00:00Des militaires et ex-militaires liés à l'Élysée sont soupçonnés d'avoir compromis des secrets d'État
00:06et tentés de faire illégalement du commerce d'armes et de matériel de guerre.
00:11Ludovic P a 38 ans et se fait aussi appeler l'amiral ou Vladimir,
00:16rapport à son passe-temps, cartographier les navires de guerre russe dans le Pacifique.
00:21Dans la vie, c'est un militaire français et linguiste russophone
00:24affecté jusqu'en 2025 à l'antenne spéciale des transmissions de l'Élysée.
00:29Dans ce service méconnu, il est notamment chargé de préparer les communications téléphoniques d'Emmanuel Macron en lien avec la
00:36Russie.
00:37Le 13 avril 2026, Ludovic P a été placé en garde à vue,
00:41puis mis en examen pour soustraction, détournement et divulgation du secret de la défense nationale.
00:48Un an après l'arrestation dans la même affaire de trois autres militaires ou ex-militaires et de deux civils.
00:54Nicolas P, 23 ans, étudiant en maths, féru de géopolitique.
00:58Nathan M, la vingtaine, passionné de renseignements.
01:02Milomir S, 31 ans, militaire analyste détaché au Gabon.
01:06Océane A, jeune militaire en fin de contrat à l'Élysée.
01:10Elle aussi linguiste russophone dans le même service que Ludovic P.
01:14Et David B, 34 ans, ancien militaire, lui aussi passé par le même service.
01:19Tous les six ont un point en commun selon la justice.
01:21Travaillé plus ou moins directement pour Archange Solutions Ozynt,
01:26une société privée d'intelligence économique.
01:29Et son fondateur est David B, l'un des suspects.
01:33Officiellement, Archange propose à des clients institutionnels ou à des entreprises,
01:37des notes et des analyses sur la géostratégie, la défense ou encore les équipements de guerre.
01:43Le tout grâce à des informations recueillies par du renseignement d'origine source ouverte,
01:47de l'OSINT.
01:48En gros, de la collecte d'informations accessibles au public non classifié.
01:52Jusque là, rien d'illégal.
01:54Sauf que la justice soupçonne Archange d'avoir nourri ses contenus
01:58avec des informations secret défense de l'armée française.
02:01Lors de l'interpellation de David B, le 20 mai 2025,
02:05son domicile est perquisitionné et les serveurs d'Archange sont saisis.
02:09Chez lui, les policiers découvrent du matériel espion.
02:13Et sur les serveurs, 4 notes de la direction du renseignement militaire,
02:17la DRM, un service de renseignement des armées.
02:203 sont classifiés secret et l'autre diffusion restreinte.
02:24Les conséquences de leur compromission et de leur éventuelle divulgation
02:28ont été évaluées par la DRM sur une échelle de 1 à 5.
02:32De faible à très importante.
02:34Le préjudice de l'une d'entre elles est considéré au niveau le plus élevé.
02:38Elle porte sur les différents scénarios de crise au Liban.
02:41Un contenu confidentiel qui dévoile la connaissance de la DRM
02:45sur la situation politique et militaire du pays.
02:48Devant la juge d'instruction, David B assure ne pas avoir eu connaissance
02:52de l'existence de ces notes classifiées sur les serveurs de sa société.
02:56Mais il n'y a pas que ça.
02:58Des échanges obtenus par la DGSI laissent penser que la société
03:01avait aussi tenté de se lancer illégalement dans le commerce d'armes
03:05et de matériel de guerre en servant d'intermédiaire.
03:08L'objectif était de mettre en relation une société lambda ou un État
03:12avec des sociétés d'armement ou du moins appartenant à l'industrie de la défense.
03:15À ce stade, rien ne dit que ces informations compromises
03:18et mises en danger des opérations ou des forces armées françaises.
03:22Mais cette affaire soulève des questions sur les protocoles de sécurité.
03:26Comment des militaires et ex-militaires ont-ils pu monter une structure privée
03:29aussi risquée en profitant d'informations si sensibles ?
03:33Interrogé, l'Elysée répond que les militaires suspectés
03:36dépendent d'une administration rattachée au Premier ministre.
03:39Mais Matignon, comme le ministère des Armées,
03:41n'a pas souhaité faire de commentaire sur une enquête judiciaire en cours.
03:45Les investigations doivent maintenant permettre d'identifier
03:48l'auteur des fuites de documents sensibles
03:50et des éventuels bénéficiaires à l'étranger.
03:52Si vous voulez en savoir plus,
03:54l'enquête complète est à retrouver sur lemonde.fr.
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