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  • il y a 2 jours
Retrouvez le replay de la chronique Pourquoi ? de l'Équipe de Greg du 13/05/2026.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Bonsoir Romain, bienvenue dans le DG !
00:03Bonsoir tout le monde, ça va bien ?
00:04Oui ça va bien, on a un beau débat de société aujourd'hui, qui nous est offert par Kylian Mbappé,
00:09un grand merci à lui.
00:10Il fait la une de Vanity Fair, Kylian Mbappé, le magazine américain qui titre « Liberté, Égalité, Mbappé », rien
00:16que ça.
00:17Et dans l'interview de l'attaquant des Bleus, on a retenu cette phrase « Il faut combattre cette idée
00:20selon laquelle un footballeur devrait se contenter de jouer et de se taire ».
00:25Et c'est un thème qui est revenu à plusieurs reprises ces derniers mois, ces dernières années même, les prises
00:29de position des footballeurs et même des sportifs en général, donc sur les sujets de société.
00:33Et on a choisi donc d'en faire le pourquoi du jour, pourquoi les grandes stars ne doivent pas se
00:39taire.
00:39Et bien oui, ça tape dans un ballon, mais ce sont avant tout des êtres humains avec des avis et
00:43ils ont le droit de l'exprimer.
00:44Mbappé est un très bon exemple de star planétaire qui n'hésite pas à exprimer ses opinions.
00:48Il utilise sa notoriété évidemment immense pour essayer d'avoir une influence et il l'assume, il l'a dit
00:54dans Vanity Fair.
00:55Nous ne sommes pas déconnectés de ce qui se passe dans notre pays.
00:58Les gens pensent parfois que parce qu'on a de l'argent, parce qu'on est célèbre, ce genre de
01:02problème ne nous touche pas.
01:03Mais moi, ça me touche et il s'en est notamment pris au Rassemblement National dans l'interview en disant
01:08« Je sais quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays ».
01:11Il parle d'une arrivée au pouvoir du Rassemblement National.
01:14Forcément, la réponse n'a pas tardé.
01:15Jordan Bardella, président du parti.
01:17Moi, je sais ce qui arrive lorsque Kylian Mbappé quitte le PSG.
01:20Le club gagne la Ligue des Champions et peut-être bientôt une deuxième fois.
01:23Voilà, c'est le risque d'être impliqué dans ce genre de passe d'armes, de polémiques.
01:27On a demandé à Franck Ockmiller, c'est un agent d'image qui gère pas mal de personnes très connues
01:31et notamment des sportifs.
01:32Lui, il est plutôt dans l'idée qu'il faut essayer d'éviter ça.
01:36Les opinions politiques sont clivantes de nature.
01:40Je ne dis pas que du coup, il ne faut pas donner votre avis.
01:42Je dis que quand vous le dites, vous vous exposez forcément à des « représailles » et « bad buzz
01:48».
01:49Je vois par rapport à l'interview qu'a donnée Kylian Mbappé hier, les divers commentaires qui sont faits par
01:54les différents bords politiques.
01:56Pour moi, c'est de la récupération médiatique et ce n'est donc pas positif.
01:59Et souvent, les réponses à ces prises de position, évidemment, sont très violentes.
02:03Oui, à l'image de la société, vous pouvez recevoir des centaines, des milliers d'insultes.
02:07Mbappé en avait fait l'expérience lors de l'affaire Naël, cette adolescente de 17 ans, abattue par un policier
02:12en 2023.
02:13Il avait pris position, il s'était fendu d'un message de soutien, parlant d'un petit ange parti trop
02:17tôt.
02:18Ça avait été la déferlante d'insultes.
02:20Ici, avec Arthur Girand et Baptiste Vautier, on n'a mis que les réponses qui restent à peu près montables
02:24à une heure de grande écoute.
02:25Mais vous imaginez bien tout le reste.
02:26Rappelez-vous aussi de la dissolution de l'Assemblée nationale.
02:29C'était juste avant l'Euro 2024.
02:31Les joueurs de l'équipe de France avaient été nombreux à être interrogés là-dessus.
02:35Et sur les élections législatives qui arrivaient, il y avait eu plusieurs styles de réponses.
02:40Kylian Mbappé est contre les extrêmes, contre les idées qui divisent.
02:43On ne peut pas laisser le pouvoir à certaines personnes qui sont dans l'optique de diviser les gens.
02:51Aujourd'hui, je ne suis pas venu pour parler de ça.
02:56Je préférais parler de football.
02:58Non, on n'en a pas parlé, mais on a dit entre nous qu'on avait une compétition à préparer
03:03qui concernait le football.
03:05Et on essaie de garder toute notre concentration sur le football et on ne parle pas trop politique.
03:11Dans la vie de tous les jours, j'ai horreur des extrêmes.
03:14Il faut se battre au quotidien pour que ça ne se reproduise pas et pour que l'ERN ne passe
03:19pas.
03:20Voilà, il y a ceux qui se mouillent, ceux qui ne se mouillent pas, sans jugement évidemment.
03:24Mais on voit qu'il y a un petit peu les deux côtés.
03:26Mais globalement, la tendance, elle est plutôt à ce que les langues se délient de plus en plus.
03:30C'est bien, mais il faut être prêt.
03:33Si, j'ai envie de dire, ils l'assument, s'ils ont envie d'aller au combat parce que leur
03:37opinion, ils veulent qu'elle compte, eh bien, on ne peut que les encourager à le faire.
03:42Il y a clairement une augmentation.
03:43Il y a un petit effet de mode aussi.
03:45Il y a un petit effet, je n'ai pas envie qu'on me mette dans la case du sportif
03:49qui n'a rien à dire, qui n'est pas intéressant, qui fait son match et puis qui rentre chez
03:54lui.
03:54Les temps changent et c'est plutôt globalement une bonne chose quand c'est fait avec méthode, avec stratégie et
04:00en respectant les process.
04:01Ce qu'il faut aussi dire, et c'est ce qu'on va faire ce soir, c'est qu'évidemment,
04:05il n'y a aucune obligation.
04:06Voilà, la clé, elle est là.
04:08Ils ont le droit de le faire, ça peut être utile, mais ils peuvent aussi ne rien dire.
04:11Et c'est très bien comme ça.
04:12Il y en a un qui a rarement pris la parole sur ce genre de sujet.
04:15C'est Zinedine Zidane, d'ailleurs, ça lui a été reproché parfois.
04:18Il avait déclaré dans Le Parisien en 2008, après une Marseillaise sifflée au Stade de France lors d'un France
04:22-Tunisie.
04:23Je ne peux pas être partout, je mesure la gravité de ce qui s'est passé, mais qu'est-ce
04:27que cela va changer que je prenne la parole ?
04:29Quand des gens ont décidé de venir dans un stade pour siffler ou pour casser, peut-être qu'il ne
04:34veut pas de polémique tout simplement.
04:35Peut-être aussi qu'il veut éviter ce genre de message.
04:39C'est une présentatrice de Fox News aux Etats-Unis.
04:41Elle s'en était prise à LeBron James, le basketteur américain, avait critiqué Donald Trump.
05:00Voilà, c'est souvent la rhétorique utilisée.
05:03On parlait de Jordan Bardella juste avant.
05:04C'est aussi des mots qu'il a utilisés au moment de l'Euro 2024.
05:08Mais LeBron, lui, il n'était pas resté à sa place.
05:26Alors, qu'en pense le grand public ?
05:33La tendance générale, c'est plutôt une envie que les sportifs restent des sportifs et uniquement des sportifs.
05:38En juin 2024, encore au moment de l'Euro, le journal Le Progrès a demandé à ses lecteurs, les sportifs
05:43français doivent-ils afficher leurs opinions politiques ?
05:45Plus de 17 000 votes et le nom l'emporte à 79%.
05:50Et ça, il y a une explication logique.
05:51Écoutez Stanislas Franckiel.
05:53Il est historien du sport à l'Université d'Artois.
05:56On a cette tendance à concevoir, à voir les sportifs comme des personnes qui ont arrêté très tôt les études,
06:02qui sont déconnectées des réalités, des réalités sociales et culturelles de leur pays
06:07et qui sont plutôt des millionnaires du sport.
06:10Et donc forcément, dans les guignols de l'info à l'époque,
06:13des personnes comme Éric Cantona, Jean-Pierre Papin étaient régulièrement sujets de moqueries.
06:20On pourrait citer Franck Ribéry aussi dans les guignols.
06:23En fait, l'idée pour beaucoup, c'est que le footballeur est un benet, un athlète qui court
06:27et qui n'a pas la possibilité tout simplement de penser et de s'exprimer.
06:30Il y a un dernier cas qu'on n'a pas encore évoqué ce soir,
06:33quand les sportifs ne s'expriment pas pour des questions de business.
06:36Et oui, parce que quand on a ce niveau de notoriété, évidemment que chaque mot que l'on prononce est
06:40décortiqué,
06:41les implications économiques peuvent être énormes, notamment vis-à-vis des sponsors.
06:45On va vous montrer des chiffres dans le classement des sportifs les mieux payés au monde.
06:49Magazine Forbes, un Kylian Mbappé, quatrième en 2025, a touché 21 de ses 81 millions d'euros via ses partenaires.
06:56Pour Lionel Messi, c'est 60 sur 111.
06:58Donc forcément, quand les marques lisent des déclarations clivantes de leurs athlètes,
07:02eh bien, elles n'aiment pas trop.
07:04À partir du moment où vous assumez vos opinions, vous vous mettez à dos les autres.
07:08Et quand vous êtes un partenaire, vous devez vendre des produits
07:10et vous mettre à dos une partie de votre clientèle,
07:12mais pas forcément ce que cherchent les marques.
07:14Elles cherchent eux-mêmes exactement l'inverse.
07:16Ce partenaire, il est là pour s'adresser à sa clientèle,
07:19vendre le plus de produits possibles,
07:20et certainement pas se mettre à dos, on va dire,
07:23à une catégorie de personnes qui n'auraient pas les mêmes idées,
07:26la même religion, les mêmes coutumes, et j'en passe.
07:30C'est parfois aussi contractuel.
07:32Les sponsors imposent des clauses, on va dire un devoir de réserve,
07:35pour le dire comme ça.
07:36Mais en tout cas, les mentalités changent,
07:38les sportifs sont des citoyens comme les autres,
07:40avec le droit de s'exprimer comme les autres.
07:42Il faut souvent d'ailleurs des icônes pour faire bouger les choses.
07:45Les footballeurs en sont, et ils ont un rôle à jouer,
07:47s'ils en ont envie.
07:48Merci beaucoup Romain.
07:50Merci à Jean-Luc Girard.
07:53Ce pourquoi.
07:55Vous savez, vous parlez des sportifs, des marques,
08:00et quand on fait une émission de télévision,
08:01avec vous, qui nous regardez évidemment,
08:03il suffit de voir comment est composée l'Assemblée nationale.
08:07Je vois bien, on sait tous, que dans cette société française,
08:10par exemple, vous avez trois grands blocs politiques,
08:12je schématise, mais c'est une réalité.
08:13Donc quoi que l'on dise ce soir,
08:15il y en aura forcément soit les deux tiers,
08:17soit un minimum un tiers qui ne sera pas content.
08:19Donc l'idée n'est pas de politiser, finalement, tout ça,
08:22mais de parler de cette prise de débat
08:24avec une prise de hauteur d'opinion et tout ça.
08:26Émilie, votre métier, c'est la com'.
08:28J'ai déjà entendu cette phrase.
08:29Oui, mais parce que, vous voyez,
08:31elle est aussi là pour ça, et ça m'intéresse, son regard.
08:34Parce que vous êtes aussi militante,
08:36mais pas dans le sens politique,
08:37dans le sens aussi du droit des femmes,
08:39vous défendez vos avis,
08:41vous êtes une femme d'opinion, en tout cas.
08:43Quel regard vous portez sur les personnalités,
08:46et donc notamment les sportifs, qui l'ouvrent ?
08:49Moi, j'aime parce que la phrase clé pour moi,
08:52ce sont des citoyens.
08:53Et donc, aujourd'hui, on a donné voix au chapitre
08:55à tout le monde, en ce sens large.
08:57Regardez les réseaux sociaux,
08:59tout le monde peut donner son avis.
09:00On donne beaucoup notre avis aussi sur eux,
09:02ce qu'ils sont,
09:03à quel moment eux n'ont pas d'avis,
09:05ils ne peuvent pas le partager.
09:06On est citoyen, on partage la même chose.
09:08Il y a quelque chose aussi qui me marque,
09:10c'est que quand on a besoin d'eux
09:12pour faire des communications,
09:13même d'ordre public,
09:16aller voter,
09:18penser, souvenez-vous, pendant le Covid,
09:19les gestes barrières, etc.,
09:20on était bien contents que des personnalités
09:22et ces sportifs-là prennent la parole
09:24parce qu'on sait qu'ils ont une audience pour ça.
09:27Mais bizarrement,
09:28quand c'est leur avis personnel,
09:31ou en tout cas que ce n'est pas guidé,
09:32là, on les reprend et on les rattrape par le col.
09:35Ben non, en fait.
09:36Il faut les laisser faire,
09:37ce sont des citoyens.
09:38Ce que j'apprécie aussi,
09:40c'est que tout le monde ne le fait pas
09:41parce qu'il faut se sentir aussi légitime
09:45en connaître les conséquences
09:47parce qu'effectivement,
09:47il y a des conséquences,
09:48qu'elles soient médiatiques, populaires,
09:49Vous savez que Jean-Baptain allait répondre ?
09:52Ou lui, ou son service com, par exemple.
09:54Ce n'est pas le seul, d'ailleurs,
09:54à Marine Le Pen,
09:55Mario Maréchal Le Pen,
09:56ils ont répondu aussi.
09:57Non, mais tout le monde répond.
09:58Tous les hommes politiques,
09:59toutes les femmes politiques.
10:00Si vous vous faites,
10:03à leurs yeux,
10:05insultés par une personnalité,
10:06vous répondez.
10:06Nous, on ne répond plus depuis longtemps
10:07parce que sinon,
10:08on passera notre vie à répondre.
10:10C'est ce que j'allais vous dire.
10:11Il y a du temps, sinon,
10:11il ne va pas se faire.
10:12Ils le savent,
10:12tout le monde sait
10:12puisque tout le monde
10:13a des communicants autour de soi.
10:16Et c'est quoi la question ?
10:17La question, c'est qu'ils savent très bien
10:18à quoi ils s'exposent.
10:20Oui, mais ils s'en foutent aussi, peut-être.
10:21Je ne sais pas.
10:22Parce que moi,
10:22ce que je trouve assez clair
10:24dans le personnage, en tout cas,
10:26de Bappé,
10:26c'est qu'il est constant.
10:28Et en tout cas,
10:28ce discours-là,
10:29il l'a déjà tenu.
10:31Et donc, moi,
10:31ce qui m'importe,
10:32ce n'est pas tant l'opinion,
10:33c'est le fait que son opinion
10:34reste la même tout le long.
10:36Oui, qu'il ne soit pas girouette, quoi.
10:38Oui, et puis,
10:39ça fait partie aussi
10:40de la personnalité,
10:41du personnage.
10:42Effectivement,
10:42dans deux ans,
10:42on en reparlera.
10:43Mais moi, j'aime le côté
10:44oui, ça fait écho.
10:45Et pardon,
10:46il a aussi certainement répondu
10:47à une question qu'on lui posait.
10:48Bien sûr.
10:49N'oublions pas ça aussi.
10:50Bien sûr.
10:50Ce n'est pas un monologue
10:51où il s'est dit...
10:51Mais après,
10:51vous savez très bien
10:52qu'un joueur ou un entraîneur,
10:53s'il ne veut pas répondre,
10:54il ne répond pas.
10:55Comme comment
10:56et ou pas mécano
10:56pendant l'euro, par exemple.
10:57On peut aussi choisir
10:58de ne pas répondre.
11:00Olivier,
11:00pour France Football,
11:01tout comme Namin,
11:02vous faites beaucoup d'enquêtes,
11:03vous rencontrez beaucoup
11:04de footballeurs.
11:05On est avec les footballeurs,
11:06vous les interviewez aussi
11:07dans leur vie
11:08en tant que citoyens,
11:09dans la cité,
11:10si on repart
11:11au temps de l'Antiquité.
11:13Non, mais est-ce que
11:13c'est quelque chose
11:14qui vous intéresse
11:15en tant que journaliste
11:15et qui intéresse les lecteurs ?
11:17Est-ce que vous pensez vraiment
11:18que ce n'est pas un plaisir
11:19que nous, on a ?
11:20Parce que quand on voit
11:21les stats de Romain,
11:2380% des Français disent
11:24« Non, ça ne m'intéresse pas
11:25d'avoir ton avis. »
11:26Oui, je suis surpris par ça
11:27parce que moi,
11:28je pense que malgré tout,
11:28ça intéresse.
11:29La preuve,
11:30on en parle tellement,
11:30ça fait tellement réagir derrière
11:32et moi, je la trouve super,
11:34sa prise de parole.
11:35Je trouve ça hyper courageux.
11:37On parle quand même
11:37du capitaine de l'équipe de France.
11:40Il a beaucoup plus à perdre
11:41qu'à gagner
11:42à sortir ce genre de trucs
11:43et il est toujours courageux.
11:45On reproche souvent
11:45aux footeux
11:46de ne jamais réagir
11:48sur des sujets
11:49politiques, sociétaux
11:50et quand Mbappé le fait,
11:51ça ne va toujours pas.
11:53Et moi, je trouve
11:54que les footballeurs,
11:55avec la visibilité
11:56qu'ils ont,
11:57je trouve que leur prise
11:58de parole est importante
11:59parce que si on élargit
12:01un petit peu,
12:01on regarde
12:02est-ce que les grandes stars
12:03doivent se taire ?
12:04Certainement pas.
12:05Et moi, il y a un exemple
12:05ces dernières années
12:06qui m'avait marqué.
12:07C'était Marcus Rashford
12:09qui avait pris la parole
12:10et qui avait fait mieux
12:11que le gouvernement anglais
12:12qui avait pris de corps
12:16le sujet
12:17sur la précarité alimentaire
12:18chez les enfants.
12:20Le gouvernement disait
12:20depuis des années...
12:21Et là, il a été un sujet
12:21qui touche tout le monde
12:22sans diviser politiquement.
12:24Et qu'il l'avait touché lui
12:25et le gouvernement anglais
12:27depuis des années
12:28était bloqué,
12:28disait qu'il n'y arrivait pas.
12:30Et bien lui a pris la parole,
12:31lui a pris les choses en main
12:32et ça s'est débloqué
12:33tout de suite.
12:33Donc avec la visibilité
12:35et la puissance qu'ils ont,
12:36non, certainement pas.
12:37ils doivent continuer
12:38à s'exprimer et à parler.
12:39Avant de vous donner
12:40la parole,
12:41Nabil et Swan,
12:42avec vous, Léna,
12:42on fait un point sur quelqu'un
12:44qui était une star
12:45de la Coupe du Monde 94,
12:46Alexis Lalas.
12:47Alexis Lalas,
12:48ça vous parle ?
12:48Ben oui,
12:49défenseur des Etats-Unis.
12:50Exactement.
12:51Quelle année ?
12:5294 à la Coupe du Monde.
12:54Exactement, bien Nabil.
12:55Et bien,
12:56c'est devenu l'une des voix
12:57les plus clivantes du soccer
12:58aux Etats-Unis,
12:59consultant pour Fox Sport,
13:01soutien assumé
13:02à Donald Trump.
13:03Il confie dans un article
13:04que l'équipe publiait aujourd'hui.
13:06J'ai voté plusieurs fois pour lui
13:07et j'en suis fière.
13:08J'apprécie ce que le président
13:09a fait pour sécuriser
13:10nos frontières
13:11et s'attaquer
13:12à l'immigration illégale.
13:13Sur le plan sportif,
13:14selon lui,
13:15les difficultés persistantes
13:16de l'équipe nationale américaine
13:18trouveraient leur origine
13:19dans la diversité du pays.
13:21On en parle très souvent
13:22comme un avantage,
13:23comme d'une grande force.
13:24Cette illusion du melting pot,
13:26je reconnais volontiers
13:27y avoir moi-même cru,
13:29mais peut-être
13:29que la meilleure voie
13:30pour progresser
13:31du point de vue
13:32du football masculin
13:32serait peut-être
13:33d'être plus exclusive
13:34et moins inclusif.
13:36Il ne doit pas regarder le basket.
13:37Non, bah oui.
13:38Je l'ai vu la dernière fois.
13:40Pardon.
13:41Allez-y, allez-y.
13:42Non, je l'ai vu
13:42puisqu'il commentait un match
13:44avec...
13:44Mais il a changé.
13:45Oui, oui.
13:46Je n'ai pas reconnu.
13:46Je n'ai pas reconnu.
13:47Par contre,
13:47je me souviens parfaitement
13:48du jour.
13:49Non, mais pour en revenir
13:50sur Mbappé,
13:51qui m'intéresse plus
13:51que Lalas,
13:53si je puis me permettre.
13:55Qu'est-ce que je voulais dire ?
13:57Je ne sais pas,
13:58vous avez l'air d'avoir froid.
13:59Tu veux ma veste, Nabil ?
14:00Vous voulez que j'enchaîne avec Swan
14:01parce que là,
14:02vous me mettez un petit coup de mou
14:02dans le débat,
14:03mon Nabilou.
14:04Ça vous a bluffé.
14:05Allez-y, Swan.
14:06Parce que là,
14:07je crois qu'on a perdu Nabilou.
14:08Au même moment,
14:08il est honnête.
14:09Hop, là, il revient.
14:10Il a buggy.
14:11Quelle crise de position
14:12vous avez sur ça, vous ?
14:13Moi, le pourquoi de Romain
14:15m'a mis extrêmement mal à l'aise.
14:16Pas parce qu'il est mauvais,
14:17mais parce que...
14:18En fait,
14:18je ne comprends même pas
14:19que ce soit une question.
14:20Je ne comprends même pas
14:20que ce soit une question.
14:21Bon, là,
14:22on parle de sportif
14:22parce qu'on est mission de football.
14:23Mais, comme disait Mili,
14:25tout le monde donne son avis.
14:26Après,
14:28je trouve que même
14:28quand on analyse
14:29en tant que conseiller en communication
14:32ce qui a été dit,
14:34au final,
14:34le tri se fait comment ?
14:35C'est que les garçons
14:36qui émergent aujourd'hui,
14:37la plupart du temps,
14:38c'est des garçons
14:38souvent qui ont la tête bien faite,
14:40qui ont envie de parler.
14:40Je pense à Wemby
14:42qui est un BAP.
14:43C'est toujours des garçons comme ça.
14:45Et au bout du compte,
14:46je trouve ça difficile
14:46de les empêcher de parler.
14:48Surtout que la plupart du temps,
14:49ils parlent bien.
14:50Alors, on peut être d'accord
14:50ou pas d'accord
14:51avec leurs idées.
14:52Mais il y a un cheminement.
14:53C'est réfléchi.
14:55Et ils ont envie de le faire.
14:56Moi, la question que je me pose,
14:57quand même,
14:58c'est que très souvent,
14:58quand l'argument
14:59« joue au foot, t'étais toi »
15:00ou « faites rimer un ballon,
15:01t'étais toi » revient…
15:02« Et t'es riche, t'étais toi »
15:03souvent.
15:03Voilà.
15:04C'est souvent quand ça touche
15:06au même sujet.
15:08Globalement.
15:09Ce n'est pas quand
15:09Kylian Mbappé
15:10va parler de mode
15:12ou va parler de…
15:13C'est toujours quand il y a
15:13une implication sociale.
15:15C'est toujours quand il y a
15:16ces choses-là.
15:16Et ça vient aussi
15:18souvent des mêmes personnes.
15:19Et pour revenir sur ce que vous disiez
15:20sur le fait que
15:21qu'est-ce qu'ils attendent ?
15:23Est-ce que ça leur dérange
15:23quand on les répond, etc.
15:25Aujourd'hui, je pense
15:26que Kylian Mbappé s'en moque.
15:27Et je pense que les gens
15:28font plus de buzz
15:29sur le dos de Kylian Mbappé
15:30que le contraire
15:31en répondant à ça.
15:33Mais j'avoue que la question
15:34sur est-ce qu'ils doivent se taire,
15:35encore plus
15:36à l'ère des réseaux sociaux
15:37aujourd'hui,
15:38à l'ère où on a besoin
15:39de modèles pour la jeunesse,
15:41etc.
15:41J'ai un peu du mal
15:42à comprendre
15:43pourquoi ils devraient se taire.
15:44Parce qu'il y a un mépris de classe.
15:45Parce que c'est aussi lié
15:47des origines parfois
15:48sociales.
15:49Parce que certains
15:49ont le droit de prendre la parole
15:50et pas d'autres.
15:51Parce que certains
15:52sont des défenseurs
15:52de la liberté d'expression
15:53à géométrie varie.
15:55Mais pour en revire à Mbappé,
15:56pour moi,
15:56c'est un personnage hors normes,
15:57tout simplement.
15:58Et je crois
16:00qu'effectivement,
16:01s'ils voulaient être tranquilles
16:02et ne pas prendre de couilles,
16:03ils ne diraient rien.
16:03Mais je crois que ça correspond
16:04totalement à ses valeurs,
16:05à ses convictions.
16:07Ils les expriment.
16:07Ils les expriment
16:08dans le cadre d'une interview.
16:11Pas dans...
16:11Parce qu'on dit
16:12oui, c'est le capitaine
16:12de l'équipe de France.
16:13Mais là, moi,
16:17force nue avec ce maquillage
16:18aux Etats-Unis
16:19avant la Coupe du Monde.
16:20Là, attention,
16:21on est dans un truc
16:21où il y a très, très peu
16:23de sportifs,
16:23vous parlez de Wambanyama,
16:24c'est le seul,
16:24qui peuvent s'aventurer.
16:25Ça n'existe pas
16:26pour les autres.
16:27Donc, voilà.
16:29Moi, je trouve que c'est bien.
16:31Et je trouve que ce qui est bien
16:32dans le sujet aussi,
16:33c'est d'avoir montré
16:33LeBron James
16:34et sa réaction.
16:35Parce que là,
16:35elle était honteuse,
16:37la présentatrice.
16:38C'était...
16:39C'est scandaleux.
16:41Tétois et dribles.
16:42Et voilà.
16:43Ils sont inspirants.
16:44Ils représentent des choses.
16:45Et s'ils sont attaqués,
16:47c'est aussi que leur parole,
16:48c'est un peu une arme
16:49de destruction massive.
16:50Parce que là,
16:50on voit une interview,
16:51on voit un journal
16:52où on en parle.
16:52Mais sur les réseaux sociaux,
16:53c'est des millions
16:54et des millions de personnes.
16:56Et c'est aussi
16:56différentes générations
16:57et des générations
16:58souvent plus jeunes
16:59et qui vont représenter
17:01la France de demain.
17:02Donc, c'est pour ça
17:03qu'il est attaqué aussi.
17:04Allez, voilà ce qu'on pouvait dire
17:05ce soir sur la prise de parole
17:06de ces grandes stars.
17:07Merci Romain pour ce pourquoi.
17:08Dans un instant,
17:10Raphaël,
17:10il croit
17:12comme en Thauvin,
17:13ce soir,
17:13dans ce lance-PSG
17:14peut encore arracher
17:16une place
17:16dans la liste
17:17à J-1 Didier Deschamps.
17:18A tout de suite.
17:19Sous-titrage Société Radio-Canada
17:21Sous-titrage Société Radio-Canada
17:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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