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MEDI1TV Afrique : Retour sur la 31e édition du SIEL avec Rabiaa Marmouch - 10/05/2026
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00:00C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Median TV pour notre escale culture au cœur de
00:17l'Afrique.
00:17Et comme à notre habitude, on décortiquera ensemble l'actualité culturelle, artistique sur notre continent.
00:23Tout y passera, mais avant toute chose, place à notre invité du jour.
00:33Et aujourd'hui, honneur aux lettres, aux livres, avec la 31e édition du Ciel qui bat son plein au cœur
00:42de la capitale marocaine.
00:44Et qui de mieux pour nous en parler que Rabia Marouch, elle est avec nous.
00:48Elle est autrice, éditrice et également directrice de la maison d'édition Africa Mood.
00:54Elle est avec nous. Bonjour Rabia.
00:56Bonjour Anna. Merci pour votre invitation.
01:00Merci d'avoir répondu présente Rabiaï.
01:02C'est vrai que c'est toujours un plaisir de te recevoir dans l'Afrique en culture véritable amoureuse des
01:08lettres, sous toutes leurs formes.
01:11Et comme je le disais, la 31e édition du Ciel qui bat son plein à Rabat.
01:18Et quelles sont vos premières impressions ?
01:21Et s'il y avait un leitmotiv de cette nouvelle édition du Ciel, ça serait laquelle ?
01:29Écoutez, je veux dire, comme tout le monde, le Ciel est devenu un rendez-vous international incontournable qui met en
01:38avant le livre et la culture marocaine à partir de Rabat.
01:42Donc, c'est une très bonne chose.
01:43C'est une belle dynamique.
01:44Et la 31e édition, elle est toujours dans cet esprit-là.
01:52Je pense que l'événement, il est réussi, l'organisation est réussie.
01:58Mais il faudra peut-être aussi penser dans la durée, c'est-à-dire au-delà de l'événement, après
02:05l'événement.
02:06Et c'est là que le Maroc peut-être a quelque chose à bien construire au niveau de l'écosystème
02:14du livre sur la durée.
02:16C'est-à-dire que l'événement, on a prouvé aujourd'hui qu'on est capable d'organiser de grands
02:20salons qui sont attractifs,
02:22qui attirent au niveau international et qui sont un rendez-vous international.
02:28Mais il faudra, sur toute l'année, penser à la structuration de l'industrie du livre.
02:36Et ça, c'est très important.
02:37Investir dans l'événement, c'est très bien.
02:40Il faut aussi investir, je pense, davantage dans la structuration de l'écosystème du livre au Maroc
02:48pour que cette dynamique se retrouve ancrée véritablement et durablement dans le Maroc.
02:56Et en parlant justement de l'essor et de la pérennité des maisons d'édition,
03:03de l'avis d'un livre, notamment au Maroc, avec Rita Abadou,
03:09vous avez pris la parole justement pour parler de ces maisons d'édition indépendantes.
03:18Oui, tout à fait.
03:19Donc, les maisons d'édition indépendantes de petites et moyennes tailles que nous sommes.
03:25Donc, nous sommes 13 maisons d'édition et nous nous sommes regroupés dans un collectif
03:29qui s'appelle le collectif de la nouvelle édition marocaine.
03:32Donc, Tilef Dornachal Jadid Abel Marrib.
03:36Ce collectif nous permet d'exister parce que c'est très difficile aujourd'hui d'exister
03:42quand on est un éditeur indépendant, une petite structure.
03:47Et le fait de se mobiliser en tant que collectif, ça nous permet d'être dans une démarche
03:54qui est à la fois solidaire et une démarche qui est solidaire d'abord entre éditeurs évidemment,
04:00mais aussi qui est solidaire avec toute la chaîne du livre, avec les libraires,
04:03avec les auteurs, avec les traducteurs, avec les illustrateurs.
04:05Donc, nous portons cette valeur-là, cette valeur de se dire qu'on ne peut pas avoir une industrie,
04:14une économie du livre très forte au Maroc si on n'a pas une chaîne du livre qui est solide
04:20et qui est solidaire.
04:22Donc, ces valeurs-là, on les a construites d'abord entre 13 maisons d'édition qui constituent ce collectif
04:28et on les construit avec les autres acteurs de la chaîne du livre, notamment l'ALIME qui est l'association
04:37des libraires du Maroc.
04:39Et donc, cette collaboration, elle se fait aussi avec les institutions puisque ça nous a permis en tant que collectif
04:46d'exister au salon, déjà d'avoir un stand.
04:48Donc, nous avons un stand collectif, le B22.
04:50Donc, j'invite les auditeurs à venir nous voir, à rencontrer nos auteurs.
04:54Nous avons un programme de signature avec nos auteurs.
04:57Nous avons toutes les nouveautés, tous les livres qui sont au stand.
05:00Donc, le fait d'être un collectif nous a permis d'exister dans ce salon avec ce stand
05:04et d'avoir ce programme, de mettre en valeur nos livres et nos auteurs,
05:08mais aussi d'exister avec d'autres institutions.
05:10Par exemple, nous avons un programme qui est magnifique aussi avec le Pavillon de France,
05:15des tables rondes dans lesquelles nous avons nos auteurs et nos livres qui vont être présentés
05:22et qui nous permettent d'être visibles.
05:23Donc, nous remercions beaucoup le Pavillon de France, notamment Catherine Philippone
05:29qui nous a associés à cette programmation et qui nous a permis d'être visibles à cet espace-là.
05:36Donc, il y a tout un programme.
05:37Je vous invite aussi à aller le voir et à venir rencontrer, écouter nos auteurs
05:41à ces tables rondes, parler de nos livres, parler de la chaîne du livre,
05:44parler de l'économie du livre et de l'industrie du livre.
05:47Et donc, j'ai quelque chose à dire.
05:51Si le salon du livre est un événement, une vitrine importante pour le Maroc,
05:57je pense qu'il ne faut pas oublier les fondations.
06:00Il faut que cette vitrine repose sur une maison solide.
06:04Et cette maison solide, c'est les structures, les politiques publiques
06:09qui doivent investir au cœur du livre, c'est-à-dire là où le livre se fait,
06:14au niveau des acteurs du livre, les libraires, les éditeurs,
06:18il ne doit pas être oublié, même s'ils sont des éditeurs indépendants.
06:23Ils peuvent s'organiser en collectif et donc porter cette passion,
06:29porter le livre et préserver cette bibliodiversité qui est très importante aussi
06:34quand on a envie d'avoir un écosystème du livre et une industrie du livre
06:38qui est forte et solide et c'est ce que j'espère pour le Maroc.
06:42Et avant de nous quitter Rabia, on parle de l'industrie du livre,
06:47de porter cette passion, notamment à travers ce collectif de maisons d'édition indépendantes.
06:55Il y a aussi votre maison d'édition, à vous, Africa Mood,
06:58qui est présente cette année encore au ciel, qui fait son bonhomme de chemin
07:03et c'est vrai qu'elle porte haut et fort les couleurs de l'Afrique
07:07dans toute leur diversité, complexité, richesse.
07:11Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu plus ?
07:13Oui, je vous remercie d'évoquer notre maison d'édition.
07:17Africa Mood, qui a une ligne éditoriale panafricaine, effectivement.
07:21Nous sommes très engagés dans la promotion et la publication des voix
07:27et des imaginaires et des langues du continent africain.
07:32Notre catalogue s'est très bien enrichi.
07:35Nous existons depuis deux ans et nous en sommes à une vingtaine de titres
07:39avec de grands auteurs, notamment, je pense à Eugène Ebaudet,
07:44je pense à François-Xavier Fauvel avec le Rhinoceros d'or,
07:48Histoire du Moyen-Âge africain, qui est un livre essentiel
07:51pour comprendre l'histoire du Moyen-Âge africain.
07:53Et donc, ce livre, nous le portons, nous l'avons traduit vers l'arabe.
07:58Il y a aussi Beata Meres avec Le Convoi,
08:01qui est un livre important aussi sur l'histoire récente de l'Afrique,
08:06donc le génocide des Tutsis au Rwanda.
08:08Jacques Aranda de Gaël Fay, qui est prix Renaudot de 2024 et que nous traduisons en arabe.
08:16Nous publions aussi un livre pour enfants, donc en Amazir et en français,
08:23avec toujours en collaboration avec une maison d'édition française.
08:28Donc, nous sommes dans cette démarche aussi de collaboration nord-sud et sud-sud,
08:32de cette aussi solidarité, en fait, qui est internationale avec d'autres éditions
08:37pour porter des projets comme celui-ci en publiant en arabe et en Amazir et en français.
08:45Nous avons aussi dans notre ligne éditoriale, bien sûr, des écrivains marocains,
08:49puisque nous sommes africains, donc la ligne n'est pas africaine,
08:52ça ne veut pas dire que le Maroc n'est pas.
08:55Nous sommes un pays africain, donc nos auteurs marocains sont aussi présents chez Africa Mood.
08:58Nous avons le grand écrivain Abdel Ftahki Lito, que nous avons publié,
09:03donc un premier livre, La langue d'Adam, mais nous avons d'autres ouvrages à lui
09:07qui vont être publiés chez Africa Mood pour préserver ce patrimoine,
09:12aussi littéraire, nous classiques, parce que nous avons une collection
09:15qui s'appelle Les classiques africains, les grands classiques africains
09:21qu'on a appelés, donc la collection s'appelle Baobab,
09:24par référence à cet arbre solide et protecteur.
09:28Donc les œuvres classiques africaines sont très importantes dans ce sens-là
09:32et nous faisons des rééditions pour les mettre à la disposition du public africain.
09:38Nous avons la jeunesse, les livres jeunesse, nous avons aussi des livres, des romans,
09:44nous avons des essais, nous avons fait un collectif sur le père du cinéma africain,
09:47Sam Ben Ousmane, avec une interview inédite de ce grand écrivain
09:51et réalisateur africain, et une interview inédite aussi dans ce même livre
09:56de Ouli Choinka, le premier prix Nobel africain.
09:58Donc sur ce plan, nous avons un catalogue qui est très très riche
10:04et j'invite les lecteurs vraiment à venir découvrir tous ces livres au stand B22
10:09du collectif de la nouvelle édition marocaine.
10:13Africa Mood, donc vous êtes à la tête.
10:15Merci beaucoup Rabia Amraouj d'avoir été avec nous, c'est toujours un plaisir de vous recevoir.
10:20Merci infiniment.
10:22Merci à vous Amna et à très bientôt au Salon du Livre.
10:26À très bientôt.
10:36Et pour cet instant culture du jour, nous parlons cinéma avec le classique de Djibril Diapsissé,
10:42Tukibuki, l'histoire de Mori et Anta, deux jeunes Dakarois qui rêvent de quitter le Sénégal
10:48pour rejoindre Paris.
10:50Alors entre petites combines, errance urbaine et fantasmes d'ailleurs,
10:53il tente de réunir l'argent nécessaire pour partir, mais au fil du récit,
10:57leur projet de départ se transforme en une quête un peu plus trouble
11:01entre désir de fuite et attachement profond à leur terre.
11:05Eh bien au cœur de Tukibuki, il y a ce désir presque obsessionnel finalement de partir.
11:10Paris incarne une promesse, celle d'une vie meilleure, d'une modernité idéalisée bien sûr,
11:15mais ce rêve est construit sur des images, des fantasmes, des projections.
11:19Mon Betty ne présente jamais comme une évidence, mais plutôt comme une illusion fragile.
11:23Le film questionne ainsi cette attirance pour l'ailleurs, hérité en partie de l'histoire coloniale,
11:29et montre combien ce désir peut-être à la fois moteur et piège.
11:35Paris, Paris, Paris, Paris, Paris, Paris, Paris, Paris, Paris.
11:43Dis donc, qu'est-ce que c'est que ce paysan là ?
11:46Alors tu te crois au cirque ?
11:50Ah je comprends maintenant, c'est à cause de pas de l'eau comme toi qu'elle vient toujours en
11:54Réunion.
11:55Attends voir.
11:58C'est pour nous moucharder qui t'ont déguisé un cowboy.
12:00C'est pour moi.
12:27Let's see how we get the best, we need to get the best.
12:31We need to get the best.
12:33We need to get the best.
12:36But we need to get 200 francs.
12:38Who is this?
12:41I'm going to get the best.
12:45Who is this?
12:47I'm going to get the best to tell Mr. Mauri.
12:57C'est sur la terre en plein de paradigmes.
13:01Paris, Paris, Paris.
13:04Toki Boki, ce qui rend le film unique, c'est avant tout sa mise en scène.
13:09Jibril Diop m'embêtit.
13:11Eh bien, Kars, c'est l'école du récit dit classique.
13:13Montage éclaté, rupture de ton, répétition, usage singulier du son.
13:18Le film fonctionne finalement comme une mosaïque d'images et de sensations.
13:22Et cette forme justement fragmentée reflète l'état intérieur des personnages,
13:26leur confusion et leur instabilité.
13:28Toki Boki devient alors un cinéma du mouvement, de l'énergie, presque un peu de la révolte.
13:57Paris, c'est sur la terre en plein de paradigmes.
14:02Paris, Paris, de mes amours, c'est lui le favori.
14:27Toki Boki, au-delà du voyage, le film de Bambetti parle avant tout d'un tiraillement profond.
14:32Rester ou partir, appartenir ou fuir.
14:37Maury incarne notamment cette contradiction entre modernité et tradition,
14:41entre désir de liberté et ancrage culturel.
14:44Il ne parvient pas à choisir.
14:45Le film montre alors que l'exil n'est pas seulement géographique,
14:49mais aussi intérieur et surtout intérieur.
14:51Partir, c'est risquer finalement de se perdre.
14:53Rester, c'est parfois renoncer à ses rêves.
14:55Toki Boki est un film profondément moderne, à la fois politique et politique,
15:00et profondément humain.
15:01Il capte l'énergie d'une jeunesse en quête d'avenir,
15:04tout en interrogeant les illusions du départ.
15:08Un cinéma libre, vibrant, qui transforme le rêve d'ailleurs en vertige existentiel.
15:13Un classique du cinéma africain à découvrir d'urgence, si ce n'est pas encore fait.
15:17Paris, Paris, Paris
15:20Madame, c'est votre robe si jolie
15:40Mais oui, Paris, c'est votre beau couple en deux.
15:44Quand c'est le mieux du monde coiffé avec fantaisie
15:47Mais oui, Paris, c'est votre beau sourire
15:51C'est tout ce qu'on désire nous
15:59Et voilà, c'est tout suite à notre coup de cœur cinéma, réalisé par Philibert et Aimé.
16:05Bambazi, Charangabo, le film suit l'histoire d'Anita, une jeune danseuse et musicienne
16:10qui sort de prison après une agression.
16:12Et finalement, son retour, elle apprend la mort soudaine de son compagnon.
16:17Entre deuil, relations complexes avec son entourage et désir de s'affirmer comme artiste indépendante,
16:22Anita traverse une période d'instabilité émotionnelle et existentielle.
16:27On regarde tout de suite.
17:15Anima, The Titanic World
17:20Anima, The Titanic World
17:22Enquête d'identité à travers Anita et son sphère qui exploite des thèmes universels.
17:28Amour, perte, ambition, mais dans un contexte marqué avant tout par l'incertitude
17:32puisque les personnages évoluent dans une sorte d'état de flottement,
17:35sans trajectoire claire, comme suspendu entre passé et futur.
17:39En tout cas, cette absence de direction devient presque le sujet même du film.
17:42Il raccompagne une ascension, mais une errance, une manière de capter une génération
17:46qui doute, qui cherche, sans forcément trouver.
17:48D'ailleurs, sur le plan formel, le film adopte une structure éclatée,
17:52un récit discontinu, presque expérimental, fait de fragments, de moments isolés.
17:57Et c'est vrai que les scènes de danse instantanthique,
18:01qui ressemblent parfois à des clips ou à des impressions fugitives,
18:04font toute la richesse du film.
18:06Caméras et l'épaule, les lumières colorées, les séquences courtes,
18:08donnent au film une texture presque un peu documentaire,
18:12mais aussi instables.
18:13Et cette forme reflète justement l'état intérieur des personnages,
18:16une confusion émotionnelle et une difficulté à donner du sens au réel.
18:29Et avant de nous quitter, place à l'homme qui lisait des livres qui se situent à Gaza,
18:35une région marquée par la guerre et l'exil.
18:37Le roman suit Nabil Al-Jabbar, un libraire palestinien,
18:41née en 48, année de la Nakba.
18:44Et sa vie personnelle est façonnée par l'exil, les camps de réfugiés,
18:48les drames, le deuil et les prisons.
18:51Et les livres deviennent pour lui un moyen de conserver sa mémoire
18:54et son identité palestinienne.
18:56À travers ses lectures, il raconte non seulement son histoire,
18:59mais aussi celle du peuple palestinien.
19:02La lecture est un outil avant tout de résistance face à la violence,
19:05à l'injustice, à la destruction et à l'oubli.
19:07Et Benzin critique également la marginalisation des Palestiniens
19:11et la déshumanisation causée par le conflit à Gaza.
19:15Gaza n'est pas un simple décor,
19:16elle est un centre narratif et symbolique de la résistance culturelle.
19:20Le récit montre que les livres permettent, il ne faut pas oublier,
19:23de préserver l'humanité dans des conditions extrêmes.
19:26Ainsi, l'œuvre célèbre le pouvoir de la lecture comme vecteur de mémoire, d'espoir et de liberté.
19:33Face à ce qui se passe en Palestine en ce moment,
19:37et notamment depuis le 7 octobre et pas que,
19:41il fallait trouver, je dirais, une manière de raconter cela.
19:46Et la question que je me suis posée, c'est qu'est-ce que c'est qu'un homme bon
19:50pendant la guerre ?
19:52Et il m'est venu, effectivement, cette histoire-là pour tenter de réhumaniser.
19:57Parce que lorsque vous voyez les images de Gaza, vous voyez cette violence-là,
20:02vous voyez les photos, vous voyez Gaza globalement à partir de drones,
20:07et il y a quelque chose de déshumanisant, à force de donner le nombre de morts de femmes,
20:15je dirais, d'enfants, mais aussi d'hommes.
20:19Il y a quelque chose qui déshumanise.
20:21On n'a plus l'occasion de mettre, je dirais, des visages, des personnages, une histoire.
20:26Et pour moi, c'était important de pouvoir réhumaniser cette histoire
20:30en l'inscrivant d'abord dans un phénomène d'horizontalité parmi les ruines de Gaza
20:35face à la rencontre entre ce photographe français et ce solibraire
20:39et de raconter par l'intime.
20:41Parce que l'intime de cet homme, ça nous permet de réhumaniser.
20:45Alors qu'il y a quelque chose, me semble-t-il, qui relève de la déshumanisation.
20:49Et le roman, justement, s'ouvre avec une citation de la philosophe Simone Veil
20:55sur la question de l'attention, sur le manque d'empathie que nous pouvons avoir.
21:00Et Nabil El-Jaber, en interpellant ce photographe, l'amène à écouter sa propre histoire
21:06et nous amène aussi à nous déplacer pour écouter une autre voix.
21:10Et on a cette voix humaine.
21:12Et dans la citation de Simone Veil, il y a cette idée que, finalement,
21:17seul un homme qui s'est confronté à la nuit, qui semble avoir tout perdu,
21:23qui a tout perdu, qui semble avoir été abandonné,
21:26est capable de dire à l'autre quel est donc ton tourment.
21:30Et Nabil El-Jaber a, justement, par rapport à tout ce qu'il a pu vivre,
21:35toute cette nuit noire, toutes les pertes qu'il a eues dans sa famille, etc.,
21:39c'est un homme qui est capable de poser et de nous poser cette question
21:44quel est donc ton tourment.
21:45Et donc, du coup, on voit un homme qui, finalement, a tout perdu
21:49et qui se retrouve à habiter un espace textuel.
21:53Et ça pose aussi la question de la place de la littérature
21:56parce que ça peut être globalement insignifiant
21:59que quelqu'un, parmi les ruines, parmi les drames
22:03qui se jouent aujourd'hui à Gaza,
22:05fait ce geste qui peut paraître anodin,
22:07mais c'est un geste qui dit tout
22:09et qui dit ceux qui refusent, justement, de céder à la nuit,
22:13un homme qui lit parmi les ruines.
22:16Pas chez Benzine avec ce magnifique livre,
22:18donc l'homme qui lisait des livres.
22:20Et on arrive à la fin de l'Afrique en culture.
22:23Merci d'avoir été avec nous.
22:24C'est toujours un plaisir que de vous accompagner.
22:26Puis on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine.
22:28D'ici là, prenez soin de vous.
22:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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