- il y a 26 minutes
A 44 ans, la star Natalie Portman est enceinte de son troisième enfant. Les grossesses de femmes de plus de 40 ans sont-elles plus fréquentes ? Y'a-t-il des risques pour la mère et l'enfant ? Peut-on allaiter après 40 ans ?
Regardez C'est notre époque avec Céline Landreau du 23 avril 2026.
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00:017h, 9h30, RTL Matin, Céline Landreau.
00:04RTL Matin, on est ensemble jusqu'à 9h30, c'est notre époque maintenant.
00:08L'actrice Nathalie Portman a annoncé dans la presse être enceinte de son troisième enfant à 44 ans.
00:14Je sais que c'est un privilège et un miracle, a-t-elle confié, mais c'est loin d'être
00:20une exception.
00:20Les grossesses passées, 40 ans, de plus en plus nombreuses pour en parler avec nous aujourd'hui.
00:26Anne-Lise Pernod, bonjour.
00:29Bonjour et merci d'être en ligne avec nous, vous êtes thérapeute, coach et auteur du livre
00:32Être mère, quand je veux, où je veux, c'est aux éditions First, pardon, dans ce studio également.
00:39Arnaud Gantois, bonjour.
00:40Bonjour.
00:41Sage-femme en Seine-Saint-Denis.
00:43Et on attend et on espère le professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie, obstétrique, médecine de la
00:50reproduction de l'hôpital Foch,
00:51qui est en route et qui devrait nous rejoindre dans quelques instants.
00:55Les grossesses passées, 40 ans, de plus en plus nombreuses, elles ont doublé quasiment en une vingtaine d'années.
01:04Comment on l'explique, Anne-Lise Pernod ? D'abord, c'est une volonté vraiment des femmes de tomber enceinte
01:10plus tard ?
01:11Alors, il y a plein de facteurs. En fait, c'est assez nuancé. La maternité tardive, ça peut être effectivement
01:17un choix conscient.
01:18On peut choisir de privilégier sa carrière, de profiter de la vie, entre guillemets, dans certains cas.
01:25Dans d'autres cas, ça va être plus les conséquences d'un parcours de vie, la difficulté à rencontrer un
01:32partenaire, par exemple.
01:33Moi, j'ai beaucoup de femmes qui viennent me voir autour de 45 ans.
01:37Elles ont attendu longtemps avant de rencontrer la bonne personne et ça ne s'est pas produit.
01:42Du coup, elles se décident à faire cet enfant en solo, mais vraiment un peu last minute, on va dire.
01:48Et puis, il y a aussi toutes les femmes et tous les couples qui sont en parcours de PMA depuis
01:53un moment,
01:54qui n'avaient pas prévu de faire un enfant tard, mais qui se retrouvent, après 5 ou 10 ans de
01:59parcours de PMA,
02:00à arriver dans la quarantaine et à se retrouver futurs parents tardifs.
02:05Arnaud Gantois, sage-femme ou mailloticien, on peut dire aussi, si ça perturbe parfois cette appellation de sage-femme.
02:13Vous en avez de plus en plus, vous, de femmes qui arrivent, des quadragénaires dans vos cabinets ?
02:19Oui, c'est une tendance assez générale.
02:22Ça nécessite de toute façon un suivi adapté.
02:26Et là, je n'ai pas forcément le facteur de risque principal.
02:30On a d'autres facteurs de risque et aussi d'autres impacts sur le bon déroulement de la grossesse.
02:34Et comment elles expliquent ces femmes, ces grossesses qu'on qualifie de tardives ?
02:41Disons que je rejoins un peu ce que disait Mme Pernotte.
02:45Il y a en effet la question du parcours de vie, les ALDA vie, des rencontres.
02:51Et puis aussi son état de santé.
02:54Parfois, c'est plus compliqué.
02:55Et puis aujourd'hui, on a de plus en plus de facteurs de risque liés à l'environnement qui ont
03:02un impact aussi sur la fertilité.
03:04Et donc, tous ces éléments-là contribuent aussi potentiellement à une augmentation de l'âge maternel.
03:11Une des conséquences de ces grossesses tardives, c'est aussi peut-être qu'elles sont moins nombreuses.
03:16Anne-Lise Pernotte, alors dans le cas de Nathalie Portman, c'est son troisième enfant.
03:20Mais parfois, c'est une première grossesse aussi, passé 40 ans.
03:24Oui, tout à fait.
03:25Tout à fait.
03:26Elles sont moins nombreuses.
03:27C'est de plus en plus une première grossesse passé 40 ans.
03:31Alors que dans les années 50, c'était plutôt un troisième enfant.
03:36Donc, c'est vrai qu'on note que les mères tardives des années 2000 sont différentes des mères tardives des
03:42années 50.
03:45Les chiffres qui existent sur le sujet, c'est qu'on sait qu'aujourd'hui, 5,7% des bébés
03:49qui naissent chaque année ont une maman quadra.
03:52Et quand on passe au-delà de 45 ans, on est sur des pourcentages beaucoup moins élevés, autour de 1
03:58ou 2%.
03:58Vous l'avez un peu évoqué tout à l'heure, c'est leur vie professionnelle qui dicte aussi parfois, ce
04:04qui n'est pas forcément un choix d'ailleurs,
04:06parfois, c'est des contraintes qui font qu'on repousse ce moment-là parce qu'on sait que ça aura
04:09des conséquences, malheureusement, sur une carrière.
04:12Oui, tout à fait.
04:13Et c'est vrai que ça soulève un autre problème.
04:15C'est comment on permet aux femmes de concilier leur carrière professionnelle et la maternité.
04:20Et là, je pense qu'il y a encore un petit peu, une certaine marge d'amélioration de ce point
04:24de vue-là.
04:25Donc oui, ça peut être la carrière.
04:26Et puis parfois, c'est la volonté aussi que tout soit stable, d'avoir vraiment les meilleures conditions pour accueillir
04:33cet enfant.
04:34Et ça peut faire qu'on repousse le projet bébé alors qu'on aurait peut-être pu le mettre en
04:40route un peu plus tôt.
04:41Ça veut dire qu'il faut le CDI, il faut avoir acheté l'appartement, la maison.
04:45C'est ça, sécuriser la grossesse ?
04:49Les conditions de vie, elles ont un impact énorme sur le fait de se sentir prêt à devenir parent.
04:56Moi, je travaille en Seine-Saint-Denis et les conditions de vie, l'accès au logement, le fait d'avoir
05:01les ressources aussi économiques pour pouvoir assurer et se projeter.
05:05Et puis, il y a aussi un élément important, c'est qu'on parle de comment concilier vie professionnelle et
05:11le fait d'avoir un enfant.
05:13Aujourd'hui, c'est quand même une tannée pour trouver une place en crèche.
05:15Des choses qui sont très concrètes dans la vie, dans le quotidien des gens et qui ont évidemment un impact
05:22aujourd'hui aussi sur la façon de se projeter en tant que futur parent.
05:25Ces grossesses passées 40 ans, Arnaud Gantois, est-ce qu'elles sont aussi simples à suivre qu'une grossesse quand
05:33on a 30 ans ou 25 ?
05:36Les risques sont démultipliés pour la mère, pour l'enfant ?
05:39Déjà, l'âge n'est pas le seul facteur de risque de complication pendant la grossesse.
05:45Je tiens à signaler parce que, par exemple, nous en Seine-Saint-Denis, on a le plus fort taux de
05:49complications maternelles et aussi infantiles.
05:53Et pour autant, on est le département le plus jeune.
05:55Donc, ça, c'est important de le signaler.
05:57Mais en effet, ça nécessite un suivi adapté parce qu'il y a un plus fort risque d'hypertension, de
06:02pré-éclencie, de prématurité.
06:04Vous pouvez expliquer ce que c'est parce que je ne suis pas sûre que tout le monde ait...
06:06C'est, on va dire, une pathologie qui est vraiment spécifique à la grossesse et qui associe généralement l'hypertension,
06:13l'œdème,
06:13et qui peut avoir un impact aussi sur la vie du fœtus et de l'enfant, et qui peut ainsi
06:19impliquer une prématurité.
06:20Et puis aussi, un avènement qui est l'augmentation d'anomalies chromosomiques,
06:26et qui nécessite du coup un suivi adapté avec les professionnels requis en la matière.
06:32En clair, c'est le risque de trisomie, notamment, qui est plus fort une fois qu'on a passé un
06:36certain âge.
06:37C'est ça.
06:38On accueille le professeur Jean-Marc Ayoubi. Merci de nous rejoindre. Professeur, bonjour.
06:43Merci, bonjour.
06:44Chef de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction à l'hôpital Foch.
06:47On parlait à l'instant des risques de ces grossesses tardives passées 40 ans de plus en plus nombreuses.
06:53Je voudrais qu'on évoque aussi les moyens d'enrayer peut-être ce phénomène.
06:58On sait que le gouvernement, et notamment Emmanuel Macron, qui a appelé à repeupler le pays, à le réarmer démographiquement,
07:05c'était son expression,
07:06que le gouvernement incite maintenant les Français à faire un bilan de fertilité,
07:10qu'on veut faciliter, notamment pour les femmes, la congélation des ovocytes,
07:15pour leur permettre de garantir une fertilité dans le temps.
07:19Ça, c'est un parcours qui est facile aujourd'hui dans le pays.
07:22Professeur, ou ça reste compliqué pour les femmes ?
07:24Le parcours de fertilité ou d'infertilité n'est jamais un parcours facile.
07:30Notre rôle, nous, c'est de le faciliter.
07:33C'est donc de le rendre plus facile, en tout cas moins difficile.
07:38Après, il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de progrès dans ce domaine,
07:41que ce soit l'ouverture de la préservation de la fertilité,
07:44que ce soit la prise en charge, le centre de PMA, les consultations.
07:50Ceci étant, ce qu'on note depuis plusieurs années maintenant,
07:53c'est l'avancée de l'âge de première grossesse.
07:58C'est-à-dire que l'âge de première grossesse est passé de 25 ans
08:02à aujourd'hui autour de 30 ans, 31 ans.
08:05Ça dépend si on considère toutes les grossesses ou les premières grossesses.
08:10Donc, on voit un glissement de ces grossesses vers l'âge de 40 ans
08:15ou au-delà de 40 ans.
08:17Il y a une augmentation de patients qui sont enceintes après 40 ans.
08:21Avec ce tic-tac qu'on rappelle souvent aux femmes, l'horloge biologique,
08:25une date de péremption, si je puis dire, en tout cas sur le plan de la fécondité.
08:30Et on a de plus en plus de trentenaires dans le pays qui disent
08:33« Bon, moi, je ne suis pas prête à avoir un enfant tout de suite.
08:35Je n'ai pas ma situation professionnelle suffisamment stable.
08:38Je n'ai pas forcément rencontré la personne avec qui je souhaite élever ces enfants.
08:43Donc, je vais congeler tout ça.
08:44Et puis, quand je serai prête, en gros, on pourra les ressortir. »
08:47Est-ce qu'aujourd'hui, c'est facile de faire cette démarche dans le pays ?
08:50Est-ce qu'il y a beaucoup d'attentes ?
08:50La préservation ?
08:51Oui.
08:52De toute façon, ce qui est important, c'est l'information.
08:55Informer les patientes, informer les femmes que la fertilité commence à baisser
09:00à partir de 30 ans, 31 ans.
09:02Ce qui n'est pas évident pour tout le monde.
09:05Est-ce qu'elle baisse vite ou pas ?
09:06Elle baisse vite, ça dépend des patientes, mais elle baisse.
09:09Quand on considère la population féminine française ou la population féminine mondiale,
09:14la fertilité est maximale autour de 30 ans.
09:18Et elle commence à baisser, dans un premier temps, lentement.
09:22Ensuite, elle s'accélère.
09:23Et elle s'accélère après 35 ans.
09:25Donc, cette notion de baisse de la fertilité avec l'âge,
09:29il faut l'avoir présent à l'esprit,
09:30sans pour autant angoisser, stresser et presser ces patients.
09:37Simplement, que l'information soit connue par tout le monde.
09:40Et deuxièmement, s'il n'y a pas de projet de couple,
09:43permettre à ces jeunes de préserver la fertilité.
09:46Est-ce qu'aujourd'hui, c'est facile ?
09:47Ce n'est jamais facile, ce que je vous ai dit.
09:50Et surtout, aujourd'hui, depuis qu'on a ouvert la préservation
09:53à des indications sociétales et non pas uniquement médicales,
09:58le centre de préservation n'arrive pas à faire face.
10:02Il y a des listes d'attente de 6 mois, 1 an, voire 1 an et demi.
10:07Anne-Lise Pernotte, en ligne avec nous.
10:09Je rappelle que vous êtes thérapeute, coach, auteur du livre
10:11« Être mère quand je veux et où je veux ».
10:13Est-ce que ça, c'est facile aujourd'hui ?
10:17L'information sur les bilans de fertilité,
10:20est-ce qu'ils sont suffisamment accessibles ?
10:21Vous avez vu les choses changer ces dernières années ?
10:25Alors, j'ai beaucoup de femmes qui viennent me voir
10:27en se plaignant de ne pas avoir été informées
10:30et en ayant un peu d'amertume par rapport à ça
10:33parce que si elles avaient su, elles auraient congelé leurs ovocytes.
10:36Donc, c'est vrai que c'est hyper important d'informer sans stresser.
10:40Comme dit M. Ayoubi, ce n'est pas évident.
10:42Mais à quel âge, quand on est femme, on commence à s'en inquiéter ?
10:46C'est à quoi ? À 25 ans, il faut déjà y penser ? À 30 ans ?
10:50Les patientes ne sont pas les mêmes.
10:53Le bilan hormonal chez les patientes et le bilan de fertilité varient d'une patiente à l'ordre.
10:58Il ne faut pas s'alarmer trop tôt, mais à partir de 32-33 ans, il faut commencer.
11:06Il faut au moins, on a insisté pour qu'il y ait un bilan de fertilité entre 27 et 30
11:15ans.
11:15Ordo Gantois ?
11:16Oui, moi je pense que c'est important aussi de rappeler l'importance de l'accès aux soins
11:20qui est vraiment très disparate en fonction des zones rurales, mais aussi de certaines zones urbaines
11:25qui font qu'aujourd'hui, beaucoup de femmes n'ont pas accès à l'information
11:29puisque justement, il manque d'accès aux soins.
11:31Et je pense que ça, avant de parler de réarmement démographique,
11:34il faut aussi réfléchir à des enjeux très concrets pour la vie des gens
11:37pour avoir les formations au bon moment, au bon endroit.
11:40Et aussi ce que disait M. Ayubi en fonction de chaque personnalité,
11:45chacun son histoire, chacun son parcours de vie
11:47et aussi potentiellement des problématiques qui sont propres sur le plan médical.
11:51Merci, merci beaucoup à tous les trois.
11:54On va évidemment revenir, je pense, dans les mois qui viennent sur ces thèmes
11:59qui sont des marqueurs.
12:00Merci, merci à tous les deux.
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