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  • il y a 4 mois
«Ce collectif a oublié qu'un professeur est celui qui sauve un gamin de l'errance», pour le journaliste Marc Menant. Il est revenu sur une éventuelle panthéonisation de Samuel Paty.

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Transcription
00:00C'est attristant, c'est affligeant, c'est désespérant.
00:04Il y a un collectif qui s'appelle Agionamento.
00:09Alors ça se traduit comment ?
00:10C'est en quelque sorte adapter le monde,
00:16les traditions au monde contemporain, donc les idées.
00:20Et à partir de là, la liberté n'a plus tout à fait la même signification.
00:26Alors j'ai lu la lettre qu'ils ont faite,
00:30et sous le sens du collectif.
00:32Pour eux, ce qui prime, c'est le collectif.
00:35Vous savez, moi ça me gassait quand j'étais gamin à l'école,
00:37parce que si quelque chose ne me plaisait pas,
00:40je n'allais pas dire, parce que sinon ils se sont là,
00:42ils se convainquent, on va dire au prof, c'est toi qui le dites,
00:45il faut qu'il y ait un groupe.
00:46Moi je j'ai dit, c'est, et puis je...
00:49Ben oui, il n'était pas question d'attendre une mobilisation générale.
00:53Bien, eux ne vivent que par le collectif.
00:56L'individu est dissous, l'individu n'existe pas.
01:00C'est donc là aussi un signe.
01:03Mais alors, quand on note la manière dont ils sont sceptiques
01:07sur cette hypothèse de Samuel Paty au Panthéon.
01:13Ils disent, eh bien voilà, il y a eu l'atroce assassinat
01:19de notre confrère et collègue Samuel Paty,
01:21mais c'est tout autant dramatique dans le cas de Dominique Bernard,
01:28d'Agnès Lassalle, de Mélanie Grapinet.
01:32Ce sont les noms, quels que soient les motifs de l'assassin,
01:37des assassins, pour nous, son assassinat n'est qu'un acte de criminalité.
01:43C'est-à-dire qu'on a un professeur qui a osé, dans ce monde,
01:48il faut quand même remettre les choses en considération,
01:51dans ce monde où l'épreuve constamment baisse,
01:54pour la plupart, la tête.
01:56On, je dirais, alors c'est difficile d'utiliser ce mot
02:00parce que pour certains, ils sont un peu frêles,
02:03ils ont peur qu'on les attende à la fin de la récré,
02:06mais bon, ils ont, osons quand même le terme,
02:10lâcheté d'admettre que tel sujet ne peut être abordé
02:14parce que ça peut fusquer un tel.
02:17On ne peut pas non plus traiter d'un domaine de connaissances
02:22parce que ça risque de chiffonner une croyance.
02:27Eh bien, lui, il a dit, écoutez, je suis là pour quoi ?
02:30Non pas pour vous se fusquer, pour vous blesser,
02:33Je suis là pour essayer de vous ouvrir l'esprit,
02:37c'est-à-dire apprendre à raisonner.
02:39On ne dit pas, je pense ça.
02:42On développe pourquoi on pense cela.
02:47Je veux qu'à un moment donné,
02:48vous puissiez avoir la jubilation de mener un raisonnement.
02:54Et alors, vous aurez réussi le principe républicain
02:58qui est celui d'avoir conquis son libre-arbitre.
03:02Et ça, c'est formidable.
03:04Alors, eux, ils se fusent, ils disent,
03:06mais d'abord, le Panthéon en tant que tel,
03:09ça veut dire quoi ?
03:10On pourrait discuter sur le Panthéon.
03:12C'est quoi ce temple des grands hommes ?
03:15Est-ce que l'on ne devrait pas plutôt saluer des collectifs ?
03:18L'obsession du collectif.
03:20Mais ils oublient la réalité qui est
03:23qu'un professeur, un instituteur,
03:25est celui qui va sauver le gamin de l'errance,
03:29qui va sauver le petit membre
03:30qui ne sait pas ce qu'il doit faire.
03:32C'est Louis Germain et Camus.
03:37Que dit Camus ?
03:39Il ne cesse de révérer son instituteur,
03:44Louis Germain,
03:45qui lui a donné ce goût,
03:47qui lui a donné le goût de l'écriture,
03:49qui a transformé son existence.
03:51C'est quoi un collectif ?
03:53Un collectif, c'est l'aéropostale.
03:57C'est une aventure extraordinaire.
03:59Mais s'il n'y a pas une image,
04:00un homme qui donne le ton,
04:03celui qui crée l'entraînement,
04:04l'émulation, en l'occurrence Mermoz,
04:06il n'y a pas de collectif.
04:09Et donc, aujourd'hui,
04:10nous avons ces gens
04:12qui oublient toute référence à l'être,
04:15et je dirais au respect de l'être,
04:17et qui, au nom de la victimisation,
04:19l'optimisation de la peur,
04:23de la stigmatisation,
04:25veulent faire en sorte
04:26que les enfants n'existent pas,
04:28qu'ils soient perdus dans un groupe.
04:30Et quand on est perdu dans un groupe,
04:32c'est au sens littéral du terme,
04:34et on finit les soirs de matchs de football,
04:37non pas dans l'allégresse
04:39pour avoir passé un bon moment avec les copains,
04:43mais dans l'allégresse d'une destruction,
04:45car on se hait tellement,
04:47car on ne sait pas qui on est,
04:48on n'a pas de libre arbitre.
04:50Donc, comme on ne se connaît pas,
04:51on se déteste,
04:52on déteste tout,
04:53et on casse tout.

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