- il y a 18 heures
Lancé par Apple en 2007, le smartphone a révolutionné notre quotidien. En 2023, trois milliards d'utilisateurs sur la planète passaient en moyenne trois heures quarante-cinq minutes connectés principalement sur les applications sociales. Pourquoi leur consacrons-nous un temps de plus en plus croissant ? Pour quelle raison est-il si difficile de résister aux notifications de Whatsapp ? Quel est le véritable rôle du "like" sur Facebook ? Comment expliquer la sensation de perte de la notion du temps sur Tiktok ? Quels sont les risques pour la santé mentale liés à Instagram, notamment chez les jeunes adultes ? Tout commence avec la dopamine, un neuromédiateur qui active le système de récompense dans une zone de notre cerveau comprenant le stratum et le cortex préfrontal. Une précieuse molécule dont le pouvoir n'a pas échappé aux entreprises de la tech, qu'elles soient installées dans la Silicon Valley ou en Chine. Leur mission : capter notre attention et nous rendre toujours plus dépendants à des réseaux sociaux élaborés dans le plus grand secret et qui évoluent en permanence. Reprendre le contrôle Dans les laboratoires, de Paris à Lyon, de Düsseldorf à Ulm ou Berlin, des scientifiques spécialisés en neurosciences et en psychologie multiplient les études pour comprendre l'influence des réseaux sociaux sur nos comportements et leurs conséquences sur notre estime de soi. Nourri d'interviews de chercheurs, d'archives et d'expériences mises en scène de façon ludique, ce documentaire pédagogique, qui explique comment les applis sont conçues pour être addictives, interroge les usages que nous en faisons et envisage les solutions à notre portée afin de reprendre – un peu – le contrôle de notre temps et de nos vies.
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00:01...
00:12Il y a 3 milliards d'utilisateurs de smartphones dans le monde.
00:16On l'utilise au bureau, à la maison, en famille ou en forêt.
00:26On ne pourrait plus s'en passer.
00:28Pourtant, cet objet est arrivé dans nos vies il n'y a pas si longtemps.
00:42Le smartphone, un objet formidable.
00:45Mais c'est quand on le perd, on l'oublie, on l'endommage,
00:50ou qu'il n'y a juste plus de batterie,
00:53que l'on réalise qu'il y a peut-être un problème.
00:57Car le smartphone, toujours connecté et toujours disponible,
01:01est rempli d'applications sociales.
01:03Comme WhatsApp pour communiquer,
01:06TikTok pour se faire les cuisses,
01:08Facebook pour s'informer,
01:10LinkedIn pour afficher sa réussite,
01:13Instagram pour booster son égo,
01:15ou même Tinder pour vivre de nouvelles aventures.
01:19Pourquoi les consultons-nous de manière si compulsive ?
01:26Dans le monde entier,
01:27des scientifiques multiplient les études
01:29pour comprendre l'influence des réseaux sociaux
01:31sur nos comportements.
01:33Plus les gens reçoivent de likes,
01:35plus ils sont actifs.
01:37Et inversement.
01:39Car les likes, les j'aime ou les cœurs
01:42sont considérés comme des récompenses
01:44court-circuitant le cerveau des utilisateurs.
01:47Les applications ont donc très probablement un impact
01:50sur le développement du système lié à l'attention
01:52et au contrôle cognitif.
01:55Ce qui peut influer sur la santé mentale ?
01:58Les réseaux sociaux ont tendance à montrer
02:00plutôt des formes de réussite
02:02qui peuvent petit à petit être délétères
02:04dans la constitution de l'estime de soi.
02:06Un phénomène renforcé par les algorithmes.
02:10Notre analyse a révélé que les images
02:12montrant de la peau nue
02:13avaient une probabilité nettement plus élevée
02:16d'apparaître dans les fils d'actualité.
02:21Derrière nos comportements sur les réseaux sociaux
02:23se cache une molécule devenue star de la tech.
02:31Bienvenue dans le monde de la dopamine.
02:34Pour comprendre comment les applis sont conçues
02:36pour être addictives
02:37et envisager peut-être
02:39de reprendre un peu le contrôle de nos vies.
03:01Bienvenue en Californie.
03:06À côté de San Francisco,
03:08au cœur de la Silicon Valley.
03:11Toutes les entreprises de la tech sont là.
03:16Au centre se trouve Stanford.
03:21Une université prestigieuse
03:23qui travaille étroitement
03:24avec les entreprises de nouvelles technologies,
03:27possède un incubateur de start-up
03:29et où se trouve un laboratoire de recherche
03:32qui étudie le comportement.
03:35Celui-ci est dirigé par Brian Jeffrey Fogg,
03:38célèbre pour avoir inventé en 1996
03:40une nouvelle discipline,
03:42la captologie.
03:46Je vais vous transformer en génie
03:48du changement de comportement.
03:50La captologie permet,
03:52grâce à l'étude du comportement,
03:54de créer des produits irrésistibles.
03:56Ok, vous êtes prêts ?
03:58Les techniques de Fogg,
03:59diffusées lors de cours,
04:00de conférences ou de workshops,
04:03inspirent depuis plus de 20 ans
04:04toute une génération de concepteurs d'applis.
04:08Voici en deux minutes mon modèle comportemental.
04:11Cette méthode s'intitule « Focus Mapping ».
04:14Je l'ai appelée la grille du comportement.
04:16Et ça donne « Je suis génial ».
04:18Les émotions créent les habitudes.
04:21Son dernier modèle comportemental
04:23s'appuie sur le sentiment de succès.
04:25Ça va être une belle journée.
04:28Mon mantra, c'est aider les gens
04:30à ressentir la réussite.
04:32Et ça s'applique aux personnes
04:33qui créent des produits et services
04:35comme Instagram.
04:37Instagram.
04:38Une appli imaginée dans un cours
04:40de BJ Fogg en 2006.
04:44Ça a marché parce que les gens
04:46ont pris des photos avec un filtre
04:48et ils se sont dit « Ça y est,
04:49je suis un artiste, regarde ».
04:52Donc ils ont ressenti la réussite.
04:54Et ce sentiment,
04:56c'est ça qui crée l'habitude.
04:58Et si vous concevez des produits et services,
05:01c'est la clé de la réussite.
05:05Mais comment les créateurs d'applications
05:07s'y prennent-ils
05:08pour transposer les enseignements de Fogg
05:10dans les applis qui garnissent nos smartphones ?
05:31Les récompenses sont partout dans les applis.
05:47Et ce n'est pas juste pour faire joli.
05:50C'est surtout car les récompenses jouent un rôle décisif
05:54dans l'apprentissage de nouveaux comportements.
05:56C'est ce qu'a théorisé dans les années 40
05:59Berus Frédéric Skinner.
06:01Un chercheur faisant partie d'un courant majeur
06:03de la psychologie anglo-saxonne,
06:05le béhaviorisme ou comportementalisme.
06:09Skinner a réalisé une expérience devenue célèbre.
06:13Il a placé dans une boîte
06:15un pigeon,
06:16un bouton
06:17et un distributeur de graines.
06:21L'objectif est de pousser le pigeon
06:23à adopter un nouveau comportement,
06:25appuyé sur un bouton.
06:28Au départ,
06:29le pigeon actionne le mécanisme par hasard
06:33et Skinner lui donne une graine.
06:39Si le pigeon appuie de nouveau,
06:42Skinner donne la graine.
06:47Progressivement,
06:48le pigeon apprend à appuyer sur le bouton.
06:53Skinner comprend ainsi
06:54qu'en donnant des récompenses,
06:56appelées renforçateurs,
06:58on peut influencer des comportements.
07:03C'est cette théorie
07:04qui est encore appliquée aujourd'hui
07:06par les concepteurs d'applications.
07:09Poussez les utilisateurs
07:10à utiliser les applis
07:11en leur donnant des récompenses.
07:15Mais est-ce que le like sur Instagram
07:17fonctionne vraiment comme une graine
07:19pour un pigeon de Skinner ?
07:22Interview première.
07:31Je m'intéresse à la façon
07:34dont les individus apprennent
07:35de leurs interactions sociales.
07:37On apprend des autres
07:38et on apprend en les voyant réagir
07:40à nos propres comportements.
07:42J'étudie de nombreux phénomènes
07:43liés à ça,
07:44dont les comportements des individus
07:45sur les réseaux sociaux.
07:48Björn Lindström a ainsi réalisé
07:50une expérience pour démontrer
07:51l'effet du like sur notre comportement.
07:55Il existe une idée très répandue
07:57selon laquelle
07:57le comportement sur les réseaux sociaux
07:59est lié à la notion de récompense.
08:02Quand j'ai commencé
08:03à étudier le sujet,
08:05je me suis rendu compte
08:06qu'il n'y avait pas de preuve de ça.
08:08Donc on a mis en place
08:09une expérience contrôlée
08:11où on pouvait modifier
08:12le nombre de likes
08:13reçus par les participants
08:15sur une plateforme
08:16qui imitait Instagram.
08:23Ils pouvaient regarder
08:24des images amusantes,
08:26des mèmes
08:28et ils pouvaient également
08:29en poster.
08:32On a modifié le nombre
08:34de likes qu'ils recevaient
08:35sur leur poste
08:36et on s'est aperçu
08:38que quand les gens
08:39obtenaient plus de likes,
08:40ils répondaient plus.
08:44Plus les gens reçoivent
08:45de likes,
08:46plus ils sont actifs
08:47et inversement.
08:50Ainsi,
08:51plus on reçoit de likes,
08:53plus on poste de contenu.
08:55Et inversement,
08:56moins on en reçoit,
08:57moins on poste.
08:59Le like fonctionne ainsi
09:01selon le même principe
09:02que la graine
09:03pour un pigeon de Skinner.
09:06Donc on est sûr
09:07à 100% ou presque
09:09que les principes
09:10du béhaviorisme
09:11sont utilisés
09:12dans la conception
09:13des réseaux sociaux.
09:16Mais qu'est-ce qui se passe
09:17dans notre cerveau
09:18quand on reçoit
09:19un like ?
09:25Afin de répondre
09:26à cette question,
09:26les chercheuses
09:27Lauren Sherman
09:28et Patricia Greenfield
09:29ont mené une expérience
09:30intitulée
09:31« Le pouvoir du like ».
09:42Les participants
09:44sont placés
09:44dans une IRM
09:45qui prend en image
09:46leur cerveau.
09:48Pendant ce temps,
09:49ils peuvent poster
09:49des photos
09:50et recevoir des likes
09:51sur un réseau
09:52imitant Instagram.
09:55Les chercheuses
09:56ont alors découvert
09:57que les likes
09:57activent une zone
09:58bien particulière
09:59du cerveau.
10:00Un système
10:01comprenant le striatum
10:02ainsi que le cortex
10:04préfrontal.
10:05L'ensemble étant appelé
10:07le système
10:08de la récompense.
10:15Mais comment se fait-il
10:16qu'un like,
10:17une simple icône
10:18de pouce
10:18ou de cœur
10:18totalement virtuelle,
10:21stimule cette région
10:22du cerveau
10:22qui est déjà connue
10:23pour s'activer
10:24lorsque l'on joue
10:24au casino
10:26ou lorsque l'on mange
10:28un aliment sucré ?
10:39« Tous les êtres humains
10:42ont un intérêt
10:43pour les contacts sociaux.
10:46Ce n'est pas quelque chose
10:47d'acquis,
10:48mais dîner.
10:49Les bébés sont incapables
10:51de faire certaines choses
10:51seuls
10:52et ont besoin
10:53d'un soutien social.
10:58Il est donc logique
10:59que notre cerveau
11:00soit doté
11:00d'un mécanisme
11:01qui nous incite
11:02constamment
11:03à entrer
11:03dans cette interaction
11:04sociale.
11:08L'interaction sociale
11:09joue un rôle
11:10essentiel
11:11de l'enfance
11:11à l'âge adulte.
11:16Le problème,
11:17c'est qu'on ne savait
11:18pas exactement
11:19ce qu'il se passait
11:20dans le cerveau.
11:21On a donc mené
11:22une étude consacrée
11:23au phénomène
11:24de l'attention
11:25conjointe.
11:26Que se passe-t-il
11:27quand deux personnes
11:28regardent quelque chose
11:29ensemble ?
11:34Comme il est
11:35techniquement impossible
11:36de scanner les cerveaux
11:37de deux personnes
11:38ensemble,
11:39le docteur Schilbar
11:41a imaginé
11:41un exercice
11:42qui recrée
11:43cette interaction sociale
11:44et mesure
11:45l'activité du cerveau.
11:48Dans l'IRM,
11:50le participant
11:50est allongé
11:51face à un écran
11:52qui projette
11:52un visage
11:53dont les yeux
11:53interagissent avec lui.
11:58Par le pouvoir
11:59de son regard,
12:00le participant
12:01doit alors pousser
12:02ce visage
12:03à regarder un carré
12:04qui devient bleu
12:05s'il réussit.
12:11« Ce qui nous a
12:12beaucoup surpris
12:13et intéressés,
12:14c'est que ce type
12:15de comportement
12:16et la coordination
12:17des regards
12:18entre deux personnes
12:19sont très liés
12:20à l'activité
12:20du système
12:21de récompense
12:22du cerveau.
12:26Ça se passe
12:27dans cette région
12:28du cerveau,
12:29ici en jaune.
12:30Elle est particulièrement
12:32active
12:32lorsque le participant
12:34réussit à influencer
12:35le regard de l'autre.
12:37Ça s'apparente
12:39à une récompense sociale.
12:41Et plus le système
12:43de récompense
12:44est activé,
12:45plus les participants
12:46apprécient
12:47l'interaction sociale.
12:51Entrer en contact
12:53avec les autres
12:53active le système
12:54de la récompense
12:55et génère du plaisir.
12:57Un mécanisme essentiel
12:59dans la vraie vie
13:00et aussi
13:01sur les réseaux sociaux.
13:05Je pense
13:05qu'il n'y a pas
13:06de différence
13:06en ce qui concerne
13:07les processus
13:08de récompense
13:09dans le cerveau.
13:10Et que c'est pour ça
13:11que certaines applications
13:12et que les smartphones
13:14agissent comme une sorte
13:15de tétine
13:16ou de calmant numérique.
13:22C'est une espèce
13:24de feedback social
13:25qui est toujours disponible
13:26où qu'on soit,
13:27de jour comme de nuit.
13:29et c'est quelque chose
13:30d'à la fois attrayant
13:32et rassurant
13:32pour les individus.
13:38Ainsi,
13:39le contact social
13:40dans le réseau social
13:41a le même effet
13:42sur notre cerveau
13:43qu'une interaction réelle.
13:47Ces régions du cerveau
13:48sont particulièrement
13:49pourvues
13:50en neurones dopaminergiques.
13:51verséen.
13:53Ce qui signifie
13:55que ces changements
13:56d'activité
13:56sont effectivement
13:59liés
13:59à la sécrétion
14:00de dopamine.
14:03La dopamine,
14:05une molécule
14:06devenue star.
14:13La dopamine,
14:14appelée parfois
14:14l'hormone du bonheur,
14:16impliquée dans l'amour,
14:17le plaisir,
14:17mais aussi l'addiction.
14:19Et c'est l'hormone
14:22du plaisir.
14:31Quelle est donc
14:32cette molécule magique
14:34qui réussirait
14:34à la fois
14:35à nous rendre heureux,
14:36addicts,
14:36en meilleure santé
14:37et qui joue
14:38un rôle clé
14:39dans nos comportements ?
15:03On entend souvent dire
15:04que la dopamine,
15:05c'est l'hormone du plaisir.
15:06Quelquefois,
15:07même,
15:07il y a des formules
15:08qu'on voit dans les magazines
15:09comme l'hormone du bonheur
15:11ou qu'est-ce que
15:12que j'ai vu encore,
15:12l'hormone de l'empathie.
15:14Il semble qu'il n'y ait pas
15:15de limite au glissement
15:16sémantique sur la dopamine.
15:19Alors c'est doublement faux
15:21ou triplement faux.
15:22D'abord,
15:22ce n'est pas une hormone.
15:23Et puis,
15:24elle n'est pas forcément
15:24liée au plaisir.
15:26Elle est liée à la récompense.
15:30Ce qui intéresse
15:31les neuroscientifiques,
15:32ce n'est pas exactement
15:32la situation de la récompense.
15:34C'est la situation
15:35de ce que nous,
15:36en jargon de laboratoire,
15:38on appelle
15:38le premier prédicteur
15:39de la récompense.
15:42Je vais prendre un exemple.
15:44Je suis un singe fructivore.
15:46Je me promène
15:47dans la forêt
15:48à la recherche de fruits.
15:49Je remonte
15:50à une rivière.
15:52Et puis,
15:52j'ai deux affluents.
15:53Je choisis
15:54de prendre à droite.
15:55Et là,
15:56à bord d'une berge sablonneuse,
15:58j'aperçois
15:58un magnifique arbre fruitier.
16:00Et en fait,
16:01c'est la vue du bananier
16:01qui déclenche
16:03la libération de dopamine.
16:05Et elle a deux effets.
16:06Le premier,
16:07c'est de générer
16:07un comportement d'approche.
16:09Bien sûr,
16:09je vais grimper dans l'arbre
16:10pour attraper les bananes.
16:12Et le deuxième,
16:13c'est de renforcer
16:13toutes les représentations
16:14que j'ai construites
16:15au long de mon parcours,
16:17le long de la rivière.
16:19Donc,
16:19je me rappelais
16:20qu'après ce rocher,
16:21il faut tourner à droite,
16:21par exemple,
16:22les actions que j'ai faites.
16:24Tout ça,
16:24ça va être renforcé,
16:25si bien que
16:26si je me retrouve
16:26une prochaine fois
16:28sur le même carrefour
16:29en Y
16:29avec mes deux affluents,
16:31le choix va être
16:32plus facile à prendre,
16:34parce que le circuit
16:35est déjà creusé,
16:36déjà renforcé
16:37par la libération
16:38de la dopamine.
16:41Donc,
16:41un effet motivationnel
16:43et puis un effet
16:43sur l'apprentissage
16:45dans le sens
16:45d'un renforcement
16:46pour les prochaines fois.
16:50Ainsi,
16:51dans le cas du smartphone,
16:52la dopamine
16:53n'intervient pas
16:53au moment de la récompense,
16:55mais juste avant.
16:58À ce moment-là,
16:59le système
17:00de la récompense
17:01s'active.
17:01Les neurones
17:03dopaminergiques
17:03situés à la base
17:04du cerveau
17:05fabriquent la dopamine.
17:06Elle est ensuite
17:07projetée vers
17:07les neurones récepteurs
17:08situés dans le striatum
17:10et le cortex préfrontal.
17:13Tout cela
17:14nous poussant
17:16irrésistiblement.
17:18À chaque fois
17:19que l'on voit
17:19notre smartphone,
17:20à le prendre
17:21pour vérifier
17:22si une appli
17:22signale une récompense
17:24ou pas.
17:26car pour nous pousser
17:28à utiliser
17:28toujours plus
17:29les applis,
17:30les créateurs
17:30ont découvert
17:31le meilleur moyen
17:32pour nous rendre accro
17:33la récompense variable.
17:52dans notre vocabulaire,
17:53renforcer, ça veut dire
17:54augmenter la probabilité
17:56d'apparition d'un comportement.
17:57On a deux grandes familles
17:59de situations.
18:00En fait,
18:00vous avez une conséquence
18:01qui peut arriver
18:02chaque fois que le comportement
18:03se produit.
18:05On appelle ça
18:06du renforcement continu.
18:08Chaque fois que je fais
18:09quelque chose,
18:09j'ai le renforçateur.
18:12Et puis,
18:12il y a un autre type
18:13de situation,
18:14c'est le fait que
18:15parfois,
18:16le comportement est suivi
18:17d'une conséquence
18:18et parfois, non.
18:19Là, je suis dans une situation
18:20de renforcement intermittent.
18:35Ce que font
18:36les applis,
18:37c'est de vous donner
18:38des conséquences
18:39qui ne sont pas toujours
18:40les mêmes.
18:43C'est-à-dire que le fait
18:44de varier la nature
18:45de la conséquence
18:46et le fait de ne pas
18:48systématiquement donner
18:48une conséquence appétitive,
18:49ça va maintenir
18:50plus longtemps
18:51le comportement.
18:53Et il n'y a pas
18:54que les likes
18:54qui sont considérés
18:55comme des récompenses variables.
18:58Il y a par exemple
18:59le fait de découvrir
19:00une vidéo incroyablement
19:01mignonne
19:02ou un partenaire potentiel
19:04trop attirant,
19:06lire un message
19:07hyper important,
19:10dénicher une flûte
19:11de pans vintage
19:12dans un état exceptionnel
19:14ou tomber sur un article
19:16vraiment inspirant.
19:17Tous ces contenus
19:18plaisants
19:19et inattendus
19:20sont considérés
19:21comme des renforcements
19:23intermittents,
19:23nous poussant à utiliser
19:24encore plus ces applis.
19:28Si ça se répète,
19:29ça va se transformer
19:30en ce qu'on appelle
19:31une habitude.
19:32Alors une habitude,
19:33ce qui est intéressant,
19:33c'est qu'elle n'est plus
19:34tellement contrôlée
19:35par la conséquence,
19:36elle n'est plus tellement
19:37motivée par ce que je vais
19:38obtenir,
19:39elle est contrôlée
19:40par ce qui se passe avant.
19:41Donc typiquement,
19:42les gens,
19:42ils montent dans le métro,
19:43ils allument leur téléphone.
19:46Ils n'ouvrent pas
19:47leur téléphone
19:47pour regarder quelque chose,
19:49pour lire le journal
19:50ou je ne sais pas quoi.
19:51Ils ouvrent leur téléphone
19:51parce qu'ils sont
19:52dans le métro.
19:53Et on est dans la situation
19:54où les comportements
19:56sont contrôlés
19:57par la situation,
19:58donc ils sont déclenchés.
19:59Autrement dit,
19:59je réagis à la situation.
20:02Quand on utilise
20:03longtemps son smartphone,
20:05le fait de l'allumer
20:06n'est plus motivé
20:06par une éventuelle récompense.
20:10Mais par l'environnement.
20:14On dit alors
20:15que le comportement
20:16est devenu une habitude.
20:21L'autre chose
20:22qui est extrêmement bien manipulée,
20:24là, pour le coup,
20:24par les gens
20:25qui font des applications,
20:26c'est qu'ils vont vous donner
20:27des notifications.
20:28C'est-à-dire,
20:29tout d'un coup,
20:29sur votre téléphone,
20:30vous allez voir,
20:31vous avez un message
20:31que Facebook,
20:32il y a des gens
20:32qui vous ont déposé des trucs,
20:34que TikTok a été actif,
20:36que Instagram,
20:36vous avez peut-être
20:37des fils que vous n'avez pas lus.
20:38Et ces notifications,
20:39elles ont pour but
20:40de déclencher le comportement.
20:42Vous voyez la notification,
20:43boum,
20:43vous allumez l'application.
20:45Et ça,
20:46c'est vraiment joué
20:47sur le fait
20:47que ce comportement
20:48s'est transformé
20:49en une habitude.
20:52Ça se fait
20:52de manière
20:53complètement inconsciente
20:54et vous allez le faire
20:55de manière
20:56très systématique,
20:57en fait.
20:58Ce qui veut dire
20:59que même si on n'a plus
21:00aucune récompense,
21:01on va quand même
21:02continuer à faire
21:03le comportement.
21:05poussant à scroller
21:06sur notre fil d'actu,
21:08même si ça fait
21:08des heures
21:09qu'il n'y a plus
21:09rien d'intéressant.
21:13Et c'est sans doute
21:14ce qui explique
21:15que le temps passé
21:16sur le smartphone
21:16est en constante augmentation
21:18chaque année.
21:22En France et en Allemagne,
21:24le temps d'écran
21:25est de 3h30 par jour.
21:26Il a progressé
21:27d'une heure
21:28en deux ans.
21:32Aux Etats-Unis,
21:34il est de plus
21:34de 4 heures,
21:35soit plus que le temps
21:36passé devant la télévision.
21:38Au Brésil,
21:39il atteint 5h30,
21:41soit plus d'un tiers
21:42du temps éveillé.
21:43Deux tiers de ses durées
21:45concernent les réseaux sociaux.
21:47Partout,
21:48le temps d'écran
21:48augmente,
21:49avec des utilisateurs
21:50qui évaluent très mal
21:51la durée devant leurs applis,
21:54notamment sur TikTok.
21:58Une appli permettant
21:59de produire
22:00et regarder des vidéos
22:01sur laquelle
22:02les utilisateurs
22:03passent bizarrement
22:04toujours plus de temps
22:06que prévu.
22:24On s'est tous déjà retrouvés
22:26scotchés à notre smartphone
22:27pendant une heure entière
22:28sans voir le temps passer.
22:30à chaque fois
22:31que mon petit ami
22:32me trouve en train
22:33de swiper sur TikTok,
22:34il me demande
22:34« Tu regardes quoi ? »
22:36et je lui réponds
22:36« Je ne sais même plus ».
22:39Quand on est sur
22:40ce réseau social,
22:41c'est comme ça.
22:42On passe son temps
22:43à swiper impulsivement
22:44sans vraiment
22:45regarder les vidéos.
22:49Et l'idée,
22:50c'est que si on ne forme
22:52pas de souvenirs
22:52pendant qu'on regarde TikTok,
22:55c'est peut-être
22:56parce qu'on n'a pas
22:56une bonne perception
22:57du temps qui s'écoule.
23:02Donc, pour comprendre
23:04comment les souvenirs
23:04influent sur la perception
23:06du temps,
23:06on a demandé à des personnes
23:07de regarder des vidéos
23:09sur TikTok.
23:26Les participants
23:28doivent régulièrement
23:29estimer le temps
23:30passé sur l'appli.
23:41Par la suite,
23:43on leur demande
23:44de quelles vidéos
23:45ils se rappellent.
23:49Les résultats préliminaires
23:50ont montré
23:51que notre perception
23:52du temps
23:52était vraiment influencée
23:54par les souvenirs.
23:55plus on a de souvenirs
23:56d'un moment donné,
23:58plus on a le sentiment
24:00que du temps
24:00s'est écoulé.
24:01Et à l'inverse,
24:02moins on forme
24:03de souvenirs,
24:04plus le temps
24:04semble court.
24:10La mémoire
24:11apparaît ainsi
24:12comme un outil
24:12pour évaluer le temps,
24:14mais aussi pour évaluer
24:15ce qui a de la valeur.
24:19Je pense qu'au fil
24:21de l'évolution,
24:21notre cerveau
24:22a développé
24:23un système
24:24qui nous a permis
24:24de mémoriser
24:25les choses importantes.
24:29J'ai tel souvenir,
24:32donc c'est sans doute
24:33que quelque chose
24:34d'important s'est produit.
24:37Passer plus de temps
24:38que prévu sur TikTok
24:39est ainsi lié au fait
24:40que ces vidéos
24:41ne sont pas vraiment
24:42importantes pour notre cerveau.
24:44Et donc,
24:45que l'on ne s'en souvient pas.
24:47Aujourd'hui,
24:48les utilisateurs
24:49sont invités
24:50à mieux contrôler
24:51leurs usages
24:51grâce à des outils intégrés
24:53qui mesurent le temps d'écran.
24:56Mais est-ce dangereux
24:58de passer autant de temps
24:59sur son smartphone ?
25:05Le temps passe,
25:07le temps passe,
25:08passe,
25:10tic-tac,
25:11tic-tac,
25:12tic-tac.
25:14Je m'ennuie,
25:15je m'ennuie,
25:16la nuit,
25:18stop !
25:22C'est OK pour tout le monde ?
25:25Super.
25:26Le son, ça va ?
25:28C'est bon, merci.
25:35Le temps passé sur un smartphone
25:37varie d'une personne à l'autre.
25:39Vous pouvez par exemple
25:40vous en servir
25:4110 heures par jour
25:42sans que ce soit nocif,
25:44si c'est pour vos études,
25:45pour votre travail
25:47ou pour envoyer des mails.
25:49Et vous pouvez ne l'utiliser
25:50que 2 heures par jour,
25:52mais de façon très problématique,
25:54au contraire.
25:55Par exemple,
25:56pour faire face
25:56à des problèmes quotidiens.
25:58Ça s'apparente alors
25:59à une stratégie
26:00de défense dysfonctionnelle
26:02destinée à gérer
26:02ses émotions.
26:03Donc le temps passé
26:05sur un smartphone
26:06n'est pas forcément
26:07le meilleur indicateur
26:08d'un usage problématique.
26:11Car pour mieux comprendre
26:12si un usage est problématique,
26:14il faut surtout observer
26:15en détail
26:16l'usage et les effets
26:17sur la vie quotidienne.
26:21Des études mettent
26:22aujourd'hui en évidence
26:23deux types d'utilisation
26:24sur les réseaux sociaux.
26:26Actif
26:28et passif
26:31Avec l'utilisation active,
26:33vous êtes engagé activement
26:34dans la production de contenu.
26:36Vous postez des vidéos
26:37ou vous retouchez des photos
26:39que vous mettez en ligne.
26:42Par exemple,
26:43quand on passe des heures
26:44à s'entraîner
26:45pour une choré hyper difficile
26:47ou qu'on anime
26:48une chaîne YouTube
26:49avec des recettes
26:50de pâte à choux
26:50super techniques.
26:55L'utilisation passive,
26:56c'est plutôt
26:57quand vous faites défiler
26:58les informations
26:59sans vraiment vous engager.
27:09Et on s'aperçoit
27:10que l'utilisation active
27:11est généralement associée
27:13à des expériences positives,
27:15tandis que l'utilisation passive
27:17peut être vécue
27:18de façon plus négative.
27:21Ainsi,
27:22ce n'est pas en regardant
27:23simplement la durée,
27:24mais en étant attentif
27:25à l'usage du smartphone,
27:27que l'on peut mieux définir
27:28si une pratique
27:29est vraiment problématique,
27:31voire si l'on peut parler
27:32d'addiction.
27:35Car comme l'indique
27:37une étude récente
27:38parue dans la revue scientifique
27:39Frontiers in Psychiatry,
27:4142% des participants
27:42de moins de 21 ans
27:44ont été considérés
27:45comme addicts au smartphone.
27:48contre 34%
27:50des 22-25 ans
27:51et 28%
27:52des plus de 26 ans.
27:56Les chiffres de cette étude
27:58semblent particulièrement alarmants,
27:59mais la notion d'addiction
28:01au smartphone
28:01ou aux réseaux sociaux
28:02est encore très discutée
28:04au sein de la communauté scientifique.
28:18Une addiction,
28:19c'est une psychopathologie
28:21qu'on peut diagnostiquer,
28:22un trouble mental
28:23présent dans les manuels spécialisés.
28:28Or, aujourd'hui,
28:29en 2022,
28:30l'addiction au smartphone
28:32n'apparaît dans aucun manuel,
28:34donc on ne peut pas poser
28:35de diagnostic reconnu.
28:39On sait toutefois
28:41que cette addiction
28:43constitue un problème
28:44pour une minorité d'individus
28:46qui, suite à l'utilisation
28:48de leur smartphone,
28:49vont en ressentir
28:51les symptômes classiques.
28:53La tolérance,
28:54qui pousse à passer
28:55de plus en plus de temps
28:56sur son smartphone.
29:00Le changement d'humeur,
29:01quand on utilise son smartphone
29:03pour créer un effet anesthésiant.
29:06La saillance,
29:07quand on ne pense
29:08qu'à la prochaine fois
29:08où on va se servir
29:09de son smartphone.
29:12Et bien sûr,
29:14la rechute
29:14après une période d'abstinence.
29:19Pour comprendre
29:20ce nouveau trouble
29:21du comportement lié au smartphone,
29:22les chercheurs spécialistes
29:24des addictions
29:25s'intéressent aussi
29:26au système de la récompense,
29:28dont le dérèglement
29:29joue un rôle majeur
29:30dans toutes les addictions.
29:42Aujourd'hui,
29:43je pense que
29:44tous les neuroscientifiques
29:45seraient d'accord
29:46pour dire
29:47qu'il y a un dysfonctionnement
29:49du système de récompense
29:50chez les personnes
29:52qui souffrent d'addictions,
29:53que ce soit
29:53des addictions aux substances
29:54ou des addictions comportementales.
29:56Après,
29:57la nature
29:58de ce dysfonctionnement,
29:59est-ce que c'est un système
30:00où il y a trop de dopamine,
30:02pas assez de dopamine ?
30:03On n'a pas encore
30:04les réponses à ces questions
30:05et on les cherche.
30:09Guillaume Sescousse
30:10mène des expériences
30:11sur des patients addicts
30:12au jeu d'argent
30:13afin de comprendre
30:14ce qui se passe
30:15dans le cerveau
30:15quand on souffre d'addiction.
30:20Une personne
30:21qui est addicte
30:22à un produit
30:23ou à un comportement,
30:24en fait,
30:25elle va avoir son attention
30:26qui est centrée
30:27sur cette substance
30:28ou sur cette activité
30:29au détriment du reste.
30:34Ainsi,
30:35dans le cas
30:35d'un comportement problématique
30:37avec le smartphone,
30:38c'est le dérèglement
30:39du système de la récompense
30:40qui nous pousse
30:41à utiliser toujours plus celui-ci
30:43jusqu'à peu à peu
30:44remplacer
30:45toutes les autres activités.
30:49Le système de récompense,
30:51il a très probablement
30:52été sélectionné
30:53dans l'évolution des espèces
30:55pour nous encourager
30:55à reproduire des comportements
30:57qui sont indispensables
30:58à la survie,
30:59comme manger,
31:01boire
31:02et se reproduire.
31:04Et aujourd'hui,
31:05ces sources de renforcement
31:07qu'on trouve
31:07dans notre environnement
31:08qui ne sont pas indispensables
31:09à la survie,
31:10comme la reconnaissance sociale
31:13à travers les réseaux sociaux,
31:15ces récompenses secondaires
31:16sont venues prendre en otage
31:18ce système de récompense
31:19et c'est là
31:20qu'on commence en partie
31:21l'addiction.
31:24La question de l'addiction
31:25aux réseaux sociaux
31:26et sa classification officielle
31:28prendra sans doute
31:29des années.
31:30Cependant,
31:31déjà aujourd'hui,
31:32les conséquences
31:32sur la santé
31:33existent bel et bien.
31:51Fin 2021,
31:53des documents internes
31:54du groupe Meta,
31:55propriétaire de Facebook,
31:56Instagram et WhatsApp,
31:58ont fuité dans la presse.
32:01C'est une ancienne employée,
32:03Frances Hogan,
32:04qui a lancé l'alerte
32:05en diffusant
32:06ces documents confidentiels.
32:07Ce sont les Facebook Files.
32:11mais je suis ici aujourd'hui
32:13parce que je pense
32:13Facebook's products
32:14harm children,
32:16stoke division
32:16et weaken notre démocratie.
32:19Leur de l'alerte
32:19sait comment
32:21faire Facebook
32:22et Instagram
32:22saver,
32:23mais ne pas
32:24faire les changements
32:25parce qu'ils ont
32:26l'alerte
32:26de l'astronomique
32:27avant les gens.
32:29Oui ou non,
32:30est-ce que Facebook
32:31a l'alerte
32:31de l'alerte
32:32indiquant
32:33que Instagram
32:34harms teens,
32:36particulièrement
32:37harming
32:38perceptions
32:38de l'image
32:39qui affectent
32:41les jeunes.
32:42Oui,
32:43Facebook a
32:43étudié
32:44sur les impacts
32:45de leurs produits
32:46sur les jeunes,
32:47notamment les jeunes.
32:49Les Facebook Files
32:51révèlent ainsi
32:51que sur Instagram
32:5237% des adolescentes
32:55se sentent
32:55plus mal
32:56après avoir
32:57consulté
32:57le réseau social.
32:5966% des adolescentes
33:01ressentent
33:01une comparaison
33:02sociale négative.
33:03Et 23%
33:05des utilisateurs
33:06en général
33:06ressentent
33:07une pression extrême
33:08pour avoir
33:08l'air parfait.
33:11Stéphanie,
33:12première.
33:17Bonjour.
33:18Bonjour.
33:24L'estime de soi,
33:25c'est une caractéristique
33:26assez globale
33:27dans les addictions
33:29comportementales.
33:29En fait,
33:29on sait que
33:30les gens qui ont
33:31un trouble d'estime de soi
33:32vont avoir plus tendance
33:33à être addicts
33:34à quoi que ce soit
33:35en termes d'addiction
33:36comportementale
33:37et aux réseaux sociaux
33:39aussi.
33:39Le réseau social
33:40vient activer
33:42un élément important
33:43dans la constitution
33:44de l'estime de soi
33:45qui est la comparaison sociale.
34:07Ce qui va favoriser
34:09l'estime de soi,
34:10par exemple,
34:11c'est les comparaisons
34:12descendantes.
34:13Donc,
34:13se comparer
34:14à ceux
34:14qui font moins bien.
34:15ça,
34:16ça sauve
34:17l'estime de soi.
34:19Tandis que
34:20les comparaisons
34:20ascendantes,
34:21qui se comparer
34:22à ceux
34:23qui font mieux
34:24que soi,
34:25ça a tendance
34:25à diminuer
34:26et avoir un impact
34:27délétère
34:27sur l'estime de soi.
34:29Comme les réseaux sociaux
34:31ont tendance
34:31à montrer
34:33plutôt des formes
34:34de réussite,
34:35plutôt des formes
34:36de beauté,
34:36plutôt le beau revers
34:39finalement de la vie.
34:40A priori,
34:41on peut difficilement
34:42faire des comparaisons
34:43descendantes.
34:44on est plutôt
34:45sur un phénomène
34:46de comparaisons
34:47ascendantes
34:47et qui peuvent
34:49petit à petit
34:50être délétères
34:51dans la constitution
34:52de l'estime de soi.
35:01Donc on voit vraiment
35:02comment l'usage
35:04du smartphone
35:05chez quelqu'un
35:06qui est anxieux
35:07va amplifier
35:08des comportements
35:09de vérification,
35:10de réassurance,
35:12de soulagement immédiat,
35:13mais vient augmenter
35:16aussi le doute,
35:18la peur
35:19et du coup maintenir
35:20le trouble anxieux.
35:25Les chercheurs
35:26comprennent mieux
35:26aujourd'hui
35:27les effets
35:27des usages
35:28du smartphone
35:28sur la santé mentale.
35:30Mais ils s'intéressent
35:31aussi aux effets
35:32sur le développement
35:32du cerveau
35:33et sur notre comportement.
35:51Certains disent que les enfants
35:53aujourd'hui
35:53sont peut-être
35:54plus impulsifs
35:55et moins capables
35:56de se contrôler
35:57à cause du temps
35:58qu'ils passent
35:58sur leurs smartphones
35:59et sur les réseaux sociaux.
36:04Pour comprendre
36:05les effets
36:06du smartphone
36:07sur les enfants
36:07et les jeunes adultes,
36:09Jason Shine
36:09s'intéresse
36:10à ce qui favorise
36:11les comportements
36:11à risque,
36:12l'impulsivité.
36:28Pour mesurer
36:29l'impulsivité,
36:30Jason Shine
36:30travaille
36:31à l'aide
36:31d'un exercice
36:32sous IRM.
36:35Cette expérience
36:36permet d'activer
36:36le système
36:37de contrôle cognitif
36:38du cerveau.
36:40Le contrôle cognitif,
36:42un mécanisme
36:44qui se joue
36:44en partie
36:45dans le cortex préfrontal
36:46situé à l'avant
36:47du cerveau.
36:51Le contrôle cognitif
36:52repose sur un ensemble
36:54de systèmes différents
36:55dans le cerveau,
36:55dont l'un
36:57permet d'inhiber
36:57une action
36:58lorsqu'elle n'est pas
36:58souhaitable.
37:00Si vous êtes
37:01par exemple
37:01dans une situation
37:02où vous voulez
37:03réagir vite,
37:05le contrôle cognitif
37:06vous permet
37:06de stopper
37:07cette réaction
37:08et à la place
37:09d'agir de façon
37:10plus intentionnelle
37:11et plus ciblée.
37:14Ok, Joe,
37:15on est prêt.
37:15Tu peux commencer
37:16l'expérience.
37:20Pour mesurer
37:21l'impulsivité,
37:22l'équipe de Jason Shine
37:24a mis en place
37:24une expérience
37:25intitulée
37:25le pilote de fusée.
37:29Quand le participant
37:31voit une planète
37:32avec des cratères,
37:35il doit appuyer
37:36sur un bouton.
37:44Mais de temps en temps,
37:45au lieu de cratères,
37:47il y a des rayures.
37:55Un participant impulsif
37:57aura tendance
37:58à ne pas pouvoir
37:59se retenir
37:59d'appuyer
38:00lorsqu'une planète
38:01rayée apparaît.
38:05Là,
38:07il doit se retenir
38:08d'appuyer.
38:09Il s'agit donc
38:10d'un exercice
38:10qui mesure
38:11la capacité
38:12d'un individu
38:13à inhiber
38:14ses actions.
38:17Durant cette tâche,
38:18l'IRM mesure
38:19la connectivité
38:20entre le système
38:21de la récompense
38:22qui pousse à agir
38:23et le contrôle cognitif
38:25qui permet
38:25de stopper
38:26le comportement.
38:29On s'est aperçu
38:30que la connexion
38:30qui relie contrôle
38:31et récompense
38:32et qui permet
38:33de contrôler
38:34ses réactions
38:34face à des choses
38:35potentiellement gratifiantes
38:36était plus faible
38:38chez les gens
38:39qui passent
38:39davantage de temps
38:40sur les réseaux sociaux
38:41et sur leurs téléphones.
38:45Les personnes
38:46ayant un usage
38:47important
38:47de leurs smartphones
38:48et des réseaux sociaux
38:49montrent un contrôle
38:50cognitif plus faible
38:51et une impulsivité
38:52plus grande.
39:02On pense que
39:03ces personnes
39:03sont moins en mesure
39:04de contrôler
39:05leurs actions
39:05et que ce déficit
39:08de contrôle
39:08serait dû
39:09à des années
39:10d'utilisation
39:10dans n'importe
39:11quelles circonstances
39:12de leurs smartphones.
39:20C'est tout
39:22sauf un hasard.
39:23Les applications
39:24sont conçues
39:25sur la base
39:25de principes psychologiques
39:26qui permettent
39:27de capter l'attention
39:28et d'augmenter
39:29les signaux
39:29de récompense
39:30pour que les utilisateurs
39:32aient envie
39:32de s'en servir
39:33davantage.
39:37Les applications
39:38ont donc
39:39très probablement
39:39un impact
39:40sur le développement
39:41du système
39:42lié à l'attention.
39:42et au contrôle
39:43cognitif.
39:47Et dans le même temps,
39:48les personnes
39:49qui ont tendance
39:49à être plus impulsives
39:50seront plus susceptibles
39:52d'utiliser
39:53ces applications
39:53et d'y passer
39:54trop de temps
39:55jusqu'à en devenir
39:56dépendantes.
40:01Plus on utilise
40:02les réseaux sociaux,
40:03moins le système
40:04de contrôle
40:05agirait contre
40:05la dopamine
40:06stimulée par les applis.
40:09les chercheurs
40:10ont découvert
40:11récemment
40:11qu'une autre
40:12molécule,
40:13la noradrénaline,
40:14joue un rôle
40:15essentiel
40:16dans ce contrôle.
40:23Qu'est-ce qui se passe
40:24dans notre cerveau
40:24quand on se retient
40:25de prendre son smartphone ?
40:33pour lutter contre
40:34les comportements
40:34compulsifs,
40:36on exerce
40:36ce qu'on appelle
40:37le contrôle cognitif.
40:38Ça consiste d'abord
40:39à suspendre l'action.
40:41Donc, si j'ai une notification
40:43sur mon portable,
40:44j'ai tendance évidemment
40:44à porter mon attention
40:45dessus
40:46et à vouloir checker.
40:47Alors, je peux suspendre
40:48ce comportement.
40:49Par définition,
40:50je mets en place
40:50du contrôle.
40:52C'est une forme
40:54d'effort mental.
40:55C'est là
40:56que la noradrénaline
40:57va intervenir
40:58et c'est elle
40:58qui va soutenir
41:00en quelque sorte
41:00l'effort
41:01de contrôle cognitif.
41:05La noradrénaline,
41:06un neuromodulateur
41:08produit dans une zone
41:09appelée
41:09locus soruleus
41:10dont le rôle
41:12a été démontré
41:13par une expérience
41:13avec un singe
41:15et deux manettes.
41:17Une manette
41:18sur laquelle
41:18il doit facilement appuyer
41:20pour obtenir
41:20un petit verre
41:21de jus d'orange
41:24et une manette
41:25sur laquelle
41:25il doit appuyer
41:26très fort
41:28pour obtenir
41:29un grand verre de jus.
41:34Naturellement,
41:35le singe préfère
41:35faire un effort
41:36pour avoir
41:36plus de jus d'orange.
41:39Les chercheurs
41:41ont alors découvert
41:41que si on injecte
41:42une substance
41:43qui abaisse
41:44le taux de noradrénaline,
41:45le singe choisit
41:47délibérément
41:47d'exercer
41:48moins d'efforts.
41:53cette expérience
41:54met ainsi
41:55en évidence
41:55le rôle central
41:56de la noradrénaline
41:57dans la gestion
41:58de l'effort.
42:01Donc quand on décide
42:03de ne pas regarder
42:03son smartphone,
42:06la noradrénaline
42:07entre en jeu.
42:09Mais va-t-elle
42:10résister
42:11à l'action
42:11de la dopamine ?
42:37La découverte
42:38très récente
42:39de ce rôle
42:39de la noradrénaline
42:40éclaire la diversité
42:42de circuits
42:42et de molécules
42:43qui agissent
42:44dans notre cerveau,
42:45nous offrant
42:46des ressources
42:46pour contrer
42:47les effets
42:47de la dopamine.
42:51La recherche
42:52sur l'effet
42:53des réseaux sociaux
42:54sur notre cerveau
42:54avance.
42:55Mais les chercheurs
42:57se heurtent
42:57à des obstacles.
42:58Car les applications
43:00changent régulièrement.
43:01Et les données
43:02permettant
43:03de comprendre
43:03le fonctionnement
43:04des applis
43:04sont très difficilement
43:05accessibles
43:06car propriétés
43:07des entreprises
43:08de la tech.
43:38Nous avons un gros problème.
43:41problème.
43:42Les plateformes
43:43des réseaux sociaux
43:43sont de véritables
43:44boîtes noires.
43:49En tant que chercheurs
43:50indépendants,
43:51nous n'avons aucun moyen
43:52d'accéder aux données
43:53de ces plateformes.
43:59Il faut réaliser
44:00qu'il y a plus
44:01de 3 milliards
44:02de personnes
44:03sur les plateformes
44:03méta,
44:04c'est-à-dire
44:05Facebook,
44:06Instagram
44:06et WhatsApp.
44:09Il s'agit donc
44:10d'un pool
44:10de données
44:11d'une puissance
44:12phénoménale
44:12que seuls
44:14quelques chercheurs
44:15peuvent exploiter,
44:16à savoir
44:17ceux qui travaillent
44:18essentiellement
44:19pour les entreprises
44:20concernées.
44:22car les plateformes
44:23ont des laboratoires
44:24de recherche
44:25interne
44:25qui constamment
44:26mènent des études
44:28à l'insu
44:28des utilisateurs.
44:30L'équipe
44:31du laboratoire
44:32de Facebook
44:32a ainsi publié
44:33les résultats
44:34d'une expérience
44:35intitulée
44:35contagion émotionnelle.
44:42Les chercheurs
44:43ont manipulé
44:44le fil d'actualité
44:45de 700 utilisateurs.
44:47Ils ont augmenté
44:48le nombre de postes
44:49contenant des émotions
44:50positives pour un groupe
44:55et de postes
44:56avec des émotions
44:57négatives
44:58pour un autre.
45:01Ils ont ainsi
45:02mis en évidence
45:03que plus on reçoit
45:04de postes négatifs,
45:05plus on poste
45:06du contenu négatif.
45:08Et inversement,
45:09prouvant que le fil
45:10d'actualité de Facebook
45:12pouvait bien influencer
45:13l'émotion
45:13des utilisateurs
45:15qui n'étaient même
45:16pas au courant
45:17d'avoir participé
45:18à une telle expérience.
45:20Le tollé a été énorme
45:23à l'époque
45:24parce que les utilisateurs
45:25de Facebook
45:26n'étaient pas au courant
45:27qu'ils participaient
45:28à une expérience.
45:31Depuis le scandale
45:32de cette publication
45:33qui remonte à 2014,
45:34le laboratoire interne
45:36de Facebook
45:36ne publie plus
45:37aucune étude
45:38accessible à la communauté
45:39scientifique.
45:43Là aussi,
45:44ça pose problème.
45:45Ils disent
45:46« On est une entreprise privée,
45:48vous n'avez pas à savoir
45:48ce qui se passe chez nous. »
45:51Moi, je leur réponds
45:52que les plateformes
45:53sont tellement gigantesques
45:54que nous avons le droit
45:55en tant que citoyens
45:56de comprendre
45:57ce qu'il s'y passe.
46:00Mais tant que les relations
46:01avec eux
46:02seront au point mort,
46:03je crains
46:04que nous ne sachions
46:05jamais vraiment
46:05de quoi ils retournent.
46:08pour avoir accès
46:09à ces données
46:10d'utilisateurs
46:11indispensables à la science,
46:12les chercheurs
46:13sont ainsi obligés
46:14de mettre en place
46:15d'autres stratégies.
46:29Algorithm Watch
46:30est une organisation
46:31de recherche
46:31et de défense
46:32des droits
46:32à but non lucratif
46:34qui se consacre
46:35aux prises de décisions
46:36automatisées,
46:37ce qu'on appelle
46:37algorithmes
46:38ou intelligences artificielles.
46:42Le plus important,
46:43c'est avant tout
46:44les algorithmes
46:45qui définissent
46:45les files d'actualité
46:46et déterminent
46:48les contenus
46:48qui doivent être mis en avant
46:49pour que beaucoup
46:50d'utilisateurs les voient.
46:54Pour comprendre
46:55comment ces algorithmes
46:56choisissent les contenus
46:57qui seront les plus vus,
46:59l'organisation
46:59Algorithm Watch
47:00utilise le don de données.
47:04On monte des projets
47:05à partir de dons de données.
47:07Ça signifie
47:08qu'on demande
47:08à des utilisateurs
47:10de nous communiquer
47:11leurs données.
47:11Pour ça,
47:12ils doivent installer
47:13un plugin.
47:16Algorithm Watch
47:17a ainsi cherché
47:18à comprendre
47:19comment l'algorithme
47:20d'Instagram
47:20sélectionne les photos
47:22qui apparaissent
47:22dans chaque fil d'actualité.
47:24Une étude
47:25qui s'intitule
47:26« Déshabille-toi
47:27ou échoue ? »
47:30Notre analyse a révélé
47:32que les images
47:32montrant de la peau nue
47:33avaient une probabilité
47:35nettement plus élevée
47:36d'apparaître
47:36dans les fils d'actualité.
47:39Pour les hommes,
47:40il s'agissait de savoir
47:41s'ils apparaissaient
47:42torse nu
47:43et pour les femmes,
47:44en bikini
47:45ou en sous-vêtements.
47:54plus on est dénudés,
47:56plus la photo
47:57aura de succès.
48:01Ça pousse évidemment
48:02à se soumettre
48:03à l'algorithme d'Instagram,
48:05c'est-à-dire à se montrer
48:06en bikini
48:06ou en sous-vêtements
48:07pour avoir du succès.
48:11Une étude importante
48:13qui démontre
48:13le rôle de cet algorithme
48:15dans les problèmes
48:15d'estime de soi.
48:17Sauf que cette étude
48:18n'a pas du tout plu
48:20au groupe Meta.
48:24Facebook nous a accusés
48:25d'avoir enfreint
48:26les règles d'utilisation
48:27et nous a menacés
48:28de prendre des mesures,
48:31si bien qu'on a mis fin
48:32au projet
48:32sous la pression de Facebook.
48:43Aujourd'hui,
48:44si les grandes entreprises
48:45font tout
48:45pour éviter
48:46de rendre des comptes
48:47à l'opinion publique,
48:48les utilisateurs,
48:49eux,
48:50commencent à prendre
48:51conscience
48:51de leurs usages.
48:54Mais comment s'y prend-on
48:55concrètement
48:56pour reprendre le contrôle ?
48:58Je veux être libre
48:59Je veux être libre
49:01Je ne veux pas
49:02me changer
49:02Je veux être libre
49:26Je veux être libre
49:28arrivé à se déshabituer
49:30ou à se désensibiliser
49:32C'est déjà
49:33de couper les notifications
49:38Parce que les notifications
49:40sont les signaux
49:41qui nous conditionnent
49:43C'est moi qui décide
49:44quand j'y vais
49:45et ce n'est pas
49:46l'alerte
49:47qui me dit
49:47quand je dois y aller
49:54Autre conseil
49:54Quand vous travaillez
49:56ou que vous êtes à l'école
49:57par exemple
49:57mettez votre téléphone
49:59de côté
50:01Dans votre sac
50:02ou dans une autre pièce
50:03Loin des yeux
50:04loin du cœur
50:05Parce que les recherches
50:07montrent que
50:07quand on ne voit pas
50:08son téléphone
50:09l'attention augmente
50:11considérablement
50:12Des petites stratégies
50:13comme ça
50:14peuvent avoir
50:14une influence énorme
50:15sur notre santé mentale
50:17et notre bien-être
50:21On sait en outre
50:23que quand on passe
50:23son smartphone
50:24en noir et blanc
50:30C'est-à-dire
50:32quand on supprime
50:32les couleurs
50:33les réseaux sociaux
50:35deviennent moins attirants
50:36et on utilise moins
50:37son smartphone
50:37On ne peut pas s'occuper
50:38le téléphone
50:38On ne peut pas s'occuper
50:42Tous nos comportements
50:43sont en compétition
50:44On ne peut pas faire
50:45deux choses à la fois
50:49Et donc il va falloir choisir
50:51un comportement
50:52parmi, pas une infinité
50:54mais un grand nombre
50:55de comportements possibles
50:57à chaque instant
50:58C'est très simple
50:59Une journée fait 24 heures
51:00Si vous passez plus de temps
51:02avec vos copains
51:02vous allez diminuer
51:03le temps passé
51:04sur les applis
51:09Des solutions individuelles
51:14qui ne doivent pas masquer
51:16le fait que des politiques
51:17de santé publique
51:18sont peut-être nécessaires
51:21Pourquoi serait-ce à nous
51:22de changer ?
51:23C'est aux entreprises
51:24de la tech de le faire
51:25Et ce serait le meilleur moyen
51:26pour refondre le système
51:30Il faut concevoir
51:31des plateformes
51:32contenant moins d'éléments
51:33qui créent la dépendance
51:36C'est indispensable
51:37et ce serait un levier
51:38nettement plus efficace
51:40pour résoudre les problèmes
51:42Il faut réinventer
51:44les réseaux sociaux
51:45et repartir de zéro
51:46en se posant la question
51:47de ce que serait
51:48un bon réseau
51:52Réguler l'industrie
51:53des réseaux sociaux
51:54prendra sans doute
51:55des années
52:01D'ici là
52:02il s'agit de se réapproprier
52:03individuellement cet objet
52:05qui n'est pas prêt
52:06de disparaître
52:08Il va falloir apprendre
52:10à vivre avec
52:10parce que sans passer
52:12ce n'est pas possible
52:13Donc faire avec
52:14c'est avoir une consommation
52:16maîtrisée
52:17savoir s'arrêter
52:18que le smartphone
52:20garde une place
52:21d'objet
52:22utile
52:25parce que c'est d'abord
52:26un objet utile
52:29Près de 15 ans
52:30après l'arrivée
52:31du smartphone
52:31nous prenons
52:32aujourd'hui
52:33conscience
52:33des risques
52:34et des enjeux
52:34liés à ce formidable
52:36petit objet noir
52:36A nous maintenant
52:38d'éviter les pièges
52:39que nous tendent
52:40constamment les applis
52:41et d'envisager
52:42peut-être
52:42de reprendre un peu
52:44Le contrôle de nos vies
52:45J'ai perdu mon téléphone
52:47Ça me déprime
52:49Ça me chiffonne
52:49J'ai perdu tous mes contacts
52:51Je vais devenir paranoïaque
52:53Les films de ma fiancée
52:55Qui joue nue sur le canapé
52:57J'ai le moral d'une vieille tortue
52:59Où est-il ?
53:07Où est-il ?
53:08Où est-il ?
53:09Sous-titres par Jérémy Diaz
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