Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 heures
Sur le banc des accusés se trouvait Karim, un jeune homme de 20 ans à qui l’on reprochait d’avoir violé et tué un homme âgé de 69 ans dans la nuit du 19 au 20 décembre 2013, et ensuite une dame âgée de 88 ans dans la nuit du 24 au 25 décembre 2013. C’est un jeune homme qui était inscrit dans une dérive délinquante (https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/2248711132219914/delinquance-a-marseille-baisse-significative-au-centre-ville-quel-bilan-pour-lannee-2025) depuis de nombreuses années qui avait l’habitude de commettre des vols chez des particuliers. En réalité, on peut considérer qu’il s’agissait de vols qui ont très très mal tourné.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Quelqu'un que, d'ailleurs, l'expert de l'époque avait déclaré comme très psychopathe.
00:06Il avait même indiqué qu'il n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi psychopathe à son âge.
00:16Sur le banc des accusés se trouvait Karim, un jeune homme de 20 ans,
00:22à qui ils ont reproché et qui a été condamné pour cela,
00:24d'avoir violé et tué d'abord un homme âgé de 69 ans, dans la nuit du 19 au 20
00:33décembre 2013.
00:35Ce qui m'a marqué dans ce procès, c'est le jeune âge d'abord de l'accusé,
00:40puisqu'il était âgé de 16 ans au moment des faits.
00:43Ce qui m'a marqué dans ce procès, c'est que la presse avait titré
00:49« L'ado au profil de monstre va être jugé ».
00:53Et ce qui était également frappant, c'était la violence des crimes commis,
00:59l'âge des victimes et aussi, je peux le dire, en plus de 17 ans de pratique pénale maintenant,
01:06je n'ai jamais vu une personne, et je parle de l'accusé,
01:10avoir subi autant de violences que ce soit physiques, psychologiques
01:16et je dirais même institutionnelles, puisque né en 1997,
01:21il était placé depuis 2004 dans les foyers de l'aide sociale à l'en France.
01:26Dans ces foyers, il y a commis des agressions sexuelles.
01:31Il a à cette occasion indiqué qu'il avait été victime de viols commis par peut-être l'un de
01:38ses frères.
01:38L'enquête n'a rien permis d'établir sur ce point.
01:42Mais surtout, il avait quelque chose de très identifiable.
01:46Il a été brûlé lorsqu'il était âgé de 6 mois ou 18 mois,
01:51sur une partie du corps, par du lait bouillant.
01:54Donc il était très identifiable, parce qu'il avait des stigmates de ses brûlures sur le crâne,
01:59sur une partie du corps, ce qui le faisait que les gens l'ont identifié comme tel.
02:04Quelqu'un que, d'ailleurs, l'expert de l'époque avait déclaré comme très psychopathe.
02:11Il avait même indiqué qu'il n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi psychopathe à son âge.
02:15Un moment marquant du procès, c'est lorsque une des parties civiles,
02:20petite fille de la défunte, morte le soir de Noël,
02:25s'est adressée à lui après que le président l'ait autorisée.
02:29Elle était elle-même marquée par la vie.
02:31Et elle s'est adressée directement à lui en lui disant
02:35qu'il avait tué celle qui était sa mère de cœur,
02:38celle qui lui avait éduquée, celle qui lui avait tout appris.
02:41Et qu'elle avait compris que toutes les blessures de sa vie,
02:46celles de l'accusé, avaient pu l'amener à subir ce qu'il avait vécu.
02:50Et c'est là qu'il y a eu un moment d'audience,
02:53parce que les mots de la partie civile ont touché l'accusé.
02:58Et même si ça ne valait pas grand-chose, il a demandé pardon.
03:01Et c'est un moment qui a fait un petit peu basculer le procès de façon relative,
03:06mais en tout cas qui a montré l'humanité qui demeurait en lui.
03:10Et c'était un moment important pour tout le monde et pour les parties civiles.
03:14Et ça, c'est le deuxième temps fort, moi, qui m'a remarqué pour toute ma carrière.
03:19Lorsque je suis sorti de la cour d'assises, après avoir plaidé,
03:24nous étions place Verdun devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence.
03:29Et cette partie civile m'attendait, je ne sais pas,
03:33mais en tout cas s'est dirigée vers moi, les bras ouverts,
03:36m'a pris dans ses bras, a pleuré sur mon épaule en me disant merci.
03:40Je vous avoue que je crois que j'ai pleuré avec elle
03:43et qu'à chaque fois que je pense à ce moment,
03:45c'est une émotion exceptionnelle qui peut-être n'arrivera plus jamais.
03:50Et merci parce que mes mots, à la mesure de ce qu'ils pouvaient l'être,
03:56ont contribué aussi à, peut-être à la...
04:01En tout cas, ont contribué à ce qu'elles comprennent ce qu'il s'était passé.
04:06Et justement que sa grand-mère n'était pas décédée sous les coups d'un monstre,
04:11mais d'un humain avec qui la vie avait été monstrueuse.
04:15Et merci parce qu'un pont s'est établi à ce moment-là grâce à elle,
04:20grâce aux mots qu'elle a eus pour l'accusé,
04:22grâce aux mots que l'accusé a eus pour la partie civile,
04:25et moi de n'être que le vecteur de ces mots-là.
04:28C'était un moment très puissant.
04:30Et sans surprise, la peine infligée a été la peine maximale,
04:35s'agissant d'un mineur, puisqu'âgé de 16 ans, au moment des faits,
04:38la peine maximale était de 30 ans.
04:40Et un surplus a été rajouté,
04:43puisqu'une rétention de sûreté a été prononcée,
04:46ce qui veut dire qu'à l'issue de la peine exécutée,
04:50mon client devra passer devant un collège d'experts médicaux,
04:56qui devra décider si, oui ou non, il est réhabilitable,
05:00s'il présente encore un danger pour la société.
05:03J'ai peur qu'incarcéré aussi jeune,
05:06et identifié comme il l'était avec les blessures sur son crâne et sur son visage,
05:10n'ait dû se battre encore et encore en détention,
05:13et que peut-être cela équivaut finalement à presque une peine à perpétuité.
05:18Sous-titrage Société Radio-Canada
05:24Sous-titrage Société Radio-Canada
05:28Merci.
05:28Merci.
05:28Merci.
Commentaires

Recommandations