00:00Et je tombe donc à Lyon, et je tombe dans la cellule de Jean-Paul Abateau, le lyonnais, et il
00:08me dit, t'es un bon mec et tout, attends, moi je vais aller à la compta, je te fais
00:13venir à la compta, et je deviens comptable, de la prison, du bâtiment Saint-Jodef, donc il y a une
00:20dizaine de comptables là, et moi je m'occupe d'un bâtiment et du bloc I, le bloc I, où
00:26il y a Klaus Barbie.
00:28Klaus Barbie, c'est un ancien de la Waffen-SS, un Allemand qui avait fait quand même des grosses saloperies
00:35de la Gestapo de Lyon, qui a torturé des résistants, déporté plein de gens, dont des enfants, etc., donc un
00:41salopin, inutile de le dire, et ce type, il est arrêté des années après en Amérique du Sud, où il
00:46est réfugié, en Bolivie, extradé vers la France, et en attendant son jugement à Lyon, il est au placard, donc
00:53au bloc I.
00:53Il est au placard, au bloc I. Et moi j'ai une idée, je prends ces bancs, les bancs de
00:57cantine.
00:58Parce que c'est toi qui gères les bancs de cantine.
00:59C'est moi qui gère ces cantines, c'est des bancs qui sont de diverses couleurs, et puis tu coches
01:05les cases, de ce que tu veux.
01:07Tu commandes la nourriture que tu veux.
01:08Tu commandes la nourriture que tu veux, alors un jour c'est des journaux, un jour c'est des trucs
01:12de toilette, un jour c'est autre chose, tu vois, je veux dire, voilà.
01:14Alors moi j'ai dit, je vais gagner des sous avec ça.
01:17Alors je prenais les bancs, je recopiais sur un autre banc, je signais à peu près comme lui, tu vois,
01:22le machin, et le vrai banc, je le gardais.
01:24Et l'autre, il partait aux archives, tu vois.
01:27Et je l'ai vendu à l'époque, je l'ai vendu au journal Le Meilleur, les vrais bancs, de
01:32dire, voilà, une semaine, une semaine de Klaus Barbie en prison, tu vois.
01:36Oui, c'était pour vendre tes trucs aux médias.
01:38Pour vendre mes trucs aux médias, que j'ai vendu à l'époque, comment il s'appelait, Le Meilleur ?
01:42À la IH.
01:43C'est ça.