00:00Général Chollet, on va essayer d'être très concret. Envoyer des armes à qui ?
00:04Encore une fois, l'idée majeure, en tout cas de Donald Trump, c'est « no boots on the ground
00:09», pas d'hommes sur le terrain.
00:11Et comme il voit que ça ne débloque pas, le régime est toujours là.
00:18C'est quand même un des buts affichés clairement par les Israéliens, un peu moins clairement par lui, mais il
00:22a un arrière-pensée.
00:23Parce que le problème, in fine, c'est que les Israéliens demandent des garanties de sécurité, mais tant qu'ils
00:29menaceront l'existence même d'Israël,
00:31jamais on ne leur permettra d'avoir des garanties de futures frappes, d'absence de futures frappes.
00:40Alors pour revenir sur « armer des proxys », moi j'ai connu que ça avec les Américains.
00:47Lorsqu'on veut diminuer l'empreinte au sol, qu'est-ce qu'on fait ?
00:51On trouve ce qu'on appelle des partenaires, ils appellent ça des proxys, on les sélectionne, on les équipe, on
00:58les entraîne et on les encadre.
01:00Et ça, c'est typiquement le boulot des forces spéciales.
01:03Les forces spéciales, dans un registre presque conventionnel, c'est quoi ?
01:07C'est une petite empreinte, grands effets.
01:10Donc ces gens qui ont été sélectionnés, équipés, entraînés, on va les accompagner, comme nous on a pu le faire
01:16en Irak et en Syrie,
01:18où on avait des partenaires au sol.
01:21L'opération inhérente Rizolfe contre Daesh, à laquelle moi j'ai participé en 2016 et 2017, au sein de la
01:27commande groupe américain,
01:28les seuls bouts de centre-grande américaine, c'était les forces spéciales qui accompagnaient les arabes aux kurdes.
01:35Alors, comme on a eu l'occasion de le constater, c'est que les gens qui servent de proxy à
01:40l'administration Trump,
01:41à un moment donné, ils sont lâchés en race campagne, et si ça n'aboutit pas, leur sort n'est
01:46pas enviable.
01:47Didier, là en l'occurrence, ça pourrait ressembler à quoi ? Encore une fois, envoyer quelles armes et à qui
01:52?
01:52D'autant qu'il y a une petite phrase un peu bizarre, qu'on aura déjà envoyée, mais elles ont
01:55été prises.
01:57Donc, on va reprendre tout.
01:59C'est les kurdes, partiellement, parce qu'honnêtement, aujourd'hui, de l'opposition iranienne,
02:04honnêtement, il y en a peu.
02:06Il y en a quelques-uns, les Moudjahidines du peuple, qui bossent déjà avec le Mossad,
02:11qui sont déjà encadrés, armés, qui travaillent avec le Mossad, en fait,
02:13et qui ne sont pas, en fait, organisés à ce stade comme une force militaire,
02:19mais comme une force d'opération clandestine.
02:23Il n'y a pas de base arrière, etc.
02:24Le seul endroit où, à ce stade, il y aurait deux possibilités de base arrière,
02:27c'est soit avec les kurdes, mais jusqu'à présent, effectivement, des armes leur ont été un peu envoyées,
02:31mais ils n'ont jamais passé la frontière.
02:32Et il y a le Balouchistan, qui est un peu plus compliqué.
02:36Ce type d'opérations sont faisables.
02:38Moi, avec les Américains, les opérations force spéciale, plus, plus,
02:44parce que des fois, par exemple,
02:47et avec, donc, au départ, on a ce qu'on appelle une ODA,
02:50l'Operational Detachment Alpha,
02:52qui a une combinaison entre du US SOCOM,
02:55donc de la force spéciale classique,
02:56et de la CIA, qui encadre une guérilla et qui peut être renforcée après.
03:02Par exemple, moi, je l'avais vécu en 2003, en Irak, dans le Kurdistan irakien,
03:06où finalement, il y a même la 173ème aéroportée qui a été parachutée dans les montagnes
03:10pour aller faire la prise de Mossoul,
03:11et où, effectivement, l'avantage, c'est que, ben, on a...
03:15Il y avait les pêche-mergas encadrés et dirigés par l'ODA
03:22et appuyés derrière pour les feux,
03:25à la fois par ce qu'on appelle Eagle One, en général,
03:28en fait, c'est les avions.
03:30Il y a en permanence deux F-18 qui sont au-dessus
03:32et qui tournent quand il y a besoin
03:34et qui viennent frapper sur les...
03:35Grâce à ce qu'on appelle des JITAC en bas,
03:37qui sont, en fait, des opérateurs qui ont un petit rover,
03:41qui est un petit ordinateur qui permet de pointer.
03:45Les cibles...
03:46Mais, pardon, appliquer à l'Iran, ça donne quoi ?
03:48Eh bien, s'ils veulent aller là-dessus,
03:51ça veut dire qu'il va falloir partir de base,
03:53puisqu'il va falloir partir, par exemple,
03:57ou du Kurdistan ou du Balochistan,
03:59ou de créer une petite zone libérée, entre guillemets,
04:04qui permet d'opérer avec la fiction de l'autonomie locale
04:08et après, accompagner avec une forte présence aérienne
04:14et, si possible, une fois que c'est installé,
04:17des appuis de type parachutiste avec ou du Marines ou du Para
04:21qui feront, eux, de l'appui artillerie.
04:24Voilà, c'est un autre exemple.
04:27Je peux vous en prendre d'autres.
04:28On avait fait ça à la prise de Kaboul
04:30avec les gens de l'Alliance du Nord.
04:33Donc, je vous ai raconté cette histoire en Irak en 2003,
04:40mais on l'a revécu.
04:42En 2003, il y avait ça.
04:45Il y a eu à peu près la même chose après sur Mossoul, Raqqa et Barouz.
04:50Là aussi, j'étais avec eux.
04:52C'était le genre de choses qui étaient faites.
04:53Dans le cadre de la coalition, là, pour le coup,
04:55il n'y avait pas que les Américains.
04:57C'est faisable.
04:58C'est le type d'opérations qui sont très efficaces,
05:02d'un point de vue stratégique,
05:03mais qui, politiquement, quand même, vont...
05:05Il faut prendre une décision de passer à autre chose.
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