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Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée, était l’invitée du Face-à-Face de ce vendredi 22 mai sur BFMTV et RMC. Elle a été interrogée notamment sur la présidentielle de 2027, ses désaccords avec Jordan Bardella, la hausse des prix du carburant ou encore l'affaire Patrick Bruel.

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Transcription
00:00Il est 8h26 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Marine Le Pen.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:06Vous y répondrez d'ailleurs jusqu'à 9h exceptionnellement.
00:09Beaucoup, beaucoup de questions à vous poser sur votre candidature d'ailleurs également
00:14puisque vous êtes toujours au moment où l'on se parle candidate à l'élection présidentielle.
00:17Vous êtes président du groupe RN à l'Assemblée Nationale.
00:19Vous êtes député du Pas-de-Calais mais d'abord évidemment les aides annoncées hier par Sébastien Lecornu.
00:25Je me souviens que le 24 mars dernier vous aviez dit, je vous cite,
00:28l'État se comporte comme un profiteur de crise.
00:30Vous pointiez du doigt des recettes indues liées à la flambée du carburant.
00:35Hier Sébastien Lecornu a dit les caisses sont vides
00:37et il a dit d'ailleurs qu'il n'y avait pas de cagnotte ni cachée ni pas cachée
00:42puisque deux mois plus tard, côté rentrée fiscale c'est quasiment rien.
00:46Il estime qu'il y a 10 millions juste d'euros qui sont rentrés dans les caisses depuis le début
00:51de la crise.
00:53Est-ce que vous dites toujours que c'est un profiteur de crise ?
00:55Non mais nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.
00:57La réalité c'est qu'on savait pertinemment qu'à partir du moment où le prix des carburants atteignait de
01:02tel niveau,
01:03ça allait avoir un effet récessif, c'est-à-dire un effondrement en réalité de la consommation.
01:09Donc les bénéfices que l'État souhaitait tirer, ce qui a été le cas dans un premier temps,
01:15en réalité refus parce qu'à un certain niveau les Français renoncent.
01:19Ils renoncent à se déplacer avec toutes les conséquences que ça peut avoir sur l'activité économique.
01:26Donc vous n'êtes pas surprise ?
01:28Non, je ne suis pas surprise.
01:29Mais si, comme nous le souhaitions, il avait baissé la fiscalité sur les carburants,
01:35les Français auraient continué à consommer des carburants dont ils ont besoin pour vivre, pour se déplacer, pour travailler.
01:43Ça veut dire que vous dites ce matin Marine Le Pen, si effectivement il avait baissé les taxes dès le
01:48début,
01:48dès le mois de mars en gros, on ne serait pas en crise aujourd'hui ?
01:51Ah bon, il n'y aurait pas en tout cas cette baisse de la consommation,
01:54avec toutes les conséquences encore une fois, avec leur effet récessif sur l'économie, c'est sûr.
01:59La guerre sera longue, dit Sébastien Lecornu.
02:01On n'a pas fini de subir.
02:03Alors il n'y aura pas de baisse de taxes,
02:05mais il y aura des aides toujours ciblées, pour certaines doublées.
02:08Comment vous réagissez ?
02:12Franchement, le déploiement de moyens de cette conférence de presse hier
02:17est inversement proportionnel à l'importance des annonces qui ont été faites.
02:22Il aurait pu se contenter d'un communiqué de presse,
02:24plutôt qu'amener cette ministre pour expliquer qu'en réalité l'État va faire un effort de 200 millions par
02:32mois.
02:32C'est de l'affichage ?
02:33Oui, de 200 millions par mois, à destination de ceux qui, s'ils ne les ont pas, vont fermer les
02:42boutiques.
02:42En réalité c'est ça, parce qu'on essaie de donner le minimum
02:46pour qu'un certain nombre de secteurs ne s'effondrent pas sur eux-mêmes.
02:51Mais ce n'est évidemment pas la hauteur des difficultés qui sont celles aujourd'hui des Français,
02:56et même de ceux qui bénéficient des aides.
02:59Parce que vous voyez bien que les aides qui sont accordées ne sont pas à la hauteur de l'augmentation
03:05auxquelles ces secteurs font face.
03:07Et d'ailleurs, par exemple, dans le transport, les professionnels nous disent
03:11qu'ils sont incapables en réalité de répercuter la hausse du carburant sur leurs propres clients.
03:17Donc tout ça, ce sont des affaiblissements d'entreprise.
03:20Il y a déjà 70 000 défaillances d'entreprise, c'est un record absolu.
03:25Et donc, le gouvernement n'est pas à la hauteur dans ce qu'il propose
03:31pour pouvoir permettre le moindre optimisme.
03:35Vous en parlez presque avec une sorte de...
03:38Vous dites de toute façon quoi ? Vous n'en attendiez pas autre chose ?
03:41Non, je n'en attendais pas autre chose, puisqu'il avait dit lui-même
03:44qu'il refusait précisément de mettre en place la baisse que nous souhaitons
03:51de la fiscalité sur le carburant, puisque nous souhaitons que la TVA baisse de 20 à 5,5.
03:58Nous souhaitons que les certificats d'économie d'énergie qui renchérissent le prix soient supprimés
04:05et même qu'on puisse agir sur la taille CPE de manière transitoire.
04:09Dans le contexte actuel ?
04:17Vous maintenez qu'il faut baisser les taxes ?
04:19Bien sûr, parce qu'en réalité, tout ça est une histoire de choix, de choix politique.
04:24Il ne s'agit pas de geler la situation.
04:28Parce que geler la situation, ça veut dire que le gouvernement refuse de faire des économies.
04:32En fait, c'est ça.
04:32La réalité, c'est qu'il refuse de faire des économies sur d'autres sujets.
04:36Et nous, nous disons, il faut faire cet effort fiscal pour les Français.
04:40Et par ailleurs, nous l'avons fait dans le contre-budget que nous avons présenté,
04:44il y a énormément d'économies à faire sur ce que nous considérons à des mauvaises.
04:48Alors, vous allez me dire où vous feriez, vous, les économies.
04:50Mais quand je regarde nos voisins, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, qui ont baissé les taxes.
04:54L'Espagne a baissé la TVA à 10% jusqu'à fin juin.
04:57Le coût, c'est 5 milliards.
04:58Et fin juin, mécaniquement, l'essence va remonter.
05:01Mais alors, d'un coup.
05:01Est-ce que vraiment, c'est souhaitable ?
05:03Non, mais moi, je ne vais pas...
05:04L'essence n'augmenterait pas d'un coup, puisque, encore une fois, la baisse de la TVA de 20 à
05:085,5 que nous souhaitons,
05:09parce que l'énergie est un bien de première nécessité, serait pérenne.
05:14Parce qu'il faut bien comprendre une chose, c'est qu'à côté de l'augmentation des carburants, il y
05:18a tout le reste.
05:19Mais regardez, je veux dire, l'Italie, elle a baissé, elle a baissé, effectivement, les taxes.
05:23Et juste après l'avoir fait, elle s'est rendue compte que ça lui coûtait tellement cher
05:27qu'elle a déjà renoncé à le faire sur l'essence.
05:30Elle ne le fait plus que sur le diesel.
05:32C'est leur problème, mais est-ce que leur taux de fiscalité est le même ?
05:34Est-ce que vous ne vous heurteriez pas au même réel que l'Italie ?
05:38Non, non, non, non.
05:39Est-ce que le taux de fiscalité de l'Italie est aussi important sur le carburant que celui de la
05:44France ?
05:44Donc, parallèlement, encore une fois, au carburant, le fuel a pris 55%.
05:47Aujourd'hui, les Français n'arrivent plus à remplir leur cuve.
05:51Ça veut dire que l'hiver prochain, ils ne vont pas se chauffer.
05:54Le gaz a pris 20% en un an.
05:56Le soufre a augmenté de 90%.
06:01L'urée de 60%.
06:04Le bitume de 40%.
06:05Vous voyez, il y a un effet cumulatif, en réalité, qui, aujourd'hui, met honnêtement les Français dans une situation
06:11intenable.
06:12Total va prolonger ses plafonnements, finalement, à ce week-end de grand départ de Pentecôte.
06:19Mais après, on ne sait pas.
06:21Pour l'instant, c'est censé être le dernier week-end.
06:23Qu'est-ce que vous dites à Total, aujourd'hui ?
06:24C'est bien le problème.
06:25C'est pour ça que je préfère qu'il y ait une taxe sur les surprofits, plutôt que d'attendre
06:30la bonne volonté de Total, qui peut en avoir, mais qui peut aussi décider de ne plus en avoir de
06:36bonne volonté.
06:37Vous voyez, c'est plus simple, à mon avis, et plus juste de mettre en place une taxe sur les
06:42surprofits, c'est-à-dire les profits qui sont générés en été, sans que la qualité de l'entreprise, sa
06:48stratégie, soit à l'origine de cette augmentation.
06:52Et c'est aussi, d'ailleurs, plus juste que le super IS qui a été choisi, qui est la voie
06:58qui a été choisie par le gouvernement et contre laquelle nous étions.
07:01Dans les choix budgétaires qui sont faits, vous dites, au fond, l'État ne fait pas les bons choix.
07:05C'est une question aussi, au fond, d'attribution de l'argent public.
07:09Il y a quand même une chose qui coûte très cher à l'État, c'est la question des retraites.
07:13Je voudrais vous interroger parce que je ne sais plus quel est votre programme sur les retraites.
07:16C'est le même que celui de 2022 en l'État.
07:20Donc vous êtes toujours pour un retour à la retraite à 62 ans, voire 60 pour ceux qui ont commencé
07:26à travailler.
07:26Mais en réalité, je crois que Jean-Philippe Tanguy a raison.
07:30Cette réforme n'a pas été comprise par nos interlocuteurs.
07:35Ça n'est pas une réforme paramétrique.
07:37D'ailleurs, on voit que les réformes paramétriques ont toujours été inefficaces.
07:40Plus on demande aux gens de travailler longtemps, plus en réalité, le déficit continue.
07:43Donc ça n'est pas la bonne technique.
07:45Ça veut dire qu'en fait, on n'agit que sur l'âge du départ à la retraite.
07:51La vraie question, c'est comment est-ce qu'on règle le problème de la retraite sur les fondamentaux qui
07:57sont ceux de notre système de répartition.
07:59C'est-à-dire comment on agit sur la productivité, comment on agit sur le taux d'activité en France
08:04qui est beaucoup trop bas,
08:06et comment on agit sur la création de richesses.
08:09Et tout ça, c'est un ensemble.
08:11Notre réforme, à nous, elle part du principe qu'on n'est pas assez à travailler en France.
08:15Et c'est vrai, on n'est pas assez à travailler en France.
08:18Notre taux d'activité est 10 points inférieurs.
08:19Donc vous voulez que les gens commencent à travailler plus tôt, notamment, et travaillent plus tard ?
08:23Donc cette réforme, elle avait deux objectifs.
08:26D'abord, c'était faire entrer les jeunes sur le marché du travail plus tôt.
08:32Mais ça, tout le monde le veut.
08:33Quand vous écoutez le gouvernement, il vous dit qu'il veut bosser sur le chômage des jeunes et le chômage
08:37des seniors.
08:37Oui, mais il ne fait aucune incitation.
08:38Cette réforme des retraites que nous proposons, qui permet, lorsque vous commencez avant 20 ans,
08:43de pratiser 40 annuités et de partir à 60 ans, c'est une forte incitation pour les jeunes pour rentrer
08:50sur le marché du travail.
08:51C'est une vraie incitation.
08:53Donc il faut que les jeunes travaillent plus tôt.
08:56Ça, c'est une absolue certitude.
08:58Il n'y a pas que ça.
08:59Il y a l'apprentissage.
09:00Il y a la réindustrialisation qui est nécessaire.
09:03Il y a la baisse de la fiscalité de production.
09:06Mais dans cet ensemble, Marine Le Pen, vous maintenez un départ à la retraite à 62 ans.
09:12Oui.
09:13Parce que la question a été posée à Jordan Bardella.
09:16Vous l'avez, j'imagine, lu.
09:17L'interview qu'il a donnée à nos confrères allemands du Frankfurter Allgemeine Zeitung.
09:22La question, c'est, êtes-vous pour un âge de la retraite plus élevé ?
09:25Et Jordan Bardella répond, nous examinons actuellement cette question.
09:28Non, ce que nous examinons, c'est parce qu'il nous manque un bout sur lequel ça mérite qu'on
09:34travaille encore.
09:35Et on sera prêt pour la présidentielle.
09:36C'est comment est-ce qu'on fait augmenter le taux d'activité des seniors.
09:40Parce qu'aujourd'hui, c'est bien gentil de vouloir faire travailler les gens 64, 65, voire 67 ans,
09:45comme M. Édouard Philippe le souhaite.
09:47Il n'y a qu'un malheur, c'est que les entreprises les virent à 55, vous voyez ?
09:51Donc, je veux dire, et ça, pour l'instant, nous sommes en train de réfléchir pour savoir comment on met
09:57en place des incitations,
09:59soit pour que les seniors aient un avantage à continuer à travailler, y compris à temps partiel,
10:04alors qu'ils sont déjà à la retraite,
10:07soit pour négocier avec les entreprises,
10:11pour qu'elles arrêtent, tout en réclamant une augmentation de la durée de travail dans la vie,
10:18qu'elles arrêtent de les considérer comme inemployables à côté de 60, voire 55 ans.
10:25Est-ce que ça veut dire, Marine Le Pen, que si vous ne trouvez pas de...
10:27C'est-à-dire si vous vous heurtez, effectivement, au fait qu'en France,
10:30même si vous arrivez au pouvoir, imaginons, vous êtes élu,
10:34mais vous vous rendez compte qu'au fond, vous mettez énormément de temps à réussir,
10:38à prolonger, à faire en sorte que les entreprises gardent,
10:41en effet, comme vous dites, les gens en activité plus longtemps,
10:43ça veut dire que vous suspendrez ce retour à 62 ans ?
10:46Ou vous le ferez quand même ?
10:47Vous ferez quoi qu'il arrive ?
10:47Cette réforme, c'est une très bonne réforme.
10:50Ok, donc vous faites quoi qu'il arrive, on reste sur les 62 ans.
10:51C'est une réforme qui est, encore une fois, juste et économiquement pertinente et performante.
11:00Elle est juste aussi parce qu'il y a quand même une forme d'injustice aujourd'hui.
11:04C'est que celui qui commence à travailler avant 20 ans,
11:08il va cotiser un nombre d'annuités beaucoup plus importante
11:11que celui qui commence à travailler à 30 ans.
11:14Et ça, je trouve que ça n'est pas juste.
11:16Mais ça veut quand même aussi dire que celui qui a commencé à travailler à 30 ans,
11:19il pourra partir à 62 ?
11:20Oui.
11:20Ben non, celui qui...
11:21Non, parce qu'il y a des annuités quand même nécessaires.
11:24Donc vous faites le mélange quand même entre les deux.
11:26On est d'accord, mais vous savez qu'à compter de 67 ans,
11:28il y a en quelque sorte...
11:30Mais vous comprenez que celui qui commence à travailler avant 20 ans,
11:33en règle générale, a un travail plus difficile
11:35que celui qui commence à travailler à 30 ans,
11:37parce que celui qui commence à travailler à 30 ans a fait des longues études
11:40et donc, en règle générale, a un travail...
11:42Il y a une chose que je voudrais comprendre, Marine Le Pen,
11:45c'est est-ce que le programme, vous dites,
11:47on sera prêt pour la présidentielle ?
11:49On sait bien, évidemment...
11:49On améliorera...
11:50Tout est toujours améliorable, vous voyez ?
11:53Ce que je veux dire, nous, on ne s'arrête pas en disant
11:54on est les meilleurs, on a trouvé un truc génial
11:56et donc, on arrête de travailler.
11:58On travaille tout le temps, en permanence, depuis 2022,
12:01on a énormément travaillé pour trouver des solutions améliorées,
12:05celles qu'on avait d'ores et déjà proposées,
12:07pour que les choses soient les plus performantes possibles.
12:09Ma question, c'est, le 7 juillet,
12:12on saura si vous pouvez être candidate à la présidentielle
12:16et si ce n'est pas vous, on l'a bien compris,
12:18ce sera Jordan Bardella.
12:19Le programme, que ce soit vous ou Jordan Bardella,
12:22il y aura zéro changement ?
12:24Je ne peux pas vous dire ça,
12:26parce que, de toute façon, nous allons être amenés
12:28à faire, Jordan et moi, des arbitrages.
12:30Là, on démarre...
12:33Avez-vous la même vision ?
12:34Un cycle extrêmement...
12:36Avez-vous la même vision économique ?
12:37Oui, je crois qu'on a la même vision économique.
12:39D'ailleurs, nous avons défendu le même programme
12:41et en 2022, et en 2024,
12:44sans que ça ne pose aucune difficulté.
12:46Alors, je sais que le monde journalistique
12:49adore essayer de jouer le jeu des 7 différences.
12:52Ah oui, mais là, il n'a pas utilisé le même terme que...
12:55Nous avons les mêmes objectifs,
12:58nous avons le même projet,
13:00nous en discutons.
13:01Parfois, nous sommes amenés à faire des arbitrages,
13:03nous les faisons ensemble,
13:05et nous entrons, là, dans une série de réunions
13:08qui vont être nombreuses,
13:11lui, moi et nos équipes,
13:13pour effectuer les derniers arbitrages.
13:15Ma question est moins un jeu des 7 différences
13:17que de savoir, au fond,
13:17quel poids vous accordez à l'incarnation
13:20pour la présidence de la République.
13:22C'est-à-dire, est-ce qu'au fond,
13:23le programme, que ce soit vous ou lui,
13:24de toute façon, il est arrêté,
13:25et donc ça ne changera rien ?
13:27Ou est-ce que vous considérez que vous,
13:28comme lui, vous avez des convictions,
13:30vous avez une manière de faire la politique
13:32qui est différente ?
13:32Mais la manière n'est pas la même.
13:35Encore une fois, le fait que nous soyons d'accord...
13:36Est-ce qu'il y aura une marge ?
13:37Le fait que nous serons d'accord...
13:38Est-ce que vous en aurez ?
13:40Mais évidemment qu'un candidat à la présidentielle
13:42a l'intégralité des marges qu'il veut,
13:45qu'il souhaite.
13:46Mais je crois que pour qu'on utilise ces marges,
13:50encore faut-il avoir des divergences,
13:52et des divergences profondes.
13:54Nous n'en avons pas, je suis désolée de le dire,
13:56parce que je sens que ça plairait à certains
13:57qu'on ait vraiment des différences considérables.
14:00On n'en a pas.
14:00Voilà, et si je suis candidate,
14:03il sera mon premier ministre.
14:05Vous imaginez bien qu'il est quand même mieux
14:07que nous ayons les mêmes convictions.
14:09Mais ce ne sera pas l'inverse, par contre.
14:10Non, ce ne sera pas l'inverse.
14:11Qu'est-ce que vous ferez si le 7,
14:13on vous dit que vous ne pouvez pas être candidate ?
14:15Eh bien, je ferai la campagne de Jordan Bardella.
14:18Vous n'arrêterez pas, vous ne vous retirerez pas,
14:21vous ferez la campagne activement à ses côtés,
14:23vous continuerez à être tous les deux...
14:25Mais oui, parce que si vous voulez,
14:26je ne me suis jamais battu pour moi-même.
14:28Je me bats pour des idées.
14:30Voilà, je me bats pour que nos idées arrivent au pouvoir,
14:33parce que je pense qu'elles sont bonnes
14:35pour la France et pour les Français.
14:37Donc, il ne s'agit pas de dire
14:38que je vais arrêter de combattre
14:40au motif que ce n'est pas moi qui suis candidate.
14:43Vous savez, j'ai combattu,
14:45j'ai défendu d'autres candidats,
14:47au moins un autre candidat pendant longtemps.
14:50Jean-Marie Le Pen.
14:51Et demain, si la justice,
14:53ce que je considérais quand même
14:54comme un déni démocratique majeur,
14:58m'empêchait d'être candidate,
15:00eh bien, je continuerai à défendre
15:01les idées auxquelles je crois.
15:03Vous, présidente,
15:04il serait où le Charles de Gaulle ?
15:06Moi, ça ne me pose pas une difficulté majeure
15:09qu'il soit là où il est actuellement.
15:11Je pense que le porte-avions
15:14est un élément de puissance de notre pays.
15:17C'est la raison, d'ailleurs,
15:17pour laquelle je me suis prononcé
15:18pour qu'il y ait un deuxième porte-avions.
15:20Je sais qu'un certain nombre
15:21de membres du gouvernement
15:22ont une vision un peu différente.
15:25Mais je pense que ce porte-avions,
15:27il incarne, en quelque sorte,
15:28la puissance française.
15:30Maintenant, a-t-il une utilité autre
15:33que celle-là au moment où nous nous parlons ?
15:35Manifestement, non.
15:36Je vais vous poser des questions,
15:37évidemment, sur les ZFE,
15:39y compris sur aussi des questions de société,
15:41sur ce qui s'est passé la nuit dernière à Paris.
15:42Mais quand on regarde le contexte,
15:44il est évidemment dû à ce qu'il se passe là-bas.
15:47Vous, présidente,
15:48est-ce que vous resteriez, par exemple,
15:50dans le commandement intégré de l'OTAN
15:51ou est-ce que vous le quitteriez
15:52comme c'était votre programme initialement ?
15:54Non, je pense qu'il faut sortir
15:55du commandement intégré de l'OTAN.
15:57Il faut rester dans l'OTAN.
15:58Je le redis parce que parfois,
16:02mes propos sont dénaturés.
16:03Il faut rester dans l'OTAN,
16:04mais il faut sortir...
16:05C'est une question de gouvernance.
16:06Exactement.
16:07Il faut sortir du commandement intégré de l'OTAN.
16:09Et le fait de sortir du commandement intégré de l'OTAN
16:11n'empêche absolument pas
16:12d'avoir une interopérabilité
16:14entre les armées et les armées alliées.
16:18Mais vous en sortiriez là ?
16:20C'était le cas avant que Nicolas Sarkozy
16:22ne décide de réintégrer le commandement intégré de l'OTAN.
16:44à la suppression de l'OTAN.
16:45Mais j'ai entendu il y a plusieurs années
16:47le président de la République dire
16:48que l'OTAN est une coquille vide
16:50et je m'attendais à ce qu'il fasse des propositions.
16:52Moi, j'ai fait des propositions
16:53pour que l'OTAN se réoriente
16:55dans le cadre de la lutte
16:56contre le fondamentalisme islamiste
16:58parce que je pense que c'est un des plus grands dangers
17:00qui pèsent sur l'ensemble de nos pays.
17:04Bon, donc je propose quelque chose.
17:06Lui, il dit que c'est une coquille vide
17:07et puis point.
17:08Et donc, en réalité,
17:09on dépend de la décision de Donald Trump.
17:11C'est quand même un peu regrettable.
17:12Vous quitteriez le commandement intégré de l'OTAN
17:14dès votre arrivée au pouvoir ?
17:15Oui, enfin, dès notre arrivée au pouvoir,
17:17dans le quinquennat.
17:18Vous allez encore me dire que je joue aux différences,
17:20mais ce n'était pas cette question-là.
17:22Mais il se trouve que c'est Jordan Bardella
17:23qui l'a dit.
17:24Lui, lorsqu'il a été interrogé la dernière fois là-dessus,
17:26il dit qu'on ne le ferait pas tout de suite
17:28parce qu'on ne change pas les traités en temps de guerre.
17:30Mais oui, mais il a raison.
17:32Il a raison.
17:32Tant qu'il y a la guerre,
17:34et notamment la guerre en Ukraine à l'époque,
17:37je pense que ça n'est pas de bonne politique.
17:40Mais c'est notre objectif.
17:41Qui seront vos alliés ?
17:43Donald Trump, Georgia Meloni ?
17:46Est-ce qu'il faut reparler avec la Russie ?
17:48Est-ce qu'il faut aller en Chine ?
17:49Mais il faut parler à tout le monde.
17:51Je vais vous dire.
17:52En fait, c'est ça le concept même de la diplomatie,
17:54c'est de parler à tout le monde.
17:54Parce qu'à force de ne plus parler à personne,
17:57eh bien, on ne joue plus en réalité aucun rôle.
18:00Et l'effondrement de l'influence française
18:03est aussi lié à une problématique
18:08qu'a Emmanuel Macron.
18:08C'est qu'il a tendance à se fâcher avec la terre entière.
18:12J'ai souvent l'occasion de dire,
18:13il a quand même réussi à se fâcher avec le Maroc et l'Algérie en même temps,
18:16ce qui en fait n'arrive jamais.
18:17Il veut se réconcilier avec l'Algérie ?
18:19Ou l'un ou l'autre.
18:20Il veut se réconcilier avec l'Algérie ?
18:23Oui, mais...
18:23Vous auriez envoyé vos ministres en Algérie ?
18:25Non, mais moi, je crois qu'avec l'Algérie,
18:28il n'agit pas de la bonne manière, si vous voulez.
18:30L'Algérie est un pays indépendant depuis 1962.
18:36Donc l'Algérie, indépendante à 64 ans,
18:39elle est adulte.
18:40C'est une nation souveraine.
18:41Mais il faut qu'elle se comporte comme une nation souveraine.
18:44Donc, s'il s'agit de se comporter comme une nation souveraine,
18:47en respectant le droit international,
18:49en arrêtant de faire peser sur la France
18:52les responsabilités qui sont les responsabilités
18:54du gouvernement algérien sur les difficultés,
18:56notamment économiques et sociales,
18:57qui sont les scènes.
19:00Nous, on est prêts à discuter.
19:02Parce qu'il faut discuter avec tout le monde.
19:04Mais s'il s'agit de continuer à voir
19:06nos compatriotes être traités de manière scandaleuse,
19:10comme ça a été le cas pour Bolem Saint-Salle,
19:12comme c'est le cas pour Anglaise,
19:13à se faire cracher au visage,
19:15à demander à la France des génouflexions ininterrompues,
19:19pour nous, ce sera non.
19:21Voilà, c'est aussi clair que ça.
19:22Gérald Denarmanin parle d'un éventuel traité d'amitié.
19:25Un nouveau traité d'amitié avec l'Algérie.
19:27Mais tout ça, ce sont des mots.
19:31Ce qu'il faut, c'est que l'Algérie récupère
19:36les OQTF algériens.
19:37C'est assez simple comme concept.
19:40Il faut qu'elle arrête de refuser d'appliquer
19:43le droit international.
19:44Il faut qu'elle arrête, encore une fois,
19:46d'accuser la France de tous les maux,
19:48alors qu'une grande partie des responsabilités
19:51sont les leurs dans la situation de l'Algérie.
19:54Et si elle se comporte en nation mature,
19:57en nation majeure,
19:59au sens qu'elle n'est pas dans la minorité,
20:03elle a la majorité,
20:05vous voyez ce que je veux dire ?
20:07Eh bien, il y a très certainement
20:09moyen de que la situation s'améliore.
20:12Vous parliez de la question des OQTF.
20:13En l'État, c'est non.
20:14En l'État, c'est non.
20:16Laurent Nunez, qui était mon invité cette semaine,
20:17disait que son homologue,
20:19c'est-à-dire le ministre des Affaires de l'Intérieur algérien,
20:21allait venir, probablement la semaine prochaine en France.
20:24Est-ce que vous êtes favorable, vous, justement, au pouvoir ?
20:26Vous seriez pour ce genre de dialogue ?
20:28Est-ce qu'il faut dialoguer ?
20:29C'était l'inverse que demandait Bruno Retailleau.
20:30Il faut dialoguer avec toutes les nations
20:34parce que ça permet de défendre les intérêts de la France.
20:37Donc, il faut dialoguer,
20:38mais il ne faut pas s'agenouiller.
20:41C'est là où je crois que le gouvernement
20:43a du mal à voir la différence.
20:45Nous n'avons pas à nous agenouiller
20:47devant l'Algérie,
20:50qu'il faut bien le dire,
20:51à l'égard de la France,
20:52c'est un comportement qui est éminemment critiqué.
20:55Vous avez vu sans doute les images
20:57qui ont été diffusés par le ministre de la Sécurité intérieure israélien
21:00où on voit des militants d'une flottille pro-palestinienne
21:03qui ont été menottés à genoux,
21:05plaqués au sol, la tête baissée.
21:07L'ambassadeur d'Israël en France
21:09a été convoqué officiellement par le Quai d'Orsay,
21:12même si lui-même, comme Benjamin Netanyahou,
21:14condamne les agir de leur ministre de la Sécurité intérieure.
21:18Quelle est la position que doit avoir la France ?
21:20Je crois que la France doit condamner ce type de comportement.
21:24Ce comportement est inadmissible.
21:27C'est inadmissible et je pense que le gouvernement israélien
21:31l'a lui-même admis.
21:34Il faut espérer maintenant qu'il en tire les conséquences.
21:37Il y a 37 Français parmi ces militants
21:41qui ont été arrêtés en Israël.
21:44Oui, mais je pense que la France a bien fait
21:46d'exprimer sa très vive réprobation de ce type d'agissement.
21:50Marine Le Pen, les ZFE, finalement, s'est rétabli.
21:54Le Conseil constitutionnel a rétabli les ZFE,
21:56les zones à faible émission, hier,
21:58au motif qu'il s'agissait d'un cavalier législatif.
22:01En gros, l'idée, c'est que ce soit un morceau de loi
22:04qui n'a rien à voir avec la loi principale.
22:06Comment est-ce que vous réagissez ?
22:07Je pense que c'est une analyse éminemment politique
22:10de la part du Conseil constitutionnel.
22:11Parce que le fait de permettre à des gens
22:13qui sont interdits d'aller travailler,
22:15d'aller rencontrer leurs clients dans les grandes villes
22:17au motif qu'ils ont une voiture trop vieille,
22:19si ça n'a pas de lien avec la simplification de l'économie,
22:23je ne vois pas avec quoi ça a un lien.
22:25Donc, le Conseil constitutionnel,
22:28avant, avait une vision restrictive
22:31de ces cavaliers législatifs.
22:33Aujourd'hui, il en a une vision extrêmement extensive.
22:36C'est ainsi, d'ailleurs, qu'il a pu considérer
22:38par le passé, il y a quelques mois,
22:40que le fait de repénaliser
22:42le séjour irrégulier des immigrés
22:44n'avait rien à voir avec la loi immigration.
22:45Il n'y avait ni lien direct, ni lien indirect.
22:48Bon, ça me pose un problème, moi, je vais vous dire.
22:50Parce que quand il a été auditionné,
22:51M. Ferrand s'était engagé à quelque chose.
22:53M. Ferrand, c'est le président du Conseil constitutionnel.
22:55Voilà. Le président du Conseil...
22:56Enfin, à l'époque, le candidat
22:57à la présidence du Conseil constitutionnel
22:59s'était engagé à ne pas se prendre pour un législateur
23:02et à ne pas se prendre pour un constituant.
23:04Or, c'est exactement ce qu'il fait aujourd'hui.
23:07Et je pense que le Conseil constitutionnel
23:09a tort et affaiblit beaucoup son autorité
23:13en se comportant ainsi.
23:14Parce que ce que veut le peuple français
23:16doit être respecté.
23:18Et ça n'est pas par des arguities juridiques
23:20du type de celles utilisées par le Conseil constitutionnel
23:23qu'il empêchera les Français
23:25d'obtenir ce qu'ils veulent.
23:26Alors, nous allons demander
23:27à la présidente de l'Assemblée nationale
23:29d'inscrire à l'ordre du jour
23:33de la semaine de l'Assemblée
23:35une PPL sur la suppression
23:37des ZFE
23:39pour que l'Assemblée
23:40puisse à nouveau exprimer
23:42sa probation.
23:42Donc vous allez retenter votre chance,
23:43j'allais dire.
23:44Mais ça veut dire qu'aujourd'hui,
23:45vous considérez que le Conseil constitutionnel,
23:47que les juges font de la politique ?
23:49En tout cas, ils contraignent la démocratie.
23:53Enfin, je veux dire,
23:55le Parlement est la représentation
23:57du peuple français.
23:59Or, pour encore une fois,
24:00avec des arguments très contestables
24:03sur le plan juridique,
24:04ils contraignent...
24:05Il fait du zèle pour vous,
24:06le Conseil constitutionnel ?
24:07Oui, certainement.
24:08Ils contraignent la volonté
24:10exprimée par le peuple.
24:11C'est quand même très problématique.
24:13Parce que c'est vrai sur les ZFE,
24:14c'est vrai sur le ZAN,
24:16c'est vrai sur l'immigration.
24:17Ça commence à faire beaucoup.
24:19Sur la question des nominations,
24:20Emmanuel Moulin,
24:21confirmé comme gouverneur
24:23de la Banque de France ?
24:24Oui.
24:25On voit bien qu'il y a là
24:26une quirielle de nominations
24:28de macronistes à tous les postes
24:30qu'il considère comme étant importants.
24:31Parce qu'en réalité,
24:32l'objectif d'Emmanuel Macron,
24:34c'est de faire survivre le macronisme
24:36après la fin du macronisme.
24:37Alors, je vais lui dire
24:38quelque chose de très clair.
24:39Il n'y arrivera pas.
24:40Voilà.
24:41Il n'y arrivera pas.
24:43Ça veut dire quoi ?
24:44Ça ne sert à rien
24:44d'aller multiplier
24:46les nominations des copains.
24:47Mais une fois qu'ils seront là,
24:48vous n'allez pas les virer.
24:49Il y en a un certain nombre
24:50qu'on peut changer.
24:51Si, si, quand même.
24:51Qui vous pouvez changer ?
24:52Non, mais il y en a quand même
24:53un certain nombre
24:53qu'on peut changer.
24:54Je peux vous le dire, moi.
24:55Donc, il n'arrivera pas
24:56à contraindre,
24:57à empêcher l'expression,
24:59encore une fois,
25:00de la volonté politique du peuple.
25:01Parce que ça,
25:01c'est très condamnable.
25:02Vous voyez ce que je veux dire ?
25:03C'est-à-dire qu'en réalité,
25:04on met...
25:05C'est quoi ?
25:05Vous estimez que c'est
25:06anti-démocratique ?
25:07Bien sûr,
25:07parce qu'on met des gens
25:08à des postes
25:09qui sont vos copains
25:19exercer,
25:20alors que les Français
25:21auront voulu
25:22une autre politique.
25:24C'est vraiment,
25:25je trouve,
25:28une manière de voir
25:29les choses
25:29qui est très anti-démocratique.
25:30Marine Le Pen,
25:31est-ce que Patrick Bruel
25:31peut encore donner des concerts ?
25:33Il peut donner des concerts,
25:34mais personne n'est obligé
25:35d'aller les voir.
25:35Vous n'iriez pas ?
25:36Ah non, moi, je n'irai pas.
25:37De toute façon,
25:38je n'y serais pas allé,
25:39même si...
25:40Vous n'y seriez pas allé ?
25:41Non, parce que je n'aime pas.
25:42Pardon, j'ai encore le droit ?
25:44Non, non, mais c'est...
25:45Il n'aime pas non plus,
25:46vous me direz.
25:46Donc, en fait,
25:50c'est...
25:50Voilà.
25:51Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
25:52C'est-à-dire pas juste dire
25:53il a le droit d'y aller,
25:55mais les gens
25:55ne sont pas obligés d'y aller ?
25:56Ou est-ce qu'il faut,
25:57comme un certain nombre de maires,
25:59s'engager à lui demander
25:59vraiment de renoncer ?
26:00Ah, mais le problème,
26:00c'est qu'on ne peut pas.
26:01Parce que si on fait ça,
26:03on rompt avec l'état de droit.
26:05Vous voyez, moi, je suis avocat.
26:07Je sais que ça peut déplaire
26:08à certains,
26:09mais il y a un principe fondamental
26:10dans notre droit,
26:11c'est la présomption d'innocence.
26:12C'est-à-dire que tant
26:13que vous n'êtes pas définitivement condamné,
26:15vous êtes présumé innocent.
26:17Ça n'empêche pas
26:18que chacun peut avoir
26:18sa conscience personnelle,
26:20son intime conviction
26:21sur les faits de la cause.
26:24Mais en l'espèce,
26:25si vous voulez,
26:25faire cela,
26:26ça veut dire,
26:27et c'est lui,
26:28ou pour les autres d'ailleurs,
26:29ou pour quiconque d'autre,
26:31c'est condamner quelqu'un
26:32à la mort professionnelle
26:33ou à la mort sociale
26:34avant que la justice
26:36se soit prononcée.
26:36Est-ce que ça veut dire,
26:37par exemple,
26:38prenons l'exemple
26:38de Patrick Poivre d'Arvor ?
26:39Patrick Poivre d'Arvor,
26:40un certain nombre
26:41de témoignages de femmes,
26:42mais pas de procès,
26:43parce que les faits
26:44étaient prescrits.
26:46Est-ce que vous considérez
26:47que Patrick Poivre d'Arvor,
26:48en fait, aujourd'hui,
26:48il pourrait,
26:50et ce serait la présomption
26:52d'innocence,
26:53aller, je ne sais pas,
26:54présider des festivals
26:55de lecture,
26:56avoir même peut-être
26:57une émission sur la lecture ?
26:59Mais encore une fois,
27:00ça ne vous choquerait pas ?
27:01Ce n'est pas la présomption
27:02d'innocence.
27:03Ça peut me choquer
27:04à titre personnel.
27:06Mais oui, moi,
27:08je considère que tous ces gens
27:09qui se comportent comme...
27:10Enfin, qui sont en tout cas
27:12accusés de se comporter
27:14comme des porcs
27:14avec les femmes,
27:16c'est une véritable honte.
27:18Vous êtes très choquée
27:18par les témoignages
27:20des femmes sur Patrick Bruehl ?
27:21Évidemment que oui.
27:22Mais encore une fois,
27:23les principes,
27:25ils doivent être appliqués
27:26même quand ils vont,
27:29comment dire,
27:30à rebours
27:30de votre sentiment personnel.
27:32C'est ça,
27:33la force d'un principe.
27:34Et si vous n'appliquez
27:35le principe
27:35au bénéfice
27:37de vos propres amis,
27:38mais pas au bénéfice
27:40de gens
27:41avec lesquels
27:42vous n'avez pas
27:42de points communs,
27:43alors vous n'avez
27:44plus de principes.
27:45Et moi,
27:46j'ai des principes,
27:47j'y tiens,
27:47et on ne peut pas
27:48encore une fois parler
27:49de l'état de droit
27:50en toutes circonstances
27:51sans les respecter.
27:52Même si ça fait mal,
27:54même si ça dérange.
27:56Une trentaine
27:57de témoignages
27:59et une dizaine
28:01de plaintes
28:02déposées.
28:04Comment vous réagissez ?
28:05Vous,
28:05vous croyez ces femmes ?
28:07Non, mais moi,
28:07je ne suis pas
28:10magistrat.
28:11Je ne suis pas chargée
28:12de cette affaire.
28:13Je n'ai pas entendu
28:16en instruction
28:17l'ensemble
28:18de ces plaignants.
28:21Voilà,
28:22je pense
28:22qu'un certain nombre
28:23de personnages
28:24ont évolué
28:25dans des milieux
28:25où en réalité,
28:27bien souvent,
28:28tout le monde
28:29savait peu ou prou
28:30qu'ils se comportaient mal.
28:32J'ai entendu
28:32une attachée de presse
28:34qui évoquait
28:35ces sujets-là.
28:36Ce n'est pas
28:36la première fois.
28:37Donc aussi,
28:38peut-être,
28:38la prise de conscience
28:39qui doit être
28:41celle de chaque citoyen
28:42et de chaque milieu,
28:44c'est de se dire
28:45est-ce qu'on n'a pas
28:47fermé les yeux aussi
28:48sur ces sujets-là ?
28:49Gilles Lelouch
28:49a été interrogé
28:50sur vous,
28:51sur l'ERN.
28:51C'était en marge
28:52de la présentation
28:53de son film
28:54le biopic
28:55sur Jean Moulin.
28:56Il est interrogé
28:57par un journaliste
28:58qui se réclame
28:58du média Parole d'honneur
28:59qui lui dit
29:00« Pensez-vous
29:00qu'il est aujourd'hui
29:01primordial
29:01pour ne pas trahir
29:02la mémoire
29:03de Jean Moulin
29:04de combattre
29:04résolument
29:05le rassemblement
29:06national ? »
29:07Et il ajoute
29:07une seconde question
29:08« Pensez-vous également
29:09que la France insoumise
29:10majoritaire à gauche
29:11est aujourd'hui
29:12le meilleur rempart
29:13à l'extrême droite ? »
29:14Son programme étant aussi
29:15inspiré du programme
29:15du Conseil national
29:16de la résistance.
29:18Jean-Luc sort de ce corps.
29:20Et Gilles Lelouch
29:21a répondu
29:21« Vous n'allez pas
29:21un peu orienter
29:23votre question ?
29:23Je n'ai pas de réponse
29:24à ça, monsieur. »
29:25Il a bien fait.
29:26Il a bien fait ?
29:27Bien sûr qu'il a bien fait.
29:29L'outrance de la question
29:30était telle
29:31qu'il a eu raison
29:32de ne pas répondre
29:33à cela.
29:34Mais sur la question
29:34« Est-ce qu'il faut
29:35combattre le rassemblement
29:36national ? »
29:37Mais est-ce que c'est
29:37son rôle ?
29:38Est-ce que c'est
29:39le rôle d'un acteur ?
29:40Le rôle d'un acteur
29:41c'est de jouer.
29:44Le rôle d'un scénariste
29:45c'est de faire
29:46des scénarios.
29:48Chacun a le droit
29:48comme citoyen
29:49de donner son avis.
29:51Mais personne n'est
29:51obligé de le faire.
29:53Et ce qui est incroyable
29:54c'est que quand il refuse
29:55de le faire
29:55quasiment il est suspecté
29:57de je ne sais quoi.
30:00On pourrait avoir
30:01un peu de liberté
30:02là quand même
30:03où vraiment
30:04on est en train
30:05de se faire enfermer
30:06par l'extrême gauche
30:07dans une sorte
30:08de procès d'intention
30:09permanent.
30:10Je trouve qu'il faut
30:11combattre ça
30:11parce que la liberté
30:13c'est fondamentalement français.
30:15Une dernière question
30:15sur ce qui s'est passé
30:16cette nuit à Paris.
30:1765 personnes
30:17ont été interpellées.
30:19Il y a des blessés.
30:20Six blessés
30:20dont un grièvement
30:22visiblement
30:23un rassemblement
30:23de supporters
30:24de l'OGC Nice
30:25et une bagarre.
30:26Est-ce qu'aujourd'hui
30:28on arrive quand même
30:29à ce qu'il n'y ait pas
30:30trop de débordements
30:31autour du foot ?
30:32Ben non
30:32à un moment donné
30:34ça s'était calmé
30:34puis manifestement
30:35ça repart.
30:36Enfin j'ai envie
30:36de vous dire
30:37que de manière générale
30:37il faut vraiment
30:38avoir une réflexion
30:38nous l'avons eu nous
30:40sur l'aggravation
30:41des peines
30:41quand il s'agit
30:42d'atteinte
30:43à l'intégrité physique
30:44parce qu'en réalité
30:44il faut revenir
30:45dans nos sociétés
30:46à une sacralisation
30:48de l'intégrité physique.
30:49Aujourd'hui
30:50il n'y a plus
30:51de sacralisation
30:51de l'intégrité physique
30:53c'est-à-dire
30:53qu'on tape
30:54on frappe
30:54on manque
30:56de tuer
30:58tout ça
30:58pour un regard
31:00une cigarette
31:01ou un désaccord
31:02sur le football.
31:04Là il faut
31:04vraiment être
31:05très rigide
31:06parce que
31:07c'est un danger
31:08majeur je crois
31:09pour notre sécurité
31:11de peuple.
31:12Merci Marine Le Pen
31:13d'avoir répondu
31:13à mes questions ce matin
31:14vous êtes bien sur RMC
31:15BFM TV.
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