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  • il y a 2 jours
Manuel Valls, ancien Premier ministre, était l'invité du Face-à-Face de ce mardi 28 avril sur BFMTV et RMC. Il a été interrogé notamment sur la guerre au Moyen-Orient, la hausse du carburant

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Transcription
00:00Bonjour Manuel Valls. Bonjour Marie Chantret.
00:01Merci d'avoir accepté mon invitation.
00:03Vous êtes, évidemment, on ne rappelle pas, ancien Premier ministre,
00:06ancien ministre également des Outre-mer,
00:09de gouvernement François Bayrou et de Sébastien Lecornu.
00:1228 avril dernier, 28 avril aujourd'hui, 28 février,
00:16il y a 60 jours, les Etats-Unis et Israël frappent l'Iran.
00:19La guerre entre ce mardi dans son troisième mois.
00:23Si vous êtes face à moi ce matin, Manuel Valls,
00:25c'est que dans une tribune que notamment nos confrères de l'Express ont publié,
00:29cette semaine, vous étriez littéralement la diplomatie française,
00:33vous ne mâchez pas vos mots, inaction, décision hasardeuse,
00:37on va y revenir longuement.
00:38Vous, l'ancien ministre d'Emmanuel Macron,
00:41pourquoi tant de sévérité ? Pourquoi jouer contre votre camp ?
00:45Je ne joue pas contre mon camp, j'essaie de réfléchir
00:48sur ce monde qui a totalement changé, qui a basculé,
00:52je me suis exprimé au sein du Conseil des ministres au mois de juillet
00:56pour dire que je n'étais pas d'accord avec la reconnaissance de la Palestine sans condition.
01:01Je suis resté un homme libre, un patriote, un républicain,
01:05mais qui considère que le logiciel de la diplomatie française
01:10n'a pas intégré le basculement dans lequel nous sommes,
01:14notamment depuis le 7 octobre 2023,
01:17cette attaque terrible du Hamas contre Israël
01:19qui a rebattu les cartes aux Proches et aux Moins-Orients.
01:22Voyez-vous, nous sommes face à deux lignes de front majeures.
01:26L'Ukraine, évidemment, où se joue l'avenir de l'Europe,
01:30notre liberté, c'est pour cela que nous soutenons les Ukrainiens,
01:33c'est pour cela que nous apportons notre soutien à Volodymyr Zelensky.
01:37Grâce notamment à ce nouveau plan,
01:38voté, dû notamment au fait que Viktor Orbán ait été battu.
01:43Grâce à l'Union Européenne, et moi je me réjouis,
01:45je soutiens là notre diplomatie et l'action d'Emmanuel Macron,
01:49parce que je pense que c'est essentiel pour l'Europe de bâtir sa défense
01:53et d'investir massivement pour le soutien aux Ukrainiens,
01:58mais aussi pour notre défense.
01:59Et l'autre ligne de front, elle se joue aux Proches et Moins-Orients,
02:02mais elle nous concerne aussi, c'est la ligne de front de l'islamisme.
02:06Mais l'homme libre que vous êtes, vous le dites,
02:08ok, très bien, il distribue Emmanuel Macron des leçons de droit international.
02:13Vous êtes très très sévère à l'égard de son action,
02:17à l'égard également de la diplomatie française, je le disais.
02:20La France n'a été ni prévenue, ni impliquée.
02:23Ce sont les premiers mots du chef de l'État.
02:25Une forme de transparence qui est aussi à saluer.
02:27Fallait-il aller plus loin dans cette guerre en Iran ?
02:30Il faut choisir son camp avec lucidité.
02:33Évidemment, la diplomatie, la guerre ne sont pas des choses faciles.
02:36La guerre s'est invitée de nouveau pour nos sociétés.
02:39C'est un bouleversement, bien sûr en Europe
02:41et partout aux Proches et au Moyen-Orient.
02:44Et si les cartes ont été rebattues, il faut adapter notre logiciel.
02:49Choisir son camp, ça veut dire soutenir les démocraties
02:53qui se battent contre le terrorisme islamique.
02:56Et l'Iran, il faut toujours désigner un ennemi.
02:59L'Iran est notre adversaire, est notre ennemi,
03:03est l'ennemi de nos valeurs et de l'Occident.
03:06Et de votre point de vue, il n'est pas assez suffisamment désigné
03:09comme notre ennemi aujourd'hui ?
03:10D'équidistance, et on le voit notamment au Liban,
03:13entre le Hezbollah et Israël, comme si c'était des belligérants.
03:18L'Iran, c'est la profusion depuis 40 ans,
03:21partout dans le monde, de l'islamisme.
03:23C'est le terrorisme contre ses opposants sur le sol français,
03:27mais aussi contre nos intérêts.
03:29C'est évidemment la menace nucléaire.
03:31inacceptable pour Israël, puisque l'Iran menace régulièrement
03:35d'anéantissement l'État hébreu,
03:37mais ça nous concerne aussi directement.
03:39C'est la déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient,
03:41à commencer par le Liban, où le Hezbollah agit pour les seuls intérêts
03:45de l'État iranien.
03:47Et on va évoquer ce qui se passe au Liban.
03:50Donc face à cela, nous ne pouvons pas rester inertes,
03:53nous ne pouvons pas dire que cette guerre ne nous concerne pas.
03:56Je suis le premier à dire que la stratégie de Donald Trump,
04:00nous avons du mal à la lire,
04:02pourquoi on n'a pas anticipé le blocage potentiel du Tétroit d'Ormouz ?
04:06Tellement de mots, cette avalanche de discours,
04:09et le sentiment d'ailleurs d'abandon du peuple iranien
04:12qui est massacré par ce pouvoir démoniaire.
04:17Et donc on est très très loin d'un changement aussi de régime.
04:19Vous écrivez, le Président...
04:22Oui, mais quelle est l'alternative à ce qui est en train d'être fait ?
04:25Continuer de négocier ?
04:26Mais enfin, c'est ce qu'on fait depuis 40 ans.
04:28Là, j'étais Premier ministre quand il y a eu l'accord sur le nucléaire en 2016,
04:34malgré les préventions de la France.
04:39Et Laurent Fabius, qui était ministre des Affaires étrangères,
04:41avait mis beaucoup de conditions.
04:43Mais Barack Obama voulait à tout prix cet accord.
04:45Donald Trump l'a balayé au bout de deux ans.
04:47Mais l'administration Biden, démocrate, n'a pas repris ces négociations.
04:52Est-ce que la menace nucléaire a été abandonnée ?
04:55Elle est toujours là.
04:56Est-ce que la menace des missiles balistiques,
04:59qui concernent d'abord Israël, mais pas seulement,
05:02n'existe-t-elle pas ?
05:03Elle existe toujours, nous l'avons vu.
05:05Donc, est-ce que ce régime déstabilise toujours le Liban ?
05:09Plus que jamais.
05:11Donc, il faut choisir son camp,
05:13il faut désigner l'ennemi,
05:14il faut faire valoir nos intérêts stratégiques.
05:16Ce que la France, Manuel Valls, ne fait pas suffisamment,
05:18selon vous, aujourd'hui.
05:20Évidemment, et c'est le cas au Liban,
05:22en le soulignant, et je le dis dans cet article.
05:24L'attitude de Donald Trump, du président américain,
05:27son imprévisibilité aussi.
05:28Il y a quelques semaines, il parlait de rendre sa grandeur à l'Amérique,
05:32il évoquait une petite excursion, je le cite,
05:35« en cours pour détruire le mal ».
05:37On est aujourd'hui très loin de la petite excursion,
05:39qui est en train de ressembler à une guerre gelée,
05:42peut-être jamais terminée.
05:44De ce point de vue-là,
05:45est-ce que la retenue de la diplomatie française,
05:48la retenue aussi plus largement des Européens,
05:50ne va pas dans leur sens ?
05:52Oui, mais la retenue des mots,
05:55un discours intelligent,
05:57ne pas parler tout le temps,
05:59bien évidemment.
06:00Mais il faut revenir à l'essentiel.
06:02Moi, je lis, j'écoute ce que disent
06:05Éric Danon, Alain Boer, Frédéric Ancel
06:08sur le discours de Trump.
06:09Trump, il a son discours.
06:11Il gère l'opinion publique américaine.
06:14Sa propre opinion, sans doute.
06:16Et il est comme ça, malheureusement.
06:18Et quand il évoque, par exemple,
06:20la destruction d'une civilisation,
06:21on a un froid dans le dos, bien évidemment.
06:24Sans doute que l'administration américaine
06:25a davantage de stratégies.
06:27Mais le monde a changé le 7 octobre,
06:29je vous le disais.
06:30Israël est sur un front très large
06:33de plusieurs guerres.
06:35À commencer, évidemment,
06:36par la menace iranienne,
06:37et ce qui se passe dans la bande de Gaza
06:39avec le Hamas,
06:40et ce qui se passe, bien sûr, au Liban.
06:42Face à cela, que faisons-nous ?
06:44On garde une équidistance,
06:46on considère qu'il n'y a pas
06:47des menaces majeures du côté iranien,
06:49que le Hezbollah ne tient pas en otage
06:52l'État libanais.
06:54On demande le désarmement.
06:55C'est une résolution qui avait été adoptée
06:57il y a quelques années,
06:58grâce notamment à la France.
06:59Le désarmement du Hezbollah.
07:02Mais qui participe de ce désarmement ?
07:05C'est à l'armée libanaise de le faire,
07:08mais elle n'a pas les moyens.
07:09Donc il faut que la France s'implique encore davantage.
07:11Et sur ce point précis, vous dites en effet ?
07:13Et comment Israël ne peut pas-t-elle réagir
07:16face aux bombardements au nord d'Israël,
07:19aux tunnels organisés
07:21pour attaquer les villages du nord en Israël ?
07:23Donc moi, je regarde ça avec lucidité,
07:27avec parfois du recul.
07:29Je me dis qu'à partir du moment
07:30où on a une démocratie israëlle
07:32qui est en première ligne face à l'islamisme,
07:35notre rôle, c'est de soutenir davantage
07:38les Israéliens.
07:39Face à ces menaces.
07:40On va revenir là sur le Liban précisément.
07:42Et certains aussi, vous le savez,
07:43vous reprochent vos positions,
07:45peut-être parfois trop pro-israéliennes.
07:47Juste, on se demande pourquoi maintenant ?
07:48Pourquoi tant de critiques ?
07:49Vous dites encore une fois lucidité.
07:52Mais je lis aussi,
07:53et je l'ai lu attentivement en cette tribune,
07:55une très très grande sévérité.
07:57N'avez-vous pas peur finalement
07:58que ces arguments que vous développez
08:01ne jouent finalement contre nos ennemis
08:03de l'intérieur, de l'extérieur,
08:05soit un argumentaire supplémentaire pour nous affaiblir ?
08:08Je vais utiliser votre expression,
08:09ennemis de l'extérieur,
08:10ennemis de l'intérieur.
08:12Mais c'est le terrorisme islamiste
08:13qui nous a frappés.
08:15Ce n'est pas notre soutien,
08:17encore moins mon soutien à Israël,
08:18qui a fait que l'État islamique,
08:21Al-Qaïda,
08:22parfois les Iraniens,
08:25souvent nous ont frappés.
08:28Notre intérêt stratégique,
08:30et je comprends parfaitement votre question,
08:31notre intérêt stratégique,
08:33c'est de lutter contre ceux
08:34qui mènent une guerre
08:35à nos valeurs,
08:37à l'Occident,
08:38à la démocratie,
08:39à la France.
08:41Moi, je soutiens Israël,
08:43d'abord parce que c'est une démocratie,
08:45parce que je pense que nous devons réviser,
08:47en effet,
08:47notre stratégie diplomatique
08:50en soutenant Israël
08:51dans une alliance stratégique.
08:52Vous reprochez d'ailleurs à la France aussi,
08:54encore une fois,
08:55d'avoir notamment interdit le survol
08:56de son territoire
08:57il y a quelques semaines.
08:58Oui, et puis d'être dans une polémique permanente,
09:03dans une tension permanente avec Israël.
09:05La deuxième priorité,
09:06c'est le Liban
09:07et le soutien à cet État
09:09avec qui nous partageons
09:10autant d'histoires et de cultures.
09:12C'est aussi le soutien aux accords d'Abraham,
09:14c'est-à-dire entre les pays sunnites,
09:16les pays du Golfe,
09:17et j'espère demain l'Arabie Saoudite,
09:18et Israël.
09:20C'est évidemment conforter
09:21notre accord stratégique
09:23avec les Émirats arabes unis.
09:26Et puis c'est le soutien,
09:27bien évidemment aussi,
09:28au peuple iranien massacré
09:30par le régime des Mola.
09:33Soutien au peuple libanais,
09:35j'entends Benyamin Netanyahou
09:36qui a encore affirmé
09:37ces dernières heures
09:38que la menace du Hezbollah,
09:39notamment dans le sud-Liban,
09:41impose la poursuite
09:42de l'action militaire,
09:43encore des victimes,
09:44cette nuit, des enfants.
09:46Et ces incidents,
09:47notamment avec des militaires
09:49de la Finule,
09:50là c'est le Hezbollah
09:51qui est impliqué,
09:52visé,
09:52des soldats français
09:54ont été tués.
09:55Juste une question,
09:56un hommage national
09:57doit se tenir aujourd'hui,
09:58en hommage notamment
09:59au caporal-chef
10:00à Zinissé Girardzin.
10:01Est-ce que vous êtes choqué
10:02comme certains
10:03de l'absence,
10:04de la présence
10:05du président de la République
10:06ou de Sébastien Lecornu
10:07à ses hommages nationaux ?
10:08Il n'était pas présent
10:09la semaine dernière.
10:10Est-ce que c'est
10:12une absence
10:12qui vous choque ?
10:13Je n'avais pas remarqué
10:14cela pour être honnête,
10:16mais j'ai du mal
10:18à comprendre
10:18pourquoi il n'y a pas
10:19une présence
10:20au plus haut niveau,
10:21j'imagine que la ministre
10:21des armées
10:22est présente,
10:23évidemment.
10:23La ministre des armées
10:23de la Défense
10:24est présente.
10:26Le Hezbollah,
10:27il y a déjà
10:28de nombreuses années,
10:29avait été au cœur
10:30d'un attentat
10:31qui avait eu
10:32des dizaines
10:32de nos soldats
10:34tués.
10:36Deux de nos militaires
10:37valeureux
10:38ont été tués.
10:39Un autre a été blessé
10:41très gravement
10:42il y a quelques jours.
10:44Mais c'est bien
10:45la démonstration
10:46de la nature
10:47du Hezbollah
10:48qui refuse,
10:49qui rejette
10:50les discussions
10:50en cours
10:51à Washington.
10:53Difficile,
10:53bien évidemment,
10:54mais nouvelle
10:54et j'espère porteuse
10:55d'espoir
10:55entre Israéliens
10:57et Libanais.
10:58La France est absente
10:59de ces discussions.
11:00Vous parlez d'aveuglement,
11:01de grand aveuglement.
11:03À force d'être
11:04dans une équidistance,
11:06à force de considérer
11:07que l'Hezbollah
11:07est à la fois
11:08une organisation
11:09terroriste et politique,
11:10à force de ne pas voir
11:11que le Hezbollah,
11:12encore il y a quelques semaines,
11:13était au cœur
11:13d'une tentative
11:14de coup d'État
11:15au Liban.
11:16À force de ne pas voir
11:17que le Hezbollah,
11:18comme le Hamas,
11:19fabrique des tunnels
11:20dont le but est
11:21la destruction,
11:21évidemment,
11:22d'Israël,
11:23oui,
11:23on passe à côté
11:24de quelque chose
11:25d'essentiel.
11:25Du côté de la diplomatie
11:26française,
11:27on s'active néanmoins
11:28pour rouvrir
11:29le détroit d'Hormuz.
11:30Vous l'évoquiez
11:30dans cet entretien
11:31un peu plus tôt.
11:32Une conférence
11:33a été organisée,
11:34notamment à l'initiative
11:35de la France
11:36et des répercussions
11:37évidemment en cascade
11:38sur le plan intérieur
11:39des prix à la pompe,
11:40au carburant,
11:41dont sont témoins
11:42tous les jours
11:42les Français
11:43et qu'ils le subissent
11:43de plein fouet.
11:44Ce que fait le gouvernement
11:45français,
11:46c'est être ciblé.
11:47C'est la bonne stratégie,
11:49selon vous ?
11:49C'est la bonne réponse ?
11:50Je pense que oui.
11:51En plus,
11:51ça tient compte également
11:52de l'état
11:53de nos déficits publics.
11:56Qui ne nous permettent
11:56pas de faire plus.
11:57Et donc de l'absence
11:58de marge de manœuvre.
11:59La France a raison
12:00de ce point de vue-là
12:01d'essayer de jouer
12:01demain son rôle
12:02pour sécuriser
12:03le détroit d'Hormuz,
12:05dans le lien notamment
12:05que nous avons
12:06avec les pays du Golfe
12:07et plus particulièrement
12:08avec les Émirats.
12:09Mais nous voyons bien
12:10d'ailleurs que nous sommes
12:11dans un de ces moments clés.
12:13Quand je vous parlais
12:13de basculement de l'histoire,
12:15du retour de la guerre
12:16avec la part de l'histoire
12:18et toutes les tragédies potentielles,
12:23au fond,
12:23nous sommes dans un moment
12:24qui ressemble
12:25à celui de 1958.
12:27C'est-à-dire que
12:27dans ces moments-là,
12:29la France doit être capable
12:30d'une forme de sursaut.
12:32Ce qu'elle ne fait pas,
12:33est-ce qu'elle n'est pas
12:33en capacité aujourd'hui
12:34de faire ?
12:34Je pense que le prix
12:34de la pompe
12:35est tout à fait essentiel.
12:36Mais nous venons
12:37de souligner ensemble
12:39la difficulté d'agir
12:40vu l'état
12:41de nos déficits publics.
12:42Donc, il faut dire
12:43la vérité aux Français
12:44sur l'état du monde,
12:46sur les enjeux stratégiques,
12:47sur les priorités budgétaires
12:49qui doivent être les nôtres.
12:49Notamment,
12:50il faut continuer
12:51à augmenter massivement
12:52nos budgets militaires,
12:53ce que font
12:54tous les pays européens.
12:55Ce que nous faisons également.
12:57Exactement,
12:57dans un basculement
12:58parce qu'il faut soutenir
13:00évidemment l'Ukraine
13:01parce qu'on voit bien
13:03des drones,
13:04c'est la guerre hybride,
13:05c'est la guerre
13:05de l'intelligence artificielle.
13:06Donc, il faut être
13:07à ses rendez-vous.
13:08Mais si ça,
13:08c'est la priorité,
13:09si notre sécurité,
13:10c'est la priorité,
13:11si l'investissement massif
13:13sur l'école
13:13et l'intelligence artificielle,
13:15c'est notre priorité,
13:16ça veut dire
13:16qu'il faut des réformes profondes
13:18de notre protection sociale,
13:19de notre système de retraite
13:20et qu'il faut aussi
13:21faire des économies massives.
13:22Et c'est ce discours
13:23de vérité qui manque.
13:24Or, tout est lié,
13:25tout est lié.
13:26La stratégie,
13:27la diplomatie,
13:28la guerre,
13:29l'économie,
13:29le budget,
13:30le discours,
13:31la stabilité de notre pays
13:32puisqu'aujourd'hui,
13:33avec la dissolution,
13:35nos institutions
13:35sont face à une crise
13:37démocratique existentielle
13:39tout à fait inquiétante.
13:40Sans doute une thématique
13:41transition de toute trouvée
13:42pour la prochaine présidentielle
13:44qui a déjà commencé
13:45pour certains.
13:47Emmanuel Macron,
13:47hier,
13:48a lancé une pique
13:49aux partisans
13:50d'une ligne
13:50beaucoup plus dure
13:51avec le pouvoir algérien
13:52en ciblant,
13:53je le cite,
13:54tous les maboules
13:55qui veulent se fâcher
13:56avec l'Algérie.
13:57Bruno Retailleu en tête
13:59s'est senti directement visé.
14:01Un président français
14:02peut-il d'abord parler
14:03comme cela ?
14:04Et finalement,
14:05ce rapport de force
14:06qu'a voulu instaurer
14:07Bruno Retailleu
14:08n'a pas fonctionné.
14:08Est-ce que c'est
14:09la bonne manière de faire ?
14:10Les invectives
14:12ne remplacent pas
14:13une ligne politique
14:14et l'absence d'autorité
14:16sur ce dossier
14:17de la France.
14:18Le président de la République
14:19a beaucoup donné
14:20au régime algérien,
14:21notamment en termes
14:21de mémoire.
14:23Beaucoup trop donné ?
14:24Beaucoup trop.
14:24C'est ce que j'entends
14:25dans vos mots.
14:25Parce qu'il n'a rien reçu,
14:26il n'a reçu
14:26que des insultes.
14:28l'emprisonnement
14:29de Sansal
14:31pendant un an
14:32qu'il faut soutenir
14:34fortement.
14:35La condamnation
14:36de Kamel Daoud,
14:37un autre intellectuel
14:38franco-algérien,
14:40un journaliste français,
14:41Christophe Gleiz,
14:42qui est toujours
14:42dans les cellules algériennes.
14:45Nous n'avons pas
14:46un problème
14:46avec le peuple algérien.
14:47Nous avons un problème
14:49avec son président
14:50et avec ce pouvoir
14:52qui, par ailleurs,
14:53a accompli
14:54des barbouseries,
14:55nous le savons,
14:56sur notre sol.
14:57Nous ne réglons pas
14:58la question migratoire.
15:00Donc,
15:00plutôt que d'invectiver,
15:02plutôt que d'insulter,
15:03plutôt que d'avoir
15:04un langage léger,
15:05il faut de la gravité
15:06et rétablir
15:07un rapport de force,
15:08en effet,
15:09avec le pouvoir algérien.
15:11C'est notre intérêt
15:11et c'est l'intérêt
15:12aussi du peuple algérien.
15:13Le rapport de force,
15:14mais le président français,
15:15pour rappeler le contexte,
15:16évoquer le système
15:17des médecins,
15:18de ces praticiens
15:19diplômés hors Union européenne.
15:21Beaucoup viennent d'Algérie
15:22aujourd'hui.
15:23Bruno Retailleau dit,
15:24en gros,
15:25c'est un prétexte
15:25et que finalement,
15:26c'est l'arbre qui cache la forêt
15:27et que l'on n'agit pas suffisamment.
15:29Oui, il y a un problème,
15:29en effet,
15:30de technique,
15:32de procédure,
15:33mais qui nous concerne,
15:34nous, d'abord,
15:34français d'ailleurs.
15:35Je crois que le président
15:36de la République
15:37l'admettait.
15:38Mais ça,
15:38c'est un sujet.
15:39Il n'est pas négligeable
15:40pour nos hôpitaux,
15:42mais c'est un sujet à part.
15:44Mais encore une fois...
15:44Le vrai problème,
15:46c'est quelle est
15:46notre stratégie
15:47vis-à-vis de l'Algérie ?
15:49Et pas seulement
15:50en termes de migration,
15:51même si c'est un thème
15:51tout à fait essentiel.
15:53Et nous sommes dans...
15:54Vous savez,
15:55dans ces moments-là,
15:56nous l'avons évoqué longuement
15:57concernant le Proche-Orient,
15:58la question des valeurs
15:59est essentielle.
16:00Et quand des intellectuels
16:02ou des journalistes
16:03sont pourchassés,
16:04quand il s'agit en plus
16:05de nos compatriotes,
16:06il faut les soutenir
16:07et il faut être clair et ferme
16:09à l'égard du pouvoir algérien
16:10et pas jouer avec ça.
16:11Boilem Sansal,
16:13vous en parliez,
16:14vous avez écrit également
16:15à son sujet,
16:16emprisonné en Algérie un an,
16:17libéré,
16:18retourné en France
16:19après avoir été gracié,
16:21qui déclare désormais
16:22vouloir quitter le pays.
16:23Lui aussi a des mots
16:24extrêmement durs,
16:25certains l'accusent
16:26peut-être un peu
16:26d'ingratitude.
16:27Vous comprenez sa position
16:28de vouloir quitter la France
16:30face au dictateur
16:31de la pensée, dit-il ?
16:32J'aime l'écrivain,
16:33j'aime sa langue,
16:34son amour pour les Français,
16:36son goût de la provocation,
16:37son courage et sa liberté,
16:39son combat contre l'islamisme.
16:40Il faut lire évidemment
16:41ses livres.
16:42Et moi, je le défends totalement,
16:43c'est un homme libre,
16:45mais qui aime passionnément
16:46la France,
16:46qui aime passionnément
16:47notre langue.
16:49Il l'a dit,
16:49il suffit de lire
16:50le serment des barbares
16:51en 2084,
16:52qui est académicien
16:53français et belge,
16:54donc les deux grandes
16:54académies francophones,
16:56et qui subit un procès
16:58inacceptable,
16:59insupportable.
17:00D'abord des Algériens
17:01et puis d'une partie
17:02de la gauche
17:03qui recense ses amitiés.
17:04Donc surtout ne pas
17:05lui en vouloir.
17:06Manuel Valls.
17:06Le soutenir
17:06et lui dire surtout
17:08notre reconnaissance.
17:09On arrive à la fin
17:09de cet entretien,
17:10évidemment j'évoquais
17:11la présidentielle.
17:12La gauche,
17:14évidemment,
17:14et les filles,
17:15tous sont d'accord
17:15pour le fait que
17:16Jean-Luc Mélenchon
17:17ne soit pas leur candidat.
17:18Vous la connaissez
17:18parfaitement cette gauche.
17:19Ils sont tellement nombreux
17:20à se préparer,
17:21à être déclarés
17:22ou peut-être
17:23un jour candidats.
17:24J'ai envie de vous parler
17:25d'un certain François Hollande.
17:26Vous y croyez
17:27à sa candidature ?
17:28Il va y aller ?
17:28Mais moi je pense
17:29que nous sommes
17:30dans un moment,
17:31c'est vrai pour
17:31Édouard Philippe,
17:32c'est vrai pour
17:32Gabriel Attal,
17:33c'est vrai pour
17:34Bernard Cazeneuve
17:34ou Raphaël Lutman
17:35et donc c'est vrai aussi
17:36pour François Hollande.
17:38Si eux pensent
17:39qu'ils peuvent être utiles
17:40au pays,
17:41qu'ils avancent
17:41mais avec des propositions,
17:44avec des idées,
17:45avec un regard nouveau
17:46sur le monde.
17:47Qui ne sont pas suffisantes
17:48du coup pour vous
17:49aujourd'hui ?
17:49Pas à ce stade
17:50mais ça viendra
17:51et François Hollande
17:51a suffisamment d'expérience
17:52pour évoquer ces sujets
17:54mais avec un devoir
17:55de vérité
17:55vis-à-vis des Français.
17:56Et vous ?
17:58Moi je m'exprime
17:59sur le fond
17:59et je verrai
18:00ce que je ferai
18:01à l'automne
18:02tranquillement
18:03mais je pense
18:04que les idées
18:04que je défends
18:05elles seront au cœur
18:06de la campagne
18:07et j'attends des réponses.
18:08Manuel Valls,
18:08merci beaucoup
18:09d'avoir été notre invitation
18:09ce matin.
18:10Non, non, non, non.
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