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  • il y a 9 heures

Dans une tribune publiée le 21 avril dernier dans « l’Équipe » , les capitaines d’équipe de première et seconde ligue témoignent de leur mécontentement au sujet de la convention collective, qui n’est toujours pas signée trois ans après la création de la Ligue féminine de football professionnel.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Trois ans de conversation et toujours pas de convention collective pour les footballeuses françaises.
00:04Dans une tribune publiée dans l'équipe, les capitaines de clubs du championnat français féminin partagent leur exaspération.
00:10Cette convention, censée protéger les joueuses, notamment sur leurs conditions de travail ou leurs droits, n'a toujours pas été
00:15signée.
00:15Convention qui doit être signée par deux acteurs, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels,
00:20en gros le syndicat des joueurs et des joueuses pros, et FootUni, le syndicat patronal des clubs.
00:25Dans les dernières discussions, pourtant, plusieurs avancées étaient déjà sur la table,
00:30comme par exemple le maintien pendant 90 jours du salaire pour une joueuse blessée,
00:34un droit qui existe déjà dans le football masculin, inscrit dans l'article 276 de la charte.
00:40Mais alors, pourquoi ça bloque encore ?
00:42Parce que les négociations butent encore sur plusieurs points entre les deux parties,
00:46et au cœur du blocage, il y a le droit à l'image.
00:48L'UNF souhaite commercialiser l'image des joueuses en utilisant notamment le logo des clubs,
00:53une proposition que FootUni refuse.
00:55Pour l'instant, la situation n'avance pas parce que chaque instance se renvoie la faute,
01:00et ça malgré la création, en juillet 2024, de la Ligue Féminine de Football Professionnel.
01:05Et ce manque de protection a des conséquences directes sur les équipes féminines.
01:09À Dijon, par exemple, pourtant cinquième du championnat,
01:12la section féminine est menacée de disparaître à la suite de problèmes financiers.
01:16Une convention collective permettrait que ce genre de situation n'arrive pas,
01:19et que les clubs qui rencontrent des difficultés ne trouvent pas comme première solution
01:22de supprimer leur section féminine.
01:23Et ce n'est pas un cas isolé.
01:25En trois ans, Dijon pourrait devenir la troisième équipe à perdre son statut pro
01:29après Soyo et les féminines de Bordeaux,
01:31victimes notamment des difficultés financières de leur club.
01:34Si on regarde la différence de traitement entre le football féminin et le football masculin,
01:38on remarque que chez les femmes, le statut pro reste plus limité.
01:41Il est concentré en divisions 1 et 2,
01:44mais peine à se généraliser dans les divisions inférieures.
01:47À l'inverse, chez les hommes, le passage au statut professionnel peut se faire en Ligue 1,
01:52en Ligue 2 et même en Nationale avec des contrats pro ou semi-pro.
01:56Et ce n'est pas tout.
01:56La future Ligue 3 masculine sera elle aussi professionnelle,
02:00et la rédaction de sa convention collective a été bouclée en seulement six mois.
02:04Donc le message des capitaines des équipes féminines est clair.
02:07Même football, même exigence, toujours pas les mêmes droits.
02:10Pour elle, la situation n'est plus acceptable.
02:12Aussi, quand on regarde avec ce qui se fait ailleurs,
02:15notamment à l'échelle européenne, le retard français est frappant.
02:18La France peut pourtant s'appuyer sur deux grands clubs,
02:20l'OL Lyon qui a longtemps dominé l'Europe,
02:22et dans une moindre mesure le PSG.
02:25Mais malgré ça, l'écart reste important avec d'autres championnats,
02:28comme celui de l'Angleterre.
02:29Là-bas, la professionnalisation du football féminin date déjà de 2018.
02:33Même constat en Espagne,
02:35où une convention collective a été signée en 2020
02:37avec l'instauration d'un salaire minimum pour les joueuses.
02:40Aujourd'hui, rien n'indique que la situation va se débloquer rapidement
02:44pour le championnat français.
02:45Les joueuses demandent une signature avant le début de la saison prochaine,
02:49mais à quelques mois de la reprise, le timing sera serré.
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