genoux.
02:06Ce qu'elle avait de particulier, ma mère, c'est qu'elle n'avait pas de moi.
02:12Son moi, c'était son fils.
02:14Ce livre, je l'ai écrit pour venger ma mère.
02:19A venger de quoi ?
02:20De son fils.
02:22Vous étiez pourtant un bon fils.
02:24Par saccade.
02:26Mais les fils sont une engence affreuse.
02:29Ils sont jeunes et, vous le disiez tout à l'heure, ils ne savent pas que leur mère est mortelle.
02:37C'est fort.
02:40Vous nous prenez ce matin.
02:41En fait, ce que nous rappellent Albert Cohen et Romain Garry avant lui, c'est qu'il faut écrire à
02:45nos mères,
02:46il faut écrire nos mères, avant que ce soit trop tard.
02:49Avec leurs mots, moi je trouve qu'il n'y a rien de plus beau.
02:52Bonne fête, maman.
02:53Bonne fête, maman.
02:54On va embrasser les nôtres.
02:55Merci beaucoup, Augustin.
02:57L'invité de variété demain.
02:58Bonne fête, maman.
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