Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Notre interview de Jean-Michel Bertaux sur l'activité des petits travaux de jardinage dans les services à la personne.
Fondateur de l'entreprise de SAP Palin Paysage (18) en 1999 et du réseau Les Clefs du Jardin en 2002, ancien référent des services à la personne au sein de l'Unep (Union Nationale des Entreprises du Paysage), le paysagiste a été aux premières loges du lancement de la loi Borloo en 2005 ...

Retrouvez un dossier spécial sur notre table ronde exclusive concernant les services à la personne dans Matériel et Paysage n°210 (mai 2025).

https://www.materiel-paysage.com/nos-anciens-numeros/article/898513/a-la-une-de-materiel-et-paysage-notre-table-ronde-exclusive-sur-les-services-a-la-personne

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:06Bonjour à tous, bienvenue pour cette nouvelle vidéo du magazine Matériel et Paysage.
00:11Nous recevons aujourd'hui des spécialistes du service à la personne pour organiser une grande table ronde sur ce sujet.
00:18En ma compagnie aujourd'hui, j'accueille Jean-Michel Berthaud.
00:21Merci M. Berthaud pour votre venue.
00:23Je vous présente très brièvement. Vous êtes fondateur de l'entreprise Palin Espace Vert qui est située à Saint-Denis
00:29-de-Palin dans le département du Cher et qui assure des prestations de création et d'entretien des espaces verts
00:34qui inclut bien sûr une activité de service à la personne.
00:38Vous avez fondé en 2002 les Clés du Jardin qui est un réseau national et qui est le premier du
00:43genre d'ailleurs en France qui regroupe et fédère des entreprises spécialisées dans le service à la personne qui sont
00:49donc déclarées comme telles.
00:51Et puis vous avez également présidé durant de nombreuses années la commission SAP, service à la personne de l'Union
00:58nationale des entreprises du paysage, la bien connue UNEP.
01:02C'est donc un sujet que vous connaissez par cœur, si l'on peut dire.
01:06Vous êtes un acteur historique de ce secteur, tout du moins pour ce qui concerne les entreprises d'espace vert.
01:11Et donc ma première question va être orientée dans ce sens.
01:14Vous avez participé très tôt, dès l'apparition du plan Borloo, de la loi Borloo en 2005, aux discussions relatives
01:21à cette activité.
01:23Alors est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus, nous expliquer un petit peu la genèse de
01:27cette activité dans les espaces verts ?
01:30Écoutez, on est parti pour une longue histoire en ce cas-là.
01:32Tout d'abord, déjà, merci de m'avoir fait venir jusqu'à vous.
01:35Bonjour. Alors cette genèse, elle commence en 99.
01:39En 99, j'entends parler qu'il existe une possibilité de travailler avec des avantages fiscaux pour nos clients.
01:47C'est à peu près tout ce qu'on savait.
01:49Et puis un jour, sur Poitiers, je me retrouve donc à un congrès UNEP et un directeur général de l
01:56'époque nous dit, mais vous savez, il existe le SAP.
01:59Ça veut dire quoi ? Service à la personne. OK, d'accord.
02:02Et ce SAP, ça pourrait quand même vraiment vous aider.
02:06Ça serait peut-être pas mal. Vous devriez vous pencher sur le sujet.
02:09Alors là, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais donc dès qu'on me dit qu'il
02:13faut se pencher sur le sujet et que ça peut être intéressant, je réfléchis très vite et je me dis
02:18on se lance.
02:20De là, donc, on commence à faire les démarches, les dossiers qui n'étaient pas très connus.
02:25Il ne faut pas oublier que personne ne savait ce que c'était. C'était tout nouveau, tout nouveau.
02:29L'angoisse pour moi, c'était de dire on y va. Et puis, on n'a peut-être pas compris
02:33quelque chose.
02:33Est-ce que nos clients vont pouvoir vraiment défiscaliser ? Est-ce qu'on n'est pas en train d
02:37'être sur quelque chose qui est un peu la lame du couteau ou le fil ?
02:41Et qu'est-ce que l'on va faire ? Comment ça va se terminer ?
02:43Donc, on a pris beaucoup de renseignements. On a pris des cabinets extérieurs de consultation pour être sûr de ne
02:49pas tomber dans une impasse irréversible.
02:52De là, ce qui s'est passé après était très, très simple. L'administration a dit oh là là, mais
02:59attendez, nous, on ne connaît pas ni rien.
03:00Les années, enfin, les mois sont passés. Les mois passant, on a avancé, avancé jusqu'au jour où est-ce
03:06qu'on a reçu notre agrément et qu'on a lancé l'activité.
03:10Cette activité, donc, qui est aujourd'hui faite ses 27 ans chez nous.
03:16Un bel âge. Alors, on peut dire que vous avez été un précurseur puisque votre réseau national, qui se nomme
03:22les Clés du Jardin, a été créé un petit peu avant, un petit peu avant ce fameux plan Borloo.
03:29Donc, vous étiez un petit peu en avance, je dirais, sur votre temps. Et est-ce que vous pouvez nous
03:35expliquer quel est le principe des Clés du Jardin ?
03:40L'idée, c'est de rassembler les entreprises qui sont déclarées de service à la personne. Ce n'est pas
03:44une coopérative.
03:46Aucunement.
03:46Mais l'idée est d'aider, d'apporter un soutien à ces entreprises. Pouvez-vous nous en dire un peu
03:54plus ?
03:54Alors, nous, localement, on avait la chance et on a toujours la chance d'avoir des collègues où l'entente
04:01est relativement cordiale, voire très cordiale.
04:05Donc, une concurrence, on va dire, gentille. Et là, on s'est dit, mais pourquoi qu'on ne travaillerait pas
04:11forcément un petit peu ensemble pour garder tous les avantages de ce que chacun connaît et puis les quelques inconvénients,
04:19se les mettre en commun.
04:20Donc, on a dit, il faut faire un groupe. Ce groupe, il a grossi, il a commencé à 4-5
04:25personnes. Aujourd'hui, il est grosso modo à 80 personnes.
04:29Et ce groupe fonctionne avec juste une volonté avancée d'être toujours dans la législation le mieux que l'on
04:37peut, être de l'autre côté, avoir donc des clients qui soient satisfaits, très satisfaits,
04:45d'avoir, bien sûr, une rentabilité, bien sûr, une rentabilité sur l'activité de service à la personne.
04:52Alors, donc, à l'époque, quand Jean-Louis Bourleau, alors ce n'est pas lui, je pense qu'il avait
04:55quand même un secrétariat, nous a envoyé l'invitation,
04:58eh bien, écoutez, je me suis déplacé et j'étais donc au lancement du service à la personne, le plan
05:03Bourleau.
05:04Alors, Jean-Louis Bourleau, tout le monde le connaît plus ou moins, même dans les plus jeunes.
05:08Ils l'ont revu il y a quelque temps, un petit peu ébouriffé, enfin, un petit peu un langage, je
05:13ne veux pas dire à moitié trivial, mais presque.
05:16Et donc, il est arrivé, nous étions une cinquantaine d'entreprises.
05:21Moi, je représentais le petit réseau et les autres étaient Sodexo International, La Poste, Crédit Agricole,
05:29que des entreprises, on va dire, établies sur l'ensemble du globe ou si pas dans l'ensemble, au moins
05:34l'Europe.
05:36Donc, ces gens-là, je les ai un petit peu écoutés.
05:39Et Jean-Louis Bourleau est donc arrivé en disant, écoutez, vous êtes les flingueurs du chômage.
05:45C'était ces mots exacts, les flingueurs du chômage.
05:47Et donc, nous sommes partis à bien discuter, à voir.
05:52Alors, j'étais vraiment la petite structure parce que quand vous avez Suez,
05:57enfin, toutes ces entreprises-là, vous êtes vraiment le bébé.
06:00Et là, je me rappellerai toujours, à chaque fois, ils arrivaient tous en disant 7 000 salariés, 70 000 salariés,
06:081 million de salariés.
06:09C'était assez impressionnant.
06:11Et là, je me suis dit, bon, tout arrive, il faut que je m'en sorte.
06:14Et là, j'arrive, je fais le calcul, cinquantaine d'entreprises, vous savez, déjà évolué, il y avait eu 4
06:19ans,
06:19une cinquantaine d'entreprises, je dis, allez, il y a 55, 25.
06:23Et là, je réponds, 250 salariés, mais 250 salariés en CDI, à temps plein, avec un vrai contrat de travail.
06:34Ce qui n'était pas du tout le cas de toutes ces grandes enseignes qui étaient plutôt en train de
06:38faire des ajustements.
06:40Et là, Jean-Louis Bourleau, toujours dans sa forme olympique, je veux dire applaudi.
06:45Donc, ça m'avait décontracté.
06:48Et une fois ces applaudissements, on s'est rencontrés, etc.
06:51Et franchement, on était vraiment en phase par rapport à ce qu'ils souhaitaient, c'est-à-dire un développement
06:56économique.
06:58Alors, flinguer le chômage, on va dire essayer de limiter le chômage, le travail au noir,
07:03et donc repartir dans une économie d'entretien de jardin, on va dire, avec une facilité,
07:09qui était donc les 50 % pour le client final.
07:13C'est toujours pour le client final, ce n'est pas pour nous.
07:15Pour le client final, donc d'impôt en moins.
07:17Et vous disiez qu'à cette genèse, vous représentiez finalement quelque part peu de choses
07:24par rapport aux grands acteurs, aux autres acteurs économiques.
07:26Et pourtant, on peut dire aujourd'hui que le jardin, l'entretien du jardin,
07:30est devenu un des secteurs d'activité du service à la personne les plus importants.
07:34Alors, sauf erreur de ma part, je pense qu'on arrive troisième.
07:39Troisième avec donc tous ceux qui sont derrière et puis deux devant.
07:43Donc, c'est quand même une bonne position.
07:45Bien sûr, on a eu beaucoup de nos détracteurs, on va dire, qui sont là en train de dire,
07:51oui, mais si vous avez un jardin, si vous avez une maison, donc ce n'est pas normal que vous
07:55ayez...
07:55Voilà.
07:56Nous, on n'est pas du tout dans cet esprit-là.
07:58On est vraiment sur le terrain, on connaît le terrain, on n'est pas dans un hémicycle.
08:02Et sur le terrain, ce qu'on peut dire, c'est que les gens ont besoin, à tout âge,
08:06quand ils peuvent se permettre ou quand ils ne veulent plus faire parce qu'ils ne peuvent pas,
08:10parce qu'ils n'ont pas envie, parce qu'ils ont d'autres activités.
08:12Eh bien, écoutez, le jardin, ça permet de libérer du temps.
08:16Il y a la notion de care, donc, qui va aider des gens en perte d'autonomie ou en semi
08:24-perte d'autonomie,
08:25donc, à entretenir leur espace extérieur, qu'ils ont toujours entretenu eux-mêmes la plupart du temps.
08:31Aujourd'hui, en plus, on sait très bien que, bon, avec la météo,
08:35on profite vraiment de cette pièce extérieure du jardin de plus en plus.
08:40Donc, avec cette notion de care, c'est de pouvoir aider.
08:42Autant qu'il y a une petite dame qui va être, ou un monsieur d'ailleurs, en train de faire
08:46un ménage,
08:47autant qu'on va avoir quelqu'un peut-être pour de l'autonomie,
08:50autant que si on sort et qu'on voit son jardin en friche, eh bien, après, c'est la dépression.
08:54Donc, la dépression, ce n'est pas bon pour l'économie au niveau de la sécu non plus.
08:58Et donc, ce qu'il faut, c'est, voilà, continuer, que ces gens-là puissent profiter,
09:03soyez bien dans leur bien-être, dans leur tête,
09:06pour profiter de leur jardin qu'ils ont toujours connu
09:08et qu'ils veulent aussi partager avec leurs proches aujourd'hui.
09:12Donc, depuis que vous avez commencé cette belle activité, il y a 27 ans,
09:17on peut dire qu'il y a eu une évolution constante, croissante,
09:21pour votre activité en tant qu'entreprise d'espace vert.
09:25Alors, aujourd'hui, on en a eu. Quelles sont les perspectives ?
09:27On sait que la population française est vieillissante.
09:30Donc, potentiellement, ce sont des personnes qui peuvent faire appel au SAP.
09:34Donc, que pensez-vous des perspectives que cela offre pour le secteur des espaces verts ?
09:41Alors, aujourd'hui, pour le secteur, donc, du service à la personne dans les espaces verts,
09:46je précise bien, ce n'est pas la même chose.
09:48Donc, chez nous, c'est l'activité de Palin Paysage,
09:51entreprise vraiment qui ne fait que du SAP.
09:54En parallèle à l'autre entreprise, donc, qui, elle, fait donc du jardin, création, entretien,
10:00mais autre que chez le particulier.
10:02Et donc, par rapport, ce n'est pas bien difficile.
10:05Aujourd'hui, les gens, la quantité de gens qui vieillissent,
10:09j'en fais partie, je viens d'avoir pris ma retraite,
10:11donc je commence à basculer.
10:13Voilà, les gens qui vieillissent, il y en a quand même de plus en plus.
10:16Les gens qui ont besoin, il y en a de plus en plus.
10:19Des gens qui vieillissent aussi, donc, en général, quand on vieillit,
10:23on a plus besoin de service que quand on a 20 ans.
10:26Donc, tout ça, ça fait que, pour moi, je pense qu'on est sur une manne de travail,
10:32de demande qui va être relativement, qui est importante aujourd'hui
10:36et qui, pour moi, va continuer à monter, monter, monter pendant encore des années.
10:42Maintenant, la difficulté aussi pour nos entreprises,
10:44ça va être de trouver les moyens humains pour arriver à faire ces travaux-là.
10:49Donc, on n'est pas du tout dans l'image de quelqu'un qui arrive en courant
10:52et qui est en train pratiquement de faire n'importe quoi dans le jardin.
10:57On a une activité, donc, de jardinage avec des gens qui sont formés pour.
11:02De la plupart sont diplômés avec soit des bacs pro, soit des BTS,
11:07voire certains BP ou choses comme ça.
11:09Donc, il faut des professionnels, des gens qui ont une, comment je pourrais dire,
11:16une forme, je veux dire, de, enfin, qui ont un accès humain par rapport à leurs clients facile.
11:22Donc, ça, c'est pareil, ça passe par des formations.
11:25On n'apprend pas juste la taille du rosier ou des choses comme ça.
11:28On a des formations aussi pour que ces gens soient à l'aise,
11:31pour comment réagir quand ces personnes, nos clients,
11:35quand ces personnes, je veux dire, peuvent avoir quelques troubles, etc.
11:39Ne jamais rien laisser dans l'ombre, toujours passer par la transparence,
11:42voir les familles s'il y a besoin.
11:44Et puis après, il y a aussi tous les autres.
11:46Il y a ceux qui rentrent tard parce qu'ils ont des métiers qui les prennent beaucoup
11:50au niveau du temps, de la montre, et donc qui ont besoin aussi de dire
11:54je veux un peu de répit mon week-end, je ne veux pas encore refaire tout mon après-midi dans
11:58le jardin.
12:00Il y a le sport, il y a plein d'activités, il y a les enfants pour les familles un
12:04peu plus jeunes, etc.
12:05Et donc, voilà, pour moi, c'est vraiment, continuons de former nos salariés
12:11en étant vraiment dans ce que recherchent les gens le plus possible
12:15et puis avec un professionnalisme clair, net et précis.
12:20Donc des perspectives très prometteuses.
12:22Est-ce qu'on peut rappeler juste la proportion des entreprises du paysage aujourd'hui
12:26qui ont une activité SAP ? Je crois que c'est presque deux tiers des entreprises.
12:30Voilà, c'est ça. Si on cumule les entreprises qui font du SAP vraiment,
12:35enfin, que du SAP, ce n'est pas vraiment, c'est que du SAP,
12:38et qu'on additionne, on va dire, le nombre de personnes qui travaillent avec des coopératives,
12:43c'est environ deux entreprises sur trois qui ont une activité, peu importe,
12:48peu ou prou, une activité de service à la personne.
12:51Bien, écoutez, Jean-Michel Berthaud, merci pour ce point de vue complet,
12:55fruit de 30 ans d'expérience.
12:58Merci beaucoup. Merci à vous de nous avoir suivis
13:00et à très bientôt pour une prochaine vidéo.
13:04Sous-titrage Société Radio-Canada
13:05Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations