00:00Trois ans de conversation et toujours pas de convention collective pour les footballeuses françaises.
00:04Dans une tribune publiée dans l'équipe, les capitaines de clubs du championnat français féminin partagent leur exaspération.
00:10Cette convention, censée protéger les joueuses, notamment sur leurs conditions de travail ou leurs droits, n'a toujours pas été
00:15signée.
00:15Convention qui doit être signée par deux acteurs, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels,
00:20en gros le syndicat des joueurs et des joueuses pros, et FootUni, le syndicat patronal des clubs.
00:25Dans les dernières discussions, pourtant, plusieurs avancées étaient déjà sur la table,
00:30comme par exemple le maintien pendant 90 jours du salaire pour une joueuse blessée,
00:34un droit qui existe déjà dans le football masculin, inscrit dans l'article 276 de la charte.
00:40Mais alors, pourquoi ça bloque encore ?
00:42Parce que les négociations butent encore sur plusieurs points entre les deux parties,
00:46et au cœur du blocage, il y a le droit à l'image.
00:48L'UNF souhaite commercialiser l'image des joueuses en utilisant notamment le logo des clubs,
00:53une proposition que FootUni refuse.
00:55Pour l'instant, la situation n'avance pas parce que chaque instance se renvoie la faute,
01:00et ça malgré la création, en juillet 2024, de la Ligue Féminine de Football Professionnel.
01:05Et ce manque de protection a des conséquences directes sur les équipes féminines.
01:09À Dijon, par exemple, pourtant cinquième du championnat,
01:12la section féminine est menacée de disparaître à la suite de problèmes financiers.
01:16Une convention collective permettrait que ce genre de situation n'arrive pas,
01:19et que les clubs qui rencontrent des difficultés ne trouvent pas comme première solution
01:22de supprimer leur section féminine.
01:23Et ce n'est pas un cas isolé.
01:25En trois ans, Dijon pourrait devenir la troisième équipe à perdre son statut pro
01:29après Soyo et les féminines de Bordeaux,
01:31victimes notamment des difficultés financières de leur club.
01:34Si on regarde la différence de traitement entre le football féminin et le football masculin,
01:38on remarque que chez les femmes, le statut pro reste plus limité.
01:41Il est concentré en divisions 1 et 2,
01:44mais peine à se généraliser dans les divisions inférieures.
01:47À l'inverse, chez les hommes, le passage au statut professionnel peut se faire en Ligue 1,
01:52en Ligue 2 et même en Nationale avec des contrats pro ou semi-pro.
01:56Et ce n'est pas tout.
01:56La future Ligue 3 masculine sera elle aussi professionnelle,
02:00et la rédaction de sa convention collective a été bouclée en seulement six mois.
02:04Donc le message des capitaines des équipes féminines est clair.
02:07Même football, même exigence, toujours pas les mêmes droits.
02:10Pour elle, la situation n'est plus acceptable.
02:12Aussi, quand on regarde avec ce qui se fait ailleurs,
02:15notamment à l'échelle européenne, le retard français est frappant.
02:18La France peut pourtant s'appuyer sur deux grands clubs,
02:20l'OL Lyon qui a longtemps dominé l'Europe,
02:22et dans une moindre mesure le PSG.
02:25Mais malgré ça, l'écart reste important avec d'autres championnats,
02:28comme celui de l'Angleterre.
02:29Là-bas, la professionnalisation du football féminin date déjà de 2018.
02:33Même constat en Espagne,
02:35où une convention collective a été signée en 2020
02:37avec l'instauration d'un salaire minimum pour les joueuses.
02:40Aujourd'hui, rien n'indique que la situation va se débloquer rapidement
02:44pour le championnat français.
02:45Les joueuses demandent une signature avant le début de la saison prochaine,
02:49mais à quelques mois de la reprise, le timing sera serré.
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