- il y a 2 jours
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00On en vient ce soir évidemment à la guerre en Iran, un peu plus de 80 jours maintenant et plusieurs
00:05informations importantes ce soir.
00:06D'abord, on va vous raconter comment les Iraniens sont en train de se réarmer, de se préparer à une
00:11possible reprise de leur frappe.
00:13On va voir ça dans une seconde, c'est ce qui se passera en cas d'échec des discussions.
00:17Vous verrez qu'un point crispe les deux parties, l'encombrant stock d'uranium enrichi iranien.
00:22Tout le monde veut le récupérer, la bataille de l'uranium.
00:25Vous verrez que la France a peut-être un rôle à jouer là-dedans, ce sera dans une minute.
00:29Et puis un nouveau porte-avions américain s'approche ce soir, pas de l'Iran, mais de Cuba.
00:33L'USS limite, ça aussi, ça fait partie des grosses infos de la soirée.
00:37On va en parler avec toute l'équipe qui arrive, avec Sergué Genoff, avec Jérôme Clech.
00:43Bonsoir Jérôme, merci d'être là. Bonsoir Sergué.
00:45Mikko Mjoméred et le Général Sidos qui sont de retour.
00:48On a perdu Elsa Vidal, mais elle ne devrait pas tarder Elsa Vidal dans un instant.
00:52Lisa Hadef, toujours à mes côtés, bien sûr.
00:55Et d'abord donc, information de CNN ce soir qui cite deux sources briefées.
00:59par les services de renseignement américains.
01:01Les Iraniens ont profité du cessez-le-feu pour remettre sur pied
01:04une bonne partie de leurs usines d'armement, à commencer par leurs usines de drones.
01:09Jérôme Clech, ça fait plus de 40 jours maintenant que le cessez-le-feu a commencé.
01:12Qu'ont fait les Iraniens pendant ces 40 jours ?
01:13Eh bien, ils se sont renforcés.
01:15Mais je suis étonné que ça étonne, en fait.
01:17Parce que ça fait quand même des semaines qu'on dit sur ce plateau,
01:19et effectivement, renseignement américain à l'appui,
01:22que non seulement les stocks de missiles, de lanceurs,
01:26n'ont pas été érodés et encore moins annihilés,
01:30comme ça a pu être dit par Donald Trump,
01:32mais qu'au contraire, il en reste l'immense majorité.
01:34Et en effet, ils les ont économisés en ce sens que l'essentiel a été enterré.
01:39Et en effet, ils ont aussi reconstitué.
01:41Et donc, au final, les renseignements américains qui nous disaient,
01:43il y a quelques jours, il y a à peu près 70% des lanceurs et 90% des missiles,
01:50eh bien, il faut se rendre à l'évidence, le chiffre ne doit pas être trop faux, en fait.
01:53Et donc, ça signifie que s'il y a reprise, s'il devait y avoir reprise,
01:57et on en reparlera ce soir, des opérations américaines,
02:00faute d'un accord, ce qui est quand même assez probable, malgré tout.
02:04Ah, vous vous dites assez probable ?
02:05Bon, on en reparlera tout à l'heure, mais on en reparlera.
02:08Je le note.
02:09Notez-le.
02:10C'est assez probable. Pourquoi ?
02:12On le redira, mais l'accord est quand même très, très, très difficile à trouver.
02:15Même le préaccord dont il est question,
02:17qui devrait conduire à un accord sous sept jours,
02:20c'est ça dont il est question.
02:22Mais on en reparlera.
02:23Et donc, s'il devait y avoir reprise,
02:24évidemment, la capacité de frappe, de destruction, de nuisance de l'Iran est intacte.
02:29Et non seulement est intacte, mais le pouvoir iranien s'est renforcé.
02:33Alors, il s'est durci, on l'a beaucoup dit,
02:34parce qu'il est à la frange des gardiens de la Révolution.
02:36Mais il s'est aussi renforcé, parce que l'opération mosaïque,
02:39vous voyez, cette décentralisation extrême, cette capacité de riposte,
02:42qui déjà n'a pas trop mal fonctionné, il faut le reconnaître,
02:45eh bien, elle a appris aussi de cette erreur.
02:47Alors justement, elle sera sans doute encore plus virulente.
02:49Elle a appris.
02:49Général Sidot, tout à l'heure, Didier François, nous disons,
02:51ils ont appris une chose.
02:52En fait, ils sont allés voir, après les 40 jours de bombardement,
02:54les Iraniens, ce qui avait été visé par les Américains
02:57et ce qui avait tenu après les frappes américaines.
02:59En se disant, ce qui a tenu, il faut qu'on le duplique.
03:02Il faut qu'on le réplique et qu'on se serve, en gros,
03:05qu'on apprenne de ce qui a marché et de ce qui n'a pas marché.
03:07C'est ce qui s'est passé pendant ces 40 jours de cessez-le-feu.
03:09Il y a eu une pensée opérationnelle iranienne,
03:10ça, on en a quand même la démonstration.
03:12C'est un système révolutionnaire qui tient, en fait,
03:14parce que souvent, les révolutions, elles durent un certain temps,
03:16puis elles s'épuisent, mais là, ça a l'air de bien tenir.
03:19Et puis, bon, ils ont un ennemi qui se renouvelle
03:20et qui revient tous les ans, donc il faut faire attention.
03:23Effectivement, ils s'attendent à une frappe supplémentaire.
03:26L'année prochaine, cette année, dans 10 ans, peu importe.
03:29Mais donc, ils réfléchissent pour exister, pour tenir.
03:32Donc, effectivement, ils ont analysé qu'est-ce qui a fonctionné,
03:35qu'est-ce qui n'a pas fonctionné.
03:37Donc, effectivement, l'école stratégique iranienne
03:39est peut-être intéressante à observer et à étudier,
03:41parce que là, ils ont gagné au niveau technique,
03:45au niveau matériel, c'est certain.
03:47En tout cas, les missiles, les drones existent ou n'existent pas,
03:51peu importe, la menace existe.
03:53Et les pays du Golfe craignent, à nouveau, des frappes.
03:56Et le Détroit d'Hormuz est toujours fermé,
03:59parce que la marine américaine craint les missiles et les drones iraniens.
04:03– Oui, Sergei Jarnoff.
04:04– Il faut séparer deux choses.
04:06Les missiles, c'est une production très particulière, très complexe.
04:12– Lourde.
04:12– Il faut avoir des usines, il faut avoir des machines-outils,
04:16il faut avoir des ingénieurs, il faut avoir des techniciens,
04:18il faut avoir des matières, et donc ça, c'est compliqué,
04:22et très probablement, ils n'ont pas réussi à construire
04:24énormément plus de missiles.
04:26Même les Russes n'arrivent pas à les faire correctement.
04:29En revanche, les drones, c'est vraiment un truc hyper facile,
04:33parce que, regardez, en Russie, et la Bouga,
04:37les fameux chariètes que les Russes ont piquées aux Iraniens
04:40qui produisent, c'est les gamins qui les montent, en fait.
04:44Vous savez, c'est les écoliers entre 14 et 16 ans.
04:49Donc, en fait, l'Iran, comme a dit Jérôme,
04:51pays déconcentré, décentralisé,
04:55cette production-là, on peut l'organiser dans les garages,
04:58dans les dépôts, et en fait, c'est très difficile,
05:01par la même occasion, de les frapper,
05:03parce qu'ils peuvent être produits partout.
05:05C'est super simple à faire.
05:09Il y a juste le corps de truc,
05:13il est coulé, en fait, en matière plastique,
05:18puis après, vous avez un moteur à mettre,
05:20un peu d'explosifs,
05:23et un tout petit peu d'électronique.
05:25Sauf que vous avez besoin d'électricité, notamment.
05:28Pas forcément.
05:30Pas forcément.
05:31Pour fabriquer ça.
05:31Regardez les Ukrainiens.
05:33Les Ukrainiens arrivaient,
05:34quand Poutine a frappé les usines d'électricité,
05:38tout Kiev avait ses propres générateurs,
05:41et en fait, rien ne s'arrêtait à Kiev.
05:43Juste, je disais ça parce qu'après la mise en place du cessez-le-feu,
05:46on se souvient des messages des officiels iraniens
05:49qui disaient à la population,
05:50et notamment le président iranien,
05:52qui disait à la population,
05:53voilà le message,
05:54nous adressons une demande simple à notre cher peuple,
05:56aujourd'hui mobilisé sur le terrain,
05:58réduire sa consommation d'électricité et d'énergie.
06:01On va voir la suite.
06:02Nous n'avons pas besoin que les gens se sacrifient pour le moment,
06:04mais nous devons maîtriser la consommation.
06:06Au lieu de dix lumières,
06:07deux suffisent dans une maison.
06:08En réalité,
06:09Mykob Lujan Meret,
06:09c'est parce que le régime iranien,
06:12Ça, c'est pour les grandes usines.
06:13Oui,
06:14avait besoin de cette électricité
06:15pour fabriquer des missiles,
06:17des drones, etc.
06:17Mais absolument,
06:18et en fait,
06:18vous avez tous les deux raison,
06:19c'est-à-dire qu'il y a besoin effectivement d'énergie.
06:21Non, j'ai raison.
06:21Alors, Maxime,
06:22Maxime,
06:23vous avez raison.
06:25Dictateur, dictateur.
06:26On va partir de ce post-là,
06:27merci El-David.
06:27Je parle de ce post-là,
06:29Maxime,
06:29vous avez raison,
06:30il y a besoin d'électricité.
06:31Et ce que disait Sergei,
06:33en fait,
06:33n'est pas antinomique
06:34par rapport à ce que vous disiez.
06:35C'est-à-dire que vous pouvez à la fois
06:37et effectivement bénéficier d'électricité
06:39si vous avez une grille électrique qui tient
06:41et qui est à l'échelle
06:43pour notamment avoir des grandes capacités de production,
06:45que ce soit de missiles ou de drones.
06:47Mais aussi,
06:47et c'est effectivement ce qu'on a vu en Ukraine
06:49et c'est ce qu'on voit dans d'autres théâtres également,
06:50si vous pouvez avoir
06:51dans la génération d'électricité déconcentrée
06:55qui n'est pas connectée au réseau,
06:56et ça aujourd'hui,
06:57ce qui est très intéressant,
06:58c'est que les Iraniens n'avaient pas forcément
06:59des technologies particulièrement poussées là-dessus,
07:02mais ce qui s'est passé avec la guerre en Ukraine,
07:04c'est qu'il y a eu en Ukraine des innovations
07:07et ces innovations ont fait tâche d'huile
07:08dans un certain nombre d'autres pays
07:10avec des innovations qui aujourd'hui permettent,
07:11par exemple aux Iraniens,
07:13de pouvoir avoir des capacités de production électrique
07:15qui soient complètement déconcentrées.
07:16Moi j'ai juste une petite question,
07:18comment dire,
07:19de Béossien, Jérôme Clech.
07:20Comment font les Américains ?
07:21Là, on a ces informations de CNN
07:23qui disent,
07:24visiblement,
07:24d'après les services de renseignement,
07:26ils sont allés plus vite
07:27que ce qu'on imaginait,
07:27les Iraniens,
07:29pour remettre sur pied
07:30leur capacité de production de drones,
07:31etc.
07:32Comment est-ce qu'on le vérifie ça ?
07:33Comment est-ce qu'on le sait ?
07:34Vous savez,
07:34le renseignement...
07:35Je vois Sergueï qui dit,
07:36ils n'en savent rien.
07:38Non,
07:38ils n'en savent rien,
07:39ce sont les estimations.
07:41C'est bon,
07:42je laisse parler, Jérôme.
07:43On va dire,
07:44le renseignement,
07:45c'est toujours multicapteur.
07:46L'agent du renseignement
07:47qui est à ma gauche,
07:48qui ne me contredira pas...
07:49Je ne suis pas un agent,
07:50je suis un officier.
07:51L'ex-agent.
07:51Un officier.
07:52Un officier.
07:53Et non pas une source
07:55que vous avez pu,
07:56que tu as pu traiter.
07:57C'est ça.
07:58Voilà.
07:58Et qui ne serait qu'un agent.
07:59C'est ça.
07:59Qu'un agent.
08:00Et donc, oui,
08:01pour revenir,
08:02multicapteur,
08:02ça veut dire,
08:03il y a du renseignement technique,
08:04il y a du renseignement opérationnel,
08:05il y a du renseignement humain.
08:07Et c'est les trois.
08:08Et puis,
08:08il y a du renseignement
08:08en source ouverte
08:09qui compte énormément.
08:10Alors, moi,
08:10déjà,
08:10technique opérationnelle,
08:11vous m'avez pommé.
08:12technique,
08:12c'est évidemment le satellitaire.
08:14On voit les trous
08:15que l'on a fait
08:16lorsqu'on a bombardé.
08:17On voit si ça correspond
08:19à l'entrée d'un tunnel.
08:20Si l'entrée d'un tunnel
08:21renferme effectivement
08:22une ville entière
08:24avec des drones chahed
08:25ou des missiles balistiques,
08:26a priori,
08:27on se dit qu'on ne les a pas atteints.
08:28Et donc,
08:28avec les stocks que l'on avait,
08:30j'allais dire,
08:30dans nos tablettes,
08:31on fait des soustractions
08:32assez simples
08:32et donc on sait.
08:33Voilà.
08:34Ça,
08:34c'est le renseignement technique.
08:35Il y en a de autres.
08:36C'est les interceptions
08:37de communication.
08:37Vous pouvez entendre
08:38des échanges éventuellement
08:39entre officiels
08:40ou entre gens bien placés
08:41au niveau de l'arsenal.
08:43Vous avez du renseignement
08:44opérationnel.
08:45Ça,
08:45ça va être ce qu'on appelle
08:46le crochetage de serrure,
08:47c'est-à-dire aller chercher
08:48le renseignement
08:49là où il peut se trouver.
08:50Du renseignement humain
08:51avec,
08:52comme Sergueï,
08:53comme il a dû le faire
08:54par le passé,
08:54traiter des agents,
08:55c'est-à-dire des sources
08:56que l'on recrute,
08:57bien placées,
08:58pour arriver à faire remonter
08:59le renseignement.
08:59Et puis,
09:00avec ce concert,
09:01j'allais dire,
09:01cette orchestration
09:03des différents capteurs,
09:04vous arrivez
09:05à établir
09:06une image
09:07la moins floue possible,
09:09mais elle est un peu floue,
09:10comme dit Sergueï.
09:11On n'a pas,
09:11on ne peut pas dire
09:12que c'est 90%,
09:13voilà,
09:14c'est un ordre de grandeur.
09:15Mais ça suffit quand même
09:16pour pouvoir décider.
09:17Pourquoi ?
09:17Parce que là,
09:18concrètement,
09:18qu'ils aient 90%,
09:2080% ou 70%,
09:21ça ne va pas changer la donne.
09:22S'il y a reprise des opérations,
09:24forcément que le Golfe
09:25va en payer le prix.
09:27Et puis,
09:27peut-être autrement.
09:27Alors justement,
09:28le Golfe,
09:29le Détroit,
09:29on y vient,
09:30les Iraniens ont évidemment
09:31l'intention de s'accrocher
09:32à leur blocus du Détroit d'Hormuz.
09:34Regardez,
09:34nouvelle carte fournie aujourd'hui
09:35par l'autorité du Détroit,
09:37qu'ils ont monté de toutes pièces
09:38pour régler
09:39les affaires du Détroit d'Hormuz.
09:41Et la zone,
09:41on le voit,
09:42et j'ai besoin de vous,
09:43Miko Bujoméret,
09:43pour décrypter cette carte,
09:45la zone en rouge,
09:46qui est donc sous supervision iranienne,
09:48petit à petit,
09:49elle s'élargit
09:50et désormais,
09:51elle va même au-delà
09:52du fameux Fujaira
09:53que l'on voit,
09:53site pétrolier
09:54que l'on voit là.
09:55Et ce n'est pas un hasard.
09:56Oui,
09:56c'est-à-dire qu'il y a deux choses
09:58ici à retenir.
09:58Première chose,
09:59c'est que les Iraniens
10:01maintiennent
10:01ce qu'ils avaient annoncé
10:02il y a déjà trois semaines,
10:03c'est-à-dire le blocus,
10:04de fait,
10:04de l'ensemble des Émirats Arabes Unis.
10:06La ligne que vous voyez
10:07sur la droite de l'écran,
10:08sur la droite de la carte,
10:09donc vers Fujaira.
10:10Fujaira,
10:10ce n'est pas juste une ville.
10:12Donc Fujaira,
10:13c'est l'un des Émirats
10:14des Émirats Arabes Unis.
10:15Donc c'est celui
10:16qui est sur le golfe d'Oman
10:17et qui est effectivement
10:18la porte de sortie
10:19pour le pétrole,
10:20mais pas que.
10:26C'est une manière
10:27de pouvoir dire aux Émiriens
10:28vous ne pourrez pas
10:29vous en sortir,
10:29on va vous prendre
10:30en tenaille jusque-là
10:31et cette route de sortie
10:33n'en est pas une.
10:34Le deuxième élément
10:34qui est important,
10:35c'est ici la relation bilatérale
10:36entre les Iraniens
10:37et Oman.
10:38Parce que de fait,
10:39ce qu'on est en train de voir
10:39sur cette carte,
10:40c'est que les Iraniens
10:41disent, voilà,
10:42en prenant toutes les eaux,
10:43quelles qu'elles soient,
10:44de l'Iran jusqu'à la terre
10:46côté Golfe Arabique,
10:48et bien de fait,
10:48là, l'enjeu,
10:49c'est qu'ils ne respectent pas
10:50la souveraineté territoriale
10:52maritime d'Oman.
10:53Donc là,
10:53il y a un empiétement
10:54qui est très clair
10:55et cet empiétement-là,
10:57le problème
10:57qu'il va poser évidemment,
10:59c'est que,
10:59quand on va devoir dire
11:00quelle est la route
11:01par laquelle il va falloir passer,
11:03les Iraniens vont vous dire
11:04vous avez le choix.
11:05Soit vous faites confiance
11:06aux Omanais,
11:07aux autres,
11:08soit vous nous faites conscience
11:09et nous,
11:09on va vous offrir
11:10un service premium.
11:10On a une premiumisation
11:12d'une autre heure de vous.
11:13Pour ça, il faut payer
11:14et donc,
11:15on va vous faire passer
11:16par ce qu'ils ont appelé
11:16les routes privilégiées.
11:18Cette logique
11:18de route privilégiée,
11:19ça permet de dire,
11:21on vous donne
11:22un service supplémentaire
11:23et en vous donnant
11:24ce service supplémentaire
11:25pour lequel vous payez,
11:25ce n'est pas une taxe
11:26qu'on est en train
11:27de mettre en œuvre,
11:28ce n'est pas un butin,
11:29ce n'est rien de tout ça,
11:30c'est en fait un service
11:31et vous payez pour ce service-là
11:32parce que sinon,
11:33vous pouvez passer par les eaux
11:34aux Omanais
11:34mais elles sont sous notre supervision
11:35et nous, on vous dit
11:36que attention,
11:37par là, par là, par là,
11:37ce n'est pas bien d'y passer.
11:38Elsa Vidal,
11:39est-ce que Trump peut lâcher
11:40les Trois d'Ormous
11:40d'une certaine manière
11:41parce qu'il est peut-être
11:42moins concerné que nous
11:44que les Asiatiques
11:44par ce qui se passe là-bas ?
11:46Est-ce que dans les négos
11:48et je crois que
11:49cette trouille
11:50commence à apparaître
11:51notamment auprès
11:52des responsables
11:53européens et français
11:54que dans les négos
11:56ils disent
11:56finalement,
11:57écoutez,
11:57s'il y a un péage
11:59sur une partie du Détroit,
12:00tant pis,
12:00allons-y.
12:01Est-ce que ça,
12:01c'est possible ?
12:02Il y a un risque
12:03que cela arrive
12:04mais ce sera
12:05un échec imputable
12:06à Donald Trump.
12:07Naturellement,
12:08auprès de ses électeurs,
12:10ça pèsera très très peu.
12:11En revanche,
12:12auprès de ceux
12:13qui se considéraient
12:14encore il y a peu
12:15comme ses alliés,
12:17ça aura un impact
12:17dévastateur,
12:18je pense aux Européens,
12:20mais sur les pays
12:21du Golfe aussi,
12:22il y aura quand même
12:23une dégradation
12:26de la réputation
12:26des États-Unis
12:27parce que de facto,
12:28la défense
12:29et la sécurisation
12:30qu'ils étaient censés
12:31assurer sur le Golfe Persique,
12:34elle n'est plus
12:35qu'un lointain souvenir.
12:37Les Iraniens disent
12:38que pour le moment,
12:39il n'y a pas du tout
12:39d'accord sur Hormuz
12:41et que cela reste,
12:42tout comme la question
12:43de l'Uranium,
12:43quelque chose
12:44qui est encore
12:45très polémique
12:46au sein des négociations.
12:47Pardon si j'évanse
12:48quelque chose !
12:50On voulait donner
12:50l'info avec Lisa
12:51dans un instant,
12:52mais ce n'est pas grave.
12:53Nous sommes tous
12:53très connectés.
12:55Et donc,
12:56cette question
12:57n'est pas résolue
12:58et ce serait
12:59un gain stratégique
13:00qui permettrait
13:01en tout cas aux Iraniens
13:01aussi, eux,
13:02d'avoir quelque chose
13:03à vendre
13:04à leur population
13:05et entre dirigeants
13:07à se dire
13:07on n'est pas reparti
13:08de là les mains vides,
13:09on a tenu bon
13:10et maintenant
13:10on a privatisé Hormuz.
13:11On va vous raconter
13:12dans un instant
13:13comment pourrait se cacher
13:15Mojtaba Ramenei,
13:16le guide suprême iranien
13:18parce qu'il y a
13:18un certain nombre
13:19de responsables
13:20notamment américains
13:21qui font le parallèle
13:22ou israéliens
13:24qui font le parallèle
13:24entre ce que vit
13:25Mojtaba Ramenei
13:25aujourd'hui
13:26et ce qu'a fait
13:27Ben Laden à l'époque.
13:28Mais d'abord,
13:28je reste sur Hormuz.
13:30On va écouter...
13:30Oui, je sais
13:31que vous voulez parler,
13:31Miko.
13:32On va écouter Trump
13:32parce qu'à écouter Trump,
13:34le problème
13:36est simplissime
13:36puisque les Américains,
13:38d'après le président américain,
13:39contrôlent totalement
13:40le blocus.
13:43Comme vous le savez,
13:44notre blocus
13:44nous permet
13:45de contrôler totalement
13:46le détroit d'Hormuz.
13:47Il est parfaitement efficace.
13:49Personne n'a pu le franchir.
13:50C'est comme un mur d'acier.
13:52C'est notre marine.
13:54Nous avons la meilleure armée du monde.
13:56Nous avons anéanti
13:57leurs marines.
13:59On a un contrôle total
14:00sur Hormuz.
14:01Mais en fait,
14:01ici,
14:02ce n'est pas le sujet.
14:02C'est-à-dire que
14:03Donald Trump,
14:03évidemment,
14:04se focalise sur son enjeu,
14:05évidemment,
14:05de pouvoir dire
14:06que son blocus
14:06ou son contre-blocus
14:07qui, en fait,
14:08est un barrage filtrant,
14:08fonctionne.
14:09Mais là,
14:10le principal enjeu,
14:10c'est qu'on voit
14:11des nations occidentales
14:12ou proches des Occidentaux
14:14ou voire même alliés
14:15des États-Unis
14:15ouvrir la boîte de Pandore
14:17du paiement aux Iraniens.
14:18Et le premier État
14:20à avoir ouvert
14:21la boîte de Pandore,
14:22ce n'est pas maintenant
14:23quelque chose de possible.
14:24C'est quelque chose
14:24qui est un fait établi.
14:25C'est la Corée du Sud.
14:27La Corée du Sud
14:27est dans une situation
14:29énergétique
14:29qui est si complexe,
14:31dramatique,
14:32qu'on a vu,
14:33effectivement,
14:33le gouvernement sud-coréen
14:35pas juste commencer
14:37des négociations particulières
14:38avec l'Iran,
14:39envoyer un envoyé spécial
14:40en Iran.
14:41Ça, c'était il y a
14:41un mois et demi déjà.
14:42Là, le gouvernement,
14:44avant-hier,
14:45a dit très clairement
14:45« Nous avons payé »
14:47d'une manière,
14:48évidemment,
14:49qu'ils n'ont pas révélé
14:49particulièrement,
14:50mais parce qu'on en a besoin
14:52et le bateau est passé
14:53et le bateau est aussi passé
14:55côté blocus
14:55ou en tout cas
14:56barrage filtrant américain
14:57parce que là,
14:58pour le coup,
14:58on a un allié
14:59qui, effectivement,
15:00est dans le besoin.
15:01Il y a quand même
15:02une chose qui pourrait peser
15:03sur ces négociations
15:04autour d'Hormuz,
15:05c'est qu'aujourd'hui,
15:06je le disais tout à l'heure,
15:07on a l'agence à l'énergie
15:09qui explique que
15:10si ça se prolonge
15:11d'ici l'été,
15:13on pourrait entrer
15:13dans une zone rouge.
15:14C'est comme ça
15:14que c'est présenté
15:15par l'agence à l'énergie.
15:16Une zone rouge
15:17où on pourrait commencer
15:18à parler de pénurie,
15:19de problèmes d'approvisionnement
15:22en pétrole.
15:23Et là,
15:23ce n'est plus la même histoire,
15:24Sergueil.
15:25Moi, j'ai écouté
15:26très attentivement
15:28l'interview
15:28du directeur général
15:30de l'agence.
15:31Il n'a pas dit ça.
15:32Il a dit
15:33« maybe ».
15:34« Le marché pétrolier
15:36pourrait entrer
15:37dans une zone rouge ».
15:39« Maybe ».
15:40« Maybe ».
15:41« Peut-être ».
15:42« Peut-être ».
15:42« Peut-être ».
15:43C'est quoi ?
15:44J'ai bien compris.
15:45C'est votre côté optimiste
15:47qui dit
15:47« Vous, vous retenez que le peut-être ».
15:48Non, mais le « pourrait ».
15:50Il n'a pas dit
15:51« Nous allons entrer dans la crise ».
15:52Non, en l'absence
15:53d'issue durable.
15:54« On pourrait rentrer dans la crise ».
15:56Ça veut dire qu'en fait,
15:57il n'y a pas
15:58de crise de pétrole
15:59dans le monde.
16:00Ce n'est pas une crise de pétrole.
16:02Pour le moment,
16:03c'est la crise de prix.
16:04Ça veut dire que
16:05le pétrole est devenu
16:06plus cher,
16:07mais il y en a
16:08autant que vous voulez
16:09actuellement.
16:10Parce que dans le détroit
16:11de Dormuz,
16:12en fait,
16:13la masse de pétrole
16:14qui est bloquée,
16:15il y a 12 millions
16:17de barils par jour
16:18qui sont bloqués
16:19sur 100 millions
16:21de barils par jour
16:22qui sont produits
16:23par le monde.
16:24Ça veut dire que
16:25ce n'est pas comme en 73.
16:27En 73,
16:28ça a triplé les prix,
16:29mais il manquait de pétrole.
16:31Là,
16:31il ne manquait pas le pétrole.
16:33Sauf que,
16:33pardon,
16:34j'ai assisté hier
16:36au forum sur BFMTV
16:37avec un invité,
16:38notamment,
16:38Miko Blujon-Méred,
16:39qui nous expliquait
16:41que le gouvernement,
16:42si je me trompe,
16:43ici en France,
16:44va peut-être,
16:45à un moment donné,
16:46devoir gérer
16:47des problèmes de volume,
16:48justement.
16:48Oui,
16:48il faut gérer
16:49des questions de volume
16:49et en fait,
16:50ça va être assez précis.
16:51C'est-à-dire qu'effectivement,
16:52si on regarde juste
16:53de manière macro,
16:54large,
16:55les barils de pétrole,
16:56en fait,
16:56on rate un certain nombre
16:57de subtilités.
16:58Typiquement,
16:58si on prend le secteur
16:59de la pétrochimie
17:00vers la chaîne des plastiques,
17:01les oléphines,
17:02nafta, oléphine
17:03qui va vers les plastiques,
17:04là, on est déjà
17:04sur des augmentations de prix
17:05qui sont de l'ordre
17:06de x2, x3, x5
17:08en fonction des types
17:09de plastiques dont on parle.
17:10C'est le premier élément.
17:11Deuxième élément,
17:11quand on est sur les carburants
17:12eux-mêmes,
17:13il faut distinguer,
17:14par exemple,
17:14les carburants sans plomb classiques,
17:16par exemple,
17:16du gazole,
17:17c'est-à-dire le diesel,
17:17chez nous.
17:18Pour vous donner
17:19un ordre de grandeur,
17:20en France,
17:20on importe environ 12%
17:22de nos besoins pétroliers
17:23pour faire vraiment très large
17:24du Moyen-Orient.
17:25Et de fait,
17:26si on prend, par exemple,
17:27uniquement le gazole,
17:27là, on tombe à 25%
17:29des imports qui viennent,
17:30français,
17:30qui viennent du Moyen-Orient.
17:32Pour les carburants
17:33d'aviation durables
17:34ou les carburants d'aviation
17:36tout simplement classiques,
17:37on va retrouver
17:37la même chose,
17:38c'est-à-dire un push,
17:40une poussée des investissements
17:41d'un côté
17:42sur les substitutions,
17:43notamment autour
17:44de l'hydrogène,
17:45du méthanol,
17:46etc.
17:47Mais on va retrouver
17:47également un autre push
17:49au niveau des raffineries
17:50avec,
17:51et notamment en Europe,
17:52cette idée
17:52qu'il faut faire
17:53max, max, max capacité
17:56sur le jet fuel,
17:57c'est-à-dire donc
17:57sur les carburants
17:58pour les avions.
18:00Et là,
18:00il va falloir
18:01commencer à gérer ça.
Commentaires