00:04La lutte contre les mutilations génitales féminines
00:08La lutte contre les mutilations génitales féminines est un phénomène que les matutokas
00:13commencent à percevoir comme étant une mauvaise pratique à l'encontre des femmes
00:20que nos communautés avaient l'actu de mener.
00:23Donc je crois qu'avec l'insensibilisation, c'est un fléau qui a tendance aujourd'hui à disparaître.
00:34Et quels sont souvent les obstacles sur le terrain ?
00:39Les obstacles sur le terrain, je peux dire qu'il y a certains religieux, pas tout le monde.
00:48Il y a certaines personnes âgées, il y a d'autres aussi, surtout les personnes qui ne sont pas allées
01:03à l'école, les analphabètes.
01:06Il y a beaucoup parmi ces couches sociales qui sont dans les sociétés,
01:16qui perçoivent la chose comme étant une coutume qu'on n'a pas le droit d'abandonner.
01:23Donc ce sont ces personnes-là qui constituent généralement l'obstacle.
01:30Qu'est-ce que vous avez fait pour vous ?
01:34Moi qui suis devant vous, j'ai participé à beaucoup d'activités de lutte contre les mutilations génitales féminines
01:43dans beaucoup de quartiers de Matoto.
01:47Bon, si je parle un peu du projet Tostan,
01:52c'est un projet qui s'étend de Dabundi à Lansanea.
01:57C'est-à-dire que c'est un projet, lors de sa conception,
02:02Matoto s'étendait de Dabundi à Lansanea.
02:05Donc j'ai mené beaucoup d'activités avec Tostan,
02:10dans les quartiers de Gessia, dans les quartiers d'Aresalam,
02:15dans plusieurs quartiers de Matoto.
02:24Bon, je crois qu'une coutume qui a duré plus de 100 ans,
02:33si on doit lutter contre cette coutume,
02:38je pense qu'il faut beaucoup d'efforts.
02:41Il y a beaucoup d'efforts à consentir.
02:44Parce que les gens ont vraiment...
02:47Il y en a qui disent que c'est...
02:51C'est-à-dire laisser les enfants, les filles, sans les exiger,
02:58que vraiment, il y en a même qui auront honte.
03:03C'est-à-dire qu'il y a même des injures,
03:05ces amis vont se moquer d'eux,
03:07même à un âge un peu avancée.
03:10Donc c'est pourquoi les gens ne parviennent pas à s'en débarrasser.
03:15Les gens continuent toujours à pratiquer.
03:18S'il y a même des injures en Soussou,
03:20il y a des injures dans d'autres langues
03:22pour dire que tel n'est pas excisé, quoi.
03:25Donc ce sont ces choses-là,
03:27c'est à cause des choses-là
03:29que les gens continuent à pratiquer.
03:36Au niveau de la commune ici,
03:39moi, je suis le président du CLPE,
03:42entendé par le comité local de protection de l'enfant.
03:47Bon, il y a dans les quartiers,
03:51les comités locaux,
03:54enfants et familles,
03:56c'est-à-dire ces CLEF,
04:01comités locales,
04:03enfants et familles,
04:04qu'on appelle CLEF au niveau des quartiers.
04:08Donc, les membres de ces CLEF-là
04:11sont tirés parmi la communauté.
04:15Il y a même,
04:16nous avons même des démembrements
04:17jusqu'au niveau des secteurs,
04:21donc qu'on appelle CVPE,
04:22comité villageois de protection de l'enfant.
04:25Donc, c'est les mêmes personnes
04:27que nous utilisons
04:28dans la lutte contre
04:32les mutilations génitales féminines.
04:34Parce que généralement,
04:35c'est les enfants qui sont excisés,
04:37les filles.
04:38C'est les filles qui sont victimes,
04:41mais à bas âge.
04:43Donc, comme ces structures-là
04:45sont là pour protéger les enfants,
04:49donc ces structures-là,
04:51en tant que président du CLPE,
04:53nous utilisons ces...
04:54C'est un comité constitué de membres,
04:58je ne suis pas seul.
04:59Donc, nous utilisons nos démembrements là
05:02pour lutter contre
05:03ces mutilations génitales féminines.
05:06Donc, à leur tour,
05:08au niveau des communautés,
05:10ils associent aussi
05:11les présidents des quartiers,
05:14les présidentes des femmes,
05:16c'est-à-dire, bref,
05:18c'est-à-dire l'autorité locale, quoi,
05:22à la base.
05:24Ce sont ces éléments-là
05:25que nous utilisons
05:26qui mobilisent.
05:28On peut passer des fois
05:31par les causeries éducatives,
05:34on peut aussi des fois
05:36utiliser les portes à portes.
05:38On passe devant les portes
05:40des gens pour les sensibiliser,
05:43leur expliquer.
05:46C'est-à-dire le mauvais côté
05:49de cette mutilation génitale féminine.
05:53C'est ce que subirait l'enfant
05:55quand il est exisé.