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  • il y a 23 heures
Deux mois après l'attaque israélo-américaine en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz, les députés de la commission des affaires économiques auditionnent les représentants de Total Energies sur l'évolution des prix et des marges sur les carburants et le gaz mais également sur l'évolution des capacités de production et de fourniture de l'énergie en France. Parmi les personnes auditionnées : Guillaume Larroque, directeur marketing et services Europe, Isabelle Patrier, directrice France, et Vanessa Jaeger, directrice des relations institutionnelles France. Retrouvez leurs échanges avec les députés.

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Transcription
00:00:01Générique
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, direction la commission des affaires économiques pour l'audition des représentants de Total Energy.
00:00:17Les députés les ont interrogés sur les prix des carburants et leurs marges.
00:00:22Regardez.
00:00:23Madame la directrice générale, chère Isabelle Patrier, monsieur le directeur, madame la directrice, mes chers collègues,
00:00:29nous reprenons donc nos travaux en recevant cet après-midi les dirigeants du groupe Total Energy,
00:00:34ce que nous souhaitions faire depuis quelques semaines au vu de l'actualité concernant les difficultés d'accès à l
00:00:42'énergie,
00:00:42notamment pour les produits pétroliers.
00:00:44Donc nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui monsieur Guillaume Larocque, directeur marketing et service Europe du groupe Total,
00:00:51madame Isabelle Patrier qui en est directrice France et madame Vanessa Gégère qui est directrice des relations institutionnelles France de
00:00:58ce groupe.
00:00:58Et nous vous souhaitons la bienvenue au sein de notre commission.
00:01:01Nous souhaitons aborder avec vous, compte tenu de la crise internationale de l'énergie liée à la situation au Moyen
00:01:07-Orient,
00:01:07l'évolution actuelle des capacités de production et de fourniture de carburant et de gaz en France,
00:01:12ainsi que l'évolution des prix et des marges pour ces produits énergétiques.
00:01:15Je rappelle qu'entre le 1er février et hier, le baril du Brent est passé de 66 à 108 dollars,
00:01:22soit une hausse de 64%
00:01:24et que le prix des carburants à la distribution avoisine en moyenne les 2 euros pour l'essence,
00:01:29sans plomb 95 E10 et les 2,20 euros pour le gazole.
00:01:33C'est bien sûr un choc considérable pour nos entreprises et les consommateurs dont les conséquences nous préoccupent grandement.
00:01:39Dans ce contexte, le gouvernement a lancé un plan de contrôle mené par la DGCCRF sur les distributeurs de carburant
00:01:45et a envoyé une lettre à la Commission européenne pour demander l'ouverture d'une enquête sur les marges des
00:01:49raffineurs.
00:01:50Par un projet de décret en date du 13 avril 2026,
00:01:53le gouvernement envisage de plafonner les marges des distributeurs de carburant
00:01:56et de lisser les évolutions de prix,
00:01:58mais ce projet est nettement rejeté par les distributeurs,
00:02:01qui estiment que les marges se situent au niveau du raffinage et non de la distribution du carburant.
00:02:06Vous pourrez bien sûr revenir sur cette problématique qui nous paraît aujourd'hui essentielle et y répondre.
00:02:13Je rappelle aussi qu'à la suite d'une réunion avec le gouvernement,
00:02:15le 12 mars 2026, le groupe Total Energy a mis en place des mesures de plafonnement du prix des carburants
00:02:21qu'il distribue,
00:02:22mesures qui ont été prolongées jusqu'à la fin du mois d'avril.
00:02:25Dans ce cadre, le plafond sur l'essence est fixé à 1,99 euros par litre
00:02:30et celui sur le diesel à 2,25 euros par litre dans vos 3 300 stations-services en France métropolitaine.
00:02:36Avant de vous céder la parole pour une quinzaine de minutes,
00:02:39je souhaiterais vous poser tout d'abord quelques premières questions.
00:02:41Compte tenu de la persistance de la situation du blocage de la circulation maritime dans le détroit d'Hormuz,
00:02:47voire de conflits au Moyen-Orient,
00:02:48quel regard portez-vous sur les dispositifs mis en place en France
00:02:52pour sécuriser ces approvisionnements en gaz et en pétrole ?
00:02:55Et si la circulation ne reprend pas prochainement dans le détroit d'Hormuz,
00:02:58la France risque-t-elle, selon vous, malgré ses stocks stratégiques,
00:03:02de connaître des pénuries d'approvisionnement dans les prochains mois ?
00:03:04Je rappelle à cet égard que nous avons récemment auditionné les dirigeants de la Sagesse
00:03:09qui ont souligné l'efficacité de ce système pour prévenir de telles difficultés pour les carburants
00:03:13qu'en est-il par ailleurs de notre approvisionnement en gaz naturel.
00:03:17Alors que les prix à la pompe ont considérablement augmenté,
00:03:20M. Dominique Schellcher, PDG de Coopérative U que nous avons reçu voici quelques semaines,
00:03:24a récemment déclaré sur BFM TV que les marges des distributeurs de carburants
00:03:28étaient minimes par rapport à celles des producteurs et raffineurs,
00:03:31dont le groupe Total Energy est l'un des principaux.
00:03:33Que répondez-vous à cette déclaration et que pouvez-vous nous dire
00:03:36concernant l'ampleur et l'évolution de vos marges au stade du raffinage ?
00:03:40Un article du Financial Times du 30 mars dernier a affirmé que votre groupe aura généré
00:03:44une plus-value d'un milliard de dollars en achetant plusieurs pétroliers,
00:03:48pleins au tout début du conflit.
00:03:49Est-ce que vous confirmez ce chiffrage ?
00:03:51Et quel usage comptez-vous faire de ces gains financiers
00:03:54dans un contexte de forte inflation des prix du gaz et des carburants ?
00:03:57Le groupe Total Energy a mis également en place un dispositif de plafonnement
00:04:01des prix du carburant qu'il distribue depuis le 13 mars 2026.
00:04:04Quel bilan pouvez-vous tirer de cette politique tarifaire ?
00:04:09Et ce plafonnement a-t-il conduit dans vos stations à des difficultés d'approvisionnement
00:04:13plus fortes que chez certains de vos concurrents ?
00:04:15Faudrait-il, selon vous, généraliser ce dispositif de plafonnement des prix
00:04:19à l'ensemble des distributeurs de carburants ?
00:04:21Et compte tenu du prix auquel ils achètent eux-mêmes les carburants à leurs fournisseurs,
00:04:25ces distributeurs seraient-ils économiquement capables de pratiquer
00:04:29le plafonnement qui est mis en œuvre par votre groupe sans vendre à perte ?
00:04:34Madame la Directrice, Monsieur le Directeur, nous vous remercions une fois de plus
00:04:38pour votre présence et un patient de pouvoir vous entendre
00:04:41sur l'ensemble de ces sujets.
00:04:43Je vous cède donc la parole pour une quinzaine de minutes au total
00:04:47et dans un second temps, comme d'habitude, nous entendrons les orateurs des groupes
00:04:50pour chacun trois minutes maximum pour vous permettre de répondre aux questions de ces orateurs.
00:04:55Puis nous vous entendrons les orateurs individuels pour une minute par question
00:04:59et en vous invitant, bien évidemment, à y répondre.
00:05:03Madame la Directrice générale, Monsieur le Directeur, je vous cède bien volontiers la parole.
00:05:07Merci, Monsieur le Président.
00:05:10Mesdames et Messieurs les députés, je suis Vanessa Gégère,
00:05:15en charge des relations institutionnelles pour la compagnie Total Énergie.
00:05:25Vous avez interrogé Total Énergie sur l'évolution actuelle des capacités de production
00:05:30et de fourniture de carburant et de gaz en France,
00:05:33ainsi que l'évolution des prix et des marges pour ces produits énergétiques.
00:05:37Je suis donc venue aujourd'hui devant la représentation nationale
00:05:41avec les deux dirigeants, mandatés par la compagnie,
00:05:45Isabelle Patrier, directrice France,
00:05:47et Guillaume Larocque, directeur Europe pour la branche marketing et services.
00:05:52Sans attendre, je cède la parole à Isabelle Patrier pour le propos introductif.
00:05:56Merci à vous.
00:05:58Mesdames et Messieurs les députés,
00:06:00Permettez-moi d'abord de vous rappeler brièvement ce que nous sommes,
00:06:04ce que Total Énergie représente sur le territoire national.
00:06:08Aujourd'hui, Total Énergie en France, c'est quoi ?
00:06:10Plus de 100 000 collaborateurs dans le monde,
00:06:1335 000 sur le territoire basé en France.
00:06:17En 2025, nous avons recruté 1 800 collaborateurs.
00:06:21Nous avons eu 2 000 stagiaires alternants,
00:06:23contrats de professionnalisation dans nos effectifs.
00:06:26Nous avons investi près de 10 milliards depuis 2020,
00:06:30la moitié pour le maintien de nos activités en France,
00:06:33raffinage, stations-services, dépôts,
00:06:36l'autre moitié pour la décarbonation et les nouvelles énergies,
00:06:40électricité, biocarburants, biogaz.
00:06:43Nous avons sur le territoire français 8 centres de recherche.
00:06:46En 1924, notre compagnie a été créée pour assurer la sécurité
00:06:49et l'approvisionnement du pays.
00:06:51Et 102 ans après, nous assurons toujours cette mission.
00:06:54Notre stratégie s'appuie sur 2 piliers.
00:06:57Le pilier 1, garantir la sécurité et l'approvisionnement énergétique du pays.
00:07:01Le pilier 2, produire des énergies bas carbone,
00:07:05accompagner la transition énergétique de nos clients et de nos activités.
00:07:09Je vais revenir sur le pilier 1, la sécurité et l'approvisionnement énergétique du pays,
00:07:13parce que je sais effectivement que c'est l'une de vos préoccupations dans le contexte actuel.
00:07:18Les produits pétroliers et le gaz restent essentiels à l'économie nationale.
00:07:22Ils représentent aujourd'hui 58% de l'énergie finale consommée en France.
00:07:28Pour les produits pétroliers, seuls, ils représentent plus de 90% de l'énergie du transport.
00:07:35Dans la période de crise internationale que nous vivons,
00:07:38le travail des équipes de Total Energy dans le monde,
00:07:41c'est de garantir aujourd'hui aux pays, dont la France, un accès à l'énergie.
00:07:46Je vais revenir sur le raffinage en particulier.
00:07:49Total Energy opère aujourd'hui environ la moitié de la capacité de raffinage du pays,
00:07:53avec 3 des 6 raffineries de l'Hexagone, en Normandie, à Donge et à Feusin,
00:07:58pour une capacité globale de 28 millions de tonnes de pétrole brut traité par an.
00:08:04Total Energy opère aussi une bioraffinerie à la Mede à côté de Marseille,
00:08:07qui produit essentiellement du biodiesel.
00:08:09Et la compagnie va bientôt démarrer la production de carburant d'aviation durable
00:08:13dans sa bioraffinerie de grands puits, dont la conversion est en train de s'achever.
00:08:18Le raffinage français opère dans des conditions fortement concurrentielles.
00:08:21Il est en compétition avec des produits importés du monde entier,
00:08:25et notamment ces dernières années du Moyen-Orient ou des Etats-Unis.
00:08:29Le raffinage est structurellement déficitaire en France et en Europe.
00:08:33Pour quelques chiffres, depuis 2009, ce sont 30 raffineries qui ont fermé en Europe.
00:08:39La France a, elle, perdu depuis 1990 la moitié de sa capacité de raffinage.
00:08:46Venons-en à la distribution de carburant.
00:08:48La France dispose d'un parc de 47 millions de véhicules,
00:08:52dont 90 roulent encore à l'essence et au diesel.
00:08:55La consommation a baissé et baisse légèrement,
00:08:58entre 2024 et 2025, moins 0,6%,
00:09:02c'est-à-dire très légèrement en dessous du 1%.
00:09:06Total Énergie est présente sur l'ensemble du territoire,
00:09:10y compris en grande ruralité.
00:09:12Nous avons un réseau de 3 300 stations-services sur le périmètre hexagonal,
00:09:171 200 en zone rurale,
00:09:19et je rappelle d'ailleurs que nous avons une politique de maintien
00:09:21et parfois même de réouverture de stations-services en ruralité.
00:09:26Ce chiffre représente un quart des stations-services du pays.
00:09:29Aujourd'hui, les grandes et moyennes surfaces représentent la majorité du marché en volume.
00:09:33En 2025, on estime leur part de marché à plus de 65%.
00:09:39Concernant le prix des carburants en France,
00:09:41Monsieur le Président, vous l'évoquiez,
00:09:43notre engagement est clair.
00:09:45Nous répercutons de façon réactive les variations des cours des matières premières,
00:09:48à la hausse comme à la baisse.
00:09:50Nous proposons des prix parmi les plus bas du marché,
00:09:52notamment au travers de notre réseau de 700 stations-services access.
00:09:57Et nous avons de plus instauré un système de plafonnement des carburants,
00:10:01vous l'avez mentionné,
00:10:02que nous perpétuons pendant cette crise.
00:10:05Total Energy est en effet le seul distributeur qui bloque ces prix en station depuis 2022.
00:10:10Une opération qui est faite uniquement en France,
00:10:12parce que nous sommes une entreprise française.
00:10:15Pour tous, l'essence est aujourd'hui plafonnée à 1,99 euros par litre,
00:10:19le diesel à 2,25 jusqu'à la fin du mois d'avril.
00:10:23Compte tenu de la volatilité des prix,
00:10:24nous revoyons cette politique de plafonnement désormais chaque mois.
00:10:27Pour nos clients gaz et électricité,
00:10:30le plafonnement est de 1,99 euros pour les essences et pour le diesel,
00:10:34donc tout carburant.
00:10:35Et c'est bien la compagnie Total Energy qui finance ce plafonnement,
00:10:39ni l'État, ni le consommateur.
00:10:41L'engagement de répercuter à la baisse a pu être constaté,
00:10:44puisque vous le savez,
00:10:45nous avons pris cet engagement dans notre dernière communication.
00:10:48Dès le premier week-end du Cessez-le-feu,
00:10:50où les stations Total Energy Accès affichaient le diesel en baisse
00:10:54à 2,08 euros par litre,
00:10:57quand la moyenne nationale était à 2,23,
00:11:00et certaines enseignes atteignaient encore 2,85.
00:11:04Je vais revenir sur le gaz,
00:11:06puisque vous l'évoquiez, M. le Président, tout à l'heure.
00:11:08En France, plus de 10 millions de foyers se chauffent aujourd'hui au gaz.
00:11:12Ça représente plus de 30 millions de nos consultoriens.
00:11:15Au sein des marchés du gaz,
00:11:17Total Energy se positionne en priorité sur le gaz naturel liquéfié,
00:11:20le GNL,
00:11:22qui permet d'apporter une sécurité d'approvisionnement,
00:11:24puisqu'il peut être acheminé partout dans le monde.
00:11:27De plus, nous avons diversifié nos sources à travers 11 pays,
00:11:32et nous renforçons cet objectif de ne pas dépendre
00:11:34que d'une seule partie du monde.
00:11:37Ce qui, aujourd'hui, nous permet ce que je vais vous évoquer.
00:11:41Total Energy sécurise aujourd'hui environ 45 % des approvisionnements de la France
00:11:45par des importations aux trois points d'importation français,
00:11:49que sont Fosses-sur-Mer, Dunkerque et Montoir-de-Bretagne.
00:11:54Dans ces importations, la part Moyen-Orient représente environ 12 %.
00:11:59Aujourd'hui, l'augmentation des prix du gaz reste très inférieure
00:12:02à l'augmentation des cours de 2022 que vous avez pu connaître.
00:12:05Le prix de gros du gaz pour une livraison sur 2027
00:12:08a atteint un maximum de 47 euros par mégawatt-heure.
00:12:11C'était un pic à 300 euros lors de la crise de 2022.
00:12:18Cela est notamment lié au fait que de nouvelles capacités de gaz naturel liquéfiées
00:12:22ont été mises en service, notamment aux États-Unis,
00:12:24où Total Energy est le premier exportateur de GNL,
00:12:27et permet donc d'atténuer l'impact sur le marché de la baisse des exportations du Qatar.
00:12:32Comme pour les carburants, Total Energy a agi pour le pouvoir d'achat de ses clients gaz.
00:12:35Elle a ainsi décidé de maintenir des offres compétitives,
00:12:3810 % de moins que sur le kilowattheure de gaz par rapport au prix repère gaz,
00:12:44et des offres à prix fixe d'une durée supérieure à un an,
00:12:47afin de garantir le meilleur prix.
00:12:49Je vais passer désormais au pilier 2 rapidement.
00:12:51L'accompagnement des Français dans leur transition énergétique.
00:12:54Comme je le disais, nous avons converti deux de nos raffineries françaises en bioraffineries.
00:12:58Donc elles ne traitent plus de pétrole brut.
00:13:00Aujourd'hui, elles permettent d'approvisionner la France en nouvelles énergies.
00:13:04Biodiesel et biocarburants aériens durables,
00:13:06fabriqués à partir d'huile alimentaire usagée.
00:13:09A terme, ce seront 1 million de tonnes de biocarburants
00:13:12qui seront produits par la compagnie en France.
00:13:14Ces transformations permettent de réduire les émissions du transport,
00:13:17tout en maintenant une production française.
00:13:20Par ailleurs, Total Energy est intégrée sur la chaîne globale de l'électricité,
00:13:24de la production, au stockage et à la distribution.
00:13:27En France, nous avons développé plus de 2 gigawatts de capacité de production d'électricité renouvelable,
00:13:33solaire, éolienne, petite hydroélectricité.
00:13:36Et nous avons actuellement 3,5 gigawatts de projets.
00:13:40Ceci nous permet d'abord de distribuer l'électricité à plus de 3,7 millions de foyers français
00:13:48et d'accompagner les mobilités nouvelles à l'électricité,
00:13:52puisque nous avons déployé un réseau de plus de 26 000 bornes de recharge,
00:13:56dont 1 900 haute puissance,
00:13:58et que nous avons aujourd'hui 286 de nos stations-service
00:14:01équipées de bornes haute puissance alimentées par cette même électricité renouvelable.
00:14:07Je vais laisser maintenant la parole à mon collègue Guillaume,
00:14:11qui va revenir plus en détail sur la situation actuelle du marché des hydrocarbures en France.
00:14:19Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les députés,
00:14:22je veux bien noter vos questions, Monsieur le Président.
00:14:24Mon propos s'articule en deux grands axes.
00:14:26Le premier, c'est sécuriser les approvisionnements,
00:14:28où Total Energy a été un acteur majeur,
00:14:30et je pense que ça va répondre à beaucoup des questions que vous avez posées dans votre première question.
00:14:34Et puis le deuxième axe, c'est protéger nos clients en France.
00:14:37Et là, je pense que je vais toucher à pas mal de questions que vous avez aussi posées au titre
00:14:40du bilan du plafonnement.
00:14:42D'abord, concernant la sécurisation des approvisionnements,
00:14:45je voudrais vous faire un court rappel du contexte mondial.
00:14:47Donc la demande mondiale en 2025 de pétrole est de 104 millions de barils par jour.
00:14:52C'est en croissance de 1% par rapport à 2024,
00:14:56avec une continuation de la croissance ainsi qu'est estimée par l'AIE.
00:14:59Ces chiffres sont ceux de l'AIE, qui irait jusqu'à 105,5 millions de barils par jour en 2030.
00:15:05En mars, avec la fermeture du Détroit d'Ormouz, le marché a perdu 10 millions de barils par jour.
00:15:11Donc ça représente 10% de la production mondiale,
00:15:13mais ça représente surtout 20% des exportations,
00:15:16puisque 50% de la production mondiale est consommée localement et 50% est exportée.
00:15:21Donc le prix du BREN, vous l'avez très bien rappelé, M. le Président,
00:15:24je ne reviens pas sur la variation des cours.
00:15:25Les chiffres que vous avez cités étaient totalement représentatifs.
00:15:29Au sein de cette production mondiale de 100 millions de barils par jour, 104,
00:15:33Total Energy aujourd'hui produit 1,4 millions de barils par jour.
00:15:36Nous pesons donc à peu près 1,4% de la production mondiale.
00:15:39C'est pour vous donner une idée du poids de la compagnie au sein du marché international.
00:15:46Alors quelle est la situation en France ?
00:15:47En France, et je pense que pas mal de ces chiffres sont connus de vous,
00:15:5190% de l'essence consommée en France est produite par nos raffineries.
00:15:55Et seulement 10% de l'essence consommée en France est importée.
00:15:59Par contre, 50% du kérosène et du diesel consommé en France sont produits par nos raffineries.
00:16:07Ça veut donc dire que 50% du kérosène et du diesel consommé en France sont importés,
00:16:12c'est-à-dire sourcés sur le marché international.
00:16:17Cet équilibre un peu étrange où on se trouve,
00:16:19où il y a finalement une importation de diesel significative,
00:16:23elle est liée à une politique historique de fiscalité.
00:16:25Vous savez que longtemps, la France a eu une fiscalité favorable au diesel,
00:16:28et longtemps, donc la France était exportatrice d'essence d'un côté,
00:16:32importatrice de diesel de l'autre.
00:16:35Historiquement, le fournisseur de ce diesel importé était la Russie,
00:16:37et donc à partir de 2022, pour ce que concerne Total Energy,
00:16:412023 pour l'ensemble du marché,
00:16:43ces flux venant de Russie ont été réorientés
00:16:45et réorganisés majoritairement depuis le Moyen-Orient.
00:16:50Ça veut dire qu'aujourd'hui, entre 40 et 50% du diesel
00:16:53et du kérosène importés en France proviennent du Moyen-Orient.
00:16:57Et la situation est beaucoup moins dépendante au Moyen-Orient
00:16:59pour ce qui concerne le pétrole brut qui est raffiné en France,
00:17:01puisque c'est moins de 15%, même 10%,
00:17:04aux alentours de 10% actuellement du pétrole brut en France
00:17:09qui est importé du Moyen-Orient.
00:17:10Donc seulement 10% de dépendance au Moyen-Orient pour le brut,
00:17:13et vous avez vu 50% de dépendance du Moyen-Orient
00:17:16pour les importations de kérosène et de diesel.
00:17:20Alors comment le marché s'est-il adapté, là, à court terme,
00:17:24par rapport à cette crise qui est la fermeture du détroit d'Hormuz ?
00:17:28Donc on a perdu de l'importation, comme je vous l'ai décrit.
00:17:31C'est compensé par 4 effets conjugués.
00:17:34D'abord, une baisse de la demande en Europe.
00:17:37Ensuite, une hausse de la production des raffineries,
00:17:40puisque nos raffineries, en particulier celles de Total Energy,
00:17:43se sont mis en ce qu'on appelle « max jet, max diesel »,
00:17:46donc maximiser la production de jets et du diesel,
00:17:49qui, une fois de plus, sont les produits
00:17:51pour lesquels on a plus de dépendance à l'importation.
00:17:54De nouveaux flux alternatifs ont été mis en place,
00:17:56notamment depuis les États-Unis.
00:17:58Et puis aussi, il faut le mentionner,
00:18:00une baisse du niveau des stocks en Europe
00:18:02qui vient compléter de manière nécessaire
00:18:05cette perte des importations en provenance d'Hormuz.
00:18:09Donc nous sommes aujourd'hui dans une crise prix.
00:18:11Vous l'avez mentionné, les prix ont fortement augmenté.
00:18:14Nous ne sommes pas à court terme dans une crise de disponibilité.
00:18:17Je viens sur l'un des points que vous avez soulevé,
00:18:18M. le Président.
00:18:20Si Hormuz reste bloqué,
00:18:21des tensions pourraient survenir sous 2 à 3 mois,
00:18:24notamment sur le kérosène,
00:18:27et de toute façon sur les produits dont la France est dépendante
00:18:29au titre de l'importation.
00:18:32La crise prix dont je parle dans un premier temps,
00:18:35elle est clairement plus marquée encore sur le diesel,
00:18:37puisque le cours international du diesel est passé de 765 dollars la tonne
00:18:42le 27 février à 1130 dollars la tonne le 20 avril.
00:18:46On a même connu un pic à 1600 dollars la tonne le 2 avril.
00:18:50Et ce que je veux vous dire aussi,
00:18:51c'est qu'on connaît des fluctuations journalières
00:18:54d'un niveau qui va jusqu'à 100, voire 200 dollars la tonne,
00:18:57ce qui sont des niveaux de fluctuation journalière
00:18:58extrêmement élevés pour l'ensemble des professionnels
00:19:02de la distribution pétrolière.
00:19:06Alors Total Energy a été extrêmement actif et fiable
00:19:08pour sécuriser rapidement les approvisionnements du pays.
00:19:11Nous avons réorganisé notre système,
00:19:13puisque nous-mêmes, nous étions fortement importateurs
00:19:15de ressources diesel et kérosène du Moyen-Orient
00:19:18depuis notre raffinerie de Satorp.
00:19:21Aujourd'hui, on a réorganisé notre système.
00:19:23Nous approvisionnons grâce à cette réorganisation
00:19:26non seulement nos besoins propres,
00:19:27mais aussi le besoin de nos clients.
00:19:28Je voudrais mentionner que, par exemple,
00:19:31lors des réunions que nous avons eues à Bercy,
00:19:32en présence des ministres,
00:19:34l'UIP, qui est l'association des grandes surfaces,
00:19:36nous a publiquement remerciés
00:19:38pour la loyauté de notre approvisionnement auprès d'eux.
00:19:41Loyauté non seulement au titre des quantités approvisionnées,
00:19:44mais aussi loyauté au titre du respect des contrats
00:19:46signés préalablement à la crise.
00:19:50Je voudrais aussi mentionner rapidement,
00:19:52parce que ça fait partie de notre responsabilité,
00:19:54les efforts que nous faisons pour assurer la continuité
00:19:56de l'approvisionnement des territoires d'outre-mer.
00:20:00Nous avons sans faille continué l'approvisionnement,
00:20:02évidemment, de tous ces territoires.
00:20:04Nous avons réorganisé un certain nombre de flux,
00:20:06notamment Mayotte, précédemment, évidemment,
00:20:10approvisionnée depuis le Moyen-Orient
00:20:11et dorénavant approvisionnée depuis l'Europe,
00:20:13par nos soins.
00:20:14Donc, c'était rapide et c'est quand même
00:20:15un vrai effort de contournement.
00:20:17Et puis, on a assuré aussi l'approvisionnement
00:20:19de la Nouvelle-Calédonie depuis Singapour,
00:20:21dans sa continuité, ainsi que de Tahiti,
00:20:23depuis la zone Asie.
00:20:25Nos plans d'approvisionnement pour mai sont sécurisés.
00:20:28Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit
00:20:30sur les perspectives au-delà.
00:20:32Alors, le deuxième point, c'est protéger
00:20:34nos clients en France.
00:20:35Et vous avez posé des questions,
00:20:36M. le Président, à cet égard.
00:20:38Donc, effectivement, nous avons maintenu le plafonnement.
00:20:39Mme Patriel a parfaitement décrit.
00:20:413 300 stations en France hexagonales l'appliquent.
00:20:45C'est un très grand succès.
00:20:46Nous avons eu une hausse significative de nos ventes.
00:20:48Le nombre de clients qui fréquentent nos stations-services
00:20:50est en forte hausse.
00:20:51Je pense que vous avez vu les images
00:20:54qui auraient été montrées par les médias à cet égard.
00:20:56Notre système logistique a été sous tension.
00:20:58C'est vrai.
00:20:59Et vous avez posé la question, M. le Président,
00:21:01de est-ce qu'on pourrait avoir un système logistique
00:21:04de livraison locale sous tension
00:21:05et quelques stations pour lesquelles on a des difficultés ?
00:21:08On a connu ça lors du week-end de Pâques.
00:21:10C'est exact.
00:21:12Puisqu'en fait, lors du week-end de Pâques,
00:21:13le nombre de stations en rupture du réseau Total Energy
00:21:16est monté à un niveau élevé, jusqu'à 600.
00:21:19Depuis lors, on a, là encore, très fortement renforcé notre logistique.
00:21:23On a augmenté significativement le nombre de camions-livreurs.
00:21:26On a étendu les horaires d'ouverture de nos dépôts,
00:21:29notamment le week-end.
00:21:30J'en profite, vraiment, je tenais à le faire,
00:21:32pour souligner le fait que nos collègues,
00:21:36notamment de la chaîne logistique,
00:21:38et nos collègues en stations-services,
00:21:39sont tous volontaires pour, notamment, travailler,
00:21:42par exemple, lundi de Pâques,
00:21:43et livrer les stations le lundi de Pâques.
00:21:45Les dépôts ont été ouverts, des camions ont tourné.
00:21:48Donc, certains de nos collègues ont été volontaires
00:21:50pour assurer ce service.
00:21:51Et puis, en stations-services,
00:21:52nos collègues assurent un flux de clients significativement accru,
00:21:56avec, je pense, une vraie attention pour ces clientènes.
00:22:00Nos marges de distribution.
00:22:02Bon, avec le plafonnement, très clairement,
00:22:04et cela répond à un certain nombre de débats récents,
00:22:07Total Energy a un prix compétitif,
00:22:08et nos marges de distribution au cours du mois de mars et avril
00:22:13étaient significativement inférieures
00:22:15aux marges précédentes à la crise.
00:22:19Donc, le bilan du plafonnement y est clair.
00:22:22Bilan en termes de fréquentation de stations, significatif.
00:22:27Bilan en termes de positionnement prix.
00:22:29Je crois que vous avez toutes les données,
00:22:30vous avez vu à quel point nous avions fait un effort significatif.
00:22:32Et ce plafond a été décidé,
00:22:34alors même que nous sommes dans une période de cotation
00:22:37sur le marché international, qui sont pour le moins imprévisibles.
00:22:42Je voudrais aussi mentionner que ce plafond a été appliqué
00:22:45sur l'ensemble du territoire,
00:22:45notamment les 1 200 stations que nous avons rurales, en ruralité.
00:22:49Elles appliquent le plafonnement exactement
00:22:50de la même manière que toutes les autres stations.
00:22:52C'est une évidence, mais je voudrais le rappeler.
00:22:54Nous avons eu rouvert depuis 2024
00:22:56plus de 30 stations rurales,
00:22:58ce qui est à contre-courant, évidemment,
00:23:01de la tendance du marché.
00:23:02Et nous y tenons.
00:23:03Cela veut dire que nous tenons notre objectif
00:23:05de 9 Français sur 10 à moins de 15 minutes
00:23:07d'une station Total Énergie.
00:23:09Et enfin, autre lien avec nos clientèles,
00:23:11300 pompistes ont été recrutés
00:23:13et servent nos clients tous les jours.
00:23:15Donc, pour terminer,
00:23:16et nous nous tenons évidemment à votre disposition
00:23:18pour répondre à vos questions,
00:23:19mais nous avons été actifs et fiables
00:23:21pour sécuriser les approvisionnements.
00:23:22Et effectivement, nous avons été au soutien
00:23:25de nos clients.
00:23:25Merci, M. le Président.
00:23:28Merci, Mesdames et Messieurs,
00:23:30pour ces éléments.
00:23:32Nous allons donc passer maintenant
00:23:34aux orateurs des groupes.
00:23:35Et pour le Rassemblement national,
00:23:38M. Alexandre Loubet,
00:23:40vous avez la parole, M. le député.
00:23:44Merci, M. le Président,
00:23:46Mesdames et Messieurs,
00:23:47les membres de la direction de Total Énergie.
00:23:48Je vous remercie pour votre intervention
00:23:50et pour votre présence aujourd'hui.
00:23:52J'aurais trois questions à vous poser
00:23:54dans le temps qui m'est imparti.
00:23:55Ma première interrogation porte sur les déclarations
00:23:58il y a deux jours de Patrick Pouyanné,
00:24:00votre PDG,
00:24:01qui a alerté donc sur le fait que,
00:24:03si le blocage du détroit d'Hormuz
00:24:05perdure encore deux ou trois mois,
00:24:07la France entrera, je cite,
00:24:08dans une ère de pénurie énergétique.
00:24:10Cette déclaration a été immédiatement contestée
00:24:13par le Président de la République
00:24:14qui affirme, je cite,
00:24:16« n'envisager aucune pénurie ».
00:24:17Alors vous en avez un peu parlé,
00:24:18mais pourriez-vous le préciser ?
00:24:20Qui dit la vérité ?
00:24:21Est-ce votre PDG ou le Président de la République ?
00:24:24Ma deuxième question porte
00:24:26sur notre sécurité d'approvisionnement énergétique.
00:24:29Dans l'attente de la montée en puissance
00:24:31de l'électrification des usages,
00:24:33nous restons dépendants, évidemment,
00:24:35puisque la France, on le sait,
00:24:37importe près de 99% de son pétrole
00:24:39et à environ 98% de son gaz,
00:24:42sachant que les énergies fossiles,
00:24:44vous l'avez dit,
00:24:44représentent à peu près 58%
00:24:46de la consommation finale.
00:24:48Donc pour limiter les risques
00:24:49à la fois de pénurie
00:24:50et d'inflation des prix,
00:24:53d'une part, serait-il économiquement viable
00:24:55d'augmenter les capacités
00:24:56en raffinage du pays ?
00:24:58Vous l'avez dit,
00:24:58la France raffine suffisamment
00:24:59en termes d'essence,
00:25:00mais nous sommes dépendants
00:25:02de près de moitié
00:25:02pour ce qui relève
00:25:03du diesel et du kérosène ?
00:25:06Et d'autre part,
00:25:07mesdames et messieurs,
00:25:09ne faudrait-il pas relancer
00:25:11l'exploration
00:25:11de gisements de gaz,
00:25:13voire de pétrole,
00:25:15dans notre pays,
00:25:16dans nos sous-sols,
00:25:17je pense notamment
00:25:18à la Guyane française ?
00:25:20Ma troisième question,
00:25:22enfin, porte sur un enjeu
00:25:23beaucoup plus local
00:25:24dans ma circonscription
00:25:25en Moselle,
00:25:27et je me tourne plutôt
00:25:28vers vous,
00:25:29je pense,
00:25:29madame Patrier.
00:25:31Vous êtes,
00:25:31Total Énergie,
00:25:32particulièrement présent
00:25:33dans la plateforme
00:25:35Kémésis 2,
00:25:36Carlin-Saint-Avold,
00:25:37avec entre autres
00:25:37des usines de plastique
00:25:38et de chimie,
00:25:39de même que
00:25:40deux centrales électriques
00:25:41au gaz.
00:25:42Si la centrale à charbon
00:25:44de Saint-Avold,
00:25:45qui appartient à Gazel Énergie,
00:25:46est insérée au marché
00:25:47de capacité
00:25:48d'ici la fin d'année
00:25:49ou début d'année prochaine,
00:25:51sa conversion au gaz
00:25:53pourra être effective,
00:25:54elle sera garantie.
00:25:56Serez-vous alors intéressé
00:25:57pour l'intégrer
00:25:58à la nouvelle coentreprise
00:25:59que vous avez développée
00:26:00avec le groupe EPH ?
00:26:02Ce serait, je crois,
00:26:03un moyen d'assurer
00:26:04la pérennité du site,
00:26:05de même que de ses emplois.
00:26:07Je vous remercie.
00:26:08Merci, monsieur le député.
00:26:10Monsieur Larocque,
00:26:11madame Patrier, je vous en prie.
00:26:12Je vais répondre au premier point
00:26:13et ma collègue Isabelle Patrier
00:26:15va répondre aux deux points suivants,
00:26:16monsieur le député,
00:26:17si vous le permettez.
00:26:17Je vais donner des éléments chiffrés.
00:26:19Je vais rester de manière
00:26:20extrêmement factuelle
00:26:21et je vais donner un exemple
00:26:22au travers du kérosène.
00:26:25Donc effectivement,
00:26:26comme je vous l'ai mentionné
00:26:27au point introductif,
00:26:2850% du kérosène consommé
00:26:29en France est importé
00:26:31et puis la moitié
00:26:32de ce kérosène importé
00:26:33venait du Moyen-Orient.
00:26:35chiffré, nous avons perdu
00:26:37depuis l'issue du Moyen-Orient
00:26:391 million de tonnes
00:26:39par mois d'importation
00:26:40pour l'Europe.
00:26:41Je parle à l'échelle européenne.
00:26:43Nous avons réussi
00:26:44à rétablir
00:26:45un flux d'importation
00:26:47depuis les États-Unis
00:26:48principalement,
00:26:48un peu depuis l'Afrique,
00:26:49qui représente
00:26:50600 000,
00:26:510,6 million de tonnes.
00:26:53Donc, il y a 0,4 million de tonnes
00:26:56non assurées
00:26:57en delta.
00:27:00Ce delta
00:27:02de disponibilité
00:27:03de produits,
00:27:04il est comblé
00:27:04en partie
00:27:05par ce que je vous ai expliqué.
00:27:07Les raffineurs,
00:27:07aujourd'hui,
00:27:09font tourner leur raffinerie
00:27:10à max jet,
00:27:10max gazoil,
00:27:11mais ça ne fait pas
00:27:12la totalité du delta.
00:27:14Et donc, le restant
00:27:15viendra
00:27:16de la diminution
00:27:17des stocks
00:27:17ou de la diminution
00:27:18de la demande.
00:27:20Voilà, je voulais juste
00:27:21apporter ces éléments chiffrés.
00:27:23Ensuite,
00:27:24la question,
00:27:25c'est quelle est la durée
00:27:26pendant laquelle
00:27:28ceci peut perdre
00:27:28durer ?
00:27:29Et je pense que les propos
00:27:30étaient très clairs.
00:27:31Si le détroit d'Ormour
00:27:32reste fermé,
00:27:34alors, en effet,
00:27:34nous pouvons arriver
00:27:35à une situation
00:27:36où nos stocks
00:27:37seront bas.
00:27:39Je laisse ma collègue
00:27:40répondre aux deux dernières questions.
00:27:43Monsieur le député,
00:27:45vous parliez
00:27:46de la sécurisation
00:27:47de nos approvisionnements
00:27:50en termes de carburant
00:27:52et notamment
00:27:52de nos raffineries.
00:27:53Aujourd'hui,
00:27:54nos trois raffineries
00:27:55fonctionnent au maximum
00:27:57de ce qu'elles pouvaient faire.
00:27:59une d'entre elles
00:28:00va devoir s'arrêter
00:28:01bientôt
00:28:03puisqu'aujourd'hui,
00:28:04elle rentre en phase
00:28:05de grands arrêts.
00:28:06Néanmoins,
00:28:07ce grand arrêt
00:28:08qui était lié
00:28:09à des enjeux
00:28:09de sécurité
00:28:11de nos installations
00:28:12a été prévu
00:28:13depuis longtemps.
00:28:15Et donc,
00:28:15nous avons prévu
00:28:16des approvisionnements
00:28:17alternatifs
00:28:18pour couvrir
00:28:19les besoins
00:28:20dont la France a besoin,
00:28:21quels que soient
00:28:22les territoires,
00:28:23parce que la raffinerie
00:28:24de dons,
00:28:25en l'occurrence,
00:28:25permettait,
00:28:26par un certain
00:28:28réseau de pipes
00:28:29d'envoyer du produit,
00:28:30notamment dans votre région.
00:28:32Et aujourd'hui,
00:28:33nous avons sécurisé
00:28:34avec des approvisionnements
00:28:35qui viendront
00:28:36soit de notre raffinerie
00:28:37de Normandie,
00:28:38soit de notre raffinerie
00:28:40des Pays-Bas
00:28:41pour permettre
00:28:42de couvrir ces volumes.
00:28:43Donc,
00:28:44de ce point de vue-là,
00:28:45nous avons anticipé
00:28:46et nous n'avons pas
00:28:47de sujet particulier
00:28:49à vous mentionner
00:28:51à ce stade.
00:28:53Les deux mois
00:28:54qui viennent
00:28:55seront prévus
00:28:56de cette manière-là.
00:28:58Vous avez parlé
00:28:59de la Guyane
00:29:00et fallait-il
00:29:02explorer en Guyane ?
00:29:04Juste,
00:29:05peut-être que,
00:29:06je ne sais pas
00:29:06si vous le savez,
00:29:07mais Total Energy
00:29:07a fait de l'exploration
00:29:09en Guyane.
00:29:10En 2018,
00:29:12nous avons foré
00:29:13à cinq reprises,
00:29:15cinq puits,
00:29:16pour essayer
00:29:17de trouver,
00:29:17justement,
00:29:18du pétrole
00:29:19ou du gaz
00:29:20au large
00:29:21de la Guyane.
00:29:23Malheureusement,
00:29:23nous n'avons pas
00:29:25trouvé
00:29:25de gisements
00:29:27commercialisables
00:29:28au large
00:29:29de la Guyane.
00:29:30Donc,
00:29:31depuis,
00:29:31vous le savez,
00:29:32la loi Hulot
00:29:33s'est appliquée
00:29:34et la France,
00:29:35aujourd'hui,
00:29:36ne permet plus
00:29:37de le faire.
00:29:38Quoi qu'il en soit,
00:29:39je voudrais simplement
00:29:40vous le dire,
00:29:41nous n'avons pas
00:29:43trouvé,
00:29:43nous,
00:29:44de pétrole
00:29:45à cet endroit-là.
00:29:47Quant à la Moselle,
00:29:48oui,
00:29:48vous avez raison
00:29:49avec notre accord
00:29:50avec EPH.
00:29:51Alors,
00:29:51je ne sais pas si tout le monde
00:29:52l'a en tête.
00:29:53EPH nous a permis
00:29:56de faire un accord
00:29:58au mois de novembre dernier
00:30:00qui prévoit,
00:30:02notamment pour la France,
00:30:04la construction
00:30:06d'un gigawatt
00:30:06de stockage
00:30:08par batterie
00:30:08pour accompagner,
00:30:10justement,
00:30:10le stockage
00:30:11de l'électricité
00:30:12qui est une brique importante,
00:30:13le stockage
00:30:14dans la chaîne
00:30:15globale
00:30:15de l'électricité.
00:30:18Nous avons,
00:30:19en effet,
00:30:20deux centrales gaz
00:30:21sur la plateforme
00:30:23Kémésis
00:30:24et la troisième centrale
00:30:25appartient à EPH.
00:30:26Elle ne fait pas partie
00:30:27de ce partenariat,
00:30:29de ce deal.
00:30:32Mais aujourd'hui,
00:30:33vous le savez,
00:30:34Total Energy
00:30:35se refuse
00:30:36et est sortie
00:30:37depuis une dizaine
00:30:39d'années maintenant
00:30:39de toutes les activités
00:30:41charbon.
00:30:41C'est une vraie volonté
00:30:42de la compagnie.
00:30:43Et donc,
00:30:44à ce stade,
00:30:46tant qu'effectivement,
00:30:47cette centrale
00:30:48est au charbon,
00:30:48nous n'avons pas souhaité
00:30:50l'intégrer
00:30:51dans ce partenariat.
00:30:53Pour cette raison-là.
00:30:54Merci,
00:30:55Mme Patrier.
00:30:56Merci,
00:30:57M. Loubet.
00:30:58Pour le groupe
00:30:59Ensemble pour la République,
00:31:00Mme Françoise Buffet,
00:31:01vous avez la parole,
00:31:02Mme la députée.
00:31:03Oui,
00:31:03merci,
00:31:04M. le Président.
00:31:05Et je souhaite également
00:31:05remercier les représentants
00:31:07de Total Energy
00:31:08pour leurs propos liminaires.
00:31:09Depuis plusieurs années maintenant,
00:31:11les Français ont découvert
00:31:12une réalité très concrète.
00:31:14L'énergie n'est pas
00:31:14une abstraction,
00:31:15c'est une facture,
00:31:16un facteur de compétitivité
00:31:18et très clairement
00:31:19aujourd'hui une inquiétude.
00:31:21Dans ce contexte,
00:31:22les grands acteurs énergétiques
00:31:23occupent une place déterminante
00:31:25et Total Energy,
00:31:26par son poids
00:31:26et ses choix stratégiques,
00:31:28une place singulière.
00:31:30Ces derniers mois
00:31:30ont installé
00:31:31une situation
00:31:32difficilement lisible.
00:31:33Des résultats financiers,
00:31:34cela a déjà été évoqué,
00:31:36qui restent élevés
00:31:37dans un environnement
00:31:38international instable,
00:31:39tandis que dans le même temps,
00:31:40nos ménages,
00:31:41entreprises,
00:31:42collectivités locales
00:31:43continuent de supporter
00:31:44durablement
00:31:45l'augmentation
00:31:45du coût de l'énergie
00:31:46malgré un engagement
00:31:48public massif.
00:31:49Cela pose une question
00:31:50de fond.
00:31:51Comment l'effort
00:31:52est-il réellement réparti
00:31:53entre les différents acteurs ?
00:31:55Aujourd'hui,
00:31:55vous êtes attendu
00:31:56sur des choix concrets
00:31:57qui engagent à la fois
00:31:58votre modèle économique
00:31:59et votre place
00:32:00dans l'effort collectif
00:32:01en tant qu'acteur
00:32:02industriel majeur
00:32:03avec une capacité
00:32:05d'investissement
00:32:05et d'orientation
00:32:06du marché
00:32:07qui vous confère
00:32:08une responsabilité
00:32:09particulière.
00:32:10Cela pose au fond
00:32:11deux questions.
00:32:12D'abord,
00:32:13celle de la cohérence globale
00:32:14de votre modèle.
00:32:15Comment articulez-vous
00:32:16concrètement
00:32:17votre trajectoire
00:32:18d'investissement,
00:32:19notamment vers les énergies
00:32:20décarbonées
00:32:21à court et moyen terme,
00:32:22avec un partage équitable
00:32:24de la valeur
00:32:25dans un contexte
00:32:26où l'effort public
00:32:26a été massif
00:32:27pour amortir
00:32:28les crises énergétiques ?
00:32:30Ensuite,
00:32:31celle de votre ancrage
00:32:32stratégique.
00:32:33Quelle place
00:32:34la France
00:32:34et l'Europe
00:32:35occupent-elles
00:32:35concrètement
00:32:36dans vos choix
00:32:36d'investissement,
00:32:37y compris lorsque
00:32:39cela suppose
00:32:40d'arbitrer
00:32:40en faveur
00:32:41de la souveraineté
00:32:42énergétique
00:32:42plutôt que
00:32:43de la rentabilité
00:32:44immédiate ?
00:32:45L'enjeu est clair
00:32:46que les grands groupes
00:32:47énergétiques
00:32:48prennent toute leur place,
00:32:49toute leur part
00:32:50dans la transformation
00:32:51économique
00:32:51que nous devons conduire
00:32:53car la transition énergétique
00:32:55ne se décrète pas,
00:32:56elle se finance,
00:32:57s'organise,
00:32:58se partage
00:32:59et sur ces trois points
00:33:00vous êtes attendus.
00:33:02Je vous remercie.
00:33:03Merci madame la députée.
00:33:04Madame Patrier,
00:33:05monsieur le plan.
00:33:09Merci madame la députée.
00:33:12D'abord,
00:33:13peut-être
00:33:14sur l'effort
00:33:15que Total Energy fait,
00:33:17vous savez que
00:33:17Total Energy
00:33:19est la seule entreprise,
00:33:20parce qu'elle est française
00:33:22et nous ne sommes pas
00:33:22les seuls du secteur
00:33:23sur le territoire,
00:33:25qui pratique un plafond,
00:33:26ce depuis 2022,
00:33:27et un plafond
00:33:28qui est un plafond
00:33:29très significatif,
00:33:30je l'ai mentionné
00:33:31tout à l'heure,
00:33:31quand le détroit
00:33:34d'Ormouz
00:33:35ne fait plus face
00:33:37à des tirs
00:33:38depuis deux semaines,
00:33:40nous avons été
00:33:41la première compagnie,
00:33:42non seulement
00:33:43avec ce plafond,
00:33:44à avoir réduit
00:33:46nos prix
00:33:47à la pompe
00:33:48avec des prix
00:33:49très significativement
00:33:50plus bas
00:33:52que à la moyenne nationale.
00:33:54Je vous invite
00:33:55à regarder
00:33:56ce que nous pratiquons.
00:33:58quand vous mettez
00:34:00un plafond
00:34:01sur les prix
00:34:02à la pompe
00:34:03pour nos concitoyens,
00:34:05je pense que
00:34:07le partage
00:34:08de la valeur
00:34:08se fait
00:34:09vis-à-vis
00:34:10du citoyen français
00:34:11de cette manière-là
00:34:13et nous le faisons
00:34:14parce que nous sommes
00:34:15Total Energy,
00:34:16parce que nous sommes
00:34:16une entreprise française
00:34:17et il n'y a qu'en France
00:34:18que nous le pratiquons,
00:34:20ce plafond.
00:34:22Et c'est nous
00:34:22qui le finançons
00:34:23sur les résultats
00:34:25de Total Energy
00:34:25qui, comme vous le mentionnez,
00:34:28nous permettent,
00:34:28mais c'est une volonté
00:34:29de notre management,
00:34:30de bloquer les prix
00:34:32à la pompe
00:34:33avec ce plafond
00:34:34à 1,99 pour les essences
00:34:36et à 2,25 pour le diesel.
00:34:38Ensuite,
00:34:39sur le partage
00:34:40de la valeur,
00:34:41la valeur dégagée
00:34:43par Total Energy,
00:34:45c'est environ,
00:34:46je vais prendre 2025,
00:34:48vous avez 62 milliards
00:34:50de valeurs ajoutées.
00:34:51Comment est-ce qu'on répartit
00:34:53ces 62 milliards
00:34:54de valeurs ajoutées ?
00:34:55D'abord,
00:34:56le premier poste
00:34:57de la répartition
00:34:58de cette valeur
00:34:58sont les impôts
00:35:00parce que Total Energy
00:35:01est l'entreprise française
00:35:04la plus taxée au monde.
00:35:06Notre taux d'imposition
00:35:07l'année dernière,
00:35:08c'est 40%.
00:35:09Et donc,
00:35:09le premier poste
00:35:10sur ces 62 milliards
00:35:12ont été répartis
00:35:13dans tous les États
00:35:15dans lesquels
00:35:15nous avons des activités
00:35:17à hauteur
00:35:18de 19 milliards.
00:35:21Donc,
00:35:21le premier poste
00:35:22dans la répartition
00:35:23de cette valeur
00:35:24sont les impôts.
00:35:25sur les bénéfices
00:35:26et sur les taxes
00:35:27à l'exploration.
00:35:29Le deuxième poste,
00:35:30ce sont les investissements,
00:35:3217 milliards.
00:35:33Et sur ces 17 milliards,
00:35:35vous mentionnez la France.
00:35:37Alors,
00:35:38l'Europe,
00:35:38je ne l'ai pas.
00:35:39Je ne pourrai pas
00:35:39vous la donner,
00:35:40mais je peux vous
00:35:42le communiquer
00:35:42ultérieurement.
00:35:44La France,
00:35:44Total Energy en France,
00:35:46a investi
00:35:47près de 10 milliards
00:35:48depuis 2020.
00:35:51et ce n'est pas
00:35:52uniquement
00:35:53sur des activités
00:35:56qui sont des activités
00:35:58très rentables,
00:35:59puisque quand on investit
00:36:00la moitié
00:36:01sur le raffinage,
00:36:03sur la distribution,
00:36:05vous le savez très bien
00:36:07que ce sont des secteurs,
00:36:09notamment sur le raffinage,
00:36:11qui est cycliquement
00:36:12et structurellement
00:36:14négatif,
00:36:14avec des résultats,
00:36:16sinon la moitié
00:36:18des raffineries
00:36:18n'auraient pas fermé
00:36:19sur le territoire européen.
00:36:22C'est vraiment
00:36:23qu'on a fait le choix
00:36:25et c'est pour ça aussi
00:36:26que je le mentionnais
00:36:26tout à l'heure,
00:36:27de maintenir une activité
00:36:29et une production
00:36:30en France.
00:36:31Et c'est pour ça
00:36:32que nous n'avons pas
00:36:33fermé de raffineries,
00:36:34que nous avons fait le choix
00:36:36d'investir
00:36:37pour les reconvertir
00:36:38et produire
00:36:40des biocarburants.
00:36:41Sur la moitié
00:36:42de ces investissements,
00:36:44il s'agit
00:36:44des investissements
00:36:46de la souveraineté,
00:36:47de la sécurité énergétique,
00:36:49raffinage,
00:36:50dépôt,
00:36:51distribution
00:36:51avec nos stations-service.
00:36:53Et l'autre moitié,
00:36:54c'est pour préparer
00:36:55l'énergie de demain
00:36:56des Français,
00:36:57l'électricité,
00:36:59le biogaz,
00:37:00les biocarburants,
00:37:02le stockage par batterie,
00:37:03toutes ces chaînes-là
00:37:04qui sont les enjeux
00:37:06de décarbonation
00:37:07de la France.
00:37:07Et puis aussi,
00:37:09nous avons engagé
00:37:10un grand programme
00:37:11de décarbonation
00:37:12de nos unités
00:37:14industrielles
00:37:15à la fois
00:37:16de production
00:37:16de nos batteries
00:37:17à Bordeaux,
00:37:18Poitiers,
00:37:18Angoulême,
00:37:19et à la fois
00:37:20de nos raffineries
00:37:21de bruts
00:37:21et de nos bioraffineries.
00:37:24Merci,
00:37:25Mme Patrier.
00:37:27On y reviendra
00:37:27après,
00:37:28Mme Buffet,
00:37:29si vous le voulez bien.
00:37:31Pour le groupe
00:37:32de la France Insoumise,
00:37:32M. François Piquemal,
00:37:33vous avez la parole,
00:37:34M. le député.
00:37:35Oui, M. le Président,
00:37:37Mesdames et Messieurs
00:37:38représentants total,
00:37:39il y a deux choses
00:37:40aujourd'hui
00:37:40qui font consensus
00:37:42en France à peu près.
00:37:43C'est qu'on a l'effectif
00:37:45pour gagner la Coupe
00:37:45du monde de foot
00:37:46et c'est que la défiance
00:37:48vis-à-vis de Total
00:37:49dans le pays
00:37:49est pour le moins
00:37:51totale.
00:37:52Alors, M. le Président,
00:37:53vous invitez
00:37:54des représentants
00:37:55de la direction.
00:37:55Je regrette qu'il n'y ait pas
00:37:56M. Pouyanné
00:37:57et vous faites un petit peu,
00:37:59si je puis dire,
00:38:00thérapeute de couple
00:38:00pour renouer cette confiance.
00:38:02Et pour renouer la confiance,
00:38:04il faut poser
00:38:05qu'est-ce que c'est
00:38:06aujourd'hui la situation
00:38:06pour les citoyennes
00:38:08et les citoyennes
00:38:09de notre pays.
00:38:11C'est 2,20 euros
00:38:12au litre à la pompe
00:38:13pour le gazole.
00:38:15C'est simple,
00:38:16on est les champions
00:38:16d'Europe,
00:38:17j'ai encore vérifié
00:38:18ce matin,
00:38:18du prix le plus cher
00:38:20à la pompe.
00:38:21Et pour cela,
00:38:23il y a des conséquences
00:38:24évidentes sur le quotidien
00:38:26des habitantes
00:38:26et des habitants.
00:38:27D'abord,
00:38:27les professionnels,
00:38:28ceux qui travaillent
00:38:29dans le transport,
00:38:30les aides-soignantes,
00:38:31les infirmiers,
00:38:32les pêcheurs,
00:38:33les agriculteurs,
00:38:33mais aussi pour les personnes
00:38:35de manière générale
00:38:36dans leur lien social.
00:38:37C'est des vacances
00:38:38en famille
00:38:39dont on se prive
00:38:40à aller voir
00:38:41des amis
00:38:42ou des proches
00:38:43tout simplement.
00:38:44De nombreuses personnes
00:38:47donc sont affectées
00:38:48par les prix à la pompe
00:38:50et ceux-ci
00:38:50ne sont pas tombés
00:38:51du ciel.
00:38:52Ils sont le résultant
00:38:54d'une logique économique
00:38:55dans laquelle
00:38:56la société totale
00:38:57a sa part.
00:38:58En effet,
00:39:00en 2022,
00:39:01lorsque Poutine
00:39:01a envahi l'Ukraine,
00:39:03les compagnies pétrolières
00:39:04dont Total
00:39:05ont profité
00:39:06de cette crise géopolitique
00:39:08pour avoir
00:39:08des marges
00:39:09plus importantes.
00:39:10C'est encore le cas
00:39:10avec la guerre
00:39:11qui est actuellement
00:39:12menée par Trump
00:39:13et Netanyahou.
00:39:14Ainsi,
00:39:15selon le Financial Times,
00:39:17vous l'avez dit,
00:39:17monsieur le Président,
00:39:18Total vient de réaliser
00:39:20en un mois
00:39:22près d'un milliard
00:39:23d'euros
00:39:23de profits
00:39:24pendant que
00:39:25les consommateurs,
00:39:26eux,
00:39:27trinquent.
00:39:27Le bilan à plus long terme
00:39:29est aussi
00:39:30assez calamiteux
00:39:31pour l'intérêt général.
00:39:33En 2025,
00:39:34vous avez versé
00:39:35en dividendes
00:39:36et rachats d'actions
00:39:3714,5 milliards d'euros.
00:39:40Alors,
00:39:40avec 20% de cette somme
00:39:41pour donner un ordre d'idée
00:39:42à celles et ceux
00:39:43qui nous regarderaient,
00:39:44on pourrait payer
00:39:45sur tout le territoire national
00:39:46la cantine
00:39:47et les fournitures gratuites
00:39:48pour nos écolières
00:39:49et nos écoliers.
00:39:50Entre 2019
00:39:52et 2024,
00:39:53vous avez payé
00:39:530 euro d'impôt
00:39:55sur les sociétés
00:39:56grâce à l'optimisation fiscale,
00:39:58soit un manque à gagner
00:39:59de 40 milliards d'euros
00:40:01pour le pays.
00:40:02Alors,
00:40:02comment faire
00:40:03pour renouer la confiance ?
00:40:04Eh bien,
00:40:05je vous soumets
00:40:05trois suggestions.
00:40:07La première,
00:40:08bien traiter vos salariés.
00:40:09Je tiens à saluer
00:40:10les salariés,
00:40:11notamment des stations-service
00:40:12du réseau Argedis,
00:40:13qui ont fait grève
00:40:14vendredi dernier
00:40:15pour demander une aide
00:40:16au paiement de leur carburant
00:40:17en raison de la flambée
00:40:19des prix.
00:40:19La deuxième,
00:40:20le gouvernement
00:40:21doit s'en mêler
00:40:21et bloquer les prix
00:40:22pour les faire revenir
00:40:23aux prix
00:40:24auxquels ils étaient précédemment.
00:40:261,70 pour le
00:40:27sans plomb 95,
00:40:281,80 pour le gazole.
00:40:30Et la dernière,
00:40:31M. le Président,
00:40:32je finis.
00:40:32Je pense qu'il est temps
00:40:33de nationaliser
00:40:34certains secteurs
00:40:35de Total
00:40:36et j'aimerais savoir
00:40:37si vous pensez
00:40:38que c'est une bonne idée
00:40:39pour redonner
00:40:40à cette société
00:40:42son sens originel.
00:40:43Merci, M. Picmal.
00:40:45Pour donner un élément
00:40:47de réponse,
00:40:48nous avons invité
00:40:49la Société Totale
00:40:50à venir ici
00:40:51devant la Commission
00:40:52et je la remercie
00:40:52une nouvelle fois
00:40:53d'être venu.
00:40:55Ensuite,
00:40:56le groupe choisit
00:40:57qui sont ses représentants
00:40:58pour venir devant
00:40:59la Commission.
00:41:00Mais je la remercie
00:41:01tous les trois
00:41:01d'être présents
00:41:02et de pouvoir apporter
00:41:03des réponses
00:41:04à vos questions
00:41:05et notamment les vôtres.
00:41:06Et c'est à eux
00:41:07maintenant de les apporter.
00:41:11Je vais prendre
00:41:12la première partie
00:41:13de la question.
00:41:13Merci, M. le député.
00:41:16Je vais revenir
00:41:16sur quelque chose
00:41:17qu'on vous a déjà dit
00:41:18mais qui est une réalité
00:41:18sonnante et trébuchante.
00:41:21En avril,
00:41:22la moyenne du prix
00:41:23en France
00:41:25sur le marché
00:41:26était de 2,26 euros
00:41:28du litre,
00:41:29taxes comprises.
00:41:31Les grandes surfaces
00:41:32étaient à peu près
00:41:33à 2,26 euros
00:41:34du litre également.
00:41:35La moyenne du prix
00:41:36de Réseau Total Énergie
00:41:37était à 2,6 euros
00:41:38de 16 euros du litre
00:41:39lors du mois d'avril.
00:41:42D'ailleurs,
00:41:43ça revient
00:41:43sur un élément concret
00:41:44de qu'est-ce que
00:41:45ce plafonnement
00:41:46a représenté.
00:41:48Je vais aussi répondre
00:41:49tout de suite
00:41:49sur nos collègues
00:41:51d'Argédis.
00:41:52Donc,
00:41:54on est très sensibles
00:41:56effectivement
00:41:57à ce que nos collègues
00:41:58puissent disposer
00:41:59des moyens
00:42:00pour se déplacer.
00:42:02Nous avons mis en place,
00:42:04c'était prévu
00:42:05même avant cette grève,
00:42:07un barème
00:42:08de prix carburant.
00:42:09On a une prime carburant
00:42:10qui est versée
00:42:10de manière mensuelle.
00:42:11Quand c'est plus de 80 km
00:42:13qui sont parcourus
00:42:14par un salarié d'Argédis,
00:42:15et les salariés d'Argédis,
00:42:16pour rappel,
00:42:17pour l'ensemble
00:42:17des personnes
00:42:17qui nous écoutent,
00:42:18ce sont nos collègues
00:42:20qui sont employés
00:42:21dans les stations-service,
00:42:23plus de 80 km
00:42:24y toucheront
00:42:25un forfait
00:42:25de 50 euros mensuel
00:42:27et plus de 60 km
00:42:29de 40 euros mensuels.
00:42:31Donc,
00:42:31nous sommes attentifs
00:42:32évidemment
00:42:32à leurs conditions
00:42:33de travail
00:42:34dans tous les domaines.
00:42:35Et juste un point
00:42:37par rapport
00:42:37au climat social global,
00:42:39non seulement
00:42:40au sein de la compagnie,
00:42:41mais aussi au sein
00:42:42de notre fille
00:42:42à l'Argédis.
00:42:43Nous faisons
00:42:44tous les ans,
00:42:45tous les deux ans,
00:42:46très régulièrement,
00:42:46des sondages
00:42:47sur l'engagement
00:42:48des collaborateurs
00:42:48de la compagnie
00:42:49à la stratégie
00:42:50et leur engagement
00:42:52au sens propre du terme.
00:42:54il est très élevé
00:42:55et comme je l'ai dit,
00:42:56la plupart,
00:42:57la très grande majorité
00:42:58de nos collègues
00:42:59actuellement
00:42:59sont extrêmement fiers
00:43:00de venir au travail
00:43:01tous les matins
00:43:01et notamment
00:43:02parce qu'on fait face
00:43:04à un influx de clients
00:43:06lié aussi
00:43:06à la mise en place
00:43:07du plafonnement.
00:43:12Sur les autres questions
00:43:14que vous avez posées,
00:43:15Monsieur le député,
00:43:18le Financial Times,
00:43:20ce chiffre,
00:43:21nous ne savons pas du tout
00:43:22comment il a été
00:43:24calculé
00:43:24et comment il a été
00:43:25repris par la presse
00:43:27internationale.
00:43:28Ce que je voudrais
00:43:28quand même mentionner,
00:43:29c'est qu'on est là
00:43:30aujourd'hui
00:43:31parce qu'il y a
00:43:31une grosse inquiétude
00:43:33sur les approvisionnements
00:43:34et la sécurité énergétique
00:43:35du pays.
00:43:36Je peux vous dire
00:43:37que toutes nos équipes,
00:43:38où qu'elles soient
00:43:39et sur tous les continents,
00:43:41parce qu'on en a
00:43:41sur tous les continents,
00:43:43elles se sont mobilisées
00:43:44dans tout le négoce
00:43:45international
00:43:46pour approvisionner
00:43:47la France,
00:43:48pour permettre
00:43:49d'avoir
00:43:50les cargaisons
00:43:50de pétrole brut,
00:43:51pour maximiser
00:43:52les productions
00:43:53carburantes
00:43:54de nos raffineries,
00:43:55parfois celles
00:43:56de nos concurrents.
00:43:58Nous avons aussi
00:43:59mobilisé,
00:44:00et je peux vous dire
00:44:01que nos équipes
00:44:01sont hyper mobilisées
00:44:03depuis le début
00:44:04de ce conflit,
00:44:04pour pouvoir
00:44:05couvrir les demandes,
00:44:07nos contrats
00:44:08en carburant,
00:44:09ainsi que,
00:44:10comme le mentionnait
00:44:11M. Larocq
00:44:12tout à l'heure,
00:44:13ceux
00:44:13des grandes surfaces
00:44:14qui nous l'ont
00:44:18certainement mentionné
00:44:19lors des dernières réunions
00:44:21à Bercy,
00:44:21parce que nous avons
00:44:22assuré,
00:44:23effectivement,
00:44:24grâce à ces équipes,
00:44:25la sécurité énergétique
00:44:26de la France,
00:44:27quelle que soit
00:44:28l'énergie,
00:44:29que ce soit
00:44:30en pétrole brut
00:44:31pour le raffinage,
00:44:32que ce soit
00:44:32en carburant
00:44:33ou que ce soit
00:44:34en gaz.
00:44:35Donc, moi,
00:44:36ce que je retiens,
00:44:37je vais vous dire,
00:44:37nous, on est
00:44:38Total Énergie
00:44:38en France,
00:44:40c'est que,
00:44:41jusqu'à maintenant,
00:44:42nos équipes,
00:44:42elles ont assuré
00:44:43et que la sécurité énergétique,
00:44:45je crois que les Français,
00:44:47entre les approvisionnements
00:44:48de nos stations,
00:44:49de nos raffineries,
00:44:50la distribution
00:44:51et les contrats,
00:44:52plus le plafond,
00:44:53je crois qu'on peut être fiers
00:44:55de ce que nos équipes
00:44:56collectives,
00:44:57un peu partout
00:44:57sur la planète
00:44:58et aussi en France,
00:44:59ont réussi à faire.
00:45:01Merci, Mme Patrier.
00:45:03Pour le groupe
00:45:04socialiste apparenté,
00:45:05Mme Marie-Noëlle Batistel,
00:45:06vous avez la parole,
00:45:07Mme la vice-présidente.
00:45:09Merci, M. le Président,
00:45:11Mesdames les directrices,
00:45:12M. le Directeur.
00:45:14J'aurai quelques questions,
00:45:16donc je reviendrai
00:45:16sur celles
00:45:17qui ont déjà été posées
00:45:18sur les propos
00:45:19de votre président
00:45:20sur les solutions
00:45:21de réouverture
00:45:22du Détroit à Dormoz,
00:45:23affirmant que la sécurisation
00:45:25du Détroit
00:45:26pourrait très bien passer
00:45:27par un droit de péage
00:45:28payé aux gardiens
00:45:30de la Révolution,
00:45:31ce qui semble
00:45:32un peu particulier.
00:45:33Même question
00:45:34sur les propos alarmistes
00:45:36de votre président
00:45:37sur une pénurie
00:45:38distance à moyen terme
00:45:39qui a été recadrée
00:45:40par le président
00:45:41de la République,
00:45:42alors même
00:45:42que l'on sait
00:45:44que l'on peut
00:45:44dérouter
00:45:45les pipelines,
00:45:46notamment sur les côtes
00:45:47de la Mer Rouge
00:45:48via l'Arabie Saoudite,
00:45:49une solution
00:45:49qui a déjà été
00:45:50entreprise d'ailleurs
00:45:51par Taïwan,
00:45:52qui a sécurisé
00:45:53ses approvisionnements.
00:45:54Mais surtout,
00:45:54la France n'est que
00:45:55très peu dépendante
00:45:56du pétrole du Golfe,
00:45:57à l'inverse
00:45:58des pays asiatiques.
00:45:59Vous nous avez
00:46:00vous-même rassurés
00:46:01sur ces propos
00:46:01que l'on peut
00:46:02considérer
00:46:03comme excessifs.
00:46:05Concernant
00:46:05votre engagement
00:46:06dans la transition
00:46:07énergétique
00:46:07et notamment
00:46:09sur la sous-évaluation
00:46:10de vos émissions
00:46:11de gaz à effet de serre
00:46:12à 400 millions de tonnes,
00:46:13un écart important
00:46:14par rapport
00:46:15à la société Shell,
00:46:16une sous-évaluation
00:46:17qui a été relevée
00:46:18par plusieurs ONG
00:46:19dont le travail
00:46:20plutôt sérieux
00:46:21a été décrédibilisé
00:46:23par Total.
00:46:25Sur votre vision
00:46:26multi-énergie
00:46:27avec une réduction
00:46:27substantielle
00:46:28de 5 à 4,5 milliards
00:46:30de dollars
00:46:31des investissements
00:46:32de Total Energy
00:46:32dans les énergies
00:46:33bas carbone
00:46:34en 2025,
00:46:35le groupe a aussi
00:46:36rehaussé sa prévision
00:46:37de croissance
00:46:38de sa production
00:46:38de pétrole et gaz
00:46:39de 3 % par an
00:46:42jusqu'à 2030,
00:46:43mais dans le même temps,
00:46:45il affirme
00:46:46que ses ventes
00:46:47de prétole
00:46:47ne représenteront
00:46:48que 7 %
00:46:50de ses ventes
00:46:50à l'horizon 2050,
00:46:52ce qui paraît
00:46:53assez paradoxal.
00:46:54Comment pouvez-vous
00:46:55expliquer cette vision ?
00:46:57On a d'ailleurs
00:46:57un tableau
00:46:58qui le montre bien
00:47:00et qui passe
00:47:00de 43 %
00:47:01à 7 %
00:47:02à 2050
00:47:04sur les fossiles.
00:47:06Et enfin,
00:47:07sur les marges,
00:47:07vous êtes à la fois
00:47:08extracteur,
00:47:09raffineur
00:47:10et distributeur,
00:47:11ce qui tripe
00:47:12vos possibilités
00:47:15de marge.
00:47:16Vous les avez reportées,
00:47:18nous dites-vous,
00:47:19sur les prix
00:47:20à la pompe,
00:47:21mais comment pouvez-vous
00:47:23les utiliser
00:47:23encore davantage
00:47:25au profit
00:47:25du consommateur ?
00:47:26Je vous remercie.
00:47:27Merci,
00:47:28madame la députée.
00:47:29Monsieur Larocque.
00:47:30Merci,
00:47:31madame la députée.
00:47:33Donc,
00:47:33sur la sécurisation
00:47:34de nos approvisionnements,
00:47:35effectivement,
00:47:36on a donné
00:47:36quelques éléments.
00:47:37Sur les pénuries
00:47:38moyen terme,
00:47:40je vous ai donné
00:47:40l'exemple du jet,
00:47:41je pense que c'était
00:47:42très clair,
00:47:43c'est mathématique.
00:47:44Si le 2-3
00:47:45d'Hormuz reste fermé,
00:47:46effectivement,
00:47:47à terme,
00:47:48ça présente un défi
00:47:49en termes soit
00:47:50d'utilisation
00:47:50de notre stock,
00:47:51soit réduction
00:47:51de la demande
00:47:52pour arriver
00:47:53à combler
00:47:53le déficit
00:47:54d'approvisionnement.
00:47:56Yambou,
00:47:57vous parlez
00:47:57du pipeline
00:47:58qui part,
00:48:00effectivement,
00:48:01du détroit
00:48:02d'Hormuz
00:48:02qui traverse
00:48:03l'Arabie Saoudite
00:48:04et qui arrive
00:48:04jusqu'à la mer Rouge
00:48:05pour arriver
00:48:06à un point
00:48:07d'exportation
00:48:08qui s'appelle
00:48:08Yambou.
00:48:09Il y a eu
00:48:10une légère augmentation
00:48:11effectivement
00:48:12des sorties
00:48:13par ce pipeline
00:48:14de l'ordre
00:48:14de 2,5 millions
00:48:16de barils
00:48:16de jour.
00:48:17Mais en regard
00:48:18des 10 millions
00:48:18de barils
00:48:19de jour
00:48:19dont on vous parlait,
00:48:19ça reste quand même
00:48:20assez peu.
00:48:23Et notre président
00:48:24a été très clair
00:48:25aussi sur le fait
00:48:26que ces pipelines
00:48:28présentaient
00:48:29un intérêt
00:48:29en effet.
00:48:30Sur les marges,
00:48:31je viens à votre
00:48:32dernière question
00:48:32parce que je vais
00:48:33passer la parole
00:48:33à Mme Patrier
00:48:34sur les questions
00:48:34que vous avez eues.
00:48:35Sur les marges,
00:48:37je vais revenir
00:48:38un instant
00:48:38sur les marges
00:48:39de raffinage.
00:48:40Quand on regarde
00:48:41les chiffres
00:48:42de l'UFIP
00:48:43qui ont servi
00:48:44de source
00:48:44à un certain nombre
00:48:46de commentaires
00:48:46qui ont été faits
00:48:47sur les marges
00:48:47de raffinage,
00:48:49donc effectivement,
00:48:50quand on regarde
00:48:50le chiffre de l'UFIP,
00:48:51il y a une augmentation
00:48:52de la marge
00:48:52de raffinage
00:48:53au mois de mars
00:48:54par rapport
00:48:54au mois de février.
00:48:56Mais il faut quand même
00:48:57rappeler que les marges
00:48:58de raffinage
00:48:58en janvier et février,
00:49:00c'est publiques,
00:49:00les données sont dans
00:49:01les rapports de l'UFIP,
00:49:02sont basses.
00:49:04In fine,
00:49:05la marge moyenne
00:49:06du premier trimestre
00:49:07de cette année,
00:49:08janvier, février, mars,
00:49:09est légèrement inférieure
00:49:11à la marge
00:49:12de raffinage moyenne
00:49:13du dernier trimestre
00:49:14de l'année dernière.
00:49:15Encore une fois,
00:49:16les données de l'UFIP
00:49:17vous montreront
00:49:18et vous démontreront
00:49:19ce que je suis en train
00:49:19de vous dire.
00:49:21Donc,
00:49:21c'est juste pour rééquilibrer
00:49:22un tout petit peu
00:49:23le contexte
00:49:24et le débat
00:49:24qu'il y a pu avoir
00:49:25entre raffinage
00:49:26et marketing.
00:49:27Je ne pense pas
00:49:27qu'il soit utile
00:49:28d'opposer les uns aux autres.
00:49:30Ce n'est pas très productif.
00:49:31Ce que nous faisons,
00:49:32nous, en tout cas,
00:49:33c'est ce qu'on a expliqué,
00:49:33c'est qu'on maximise
00:49:34la production
00:49:34de nos raffineries
00:49:36pour les produits
00:49:37qui sont les plus fortement
00:49:38importés dans le pays
00:49:39de telle manière
00:49:40que nous puissions
00:49:40contribuer à amoindrir
00:49:42l'attention sur le marché.
00:49:44Merci.
00:49:47Madame la Ville députée,
00:49:49je reviens sur vos enjeux
00:49:51en termes d'émissions
00:49:52et de transition énergétique.
00:49:54Je vais me concentrer
00:49:55sur la France
00:49:55parce que c'est mon périmètre.
00:49:59S'agissant des émissions
00:50:00de Total Énergie en France,
00:50:02vous le savez peut-être,
00:50:03nous avons signé
00:50:04un contrat de transition énergétique
00:50:05pour justement réduire
00:50:07entre 2015 et 2030
00:50:09de 50 % les émissions
00:50:11de nos sites de raffinage
00:50:13et de nos usines.
00:50:14Nous avons pour ce faire
00:50:16investi fortement.
00:50:18Tout à l'heure,
00:50:19j'évoquais la bioraffinerie
00:50:20de la MED.
00:50:21Nous avons investi
00:50:22près de 400 millions
00:50:23pour réduire nos émissions.
00:50:25C'était un site
00:50:26qui faisait 1,2 million de tonnes.
00:50:28Ça nous a permis
00:50:29de les réduire de 80 %.
00:50:30Aujourd'hui,
00:50:31nous sommes en train
00:50:32de terminer
00:50:33la réalisation du chantier
00:50:35à Grand Puy
00:50:36en Seine-et-Marne
00:50:37pour cette deuxième bioraffinerie
00:50:39qui donc était une raffinerie
00:50:41inaugurée à l'époque
00:50:42par Compidou en 1967.
00:50:44qui traitait du pétrole brut.
00:50:46Quand vous faites ça
00:50:47et que vous investissez
00:50:47500 millions sur une plateforme
00:50:49qui devient bientôt
00:50:51une plateforme zéro pétrole
00:50:52qui fera du recyclage plastique
00:50:54et des biocarburants aériens durables
00:50:56pour les aéroports
00:50:57d'Orly et Charles de Gaulle,
00:50:59là encore,
00:51:00vous réduisez vos émissions.
00:51:01C'est ça la trajectoire
00:51:02de Total Energy
00:51:02et nous avons investi
00:51:04lourdement
00:51:04sur les 10 milliards
00:51:06que nous avons investis
00:51:07ces quatre dernières années.
00:51:08Il y en a la moitié
00:51:09dans cette transition.
00:51:11Autre point important
00:51:12qu'il faut que vous ayez en tête,
00:51:14on parle beaucoup
00:51:15d'électrification des usages.
00:51:17Total Energy,
00:51:18je l'ai dit tout à l'heure,
00:51:19c'est 2 gigawatts
00:51:19de production
00:51:20d'électricité renouvelable.
00:51:23Avec l'accord
00:51:24que nous avons signé
00:51:25avec EPH,
00:51:25ça sera 1 gigawatt
00:51:27de stockage supplémentaire.
00:51:29Avec nos centrales gaz,
00:51:31ça nous permet
00:51:31d'avoir une flexibilité
00:51:32de piloter
00:51:33et nous avons aujourd'hui
00:51:35entre l'appel d'offres
00:51:36en centre manche 2
00:51:38chez vous,
00:51:39monsieur le président,
00:51:411,5 gigawatt
00:51:43encore de remportés
00:51:46en projet
00:51:46et 2 gigawatts
00:51:48en instruction.
00:51:49Donc notre trajectoire,
00:51:50elle est ferme,
00:51:52elle est affichée
00:51:52et nous continuons
00:51:54de l'avancer
00:51:55comme telle en France.
00:51:57Et je vais terminer
00:51:57par, après les biocarburants
00:51:59et l'électricité,
00:52:00par le biogaz.
00:52:01Nous avons une capacité
00:52:02de 800 gigawatts
00:52:05de biogaz
00:52:07par biométhanisation
00:52:09en France
00:52:09qui nous permet
00:52:10à la fois
00:52:10de décarboner
00:52:11le gaz naturel
00:52:12et à la fois
00:52:13de permettre
00:52:14aux agriculteurs
00:52:15d'épendre
00:52:16des engrais
00:52:17qui sont des engrais bio.
00:52:19Donc je pense
00:52:19qu'on fait notre part
00:52:21avec, au-delà de ça,
00:52:23pour les nouvelles mobilités,
00:52:25un déploiement
00:52:26de 26 000 bornes
00:52:27de recharge.
00:52:28On est le leader
00:52:29de la recharge
00:52:30haute puissance
00:52:31en France.
00:52:33Je pense
00:52:34qu'on accompagne
00:52:35véritablement
00:52:36la décarbonation
00:52:37à la fois
00:52:38de nos sites,
00:52:38à la fois
00:52:39des usages
00:52:40de nos clients
00:52:41pour pouvoir
00:52:42accompagner
00:52:42les Français.
00:52:44Merci,
00:52:45Madame la directrice.
00:52:48pour le groupe
00:52:49écologiste
00:52:50et social.
00:52:50Madame Marie Pochon,
00:52:51vous avez la parole,
00:52:52Madame la députée.
00:52:53Merci,
00:52:54Monsieur le Président.
00:52:57Mesdames les directrices,
00:52:59Monsieur le directeur,
00:53:00se faire de l'argent
00:53:01sur la guerre,
00:53:02c'est sans nul doute
00:53:03le pire aboutissement
00:53:04du capitalisme.
00:53:05Le capitalisme
00:53:06n'a jamais prétendu
00:53:07être moral,
00:53:07et votre entreprise,
00:53:08comme d'autres d'ailleurs,
00:53:09mais c'est vous
00:53:09que nous éditionnons
00:53:10aujourd'hui,
00:53:11non plus.
00:53:12Votre directeur général
00:53:13déclarait lui-même
00:53:14« Nous avons établi
00:53:15un budget à 60 dollars
00:53:16le baril,
00:53:16mais j'aime bien
00:53:17être démenti.
00:53:18À 110 dollars,
00:53:19je serais plutôt content.
00:53:20Si le détroit d'Ormuz
00:53:22venait à être fermé,
00:53:23le pétrole monterait. »
00:53:25Plutôt content,
00:53:26Patrick Pouyanné
00:53:27doit certainement l'être,
00:53:28car pendant un mois,
00:53:29tandis qu'une partie
00:53:29du Moyen-Orient
00:53:30s'enfonçait dans le chaos
00:53:31et que les travailleurs
00:53:32voyaient grimper
00:53:32les prix à la pompe
00:53:33comme rarement dans le pays,
00:53:35les compagnies pétrolières
00:53:36ont engrangé
00:53:36les dividendes de la crise,
00:53:38plus d'un milliard de dollars
00:53:38pour Total Energy
00:53:39sur le seul mois de mars,
00:53:40selon le Financial Times.
00:53:42Ce n'est pas la première fois
00:53:43qu'il est plutôt content.
00:53:44En 2022,
00:53:45en pleine guerre en Ukraine,
00:53:46Total avait annoncé
00:53:4718,5 milliards d'euros
00:53:48de bénéfices
00:53:49au premier semestre,
00:53:50soit en hausse de 200%
00:53:51par rapport
00:53:52au premier semestre 2021
00:53:53et 36,2 milliards
00:53:55de dollars sur l'année.
00:53:56En 2023,
00:53:57le groupe a encore engrangé
00:53:5823,2 milliards
00:53:59de dollars de profits.
00:54:01Ce 29 mai,
00:54:02ce sera l'heure
00:54:02de votre Assemblée générale
00:54:03annuelle.
00:54:04En amont de celle-ci,
00:54:05ma première question pour vous,
00:54:06mesdames les directrices,
00:54:07monsieur le directeur,
00:54:08est la suivante.
00:54:09Vous dites que le chiffre
00:54:10de Financial Times
00:54:11n'est pas correct.
00:54:12Quel sera le résultat
00:54:13annoncé à cette date
00:54:14aux actionnaires
00:54:14de l'entreprise ?
00:54:15Par ailleurs,
00:54:16un récent rapport
00:54:17de l'Observatoire international
00:54:18de la fiscalité dévoile
00:54:19qu'environ 12%
00:54:20des profits réalisés
00:54:21par les majors extractives
00:54:23sont enregistrés
00:54:24dans les paradis fiscaux.
00:54:25Lors des booms
00:54:26des matières premières,
00:54:27comme c'est le cas aujourd'hui,
00:54:28cette part grimpe
00:54:29en moyenne à 20%.
00:54:30En 2022,
00:54:32le groupe Total Energy
00:54:32aurait déclaré
00:54:3311,5 milliards d'euros
00:54:34de profits
00:54:35au niveau mondial,
00:54:36mais très peu en France,
00:54:37ce qui lui a permis
00:54:38d'échapper largement
00:54:38à la contribution exceptionnelle
00:54:40mise en place
00:54:40par l'Union européenne.
00:54:42Ma deuxième question
00:54:43est donc la suivante.
00:54:44Pouvez-vous préciser
00:54:45où sont enregistrés
00:54:46ces profits
00:54:46et justifier leur localisation
00:54:47au regard de votre activité
00:54:48réelle dans ces pays ?
00:54:50Enfin,
00:54:51dans votre rapport
00:54:52Sustainability and Climate
00:54:542026,
00:54:54publié le 26 mars dernier,
00:54:56vous reconnaissez
00:54:57ne pas être en mesure,
00:54:58malgré vos capacités
00:54:59d'investissement,
00:54:59de vous doter
00:55:00d'un plan de transition
00:55:01climatique conforme
00:55:02aux standards européens.
00:55:03Des standards que vous avez
00:55:05par ailleurs activement
00:55:05ont contribué à affaiblir
00:55:06à la suite d'un lobbying
00:55:08intense et documenté.
00:55:09Total Energy
00:55:09et d'autres entreprises
00:55:10ont obtenu la suppression
00:55:11de l'obligation contraignante
00:55:12d'adopter et de mettre en œuvre
00:55:14un plan de transition climatique
00:55:15de la directive
00:55:16sur le devoir de vigilance
00:55:17des entreprises
00:55:18dite CS3D.
00:55:19Ce qui vous permet aujourd'hui
00:55:20très concrètement
00:55:21de justifier en toute légalité
00:55:22l'absence de plans de transition.
00:55:24Dans le même temps,
00:55:25Total Energy
00:55:26et l'administration Trump
00:55:27concluaient un accord
00:55:28d'environ un milliard de dollars
00:55:29pour annuler
00:55:29des projets éoliens en mer
00:55:32et augmenter massivement
00:55:33ses investissements
00:55:34dans les énergies fossiles.
00:55:35La vieille machine
00:55:36continue de tourner
00:55:379,5 milliards de dollars
00:55:38dans le pétrole
00:55:39et 4 milliards dans le gaz
00:55:40en 2025.
00:55:42Plutôt content.
00:55:43Monsieur le directeur,
00:55:44mesdames les directrices,
00:55:46ma dernière question
00:55:46est donc la suivante.
00:55:47Il y a un moment
00:55:48où vous l'affichiez pourtant
00:55:49cette transition écologique
00:55:51et énergétique.
00:55:52Pensez-vous réellement
00:55:53que ce modèle puisse
00:55:54un jour prétendre
00:55:55à une quelconque forme
00:55:56de moralité ?
00:55:57Je vous remercie.
00:55:57Merci, madame la députée.
00:55:59Monsieur Larocque.
00:56:00Merci, madame la députée.
00:56:02Au-delà d'un commentaire
00:56:05relatif au capitalisme,
00:56:06je voudrais quand même
00:56:06rappeler que TotalEnergie,
00:56:08comme je l'ai dit
00:56:08en propos introductif,
00:56:09c'est 1,4%
00:56:10de la production mondiale.
00:56:12C'est déjà beaucoup,
00:56:13mais c'est finalement
00:56:14relativement peu.
00:56:16Comme aussi,
00:56:17on vous l'a précisé
00:56:19en propos introductif,
00:56:20fondamentalement,
00:56:21cette ressource énergétique,
00:56:22elle est importée.
00:56:23Et donc, nous sommes
00:56:24dépendants du marché
00:56:25international
00:56:25pour importer cette ressource.
00:56:28C'est vrai pour le pétrole brut,
00:56:30puisque, comme ça a été mentionné,
00:56:32plus de 99% du pétrole brut
00:56:33est importé.
00:56:34Nous sommes dépendants
00:56:35des prix formés
00:56:36sur le marché international.
00:56:37Et c'est vrai de la même façon,
00:56:39en grande partie,
00:56:40pour le diesel
00:56:40et pour le jet,
00:56:41qui à plus de 50%
00:56:42sont importés.
00:56:43Donc oui,
00:56:44nous sommes nous-mêmes
00:56:45soumis
00:56:46aux règles
00:56:47de ce marché international.
00:56:48Nous sommes nous-mêmes
00:56:48soumis à ces quotations.
00:56:51Et la seule chose
00:56:52qu'on puisse faire,
00:56:52et c'est ce qu'on fait en France
00:56:53pour nos clients français,
00:56:54c'est d'amoindrir
00:56:55les impacts de ces quotations
00:56:56qui s'imposent
00:56:57à l'ensemble des acteurs
00:56:58de la chaîne pétrolière.
00:57:00Je vais laisser ma collègue
00:57:01répondre sur les autres parties.
00:57:05Vous éviez au pied
00:57:06le peu d'impôts
00:57:07payés par Total Energy
00:57:09en France
00:57:09et les enjeux
00:57:10de fiscalité
00:57:11de notre compagnie.
00:57:13Je peux vous dire
00:57:14qu'on aimerait bien
00:57:14payer des impôts en France.
00:57:16Pourquoi est-ce qu'on ne paye
00:57:16pas d'impôts en France ?
00:57:17C'est parce qu'en fait,
00:57:19nous avons une activité
00:57:20de raffinage
00:57:20qui, globalement,
00:57:22porte des pertes,
00:57:24principalement
00:57:25l'essentiel du temps.
00:57:27C'est-à-dire qu'en fait,
00:57:28je vais vous expliquer
00:57:29comment ça se passe.
00:57:31Il y a quelques années,
00:57:33mon métier,
00:57:33c'était de distribuer
00:57:34du kérosène.
00:57:36Quand vous distribuez
00:57:37du kérosène,
00:57:38vous avez des compagnies aériennes
00:57:39qui font des appels d'offres
00:57:40auxquels vous répondez
00:57:41et vos appels d'offres,
00:57:42vous les adossez
00:57:43sur vos productions
00:57:43de raffinerie.
00:57:45Vous produisez,
00:57:46vous raffinez votre pétrole brut
00:57:48et vous produisez pour elle.
00:57:49Puis, il y a une douzaine d'années,
00:57:51il a commencé à y avoir
00:57:53un certain nombre
00:57:53de raffineries,
00:57:55soit aux Etats-Unis,
00:57:56soit au Moyen-Orient,
00:57:57qui étaient plus compétitives
00:57:59que nos raffineries françaises.
00:58:01Pourquoi ?
00:58:02Parce que,
00:58:03légitimement,
00:58:03le coût de l'énergie
00:58:04en Europe
00:58:05est plus cher
00:58:06qu'aux Etats-Unis
00:58:07ou qu'au Moyen-Orient,
00:58:08parce que nous rémunérons mieux
00:58:10nos collaborateurs,
00:58:11parce que nous n'avons pas
00:58:12du tout la même fiscalité
00:58:14et les mêmes environnements.
00:58:15Donc, ils sont allés chercher
00:58:17des molécules
00:58:17et c'est bien légitime
00:58:18parce que le poids du carburant
00:58:20dans leur compte de résultats
00:58:21est immense.
00:58:24Résultat,
00:58:25nous nous sommes retrouvés
00:58:26avec des raffineries
00:58:27en perte
00:58:28parce que,
00:58:28quand vous raffinez
00:58:29et que vos produits
00:58:31n'arrivent pas
00:58:32à atteindre
00:58:33le montant du prix
00:58:35pour couvrir vos charges,
00:58:37en fait,
00:58:37vous êtes en perte.
00:58:39Et aujourd'hui,
00:58:39Total Energy,
00:58:40c'est exactement
00:58:41la situation
00:58:42dans laquelle elle se trouve.
00:58:44Jusqu'à maintenant,
00:58:44on s'est attaché
00:58:45à regarder le prix
00:58:46et finalement,
00:58:47avec cette crise
00:58:48et ce blocage
00:58:49du détroit d'Hormuz,
00:58:51finalement,
00:58:51notre raffinage français
00:58:52en France,
00:58:53avec des emplois français
00:58:55et des investissements
00:58:56sur notre territoire national,
00:58:58ce n'est plus le prix
00:58:59qu'on regarde,
00:59:00c'est sa valeur.
00:59:01Et aujourd'hui,
00:59:02je vous dis,
00:59:03on aimerait bien avoir
00:59:04la possibilité
00:59:05de payer des impôts
00:59:06sur le raffinage
00:59:07tous les ans en France.
00:59:08Ce n'est pas le cas.
00:59:09Voilà pourquoi Total Energy
00:59:11ne paye pas d'impôts
00:59:13en France.
00:59:13Vous parliez aussi
00:59:15de nos enjeux
00:59:15en termes de transition
00:59:17énergétique.
00:59:18En termes de transition
00:59:19énergétique,
00:59:20Total Energy
00:59:22accompagne les Français.
00:59:23Il me semble que
00:59:24quand vous produisez
00:59:26de l'électricité,
00:59:27que vous avez un nouveau métier,
00:59:28au-delà du pétrole
00:59:29et du gaz,
00:59:30que vous avez un troisième métier
00:59:31qui est l'électricité,
00:59:32que vous êtes sur la chaîne
00:59:33intégrée,
00:59:34que vous investissez,
00:59:35vous avez vu l'accord
00:59:36que nous avons fait
00:59:37avec EPH,
00:59:38que vous avez remporté
00:59:39des appels d'offres
00:59:40d'éolien offshore
00:59:41en France,
00:59:42que vous avez,
00:59:43alors c'est peut-être
00:59:44un message à vous
00:59:45les députés,
00:59:472 gigawatts
00:59:48de projets en instruction
00:59:49dont un quart
00:59:50depuis plus de 2 ans
00:59:51sans permis,
00:59:53que vous mettez
00:59:5314 permis
00:59:54pour avoir
00:59:55l'autorisation
00:59:56de faire une ferme solaire
00:59:57dans le pays.
00:59:58Oui, effectivement,
00:59:59il y a un sujet,
01:00:00peut-être que ça ne va pas
01:00:01assez vite
01:00:01et c'est peut-être
01:00:01le sentiment que vous avez,
01:00:02c'est aussi le nôtre.
01:00:05Merci, Mme Patrier.
01:00:07Pour le groupe Horizon,
01:00:09M. Thomas Lam,
01:00:10vous avez la parole,
01:00:11M. le député.
01:00:11Merci, M. le Président,
01:00:13Mesdames et Messieurs,
01:00:14les directeurs
01:00:15représentants
01:00:15de la société Total.
01:00:17Donc Total est une société
01:00:19qui a son siège
01:00:19dans les Hauts-de-Seine,
01:00:20département dont je suis élu.
01:00:22Je voulais simplement souligner
01:00:23qu'ayant beaucoup
01:00:24d'habitants
01:00:26de ma circonscription
01:00:27qui travaillent chez vous,
01:00:30le retour sur la politique,
01:00:32votre politique sociale
01:00:33qui, selon leur dire,
01:00:35est très satisfaisante.
01:00:37Mais là,
01:00:38n'est pas mon propos.
01:00:39J'avais une première question
01:00:41sur la part
01:00:42des actionnaires français
01:00:45dans votre groupe
01:00:46qui a reculé
01:00:46de plus de 7 points
01:00:47depuis 2010
01:00:49et que le centre de gravité
01:00:51de votre capital
01:00:52se déplace inexorablement
01:00:53outre-Atlantique
01:00:54face à ces dynamiques.
01:00:55La possibilité
01:00:56d'un changement
01:00:57de nationalité
01:00:58du groupe
01:00:58à moyen ou long terme
01:01:00ne peut donc plus
01:01:01être exclue
01:01:02si les tendances
01:01:03actuelles se poursuivent.
01:01:04Ce glissement
01:01:05ne serait pas neutre.
01:01:06Dans un contexte
01:01:07de guerre économique,
01:01:07le contrôle du capital
01:01:08est un instrument
01:01:09de puissance.
01:01:10Laisser dériver
01:01:11l'actionnariat
01:01:12d'un fleuron énergétique
01:01:13national
01:01:13vers des intérêts étrangers,
01:01:15c'est perdre progressivement
01:01:16la main
01:01:16sur ses orientations stratégiques
01:01:18et avec elle
01:01:18un instrument majeur
01:01:19de notre politique
01:01:21énergétique
01:01:22et industrielle.
01:01:23Première question,
01:01:24avez-vous prévu
01:01:25d'agir
01:01:25pour renverser
01:01:27cette tendance ?
01:01:28Dans la même thématique,
01:01:29vous avez évoqué
01:01:30le sujet
01:01:31des raffineries.
01:01:31Deux raffineries françaises,
01:01:33pas de total,
01:01:34ont été cédées
01:01:36à des entreprises étrangères
01:01:37ces dernières années
01:01:38à Fausse-sur-Mer,
01:01:40cédées par ESO
01:01:41à un consortium suisse
01:01:42à Gravenchon,
01:01:44cédées par Exxon
01:01:45à une entreprise canadienne.
01:01:46Vous l'avez dit,
01:01:47les raffineries
01:01:48couvrent encore
01:01:48une part significative
01:01:50de la demande nationale
01:01:51et on comprend aisément
01:01:53que des raffineries
01:01:53détenues par des intérêts
01:01:54étrangers
01:01:55pourraient à l'avenir
01:01:55prioriser d'autres marchés
01:01:57en cas de tension
01:01:58ou de meilleure marge.
01:02:01De plus,
01:02:01vous avez donc répété
01:02:03que vos raffineries françaises
01:02:04étaient déficitaires.
01:02:06Ma question est la suivante.
01:02:08Envisagez-vous
01:02:08de céder
01:02:10vos raffineries françaises
01:02:12ou pouvons-nous compter
01:02:12sur Total
01:02:13pour assurer
01:02:14notre souveraineté
01:02:16en termes
01:02:16d'approvisionnement
01:02:17en carburant ?
01:02:18Enfin,
01:02:19Total Energy
01:02:19accélère sur des filières
01:02:20d'avenir
01:02:21telles que
01:02:21la production de gaz
01:02:22à faible émission
01:02:23de carbone,
01:02:23biogaz,
01:02:25biocarburant,
01:02:25hydrogène vert.
01:02:27Quel est le potentiel
01:02:28de cette production
01:02:28en France
01:02:29et quelles sont
01:02:30les implications
01:02:30pour notre souveraineté
01:02:31énergétique ?
01:02:33Je vous remercie.
01:02:34Merci,
01:02:34M. le député.
01:02:35Mme Patrier,
01:02:37M. Larocque.
01:02:38Je vais commencer
01:02:38par l'actionnariat.
01:02:41Vous avez raison,
01:02:43l'actionnariat
01:02:43de Total Energy
01:02:44est en mutation.
01:02:46Peut-être pour vous remettre
01:02:48les chiffres en tête,
01:02:51le premier actionnaire
01:02:52de Total Energy
01:02:53sont ses salariés.
01:02:54l'actionnariat
01:02:55employé,
01:02:56c'est 9%.
01:02:58Ensuite,
01:02:58l'actionnariat
01:02:59individuel,
01:03:0017%,
01:03:00dont 35%
01:03:02de Français.
01:03:04Ensuite,
01:03:05vous avez
01:03:05l'Amérique du Nord,
01:03:06Canada,
01:03:06États-Unis
01:03:07à 38%
01:03:08et après,
01:03:08une répartition
01:03:09d'institutionnels.
01:03:11Royaume-Uni,
01:03:1210%,
01:03:13France,
01:03:139%,
01:03:14reste de l'Europe,
01:03:1511,8%
01:03:15et reste du monde,
01:03:174%.
01:03:17Alors,
01:03:17effectivement,
01:03:18la question,
01:03:19c'est pourquoi
01:03:19est-ce que les Français
01:03:20ou pourquoi est-ce que
01:03:21globalement,
01:03:22les Européens,
01:03:23quittent le capital
01:03:26de Total Energy ?
01:03:27Pourquoi les grands
01:03:28institutionnels français
01:03:30ont vendu
01:03:31l'action Total Energy ?
01:03:33Je vais vous dire
01:03:33parce que quand la France
01:03:34décide d'une réglementation
01:03:37et décide de retirer
01:03:39le label ISR
01:03:40et que Bercy le décide,
01:03:43en fait,
01:03:44la France
01:03:44pousse,
01:03:46en retirant ce label ISR
01:03:48à notre secteur d'activité,
01:03:49pousse les institutionnels français
01:03:52à vendre l'action Total Energy.
01:03:54Et quand les institutionnels français
01:03:56sont poussés
01:03:56à vendre l'action Total Energy,
01:03:58en fait,
01:03:59la France
01:03:59incite les institutionnels
01:04:01étrangers
01:04:02à acheter
01:04:03l'action Total Energy.
01:04:05Et je vous le dis
01:04:06pour la France,
01:04:07mais on a exactement
01:04:08le même phénomène
01:04:09pour l'Europe
01:04:10avec des critères
01:04:11et des labels ESG
01:04:12qui ne nous sont plus dédiés
01:04:15parce que nous sommes
01:04:16dans le secteur
01:04:17du pétrole
01:04:18et du gaz
01:04:19alors même que
01:04:20nous sommes
01:04:21dans notre secteur d'activité
01:04:22celui qui investit
01:04:23le plus dans la transition énergétique
01:04:25qui le prouve
01:04:26avec, vous l'avez vu,
01:04:28les cash flows positifs
01:04:29que dégage
01:04:30notre chaîne globale
01:04:32de l'électricité.
01:04:33Eh bien, malgré tout,
01:04:34nous n'avons pas droit
01:04:36à ces labels
01:04:36et ces politiques
01:04:38incitent effectivement
01:04:39les Américains,
01:04:41les non-européens
01:04:44de l'Union Européenne
01:04:46à acheter
01:04:47l'action Total Energy.
01:04:52Je vais prendre la partie
01:04:53de votre question.
01:04:54Sur le raffinage,
01:04:56effectivement,
01:04:57un certain nombre
01:04:57de raffineries
01:04:58ont été récemment cédées.
01:04:59La dernière en date,
01:05:00c'est Gelsen Kirchhoen
01:05:01du groupe BP
01:05:02qui a été cédé
01:05:03à une entreprise suisse
01:05:04qui s'appelle Kletch.
01:05:06C'est une tendance
01:05:07qu'on observe sur le marché.
01:05:09Je ne vais pas faire
01:05:10de commentaires
01:05:10par rapport aux stratégies
01:05:12ou faire des suppositions
01:05:13sur les stratégies
01:05:14qui seraient mises en oeuvre
01:05:15par ces acquéreurs.
01:05:18Pour autant,
01:05:19effectivement,
01:05:20ces sessions de raffinerie
01:05:21viennent confirmer
01:05:22ce que disait
01:05:22Mme Isabelle Patrier
01:05:23juste avant.
01:05:24Le secteur du raffinage
01:05:25en France
01:05:26et en Europe aussi
01:05:27a dû se replier.
01:05:30Beaucoup de sites
01:05:31ont fermé
01:05:31au cours des 20 dernières années.
01:05:33Et effectivement,
01:05:34la marge de raffinage
01:05:35qui a été exceptionnellement bonne
01:05:36sans exagérer
01:05:38au mois de mars
01:05:38n'arrive qu'à générer
01:05:40une marge de raffinage
01:05:41équivalente au premier trimestre
01:05:43à celle du dernier trimestre.
01:05:44Donc oui,
01:05:45c'est un secteur
01:05:46qui souffre
01:05:46et qui a du mal
01:05:48à dégager
01:05:48de la rentabilité.
01:05:52Sur le biogaz,
01:05:54l'hydrogène vert
01:05:55et les biocarburants,
01:05:56nous allons produire
01:05:58dans le premier producteur
01:06:01de biocarburants
01:06:02avec un million de tonnes
01:06:04d'ici l'année prochaine
01:06:06avec nos deux bioraffineries
01:06:08de la MED et de Grand-Puis,
01:06:10mais aussi parce que nous avons
01:06:12lancé des coprocessings
01:06:14pour produire des biocarburants
01:06:16aériens durables,
01:06:18notamment sur notre raffinerie
01:06:21de Normandie.
01:06:23La vision que nous en avons,
01:06:25c'est qu'il faut que les réglementations
01:06:28s'appliquent et soient régulières.
01:06:31Je m'explique.
01:06:32Quand vous avez depuis un an,
01:06:36depuis le 1er janvier 2025,
01:06:382% de taux d'incorporation
01:06:40dans le kérosène
01:06:41de biocarburants aériens durables,
01:06:44fabriqués, alors pour nous,
01:06:46à partir de déchets.
01:06:48C'est pour chez Total Energy,
01:06:49ce ne sont pas des huiles de palme,
01:06:52c'est des huiles alimentaires usagées.
01:06:56Il faut absolument
01:06:57que cette trajectoire réglementaire,
01:06:59elle soit continue,
01:07:01parce que nous,
01:07:02on n'investit pas aux bornes
01:07:04de la durée d'un plan,
01:07:06d'un PLF.
01:07:07Donc en fait, pour nous,
01:07:09la visibilité de ce marché
01:07:11est extrêmement liée
01:07:13à la réglementation européenne
01:07:15et à ses déclinaisons françaises,
01:07:18de façon à pouvoir soutenir
01:07:19les investissements
01:07:20de transformation de notre raffinage
01:07:23en bioraffinerie.
01:07:25S'agissant du biogaz,
01:07:27nous avons, je vous l'ai dit,
01:07:29expliqué ce que nous avons
01:07:32développé, ce que nous développons
01:07:33avec nos équipes en biométhanisation.
01:07:35Enfin, sur l'hydrogène vert,
01:07:37nous, ce que nous voyons,
01:07:39c'est que quand on est dans une raffinerie,
01:07:41vous pouvez électrifier un four,
01:07:43vous pouvez électrifier certains éléments
01:07:44d'une raffinerie.
01:07:45Par contre, le process de bioraffinage
01:07:49ou de raffinage nécessite du gaz.
01:07:51Donc pour nous, l'hydrogène vert,
01:07:52c'est essentiellement
01:07:54la décarbonation de nos usines
01:07:57pour lesquelles nous avons,
01:07:59vous l'avez vu,
01:07:59lancé un appel d'offres particulier,
01:08:01justement pour lancer
01:08:02une filière d'hydrogène vert
01:08:04en Europe.
01:08:06Merci, madame la directrice générale.
01:08:09Pour le groupe de la gauche démocrate
01:08:11et républicaine,
01:08:11M. Julien Bruggerolle,
01:08:12vous avez la parole,
01:08:13M. le député.
01:08:16Merci, M. le Président.
01:08:18Mesdames les directrices,
01:08:19M. le directeur,
01:08:20je vous remercie d'abord
01:08:21d'être présent devant notre commission
01:08:23aujourd'hui.
01:08:24J'ai presque envie
01:08:25de sortir un mouchoir
01:08:26en vous écoutant.
01:08:28Tant votre présentation,
01:08:30tout en délicatesse
01:08:32de votre activité,
01:08:33de votre politique tarifaire,
01:08:35ferait presque pleurer
01:08:36dans les chaumières,
01:08:37et tant elle contraste
01:08:39avec la profitabilité exceptionnelle
01:08:41de votre groupe.
01:08:42Ça a été rappelé
01:08:42par des collègues.
01:08:44En 2023,
01:08:4519 milliards d'euros
01:08:46de bénéfices nets.
01:08:47En 2024,
01:08:4815 milliards d'euros.
01:08:49En 2025,
01:08:4915 milliards d'euros.
01:08:51Je dirais d'abord,
01:08:53aujourd'hui,
01:08:53beaucoup de Français souffrent.
01:08:55Ils souffrent de la flambée
01:08:56des prix,
01:08:56mais ils souffrent surtout
01:08:58des pratiques spéculatives
01:09:00et des surmarches
01:09:01pratiquées par des groupes
01:09:02comme les vôtres.
01:09:03Ça a été rappelé aussi,
01:09:05vous tenez une place particulière
01:09:06parce que vous êtes à la fois
01:09:09pétrolier extracteur,
01:09:10raffineur,
01:09:11distributeur,
01:09:12vous embrassez toute la chaîne
01:09:12de valeurs énergétiques
01:09:13sur les carburants.
01:09:15Alors,
01:09:15on voit bien que petit à petit,
01:09:17l'envers du décor
01:09:18des marges pratiquées
01:09:19sort au grand jour.
01:09:21Ça a été le cas
01:09:21il y a quelques jours
01:09:22sur la part distribution,
01:09:24mais on n'a pas tous les éléments
01:09:25sur l'ensemble
01:09:26de la chaîne des valeurs.
01:09:26Je comprends que vous êtes
01:09:29devant nous pour faire
01:09:30en quelque sorte
01:09:32le service après-profit
01:09:34de cette politique commerciale.
01:09:37Vous avez dit tout à l'heure
01:09:39combien vous aviez modéré
01:09:40vos marges de distribution,
01:09:42qu'elles étaient significativement
01:09:43inférieures à avant la crise,
01:09:45que vous y avez plafonné.
01:09:46Moi, je me suis livré,
01:09:47comme beaucoup de Français,
01:09:47à un petit exercice historique.
01:09:50En 2012,
01:09:51le cours du baril
01:09:52dépasse les 125 dollars.
01:09:54Prix du gazole à la pompe
01:09:55moyen, 1,45 €.
01:09:56Prix de l'essence, 1,65 €.
01:09:58En 2022,
01:10:00prix du baril,
01:10:01là aussi,
01:10:01on est post-crise
01:10:02supérieur à 100 dollars,
01:10:03des niveaux équivalents
01:10:05à ceux d'aujourd'hui.
01:10:06Prix de l'essence moyen
01:10:07à la pompe, 1,77 €.
01:10:09Prix du gazole, 1,86 €.
01:10:10Alors, ma question est simple.
01:10:13Comment ce miracle
01:10:14est-il possible
01:10:17en modérant les marges
01:10:18comme vous l'annoncez ?
01:10:19Moi, je ne comprends pas.
01:10:20Donc, j'attends des explications
01:10:22et je pense que les Français
01:10:24attendent des explications
01:10:25de la transparence
01:10:26sur les marges
01:10:27de votre groupe
01:10:27comme des autres groupes.
01:10:28J'aimerais d'ailleurs
01:10:28qu'on les auditionne
01:10:29dans le même temps.
01:10:30Pour notre part,
01:10:31nous, les députés communistes,
01:10:32on vient de déposer un texte
01:10:33pour encadrer les marges
01:10:34strictement pour bloquer les prix
01:10:36et je pense que c'est
01:10:37une urgence absolument capitale.
01:10:40Deuxième question,
01:10:42je voulais revenir
01:10:42sur la prise de position
01:10:43réalisée par Total Energy
01:10:45qui a beaucoup animé
01:10:46les débats publics
01:10:47ces derniers temps
01:10:48sur le profit exceptionnel
01:10:491 milliard d'euros
01:10:50au mois de mars
01:10:51suite à l'achat
01:10:53sur le marché pétroli
01:10:54sur des achats massifs.
01:10:56Vous n'en avez pas parlé.
01:10:57J'aimerais avoir
01:10:58un petit peu
01:10:59des éclaircissements aussi
01:11:00sur ces pratiques spéculatives
01:11:02et sur les chiffres
01:11:03qu'on a entendus
01:11:04dans le débat public.
01:11:05Et puis, dernière question,
01:11:06je vais revenir
01:11:06comme ma collègue Pochon
01:11:07sur les données
01:11:09qui sont sorties
01:11:10de l'Observatoire international
01:11:11de la fiscalité
01:11:13sur le fait
01:11:14qu'une part importante
01:11:15des bénéfices
01:11:15des groupes pétroliers
01:11:16en particulier
01:11:17en temps de crise
01:11:17part vers les paradis fiscaux.
01:11:19Là aussi,
01:11:20vous avez été assez évasives.
01:11:21Mais justement,
01:11:22l'évasion fiscale,
01:11:24ça concerne tous les Français.
01:11:25Je vous remercie.
01:11:26Merci, monsieur le député.
01:11:28Juste pour préciser
01:11:28que le groupe Total
01:11:29ne s'est pas invité
01:11:30à la Commission.
01:11:32C'est nous qui avons,
01:11:33et moi en particulier,
01:11:34je l'assume,
01:11:36qui ai souhaité
01:11:36que les dirigeants
01:11:37du groupe Total
01:11:38puissent venir devant
01:11:39la Commission
01:11:40pour expliquer
01:11:41ce qu'ils mettent en œuvre
01:11:42et nous donner
01:11:43leurs analyses
01:11:44sur la situation actuelle.
01:11:46Je tenais quand même
01:11:47à le préciser
01:11:49parce que je pensais
01:11:50que ça n'a pas été simple
01:11:51d'ailleurs,
01:11:52mais nous y sommes arrivés
01:11:53et je les remercie vraiment
01:11:54d'être venus
01:11:56devant cette audition.
01:11:57Mais je voulais préciser ça
01:11:58malgré tout.
01:11:59Monsieur Larocque.
01:12:01Merci, monsieur le député,
01:12:02pour votre question.
01:12:02Nous sommes là
01:12:03pour vous éclairer
01:12:03de manière factuelle.
01:12:04Donc nous maximisons
01:12:06notre présentation
01:12:07avec des chiffres
01:12:08et des faits.
01:12:09Je reviens sur votre questionnement
01:12:11sur 2022.
01:12:13Donc j'ai les courbes de prix.
01:12:14Oui, le prix du gazole
01:12:16a atteint jusqu'à 2,31 euros du litre
01:12:21au cours du mois de mars,
01:12:23pas chez Total Énergie.
01:12:24Et en 2022,
01:12:25il avait atteint 2,13.
01:12:28Je vous rappelle qu'en 2022,
01:12:30l'État procédait
01:12:31à une remise
01:12:32de 30 centimes du litre
01:12:33sur le prix du carburant.
01:12:35Donc je pense
01:12:36que l'explication majeure
01:12:37de la différentielle
01:12:38de prix entre 2022
01:12:39et cette année,
01:12:41c'est véritablement
01:12:42le fait que Total Énergie
01:12:43continue à mettre en place
01:12:45des mesures de protection
01:12:46de ses clients.
01:12:48Et je ne veux pas faire
01:12:49de commentaire relatif
01:12:50à la politique
01:12:51que choisit l'État.
01:12:52Je me dis juste
01:12:53de manière factuelle,
01:12:54il y avait 30 centimes
01:12:55de remise en 2022
01:12:56sur la deuxième partie
01:12:56de l'année venant de l'État.
01:12:58Et cette année,
01:12:58ce n'est pas le cas.
01:13:00Ensuite,
01:13:00sur nos marges,
01:13:05ça me donne l'occasion
01:13:06de revenir sur un point.
01:13:07Il y a un modèle
01:13:08qui a été calculé,
01:13:11un modèle
01:13:12de calcul de marge
01:13:15qui a fait l'objet
01:13:16d'une fuite.
01:13:17J'en profite
01:13:18pour le commenter
01:13:19parce que je pense
01:13:19que ça répond
01:13:20à une partie
01:13:20de votre question.
01:13:22Le modèle est imparfait
01:13:23et je remercie
01:13:24d'ailleurs les autorités
01:13:25d'avoir effectivement
01:13:27présenté comme tel
01:13:28le modèle
01:13:29qui a besoin
01:13:29d'être perfectionné.
01:13:30Mais même
01:13:31dans ce modèle imparfait,
01:13:33même étant calculé
01:13:33de manière imparfaite,
01:13:35oui,
01:13:35nos marges moyennes
01:13:37pour le mois de mars
01:13:38sont significativement
01:13:39inférieures
01:13:40dans la distribution
01:13:41à nos marges
01:13:41pour janvier-février.
01:13:43Et pour ce qui concerne
01:13:45le raffinage,
01:13:45on vous a donné
01:13:46les chiffres trimestre
01:13:47à trimestre
01:13:47qui sont publiés
01:13:48par l'UFI
01:13:49qui vous donnent
01:13:49une idée
01:13:50de l'évolution
01:13:50de ces marges.
01:13:51Je laisse ma collègue
01:13:52compléter.
01:13:58Je vous remercie
01:14:00monsieur le député.
01:14:01S'agissant
01:14:02de nos résultats
01:14:04dans les paradis fiscaux,
01:14:06je vous invite
01:14:07à regarder
01:14:07notre rapport
01:14:08de transparence fiscale.
01:14:10Nous n'avons
01:14:11pas de résultats
01:14:12dans les paradis fiscaux
01:14:13comme vous le dites.
01:14:14Nous avons même
01:14:15depuis
01:14:16une dizaine d'années
01:14:18réduit
01:14:19notre présence
01:14:20dans un certain
01:14:21nombre de pays.
01:14:21Vous l'aurez mentionné,
01:14:23vous l'aurez regardé
01:14:23dans notre rapport.
01:14:25Par ailleurs,
01:14:27Total Energy
01:14:29dans les impôts
01:14:30qu'elle paye,
01:14:32la France
01:14:33fait partie
01:14:33des cinq
01:14:34premiers contributeurs
01:14:35aux côtés
01:14:36d'un certain
01:14:36nombre d'États
01:14:37alors même
01:14:38que l'impôt
01:14:39est payé
01:14:40là où la valeur
01:14:40est créée.
01:14:43Je ne peux pas
01:14:44vous laisser dire
01:14:44que Total Energy
01:14:46pratique
01:14:47dans les paradis fiscaux
01:14:49de l'évasion
01:14:50fiscale.
01:14:50C'est faux.
01:14:53Non, mais vous...
01:14:56Voilà.
01:14:57Donc, je pense
01:14:58qu'on est en avance
01:14:59sur la présentation
01:15:01de nos résultats fiscaux
01:15:03avec ce rapport
01:15:04de transparence fiscale
01:15:05en avance
01:15:06sur la réglementation.
01:15:07Je pense qu'on rentre
01:15:08dans un détail
01:15:09très important
01:15:10pays par pays
01:15:10pour vous permettre
01:15:11justement
01:15:12de voir notre bonne foi
01:15:13et notre bonne volonté
01:15:15de transparence fiscale
01:15:16de prix de transfert
01:15:19de marge
01:15:20d'imposition
01:15:22quelles que soient
01:15:23nos activités
01:15:24et quelles que soient
01:15:25les pays
01:15:27sans rien éluder
01:15:28de tout cela.
01:15:31Donc, aujourd'hui,
01:15:32la liste intégrale
01:15:33des filiales
01:15:34dans lesquelles
01:15:34nous avons des activités
01:15:35quels que soient
01:15:36ces pays
01:15:36est présente
01:15:37dans ce rapport
01:15:38en toute transparence.
01:15:44Oui, il y avait
01:15:45un autre sujet
01:15:46qui était
01:15:48le milliard.
01:15:51Comme je l'ai dit
01:15:53à votre collègue,
01:15:55monsieur le député,
01:15:56ce milliard
01:15:57a été repris
01:15:59et calculé
01:15:59par la presse internationale.
01:16:01Ce milliard
01:16:02n'a jamais été
01:16:03communiqué
01:16:03par Total Energy.
01:16:05Et s'il s'agit
01:16:06de savoir
01:16:06à quoi servent
01:16:08nos activités
01:16:09de négoce
01:16:10dans le monde,
01:16:12encore une fois,
01:16:13je peux vous le dire,
01:16:14c'est la mobilisation
01:16:15de nos équipes
01:16:16qui ont su sécuriser
01:16:17des cargaisons
01:16:18de pétrole brut,
01:16:19des cargaisons
01:16:20de carburant
01:16:21et des cargaisons
01:16:22de gaz
01:16:22pour permettre
01:16:23à la France
01:16:24aujourd'hui
01:16:25de vivre
01:16:26sans tension particulière
01:16:28sur ces approvisionnements.
01:16:29Et je pense
01:16:30qu'on a joué
01:16:31avec nos équipes
01:16:32et je pense
01:16:32que c'est la chance
01:16:33de Total Energy,
01:16:34notre présence
01:16:34dans 120 pays
01:16:35et des équipes
01:16:36sur tous les continents.
01:16:37nous ont permis
01:16:38aujourd'hui
01:16:39de réaliser
01:16:40les approvisionnements
01:16:41et la sécurisation
01:16:42pour que les Français
01:16:44puissent permettre
01:16:46d'apprendre
01:16:47leurs voitures
01:16:48pour aller travailler,
01:16:49de se chauffer encore
01:16:50pour ceux
01:16:50qui en ont besoin
01:16:51et aux industriels
01:16:53de continuer
01:16:53leurs activités.
01:16:55Merci,
01:16:56Mme la directrice générale.
01:16:58J'ai une question individuelle.
01:16:59M. Alfandari,
01:16:59vous avez la parole.
01:17:01Merci,
01:17:01M. le Président.
01:17:02Je ne vous poserai pas
01:17:04de questions
01:17:04sur vos activités
01:17:06parce que ça nécessiterait
01:17:07d'avoir un véritable débat
01:17:11sur la transition énergétique
01:17:12et écologique.
01:17:13Je ne veux pas rentrer
01:17:14là-dedans
01:17:14puisque là,
01:17:15quand on vous invite,
01:17:16finalement,
01:17:16quand on parle de Total,
01:17:17on fait le procès
01:17:18du capitalisme.
01:17:21Histoire de bien comprendre,
01:17:24est-il bien clair
01:17:25que quand vous distribuez
01:17:26un résultat,
01:17:27vous distribuez
01:17:27le résultat monde ?
01:17:29Et si c'est bien le cas,
01:17:31est-ce que vous pouvez redire
01:17:33combien l'État français
01:17:34touche de dividendes par an ?
01:17:36Parce que je crois
01:17:38qu'il faut que nos collègues
01:17:40et tous nos concitoyens
01:17:41entendent l'état de schizophrénie
01:17:42dans lequel nous sommes
01:17:43puisque l'État français
01:17:45a dans ses ressources
01:17:47sur le PLF
01:17:49les dividendes de Total,
01:17:50même dividende
01:17:51qui va surtaxer derrière.
01:17:56Aujourd'hui,
01:17:57si je comprends bien,
01:17:58si c'est bien un dividende
01:17:59de monde que vous versez,
01:18:00ce que vous nous dites,
01:18:01c'est que vous produisez
01:18:02de la richesse essentiellement
01:18:03à l'extérieur de la France,
01:18:04mais que la France profite
01:18:05de la richesse
01:18:06que vous produisez ailleurs.
01:18:07C'est bien ça ?
01:18:09Madame Brunebois.
01:18:11Merci,
01:18:11Monsieur le Président,
01:18:12Mesdames les directrices,
01:18:13Monsieur le Directeur.
01:18:14Total Énergie
01:18:15accompagne les grands industriels
01:18:17dans la décarbonation
01:18:18de leurs activités,
01:18:19ce qui inclut
01:18:20les cimenteries
01:18:20qui sont en grande difficulté
01:18:22en ce moment
01:18:22avec un marché du ciment
01:18:23en berne,
01:18:24un prix du carbone
01:18:25qui monte
01:18:25et des investissements
01:18:27colossaux à réaliser.
01:18:29Vous vous engagez
01:18:30à les aider
01:18:31à décarboner
01:18:31via le captage CO2
01:18:33ou dans la substitution
01:18:34aux combustibles fossiles
01:18:36par des combustibles
01:18:37alternatifs,
01:18:39en particulier
01:18:39les CSR.
01:18:41D'après vous,
01:18:41pensez-vous
01:18:42que cette filière
01:18:42est suffisamment structurée
01:18:44pour répondre
01:18:44à leurs besoins ?
01:18:46Quelles sont vos actions
01:18:47dans ce domaine ?
01:18:49Merci,
01:18:50Madame la députée.
01:18:52Pas d'autres interventions ?
01:18:54Madame la patrielle,
01:18:55M. Laroque,
01:18:55vous avez la parole
01:18:56et vous pouvez aussi
01:18:58porter votre conclusion
01:19:00sur ce débat.
01:19:02Oui,
01:19:02en effet,
01:19:03tout à l'heure,
01:19:04je ne suis pas allée
01:19:05jusqu'au bout
01:19:05sur le partage
01:19:06de la valeur
01:19:07puisque le premier poste,
01:19:09ce sont les impôts
01:19:10et en France,
01:19:10on paye 2 milliards d'impôts
01:19:12dont 500 millions
01:19:13de taxes
01:19:14sur les rachats d'actions.
01:19:15Donc ça fait
01:19:16la contribution
01:19:17de Total Energy
01:19:18en France
01:19:19au-delà
01:19:19des investissements
01:19:21que nous faisons
01:19:22et je pense
01:19:23que peut-être
01:19:23qu'il est intéressant
01:19:24aussi de rappeler
01:19:25une forme
01:19:26de préférence française
01:19:27parce qu'aujourd'hui,
01:19:29Total Energy
01:19:30fait travailler
01:19:33sur 6 milliards
01:19:34de chaque année
01:19:36de ses contrats
01:19:3916 000 entreprises françaises.
01:19:42Donc en fait,
01:19:42elles ne travaillent pas
01:19:43uniquement
01:19:43sur le territoire français
01:19:45mais on a
01:19:46cette espèce
01:19:46de préférence française
01:19:47qui nous permet
01:19:48aussi d'accompagner
01:19:49des petits industriels
01:19:51et des sous-traitants
01:19:51partout où nous avons
01:19:53des activités
01:19:54dans le monde.
01:19:55Donc c'est aussi ça
01:19:56la contribution
01:19:56de Total Energy
01:19:57à la France.
01:19:59Vous avez raison
01:20:00de le mentionner.
01:20:02Après,
01:20:03en termes de dividendes,
01:20:04je ne suis pas allée au bout
01:20:05puisque le premier poste,
01:20:07ce sont les impôts,
01:20:08le deuxième,
01:20:08ce sont les investissements,
01:20:10le troisième poste,
01:20:11ce sont les collaborateurs.
01:20:12en fait,
01:20:13ce sont les salaires
01:20:13que nous versons
01:20:14à nos salariés
01:20:15et les dividendes
01:20:17sont 2 milliards
01:20:18sous le montant
01:20:21que nous versons
01:20:22à nos collaborateurs,
01:20:23au salaire,
01:20:24un peu partout,
01:20:25des 100 000 collaborateurs
01:20:26de Total Energy
01:20:26dans le monde.
01:20:27En fait,
01:20:28c'est à peu près ça
01:20:28le partage de la valeur
01:20:30de ce que nous avons
01:20:31représenté l'an dernier.
01:20:37Merci Madame la députée
01:20:38pour votre question
01:20:39relative à la décarbonation
01:20:41des grandes industries
01:20:41et donc au financement
01:20:43des projets type combustible
01:20:45solide de récupération.
01:20:46Alors,
01:20:47même si nous ne sommes pas
01:20:47nous-mêmes directement
01:20:48impliqués dans ce type
01:20:49de projet,
01:20:49en fait,
01:20:49nous le sommes indirectement
01:20:50au travers des certificats
01:20:52d'économie d'énergie
01:20:52qui sont un moyen
01:20:54de financement significatif
01:20:55de ces filières.
01:20:56Je pense au projet
01:20:58Domba l'énergie
01:20:58qui a eu lieu
01:21:00et puis il y a un certain
01:21:01nombre de projets aussi
01:21:03qui sont actuellement
01:21:05à l'étude.
01:21:08Ce qui est important
01:21:09pour ce type de projet,
01:21:10pour que nous soyons,
01:21:10j'aurais tendance à dire,
01:21:12ensemble,
01:21:13tous collectivement impliqués,
01:21:15puisque c'est des projets
01:21:15qui sont de grande taille,
01:21:18c'est qu'effectivement,
01:21:19on soit collectivement
01:21:20très réactifs,
01:21:21à la fois pour aider
01:21:22les industriels
01:21:23qui font de tels investissements
01:21:24à calculer
01:21:25les économies d'énergie
01:21:26que ces investissements
01:21:27vont pouvoir représenter
01:21:28et à partir de là,
01:21:30sécuriser de manière
01:21:30plus efficace et plus rapide
01:21:32peut-être leur financement
01:21:33de certificats
01:21:34d'économie d'énergie.
01:21:35J'en parle,
01:21:36Madame la députée,
01:21:36parce que ces enveloppes
01:21:37sont significatives
01:21:38dans ce type de projet.
01:21:39Merci.
01:21:42Bien, Madame la directrice générale,
01:21:44Madame Patrier,
01:21:45Monsieur le directeur,
01:21:46Monsieur Larocque,
01:21:48Madame Gégère,
01:21:49Madame la directrice,
01:21:49merci de votre présence
01:21:51devant les parlementaires
01:21:53de la Commission
01:21:53des affaires économiques.
01:21:56Ça contribue bien évidemment
01:21:57à la réflexion
01:21:58qui est la nôtre
01:21:59et nous allons continuer
01:22:01sur ces sujets
01:22:02à entendre
01:22:03un certain nombre
01:22:03d'acteurs
01:22:05et nous l'avons fait
01:22:06à travers les représentants
01:22:07de la grande distribution
01:22:09dernièrement.
01:22:09D'autres auditions
01:22:11seront peut-être
01:22:12à venir
01:22:13à réfléchir
01:22:14dans ce cadre
01:22:15parce que nous avons
01:22:16aussi l'impression
01:22:17que cette crise
01:22:18n'est pas encore terminée
01:22:19et que dans les semaines
01:22:21qui vont venir
01:22:23et vous avez apporté
01:22:23un certain nombre
01:22:24de réponses
01:22:25à la voie
01:22:25sur les réserves stratégiques,
01:22:26sur la capacité
01:22:27du groupe Total
01:22:29à apporter aussi
01:22:30des réponses.
01:22:31Donc merci
01:22:31pour votre présence.
01:22:33Voilà pour ce numéro
01:22:34de la séance
01:22:35est ouverte.
01:22:35A très vite
01:22:36sur LCP.
01:22:37Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:40Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:42Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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