00:00Général Paloméros, on est maintenant plus de 24 heures après ce conseil, ce briefing organisé autour du président américain,
00:07au cours duquel les plus hauts gradés américains lui ont présenté les options militaires qui s'offrent à lui.
00:12On voit bien, 24 heures plus tard, il est indécis, du moins officiellement.
00:17Alors on va essayer de se projeter dans les prochaines heures.
00:23Nous sommes tous les deux à la Maison Blanche.
00:26Vous êtes le commandant central des États-Unis, l'amiral Brad Cooper.
00:29Je suis le président américain Donald Trump.
00:32Nous sommes dans le bureau ovale, à la Maison Blanche, comme l'indique ce décor.
00:38Qu'avez-vous envie de me dire en premier et quelles solutions me proposez-vous ?
00:45Je commencerai par faire en sorte que vous me précisiez quels sont vos objectifs, monsieur le président,
00:53à la dame la présidente, de manière à pouvoir évaluer les impacts, les risques, la maîtrise des risques,
01:02les forces nécessaires en présence et les points de vulnérabilité.
01:10Partant de là, j'imagine que vous me répondriez qu'avec la puissance que les États-Unis sont capables de
01:18déployer,
01:19rien ne doit leur résister.
01:21Et pourtant, ce n'est pas le cas.
01:23Je ne sais pas comment j'expliquerai à Donald Trump que la puissance a des limites
01:29et que la puissance, pour être bien employée, que ce soit trois, quatre groupes aéronavales ou bien plus,
01:37demande un objectif et ensuite une stratégie.
01:41Vous pensez qu'il est capable de l'entendre, ça ?
01:43En tout cas, en tant que responsable militaire, je me dois de faire cette déclaration en disant « voilà ».
01:53Parce que si moi, je pervertis l'analyse du sujet, je prends une énorme responsabilité
02:01qu'aucun chef militaire digne de ce nom dans le monde ne peut assumer.
02:08Alors évidemment, on peut prendre le cas de Gerasimov avec Poutine.
02:11Je ne suis pas sûr qu'il ait beaucoup d'écoute.
02:15Mais enfin, Poutine est bien obligé de revoir aussi sa guerre de son côté.
02:19C'est intéressant, quatre ans.
02:22Et là, Donald Trump, comme chef de guerre, il doit commencer quand même à avoir un petit peu de recul,
02:29un peu de bouteille, si je puis dire.
02:31Précisément, on va voir dans un instant les options qui lui ont été présentées.
02:34Mais si on continue à essayer de se mettre dans la tête du président américain,
02:39si je vous disais là, dans ce bureau ovale, moi ce que je veux, je veux que ce régime iranien
02:43soit renversé,
02:44je veux qu'il n'ait pas la bombe nucléaire et je veux que le détroit d'Hermouz soit débloqué.
02:48Je veux les trois en même temps.
02:49Eh bien, je vous dis, monsieur le président, préparons-nous à une guerre longue, totale et brutale.
02:58C'est-à-dire avec des forces au sol.
03:01Il me faut 150 000 hommes.
03:03On en a mis cent et quelques mille en Afghanistan.
03:07Avec évidemment tous les moyens techniques et capacités qui sont déjà là.
03:14Et il faut compter plusieurs années.
03:17Plusieurs années, j'allais vous poser la question.
03:19Plusieurs années ?
03:20Il y a ce chiffre en années maintenant, les conflits.
03:23Et à chaque fois qu'on a perdu de vue cet espace temporel des conflits,
03:31on a aussi perdu les conflits.
03:34La Libye, on a demandé, je répète souvent le cas parce que je l'ai vécu,
03:39au bout de 15 jours, quand est-ce que ça va se terminer ?
03:42J'ai dit six mois parce qu'on ne peut pas faire n'importe quoi.
03:44Et c'était relativement simple par rapport à ce qu'on vit aujourd'hui.
03:48L'Ukraine, qui aurait pu dire, pas moi en tout cas,
03:52que quatre ans plus tard, les Ukrainiens seraient encore là.
03:55Sous-estimation de l'adversaire, sous-estimation de sa capacité à s'adapter,
04:00sous-estimation de sa résilience.
04:01Vous avez toujours ce triptyque quelque part.
04:05L'Afghanistan, autre sujet.
04:08Mais combien de temps ils sont restés ?
04:10Donc il y a le temps long et il y a les options immédiates quand même à choisir.
04:14Voici les trois qu'on lui a présentés hier lors de ce briefing,
04:19qui aurait duré 45 minutes selon plusieurs médias américains.
04:21Ce n'est pas beaucoup.
04:22Ce n'est pas beaucoup, c'est vrai, ça ne paraît pas beaucoup,
04:24vu l'importance et l'enjeu évidemment qui se présente aujourd'hui face au président américain.
04:32Des frappes courtes et puissantes contre des infrastructures.
04:35Option B, une prise de contrôle partiel du détroit d'Hormuz,
04:38afin de le rouvrir au trafic commercial.
04:40Une opération des forces spéciales visant à sécuriser le stock d'uranium,
04:45hautement enrichi évidemment de l'Iran.
04:47On va les prendre les unes après les autres.
04:49Mais là, comme ça, en les voyant toutes les trois,
04:52est-ce qu'il y en a une qui vous semble la plus plausible et la plus réaliste aujourd'hui
04:57?
04:57À mon avis, je reprends toujours ma casquette, le commandant suprême.
05:03Aucune n'est vraiment viable et je dirais même efficace,
05:14mais plausible.
05:16Je ne vois pas les chefs militaires américains présenter des options de cette nature,
05:21comme ça, à brûle pour point.
05:23On peut toujours élaborer en disant
05:27si vraiment ils sont présentés ces trois options,
05:30ça veut vraiment dire qu'on n'est pas bien.
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