Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Présenté en conseil des ministres le 8 avril dernier, le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 débarque à l'Assemblée. Les 21 et 22 avril, alors que les travaux parlementaires devaient être suspendus, les députés de la commission de la défense ont siégé pour examiner le texte qui prévoit 36 milliards d'euros supplémentaires pour les Armées. Après deux jours d'examen, les députés ont finalement adopté le projet de loi mardi 22 avril. Le texte sera débattu dans l'hémicycle à compter du 4 mai 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Au menu de ce numéro, l'actualisation de la loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030.
00:00:17Le gouvernement veut débloquer 36 milliards d'euros supplémentaires pour nos armées.
00:00:22L'examen du texte a lieu en commission de la défense en présence de la ministre Catherine Vautrin.
00:00:27La guerre, situation dominante dans l'histoire de l'homme, au milieu de quelques rares périodes de paix,
00:00:34nous oblige à choisir d'être acteurs de notre avenir ou spectateurs impuissants à la merci des prédateurs.
00:00:42D'être à table ou au menu.
00:00:46L'histoire s'accélère, les empires sont de retour, l'économie bascule inexorablement vers l'Asie.
00:00:54Sur les dix premiers ports mondiaux, neuf y sont situés.
00:00:58Le dixième, Rotterdam, est en Europe.
00:01:01Le premier port français, le Havre, est à la soixante-quatrième place.
00:01:07Ces chiffres illustrent parfaitement la bascule d'une économie mondiale en pleine transformation.
00:01:14Ils démontrent l'importance des routes maritimes, des moyens de transport,
00:01:18des infrastructures portuaires et des infrastructures d'acheminement terrestre.
00:01:24Ils démontrent l'importance de la puissance navale, puissance navale nécessaire afin d'assurer la sécurité du transit des navires
00:01:33de commerce
00:01:33pour approvisionner la France, l'Europe et nous permettre de produire, fonctionner, inventer, réparer, nous défendre.
00:01:42La guerre en Ukraine a bouleversé bien des certitudes.
00:01:45Les combats de position comme ceux de 14-18 sont toujours d'actualité.
00:01:51Le champ de bataille s'est dronisé, robotisé.
00:01:54Technologie et IA sont partout.
00:01:57La maîtrise du ciel, toujours essentielle.
00:02:00L'emploi massif de munitions de toute nature impose de disposer d'une grande capacité de production et de stockage.
00:02:09La guerre se joue aussi dans l'espace et dans la très haute altitude, dont la maîtrise est désormais vitale.
00:02:17Enfin, l'hybridité des guerres modernes nous rappelle l'importance d'une nation forte, unie, préparée.
00:02:26Mais l'homme reste au centre de ce tout.
00:02:31Il est désormais clair, et j'ouvre les guillemets, que nous entrons dans une nouvelle ère,
00:02:37celle d'un risque particulièrement élevé d'une guerre majeure de haute intensité en dehors du territoire national en Europe
00:02:46qui impliquerait la France et ses alliés, en particulier européens, à l'horizon 2030.
00:02:53Je ferme les guillemets.
00:02:56Avec cette phrase extraite de la revue nationale stratégique 2025, qui pourra dire qu'il ne savait pas.
00:03:04Face à l'inconstance de l'allié historique, les États membres de l'Union européenne prennent enfin conscience de leur
00:03:11faiblesse,
00:03:12de leur dépendance, pensant naïvement qu'acheter du matériel américain serait une garantie de protection permanente.
00:03:20C'est sans compter sur la versatilité du président des États-Unis.
00:03:25Il a des envies de Canada, de Groenland, il taxe, critique ses amis de toujours, il épargne, soit, flatte, soigne,
00:03:35pardon, flatte ses ennemis de toujours.
00:03:38Cet ami qui, en Iran, décide seul d'une opération militaire de portée mondiale,
00:03:44se traduisant par un blocage du détroit d'Hormuz, fermant ainsi le robinet de 25% des approvisionnements mondiaux de
00:03:52gaz ou de 20% de pétrole,
00:03:55et qui, faute d'avoir partagé les buts de guerre et les moyens de les atteindre avec ses alliés, entre
00:04:03guillemets, ne comprend pas ensuite que personne ne le suive.
00:04:07« Mon Dieu, préserve-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge », attribué à Voltaire, cette phrase
00:04:14résonne particulièrement aujourd'hui.
00:04:17Pendant ce temps, dans le détroit de Taïwan, en mer de Chyde, elle attend.
00:04:24Elle a 4 000 ans, elle a tout son temps, elle patiente.
00:04:30Mes chers collègues, le texte qui nous est proposé aujourd'hui ne concerne pas une nouvelle loi de programmation militaire,
00:04:37mais bien une actualisation.
00:04:41Actualisation dont nous venons de confirmer qu'elle est nécessaire.
00:04:46Le temps qui nous sépare de l'élection présidentielle, d'une dissolution, puis d'une nouvelle loi de programmation militaire,
00:04:52se compte désormais en moins.
00:04:55C'est à ce nouveau texte qu'il conviendra de définir le nouveau format des frégates de premier rang,
00:05:02de la permanence de l'alerte d'un ou des porte-avions, du nombre de rafales, de chars,
00:05:07que nous devrons inévitablement revoir à la hausse.
00:05:11Je souhaite terminer mon propos par ce qui compose le cœur de nos armées,
00:05:17ce qui en fait la force, l'âme même, les militaires, les civils qui les composent.
00:05:24Je veux leur rendre hommage d'actifs, de réserves, volontaires du service national,
00:05:31leurs effectifs continuent de croître, faisant de notre armée la plus grande d'Europe.
00:05:37Mes chers collègues, au-delà des postures,
00:05:41compte tenu des gros nuages qui s'accumulent face à nous,
00:05:44soyons à la hauteur de la responsabilité que nous confient les citoyens.
00:05:50Donnons à la France les moyens de poursuivre sa montée en puissance.
00:05:56Dans son ouvrage de 1962, Paix et guerre entre les nations,
00:06:02ouvrage tellement d'actualité, Raymond Aron écrivait
00:06:07laissons à d'autres plus doués pour l'illusion le privilège de se mettre par la pensée au terme de
00:06:14l'aventure.
00:06:16Tâchons de ne pas manquer ni à l'une ni à l'autre des obligations imposées à chacun de nous.
00:06:23Ne pas s'évader d'une histoire belliqueuse,
00:06:26ne pas trahir l'idéal.
00:06:29Penser et agir avec le ferme propos
00:06:32que l'absence de guerre se prolonge jusqu'au jour où la paix deviendra possible,
00:06:39à supposer qu'elle ne devienne jamais.
00:06:41Je vous remercie.
00:06:43Merci, M. le rapporteur.
00:06:45M. le rapporteur, je vous en prie.
00:06:47Des décisions que nous prendrons ici
00:06:51dépendront pour une part la vie ou la mort de nos soldats.
00:06:56Si nous ne les équipons pas convenablement,
00:06:59si nous ne les entraînons pas comme il faut,
00:07:03si nous, représentation nationale, ne sommes pas à la hauteur,
00:07:09des hommes mourront.
00:07:11C'est une vertigineuse responsabilité.
00:07:17Ça l'est aussi en raison du contexte international.
00:07:20À l'heure où nous parlons, à trois heures de Paris,
00:07:24l'Ukraine est sous les bombes
00:07:25et le détroit d'Hormuz vit au rythme des blocus et des contre-blocus.
00:07:31L'hypothèse centrale qui charpente cette actualisation
00:07:36est évidemment celle d'une confrontation majeure avec la Russie.
00:07:41Inutile de développer ici le comportement de la Russie,
00:07:44puissance révisionniste, néo-impériale,
00:07:48qui depuis la Crimée en 2014, en tout cas,
00:07:52viole les frontières qu'elle avait elle-même garantie
00:07:55dans le mémorandum de Budapest de 1994.
00:07:59Bien sûr, demain, nous ne verrons pas les chars russes sur le Rhin
00:08:04comme nous pouvions le craindre durant la guerre froide.
00:08:07Mais la solidité de la défense de l'Europe peut être testée sur le flanc Est,
00:08:12en particulier dans les pays baltes, à l'horizon 2030.
00:08:16Malgré la guerre en Ukraine, la Russie disposera alors de 7000 chars
00:08:20et de 1500 avions, d'après les chiffres évoqués devant nous par le SEMA.
00:08:26Le défi pour la France sera d'apporter à nos alliés l'aide dont ils ont besoin.
00:08:32C'est notre sécurité qui se joue là-bas.
00:08:35Comme grâce à Dieu.
00:08:37La géographie nous place en deuxième ligne.
00:08:41Notre lot sera de faire face aux menaces sur les flux logistiques,
00:08:45au sabotage et à la guerre dans les champs immatériels,
00:08:49cyber et informationnels.
00:08:51Une guerre qui a d'ailleurs déjà commencé.
00:08:54Ce n'est pas la France seule qui le dit,
00:08:56ce n'est pas le président de la République seul qui le dit,
00:08:59ce sont l'ensemble des services de renseignement occidentaux.
00:09:02Les menaces sont à 360 degrés.
00:09:05Déstabilisation du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient.
00:09:09Terrorisme islamiste.
00:09:11Conséquences du réchauffement climatique.
00:09:13Atteinte aux libertés maritimes.
00:09:15Contestation de nos zones économiques exclusives.
00:09:19Déstabilisation de nos Outre-mer.
00:09:21Sans parler des conséquences éventuelles d'un conflit en Extrême-Orient,
00:09:26en mer de Chine.
00:09:27Ce tableau, parfaitement décrit par la RNS 2025,
00:09:31est encore compliqué par les incertitudes
00:09:34sur la solidarité de l'Alliance Atlantique.
00:09:37Au-delà de l'imprévisibilité du président Trump
00:09:41et de ses propos très durs sur l'OTAN,
00:09:43le pivot vers l'Asie est inscrit dans la stratégie américaine
00:09:47depuis l'ère Obama.
00:09:49Dans l'hypothèse d'un conflit
00:09:51qui toucherait à la fois l'Europe et l'Asie,
00:09:53la bascule d'efforts américains
00:09:55se porterait nécessairement là-bas.
00:09:57Nous pouvons être seuls.
00:10:01C'est l'extraordinaire défi
00:10:03qui se pose à notre génération,
00:10:06européaniser l'OTAN,
00:10:08qui aujourd'hui ne peut plus être vu seulement
00:10:11comme un cheval de troie américain,
00:10:13puisqu'en Ukraine,
00:10:14ce sont bien les nations européennes de l'OTAN
00:10:17qui portent la cause de ce pays.
00:10:19L'européaniser,
00:10:21cela veut dire armer ses postes avec nos officiers
00:10:24et remplacer progressivement
00:10:26les stratégies qu'ennableurs
00:10:28pour lesquelles nous dépendons des Américains.
00:10:31L'autonomie stratégique de l'Europe
00:10:33reposera sur l'engagement des nations européennes,
00:10:37seule compétente en matière de défense
00:10:39au sein du pilier européen de l'Alliance,
00:10:42unique structure capable de défendre le continent
00:10:45et qu'il serait vain et coûteux
00:10:47de vouloir dupliquer autrement.
00:10:49Voilà le contexte.
00:10:51Dans ce cadre,
00:10:52les effets militaires à produire pour la France sont clairs.
00:10:56Disposer de tous les moyens souverains
00:10:58pour assurer la crédibilité,
00:11:01la suffisance et la permanence
00:11:03de notre dissuasion avancée.
00:11:05Dans le cadre de l'épaulement conventionnel,
00:11:08être capable d'être nation-cadre
00:11:10de niveau corps d'armée
00:11:11dans le cadre des NDP NATO Defense Plans
00:11:14en cas d'hypothèse d'engagement majeur,
00:11:17contribuer à la sécurisation
00:11:19de nos voies maritimes,
00:11:20protéger nos outre-mer,
00:11:22assurer la sécurité du territoire national
00:11:25en cas d'attaque hybride,
00:11:27éventuellement menée par des proxys
00:11:29à base de drones, par exemple,
00:11:32qui pourraient être tentés
00:11:33de profiter des avantages de l'asymétrie
00:11:35que nous voyons aujourd'hui
00:11:37dans le golfe d'Ormouz,
00:11:39être capable de mener des OPEX
00:11:41à faible empreinte au sol,
00:11:42notamment en cas de résévac en environnement non permissif.
00:11:47Cette actualisation s'efforce de répondre
00:11:51au moins partiellement à ces défis
00:11:52dans un contexte budgétaire particulièrement contraint,
00:11:57en conduisant le difficile exercice
00:11:59de préparer l'avenir
00:12:01et de répondre aux besoins actuels.
00:12:04S'agissant de la préparation de l'avenir,
00:12:07les programmes à effet majeur,
00:12:09PANG avec la France Libre,
00:12:11la France Libre, pardon mon co-rapporteur y tient,
00:12:14Rafale au standard F5,
00:12:17réflexion sur une solution de char intérimaire,
00:12:20capacité de frappe balistique conventionnelle
00:12:23dans la profondeur,
00:12:24ou système de combat aérien
00:12:26de nouvelle génération
00:12:27qui devra aboutir,
00:12:29quelles que soient les vicissitudes
00:12:31des coopérations internationales,
00:12:33y compris en franco-français
00:12:34ou avec d'autres partenaires,
00:12:36si l'Allemagne venait à faire défaut,
00:12:39cette actualisation est au rendez-vous.
00:12:42Elle l'est aussi pour les technologies émergentes
00:12:45IA, quantique, connectivité, spatiale, robotisation.
00:12:49S'agissant des besoins actuels,
00:12:52elle répond aux nécessités les plus criantes,
00:12:55munitions avec 8,5 milliards supplémentaires
00:12:58pour encaisser un premier choc,
00:13:00drones de toute nature,
00:13:01du FPV à la MTO à longue portée,
00:13:04logistique, feu dans la profondeur,
00:13:06DSA, standard,
00:13:08mise au plus haut niveau
00:13:10de nos navires de premier rang.
00:13:12Certains voudront y voir un paradoxe.
00:13:15On augmente les budgets,
00:13:17mais le format ne change pas.
00:13:19Mais cette actualisation
00:13:21vise la cohérence.
00:13:23Elle traite de ce qui ne se voit pas,
00:13:25de ce qui, sur le champ de bataille,
00:13:27fait la différence
00:13:28entre la victoire et la défaite.
00:13:31À quoi bon davantage de canons
00:13:33si l'on n'a pas de camions
00:13:35pour les approvisionner ?
00:13:36À quoi bon davantage de frégates
00:13:38si elles ne partent pas les soutes pleines
00:13:40et ne disposent pas de défenses
00:13:43là de multicouches ?
00:13:44À quoi bon disposer
00:13:46de davantage d'avions
00:13:48si l'on n'a pas les missiles
00:13:49pour les armées ?
00:13:50C'est à cela et à cela seulement
00:13:52que répond cette actualisation.
00:13:55Vos rapporteurs regrettent cependant
00:13:57l'insuffisance de précision
00:13:58sur les niveaux d'entraînement
00:14:00et sur les infrastructures,
00:14:03notamment le logement
00:14:04et l'hébergement,
00:14:05qui souffrent d'une dette grise
00:14:08préjudiciable à l'équilibre personnel
00:14:10de ceux qui servent les armes
00:14:11de la France.
00:14:12Cette loi comporte également
00:14:14des évolutions normatives utiles.
00:14:17Constitution de stocks stratégiques,
00:14:19meilleur encadrement du contrôle
00:14:21des marges et des redevances
00:14:23de nos industriels à l'export,
00:14:25légitime compte tenu de l'effort
00:14:26de la nation et positif
00:14:28s'y est évité l'écueil
00:14:30d'un contrôle bureaucratique tatillon.
00:14:33État d'alerte de sécurité nationale,
00:14:36d'autant mieux venu
00:14:37qu'il ne comporte pas d'entrave
00:14:39aux libertés publiques
00:14:40et qu'il permet de reporter
00:14:42d'autant des états d'exception
00:14:44plus contraignants,
00:14:45tels que l'état d'urgence
00:14:47ou l'état de siège.
00:14:48Enfin, s'agissant des volontaires
00:14:51du service national,
00:14:52vos rapporteurs saluent
00:14:54sans réserve sa création.
00:14:56Créer de la masse
00:14:57en posant les fondations
00:14:58d'un modèle hybride
00:14:59qui assure le continuum
00:15:01entre volontaires du service national,
00:15:04réservistes et militaires d'actifs,
00:15:06augmente les occasions
00:15:07de contact entre notre jeunesse
00:15:10et notre armée,
00:15:13développent l'esprit de défense
00:15:15et la passion de servir.
00:15:17Elles le sont d'autant plus
00:15:19que le projet est progressif,
00:15:22structuré, charpenté
00:15:24autour des besoins des armées
00:15:26sans effet d'annonce.
00:15:28Ce seront 2,3 milliards bien employés.
00:15:31En revanche,
00:15:33ce que cette loi d'actualisation
00:15:34ne traite pas,
00:15:35c'est le format de nos forces
00:15:37à l'horizon 2035.
00:15:40Je n'entrerai pas
00:15:41dans le détail ici
00:15:42car ce n'est pas le lieu.
00:15:44Mais il nous faudra demain
00:15:46des moyens organiques propres
00:15:48de niveau corps d'armée,
00:15:49l'équivalent d'une dizaine de régiments
00:15:51allant de la frappe de la profondeur
00:15:53à la guerre électronique,
00:15:55le génie, la DSA,
00:15:56la LAD ou les capacités drone.
00:15:58Il nous faudra davantage
00:15:59de navires de premier rang
00:16:01entre 18 et 21 frégates.
00:16:03Il nous faudra une trentaine
00:16:04de rafales supplémentaires,
00:16:06notamment pour mettre en œuvre
00:16:08les nouvelles têtes nucléaires
00:16:10annoncées par le président
00:16:11de la République à l'île longue.
00:16:13Pour cela, il faudra atteindre
00:16:16le poids de forme de 90 100 milliards
00:16:19évoqué par le Premier ministre
00:16:21et repris encore récemment
00:16:23par Madame la ministre.
00:16:24Même si la route sera encore longue
00:16:27car une politique de défense
00:16:29est par nature une politique
00:16:30de temps long,
00:16:31doubler le budget des armées
00:16:33en 10 ans,
00:16:34ce n'est déjà pas si mal.
00:16:36Cet effort est surtout démultiplié
00:16:39par l'exceptionnelle qualité
00:16:41des femmes et des hommes
00:16:42qui portent les armes de la France
00:16:44et qui font le meilleur
00:16:45avec ce que la nation leur donne.
00:16:48En somme, cette actualisation
00:16:49est une bonne loi.
00:16:51Vos rapporteurs espèrent
00:16:53que nos débats permettront
00:16:54de l'enrichir,
00:16:55qu'ils seront libres
00:16:56de toute posture
00:16:57et de tout calcul politicien.
00:17:00Nous le devons au monde,
00:17:02à l'étranger qui nous regarde.
00:17:04Nos débats seront
00:17:05un signalement stratégique fort
00:17:06qui témoignera
00:17:08de notre résolution.
00:17:09Nous le devons
00:17:10à nos armées
00:17:11qui, chaque jour,
00:17:12assument le risque
00:17:13de la mort donnée
00:17:14et de la mort reçue
00:17:15pour une cause plus grande
00:17:17que nos pauvres destins individuels.
00:17:19Nous le devons au pays
00:17:21qui a besoin de vérité,
00:17:23de solidité
00:17:24et de résilience
00:17:25à l'ombre de ses épées
00:17:27et de ses drapeaux
00:17:28au service de l'essentiel,
00:17:30une communauté nationale
00:17:32unie, libre
00:17:34et forte
00:17:34dans les orages du monde.
00:17:36Merci messieurs les rapporteurs.
00:17:39Nous arrivons à présent
00:17:40aux orateurs de groupe
00:17:41et nous commençons
00:17:42par le Rassemblement National
00:17:44avec Laurent Jacobelli.
00:17:47Tout d'abord,
00:17:47au nom du groupe
00:17:47Rassemblement National,
00:17:48j'aimerais rendre
00:17:49moi mon tour
00:17:49hommage à Florian Montorio
00:17:51à l'ensemble
00:17:52de ses amarrades
00:17:53du 17ème régiment
00:17:54d'Eugénie Parachutis
00:17:55de Motoban,
00:17:56à sa famille,
00:17:57à ses proches
00:17:58et bien sûr
00:17:58à toutes les femmes
00:17:59et les hommes
00:17:59qui font nos armées.
00:18:01Guerre en Ukraine,
00:18:02embrasement du Moyen-Orient,
00:18:04politique erratique
00:18:04des Etats-Unis,
00:18:05jamais le besoin
00:18:06d'une actualisation
00:18:07de la loi
00:18:07de programmation militaire
00:18:08ne s'était fait
00:18:09autant sentir.
00:18:10À coup de tambours
00:18:12et trompettes,
00:18:13on nous annonçait
00:18:13cette actualisation
00:18:14qu'il fallait étudier
00:18:15d'urgence,
00:18:16quitte d'ailleurs
00:18:17à malmener le travail
00:18:18parlementaire,
00:18:19laissant au moins
00:18:20espérer ainsi
00:18:21la prise en compte
00:18:22pragmatique
00:18:22des besoins
00:18:23de nos armées.
00:18:24Mais comme souvent
00:18:25avec ce gouvernement,
00:18:26la montagne a accouché
00:18:27d'une souris
00:18:27puisque cette actualisation
00:18:29n'est finalement
00:18:29rien d'autre
00:18:30que la correction
00:18:31de la copie insincère
00:18:33votée en 2023.
00:18:35Hélas,
00:18:35toutes les mises en garde
00:18:36que nous avions formulées
00:18:37à l'époque
00:18:38se sont avérées.
00:18:38L'inflation a largement
00:18:40absorbé les crédits,
00:18:41notamment sous l'effet
00:18:42de la flambée
00:18:42des coûts de l'énergie.
00:18:43Les reports de charges
00:18:44ont doublé
00:18:45pour atteindre
00:18:45près de 100 milliards
00:18:46d'euros de restes à payer
00:18:47entraînant pénalités
00:18:49de retard pour l'État
00:18:50et des difficultés
00:18:51de trésorerie
00:18:51pour les TPE-PME
00:18:52de notre BITD.
00:18:54Les surcoûts
00:18:55liés aux opérations extérieures,
00:18:56tout comme le soutien
00:18:57à l'Ukraine,
00:18:58n'ont fait l'objet
00:18:58d'aucune ressource additionnelle.
00:19:00Pire encore,
00:19:01n'écoutant pas
00:19:02vos oppositions
00:19:03ni même d'ailleurs
00:19:03vos états-majors,
00:19:05vous avez sous-évalué
00:19:06les besoins de nos armées
00:19:07jusque de leurs dimensions
00:19:08les plus élémentaires,
00:19:10à commencer par les stocks
00:19:11de munitions
00:19:12dont vous reconnaissez
00:19:13aujourd'hui
00:19:14enfin l'importance.
00:19:15Il s'agit d'ailleurs
00:19:16de l'une des seules
00:19:17avancées concrètes
00:19:18chiffrées
00:19:19et datées
00:19:20de votre texte.
00:19:21Nous voilà donc
00:19:22plongés dans un moment
00:19:23étrange et paradoxal.
00:19:25Alors que nous devrions
00:19:26dessiner les contours
00:19:26de l'armée du futur,
00:19:28nous allons simplement
00:19:29corriger les mensonges
00:19:30du passé.
00:19:31Difficile d'être visionnaire
00:19:33quand on est mauvais gestionnaire.
00:19:34En bref,
00:19:35les 36 milliards d'euros
00:19:36supplémentaires annoncés
00:19:37serviront avant tout
00:19:38à couvrir des engagements
00:19:39déjà pris
00:19:40et corriger des erreurs
00:19:42de prévision,
00:19:43bien plus
00:19:43qu'à améliorer
00:19:44nos équipements,
00:19:45à améliorer
00:19:45la condition de nos soldats
00:19:47ou le respect
00:19:47de nos anciens combattants.
00:19:49Mais surtout,
00:19:51une question demeure.
00:19:52Que sont devenus
00:19:53les 13 milliards
00:19:54de ressources extra-budgétaires
00:19:55désormais absents
00:19:56de cette actualisation
00:19:58et qui conduisent
00:19:59à relativiser fortement
00:20:00l'effort consenti ?
00:20:01Si nos armées
00:20:02n'atteignent pas
00:20:03leur poids de forme,
00:20:04pour reprendre
00:20:05l'expression du Premier ministre,
00:20:06c'est tout simplement
00:20:07que le gouvernement
00:20:08est incapable
00:20:09de dégager les crédits
00:20:10nécessaires
00:20:11en faisant la chasse
00:20:12aux mauvaises dépenses.
00:20:13On ne peut pas,
00:20:14en même temps,
00:20:16renforcer notre outil
00:20:17de défense
00:20:17et financer une immigration
00:20:19de guichet sociale,
00:20:20refuser de faire
00:20:21une cure d'amaigrissement
00:20:22à un État devenu obèse
00:20:24ou même accroître
00:20:25indéfiniment
00:20:26notre contribution
00:20:27au budget
00:20:27de l'Union européenne.
00:20:29Comment proposer
00:20:30une actualisation
00:20:30de la LPM
00:20:31à la hauteur
00:20:31de nos besoins,
00:20:32c'est-à-dire
00:20:33en faisant évoluer
00:20:34les formats capacitaires,
00:20:35lorsque la croissance
00:20:36demeure atone,
00:20:37que nos entreprises
00:20:38sont asphyxiées
00:20:39par les normes
00:20:39et les taxes
00:20:40et que la dette publique
00:20:41dépasse désormais
00:20:42les 3 500 milliards d'euros
00:20:43au point que son remboursement
00:20:45représente un budget
00:20:46supérieur
00:20:47à celui de nos armées.
00:20:49Alors,
00:20:50fidèle à sa vieille technique,
00:20:51le gouvernement
00:20:52fait ce qu'il fait de mieux
00:20:53lorsqu'il n'y a plus d'argent
00:20:54et qu'un besoin impérieux
00:20:55pour la nation
00:20:56se fait sentir,
00:20:57il se défausse.
00:20:58Comme il l'a déjà fait hier
00:21:00en matière d'agriculture,
00:21:01d'énergie
00:21:01ou d'immigration,
00:21:03il ressort une fois encore
00:21:04la même solution magique,
00:21:06celle qui consiste
00:21:07à remettre les clés
00:21:08à l'Union européenne
00:21:09avec les résultats
00:21:10que l'on connaît.
00:21:11La France deviendrait ainsi
00:21:12le deuxième contributeur net
00:21:14au Fonds européen
00:21:15d'investissement
00:21:16dans l'armement,
00:21:16lesquels profiteront
00:21:17partiellement
00:21:18à notre industrie
00:21:19mais participeront surtout
00:21:21à faire émerger
00:21:22dans des pays
00:21:22à la BITD
00:21:23en développement
00:21:24les concurrents de demain
00:21:25à nos propres entreprises.
00:21:27Cette même pensée magique
00:21:28européiste
00:21:29qui conduit notre pays
00:21:30à s'obstiner
00:21:31dans des coopérations
00:21:32européennes
00:21:33enlisées
00:21:33dans les rivalités
00:21:34industrielles
00:21:35et les retards
00:21:36tels que l'avion
00:21:37ou le char du futur.
00:21:38Des coopérations
00:21:39idéologiques
00:21:40conçues dans les couloirs
00:21:41de Bruxelles
00:21:42qui n'auront eu
00:21:42d'autre effet
00:21:43que de dilapider
00:21:44des investissements
00:21:45précieux
00:21:46et d'accumuler
00:21:47un retard
00:21:48qu'il nous faudra
00:21:48désormais vite combler.
00:21:51Le gouvernement
00:21:52se défausse ensuite
00:21:54en décalant 70%
00:21:56de l'effort financier
00:21:58au-delà
00:21:58de l'échéance
00:21:59présidentielle
00:22:00laissant au futur
00:22:02chef de l'État
00:22:02le soin d'assumer
00:22:03le coût du réarmement
00:22:05du pays.
00:22:06Rassurez-vous,
00:22:07nous saurons,
00:22:08contrairement à vous,
00:22:09trouver les économies
00:22:10nécessaires
00:22:10dans les dépenses
00:22:11toxiques
00:22:12pour permettre
00:22:12enfin
00:22:13à nos armées
00:22:14de disposer
00:22:15des moyens utiles
00:22:15à la défense
00:22:16de l'intérêt supérieur
00:22:17de la nation.
00:22:19Ainsi,
00:22:19cette actualisation
00:22:21apparaît moins
00:22:21comme un véritable
00:22:22sursaut stratégique
00:22:23que comme un plan média
00:22:24du président de la République.
00:22:26Une mauvaise mise en scène
00:22:27qui vise à l'adoption
00:22:28rapide d'un texte
00:22:29mal fagoté
00:22:30pour le 14 juillet
00:22:31dans le seul but
00:22:32de faire oublier
00:22:33son effacement
00:22:34sur la scène
00:22:35internationale.
00:22:36Conscient des enjeux,
00:22:37le groupe
00:22:38Rassemblement National
00:22:39votera comme à l'accoutumée
00:22:40ce qui est juste
00:22:41et qui va dans le bon sens
00:22:42et refusera
00:22:43ce qui relève
00:22:44de l'idéologie européiste
00:22:46et je rappelle
00:22:46à nos rapporteurs
00:22:47qu'il n'existe
00:22:48qu'une seule souveraineté
00:22:49et elle est nationale.
00:22:50Merci beaucoup.
00:22:51Je tiens à commencer
00:22:53mes propos
00:22:53en rendant hommage
00:22:55au nom du groupe
00:22:56Ensemble pour la République
00:22:57Renaissance
00:22:57au sergent-chef
00:22:59Florian Montorio
00:23:00du 17e RGP
00:23:01mort au sud-Liban
00:23:02dans une attaque
00:23:04conduite par le Hezbollah
00:23:05contre la Finule.
00:23:07Mes pensées vont
00:23:08à sa famille
00:23:09et à ses frères d'armes.
00:23:11Oui,
00:23:12c'est en pensant
00:23:13à lui
00:23:13et aux autres soldats
00:23:15morts pour la France,
00:23:17pour notre patrie,
00:23:18ceux de 14-18,
00:23:20ceux de 39-45,
00:23:21ceux de la résistance
00:23:23de la France libre,
00:23:24en pensant
00:23:25à tous les personnels
00:23:26civils et militaires
00:23:27de nos armées
00:23:28que nous engageons
00:23:29l'actualisation
00:23:30de la loi
00:23:31de programmation militaire.
00:23:33Nous le faisons
00:23:33à partir d'un constat lucide.
00:23:35Le monde s'est durci.
00:23:37La guerre est revenue
00:23:39hélas,
00:23:39durablement
00:23:40sur le continent européen,
00:23:42en Ukraine.
00:23:43Les foyers de crise
00:23:45se multiplient
00:23:45aux Proches
00:23:46et au Moyen-Orient
00:23:47et les tensions
00:23:49montent
00:23:49en Indo-Pacifique.
00:23:51Partout,
00:23:52les rapports de force
00:23:53se désinhibent,
00:23:54les empires
00:23:55contre-attaquent.
00:23:56Et le risque
00:23:57d'un conflit majeur
00:23:58en Europe
00:23:59à l'horizon 2030
00:24:00n'est plus
00:24:01une hypothèse
00:24:02théorique.
00:24:03C'est une possibilité
00:24:04qu'il nous faut
00:24:05désormais
00:24:06regarder en face
00:24:07avec courage.
00:24:09A cela s'ajoute
00:24:10une vérité
00:24:11que nous aurions
00:24:12tort d'élucider.
00:24:14D'éluder,
00:24:15la relation
00:24:16transatlantique
00:24:17n'a pas disparu,
00:24:19mais elle n'est plus
00:24:20un acquis
00:24:20intangible.
00:24:21L'hypothèse
00:24:22d'un retrait
00:24:23significatif
00:24:24des capacités
00:24:25américaines
00:24:26du continent européen
00:24:27ne peut plus
00:24:28être écartée.
00:24:29Dans un tel
00:24:30contexte,
00:24:31l'Europe doit
00:24:32se réveiller
00:24:33et la France
00:24:34doit se tenir
00:24:35prête
00:24:35à la pointe.
00:24:37C'est pour cela
00:24:38que cette actualisation
00:24:39est nécessaire,
00:24:40parce qu'elle permet
00:24:41une indispensable
00:24:42accélération
00:24:43de l'effort
00:24:44engagé
00:24:44dès 2019.
00:24:46Elle ajoute
00:24:4736 milliards
00:24:48d'euros
00:24:48sur la période
00:24:492026-2030,
00:24:51dont 10 milliards
00:24:52d'euros
00:24:52d'ici 2027
00:24:54pour porter
00:24:54le budget
00:24:54de la défense
00:24:55à 76,3 milliards
00:24:57d'euros
00:24:58en 2030
00:24:59et l'effort
00:25:00de défense
00:25:00à 2,5%
00:25:02du PIB.
00:25:03Il ne s'agit
00:25:04pas d'un
00:25:05ajustement comptable,
00:25:06mais bien
00:25:06de mettre
00:25:07notre modèle
00:25:07d'armée
00:25:08à la hauteur
00:25:08du monde
00:25:09qui vient.
00:25:09En effet,
00:25:11nous aurons
00:25:12doublé
00:25:12le budget
00:25:13de nos armées
00:25:14en 10 ans.
00:25:15Ce texte
00:25:16le fait
00:25:16avec une logique
00:25:17claire.
00:25:18Aller plus vite
00:25:19là où les conflits
00:25:20récents
00:25:20ont révélé
00:25:21les besoins,
00:25:22plus vite
00:25:23sur les munitions,
00:25:24plus vite
00:25:24sur les drones
00:25:25et la lutte
00:25:26anti-drone,
00:25:26plus vite
00:25:27sur la défense
00:25:28solaire,
00:25:28plus vite
00:25:29sur l'espace,
00:25:30le renseignement,
00:25:30l'innovation
00:25:31et les frappes
00:25:32dans la profondeur.
00:25:33Car la guerre
00:25:33change
00:25:34et une armée
00:25:35crédible
00:25:36est une armée
00:25:36capable de s'adapter,
00:25:37de voir plus loin,
00:25:38de décider plus vite
00:25:40et de tenir
00:25:41dans la durée.
00:25:42Une armée
00:25:43pouvant compter
00:25:43sur des armements
00:25:44et des équipements
00:25:45de pointe
00:25:46produits par notre
00:25:47solide industrie
00:25:48de défense
00:25:49française
00:25:49et ses partenaires
00:25:51européens
00:25:51concourant
00:25:52à l'autonomie
00:25:53stratégique
00:25:54européenne
00:25:54que nous portons.
00:25:56Cette actualisation
00:25:57a aussi un autre mérite.
00:25:58Elle ne se contente
00:26:00pas d'ajouter
00:26:00des crédits.
00:26:01Elle cherche
00:26:02à densifier
00:26:03notre modèle
00:26:04d'armée,
00:26:04à consolider
00:26:05notre base
00:26:06industrielle
00:26:06de défense
00:26:07française
00:26:07et à renforcer
00:26:08notre capacité
00:26:10de décision
00:26:10souveraine.
00:26:11Elle vise aussi
00:26:12à simplifier
00:26:13certaines procédures
00:26:14applicables
00:26:14aux projets
00:26:15de défense,
00:26:16à mieux contrôler
00:26:17les pratiques économiques
00:26:18et à donner à l'État
00:26:19de nouveaux leviers
00:26:20d'action.
00:26:22Autorisation environnementale
00:26:23unique pour les projets
00:26:24du ministère des Armées.
00:26:25Je le vois bien
00:26:26à Bourges,
00:26:26dans l'agglomération,
00:26:28c'est nécessaire.
00:26:29Contrôle des coûts,
00:26:30redevance lorsque l'État
00:26:31a financé des développements,
00:26:33stocks stratégiques,
00:26:34nouvel état d'alerte,
00:26:35de sécurité nationale.
00:26:36Le texte réarme
00:26:38aussi l'État
00:26:38sur le plan juridique
00:26:39et c'est une très bonne chose
00:26:41car dans le monde
00:26:42qui vient,
00:26:43la lenteur administrative
00:26:44et l'impuissance juridique
00:26:46constituent aussi
00:26:47des faiblesses stratégiques.
00:26:49Enfin,
00:26:50ce texte a raison
00:26:51de ne pas oublier
00:26:51la nation
00:26:52parce qu'un pays
00:26:53ne tient pas seulement
00:26:54par ses équipements,
00:26:55il tient par ses hommes
00:26:56et par ses femmes
00:26:58qui le servent,
00:26:59par ses réserves,
00:27:00par ses forces morales,
00:27:01par sa capacité
00:27:02à faire vivre
00:27:02le lien entre armées
00:27:04et nations.
00:27:05Le service national,
00:27:07la montée en puissance
00:27:07de la réserve,
00:27:08la journée de mobilisation
00:27:10répondent à une même exigence,
00:27:12renforcer la résilience
00:27:14de notre pays.
00:27:15Nous devons continuer
00:27:17à construire
00:27:17une France forte
00:27:18et une Europe
00:27:19qui doit devenir
00:27:21une puissance.
00:27:22Pour toutes ces raisons,
00:27:24le groupe
00:27:24Ensemble pour la République
00:27:26Renaissance
00:27:26soutiendra ce projet
00:27:28de loi d'actualisation
00:27:29de la loi de programmation militaire
00:27:31parce qu'actualiser
00:27:32notre loi de programmation militaire,
00:27:34c'est refuser l'inertie
00:27:35et regarder en face
00:27:37l'accélération des menaces.
00:27:39C'est prendre acte
00:27:40du durcissement du monde
00:27:41et donner à la France
00:27:42les moyens d'y faire face.
00:27:43C'est renforcer nos armées,
00:27:45consolider notre base
00:27:46industrielle de défense
00:27:47et préserver nos capacités
00:27:49à décider par nous-mêmes.
00:27:50C'est, au fond,
00:27:52faire le choix
00:27:52d'une France forte,
00:27:54d'une France libre
00:27:54et d'une France maîtresse
00:27:56de son destin.
00:27:57Au nom du groupe
00:27:58de la France insoumise,
00:27:59je souhaite tout d'abord
00:28:00rendre hommage au sergent-chef
00:28:01Florian Montorio,
00:28:02mort au Liban,
00:28:02sous mandat de l'ONU.
00:28:04Nos pensées accompagnent
00:28:05sa famille, ses proches
00:28:06et ses compagnons d'armes.
00:28:08Nous voilà aujourd'hui
00:28:10appelés à discuter
00:28:11une nouvelle fois
00:28:12une loi de programmation militaire.
00:28:14Après une ELPM 2019-2025
00:28:16déjà bien fragile,
00:28:17une ELPM d'urgence en 2023
00:28:19sous couvert du contexte ukrainien
00:28:21et trois ans plus tard,
00:28:22nous revoici devant le Parlement
00:28:23pour son actualisation.
00:28:25Vous proposez 36 milliards d'euros
00:28:27supplémentaires pour la défense,
00:28:28sans nous présenter de nouveaux programmes
00:28:30ni justifier ces nouvelles dépenses.
00:28:31Pire, plusieurs programmes
00:28:32sont décalés,
00:28:33voire abandonnés.
00:28:34Cette actualisation
00:28:35n'est donc pas une adaptation stratégique
00:28:37à un monde qui aurait changé,
00:28:38car rien ne change
00:28:39dans ce que vous nous proposez.
00:28:40Il s'agit d'un simple
00:28:41rattrapage budgétaire,
00:28:43conséquence directe
00:28:44d'une loi précédente
00:28:45qui ne disposait pas
00:28:45des moyens financiers
00:28:46de ses ambitions militaires.
00:28:48Nous vous avions pourtant prévenu.
00:28:49Et comment comptez-vous
00:28:50les financer ?
00:28:51Par idéologie,
00:28:52vous refusez de taxer
00:28:53les ultra-riches
00:28:54et les grandes entreprises
00:28:55que vous subventionnez à outrance.
00:28:57Ces dépenses se feront donc
00:28:58au détriment
00:28:59des autres services publics.
00:29:00Vous empêchez
00:29:02toute acceptabilité populaire,
00:29:04vous fragilisez
00:29:05la défense de la nation.
00:29:07Nous sommes également
00:29:08en droit de nous interroger
00:29:09sur le calendrier.
00:29:10Pourquoi une actualisation
00:29:11à un an de l'élection présidentielle ?
00:29:13Sa durée de vie sera de fait
00:29:14encore plus courte
00:29:15que celle des précédentes LPM.
00:29:16Le prochain président
00:29:17proposera de toute évidence
00:29:18sa propre loi
00:29:19de programmation militaire.
00:29:21Cet outil de planification
00:29:22ne peut devenir
00:29:23un exercice permanent
00:29:24de réajustement à court terme.
00:29:26Il doit servir
00:29:27à engager la défense
00:29:28de la nation
00:29:28dans la durée.
00:29:29Vous êtes donc,
00:29:30sans surprise,
00:29:31de bien mauvais planificateurs.
00:29:33Et cela se constate
00:29:35dans le projet de loi
00:29:36que vous nous soumettez.
00:29:37Aucun bilan n'est tiré
00:29:38des coopérations militaires
00:29:39franco-allemandes
00:29:40qui nous mènent pourtant
00:29:40droit dans le mur.
00:29:42Vous nous demandez
00:29:43de repousser
00:29:43le futur avion de combat commun
00:29:44entre nos deux pays
00:29:45de 2030 à 2035,
00:29:47alors même que la presse allemande
00:29:49annonce aujourd'hui
00:29:50l'échec
00:29:51des ultimes négociations.
00:29:52Face à l'échec,
00:29:53là aussi,
00:29:54annoncé du char franco-allemand
00:29:55destiné à remplacer
00:29:57le Leclerc
00:29:57que vous n'abandonnez
00:29:58pas pour autant.
00:29:59Vous préconisez,
00:30:00enfin,
00:30:00de développer
00:30:01une solution intermédiaire
00:30:02que nous réclamions
00:30:03pourtant depuis 4 ans
00:30:04et que vous aviez
00:30:05jusqu'ici toujours refusé.
00:30:07Même constat
00:30:08pour la constellation
00:30:08européenne Iris Carré
00:30:10qui vous a amené
00:30:11à supprimer
00:30:12le satellite
00:30:12Syracuse 4C
00:30:13de la précédente LPM.
00:30:15Vous l'annoncez
00:30:15pour 2030.
00:30:16La Commission européenne,
00:30:17pour une fois plus réaliste,
00:30:19l'annonce, elle,
00:30:19au mieux pour 2035.
00:30:21Comment allez-vous gérer
00:30:22ce trou capacitaire ?
00:30:23Existera-t-elle même réellement
00:30:25alors même que l'Allemagne
00:30:26s'en détourne
00:30:27au profit d'une solution
00:30:28dite souveraine
00:30:29en partenariat avec SpaceX
00:30:30et Elon Musk ?
00:30:32Encore une fois,
00:30:33que de temps perdu.
00:30:34Et plutôt que d'en tirer
00:30:35les conséquences,
00:30:36vous lancez de nouvelles
00:30:37coopérations franco-allemandes,
00:30:39notamment sur l'alerte avancée
00:30:40et le missile balistique terrestre
00:30:42via le programme ELSA.
00:30:45Il en va de même
00:30:46pour l'OTAN,
00:30:46sur laquelle vous ne dressez
00:30:48aucun bilan.
00:30:49D'ailleurs,
00:30:50où est le rapport promis
00:30:51par Sébastien Lecornu,
00:30:52alors ministre des Armées,
00:30:53sur le bilan
00:30:53de la réintégration de la France
00:30:54dans le commandement
00:30:55intégré de l'OTAN ?
00:30:57Au moment où
00:30:58Donald Trump menace
00:30:59des territoires alliés
00:31:00de la France
00:31:01comme le Groenland,
00:31:02où il organise
00:31:02l'enlèvement
00:31:03de Nicolas Maduro
00:31:04au Venezuela,
00:31:04où il déclenche
00:31:05une guerre illégale
00:31:06en Iran
00:31:06aux côtés de Netanyahou
00:31:08sans même prévenir
00:31:08les membres de l'Alliance,
00:31:10voire en les menaçant,
00:31:11nos armées
00:31:12restent tributaires
00:31:13de dépendances américaines,
00:31:14notamment pour les logiciels
00:31:16GPS,
00:31:16Microsoft
00:31:17et Starlink.
00:31:18Il en va de même
00:31:19pour le futur porte-avions
00:31:20dépendant de technologies
00:31:22américaines
00:31:22avec sa catapulte
00:31:23pour faire décoller
00:31:24les avions.
00:31:25Le modèle d'armée
00:31:26que vous financez
00:31:27reste donc
00:31:28celui demandé
00:31:29par l'OTAN,
00:31:30avec pour ambition
00:31:31de fournir un corps d'armée
00:31:32pour défendre
00:31:32le flanc est de l'Europe
00:31:34en cas de conflit.
00:31:35Ainsi,
00:31:36cette actualisation
00:31:37que vous nous présentez
00:31:38a encore pour trajectoire
00:31:40de financer
00:31:41l'alignement
00:31:41aux Etats-Unis
00:31:42et à l'OTAN
00:31:43plutôt que de financer
00:31:44l'indépendance
00:31:45de notre défense.
00:31:47Nous ferons mieux.
00:31:48Une défense insoumise,
00:31:50c'est une défense souveraine
00:31:51qui investirait massivement
00:31:52dans les nouvelles frontières
00:31:53de l'humanité,
00:31:54là où se situent
00:31:55les conflits contemporains
00:31:56et ceux de demain,
00:31:57comme le spatial,
00:31:58le numérique,
00:31:59le quantique
00:31:59et les fonds marins.
00:32:01C'est une défense
00:32:02pour préparer les guerres
00:32:02d'aujourd'hui et de demain.
00:32:04Une défense insoumise,
00:32:06c'est une défense
00:32:06où le budget
00:32:07et les capacités
00:32:08ne dépendent pas
00:32:09du bon vouloir
00:32:09de la Maison-Blanche.
00:32:10C'est enfin
00:32:11une défense
00:32:12qui permettrait
00:32:13à la France
00:32:13de mettre en place
00:32:15sa sortie de l'OTAN
00:32:15en étant une puissance
00:32:17militaire,
00:32:17technologique,
00:32:18indépendante
00:32:19et pleinement maîtresse
00:32:20de son destin
00:32:20qui se mettrait
00:32:21au service de la paix
00:32:22et de la coopération
00:32:23entre les peuples.
00:32:24Je veux d'abord avoir
00:32:25une pensée
00:32:25comme exprimée
00:32:26par mes collègues
00:32:28préopinants
00:32:28pour nos militaires
00:32:29morts pour la France
00:32:31ces dernières semaines.
00:32:32Je pense au sergent-chef
00:32:33Florian Montorio
00:32:33tué au Liban,
00:32:34également à l'adjudant-chef
00:32:36Arnaud Friand
00:32:37mort en Irak
00:32:38suite à une attaque
00:32:39de drones
00:32:39au début du mois dernier.
00:32:41Et derrière nos débats,
00:32:41il y a leur engagement,
00:32:43leur sacrifice
00:32:43et la redevabilité
00:32:45de la nation.
00:32:46J'adresse une pensée
00:32:47à leurs proches
00:32:48ainsi qu'à nos blessés
00:32:49dont on parle trop peu
00:32:50et que nous devons
00:32:51accompagner,
00:32:52soutenir,
00:32:53là encore,
00:32:53il est question
00:32:54de redevabilité.
00:32:55C'est donc avec
00:32:56une certaine gravité
00:32:57que le groupe socialiste
00:32:58et apparenté
00:32:59aborde ce texte.
00:33:00Oui, la France
00:33:01doit renforcer sa défense
00:33:02dans un monde
00:33:02devenu plus instable,
00:33:04plus dangereux,
00:33:04plus imprévisible.
00:33:05Les menaces sont là.
00:33:07Elles frappent déjà
00:33:07nos alliés
00:33:08aux portes même
00:33:08de l'Europe.
00:33:09Mais notre première surprise
00:33:11quant à cette actualisation
00:33:13porte sur la méthode.
00:33:15Cette actualisation
00:33:16qui ressemble davantage
00:33:17à une série d'ajustements
00:33:19qu'à une véritable
00:33:19révision stratégique
00:33:20aurait dû être
00:33:21un moment de concertation
00:33:22approfondie.
00:33:23Or, les parlementaires
00:33:24n'y ont été associés
00:33:26que très tardivement,
00:33:27presque au moment même
00:33:28où nous auditionnions
00:33:29pour la première fois
00:33:30Madame la Ministre.
00:33:31C'est une faute,
00:33:32car construire le compromis
00:33:33ne se fait pas
00:33:34en convoquant
00:33:35la Concorde
00:33:35à 11h45,
00:33:37en espérant
00:33:37qu'elle soit trouvée
00:33:38à midi Muelca.
00:33:38Les industriels de notre base
00:33:41industrielle et technologique
00:33:43de défense
00:33:44auraient eux aussi
00:33:45dû être davantage interrogés
00:33:47tant leur rôle est central
00:33:49dans la crédibilité
00:33:52de notre effort.
00:33:54Notre deuxième point
00:33:55est simple.
00:33:56L'indépendance stratégique
00:33:57de la France
00:33:57vis-à-vis de notre partenaire
00:33:58américain historique,
00:34:00aujourd'hui incertain,
00:34:01demeure inachevée
00:34:02avec ce texte.
00:34:03Tant nous restons dépendants
00:34:05sur des secteurs critiques,
00:34:06tels que les munitions,
00:34:07certaines capacités spatiales,
00:34:09les drones mâles,
00:34:09les drones tactiques.
00:34:10Nous restons vulnérables.
00:34:12Un récent rapport parlementaire
00:34:13de nos collègues
00:34:14Cormier-Boulijon
00:34:15et Saint-Toul
00:34:16l'a développé
00:34:17de façon assez précise.
00:34:19Donc avons-nous réellement
00:34:21les moyens
00:34:21de notre indépendance stratégique ?
00:34:23C'est une question primordiale
00:34:25au regard du réalignement
00:34:26géopolitique en cours.
00:34:28Troisième point,
00:34:29il y a une désynchronisation
00:34:30préoccupante
00:34:31entre le diagnostic
00:34:32et la réponse apportée.
00:34:33La Revue nationale stratégique
00:34:35évoque un risque majeur
00:34:36en Europe
00:34:37à l'horizon 2030.
00:34:38Le CEMA
00:34:39l'a lui-même rappelé
00:34:40publiquement,
00:34:41y compris devant
00:34:42l'Association des mères de France.
00:34:43Ça a fait
00:34:44beaucoup de bruit.
00:34:45Or,
00:34:45les réponses capacitaires
00:34:46les plus structurantes,
00:34:47elles,
00:34:48sont renvoyées
00:34:48à 2035.
00:34:50En clair,
00:34:50nous identifions
00:34:51le danger plus vite
00:34:52que nous n'adoptons
00:34:53réellement
00:34:53notre outil militaire.
00:34:55Oui,
00:34:56ce texte comporte
00:34:56des avancées,
00:34:57mais plusieurs lacunes
00:34:58demeurent.
00:34:59Pour l'armée de terre,
00:35:00le sous-investissement
00:35:01reste manifeste.
00:35:02Sur les lances-roquettes,
00:35:02nous passerions
00:35:03de 13 à 26 systèmes
00:35:04à l'horizon 2035
00:35:05soient seulement
00:35:0610 à 30 %
00:35:07des besoins
00:35:08d'un corps armé.
00:35:09Sur les munitions,
00:35:10France Munition
00:35:11devra désormais
00:35:12se traduire
00:35:12dans les faits,
00:35:13car les stocks
00:35:14ne progressent pas
00:35:15à la hauteur des besoins.
00:35:16En matière de lutte
00:35:16anti-drone,
00:35:17la vision reste
00:35:18trop fragmentée,
00:35:19avec des questions
00:35:20sur la doctrine
00:35:20de protection
00:35:21du territoire.
00:35:22Nous avons pu évoquer
00:35:23certains enjeux capacitaires,
00:35:24le recul sur l'euro-drone,
00:35:25les annonces faites
00:35:26par votre prédécesseur,
00:35:28aujourd'hui Premier ministre,
00:35:29sur les frégates,
00:35:30les rafales,
00:35:31il y a un peu plus d'un an,
00:35:31qu'on ne retrouve pas
00:35:32dans cette actualisation.
00:35:33On pourrait aussi évoquer,
00:35:35c'est souvent éludé,
00:35:36les besoins de formation,
00:35:37qui sont décisifs
00:35:39et se retrouvent
00:35:39à tous les niveaux.
00:35:40Des avions disponibles
00:35:41pour la formation
00:35:42de nos pilotes
00:35:42à Cognac,
00:35:43au nombre de cartouches
00:35:44mises à disposition
00:35:45pour l'entraînement
00:35:46de nos réservistes.
00:35:47Notre quatrième inquiétude,
00:35:49ça ne vous surprendra pas,
00:35:51porte sur l'aspect
00:35:54insincère de ce budget,
00:35:56car ce texte vient réajuster
00:35:57une programmation
00:35:58sous-financée
00:35:59dès l'origine.
00:36:00Les 36 milliards d'euros
00:36:02additionnels
00:36:02ne dessinent pas
00:36:03un nouveau modèle d'armée,
00:36:04ça a été évoqué,
00:36:05qui demeure contraint
00:36:06et réduit en taille.
00:36:07La multiplicité
00:36:08des priorités affichées
00:36:09sans hiérarchisation claire
00:36:11fait craindre
00:36:11un saupoudrage possible
00:36:13et inadapté
00:36:14aux exigences
00:36:15de la haute intensité.
00:36:16Il y a 10 ans,
00:36:17avec un budget
00:36:17deux fois inférieur,
00:36:19la France était au-dessus
00:36:20de la moyenne européenne.
00:36:21Aujourd'hui,
00:36:22nous sommes dans
00:36:23la moyenne européenne
00:36:24et nos partenaires
00:36:24les plus engagés
00:36:25sont entre 3 et 5 %
00:36:26du PIB.
00:36:27Il faut sortir du discours,
00:36:29parfois un peu
00:36:29auto-satisfait
00:36:30sur l'augmentation budgétaire
00:36:31depuis 2017
00:36:32que nous entendons souvent.
00:36:34Cet effort,
00:36:34il n'est pas propre
00:36:35à la France,
00:36:36il nous est imposé
00:36:36par la marche du monde.
00:36:38D'ailleurs,
00:36:38des ondes d'ombre
00:36:39se sont transformées
00:36:40en déceptions,
00:36:42je pense notamment
00:36:42aux pré-européens
00:36:43via SAFE.
00:36:44Vous l'avez annoncé,
00:36:45Madame la Ministre,
00:36:46ces près de 16 milliards d'euros
00:36:47seront en réalité
00:36:48inclus dans les 36 milliards
00:36:50prévus au total.
00:36:52De plus,
00:36:53le Haut Conseil
00:36:53des finances publiques
00:36:54souligne
00:36:55que les restes à payer
00:36:56augmentent encore,
00:36:57de l'ordre
00:36:57de 40 milliards d'euros
00:36:58sur deux ans
00:36:59pour se stabiliser
00:37:00autour des 140 milliards d'euros.
00:37:02Donc ce test
00:37:03est une ligne de crête
00:37:05et je me permets
00:37:05de conclure
00:37:06qu'il faudra
00:37:08dans cet effort budgétaire
00:37:09être attentif
00:37:10à la façon
00:37:10dont il s'inscrit
00:37:11plus globalement
00:37:11dans le budget.
00:37:12Nous avons la conviction
00:37:13au groupe socialiste
00:37:14qu'il ne peut pas y avoir
00:37:15d'unité nationale
00:37:15sans cohésion sociale
00:37:17et c'est un point
00:37:17sur lequel nous serons
00:37:18très attentifs.
00:37:19Je vous remercie.
00:37:20Au nom de mon groupe,
00:37:22je souhaite aussi
00:37:23rendre hommage
00:37:24au sergent-chef Montorio,
00:37:26décédé samedi dernier
00:37:27au cours d'une embuscade.
00:37:30Il est mort pour la France
00:37:32mais aussi pour le Liban,
00:37:33pays frère,
00:37:34meurtri depuis des décennies
00:37:35par les conflits.
00:37:37Nos pensées vont aussi
00:37:38à ses frères d'armes,
00:37:40blessés,
00:37:40dont deux au moins
00:37:41le sont grièvement,
00:37:42et à tous les sapeurs
00:37:45qui sont particulièrement
00:37:47engagés
00:37:47et avec lesquels
00:37:49j'ai tissé des liens
00:37:50particulièrement étroits
00:37:51avec ma collègue
00:37:51lors du rapport
00:37:52que nous avons eu
00:37:53l'occasion de mener.
00:37:55Alors bien sûr,
00:37:55à l'occasion de ce début
00:37:57de l'examen d'actualisation
00:37:58de la loi de programmation
00:37:59militaire,
00:38:00il convient de ne jamais
00:38:01oublier,
00:38:02et cela a été dit
00:38:02par le rapporteur
00:38:04Jean-Louis Thiriot,
00:38:05que les moyens
00:38:06que nous mettrons
00:38:07pour nos armées
00:38:08le seront
00:38:09au service d'hommes
00:38:10et de femmes
00:38:10qui sont prêts
00:38:11au service
00:38:12et au sacrifice
00:38:12ultime
00:38:13pour notre pays.
00:38:14Le parcours
00:38:15du sergent-chef
00:38:16est un concentré
00:38:17à lui seul
00:38:18de l'engagement
00:38:19total
00:38:20de nos soldats
00:38:21pour défendre
00:38:21notre nation.
00:38:23Alors je tiens
00:38:23à vous remercier,
00:38:25messieurs les rapporteurs,
00:38:26pour le travail intense
00:38:27que vous avez fourni
00:38:28dans un délai
00:38:29particulièrement contraint
00:38:31et donc des conditions
00:38:32de travail
00:38:33fort peu satisfaisantes.
00:38:36Ne nous payons pas
00:38:37de mots.
00:38:38Ce n'est pas
00:38:38une loi historique,
00:38:40c'est une loi raisonnable.
00:38:41Pouvons-nous vraiment
00:38:42nous en satisfaire ?
00:38:44Dans notre rapport
00:38:45d'information
00:38:45sur la préparation
00:38:46à la haute intensité,
00:38:48nous avions chiffré
00:38:49les manques
00:38:49en ce domaine
00:38:50à 40 milliards
00:38:51et ce trou
00:38:52n'est pas comblé
00:38:53car on doit faire face
00:38:54aux nouveaux champs
00:38:54de conflictualité,
00:38:56le spatial,
00:38:57le cyber
00:38:58et les grands fonds,
00:38:59que nous n'avions alors
00:39:00étudié qu'à la marge.
00:39:03Notre rapporteur,
00:39:04Jean-Louis Thiriot,
00:39:05reconnaîtra certainement
00:39:06ces mots prononcés
00:39:07dans l'hémicycle
00:39:08en mai 2023
00:39:09lors de la discussion générale.
00:39:11Trois ans plus tard,
00:39:13avec un an d'avance
00:39:14par rapport
00:39:14au calendrier fixé,
00:39:16ce n'est pas tout à fait
00:39:1740 milliards
00:39:18mais 36 milliards
00:39:19d'ici à 2030
00:39:20avec des surmarches
00:39:22rajoutées aux marches prévues.
00:39:24Pour atteindre
00:39:25436 milliards
00:39:26contre 400 milliards
00:39:27initialement prévus,
00:39:28soit en réalité
00:39:29le montant
00:39:30que les députés
00:39:31du groupe
00:39:31la droite républicaine
00:39:32avaient réclamé
00:39:33dès 2023.
00:39:35Alors bien sûr,
00:39:36nous saluons
00:39:37certaines avancées,
00:39:38nous nous en satisfaisons,
00:39:40une ambition
00:39:42est importante
00:39:43mais elle ne doit pas
00:39:44non plus rester
00:39:45au milieu du guet
00:39:46face à des ruptures
00:39:47capacitaires
00:39:48et des besoins
00:39:49opérationnels
00:39:50criants,
00:39:51notamment,
00:39:51notamment pour le génie.
00:39:53Le génie
00:39:54qui ne dispose pas
00:39:55de l'ensemble
00:39:55des moyens requis
00:39:56pour un engagement
00:39:57de haute intensité,
00:39:58en particulier
00:39:59dans les domaines
00:40:00du franchissement,
00:40:01de l'ouverture
00:40:02d'itinéraires,
00:40:03du bréchage,
00:40:05du minage,
00:40:05du déminage.
00:40:07Ces ruptures capacitaires
00:40:08que j'ai eu l'occasion
00:40:09de souligner
00:40:09avec ma collègue
00:40:10résultent de parcs
00:40:11insuffisants
00:40:12et de matériel vieillissant,
00:40:14voire de capacités
00:40:15abandonnées
00:40:16auxquelles s'ajoutent
00:40:16des difficultés
00:40:17de maintien
00:40:17en conditions opérationnelles.
00:40:19Le projet d'actualisation
00:40:21prend acte
00:40:21de l'urgence
00:40:22de renouveler
00:40:22nos capacités
00:40:23de bréchage
00:40:24avec la livraison
00:40:25dès 2026
00:40:26des premiers
00:40:27EMBZ
00:40:28ainsi que
00:40:29de l'arrivée
00:40:30du programme
00:40:30Sabre
00:40:31pour remplacer
00:40:31un système
00:40:32de déminage
00:40:33pyrotechnique
00:40:33aujourd'hui
00:40:34à bout de souffle.
00:40:35A l'horizon 2030,
00:40:37ce sont 21 systèmes
00:40:39de chaque type
00:40:39qui viendront
00:40:39renforcer
00:40:40nos régiments.
00:40:42De même,
00:40:42l'effort consenti
00:40:43pour la défense
00:40:44NRBC
00:40:45est un signal important.
00:40:47En commandant
00:40:47des systèmes
00:40:48de reconnaissance
00:40:49et de décontamination
00:40:50supplémentaires
00:40:50pour remplacer
00:40:52nos vieux VAB
00:40:52et nos VLRA,
00:40:54nous répondons
00:40:55enfin
00:40:55à une inquiétude légitime
00:40:57sur le vieillissement
00:40:58de ces capacités critiques.
00:41:00Pourtant,
00:41:01le compte n'y est pas
00:41:02sur des segments
00:41:03essentiels
00:41:04à la mobilité
00:41:04de nos forces.
00:41:06Le programme
00:41:06CIFRAL,
00:41:07destiné au franchissement
00:41:09des coupures humides,
00:41:10stagne.
00:41:11Maintenir une cible
00:41:12de 300 mètres
00:41:13en 2030,
00:41:14c'est se contenter
00:41:16de nos capacités
00:41:17actuelles,
00:41:17alors que notre rapport
00:41:18d'information
00:41:19souligne
00:41:19l'impérieuse nécessité
00:41:21de permettre
00:41:21le passage rapide
00:41:22de ces coupures.
00:41:23Il est impératif
00:41:24que nous portions
00:41:25cette cible
00:41:25à 1 000 mètres
00:41:26dès 2030
00:41:27et à 3 000
00:41:28en 2035
00:41:29et de prévoir
00:41:31aussi que dès maintenant
00:41:32le remplacement
00:41:32des EFA
00:41:34pour garantir
00:41:35la mobilité
00:41:35sous le feu.
00:41:36Le GC subit
00:41:38lui aussi
00:41:38les aléas
00:41:38d'un report
00:41:39préoccupant.
00:41:40Alors que le besoin
00:41:41est évalué
00:41:41à 170 systèmes,
00:41:43l'actualisation
00:41:44décale l'objectif
00:41:45à 125 unités
00:41:46en 2036.
00:41:48Nous devons
00:41:48revenir à la cible
00:41:49initiale de 170
00:41:51en jeun
00:41:51d'ici 2035
00:41:52pour ne pas fragiliser
00:41:53la manœuvre
00:41:54inter-âme.
00:41:55Enfin,
00:41:55le retour d'expérience
00:41:56des conflits
00:41:56est formel.
00:41:57Le minage
00:41:58de zones automatisées
00:41:59est une capacité
00:42:00de dissuasion
00:42:01et de défense
00:42:02majeure.
00:42:02Or,
00:42:03l'actualisation
00:42:03reste muette
00:42:04sur ce point
00:42:05alors que nous devons
00:42:06combler cette rupture
00:42:07capacitaire
00:42:08et acquérir
00:42:09une dizaine
00:42:09de systèmes
00:42:10disperseurs
00:42:11de mines
00:42:11anti-chars
00:42:12d'ici 2030.
00:42:13De même,
00:42:14nous devons
00:42:14recompléter
00:42:15d'urgence
00:42:16nos stocks
00:42:17de mines
00:42:17anti-chars.
00:42:18La modernisation
00:42:19de l'armée
00:42:20terre ne peut se faire
00:42:20au détriment
00:42:21du génie.
00:42:22Sans mobilité,
00:42:23sans protection
00:42:23contre les mines,
00:42:24sans capacité
00:42:24de franchissement
00:42:25à la hauteur,
00:42:26nos forces
00:42:26les plus modernes
00:42:27resteront figées.
00:42:28Avec mon groupe,
00:42:29je rends hommage
00:42:30et salue
00:42:31la mémoire
00:42:31du sergent-chef
00:42:32Florian Montouriau
00:42:33engagé au sein
00:42:34de la Finule
00:42:34et adresse
00:42:35mes sincères condoléances
00:42:37à ses frères d'armes,
00:42:38sa famille
00:42:39et ses proches.
00:42:40L'examen
00:42:41de l'actualisation
00:42:42de la LPM
00:42:422024-2030
00:42:44est l'occasion
00:42:45d'exprimer
00:42:45les réserves
00:42:46du groupe
00:42:46écologiste
00:42:47et social
00:42:48à la fois
00:42:48sur la méthode
00:42:49et sur le fond
00:42:49du texte.
00:42:50Tout d'abord,
00:42:51dire le regret
00:42:52pour les conditions
00:42:53dans lesquelles
00:42:54ce texte
00:42:54nous a été soumis.
00:42:56Calendrier contraint,
00:42:57accès tardif
00:42:58au projet,
00:42:58concertation
00:42:59insuffisante.
00:43:01Nous posons également
00:43:02la question essentielle
00:43:03des moyens,
00:43:03d'autant plus
00:43:04que le gouvernement
00:43:05vient d'annoncer
00:43:05un gel
00:43:06de 6 milliards
00:43:07d'euros
00:43:07de dépenses
00:43:08pour tenir
00:43:08le budget
00:43:092026.
00:43:10La Cour des comptes
00:43:11et le Haut Conseil
00:43:12des finances publiques
00:43:13ont émis
00:43:13des réserves
00:43:14sur les faibles
00:43:14marges
00:43:15de manœuvres budgétaires
00:43:16dues au report
00:43:17de charges élevées
00:43:18et une forte augmentation
00:43:19et une forte hausse
00:43:20des engagements futurs
00:43:22avec des restes
00:43:23à payer
00:43:23passant de 60
00:43:24à 140 milliards
00:43:25d'euros.
00:43:26L'effort financier
00:43:28demandé
00:43:28pour notre défense
00:43:29risque de peser
00:43:30durablement
00:43:31sur notre capacité
00:43:32à investir
00:43:33dans d'autres priorités,
00:43:35la transition écologique,
00:43:36la santé,
00:43:37la protection sociale.
00:43:39Dans ce contexte,
00:43:40la question
00:43:40d'une contribution
00:43:41accrue
00:43:42des plus hauts revenus
00:43:43et des acteurs
00:43:44ayant bénéficié
00:43:44des crises récentes
00:43:46doit être clairement
00:43:47reposée.
00:43:48De plus,
00:43:49l'augmentation
00:43:50des crédits
00:43:50de la défense
00:43:51ne doit pas servir
00:43:51de prétexte
00:43:52d'affaiblir
00:43:53notre démocratie.
00:43:55Plusieurs dispositions
00:43:56du texte
00:43:56nous inquiètent fortement.
00:43:58La fragilisation
00:43:59des garanties
00:43:59environnementales,
00:44:01le recours
00:44:01à des dispositifs
00:44:02de surveillance
00:44:03algorithmique
00:44:04ou encore
00:44:05la création
00:44:05d'un état d'alerte
00:44:06de sécurité nationale
00:44:07au contour flou.
00:44:09Ceci dit,
00:44:10nous partageons
00:44:11le constat
00:44:12que notre défense
00:44:12nationale doit être
00:44:13renforcée face
00:44:14aux menaces réelles
00:44:15que nous vivons déjà
00:44:16sur notre territoire.
00:44:18La Russie a l'objectif
00:44:20de déstabiliser l'Europe,
00:44:21notamment par les attaques
00:44:22hybrides répétées.
00:44:24Un conflit
00:44:24de haute intensité
00:44:25est un scénario
00:44:26à prendre en sérieux
00:44:27et annoncé à maintes reprises
00:44:29par les autorités militaires.
00:44:31Les États-Unis
00:44:32et Israël
00:44:32déstabilisent
00:44:33la sécurité
00:44:34au Moyen-Orient
00:44:35et ont généré
00:44:36une crise énergétique
00:44:37par leur agression militaire
00:44:38totalement injustifiable.
00:44:40Cela révèle
00:44:41encore une fois
00:44:42notre dépendance
00:44:43structurelle
00:44:44aux hydrocarbures.
00:44:45De plus,
00:44:47le changement climatique
00:44:47contribue au conflit
00:44:48autour de l'accès
00:44:49aux ressources
00:44:50comme l'eau
00:44:50et les terres arables.
00:44:52Face à cette situation
00:44:54géopolitique,
00:44:56démocratique,
00:44:56sociale et climatique,
00:44:57notre modèle d'armée
00:44:58a besoin d'être transformé.
00:45:01Constatons que
00:45:01la dissuasion nucléaire
00:45:03est profondément
00:45:03remise en cause
00:45:05par des stratégies
00:45:06de contournement
00:45:07par le bas.
00:45:08Nous ne concevons pas
00:45:10de dissuasion efficace
00:45:11sans le concours
00:45:12de forces conventionnelles
00:45:13et des moyens
00:45:14pour faire face
00:45:15à un conflit hybride
00:45:16étendu,
00:45:17ce qui ne peut se faire
00:45:18sans Europe.
00:45:19Par ailleurs,
00:45:20la reconfiguration
00:45:21de notre présence militaire
00:45:22en Afrique
00:45:23est l'occasion
00:45:23de rompre
00:45:24avec un modèle
00:45:25expéditionnaire éculé.
00:45:27La France doit s'employer
00:45:28à repenser
00:45:29la projection
00:45:30de ses forces
00:45:30dans un monde
00:45:31à plus de 4 degrés
00:45:32avec pour seule boussole,
00:45:33la protection
00:45:34des populations,
00:45:35notamment dans les territoires
00:45:36ultramarins.
00:45:37Enfin,
00:45:38nous continuons
00:45:39à défendre
00:45:39que les États-Unis
00:45:40ne sont pas
00:45:41les garants
00:45:41de la sécurité européenne.
00:45:45Depuis les années 80,
00:45:47nous promouvons
00:45:47que les Européens
00:45:48doivent prendre en main
00:45:49leur propre défense.
00:45:51Dans ce contexte,
00:45:52la France doit assumer
00:45:53un pivot stratégique
00:45:54vers l'Europe
00:45:55dont elle peut assurer
00:45:56la profondeur stratégique
00:45:57tout en conservant
00:45:58une certaine capacité
00:45:59de projection.
00:46:01Nous défendons
00:46:01donc un modèle d'armée
00:46:02qui repose sur un renforcement
00:46:04des moyens
00:46:04selon quatre axes.
00:46:06Coopération européenne
00:46:07dans les domaines stratégiques,
00:46:08système d'alerte avancée,
00:46:09notamment spatial,
00:46:11avion de combat,
00:46:12charles,
00:46:12artillerie numérique.
00:46:14Deuxièmement,
00:46:15l'armée de terre,
00:46:16génie,
00:46:17artillerie
00:46:17avec augmentation budgétaire
00:46:19pour la réserve opérationnelle
00:46:20avec un plancher
00:46:21d'un milliard d'euros,
00:46:21lui étant consacré
00:46:22à partir de 2027,
00:46:24mise sur pied
00:46:25d'une troisième division
00:46:26reposant majoritairement
00:46:27sur les réservistes,
00:46:29appui à la mobilité,
00:46:30système de franchissement,
00:46:31disperseur de mines anti-chars,
00:46:33frappe dans l'en profondeur
00:46:34pour objectif 48 LRU,
00:46:37étude pour la création
00:46:38de nouveaux régimes d'artillerie.
00:46:40Concernant la marine,
00:46:4118 frégates de premier rang,
00:46:43étude pour anticiper
00:46:44le prochain format des FDI.
00:46:47Quatrième axe,
00:46:47faire face au conflit hybride,
00:46:49développement et acquisition
00:46:50de systèmes d'interception
00:46:51basés sur des effecteurs
00:46:52défensifs à baco
00:46:53et usage de masse.
00:46:55Fin de nos dépendances
00:46:56aux logiciels américains
00:46:57de type Palantir.
00:46:58En conclusion,
00:46:59nous saluons la prise
00:47:00de conscience des troupes
00:47:01capacitaires dans nos armées,
00:47:02mais il est nécessaire
00:47:03de transformer le modèle.
00:47:05La réponse ne peut être
00:47:07uniquement militaire.
00:47:08Nous promouvons
00:47:09une approche globale
00:47:10de la sécurité
00:47:10qui intègre la diplomatie,
00:47:12la maîtrise de nos dépendances
00:47:14et la lutte
00:47:14contre le changement climatique.
00:47:16Notre groupe appelle
00:47:17donc le gouvernement
00:47:18à modifier ce texte
00:47:19pour permettre la construction
00:47:20d'un large consensus
00:47:21autour d'un effort
00:47:23de défense nécessaire
00:47:24reposant sur des exigences
00:47:25démocratiques, écologiques
00:47:27et sociales,
00:47:28conditions permettant
00:47:29l'adhésion du pays
00:47:31dans cet engagement.
00:47:32Je vous remercie.
00:47:33Comme mes collègues précédents,
00:47:35bien évidemment,
00:47:36je ne peux que rendre hommage
00:47:38avec mon groupe,
00:47:39un hommage appuyé
00:47:40au sergent-chef
00:47:41Florian Montorio
00:47:43et à ses frères d'armes.
00:47:44Après avoir dépassé
00:47:467,5% du PIB
00:47:49dans les années 50,
00:47:51l'effort de défense
00:47:52de la France
00:47:53s'est lentement érodé
00:47:54pendant des décennies
00:47:55jusqu'à atteindre
00:47:56un point bas historique
00:47:58en 2012,
00:47:591,87% du PIB.
00:48:01Puis en 2017,
00:48:03un choix clair a été fait,
00:48:04celui de porter
00:48:05un regard lucide
00:48:06sur les menaces nouvelles
00:48:08et donc celui
00:48:09de la réparation
00:48:10puis du réarmement
00:48:12en 2024.
00:48:13En 8 ans,
00:48:14notre pays a redonné
00:48:15des moyens à ses armées
00:48:16portant le budget
00:48:18de 32,3%
00:48:21à...
00:48:21Pardon,
00:48:22de 32, merci.
00:48:24de 32,3 milliards
00:48:26à 57,1 milliards d'euros.
00:48:29Résultat,
00:48:29dès 2025,
00:48:31nous atteignons
00:48:31et même dépassons
00:48:32l'objectif
00:48:33des 2% du PIB.
00:48:35Oui,
00:48:36cet objectif est atteint,
00:48:38mais ce n'est qu'un début.
00:48:39La loi de programmation
00:48:40militaire 2019-2025
00:48:43a permis de réparer
00:48:44ce qui avait été fragilisé
00:48:45par des années
00:48:46de sous-investissement.
00:48:48Celle pour les années
00:48:492024-2030
00:48:51que nous actualisons
00:48:52aujourd'hui
00:48:52va plus loin.
00:48:53Elle va plus loin
00:48:54parce que les crises
00:48:55ne se succèdent plus
00:48:56comme avant,
00:48:57elles se cumulent.
00:48:58De surcroît,
00:48:59la loi du plus fort
00:49:00menace le droit international.
00:49:02Or,
00:49:03notre pays,
00:49:04au sein de l'Europe,
00:49:05doit rester un pilier
00:49:06de défense
00:49:06fiable et crédible.
00:49:08La création
00:49:09du commandement
00:49:10du futur
00:49:10n'est pas neutre
00:49:11dans ce contexte.
00:49:12Il suscite d'ailleurs
00:49:14de plus en plus
00:49:14d'intérêts
00:49:15chez nos voisins
00:49:16et alliés.
00:49:17Pour la période
00:49:182024-2030,
00:49:20je le redis,
00:49:20oui,
00:49:21nous avons besoin
00:49:21d'aller plus loin encore.
00:49:23Avec 36 milliards
00:49:24d'euros supplémentaires,
00:49:25nous portons notre ambition
00:49:27à 76,3 milliards d'euros,
00:49:30soit 2,5% du PIB.
00:49:32Nous rejoignons ainsi
00:49:33nombre de nos voisins
00:49:34européens
00:49:35et de nos alliés
00:49:36de l'OTAN.
00:49:37En moins de 15 ans,
00:49:38le budget de nos armées
00:49:39aura pu que doubler.
00:49:41Face à un contexte international
00:49:43qui continue de se dégrader,
00:49:45ce n'est pas un luxe,
00:49:46c'est un devoir.
00:49:47Un devoir envers nos soldats,
00:49:49qui s'engage chaque jour
00:49:50pour notre sécurité,
00:49:52un devoir envers les Français
00:49:53dans un monde devenu
00:49:55plus instable,
00:49:56plus dangereux.
00:49:57Comme l'a rappelé
00:49:58le chef d'état-major
00:49:59la semaine dernière
00:50:00en audition,
00:50:01la perspective
00:50:01d'un engagement
00:50:02de haute intensité,
00:50:04y compris face à la Russie,
00:50:05n'est plus simplement théorique.
00:50:08En face et face
00:50:10à ce qui est
00:50:11une hypothèse crédible,
00:50:12une chose est certaine,
00:50:13la France doit être prête.
00:50:15Les deux volets
00:50:16de cette LPM actualisée,
00:50:17programmatifs et normatifs,
00:50:19permettent de dégager
00:50:21des leviers structurants,
00:50:22des leviers pour notre industrie
00:50:24qui doit produire
00:50:25plus et plus vite,
00:50:27des leviers pour notre chaîne
00:50:28de valeur
00:50:29qui doit gagner en agilité,
00:50:31des leviers pour notre pays
00:50:32tout entier
00:50:33qui doit devenir
00:50:34plus réactif,
00:50:35plus résilient.
00:50:36Car être prêt,
00:50:37ce n'est pas seulement
00:50:38une question de budget,
00:50:39c'est une question de tempo,
00:50:41de capacité à monter
00:50:42en puissance
00:50:43et de volonté collective.
00:50:45La France a fait le choix
00:50:46du réarmement.
00:50:47Aujourd'hui,
00:50:48donnons-lui les moyens
00:50:49de tenir ce cap.
00:50:50Madame la ministre,
00:50:51ce cap,
00:50:52le groupe des démocrates
00:50:53le soutient.
00:50:54Soyez assurés
00:50:55que nous serons au rendez-vous
00:50:56que vous nous proposez
00:50:58avec ce texte.
00:50:59Nous saluons ainsi
00:51:01les nombreuses avancées concrètes
00:51:02telles que l'élargissement
00:51:04de la constitution
00:51:04de stocks stratégiques
00:51:06et de la priorisation
00:51:08de la commande publique
00:51:09aux industriels
00:51:10hors secteur de la défense
00:51:11et aux opérateurs
00:51:13d'importance vitale.
00:51:14L'extension du périmètre
00:51:16des entreprises soumises
00:51:17au contrôle des coûts
00:51:18revient dans le cadre
00:51:20des marchés de défense
00:51:21et de sécurité.
00:51:22La modernisation
00:51:23du cadre de ces marchés
00:51:25de défense
00:51:25et de sécurité,
00:51:26nous saluons ainsi
00:51:28une attente ancienne
00:51:29des industriels
00:51:30simplifiés,
00:51:31accélérés,
00:51:32levés les blocages
00:51:33administratifs.
00:51:35Mais être au rendez-vous
00:51:36de l'histoire,
00:51:37c'est aussi parfois questionné.
00:51:39Nous comprenons
00:51:40votre volonté
00:51:41de créer un nouvel état
00:51:42d'alerte de sécurité nationale.
00:51:44Plus encore,
00:51:45nous en comprenons
00:51:46l'objectif.
00:51:47On ne peut être plus clair.
00:51:48Agir vite,
00:51:49agir fort
00:51:50et dans des circonstances
00:51:51exceptionnelles.
00:51:52Nous souhaiterions
00:51:53toutefois mieux
00:51:54en comprendre
00:51:54le fonctionnement
00:51:55et le cadre.
00:51:56Quelle garantie
00:51:57dans la mise en œuvre,
00:51:58notamment dans la remise
00:52:00en état ?
00:52:00Si l'autorisation
00:52:01d'installation
00:52:02est valable
00:52:03deux ans
00:52:04au bout desquels
00:52:04il y a une obligation
00:52:05de remise en état
00:52:06dans les six mois,
00:52:07quelles sont les sanctions
00:52:08en cas de non-respect
00:52:10de cette obligation ?
00:52:11Quelle proportionnalité
00:52:13dans les dérogations,
00:52:14notamment en matière
00:52:15d'urbanisme
00:52:16et d'environnement ?
00:52:17La dispense
00:52:18d'évaluation environnementale
00:52:20sera-t-elle graduée
00:52:21au niveau
00:52:22de la menace ?
00:52:23Sans remettre
00:52:24en cause
00:52:25l'esprit de ce texte,
00:52:26nos questions
00:52:27viennent,
00:52:27visent en sécurité
00:52:29l'application
00:52:29et en garantir
00:52:30la légitimité.
00:52:31Malgré ces interrogations
00:52:33auxquelles je suis sûr
00:52:34que le gouvernement
00:52:35pourra apporter
00:52:36des réponses,
00:52:36une conviction
00:52:37demeure,
00:52:38nous devons avancer
00:52:39pour nos armées,
00:52:40pour notre souveraineté,
00:52:42pour la sécurité
00:52:43des Français.
00:52:43C'est pourquoi
00:52:44le groupe des démocrates
00:52:45votera ce texte.
00:52:47Je vous remercie.
00:52:47Le groupe Horizon
00:52:48et indépendants
00:52:49rend hommage
00:52:50au sergent-chef
00:52:51Florian Montorio
00:52:52et adresse ses pensées
00:52:54à sa famille,
00:52:54ses proches
00:52:55et ses frères d'armes.
00:52:57Madame la ministre,
00:52:58mes chers collègues,
00:52:59la revue nationale stratégique
00:53:00actualisée en juillet dernier
00:53:02dresse un constat
00:53:03que nul ne peut éluder.
00:53:05Nous vivons dans un monde
00:53:06qui a franchi
00:53:07un point de bascule.
00:53:08La Russie poursuit son offensif
00:53:10tout en réussissant
00:53:11à réarmer massivement.
00:53:13La Chine durcit sa posture
00:53:15en Asie pacifique
00:53:16tout en soutenant
00:53:17l'effort de guerre
00:53:18de Moscou.
00:53:19Les conflits se multiplient
00:53:20du Moyen-Orient
00:53:21à l'Afrique subsaharienne.
00:53:23Les stratégies hybrides,
00:53:25cyberattaques,
00:53:26désinformation,
00:53:27sabotages
00:53:28frappent nos démocraties
00:53:30avec une intensité inédite.
00:53:32Et pour la première fois
00:53:33depuis la fin
00:53:34de la guerre froide,
00:53:35notre revue stratégique
00:53:37envisage explicitement
00:53:38le scénario
00:53:39d'une guerre majeure
00:53:40de haute intensité
00:53:41impliquant la France
00:53:43et ses alliés européens
00:53:44à l'horizon 2030.
00:53:46Et à cela s'ajoute
00:53:48une rupture
00:53:48dans la relation transatlantique.
00:53:50Les Etats-Unis
00:53:51priorisent leur territoire
00:53:53et la compétition
00:53:54avec la Chine.
00:53:55L'hypothèse
00:53:56d'un retrait significatif
00:53:57de leur capacité
00:53:58de notre continent
00:53:59n'est plus théorique.
00:54:01Les Européens
00:54:02doivent prendre
00:54:03leurs responsabilités.
00:54:05La France,
00:54:06nation cadre,
00:54:07puissance nucléaire,
00:54:08membres permanents
00:54:09du Conseil de sécurité
00:54:10a un rôle singulier
00:54:12à jouer
00:54:12dans ce réveil stratégique.
00:54:14Dans ce contexte,
00:54:16l'immobilisme
00:54:17serait la pierre
00:54:18des imprudences
00:54:19et le gouvernement
00:54:20a fait le choix
00:54:21de l'action.
00:54:21Le groupe Horizon
00:54:23et Indépendant
00:54:23y souscrit pleinement.
00:54:25Ce texte
00:54:26d'actualisation
00:54:27de la loi
00:54:27de programmation militaire
00:54:29c'est ainsi
00:54:30un nouvel effort
00:54:31de la nation.
00:54:32Il mobilise
00:54:3336 milliards d'euros
00:54:34supplémentaires
00:54:35sur la période
00:54:352026-2030
00:54:37portant notre effort
00:54:38collectif de défense
00:54:40à 2,5%
00:54:41du PIB
00:54:42en 2030.
00:54:44Et surtout,
00:54:45les ressources supplémentaires
00:54:46ne sont pas dispersées.
00:54:47Elles sont ciblées
00:54:48sur ce que les théâtres
00:54:50de l'Ukraine
00:54:50et du Moyen-Orient
00:54:52ont mis en lumière.
00:54:54Des efforts particuliers
00:54:55seront ainsi mis
00:54:56sur les munitions
00:54:57et les drones.
00:54:59Et on notera aussi
00:55:00les efforts
00:55:00pour la défense
00:55:01surface-air,
00:55:03les frappes
00:55:03dans la profondeur
00:55:04et le rehaussement
00:55:05de notre arsenal nucléaire,
00:55:07clé de voûte
00:55:08indiscutable
00:55:09de notre politique
00:55:10de défense.
00:55:11Mais ce texte
00:55:12va effectivement
00:55:13au-delà
00:55:13d'une loi,
00:55:14d'une simple programmation
00:55:16de financement
00:55:17et de crédit
00:55:17supplémentaires.
00:55:18Il adapte aussi
00:55:19notre cadre juridique
00:55:20face aux exigences
00:55:22du temps présent.
00:55:23La création
00:55:24d'un état d'alerte
00:55:25de sécurité nationale
00:55:26est peut-être
00:55:27l'innovation
00:55:28la plus structurante
00:55:29du projet.
00:55:30Ce nouveau régime
00:55:31offre au pouvoir public
00:55:32des leviers
00:55:33proportionnés.
00:55:35Simplification
00:55:35des procédures
00:55:36environnementales,
00:55:37priorisation
00:55:38de la commande publique,
00:55:40adaptation
00:55:40des normes
00:55:41réglementaires.
00:55:42Le tout
00:55:42pour répondre
00:55:43à une menace
00:55:44grave
00:55:45sans basculer
00:55:46d'emblée
00:55:46dans les régimes
00:55:47d'exception
00:55:48les plus lourds.
00:55:49Se priver
00:55:50de cet outil
00:55:51se serait condamner
00:55:52l'Etat
00:55:52à légiférer
00:55:53dans l'urgence
00:55:53sous la pression
00:55:55dans un contexte
00:55:56de tension
00:55:56que nos adversaires
00:55:57ne manqueraient pas
00:55:58d'exploiter.
00:55:59L'élargissement
00:56:00de la lutte
00:56:01anti-drone
00:56:02aux opérateurs
00:56:03d'importance vitale
00:56:04répond tout autant
00:56:05à une réalité concrète.
00:56:07Les survols
00:56:08indésirables
00:56:09se sont multipliés
00:56:09au-dessus
00:56:10d'installations
00:56:11sensibles.
00:56:11Il est impératif
00:56:13de donner aux opérateurs
00:56:14les moyens légaux
00:56:15de se protéger.
00:56:16Et je veux aussi
00:56:18saluer
00:56:18les dispositions
00:56:19relatives
00:56:19à la mobilisation
00:56:20des forces vives
00:56:21de la nation.
00:56:22Le nouveau service
00:56:23national militaire
00:56:24fondé sur le volontariat,
00:56:26la transformation
00:56:27de la journée
00:56:28défense
00:56:28et citoyenneté
00:56:29en journée
00:56:29de mobilisation
00:56:30ou encore
00:56:31le renforcement
00:56:32de la réserve
00:56:33de sécurité nationale.
00:56:35Dans un environnement
00:56:36aussi dégradé,
00:56:37la défense
00:56:37ne peut plus être
00:56:39l'affaire
00:56:39de nos seules
00:56:40forces armées.
00:56:42Elle doit redevenir
00:56:43l'affaire
00:56:44de la nation
00:56:45tout entière.
00:56:46Enfin,
00:56:47notre vigilance
00:56:47devra s'exercer
00:56:48sur un point
00:56:49tout au long
00:56:49de l'examen
00:56:50de ce texte
00:56:51et de son exécution,
00:56:52les ressources humaines.
00:56:54La trajectoire
00:56:55révisée
00:56:55prévoit
00:56:579550 équivalents
00:56:58de temps plein
00:56:59supplémentaires
00:57:00pour nos forces
00:57:01d'ici 2030.
00:57:02Cela est nécessaire.
00:57:04Mais les crédits
00:57:05ne font pas
00:57:05les soldats.
00:57:06Le recrutement,
00:57:08la fidélisation,
00:57:09les conditions
00:57:10de vie
00:57:10et de logement
00:57:10des militaires
00:57:11et de leurs familles
00:57:12sont des enjeux
00:57:13qui conditionnent
00:57:14la capacité opérationnelle
00:57:15réelle de nos armées.
00:57:17Nous y veillerons.
00:57:18Pour toutes ces raisons,
00:57:20M. le Président,
00:57:21Mme la Ministre,
00:57:21mes chers collègues,
00:57:22le groupe Horizon
00:57:23et Indépendant
00:57:25votera avec conviction
00:57:27en faveur
00:57:27de ce texte de loi.
00:57:28Il est à la hauteur
00:57:30de ce que la situation
00:57:31exige.
00:57:32Je vous remercie.
00:57:33Naturellement,
00:57:34au nom du groupe
00:57:34Liotte,
00:57:35je tiens à m'associer
00:57:36aux hommages
00:57:36qui sont faits
00:57:38au sergent-chef
00:57:39Florian Montorio,
00:57:40mort pour la France
00:57:41et une pensée
00:57:41particulière
00:57:42pour sa famille
00:57:43durement éprouvée.
00:57:45Cette actualisation
00:57:46de notre programmation
00:57:47militaire était une nécessité.
00:57:49Le monde
00:57:49dans lequel nous vivons
00:57:50s'est durci.
00:57:51Les conflits
00:57:52à haute intensité
00:57:54ne sont plus
00:57:54des hypothèses
00:57:55et la sécurité
00:57:55de l'Europe
00:57:56est à nouveau menacée.
00:57:57Face à ce contexte,
00:57:59la hausse des moyens
00:58:00est là,
00:58:01avec tout de même
00:58:01une rallonge
00:58:02de 36 milliards d'euros.
00:58:03Dans la période
00:58:04budgétaire actuelle,
00:58:05ce n'est pas rien.
00:58:06Cette actualisation
00:58:07a aussi le mérite
00:58:08de tirer certaines
00:58:09des leçons
00:58:09de la Revue Nationale
00:58:10Stratégique.
00:58:11Il y a un véritable effort
00:58:13consacré
00:58:13aux stocks
00:58:14de munitions,
00:58:15à la préparation
00:58:16opérationnelle,
00:58:17mais aussi
00:58:18aux drones,
00:58:18ce qui correspond
00:58:19à la réalité
00:58:19des conflits contemporains.
00:58:21Pourtant,
00:58:22et c'est peut-être
00:58:23là tout le paradoxe
00:58:24de ce texte,
00:58:25cette annonce
00:58:26d'un effort
00:58:26cumulé
00:58:27de 436 milliards
00:58:28à horizon 2030
00:58:30n'a pas été
00:58:31le message fort
00:58:32attendu
00:58:33pour nos armées.
00:58:34Elle a plutôt
00:58:34été un signal
00:58:35brouillé,
00:58:36un signal brouillé
00:58:37car on ressent
00:58:38tout de suite
00:58:39les nombreux obstacles
00:58:40qui se dressent
00:58:40devant le gouvernement,
00:58:41un contexte
00:58:42budgétaire incertain,
00:58:44le retour
00:58:44de l'inflation
00:58:45et une fin
00:58:46de second mandat
00:58:47présidentiel
00:58:48désolante.
00:58:49Tout cela fait
00:58:50que ce projet
00:58:50de loi,
00:58:51en dépit
00:58:51des efforts
00:58:52louables
00:58:53qu'il porte,
00:58:53suscite,
00:58:54disons-le clairement,
00:58:55une certaine frustration.
00:58:57Malgré l'augmentation
00:58:58des crédits,
00:58:59les grands équilibres
00:59:00du format
00:59:01de nos armées
00:59:01restent insongés.
00:59:03Autrement dit,
00:59:03nous investissons
00:59:04davantage,
00:59:05mais sans transformer
00:59:05notre modèle militaire.
00:59:06Dans un environnement
00:59:08stratégique qui évolue
00:59:09vite,
00:59:10cette prudence
00:59:10peut se comprendre,
00:59:12elle mérite toutefois
00:59:13d'être interrogée.
00:59:14Je voudrais insister
00:59:15sur deux lacunes
00:59:17regrettables
00:59:18de ce texte.
00:59:19D'abord,
00:59:20nous ne pouvons pas
00:59:20ignorer la dimension
00:59:21humaine.
00:59:22Or,
00:59:23cette actualisation
00:59:23reste trop silencieuse
00:59:25sur les effectifs,
00:59:26sur l'attractivité
00:59:27et sur la fidélisation.
00:59:28Je trouve d'ailleurs
00:59:29regrettable que le Conseil
00:59:30d'État
00:59:31ait à rappeler
00:59:31à l'ordre
00:59:32le gouvernement
00:59:32sur l'absence
00:59:33de cette dimension humaine
00:59:34dans sa programmation.
00:59:36comme si le ministère
00:59:37des Armées
00:59:38avait oublié
00:59:38ceux qui servent
00:59:39notre pays.
00:59:40Notre groupe
00:59:41portera donc
00:59:41des amendements
00:59:42pour réaffirmer
00:59:43les efforts
00:59:44en matière
00:59:44de hausse
00:59:45des effectifs.
00:59:46L'efficacité
00:59:47de nos armées
00:59:47passe aussi
00:59:48par des conditions
00:59:48de logement
00:59:49et de vie
00:59:49décentes.
00:59:50Or,
00:59:50dans nos territoires,
00:59:51on constate notamment
00:59:52pour l'armée de terre
00:59:53un parc dégradé
00:59:54avec des bâtiments
00:59:55vétustes
00:59:56et parfois
00:59:56insalubres.
00:59:57On a un peu
00:59:59l'impression
01:00:00que les conditions
01:00:01de vie
01:00:01sont la variable
01:00:02d'ajustement
01:00:02budgétaire
01:00:03du ministère.
01:00:05Et en tant que député,
01:00:06quand je vois défiler
01:00:07les milliards
01:00:07de cette actualisation,
01:00:09je ne peux accepter
01:00:10qu'elle ne profite pas
01:00:11aux femmes
01:00:12et aux hommes
01:00:12qui servent
01:00:13la nation
01:00:14avec dévouement.
01:00:15J'en viens
01:00:16à un deuxième angle
01:00:17de ce texte,
01:00:18un angle mort
01:00:18de ce texte
01:00:19qui correspond
01:00:19à celui
01:00:20des Outre-mer.
01:00:21Comment pouvons-nous
01:00:22parler de souveraineté
01:00:24sans parler
01:00:24de nos territoires
01:00:25ultramarins ?
01:00:26Comment pouvons-nous
01:00:27prétendre
01:00:28défendre
01:00:29notre ZEE,
01:00:30la deuxième
01:00:31du monde,
01:00:32en laissant
01:00:32ces territoires
01:00:33hors du champ
01:00:34de cette actualisation ?
01:00:36Pourtant,
01:00:37les Outre-mer
01:00:37sont en première ligne
01:00:38face aux tensions
01:00:39géostratégiques,
01:00:40aux menaces hybrides,
01:00:42aux ingérences étrangères.
01:00:43Face à ces risques
01:00:44bien réels
01:00:45pour nos populations,
01:00:46ne pas actualiser
01:00:48leurs moyens
01:00:48est une faute politique.
01:00:50En tant que député
01:00:51de Saint-Pierre-et-Miquelon,
01:00:52permettez-moi
01:00:52de prendre
01:00:53mon petit territoire
01:00:54comme exemple,
01:00:54souvent oublié,
01:00:56qui est pourtant
01:00:56un point d'appui stratégique
01:00:58pour la France
01:00:58dans l'Atlantique Nord.
01:01:00Et pourtant,
01:01:01ces infrastructures portuaires
01:01:02sont aujourd'hui
01:01:03dans un état
01:01:04de dégradation avancée.
01:01:06Quand un port d'État
01:01:07est en train
01:01:08de tomber en ruine
01:01:09et n'est plus en capacité
01:01:10d'accueillir correctement
01:01:11un patrouilleur
01:01:11qu'un des seuls
01:01:13point d'approvisionnement
01:01:14d'une île est menacée,
01:01:15ce n'est pas seulement
01:01:16une difficulté logistique,
01:01:17c'est un vrai problème
01:01:18de souveraineté.
01:01:20Je ne peux pas accepter
01:01:21qu'une loi d'actualisation
01:01:22qui prétend accélérer
01:01:23les formes de réarmement
01:01:24ne soit même pas
01:01:26en capacité
01:01:26de prévoir
01:01:27la remise en état
01:01:28des infrastructures existantes.
01:01:30Et Saint-Pierre-et-Miquelon
01:01:31n'est pas un exemple isolé.
01:01:32Ma collègue Estadius Soufa
01:01:34portera plusieurs demandes
01:01:36face à la situation critique
01:01:37dans laquelle se trouve Mayotte.
01:01:39En pleine reconstruction,
01:01:40Mayotte doit toujours faire face
01:01:42à des ingérences étrangères
01:01:43multiples
01:01:43et à des flux migratoires
01:01:45illégaux.
01:01:46En dépit de nos alertes,
01:01:47aucune réponse concrète
01:01:48n'est prévue
01:01:49concernant par exemple
01:01:50la création d'une base navale
01:01:51à Langoni
01:01:51et l'affectation
01:01:53d'un patrouilleur outre-mer.
01:01:54Notre groupe
01:01:55portera donc des amendements
01:01:57pour corriger
01:01:58ces lacunes
01:01:58et réaffirmer
01:01:59la protection
01:02:00des territoires ultramarins
01:02:01et l'amanté en puissance
01:02:02de nos forces de souveraineté
01:02:04comme priorité
01:02:05de la programmation militaire.
01:02:07En prenant en compte
01:02:08ces réserves,
01:02:09notre groupe
01:02:11responsable
01:02:11tiendra cependant
01:02:12et soutiendra
01:02:13ce projet de loi
01:02:14d'actualisation
01:02:15puisqu'il est une nécessité
01:02:18pour nos armées
01:02:18dans ces périodes
01:02:20très troubles
01:02:20que nous connaissons.
01:02:21Je vous remercie.
01:02:22Au nom du groupe GDR,
01:02:23je me joins évidemment
01:02:25aux honneurs dus
01:02:25par la représentation nationale
01:02:27au sergent-chef
01:02:28Florian Montorio.
01:02:29Les armes
01:02:30ne sauraient faire taire
01:02:31son engagement
01:02:32pour la paix.
01:02:34Ce qui nous est présenté
01:02:35ce matin comme une actualisation
01:02:36de la loi de programmation militaire
01:02:38n'en est pas une.
01:02:39C'est au mieux
01:02:40une opération
01:02:40de rattrapage budgétaire
01:02:41destinée à masquer
01:02:42l'insincérité initiale
01:02:44de la trajectoire
01:02:44adoptée en 2023.
01:02:46Qu'une véritable actualisation
01:02:48aurait supposé
01:02:48un réexamen stratégique,
01:02:50un audit des besoins,
01:02:51une redéfinition
01:02:52des priorités
01:02:53et rien de tel ici.
01:02:54Ni changement doctrinal,
01:02:56ni remise à plat,
01:02:57mais une fuite en avant budgétaire
01:02:58sans clarification
01:02:59des objectifs
01:03:00ni cohérence d'ensemble.
01:03:02Alors certes,
01:03:03les chiffres impressionnent
01:03:0436 milliards d'euros
01:03:05supplémentaires
01:03:05et un effort de défense
01:03:07visant 2,5%
01:03:08du PIB.
01:03:10Mais derrière ces montants,
01:03:11une question essentielle
01:03:13demeure
01:03:13au service
01:03:14de quelle stratégie ?
01:03:16Car cette hausse
01:03:17n'est pas neutre.
01:03:18Prenons les choses
01:03:18dans l'ordre.
01:03:19Si nous pourrions diverger
01:03:20sur les causes,
01:03:21les faits sont là.
01:03:22Nous partageons pleinement
01:03:23les constats
01:03:23quant à la dégradation
01:03:24de l'environnement stratégique
01:03:25international,
01:03:26à notre porte y compris,
01:03:28quant à la multiplication
01:03:29des conflits armés,
01:03:30le retour de la haute intensité
01:03:31et le nécessaire,
01:03:32sursaut,
01:03:32de souveraineté
01:03:34et de multilatéralisme
01:03:35face au manque
01:03:36de fiabilité
01:03:36des partenaires
01:03:37que la France
01:03:38pensait historique.
01:03:39Et à ce titre,
01:03:40oui,
01:03:40l'autonomie stratégique
01:03:42est un enjeu majeur.
01:03:43Mais cela ne transparaît
01:03:44pas dans cette actualisation,
01:03:45pas plus que dans la LPM
01:03:46ou encore moins
01:03:47dans la revue nationale stratégique.
01:03:49Cette hausse
01:03:50que nous examinons
01:03:51continue de s'inscrire
01:03:52dans une logique
01:03:54d'alignement
01:03:54sur les exigences
01:03:55de l'OTAN,
01:03:56alliance façonnée
01:03:57par et pour les Etats-Unis,
01:03:58quoi qu'on en dise,
01:03:59avec ou sans chimérique
01:04:01européanisation.
01:04:02Cette orientation
01:04:03est assumée,
01:04:04je cite,
01:04:05au nom de la crédibilité
01:04:06opérationnelle
01:04:06de la France
01:04:07et de son rôle
01:04:07de nation-cadre
01:04:08au sein de l'OTAN.
01:04:09Alors,
01:04:09inutile de se référer
01:04:11à Trotsky
01:04:11pour affirmer
01:04:12que la réparation
01:04:13du lien armé-nation
01:04:15ne peut être effectif
01:04:16qu'à partir
01:04:16de la clarification
01:04:17du cadre stratégique
01:04:18de défense
01:04:19dans lequel s'inscrit
01:04:19quelque effort
01:04:20que ce soit,
01:04:21ce qui n'apparaît nullement
01:04:22malgré les leçons
01:04:23quotidiennes
01:04:24que nous donne
01:04:24malgré nous
01:04:25le choc des prédations.
01:04:27Alors oui,
01:04:28dans ce contexte,
01:04:29nous avons besoin
01:04:30d'une voie diplomatique
01:04:31forte,
01:04:31celle de la France
01:04:32et savons qu'il n'est pas
01:04:32de diplomatie efficace
01:04:34sans défense dissuasive.
01:04:35A ce titre,
01:04:37nous ne sommes pas
01:04:37par principe opposés
01:04:39à tout effort
01:04:39de réarmement.
01:04:41Il est d'ailleurs,
01:04:42bien que rare,
01:04:43des éléments rassurants
01:04:44pour notre BITD
01:04:45en cette actualisation.
01:04:46La redevance
01:04:46à la charge
01:04:47des industriels
01:04:47en cas de cession
01:04:48à un tiers
01:04:48de nombreux investissements
01:04:49qui peinaient
01:04:50à voir le jour
01:04:51l'élargissement
01:04:52des dérogations
01:04:52aux règles de la commande publique
01:04:53en y intégrant
01:04:54les marchés de défense
01:04:55ou encore
01:04:56la maîtrise
01:04:57des stocks
01:04:57des OIV.
01:04:58Mais justifié
01:04:59par le fait
01:05:00que ces 36 milliards
01:05:01ne seraient
01:05:02qu'un ajustement
01:05:03qui n'interroge pas
01:05:04le format,
01:05:05une question centrale
01:05:06échappe à nos débats.
01:05:07Quelle finalité
01:05:08pour notre industrie
01:05:09de défense ?
01:05:11Le simple fait
01:05:12de privilégier
01:05:12une logique de flux
01:05:13à une logique de stock
01:05:14devrait nous inquiéter.
01:05:16Alors légiférons-nous
01:05:17sur une nécessaire
01:05:17dévassalisation
01:05:18de notre arsenal
01:05:19de défense
01:05:19ou une militarisation
01:05:21de l'économie.
01:05:22Mais le seul
01:05:23volet industriel
01:05:24est capacitaire
01:05:25et l'arbre
01:05:27qui cache
01:05:28la forêt.
01:05:28Plusieurs dispositions
01:05:30traduisent une dérive
01:05:31au nom
01:05:31soi-disant
01:05:32d'une résilience
01:05:34collective.
01:05:35Extension
01:05:36des techniques
01:05:37de renseignement,
01:05:37réintroduction
01:05:38de dispositifs
01:05:39censurés,
01:05:39encadrement
01:05:40renforcé
01:05:40de la recherche,
01:05:41contrôle préalable
01:05:43des publications.
01:05:45L'article 18
01:05:46notamment élargit
01:05:46l'usage
01:05:47des traitements
01:05:47algorithmiques
01:05:48à des fins de surveillance.
01:05:49L'article 19
01:05:50instaure
01:05:50un contrôle préalable
01:05:51des chercheurs
01:05:52travaillant en zone sensible
01:05:53au risque d'incompatibilité
01:05:55avec la liberté académique.
01:05:56Mais c'est surtout
01:05:57la création
01:05:57d'un état d'alerte
01:05:59de sécurité nationale
01:06:00qui cristallise
01:06:01notre opposition
01:06:03quoi que j'ai pu entendre
01:06:04ce matin.
01:06:05Ce nouveau régime
01:06:06d'exception
01:06:07mobilisable
01:06:08en amont
01:06:08de l'état d'urgence
01:06:09permettrait
01:06:10de déroger
01:06:10à de larges pans
01:06:11du droit
01:06:11d'élargir
01:06:12l'acquisition civile,
01:06:13de restreindre
01:06:14quelques libertés
01:06:15au nom
01:06:15d'une définition
01:06:16extrêmement floue
01:06:17de la menace.
01:06:19Dans un pays
01:06:20déjà doté
01:06:21d'un arsenal juridique
01:06:22exceptionnel
01:06:24particulièrement dense
01:06:25où au fil
01:06:26des réformes
01:06:27l'exception
01:06:27devient la règle
01:06:28cette nouvelle étape
01:06:30constitue
01:06:30une bascule
01:06:31contestable
01:06:32du fait du flou
01:06:33et quand il y a un flou
01:06:34c'est qu'il y a
01:06:36un loup.
01:06:37Et je ne parle pas
01:06:37là de la transformation
01:06:39de la journée de défense
01:06:40en journée de mobilisation.
01:06:42Pendant ce temps là
01:06:43un certain nombre
01:06:44d'urgences des armées
01:06:45sont reléguées
01:06:46au second plan
01:06:46conditions
01:06:47au débergement dégradé
01:06:48manque d'attractivité
01:06:49des carrières
01:06:50insuffisance logistique
01:06:51le décalage
01:06:52est flagrant
01:06:52entre l'affichage
01:06:53stratégique
01:06:54et la réalité
01:06:55du terrain.
01:06:55Alors nous refusons
01:06:56cette logique
01:06:57la défense nationale
01:06:58ne peut être pensée
01:06:59comme une simple
01:07:00variable d'ajustement
01:07:01budgétaire
01:07:01ou comme un instrument
01:07:02au service
01:07:03de stratégie
01:07:03d'alliance
01:07:04contestable.
01:07:05Elle doit reposer
01:07:05sur une exigence
01:07:06garantir la souveraineté
01:07:08préserver la paix
01:07:09et respecter
01:07:10les libertés fondamentales
01:07:11au nom justement
01:07:12d'une résilience
01:07:13partagée.
01:07:14C'est ce qui nous guidera
01:07:15lors de l'examen de ce texte.
01:07:16Permettez-moi d'abord
01:07:17de joindre
01:07:18à tous vos hommages
01:07:19celui du groupe UDR
01:07:20au sergent-chef
01:07:21Florian Montorio
01:07:22du 17ème régiment
01:07:23parachutiste
01:07:23de Montauban.
01:07:24Nous associons évidemment
01:07:25à la peine
01:07:26de ses proches
01:07:26et de ses camarades.
01:07:28Chers collègues,
01:07:28depuis 30 ans,
01:07:29la France a vécu
01:07:30dans une illusion,
01:07:31celle d'un monde
01:07:32sans guerre
01:07:32où la haute intensité
01:07:33appartiendrait au passé.
01:07:35Nous avons embrassé
01:07:36les dividendes de la paix
01:07:37sans être capables
01:07:38de maintenir la paix.
01:07:39Mais si étonnant,
01:07:40en effet,
01:07:41les grandes nations
01:07:41qui façonnent le monde
01:07:42sont celles qui assument
01:07:44leur puissance.
01:07:45Oui,
01:07:45il faut assumer
01:07:46la puissance militaire
01:07:47de la France.
01:07:48Sinon,
01:07:49nous n'aurons pas plus
01:07:50voix au chapitre
01:07:51aujourd'hui que demain,
01:07:52pas plus en Ukraine
01:07:53qu'au Proche-Orient,
01:07:54pas plus vis-à-vis
01:07:55de notre partenaire américain
01:07:58que du géant chinois.
01:08:00Depuis 4 ans,
01:08:01le spectre
01:08:01de la haute intensité
01:08:02a refait surface
01:08:03sur notre continent.
01:08:04Depuis 4 ans,
01:08:05ce sont plus de 500 000
01:08:06vies brisées
01:08:07et notre sécurité européenne
01:08:09qui est bouleversée.
01:08:10En parallèle de ces drames,
01:08:11nous avons décidé
01:08:12par ces cités collectives
01:08:14de différer
01:08:15nos investissements
01:08:15de défense.
01:08:16En conséquence,
01:08:17nous avons un modèle
01:08:18d'armée expéditionnaire
01:08:19aujourd'hui inadapté.
01:08:21Tout cela pour faire
01:08:22des économies
01:08:23et financer
01:08:23d'autres priorités
01:08:24comme si la voie
01:08:25de la France dans le monde
01:08:26et surtout la sécurité
01:08:27des Français
01:08:28pouvaient devenir secondaires.
01:08:31Avec les deniers publics,
01:08:32nous avons été
01:08:32de simples gestionnaires
01:08:34alors que nos armées
01:08:35avaient besoin
01:08:35de visionnaires.
01:08:36Nous avons renoncé
01:08:38à la puissance
01:08:39alors que les dépenses
01:08:40militaires mondiales
01:08:41ont plus que douplé
01:08:42depuis 1991.
01:08:43Pour être respecté
01:08:45dans le nouvel ordre mondial,
01:08:46il faut être puissant.
01:08:47Pour être puissant,
01:08:48il faut se donner
01:08:48les moyens
01:08:49de la puissance.
01:08:50Oui,
01:08:51nous avons besoin
01:08:52de ces 36 milliards
01:08:53d'euros supplémentaires.
01:08:55Ils ne sont cependant
01:08:56qu'un rattrapage minimal
01:08:58insuffisant
01:08:58au regard de nos besoins
01:08:59parce que nous manquons
01:09:00de discipline budgétaire.
01:09:02Cette actualisation
01:09:03est celle du réajustement
01:09:04et non du redimensionnement.
01:09:06Celle de la gestion
01:09:07et non de la vision.
01:09:09Il semblerait
01:09:10que le gouvernement
01:09:10ait conscience
01:09:11de ces égarements.
01:09:12En effet,
01:09:13la trajectoire budgétaire
01:09:14du texte propose
01:09:14de consacrer
01:09:15plus de 70%
01:09:16des efforts
01:09:17après l'élection présidentielle.
01:09:19Nous proposons
01:09:20naturellement
01:09:21de réviser
01:09:22cette trajectoire
01:09:22pour inviter
01:09:23le gouvernement
01:09:23dès 2027
01:09:25à faire enfin
01:09:26des économies
01:09:27pour financer
01:09:28nos armées.
01:09:29Car oui,
01:09:30un pays
01:09:30qui dépense
01:09:31plus pour rembourser
01:09:32sa dette
01:09:33que pour ses armées,
01:09:34c'est un pays
01:09:34qui prend le chemin
01:09:35du déclassement.
01:09:37Autrefois,
01:09:37de l'ordre
01:09:38de 5%
01:09:38du PIB,
01:09:39le budget
01:09:39de nos armées
01:09:40atteint péniblement
01:09:412%
01:09:41en 2026.
01:09:43Cette actualisation
01:09:43permettrait
01:09:44de porter
01:09:44ses dépenses
01:09:45à 2,5%
01:09:46en 2030
01:09:47avec pour perspective
01:09:48d'atteindre
01:09:49l'objectif
01:09:49autant
01:09:50de 3,5%
01:09:51en 2035.
01:09:53Parce que
01:09:53l'intérêt supérieur
01:09:54de la nation
01:09:55est en jeu,
01:09:55l'union des droites
01:09:56pour la République
01:09:56ne pratiquera
01:09:57jamais
01:09:58la politique
01:09:58du pire.
01:09:59Certains efforts
01:10:00portés par ce texte
01:10:01vont dans le bon sens,
01:10:02notamment la dronisation,
01:10:04la défense
01:10:04anti-aérienne
01:10:05et surtout
01:10:05l'augmentation
01:10:06du stock
01:10:07de munitions.
01:10:08Dans ce contexte,
01:10:09le groupe UDR
01:10:10proposera des avancées
01:10:11pertinentes,
01:10:12en particulier
01:10:13concernant les LRU.
01:10:14La cible de 26 systèmes
01:10:16à l'horizon 2035
01:10:17n'est pas à la hauteur
01:10:18des enjeux.
01:10:19Nous proposons
01:10:20de nouvelles cibles
01:10:20pour assurer
01:10:21une capacité
01:10:22de frappe
01:10:22dans la profondeur
01:10:23soutenable
01:10:24dans un contexte
01:10:24de haute intensité.
01:10:26La priorité consacrée
01:10:27aux drones
01:10:28et aux systèmes
01:10:28d'interception
01:10:29est fondamentale.
01:10:30Elle doit s'accompagner
01:10:31du développement
01:10:31de filières souveraines
01:10:32pour sortir
01:10:33de nos dépendances.
01:10:34Nous proposons
01:10:35un nouveau cadre juridique
01:10:36de la commande publique
01:10:37afin de favoriser
01:10:38les PME françaises
01:10:39du secteur.
01:10:40Face à l'évolution
01:10:41des menaces,
01:10:42le régime d'alerte
01:10:42de sécurité nationale
01:10:43apparaît nécessaire.
01:10:45Mais dans un contexte
01:10:46économique dégradé,
01:10:47avec 70 000 défaillances
01:10:48d'entreprises
01:10:49en 2025,
01:10:50nous serons vigilants
01:10:51à ce que
01:10:51ces nouvelles obligations
01:10:53ne fragilisent pas
01:10:54davantage
01:10:55notre tissu économique.
01:10:57Enfin,
01:10:58si le nouveau régime
01:10:58de redevance
01:10:59paraît légitime,
01:11:00il est essentiel
01:11:01que son produit
01:11:01vienne financer
01:11:02exclusivement
01:11:03l'outil de défense.
01:11:05Chers collègues,
01:11:06cette actualisation
01:11:07ne traduit pas
01:11:08une nouvelle vision
01:11:08mais une contrainte.
01:11:10Cependant,
01:11:10la défense n'appartient
01:11:11à aucun camp politique
01:11:13mais elle relève
01:11:14de l'intérêt supérieur
01:11:15de la nation.
01:11:16Le groupe UDR
01:11:16contribuera à l'examen
01:11:17de ce texte
01:11:18avec un esprit
01:11:18constructif
01:11:19et responsable.
01:11:20Nous porterons
01:11:21avec nos alliés
01:11:22du Rassemblement National
01:11:23des améliorations
01:11:24concrètes
01:11:24pour nos armées.
01:11:25Nous nous réservons
01:11:26notre liberté de vote
01:11:28qui dépendra
01:11:28de la version finale
01:11:29du texte,
01:11:30c'est-à-dire
01:11:30de son utilité
01:11:31pour nos armées
01:11:32et pour les Français.
01:11:35Merci.
01:11:36Merci à tous
01:11:37les orateurs de groupe.
01:11:39Merci à nos deux rapporteurs.
01:11:40Madame la ministre,
01:11:42à présent,
01:11:42si vous le souhaitez,
01:11:43vous pouvez prendre
01:11:44la parole
01:11:44pour répondre
01:11:45aux différents orateurs.
01:11:47Je vous en prie.
01:11:47Monsieur le Président,
01:11:48merci.
01:11:49Je voudrais évidemment
01:11:50remercier l'ensemble
01:11:51des orateurs
01:11:51et particulièrement
01:11:52les deux rapporteurs,
01:11:54le rapporteur
01:11:55Chenevar,
01:11:55comme bien sûr
01:11:56le rapporteur Thiriot.
01:11:57Je voudrais évidemment
01:11:59m'associer aux hommages
01:12:00que vous avez rendus
01:12:01tant évidemment
01:12:02à Florian Montorio
01:12:03qu'au major
01:12:04Arnaud Frion.
01:12:06Je voudrais évidemment
01:12:07revenir sur
01:12:08plusieurs des commentaires
01:12:10que les uns
01:12:11et les autres
01:12:11ont bien voulu faire
01:12:12et peut-être
01:12:13commencer par
01:12:13votre rapporteur
01:12:15Chenevar
01:12:15en le remerciant
01:12:16d'avoir bien voulu
01:12:18rappeler
01:12:18l'importance
01:12:19qui est portée
01:12:20sur les munitions
01:12:22et quand ils donnent
01:12:23comme échelle
01:12:24de comparaison
01:12:25que finalement
01:12:26le budget
01:12:26qui va être consacré
01:12:28aux munitions
01:12:29représente deux tiers
01:12:30de ce qu'était
01:12:30le budget en 2017.
01:12:32Je crois que nous avons
01:12:32là la parfaite
01:12:33illustration
01:12:34d'effectivement
01:12:35l'évolution
01:12:36qui était absolument
01:12:37nécessaire
01:12:37mais de l'évolution
01:12:39concrète
01:12:39de ce qui va
01:12:40être fait.
01:12:41Je voudrais également
01:12:42redonner des éléments
01:12:44sur les indicateurs
01:12:45d'entraînement
01:12:46qui ont été cités
01:12:47par le rapporteur
01:12:48pour dire qu'il y a
01:12:49un milliard six
01:12:50de plus
01:12:51dans l'actualisation
01:12:52avec en parallèle
01:12:54une augmentation
01:12:55des munitions
01:12:56ce qui est un deuxième
01:12:56élément
01:12:57puisque vous avez
01:12:58tous partout
01:12:59entendu
01:12:59que ce que demandent
01:13:01nos militaires
01:13:01c'est de pouvoir
01:13:02s'entraîner
01:13:03en ayant capacité
01:13:04de tirer.
01:13:04Pour avoir une capacité
01:13:05de tirer
01:13:05il était important
01:13:06de faire face
01:13:08évidemment aux munitions
01:13:09et donc
01:13:10j'ose dire
01:13:11que l'on s'entraîne
01:13:12plus
01:13:13et que l'on s'entraîne
01:13:14mieux
01:13:14et d'ailleurs
01:13:15pour celles et ceux
01:13:16qui parmi vous
01:13:16ont pu participer
01:13:17aux exercices Orion
01:13:18vous avez pu voir
01:13:19que dans Orion
01:13:20il y a déjà eu
01:13:21des éléments
01:13:21tout à fait importants.
01:13:23Ensuite je voudrais
01:13:24répondre à monsieur
01:13:25Jacobili
01:13:25sur plusieurs éléments
01:13:26d'abord sur la gestion
01:13:2824 rappelez
01:13:29qu'il y a
01:13:29un milliard de plus
01:13:30en exécution
01:13:31par rapport
01:13:32à la loi de finance
01:13:33initiale 24
01:13:34et que sur la gestion
01:13:3525
01:13:36il y a un milliard
01:13:37de plus en exécution
01:13:38par rapport
01:13:39à la loi de finance
01:13:40initiale 25
01:13:41et que le reste
01:13:42à payer
01:13:42effectivement
01:13:43est au moment
01:13:44où nous nous parlons
01:13:45de 140 milliards
01:13:46parce que
01:13:47il montre
01:13:47les investissements
01:13:48vous savez tous
01:13:49que par définition
01:13:50ces investissements
01:13:52sont des investissements
01:13:53pluriannuels
01:13:53c'est le concept
01:13:54même des autorisations
01:13:55d'engagement
01:13:56et des crédits
01:13:57de paiement
01:13:58et qu'il y a là
01:13:59un enjeu
01:14:00extrêmement important
01:14:01et qui montre bien
01:14:02la montée en puissance
01:14:03de nos équipements
01:14:04et vous savez tous
01:14:05qu'on a exactement
01:14:06le même principe
01:14:07dans nos collectivités
01:14:09et qu'il est d'usage
01:14:10qu'en général
01:14:11on finisse
01:14:12des engagements
01:14:13qui ont été pris
01:14:14et que celles
01:14:16et ceux
01:14:16qui sont en activité
01:14:17en prennent d'autres
01:14:17que leurs successeurs
01:14:18d'ailleurs
01:14:19ont la même responsabilité
01:14:20de suivre
01:14:21et je voudrais
01:14:23également dire
01:14:24que en ce qui concerne
01:14:25les restes
01:14:26à payer
01:14:27il y a
01:14:28tous les ans
01:14:29une discussion
01:14:29qui est menée
01:14:30et que cette discussion
01:14:31elle est menée
01:14:32avec les grands industriels
01:14:33en aucun cas
01:14:34avec les TPE
01:14:35et avec les PME
01:14:36car évidemment
01:14:37nous sommes vigilants
01:14:38bien évidemment
01:14:39au sujet
01:14:40qui est celui
01:14:41de la trésorerie
01:14:43des petites entreprises
01:14:44de la même manière
01:14:45les 13 milliards
01:14:46sont toujours
01:14:47dans la copie
01:14:47nous avons
01:14:48simplement
01:14:49modifié
01:14:50le tableau
01:14:50des ressources budgétaires
01:14:51de la LPM
01:14:53initiale
01:14:53quand Mathieu Bloch
01:14:55revenait sur
01:14:56le fait
01:14:56qu'on décale
01:14:57par rapport
01:14:58à 27
01:14:59je voudrais quand même
01:15:00rappeler
01:15:00qu'on a 6 milliards
01:15:016 d'augmentation
01:15:02en 26
01:15:036 milliards 2
01:15:04en 27
01:15:04ce qui montre bien
01:15:05qu'on a une chronique
01:15:07qui est très importante
01:15:08dès le début
01:15:09et c'est
01:15:10le mécanisme même
01:15:11de la LPM
01:15:12qu'ensuite
01:15:12aller jusqu'en 30
01:15:14et vous le savez
01:15:15parfaitement
01:15:16certains des objets
01:15:17que nous allons
01:15:18acquérir
01:15:18sont des objets
01:15:19de temps long
01:15:20je viens de parler
01:15:20à l'instant
01:15:21du porte-avions
01:15:21je pourrais
01:15:22prendre des exemples
01:15:23de frégates
01:15:24qui par définition
01:15:25sont des objets
01:15:26qui ne sont pas
01:15:26financés sur un exercice
01:15:27mais sur
01:15:28plusieurs exercices
01:15:30à François
01:15:31Cormier-Boulijon
01:15:31je voudrais
01:15:32souligner
01:15:33que je partage
01:15:34sa volonté
01:15:35du renforcement
01:15:36du lien
01:15:36armée-nation
01:15:37et de l'impact
01:15:39de la stratégie
01:15:40d'équipement
01:15:41sur les territoires
01:15:41il citait le cas
01:15:42de Bourges
01:15:43et je me permets
01:15:44de dire que c'est
01:15:44la raison pour laquelle
01:15:45nous avons
01:15:46au moment où je vous parle
01:15:47une organisation spécifique
01:15:49avec France Travail
01:15:50sur un sujet
01:15:51qui est un sujet
01:15:52de main d'oeuvre
01:15:53parce que plusieurs
01:15:54des industriels
01:15:54nous disent qu'au moment
01:15:55où nous nous parlons
01:15:56ils ont des difficultés
01:15:57de recrutement
01:15:58de main d'oeuvre
01:15:59liées finalement
01:16:00à cette accélération
01:16:02de nos entreprises
01:16:03et sur certains territoires
01:16:04il devient compliqué
01:16:05d'avoir une capacité
01:16:07à embaucher
01:16:07d'où la nécessité
01:16:08que France Travail
01:16:09mette bien en place
01:16:10territoire par territoire
01:16:11des formations
01:16:12et apporte
01:16:13des réponses
01:16:14le deuxième élément
01:16:15qui était souligné
01:16:16j'y reviendrai tout à l'heure
01:16:17c'est évidemment
01:16:17ce service national
01:16:19qui est une autre déclinaison
01:16:20de ce renforcement
01:16:21du lien armée-nation
01:16:22avec les jeunes
01:16:23à Bastien Lachaud
01:16:25je voudrais dire
01:16:25que le contexte international
01:16:27présenté par les rapporteurs
01:16:28démontre effectivement
01:16:30l'urgence
01:16:30de cette actualisation
01:16:31et qu'on voit bien
01:16:32que les retours
01:16:33d'expérience
01:16:34aussi bien en Ukraine
01:16:35qu'au Proche et Moyen-Orient
01:16:37démontre non seulement
01:16:38l'absolue nécessité
01:16:40de se réarmer
01:16:40mais surtout
01:16:41de nous adapter
01:16:43aux nouvelles formes
01:16:45de combat
01:16:45et vous avez été plusieurs
01:16:47à évoquer les drones
01:16:48très concrètement
01:16:49on voit bien
01:16:50qu'aujourd'hui
01:16:50le drone FPV
01:16:52fera pratiquement partie
01:16:54de l'équipement
01:16:55de base du soldat
01:16:56et qu'on va
01:16:57de ce petit drone FPV
01:16:58jusqu'à des munitions
01:16:59télé opérées
01:17:01après
01:17:02on ne peut pas dire
01:17:03qu'on ne fait rien de nouveau
01:17:04quand on met 8,5 milliards de plus
01:17:06pour les munitions
01:17:062 milliards de plus
01:17:08pour les drones
01:17:08et 4 milliards de plus
01:17:09sur l'espace
01:17:10on voit bien
01:17:10que le choix
01:17:11du gouvernement
01:17:12ça a été précisément
01:17:13de vous proposer
01:17:15non pas un texte
01:17:15qui reprenne
01:17:16la totalité
01:17:17de la LPM
01:17:18votée en 2023
01:17:19mais bien
01:17:19des axes spécifiques
01:17:21qui semblent ceux
01:17:21sur lesquels
01:17:22il était important
01:17:23de mettre l'accent
01:17:24parce qu'ils correspondent
01:17:25à l'évolution du combat
01:17:26ou à des besoins
01:17:28qui ont été particulièrement
01:17:30mis en avant
01:17:30et si j'ajoute
01:17:32des exemples
01:17:33très concrets
01:17:33d'acquisition
01:17:34je parlerai
01:17:35des 6 à 400 M
01:17:37en plus
01:17:37que nous allons acquérir
01:17:38des satellites
01:17:38de l'artillerie
01:17:40alors j'ai bien entendu
01:17:41monsieur Bloch dire
01:17:42que sur les LRU
01:17:43on n'allait pas si loin
01:17:44on va quand même
01:17:44multiplier par 2
01:17:45par rapport à ce qui était
01:17:47dans la chronique
01:17:48de la précédente LPM
01:17:49le missile balistique terrestre
01:17:51n'existait pas
01:17:52dans la précédente LPM
01:17:54et donc
01:17:55le char intermédiaire
01:17:56il est lancé
01:17:57la constellation
01:17:58OneWeb
01:17:59elle est consolidée
01:18:00donc on a là
01:18:01des éléments
01:18:02très concrets
01:18:02qui démarrent
01:18:04à monsieur le député
01:18:05Saint-Pasteur
01:18:06je voudrais dire
01:18:06que
01:18:07évidemment
01:18:08la copie
01:18:09est conçue
01:18:10entre
01:18:10l'état-major
01:18:11des armées
01:18:12la délégation
01:18:13générale de l'armement
01:18:14et bien sûr
01:18:15les industriels
01:18:17et pas plus tard
01:18:18que vendredi
01:18:18j'étais encore
01:18:19avec le SIDEF
01:18:20et nous voyons bien
01:18:21qu'il est extrêmement
01:18:22important
01:18:22qu'on puisse
01:18:23évidemment
01:18:23travailler régulièrement
01:18:25avec l'ensemble
01:18:27des groupements
01:18:27et bien sûr
01:18:28qu'on est là
01:18:29pour
01:18:30quelque part
01:18:31regarder les besoins
01:18:33et d'ailleurs
01:18:33cette actualisation
01:18:34elle est
01:18:35dans son ensemble
01:18:36saluée par la BITD
01:18:37même si cette BITD
01:18:39considère
01:18:39qu'évidemment
01:18:40on peut encore
01:18:41aller plus loin
01:18:42et pour avoir
01:18:43comme je vous le disais
01:18:44échangé avec eux
01:18:45pas plus tard
01:18:45que vendredi
01:18:46très concrètement
01:18:47nous sommes sur le LRU
01:18:49sur les phases d'essai
01:18:51et ces phases d'essai
01:18:52nous conduisent
01:18:53à rechercher
01:18:54ce que beaucoup
01:18:54d'entre vous
01:18:55ont appelé
01:18:55de leur vœu
01:18:56c'est-à-dire
01:18:57une solution
01:18:57qui soit
01:18:58une solution
01:18:59souveraine
01:18:59après
01:19:00quand nous parlons
01:19:01de solution
01:19:01souveraine
01:19:02je partage
01:19:03totalement
01:19:03votre analyse
01:19:04j'ajoute
01:19:05deux codiciles
01:19:06non négligeables
01:19:07le délai
01:19:08de livraison
01:19:09et le coût
01:19:09qui sont deux éléments
01:19:11que nous devons
01:19:11également
01:19:12prendre en compte
01:19:13au-delà
01:19:14bien évidemment
01:19:14de l'efficacité
01:19:16de ce qui est produit
01:19:17qui est le premier
01:19:18des déterminants
01:19:19sur CEF
01:19:20je voudrais rappeler
01:19:21que CEF
01:19:22ce sont
01:19:23effectivement
01:19:2416 milliards
01:19:2532 projets
01:19:26CEF
01:19:27pardonnez-moi
01:19:27de le redire ici
01:19:28mais c'est de l'emprunt
01:19:29donc concrètement
01:19:31c'est une somme
01:19:32qu'il faut rembourser
01:19:33et donc
01:19:33en d'autres termes
01:19:34pourquoi c'est inclus
01:19:35dans les 36 milliards
01:19:36parce que très concrètement
01:19:37l'importance
01:19:39de la ministre
01:19:40que je suis
01:19:40c'est de récupérer
01:19:42quelque part
01:19:43la disponibilité
01:19:44des 36 milliards
01:19:45moins après
01:19:46qu'ils proviennent
01:19:47de CEF
01:19:47ou qu'ils proviennent
01:19:48d'une autre ligne budgétaire
01:19:50dans tous les cas
01:19:51c'est de l'argent public
01:19:52et donc aujourd'hui
01:19:53dans la situation financière
01:19:54du pays
01:19:55je crois qu'il faut
01:19:55avoir la lucidité
01:19:56de se dire
01:19:57que nous n'avons pas
01:19:57capacité à faire
01:19:5836 milliards
01:19:59plus quelque part
01:20:0016 milliards
01:20:01d'emprunts
01:20:01supplémentaires
01:20:02qui nous conduirait
01:20:04à une dépense
01:20:04de 52 milliards
01:20:06puisqu'il faut rembourser
01:20:07donc c'est bien
01:20:08la raison pour laquelle
01:20:09par définition
01:20:10effectivement
01:20:11c'est une des ressources
01:20:14qui nous permet
01:20:14de dépenser
01:20:1536 milliards
01:20:16supplémentaires
01:20:18alors après
01:20:18quand vous dites
01:20:20que l'effort
01:20:22n'est pas propre
01:20:22à la France
01:20:23l'effort de réarmement
01:20:25je l'entends
01:20:25mais enfin
01:20:26je voudrais quand même rappeler
01:20:27que nous avons été
01:20:28les premiers
01:20:28à anticiper
01:20:29et je rends hommage
01:20:30à mes prédécesseurs
01:20:31évidemment
01:20:31notre premier ministre
01:20:33mais également
01:20:33à Florence Farley
01:20:35qui en leur temps
01:20:35avait été les premiers
01:20:36à reprendre
01:20:38après comme cela a été dit
01:20:39par vos rapporteurs
01:20:39après 30 ans de disette
01:20:41ont été les premiers
01:20:42à remettre
01:20:43une approche constructive
01:20:45pour nos armées
01:20:46je voudrais dire
01:20:47à madame la députée Blin
01:20:49que je partage
01:20:50complètement son analyse
01:20:51sur le fait
01:20:51que nous sommes
01:20:52une loi raisonnable
01:20:53parce que nous sommes
01:20:54sur une loi d'actualisation
01:20:55mais qu'elle a raison
01:20:56sur le génie
01:20:58les capacités du génie
01:21:00n'avaient pas bénéficié
01:21:01d'efforts prioritaires
01:21:02au cours des dernières années
01:21:04comme le montre excellemment
01:21:05le rapport
01:21:05qu'elle a commis
01:21:06avec sa collègue
01:21:07et que évidemment
01:21:08la LPM
01:21:09s'efforce de rattraper
01:21:10mais évidemment
01:21:12l'effort
01:21:12est très conséquent
01:21:13et évidemment
01:21:14les préoccupations
01:21:15que vous avez
01:21:17soulignées
01:21:18dans votre rapport
01:21:18sont prises en compte
01:21:20et je dirais
01:21:21que l'effort
01:21:22doit être poursuivi
01:21:23à madame Hervieux
01:21:24je voudrais rappeler
01:21:25que les dispositions
01:21:26normatives
01:21:27ont été validées
01:21:28tant par la CNIL
01:21:29que par le Conseil d'Etat
01:21:30que nous proposons
01:21:31des simplifications
01:21:32comme l'autorisation
01:21:34environnementale unique
01:21:35seule la défense
01:21:36à ce stade
01:21:37ne bénéficiait pas
01:21:38de la possibilité
01:21:39d'autorisation
01:21:40environnementale unique
01:21:42et que évidemment
01:21:43nous nous adaptons
01:21:44au temps
01:21:45qui n'est plus
01:21:46totalement un temps
01:21:47de paix
01:21:48sans être non plus
01:21:49dans un temps de guerre
01:21:50et notre objectif
01:21:51c'est évidemment
01:21:52de pouvoir nous adapter
01:21:54sans
01:21:54et j'insiste
01:21:55beaucoup là-dessus
01:21:56sans toucher
01:21:57aux libertés publiques
01:21:58dans la notion
01:21:59d'état d'alerte
01:22:01et je réponds
01:22:02à madame Pouilletot
01:22:03pour lui dire
01:22:03que cet état
01:22:04d'alerte
01:22:05et de sécurité
01:22:06c'est un régime
01:22:07qui est déclenché
01:22:08au Conseil
01:22:09des ministres
01:22:10c'est une adaptation
01:22:11temporaire
01:22:12de règles
01:22:13pour accélérer
01:22:13les décisions
01:22:14pour les simplifier
01:22:15il faut une menace
01:22:17qui soit d'abord actuelle
01:22:18c'est pas ça pourrait se produire
01:22:20c'est la situation
01:22:21dans laquelle nous sommes
01:22:22une menace
01:22:23qui est jugée
01:22:23comme suffisamment grave
01:22:25et l'activation
01:22:26n'emporte
01:22:27aucune dérogation générale
01:22:29en d'autres termes
01:22:30chaque mesure
01:22:31demandée
01:22:32doit être documentée
01:22:34elle n'excède pas
01:22:35deux mois
01:22:36sans avoir
01:22:38une décision
01:22:39du Parlement
01:22:40et si les infrastructures
01:22:43qui ont été bâties
01:22:44sont pérennisées
01:22:46le droit commun
01:22:47s'applique
01:22:47et sinon
01:22:48remise en état
01:22:49des sites
01:22:50sous deux ans
01:22:51donc il y a quand même
01:22:52une protection
01:22:53des sites concernés
01:22:54vous avez été plusieurs
01:22:56à évoquer
01:22:57la situation
01:22:58du logement
01:22:59et la condition
01:23:00des militaires
01:23:00nous avons
01:23:01une politique
01:23:02ministérielle
01:23:03de l'habitat
01:23:04qui est en cours
01:23:04et dont je donnerai
01:23:05les éléments essentiels
01:23:06au mois de juillet
01:23:07j'ai déjà réuni
01:23:08un comité
01:23:09habitat
01:23:10et dans cette logique
01:23:11j'entends
01:23:12l'hébergement
01:23:13le casernement
01:23:14le logement
01:23:15et également
01:23:17l'hôtellerie
01:23:18de passage
01:23:18l'idée
01:23:19c'est d'abord
01:23:20le déploiement
01:23:21d'un guichet unique
01:23:22c'est d'autre part
01:23:24la revue quinquennale
01:23:25du contrat
01:23:26Nové
01:23:27dont je rappelle
01:23:28que ce contrat
01:23:28Nové
01:23:29qui a le mérite
01:23:30d'exister
01:23:30ne concerne que
01:23:3120%
01:23:32du patrimoine
01:23:33c'est la raison
01:23:34pour laquelle
01:23:34je partage totalement
01:23:35votre commentaire
01:23:37sur le reste
01:23:38du patrimoine
01:23:39et avec
01:23:39notamment
01:23:40des pistes
01:23:41différentes
01:23:41avec par exemple
01:23:42un acteur national
01:23:44paritaire
01:23:44que beaucoup
01:23:45d'entre vous connaissent
01:23:46j'ai nommé
01:23:47Action Logement
01:23:47qui a le grand mérite
01:23:49d'être installé
01:23:49sur la totalité
01:23:50du territoire
01:23:51et qui nous permet
01:23:52de pouvoir
01:23:53travailler
01:23:54et d'envisager
01:23:55d'autres approches
01:23:56le député
01:23:58le normand
01:23:59a bien voulu
01:23:59évoquer
01:24:00l'outre-mer
01:24:01et je voudrais rappeler
01:24:02que l'actualisation
01:24:03s'inscrit
01:24:03dans la continuité
01:24:04de l'effort
01:24:05engagé par la LPM
01:24:07qui consacre
01:24:0713 milliards
01:24:08aux outre-mer
01:24:09et notamment
01:24:10de renforcer
01:24:11les effectifs
01:24:12de 1100 militaires
01:24:13supplémentaires
01:24:14on fait
01:24:15un effort
01:24:16sur la réactivité
01:24:17notamment
01:24:17grâce aux
01:24:19capacités offertes
01:24:20par les A400M
01:24:21supplémentaires
01:24:22avec des stationnements
01:24:23potentiels
01:24:24outre-mer
01:24:24l'actualité fait également
01:24:26effort sur les infrastructures
01:24:27et la résilience
01:24:28des territoires
01:24:29avec la reconstruction
01:24:30de Mayotte
01:24:31la rénovation
01:24:32accélérée
01:24:33de bâtiments
01:24:33d'hébergement
01:24:34notamment
01:24:35pour l'accueil
01:24:36du service national
01:24:37puisque dès 26
01:24:38nous avons 200 appelés
01:24:40qui seront
01:24:41outre-mer
01:24:42je voudrais
01:24:42également
01:24:44revenir
01:24:44sur ce que vous avez dit
01:24:46sur les personnels
01:24:47et notamment
01:24:47sur le traitement
01:24:48des personnels
01:24:49en rappelant
01:24:50qu'en matière
01:24:51de
01:24:52tout simplement
01:24:53de
01:24:53conditions
01:24:54de traitement
01:24:55sonnantes
01:24:56et trébuchantes
01:24:57vous savez que
01:24:58les grilles
01:24:58ont été réévaluées
01:25:00en 23
01:25:0124
01:25:01et 25
01:25:03ce qui a permis
01:25:04une amélioration
01:25:05du traitement
01:25:06de nos
01:25:07personnels
01:25:09sur les infrastructures
01:25:10portuaires
01:25:10de Saint-Pierre-et-Miquelon
01:25:12c'est un sujet
01:25:13vous le savez
01:25:13monsieur le député
01:25:14qui est un sujet
01:25:16interministériel
01:25:17puisque
01:25:17par définition
01:25:18il ne concerne pas
01:25:19que les armées
01:25:20qui d'ailleurs
01:25:21ne pourraient
01:25:22malheureusement
01:25:23pas prendre
01:25:24à leur charge
01:25:25la totalité
01:25:27de ces éléments
01:25:28et si
01:25:29je reviens
01:25:30une dernière fois
01:25:31sur le logement
01:25:32c'est pour dire
01:25:33que en fait
01:25:34les deux dernières
01:25:36LPM
01:25:37ont consacré
01:25:38plus de
01:25:38un milliard
01:25:39d'euros
01:25:40chaque année
01:25:42sur l'habitat
01:25:43sous forme
01:25:44d'aide à la pierre
01:25:45d'aide au logement
01:25:46et
01:25:46dans le plan
01:25:48de rénovation
01:25:48nous allons ajouter
01:25:49les lycées
01:25:50les écoles
01:25:51les casernes
01:25:52sur la période
01:25:5327-29
01:25:55donc vous le voyez
01:25:56il y a vraiment
01:25:57une logique
01:25:58de reprendre la totalité
01:25:59tellement nous sommes
01:26:01conscients
01:26:01que cette notion
01:26:02de logement
01:26:03c'est une notion
01:26:04de fidélisation
01:26:05et c'est le minimum
01:26:06que l'on doive
01:26:07à nos soldats
01:26:08à leurs familles
01:26:09et donc c'est vraiment
01:26:10un sujet sur lequel
01:26:11je souhaite que nous puissions
01:26:12avancer rapidement
01:26:13voilà quelques-uns des éléments
01:26:14que je souhaitais apporter
01:26:16à votre connaissance
01:26:16à la suite de cette discussion générale
01:26:18monsieur le président
01:26:19après 20 heures de débat
01:26:21les députés adoptent le texte
01:26:22le mardi 22 avril
01:26:24regardez
01:26:24nous allons donc maintenant
01:26:25procéder au vote
01:26:27sur l'ensemble
01:26:28du projet de loi
01:26:30ainsi modifié
01:26:32qui est pour
01:26:37qui est contre
01:26:41qui s'abstient
01:26:45la commission
01:26:46adopte
01:26:47le projet
01:26:48de loi
01:26:48je vous remercie
01:26:53voilà pour ce numéro
01:26:54de la séance
01:26:55est ouverte
01:26:55à très vite
01:26:56sur LCP
01:26:57LCP
01:26:58LCP
01:26:59LCP
01:26:59LCP
01:26:59LCP
01:27:00LCP
01:27:02LCP
01:27:03LCP
01:27:03LCP
01:27:03LCP
01:27:03LCP
01:27:03LCP
Commentaires

Recommandations