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  • il y a 2 jours
Retrouvez les morceaux choisis de notre conférence Capital Finance Secondaire 2026 qui s'est tenue le matin du 7 avril.

9h15 – 10h15 : LP-led : l’heure de l’optimisation
Gestion active des portefeuilles, contraintes de liquidité, ou arbitrage de cycle, quels sont les vrais « drivers » des investisseurs ?
Comment évoluent les pricings, la sélectivité et la capacité d’exécution ?

Clément Beaudin, managing director, Ares Secondaries Group
Yoann Caujolle, co-président Club secondaire, France Invest
Nathalie Duguay, associé, structuration de fonds, Willkie Farr
Jasmine Hunet, senior managing director, Evercore

10h15 – 11H15 : GP-led : l’ère des fonds de continuation
Pourquoi les fonds de continuation peuvent-ils s’imposer durablement ? Comment évoluent les pratiques matière d’alignement d’intérêts et de gouvernance ?
Sur quels segments les GP-led gagnent-ils du terrain ?

Marie Aubard, associé corporate – private equity, Willkie Farr
Guillaume Cousseran, managing partner, relations-investisseurs, Seven2
Hani El Khoury, partner, investment, Coller Capital
Annabelle Judd, partner, Campbell Lutyens

11h15 – 12H00 : Evergreen : la nouvelle frontière
Dans quelle mesure les fonds evergreen transforment-ils profondément la demande pour les actifs secondaires ?
Comment renforcent-ils la profondeur et l’efficacité du marché ?

Jonathan Aiach, head of South Europe private wealth, Coller Capital
Sébastien Burdel, partner, Ares Secondaries Group
Victor Dumortier, co-fondateur, dg, Flandrin Capital

12h00 – 12h30 : Cocktail networking


Conférence animée par Emmanuelle Duten

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue à la première édition de la conférence secondaire organisée par Les Echos
00:07Capital Finance.
00:08Ça ne vous a pas échappé, au-delà de nos marronniers, comme on est dans notre métier, des conférences thématiques
00:13qu'on renouvelle tous les ans.
00:15Chaque année, on sort une thématique précisément dans l'actu et je crois qu'on peut dire que pour le
00:19secondaire, on a visé juste.
00:21Alors on va passer toute la matinée ensemble autour de trois grandes thématiques.
00:25On va commencer par le LPLED, on aura ensuite un panel sur le GPLED et on aura bien sûr l
00:31'occasion de mettre un gros coup de projecteur sur les fonds de continuation.
00:34Et notre table ronde de clôture sera consacrée aux nouvelles frontières du secondaire à l'Evergreen et donc à la
00:39montée du Wealth dans cette classe d'actifs.
00:41Alors je vous propose qu'on donne tout de suite le coup d'envoi et qu'on accueille nos quatre
00:44intervenants de notre premier panel.
00:47Alors nous avons volontairement décidé de commencer d'ouvrir cette conférence secondaire par le LPLED.
00:52Ça peut un peu vous étonner probablement parce qu'il y a moins d'emphase sur ce segment du marché
00:57que pour les GPLED.
00:58Mais ça reste le vecteur historique du marché secondaire et ça reste aussi l'an dernier le principal vecteur des
01:07opérations en valeur.
01:08Donc cette thématique a toute sa place en ouverture de la conférence.
01:11On va explorer un certain nombre de thématiques et d'angles dans le cadre de ce panel.
01:16On va parler de la motivation des vendeurs, de l'évolution du profil des acheteurs.
01:20On va parler pricing, on va parler robustesse des naves.
01:23Et bref, on va grosso modo balayer un peu toutes les market practices.
01:27Autant d'enjeux dont vous parlez nos quatre intervenants aujourd'hui qu'on est très heureux d'accueillir.
01:32Je commence avec vous, Jasmine Nunay.
01:33Vous êtes senior managing director au sein d'Evercore.
01:37Et vous accompagnez un très grand nombre d'opérations sur ce marché.
01:40A vos côtés, Johan Cojol, vous êtes co-président du tout nouveau club secondaire de France Invest qui a été
01:47lancé le 26 mars dernier.
01:48C'est donc avec cette casquette principale que vous vous exprimerez.
01:51Mais vous êtes également co-fondateur avec Benjamin Paterno de Rugby, une société spécialisée dans le secondaire de la tech.
01:59Nathalie Duguay, vous êtes avocate associée en structuration de fonds au sein du cabinet Wilkifar.
02:05Et enfin, Clément Baudin, vous êtes managing director chez Ares Secondary Group, une plateforme qui affiche, si mes compteurs sont
02:13bons, plus de 42 milliards de dollars sous gestion.
02:16Alors, on va commencer par redessiner, revenir un peu sur les grandes tendances de ce marché L-Pilet de ce
02:23segment en 2025
02:25avant de prendre la température auprès de nos intervenants sur le mood et l'environnement actuel pour les raisons qu
02:30'on connaît.
02:31Mais, Jasmine, si vous devez nous brosser un peu, on va dire, les grandes tendances et la grande dynamique de
02:37ce segment L-Pilet de l'année dernière, qu'est-ce qu'on doit retenir ?
02:41Alors, vaste question. Déjà, je suis contente qu'on parle des L-Pilet ce matin parce que c'est vrai
02:47que dans plein de conférences secondaires,
02:49on passe énormément de temps sur les J-Pilet. Alors, c'est vrai que les J-Pilet, c'est une
02:54tendance qui est apparue il y a quelques années et qui est devenue 50% du marché.
02:58Mais pour tous ceux qui travaillent sur le marché secondaire depuis très longtemps, les L-Pilet, c'est quand même
03:04la genèse du marché secondaire.
03:05Il n'y avait que ça. Donc, moi, j'ai commencé en 2007-2008. C'était 90% du marché.
03:11C'était des L-Pilet.
03:12Et en fait, c'est devenu effectivement 70% du marché, 50% du marché parce que les J-Pilet
03:18se sont beaucoup développés.
03:19Néanmoins, quand on regarde les volumes, les L-Pilet, c'est 65-66 milliards en 2021, qui était une année
03:27record.
03:27Et l'an dernier, en 2025, c'était à peu près 120 milliards. Donc, deux fois plus qu'en 2021,
03:33120 milliards de deal flow.
03:35C'est beaucoup. Et cette tendance-là, c'est que les Limited Partners, maintenant, utilisent vraiment le marché secondaire
03:42comme un outil de rotation de portefeuille, de portfolio management. Je ne sais pas si tu veux qu'on parle
03:48des types de vendeurs.
03:49Tu nous aiguilles sur ce que tu veux qu'on trouve.
03:51Pour l'instant, la grande mécanique du marché reviendra ensuite sur les motivations des vendeurs et les...
03:58Mais vas-y, je te laisse continuer.
03:59Voilà. Donc, 120 milliards de deal flow l'an dernier. Et donc, on n'est pas du tout dans une
04:07dynamique de forced sellers.
04:10Les gens font du portfolio management, comme je le disais, pour, par exemple, réduire leur exposition à certains vintage,
04:15pour réduire leur exposition à certains sous-segments du marché et pouvoir se renforcer en commitment primaire juste après.
04:24Parce qu'évidemment, tout ça est une question de DPI aussi et de distribution. Moins de distribution ces deux dernières
04:29années.
04:29Donc, les LPs ont plus utilisé le marché secondaire comme, justement, pour manager leur portefeuille.
04:37Est-ce qu'on voit aussi, en termes de taille de transaction, on a l'impression qu'il y a
04:41des opérations de plus en plus grosses
04:42et de plus en plus fréquentes sur le marché ? Est-ce que ça, c'est une vraie caractéristique aussi
04:46?
04:46Alors, oui. Je pense que les allocations primaires, de toute façon, augmentent tous les ans.
04:52Enfin, ces AUM primaires et ce qui tourne sur le marché secondaire, c'est une fonction de ce qu'il
04:56y a sur le marché primaire.
04:58On parle toujours de 3, 4, 5 % qui tournent tous les ans en LPLED sur le marché secondaire.
05:03En taille d'opération, en fait, je ne sais pas s'il faut qu'on se focus sur des opérations
05:07qui deviennent de plus en plus grosses.
05:08Alors, oui, il y a des gros programmes de fonds de pension, de sovereigns, qui sont devenus tellement gros
05:14qu'on peut avoir des opérations à 3 milliards, 4 milliards. Mais la réalité, et ce qui est super intéressant,
05:20moi, je trouve,
05:20c'est qu'il commence à y avoir de plus en plus d'opérations sur des segments plus petits.
05:25Et c'est ça qui abonde le deal flow. Alors, on peut être un LP qui a 2 millions en
05:29private equity.
05:30On peut vendre une position de 100 000. Donc, il y a des opérations de, je ne sais pas, 50
05:36000 dollars à 5 milliards.
05:38Et en termes de profil de vendeur, est-ce que vous diriez que l'année dernière, finalement, ça a été
05:44un peu toute typologie de vendeurs
05:46qui sont allés sur le marché, des familles office, des banques, des fonds de fonds aussi particulièrement ?
05:51Alors, l'an dernier, oui, il y a eu tout type de vendeurs qui ont utilisé le marché secondaire.
05:56Effectivement, des banques, des compagnies d'assurance, des fonds de pension, des fonds souverains.
06:01On a vu beaucoup de familles qui, pour la première fois, ont vendu.
06:04Je pense que le thème en Europe l'an dernier, parce que les US ont toujours été plus allants pour
06:10utiliser le marché secondaire,
06:11je pense qu'en Europe l'an dernier, on a vu énormément de first-time sellers,
06:15donc des gens qui, pour la première fois, ont utilisé le marché secondaire, qu'ils n'avaient jamais fait.
06:19Et qui, d'ailleurs, vont continuer à vendre, parce qu'ils ont vu que ça s'était bien passé,
06:23vont continuer à vendre pour pouvoir, après, comiter en primaire.
06:27Néanmoins, il y a une tendance qui était quand même intéressante l'an dernier,
06:30c'est que les fonds de fonds, que ce soit des fonds de fonds primaires ou des fonds de fonds
06:33secondaires,
06:34ont beaucoup vendu.
06:35Alors, je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle,
06:38parce que ce sont quand même des gens qui sont très informés et qui savent quand couper leur position.
06:42Mais ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu énormément de deal flow en deuxième moitié d
06:46'année dernière,
06:47de la part de ces investisseurs sophistiqués.
06:52Merci beaucoup, Jasmine Clément, pour prolonger ce tour d'horizon.
06:56Qu'est-ce que vous retenez de l'année dernière ?
06:59Bonjour à tous, déjà.
07:00Je vais peut-être faire un commentaire un petit peu plus large,
07:03pas juste sur le marché du LP, mais aussi du GPLED.
07:07On est quand même dans un marché qui est encore très sous-capitalisé, de manière générale.
07:11On a eu à peu près 220-230 milliards de volumes de transactions l'année dernière.
07:17On a à peu près 215-220 milliards de dry powder qui est disponible pour l'année qui arrive.
07:24On a à peu près le même montant d'intention de lever sur ce marché pour l'année qui arrive
07:30aussi.
07:30Donc on a environ un an de volume de transactions si on continue au même rythme disponible.
07:37Donc c'est un marché qui est quand même sous-capitalisé si on compare ça avec le private equity primaire
07:43que Jasmine t'a mentionné.
07:45On est plutôt à 4 fois environ le volume de transactions.
07:51Donc ça, c'est une dynamique qui est quand même assez positive pour les acheteurs et pour les vendeurs.
07:55C'est un marché qui a des dynamiques et des aspects qui sont très positifs pour tout le monde.
08:04Donc les deals se font. Les deals se font à des prix intéressants.
08:07Et du coup, pour revenir sur un commentaire que Jasmine a fait, les acteurs, aujourd'hui les vendeurs,
08:14utilisent ce marché de manière beaucoup plus sophistiquée, de manière beaucoup plus réfléchie.
08:18Ils managent leur portefeuille et gèrent leur portefeuille de manière beaucoup plus active.
08:23Tu parlais du fonds de fonds.
08:25Le fonds de fonds aujourd'hui, il y a peut-être une gestion beaucoup plus active du portefeuille.
08:30On ne va pas garder les portefeuilles qui vieillissent ou on a déjà réalisé la majorité de la performance.
08:35On va avoir tendance à vendre ça.
08:37On peut vendre à une décote.
08:38Ça ne change pas grand-chose sur la performance du portefeuille pour le vendeur.
08:44L'acheteur peut l'acheter à un prix très intéressant.
08:46Donc il y a toutes ces dynamiques-là qui font que ça reste un marché qui continue en tout cas
08:51sa croissance.
08:52Et on a aussi beaucoup de vendeurs qui arrivent, on parlait de la sophistication des vendeurs,
08:57mais sur certaines classes d'actifs.
08:59Alors on a encore une grosse partie du marché qui est représentée par le LBO et le private equity traditionnel,
09:05mais on a d'autres parties du marché qui se développent, d'autres classes d'actifs.
09:09Le crédit, on pourra en parler, qui est quand même majoritairement dominé par le JPL d'aujourd'hui,
09:14mais il y a quand même un gros volume de LP qui arrive,
09:16puisque le capital s'est formé pour adresser cette opportunité-là.
09:20Ça, ce sont des dynamiques très positives aussi pour notre marché.
09:23Et ça s'est vu en 2025. Je pense qu'on continuera de le voir en 2026.
09:27Merci beaucoup Clément.
09:28Alors si on resserre un peu maintenant la focale sur le marché français,
09:31là vous nous avez parlé de tendances mondiales slash européennes.
09:34Je me tourne vers vous du coup, Johan, pour essayer de prendre un peu la température
09:38de cette première étude que le club secondaire tout nouvellement formé a publiée la semaine dernière.
09:44Est-ce que les tendances qui ont été présentées par Jacine et Clément
09:48finalement se répercutent et se traduisent bien sur le marché français également ?
09:52Oui. Alors je vais répondre à ta question.
09:54Je me permets juste de rebondir sur un élément qui a été dit plus tôt.
09:57Mais promis, je réponds à la question juste après.
09:59Moi aussi, je suis très content qu'on mette à l'honneur ce matin les LP Steak,
10:02le marché du LP Lead, puisque ça reste quand même d'abord une grosse moitié du marché encore aujourd'hui,
10:07même si les JPLD montent en puissance de manière spectaculaire.
10:10Et puis ça reste pour beaucoup de...
10:12Alors en dehors des équipes qui sont spécialisées uniquement sur le JPLD,
10:14évidemment, ça reste quand même une partie très importante du business model des fonds de secondaire.
10:18Et je crois qu'il n'y a pas un gérant aujourd'hui qui n'est pas activement à l
10:21'écoute
10:21de ce que peut proposer le marché sur des LP Steak.
10:23Donc c'est une très bonne chose qu'on puisse avoir cette discussion.
10:25Maintenant, pour répondre à ta question plus directement sur le marché français,
10:28le travail qui a été fait avec France Invest est assez intéressant,
10:30puisqu'il n'avait jamais, à ma connaissance, il n'avait jamais été fait auparavant.
10:33Il s'agit d'arriver à quantifier le volume de transactions
10:36et le niveau d'activité du marché spécifiquement en France.
10:39Et puis évidemment, ce sont des études qui ont vocation d'être répétées dans le temps
10:42pour mesurer à plus long terme des dynamiques année après année.
10:45Donc ce qui est intéressant, c'est qu'il y a à peu près 12 milliards de volumes de transactions
10:48qui a été recensé l'année dernière sur 50 opérations.
10:5212 milliards, il faut le mettre en regard de ce qui a été donné par Jasmine,
10:55donc un marché qui fait à peu près...
10:57Donc 12 milliards, c'est LPLED et JPLED.
10:59C'est vraiment l'ensemble du marché sur des transactions
11:01qui sont soit exécutées par des LP français, côté vendeur,
11:05soit sur la partie véhicule de continuation qui sont montées par des gérants
11:08dont le siège social est ici, enfin dont l'activité principale est en France.
11:12Donc ça, ce sont les transactions qu'on considère françaises.
11:14Il y en a à peu près pour 12 milliards et une cinquantaine l'année dernière.
11:16Et si on le met donc en regard des chiffres donnés par Jasmine
11:19sur un marché qui est au niveau mondial à peu près autour des 220-240 milliards,
11:23ça fait un gros 5% du marché.
11:25L'Europe, là-dedans, l'Europe au sens géographique,
11:27des frontières géographiques, pèse à peu près 30-35% du marché mondial.
11:32Donc la France, c'est peut-être 15 à 20%, c'est ça qu'on est en train de se
11:35dire,
11:35du marché européen.
11:37Donc c'est assez intéressant.
11:38Je pense que ça démontre que la France, la place de Paris est dynamique,
11:42elle n'est pas décrochée, elle est bien dans son marché.
11:43Quand on regarde un peu le profil de ce marché,
11:46c'est 60% de transactions en volume, donc LP stake.
11:50Donc il y a effectivement une dominante des LPLED l'année dernière
11:53sur le marché français.
11:54Si on regarde les montants déployés, ça s'inverse.
11:56C'est plutôt les JPLED.
11:57On sait qu'il y a eu sur l'année quelques grosses opérations ici à Paris
12:00avec des JPLED qui ont pesé lourd.
12:02Mais donc on est là aussi à peu près sur le profil type du marché international.
12:05Quand on regarde les segments, on est évidemment 2 tiers plus sur du LBO,
12:10sur du capital de développement LBO.
12:11Le reste, c'est du venture et du growth, c'est de l'infrastructure
12:15et un tout petit peu, ça c'est peut-être la spécificité du marché français,
12:18un tout petit peu de dette privée, donc plutôt moins que la moyenne internationale.
12:22Mais là aussi, pour rebondir sur ce qui a été dit,
12:24le marché secondaire, entre guillemets, réplique et suit avec quelques années de retard
12:28le marché primaire.
12:28Donc il y a une forme de cohérence par rapport à ce qu'on sait du marché français.
12:34Ensuite, on pourra aller probablement sur des sujets de prix, de décote un peu plus tard.
12:39On y reviendra, voilà.
12:40Un dernier point qu'on peut mentionner, c'est que le marché là aussi est assez intéressant
12:43parce qu'il y a tout un spectre, c'est assez similaire à ce qu'on peut observer
12:46au niveau international.
12:48Les transactions commencent à 10 millions,
12:49les plus grosses sont quasiment à 2 milliards et puis des gérants d'à peu près toutes les tailles
12:54qui interviennent sur le marché français.
12:56Évidemment, des très gros gérants, des grosses plateformes d'asset management
12:59et puis ça descend, y compris sur des gérants plus émergents qui travaillent en small cap.
13:03Donc il y a vraiment un bon spectre qui est assez représentatif là aussi
13:07de ce qu'on peut trouver au niveau international.
13:08Je me tourne vers vous, Nathalie, pour qu'on boucle un petit peu ce tour de piste de l'année
13:122025.
13:13Qu'est-ce que vous, de votre fenêtre, vous retenez sur les tendances ?
13:18Donc nous, ce qu'on retient, c'est la même chose que ce qui a été dit,
13:22c'est-à-dire qu'on a vu, c'est majoritairement, si on regarde le sous-jacent, le LBO.
13:27On a vu un petit peu de venture, mais ça n'a pas été, je crois, la transaction du siècle.
13:36Ce qu'on ne voit pas du tout, en revanche, en tout cas de façon très rare,
13:39c'est les fonds sectoriels qui, eux, semblent rester un peu à l'abri
13:43ou, je ne sais pas si on devrait dire abri, en tout cas, ne bénéficient pas de cette manne de
13:51liquidité.
13:51Ce qu'on a vu, en revanche, c'est beaucoup de complexité sur les transactions
13:55qui sont devenues de plus en plus grosses.
13:57Nathalie, pardon, avant qu'on aille sur la complexité des transactions,
14:00ce phénomène de protection, alors je ne sais pas si c'est le bon mot,
14:03mais effectivement, du fait qu'en fait, les fonds sectoriels ne soient pas pris dans les filets de ce marché,
14:08qu'est-ce que ça veut dire ?
14:10Ça veut dire que les investisseurs qui sont investis dans ces fonds-là ont une forte conviction
14:14sur la création de valeur à venir ?
14:18Je pense qu'il y a aussi un effet sur les fonds sectoriels.
14:22Pour l'acheteur, en tout cas, ça ne presse pas très bien,
14:25parce qu'il y a un portefeuille qui est plus corrélé.
14:28Il y a un effet aussi marché, en tout cas, on va pricer le risque.
14:32Et on va potentiellement voir plus de risques dans un fonds qui est dédié à un certain secteur,
14:38qui est plus concentré, qui est plus corrélé, en tout cas au niveau du portefeuille.
14:41Et du coup, ça se traduit dans le prix.
14:43Et les vendeurs ne sont pas forcément prêts à accepter n'importe quel prix.
14:46On a vu ça dans le crédit pendant des années.
14:48On n'avait pas le bon capital qui allait chercher des fonds de crédit,
14:51qui pricait des décotes énormes pour du direct lending qui performait senior.
14:57Aujourd'hui, on a le bon capital, donc on a le bon prix.
15:00Et on commence à voir des transactions qui arrivent sur le marché, et le marché se débloque.
15:03Je pense qu'il y a peut-être aussi eu moins de flux mid-market.
15:07Alors, il y a des fonds mid-market healthcare, mid-market soft en Europe,
15:12qui finalement ne sont pas ceux qui sont choisis par les vendeurs pour faire de la rotation de portefeuille.
15:19Je pense aussi parce que c'est peut-être plus difficile d'y accéder en primaire,
15:22donc le vendre tout de suite en secondaire, c'est plus compliqué à justifier.
15:25Et puis, c'est vrai que les vendeurs ont essayé de vendre le large cap ces deux dernières années.
15:31Il y a eu beaucoup de vintage 2020-2021 qui ont été vendus pour justement vendre des positions
15:36qui sont à des valorisations très élevées et faire tourner son portefeuille de cette façon-là.
15:43Merci beaucoup.
15:43Alors, Nathalie, revenons-en à la complexité de ces transactions.
15:48Vous dites finalement, depuis 18 mois, 2 ans, ça devient de plus en plus difficile de les exécuter ces deals.
15:54Pourquoi ?
15:54Je ne dirais pas difficile, mais ça montre qu'il faut vraiment la maturité et la profondeur de ces opérations
16:02où il faut des équipes vraiment spécialisées là-dessus.
16:06C'est surtout qu'on a vu justement ce qu'aujourd'hui, c'est des gros portefeuilles avec plusieurs vintage,
16:15des vieux vintage avec des documentations juridiques qui ne sont peut-être pas les mêmes qu'on a aujourd'hui.
16:21Donc, on va se retrouver avec un droit de préemption sur un ancien vintage
16:26que l'on ne voit plus du tout sur les fonds actuels, par exemple.
16:30Donc, tout ça fait que ça apporte beaucoup de milestones qu'il va falloir franchir, de timing.
16:39Et donc, c'est surtout l'exécution.
16:41En soi, ce n'est pas des opérations, c'est des opérations qui sont quand même bien encadrées.
16:46Mais c'est, je dirais, la longueur que ça peut prendre du fait qu'il faut des autorisations,
16:51du fait que désormais, beaucoup de GP ont mis en place des gates.
16:55Donc, ce sera par trimestre.
16:57Donc, il faut gérer les dates de référence qu'on va utiliser en fonction de quand on va pouvoir exécuter
17:04les choses.
17:05Donc, ça, je dirais que c'est un des points que l'on voit.
17:09Et puis, désormais aussi, les GP sont de plus en plus attentifs à ce type d'opération.
17:17Et donc, il y a un vrai processus de onboarding du nouveau LP.
17:21Et l'impact que ça va pouvoir avoir sur le marché primaire de prendre ce nouvel investisseur dans leur faute.
17:30Donc, c'est ce qu'on constate.
17:32Et vous diriez, derrière cette complexité que vous soulevez, est-ce que ça veut dire, en fait, que ce n
17:36'est pas juste un transfert ?
17:40Que ce transfert-là, il suscite aussi... Il peut soulever des enjeux fiscaux.
17:46Donc, il y a des enjeux fiscaux. Ça, c'est le premier point le plus important.
17:52Il y a des enjeux de due diligence. Là, on reçoit, par exemple, des due diligence questionnaires de part et
17:59d'autre.
18:00Il y a des enjeux réglementaires. Il y a des enjeux de KYC.
18:06Donc, il y a plein de différentes choses.
18:08Et puis, il y a surtout, maintenant, quand je disais que c'était un vrai onboarding, d'habitude, c'était
18:12vraiment perçu comme une opération de gré à gré.
18:15Mais maintenant, par exemple, on commence à voir les nouveaux entrants qui demandent leur propre side letter ou le transfert
18:21des side letters.
18:22Donc, ça peut devenir un vrai système de onboarding avec l'impact qu'on peut voir sur les coûts.
18:28Je pense que c'est surtout ça que nous, on a vu lorsqu'on price l'opération.
18:34C'est ce facteur-là qui commence à devenir important.
18:39Il y avait des articles plutôt aux US. En Europe, on reste encore raisonnable.
18:43Mais en tout cas, aux US, il y avait des chiffres qui sortaient par rapport à cette opération-là, ce
18:51que ça pouvait représenter en termes de coût.
18:53Et donc, là aussi, de façon globale, il y a le coût de ces opérations qu'il faut envisager.
19:00Merci infiniment d'être avec nous aujourd'hui pour parler, quand même, du sujet, du moment et de l'actualité
19:08qui anime ce marché secondaire.
19:10Alors, évidemment, dans ce panorama de Jipilède, on va essentiellement parler des fonds de continuation qui se sont développés, multipliés
19:18au cours des dernières années.
19:21Sur fonds de contraintes de liquidités, mais pas que.
19:24Nous y reviendrons avec nos intervenants pour présenter, en fait, les avantages, les bénéfices et les raisons qui ont sous
19:31-tendu le développement de ces fonds de continuation.
19:34On est très heureux d'accueillir aujourd'hui Marie Aubard.
19:37Vous êtes avocate associée en Corporate Private Equity au sein du cabinet Will Kiffar.
19:42Bonjour à vos côtés, Annabelle Joub, vous êtes partenaire chez Campbell et particulièrement, vous intervenez sur le marché secondaire.
19:48Annie Elkoury, bonjour à vous.
19:50Vous êtes partenaire chez Coler, un fonds qui est pionnier dans ce marché secondaire.
19:54Je crois qu'aujourd'hui, vous gérez autour de 50 milliards de dollars.
19:58Et je rappelle que vous êtes en cours de rapprochement avec IQT, Guillaume Cousserand.
20:02Nous sommes également ravis de vous avoir à nos côtés.
20:04Vous êtes managing partner en charge des relations investisseurs.
20:06C'est 7-2, c'est l'ancien APAX Partners France, et donc un fonds de private equity dédié au
20:13segment des PME et des ETI.
20:15Annabelle, on va commencer avec vous, comme on l'a fait dans la table ronde précédente, un peu pour remettre
20:21en perspective l'incroyable dynamique qu'il y a eu sur le marché des JPLAY de l'année dernière.
20:27Qu'est-ce qu'on doit retenir comme grande tendance ?
20:29J'imagine que vous allez nous parler beaucoup de fonds de continuation aussi dans ce paysage.
20:33Donc dites-nous aussi de quoi est composé finalement le reste de ce segment, hors fonds de continuation, dont on
20:39va abondamment parler.
20:41Bonjour à tous.
20:42Oui, alors les grandes tendances s'argumentent autour de certains fondamentaux.
20:48On a aujourd'hui 12 trilliards de navs en private equity globalement.
20:54Et il y a 36% de cette nav qui a été détenue pendant plus de 5 ans.
21:01Donc ça fait beaucoup de valeur à essayer de sortir et on voit qu'il y a clairement un rôle
21:08pour les fonds de continuation pour essayer de trouver de la liquidité.
21:12Parmi ceux-là, les distributions OLPs, l'année dernière, c'était que 24% de la nav.
21:18Donc on voit qu'il n'y avait pas énormément de circulation de la valeur.
21:23Et c'est le plus bas au niveau de la liquidité l'année dernière depuis 10 ans.
21:28Donc depuis le GFC, on n'a pas vu moins, autant de, enfin moins...
21:32Aussi peu, aussi peu, merci, de liquidité dans le marché du private equity que ce qu'on voit en ce
21:40moment.
21:41Résultat, il y a une énorme opportunité pour tout ce qui est GPLED et liquidité dans les fonds de continuation.
21:48L'année dernière, on a vu 93 milliards d'opérations.
21:52Ce qui était, grosso modo, une augmentation de 50% par rapport à l'année précédente.
21:59On a, ça se divise grosso modo entre des GPLED, pardon, des multi-assets CV de 45%, grosso modo, des
22:10single assets encore 45%
22:12et des tip sales, tenders, nav, pref, qui forment le reste, donc les 10% restants.
22:20On en a parlé dans le panel précédent, pas assez de capital pour répondre à ces besoins de liquidité.
22:29L'année dernière, il y a 107 milliards de dollars qui ont été levés, donc en 2025, avec les 6
22:40plus gros secondaires qui ont levé 43% des capitaux.
22:44Alors ça paraît énorme, mais c'est moins que les années précédentes, ce qui, en fait, indique qu'il y
22:50a eu une prolifération de nouveaux entrants dans le capital.
22:54Mais on les voit et ça va venir et on en aura de plus en plus avec le temps.
22:57Tout cela pour dire qu'il y a une opportunité énorme et un marché qui est en croissance, mais toujours
23:04pas assez de capitaux pour répondre à la demande.
23:07Toi aussi, tu fais un appel du pied pour les futurs levées de fonds.
23:12Juste quand on parle, quand vous avez donné les statistiques 45 multi-assets, 45 single, quand on parle de multi
23:19-assets, il y en a combien dans le panier en général ?
23:22C'est quoi un peu la tendance qu'on observe ?
23:25Alors généralement, ça devient de plus en plus concentré. Historiquement, on avait, même l'année dernière, on a fait un
23:30multi-asset de 22 assets.
23:32Ça se fait, mais ce qu'on voit de plus en plus, c'est des deals concentrés avec moins de
23:365 assets.
23:37Et en fait, finalement, entre 2 et 4, c'est quand même la majorité des deals.
23:41OK, ça, c'est la tendance qu'on retient.
23:43Enfin, Annie, je me tourne vers vous par rapport à cette picture et cette dynamique qu'Annabelle a présentée.
23:49Quels enseignements est-ce qu'on peut tirer ?
23:51Donc, je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Annabelle.
23:55Aujourd'hui, la conclusion, moi, que je tire du marché global du PE, c'est qu'on change de modèle.
24:04On est passé d'un modèle qui s'est terminé dans la décennie de 2022 où on a vraiment maîtrisé
24:13le déploiement de capitaux.
24:15Ça, c'était facile. On a déployé beaucoup de capital. La liquidité était gratuite et la sortie est devenue une
24:26constante dans l'équation.
24:28Aujourd'hui, le modèle est en train de changer et c'est devenu vraiment un modèle de gestion de liquidité,
24:37gestion de sortie où vraiment les gérants et les management teams doivent faire la différence en création de valeur,
24:48mais aussi en gardant en tête que les LPs ont vraiment besoin de cette liquidité pour faire circuler le capital.
24:58Donc, on est vraiment dans un changement total de modèle dans le PE.
25:03Le secondaire est passé d'un outil à côté de tout ça à un outil central pour faire fonctionner et
25:12faire cette transition de modèle.
25:15Comme l'a dit Annabelle, aujourd'hui, on a vraiment... Je n'ai pas envie de dire un problème, mais
25:22on a 32 000 sociétés non vendues,
25:27à peu près 40 % qui ont 5 ans et plus. Donc, la queue de société qui est là pour
25:34sortir, elle est longue.
25:36Donc, il va falloir beaucoup plus de liquidité pour que le système fonctionne bien.
25:42On est à 15 % de liquidité ou 16 % de liquidité de l'année. Annabelle, on doit être à
25:4725 ou 30 %.
25:48Donc, il y a vraiment un sujet aujourd'hui où le secondaire a un rôle essentiel dans le fonctionnement de
25:56notre écosystème.
25:58Ça va prendre du temps et il faut que tous les outils fonctionnent bien ensemble.
26:05Il faut que le trade sale marche bien, que le sponsor to sponsor marche bien, que le IPO marche bien,
26:12que les fonds de continuation marchent bien.
26:13Il faut que tout marche vraiment bien pour gérer ce backlog de sociétés.
26:19Et ça se fait au niveau du GP et ça se fait au niveau du LP.
26:24Donc, il y a plusieurs dynamiques qui font que le CV et le secondaire sont at the heart of the
26:33problem.
26:34Merci beaucoup, Annie. Alors, vous, si vous prenez, Guillaume, la casquette, la voix des GP,
26:40ce que vous pouvez représenter sur cette table ronde, qu'est-ce que ça représente fondamentalement,
26:45ces opérations et ces fonds de continuation en particulier ?
26:48C'est en 2021. Donc, vous voyez que ça a démarré avant que le marché primaire ne se complique
26:53avec justement quelque chose qui était assez innovant à l'époque puisque c'était un top-up fund
26:58qui permettait de financer une société du portefeuille qui devait faire beaucoup plus d'acquisitions prévues.
27:03Et notre fond principal était arrivé au maximum de l'accompagnement.
27:07C'était trop tôt pour la vendre.
27:09Donc, cette solution, ce top-up fund a permis de financer son programme de consolidation
27:14et d'avoir finalement les munitions pour bien accompagner la société.
27:19L'année dernière, vous avez aussi constitué un multi-assets
27:22en transférant des participations minoritaires dans un fonds de continuation.
27:26On y reviendra abondamment tout à l'heure.
27:29Mais ça aussi, c'est un signe d'innovation important.
27:32Oui, parce que tout le monde nous disait jusqu'à l'année dernière,
27:34on ne peut pas faire de fonds de continuation si le gérant n'est pas en contrôle de l'actif.
27:39Et finalement, on a réussi à faire un des premiers fonds de continuation
27:44avec un transfert de deux participations minoritaires.
27:47Bon, évidemment, il y a toujours des raisons pour lesquelles ça a marché, dont on parlera tout à l'heure.
27:51On va parler de ça. Et vous avez des nouveaux projets innovants dans les tuyaux dont vous pouvez nous parler
27:55?
27:56Depuis quelques jours, on a un nouveau bébé qui est en cours de gestation.
28:00Bien. Donc oui, vous continuez à innover sur ce marché jeune.
28:06Marie, vous aussi, vous êtes, si je puis dire, aux avant-postes dans ces fonds de continuation
28:12dont vous aidez à la structuration et à la mise en exécution.
28:17C'est quoi les grands défis qui sont posés à vous avec votre casquette d'avocate ?
28:23Oui, alors effectivement, on s'est vite rendu compte.
28:25Alors je suis plutôt sur le volet transactionnel des deals.
28:28Et je travaille beaucoup avec Nathalie, que vous avez écouté juste avant.
28:30On s'est rendu compte, effectivement, qu'on était aux avant-postes de cette nouvelle tendance en private equity,
28:36donc des fonds de continuation.
28:38Alors notamment, nos clients, évidemment, veulent mettre en place ces fonds de continuation.
28:42Donc on les conseille sur la mise en place du fonds et sur le transfert de l'actif ou des
28:46actifs.
28:47Et puis, on a aussi, quand on représente nos clients qui vont être co-investisseurs au côté d'un fonds
28:52de continuation,
28:53il a fallu qu'on comprenne quels étaient les enjeux et où est-ce qu'il fallait placer le curseur
28:59sur les conseils qu'on donnait.
29:01Et donc, on s'est rendu compte qu'il y a une multitude de défis.
29:04Et notamment, on va dire quatre défis, pour n'en citer que quatre.
29:08Le premier, ça va être vraiment une étude de faisabilité du projet.
29:12Et donc, on est souvent consultés très en amont par nos clients pour savoir,
29:16est-ce que la documentation existante permet la mise en place de fonds de continuation ?
29:22Si elle ne le permet pas, comment contourner tout ça ?
29:25Parce que ces documentations qui datent de 2021, pour la plupart, ne traitent pas des fonds de continuation.
29:31Donc c'est vraiment le premier défi qu'on a eu.
29:34Et en général, ça passe. Preuve en est sur l'ampleur du phénomène.
29:40Vous dites, tick the box, on peut y aller.
29:42Alors, on dit on peut y aller. De toute façon, on trouve une solution.
29:45C'est rarement le juridique qui va bloquer un projet, même jamais.
29:50Mais voilà, on est bien obligé de regarder l'existant et de voir ce qu'on va faire avec la
29:54lettre des textes.
29:55Après, le deuxième sujet qu'on a, c'est qu'on a un nouvel acteur autour de la table, dans
29:58nos négociations.
29:59C'est vraiment le lead investor, donc un fonds de continuation,
30:03contrairement à un fonds classique, on a un lead investor qui va prendre la plupart des parts.
30:08Et pour la première fois, on va voir ce LP autour de notre table.
30:13Donc sur le SPA, il va regarder le SPA, il va regarder Impact, il va s'intéresser au MIP.
30:17Et ça, c'est tout à fait nouveau.
30:19On n'a jamais eu affaire à ce type d'acteur autour de la table.
30:22La plupart d'entre eux sont plutôt situés UK, US et ont peu l'habitude de nos documents de droit
30:29français.
30:30Donc dans les négociations, c'est un véritable défi que de leur expliquer nos spécificités.
30:37Ensuite, et évidemment c'est le cœur du sujet dans un volet fonds de continuation,
30:42c'est la gestion des conflits d'intérêts.
30:44Comment préserver les intérêts des LP du fonds sédant et des LP du fonds de continuation ?
30:52Alors là, la pratique a imaginé plein de choses.
30:55Et donc pour n'en citer que deux, on a évidemment ces fairness opinion sur le prix.
31:00Et puis on a aussi un rôle croissant des WNI Insurance qu'on voit finalement assez peu encore dans nos
31:08deals de LBO dits classiques
31:10et qui sont quasi systématiques en revanche sur des deals de fonds de continuation.
31:14Et puis enfin, on a vraiment le rôle du management dans ces deals.
31:19On a parlé beaucoup de sujets de liquidité pour la mise en place de ces fonds de continuation.
31:24Mais ce qu'on voit de plus, c'est que finalement, on ne parle pas d'actifs qui n'arrivent
31:28pas à se vendre.
31:29On parle d'actifs qui sont qualifiés, on va dire, de joyeux de la couronne,
31:33dont le fonds n'a pas envie de se séparer finalement.
31:36Et donc pour pouvoir continuer à avancer avec cet actif, le rôle du management est central évidemment.
31:44Et comme je disais, la plupart des MIP datent de 2021, ne traitaient pas des fonds de continuation.
31:51Donc normalement, on ne se déclencherait pas en cas de transfert à un fonds de continuation.
31:56Et donc je ne sais pas ce que vous en pensez vous, mais de notre expérience chez Wilkie,
32:00en revanche, on n'a jamais vu un MIP qui finalement n'a pas été déclenché par le sponsor.
32:05Parce que c'est absolument essentiel de continuer à avoir un management incentivé.
32:11Bon, merci beaucoup à vous d'être avec nous pour clôturer cet événement.
32:17On va mettre un coup de projecteur sur l'Evergreen.
32:21On a appelé ça nouvelle frontière du secondaire.
32:23On a eu le... Nous aussi, on a su les conseils d'année.
32:26On a été courageux. On n'a pas mis de point d'interrogation.
32:28On a affirmé que c'était une nouvelle frontière.
32:31Donc on va s'interroger sur comment la montée en puissance du wealth soutient la percée de cette classe d
32:37'actifs secondaire.
32:39Pourquoi finalement Evergreen et secondaire, ça s'articule particulièrement bien ?
32:43Pourquoi ces deux stratégies s'emboîtent bien ?
32:45Et puis ensuite, quelles sont évidemment les stratégies gagnantes en termes de structuration de la base de LPs
32:50pour assurer la liquidité, en termes de déploiement pour assurer la performance ?
32:56Alors, c'est avec un trio que nous allons explorer ces différents enjeux.
33:00Je commence par vous, Victor Dumortier.
33:02Je vous remercie de remplacer Julien Leleu, qui était prévu sur cette conférence au pied levé
33:07et qui a eu un empêchement de dernière minute.
33:09Vous êtes cofondateur de Flandrin Capital, une société de gestion qui est spécialisée dans le non-côté pour des clients
33:15privés.
33:16Je rappelle que Flandrin a rejoint cet automne le groupe Cirrus.
33:20C'est lui-même, je crois, sous LBO avec Bridgepoint.
33:23Oui, et demain avec PAI.
33:25Et demain avec PAI, nous sommes en terrain de connaissances.
33:30Merci beaucoup à vous, Victor, de vous être rendu disponible pour être avec nous.
33:33Merci à vous également, Sébastien Burdel, de venir ce matin de surcroît avec votre pied de Robocop.
33:41Je rappelle que vous êtes partenaire chez Ares, une plateforme qui gère, on l'a dit, plus de 42 milliards
33:47sous gestion.
33:48Clément ne m'a pas contredit tout à l'heure, donc je conserve ce chiffre.
33:51C'est Jonathan. Merci Jonathan Haillage d'être avec nous aussi aujourd'hui.
33:54Vous êtes responsable de la distribution gestion de fortune en Europe du Sud pour Colère Capital.
33:59Annie ne m'a pas contredit tout à l'heure, donc je garde mes 50 milliards de dollars sous gestion.
34:04Et je rappelle cette opération en cours de rapprochement avec EQT.
34:07Alors avant peut-être, on va peut-être commencer par une petite overview remise en perspective de cette montée du
34:14wealth et du retail de manière générale dans le marché des actifs privés.
34:18Et puis je vous invite à resserrer la focale sur le secondaire.
34:21Mais comment est-ce qu'on peut, excusez-moi, j'ai pas d'eau et je ne peux plus parler.
34:28Pourquoi est-ce que l'Evergreen et du coup le secondaire en particulier a un bon fit pour capter cette
34:34demande ?
34:34Vous voulez commencer Sébastien ?
34:37Avec plaisir et je ne vais pas vous corriger pour le plaisir, mais ARES c'est 600 milliards sous gestion,
34:4240 en secondaire.
34:43Non, j'ai dit 50 en secondaire.
34:44Oui, c'est vrai, mais la raison pour laquelle je soulève les 600 milliards, c'est que pas loin d
34:48'un tiers de nos capitaux est gérée sous forme de structure Evergreen, cotée, non cotée.
34:54Donc c'est une part du marché sur laquelle on a un très très long historique en fait, sur le
34:59marché de la dette privée en particulier.
35:01Je suis sûr qu'on va en parler.
35:04On avait des fonds Evergreen avant d'avoir des fonds closed-end.
35:11Donc c'est un marché qu'on connaît bien.
35:14Sur l'évolution de l'Evergreen et des actifs privés, des placements privés pour la gestion de patrimoine,
35:23je vais diviser la question, la segmenter en trois.
35:28Pourquoi les actifs privés ? Pourquoi les Evergreen et pourquoi le secondaire ?
35:31Alors les actifs privés, ça apporte des choses qui sont aujourd'hui difficiles pour les acteurs individuels et privés d
35:39'accéder.
35:39Sur les marchés cotés, en termes de diversification et de rendement.
35:45Sur les rendements, sur les 30 dernières années passées, il y a une prime de plusieurs centaines de points de
35:51base des actifs privés comparés aux marchés cotés.
35:53Alors ça aussi au fil du temps, mais sur le long terme, c'est prouvé.
35:57Et la diversification, c'est presque plus important, je pense, parce qu'aujourd'hui, il y a deux fois moins
36:04de sociétés cotées, globalement, qu'il y avait il y a 25 ans.
36:08Si on regarde il y a 25 ans, il y avait trois fois plus de sociétés cotées qu'il y
36:12avait de sociétés gérées par le private equity.
36:15Aujourd'hui, la dynamique est complètement inversée.
36:17Donc si vous voulez diversifier en tant qu'acteur privé, c'est très difficile de rester seulement sur les marchés
36:23cotés.
36:24Deuxièmement, pourquoi les structures Evergreen ?
36:26Ça répond à des contraintes qui sont réelles pour les investisseurs privés.
36:30Des contraintes de déploiement, des contraintes de ressources et également des contraintes de liquidité.
36:36Mais je les mets dans cet ordre-là.
36:37Les contraintes de déploiement, c'est difficile si on est un petit investisseur privé ou même un petit family office
36:43de gérer des échéances d'engagement et de déploiement et d'appels de fonds qui sont appliqués par l'investissement
36:51dans les fonds fermés.
36:52On reçoit des appels même de petits family office qui investissent dans nos fonds fermés et qui disent
36:57« Vous l'appelez quand mon capital ? » parce que moi j'ai mis tous les sous de côté.
37:00Ce n'est pas gérable pour un investisseur à plus petite échelle.
37:05Les contraintes de ressources, de revoir tous les deux, trois, quatre ans une décision d'investissement avec un même gérant,
37:13c'est pratiquement impossible de la même manière pour un petit investisseur.
37:17Et les contraintes de liquidité, de savoir qu'il y a la possibilité dans ces véhicules qu'on appelle bien
37:22semi-liquides,
37:23pas liquides, la possibilité de savoir qu'on peut sortir dans des environs de marché normaux.
37:32C'est important aussi pour les investisseurs qui peuvent avoir des besoins de liquidité plus émergents,
37:37qui n'ont pas forcément accès aux mêmes sources de financement ou de liquidité que d'un institutionnel.
37:43Et pourquoi le secondaire ? En fait, pourquoi pas ? Parce qu'il n'y a vraiment rien de mieux
37:48pour à la fois les investisseurs privés et pour ces structures evergreen.
37:53En termes de diversification, si on regarde notre véhicule aujourd'hui, evergreen principal en private equity secondaire,
38:00il y a plusieurs centaines de fonds et 7500 sociétés sous la chante.
38:04Pour un investisseur qui essaie d'avoir accès à des rendements du private equity,
38:10ça donne pratiquement un indice des marchés.
38:14Deuxièmement, en termes de rendement vis-à-vis de la volatilité, c'est imparable.
38:20Les rendements du secondaire sont prouvés sur des horizons, encore une fois, il y a une trentaine d'années à
38:24ce stade,
38:25d'avoir entre 100 et 200 points de base d'excès sur le médian du LBO,
38:31avec à peu près autant de volatilité en moins.
38:35Alors, pourquoi les institutionnels quand même se permettent de investir dans les fonds de LBO ?
38:41C'est la sélection de managers.
38:43Et la sélection de managers, elle peut procurer des alphas de 100, 200, 300, 400, 500 points de base.
38:50Pour un investisseur privé, c'est impossible de faire ça.
38:52Et d'ailleurs, les fonds de fonds, le modèle de fonds de fonds a aussi prouvé que c'était très
38:57difficile de faire,
38:58même pour des institutionnels, sur la durée.
39:02Et finalement, la liquidité, mais pas franchement juste le rythme de liquidité,
39:08encore qu'on achète des actifs qui sont matures, donc qui sont plus proches de leur fenêtre de liquidité,
39:13mais la capacité à prédire cette liquidité de manière relativement fiable.
39:17Donc, pour cet ensemble de critères, si on a un investisseur privé aujourd'hui
39:21qui veut avoir accès à ce que les marchés de nos côtés peuvent offrir,
39:25le secondaire dans l'Evergreen, ça reste aujourd'hui, je pense, la meilleure solution.
39:30Bien. Merci beaucoup, Sébastien, pour ce petit pitch.
39:34On va continuer avec Jonathan.
39:38Vous aussi, quelle est votre vision ?
39:39Même question, Jonathan, sur cette dynamique historique et la percée extraordinaire qu'on connaît aujourd'hui.
39:45Oui, alors, pour en rajouter un peu, parce que Sébastien a dit une bonne partie des arguments qu'on a
39:50tous prévus,
39:52c'est vrai que je pense qu'il faut insister sur le fait que le wealth est encore assez...
39:58On va dire, l'accès du wealth au marché privé est encore assez nouveau.
40:03On parle des dix dernières années, mais peut-être d'une accélération surtout sur les cinq dernières années.
40:08Donc, du coup, les structures evergreen, pour permettre l'accès au marché privé,
40:12elles sont encore assez neuves et elles sont en constante évolution.
40:15Donc, il y a beaucoup d'innovation dans ce domaine.
40:18Pourquoi les clients privés cherchent de plus en plus l'accès au marché privé ?
40:23C'est effectivement, comme le disait Sébastien, la stabilité des cash flows et une meilleure performance potentiellement.
40:30Une diversification par rapport à leur exposition au marché public,
40:33qui est encore très largement majoritaire.
40:36Mais c'est vrai qu'il y a un point aussi qui est important, c'est l'accessibilité.
40:39C'est-à-dire le fait que l'investissement soit facile d'accès,
40:42que le processus d'investissement soit facile pour un gérant de fortune, un family office, une banque privée.
40:49Et ce n'est pas toujours le cas, même si pour les fonds fermés, c'est aussi en train de
40:52se simplifier.
40:55Mais en tout cas, on n'est pas dans le même niveau de simplicité.
40:58Donc ça, c'est vraiment un point important.
40:59Par rapport au secondaire et en quoi il est particulièrement adapté.
41:04Donc moi, ce que je rajouterais, c'est que, évidemment, le secondaire a des cycles plus courts.
41:08Et donc les cycles courts, par exemple, si vous achetez un portefeuille qui a en moyenne 5-6 ans de
41:14vie,
41:16il reste quelques années avant la liquidation du portefeuille.
41:19Donc en gros, on est dans des cycles qui correspondent mieux au cycle d'un portefeuille de clients privés.
41:27Et vous avez, en fait, un cycle de distribution aussi qui est bien meilleur.
41:32Donc nous, par exemple, on offre dans les fonds de Colleur des classes distributives.
41:38Et donc ça, c'est très intéressant pour des clients privés, dont certains nous disent,
41:42en fait, cet investissement, pour un family office, il me sert à générer des cash flows
41:46et à financer, d'une certaine manière, le train de vie du family office ou de la famille.
41:51Pour d'autres, la partie accumulative va être plus intéressante, pour des raisons fiscales, etc.
41:55Donc en fait, tous ces différents points un peu plus de détail à la base
42:00deviennent des points vraiment très importants pour un client wealth.
42:03Et du coup, c'est un marché qui est très intéressant parce qu'on innove constamment là-dessus.
42:07Merci beaucoup, Jonathan.
42:09Alors, Victor, clac, là, on change de perspective.
42:13Les clients privés que vous conseillez, que vous représentez ici,
42:17qu'est-ce qu'ils cherchent quand ils viennent sur les marchés privés et sur le secondaire
42:25et sur l'Evergreen ? C'est quoi leur préoccupation principale ?
42:29Oui, effectivement, chez Flandrin, donc nous, on va avoir la seule casquette souscripteur aujourd'hui,
42:35souscripteur wealth.
42:36100% de nos clients sont des clients wealth, par retail,
42:40ça veut dire qu'ils n'investissent qu'à partir de 100 000 euros,
42:42c'est des clients avertis jusqu'au family office que tu mentionnais.
42:46Et nous, on se positionne, on a 30% sur le milliard d'eux qu'on gère,
42:5030% de fonds maison et 70% de fonds tiers.
42:53On conseille donc à nos clients de souscrire dans des stratégies.
42:58Donc ça, c'est notre partie allocataire.
43:00Et la partie allocataire en secondaire, elle est assez importante chez nous.
43:03Elle est assez forte depuis 2019.
43:06On a commencé à investir pour la première fois dans des fonds secondaires
43:09qui étaient en fonds fermés.
43:12Et le marché a évolué.
43:14Et depuis 2022, on investit via de l'Evergreen secondaire.
43:20Donc nous, on a une grosse conviction sur le secondaire.
43:22On conseille à nos clients d'investir 20 à 30% de leur portefeuille en secondaire
43:26pour des clients wealth.
43:28sur la partie non cotée.
43:3020 à 30% du non coté en secondaire.
43:34C'est hyper important, mais c'est une brique qui est essentielle.
43:36Qu'est-ce qu'il vient de chercher dans l'Evergreen secondaire ?
43:39Il vient de chercher ce que tu disais, la diversification.
43:43On accède tout de suite à des portefeuilles
43:46qui ont plusieurs milliers de sociétés en portefeuille.
43:49Et de la décorrélation.
43:52Ça, c'est vraiment le gros avantage du secondaire qu'on voit.
43:54C'est quand les nuages commencent à arriver, peut-être comme maintenant avec la guerre,
44:01les discounts, c'est ce que disait Clément tout à l'heure,
44:02le discount, il va être renégocié à la hausse souvent par l'acheteur.
44:07Et donc, même si les perspectives sont un peu moins bonnes, il y aura plus de discounts.
44:10Quand le marché est porteur, il y a moins de discounts,
44:14mais les sociétés vont générer plus d'alpha.
44:17Enfin, on voit aussi qu'il y a une évolution et des innovations
44:22qui ont été apportées par les gérants.
44:24Les premières Evergreen étaient des Evergreen un peu fourre-tout, on trouvait.
44:28Les grands managers mettaient, on va faire 20% de LBO en Europe,
44:34on va faire le real estate aux Etats-Unis.
44:38En fait, nos clients, c'était peut-être ça pour des clients retail,
44:41c'était intéressant d'avoir en une seule souscription un accès.
44:45Mais pour des clients à 100 000 qui ont envie d'avoir plusieurs poches d'investissement,
44:51ces fonds spécialisés Evergreen secondaire étaient super intéressants.
44:55Et donc, on voit aussi l'évergence d'Evergreen infra, par exemple.
44:58Et donc, nous, on est très bouliches sur l'Evergreen secondaire.
45:03Je vous remercie infiniment d'avoir partagé beaucoup de transparence
45:08et beaucoup d'enthousiasme vos perspectives sur ce marché de l'Evergreen secondaire.
45:14Je vous remercie à tous de votre attention.
45:17Merci beaucoup de nous avoir accompagnés pour cette première édition
45:22de notre conférence secondaire.
45:23Merci beaucoup à vous d'être venus.
45:25Merci à nos partenaires d'avoir rendu cet événement possible.
45:27Merci à tous les speakers qui ont admirablement bien, j'allais dire,
45:31défendu leur bout de gras, mais j'ai le droit de dire, moi aussi,
45:33c'était le mot de conclusion.
45:34Et du coup, cocktail.
45:36Merci beaucoup à tous.
45:37Sous-titrage Société Radio-Canada
45:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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