Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Gautier Caton, porte-parole Fédération nationale du funéraire

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00...
00:04Marie d'Orceste, un secteur qui recrute mais qui a du mal à paraître attractif.
00:09Le funéraire recherche des femmes et des hommes de tout âge, avec ou sans expérience.
00:13Et nous en parlons ce matin avec le porte-parole national de la Fédération du secteur.
00:18Bonjour Gauthier Caton.
00:19Bonjour.
00:19Vous êtes également référent de la Fédération nationale du funéraire en centre-val de Loire
00:23et directeur de l'entreprise bien connue dans le loiré des ponts de funèbres Caton.
00:272 500 postes vacants sur 26 000 salariés en France dans le funéraire.
00:32Est-ce que le secteur est en crise ?
00:34Alors on ne pourrait pas parler de crise.
00:36En revanche, on a une difficulté à rencontrer des candidats dans notre métier.
00:43Mais plus flagrante sur ces derniers mois que d'habitude ?
00:45Alors la situation ne s'accélère pas mais elle se dégrade lentement pour différentes raisons.
00:51Et notre problématique c'est de réussir à être reconnu comme une profession parce qu'on a une petite professure.
00:56Et justement, quelles sont ces raisons que vous évoquez ?
00:58Alors la première c'est que peu de Français imaginent travailler dans le domaine du funéraire
01:05et surtout vu qu'on ne représente que 25 000 à 26 000 salariés en France,
01:09on connaît peu d'amis qui travaillent dans le domaine.
01:12Donc déjà à la base il y a peu d'orientation et de recommandation.
01:14Le bouche à oreille ne marche pas trop ?
01:16Alors le bouche à oreille ne marche peu parce qu'il y a peu de bouche et peu d'oreille
01:19et parce qu'il n'y a pas de filière académique, il n'y a pas de lycée, il n
01:22'y a pas de BTS.
01:23Donc on n'a pas de filière qui mène au funéraire.
01:25Alors justement dans notre reportage ce matin, dans votre entreprise,
01:29on a entendu une de vos collaboratrices qui dit on y rentre par hasard, on y reste par passion.
01:33Et justement, comment on y rentre dans ce secteur puisqu'il n'y a pas de formation ?
01:36Alors justement, soit on a nous, nos meilleurs ambassadeurs sont nos salariés
01:42qui peuvent parler à des amis et présenter le métier
01:45parce que de prime abord, ce sont des métiers qui peuvent sembler très particuliers
01:50et parfois effrayants et on imagine tout un tas de choses.
01:53Et quand on a la chance d'avoir quelqu'un qui travaille dans ce domaine
01:55et qui nous en parle, on comprend finalement tout le volet humain du métier.
02:00Donc ça peut être une orientation.
02:02On est très proche de France Travail, par exemple, à des différentes antennes
02:05pour avoir... En fait, dès lors où on parle de notre métier,
02:09les gens sont curieux et sont attirés.
02:12Dès lors où on prend toute la dimension humaine,
02:14s'ils s'arrêtent uniquement aux préjugés, c'est compliqué.
02:17L'important donc, c'est de faire de la pédagogie en fait.
02:20C'est ce que vous essayez de faire au quotidien ?
02:21Oui, de faire de la pédagogie, de rendre accessibles les termes techniques de ce métier
02:25parce qu'un thanatopracteur, un conseiller funéraire, un porteur chauffeur,
02:29ce ne sont pas des termes que l'on pratique et qu'on peut même assimiler à d'autres métiers.
02:35Et nous, on a fait l'effort, par exemple, au sein de notre entreprise,
02:37de rebaptiser une partie des métiers pour rappeler que, par exemple,
02:40un conseiller funéraire est un conseiller clientèle dans le domaine du funéraire.
02:45Donc tout ça, effectivement, c'est des choses qu'il faut mettre en place
02:48pour inciter les gens, peut-être en tout cas, à s'intéresser au moins à ce secteur.
02:52Et la Fédération Nationale vient de lancer aussi un site spécialisé
02:55sur l'emploi du funéraire, là, c'est pour avoir plus de visibilité, tout simplement ?
02:58Oui, alors c'est une très bonne démarche, ça réunit plusieurs informations.
03:02Déjà, ça présente la branche, les différentes écoles de formation
03:06parce qu'il n'y a pas de parcours académique de BTS, de Bac Pro ou autre.
03:10Par contre, il y a quand même des centres de formation
03:11qui sont accessibles à tous les âges et en post-bac ou non.
03:16Ensuite, il y a toutes les offres d'emploi sur les différents départements
03:20dans les différents métiers et il y a les fiches des différents emplois
03:23pour les présenter avec peut-être un accès plus facile à l'information.
03:27Donc c'est obligé de passer par ces centres de formation
03:30s'il y a des auditeurs, des auditrices qui nous écoutent,
03:32qui seraient intéressés pour accéder à ces métiers
03:34ou est-ce qu'on peut venir parce qu'on a vu un emploi sur Internet par exemple ?
03:37Alors, certains métiers vont être conditionnés à une formation
03:41dans un centre de formation mais qui peut se faire
03:44après prise de poste dans une entreprise et financée par l'entreprise.
03:48Donc ce n'est pas forcément une étape obligatoire avant de candidater.
03:51Moi, ce que j'incite à faire, c'est plutôt, si demain il y a un intérêt pour ces métiers,
03:56c'est de découvrir les métiers pour comprendre peut-être
03:58celui qui est le plus proche de sa volonté ou de son parcours professionnel,
04:03puis ensuite d'aller contacter une entreprise de pompe funèbre,
04:05n'importe laquelle, pour avoir peut-être un peu plus d'explications
04:08avant de se lancer dans la profession.
04:10Travailler dans le funéraire, c'est un secteur où il y a beaucoup de turnover
04:13parce qu'on imagine que ça peut être dur aussi psychologiquement, ça joue mine de rien.
04:16Oui, alors le turnover dans notre métier, qui est peut-être moins important que dans d'autres,
04:21mais peut s'expliquer pour plusieurs raisons.
04:23Il y a la difficulté, en effet, psychologique,
04:25et puis il y a l'amplitude de travail.
04:27On a un métier, nous, les familles françaises attendent de nous
04:30un service 24h sur 24 et 7 jours sur 7.
04:32Et on est rattaché à une mission de service public,
04:34donc on est obligé d'être disponible.
04:36Ce qui fait qu'on a quand même quelques contraintes professionnelles
04:39que certains métiers n'ont plus.
04:41Donc ça, forcément, ça peut jouer,
04:43mais il faut en être conscient quand on veut éventuellement se lancer dans ce secteur-là.
04:46Oui, nous, on le présente et on insiste
04:48parce qu'il ne faut pas minimiser les conséquences familiales,
04:51organisationnelles pour ses enfants, etc.
04:54Mais par contre, quand on a...
04:56En tout cas, on a...
04:57Après la passion de ce métier, moi je suis né dans ce métier,
05:00je suis la cinquième génération, donc je ne me pose même pas la question,
05:02mais quand on comprend le sens, finalement,
05:04les contraintes par rapport à ce que ce métier apporte,
05:08finalement, elles sont assez limitées.
05:09Mais au bout d'un moment, sa situation personnelle peut changer aussi.
05:12Et c'est un secteur aussi, on le rappelle,
05:13où il y a de vraies perspectives d'évolution salariale, y compris.
05:17On peut commencer peut-être porteur et ensuite finir maître de cérémonie.
05:20Alors c'est peut-être l'avantage d'une profession
05:22qui n'a pas de parcours académique,
05:23c'est qu'il n'y a pas finalement de barrière au titre et au grade.
05:27C'est-à-dire que n'importe quelle personne très impliquée,
05:30nous, la plupart de nos collaborateurs,
05:31et quasiment tous nos cadres, au moment où je vous parle,
05:34sont des gens qui ont commencé les métiers par le bas de l'échelle.
05:37Merci beaucoup Gauthier Caton d'être venu nous parler
05:40du secteur du funéraire qui recrute en ce moment.
05:42Bonne journée à vous.
05:43Merci.
Commentaires

Recommandations