- il y a 2 heures
Intervenant(s) :
Marie Patouillet, médecin, championne paralympique de poursuite, triple championne du monde en para-cyclisme
Cléo Ginterdaele, élève de 3e, championne de France junior de tennis-fauteuil 2024, vice-championne en 2025 et ramasseuse de balles en Grand Chelem
Alexis Hanquinquant, double champion paralympique de triathlon, septuple champion du monde
Marie Patouillet, médecin, championne paralympique de poursuite, triple championne du monde en para-cyclisme
Cléo Ginterdaele, élève de 3e, championne de France junior de tennis-fauteuil 2024, vice-championne en 2025 et ramasseuse de balles en Grand Chelem
Alexis Hanquinquant, double champion paralympique de triathlon, septuple champion du monde
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SportTranscription
00:00Bonjour à toutes et à tous, ravie d'être là avec vous pour une thématique qui s'annonce passionnante
00:05avec trois invités de marque, de prestige, des modèles véritablement, des personnes inspirantes.
00:13Marie Patouillet, je ne sais pas si dans la description on a précisé que tu étais la première athlète paralympique
00:21médaillée d'or en cyclisme sur piste aux Jeux de Paris 2024, ça mérite une petite ovation
00:28parce qu'elle a beaucoup de titres effectivement mais elle est entrée dans l'histoire à Paris.
00:32Bon Alexis on va y revenir dans quelques instants, légende vivante, il va aller chercher un huitième titre,
00:37on n'en doute pas en Australie le 18 octobre prochain dans quelques jours.
00:41Et puis Cléo on va peut-être commencer par toi Cléo parce que tu es très inspirante,
00:46tu as une maturité folle pour ton âge et quand on évoque le sport qui inclut, qui élève et qui
00:53instruit,
00:54je trouve que tu incarnes tout ça à la perfection. Est-ce que tu pourrais nous raconter un petit peu
00:58ton parcours,
00:59ton cheminement, ce que tu as fait pour te reconstruire à travers le sport ?
01:07Moi j'ai été accidentée en 2015 en janvier avec ma maman et on a toutes les deux été amputées.
01:15Et après il y a quatre ans j'ai rencontré Pauline Desroulettes qui m'a fait essayer le tennis fauteuil
01:24et ça m'a tout de suite plu et du coup j'ai tout de suite commencé à en faire.
01:30Et maintenant je commence les compétitions, je suis numéro une française junior et en mondial je suis douzième.
01:40Fantastique, déjà une grande carrière qui s'annonce et donc première ramasseuse de balles,
01:45toi aussi tu es entrée dans l'histoire, première ramasseuse de balles en fauteuil
01:49à l'occasion de l'édition de Roland-Garros 2024, toi aussi tu fais tomber toutes les barrières.
01:55Est-ce que tu dirais que le sport t'a permis aussi d'accepter un petit peu mieux ton handicap
02:01?
02:01Est-ce que c'est quelque chose, dans l'intitulé de notre thématique, on parle d'élévation grâce au sport
02:06?
02:06Est-ce que ça a été le cas pour toi ?
02:08Oui, parce que quand j'ai commencé surtout à faire les compétitions, je me suis rendu compte que j'étais
02:17comme les autres
02:19et que je n'étais pas la seule handicapée ou différente, alors que quand j'étais plus jeune par exemple
02:26à la gym,
02:27j'étais la seule petite fille à avoir un handicap et qui ne pouvait pas faire comme les autres.
02:32Alors là on ne sent pas cette différence.
02:34Avec l'outil qui est le fauteuil pour toi évidemment, pour te balader sur le cours.
02:41Alexis, est-ce qu'il est nécessaire de rappeler le parcours d'Alexis en quinconce ?
02:46C'était le porte-drapeau évidemment à Paris 2024 de la délégation française.
02:51Pareil, en quelques mots Alexis, nous racontez un petit peu, pour ceux qui ne connaîtraient pas ton histoire,
02:56est-ce qu'il t'a amené à être sportif de haut niveau ?
02:59Oui, bonjour à tous. Mon histoire, c'est l'histoire de quelqu'un qui se fait broyer la jambe sur
03:04un chantier
03:05et qui va dans un premier temps tout faire pour sauver cette jambe, puisqu'une mutilation, une amputation,
03:10c'est quand même quelque chose d'assez fort et on ne saute pas de joie de base de se
03:15faire amputer.
03:16Et puis les semaines, les mois ont passé et finalement cette jambe était vraiment trop accidentée,
03:20et donc je demande à me faire amputer. Et sur Solid Hôpital, ma femme va avoir cette phrase un peu
03:24choc
03:25de me dire « t'as l'opportunité de repartir de zéro, sportivement, professionnellement, qu'est-ce que t'as
03:28envie de faire ? »
03:29Et moi en fait, professionnellement, j'ai toujours rêvé d'être sportif de haut niveau.
03:32Et donc voilà, je vais partir tête baissée dans ce projet complètement fou.
03:35Je précise que tu faisais du basket déjà, que t'étais champion de France en sport de combat.
03:40Oui.
03:42Donc c'était naturel quelque part de continuer.
03:45C'est ça, dans mon ADN, en fait, le sport a toujours fait une grosse, grosse place.
03:49Et c'est vrai que sur Solid Hôpital, je vais avoir cette petite voix au fond de moi qui va
03:54me dire
03:54« t'as un nouveau projet, pars ».
03:57Et parce que justement, le triathlon, c'est un des sports les plus exigeants et le plus polyvalent
04:00et qui, sur le papier, était très loin d'être dans la facilité, je me suis dit « c'est
04:05ça qu'il me faut ».
04:06Marie, même question. Le cheminement, qu'est-ce qui vous a amené à, comme ça, choisir le paracyclisme
04:14et faire de vous une immense championne ?
04:17Moi, l'histoire est un peu différente parce que je n'ai pas eu d'accident de vie.
04:20Je suis née avec une malformation orthopédique au niveau de la jambe gauche.
04:24Et initialement, mon rêve de... J'ai eu envie, quand je vois une grande championne gagner deux titres
04:31de championne olympique en athlétisme en 1996, qui n'est d'autre que Marie-Josée Pérec,
04:36j'ai eu envie d'être championne, en tout cas sportive de haut niveau,
04:40sauf que très vite, la réalité m'a rattrapée.
04:42J'ai une jambe qui fonctionne moins bien que l'autre. Je comprends assez vite, même à l'âge de
04:468 ans,
04:46que c'est juste impossible. Et donc, je m'accroche à un premier rêve,
04:50qui est celui de devenir médecin. En parallèle, j'ai un chirurgien qui me suit
04:55et qui m'opère et qui me suit tous les ans et qui m'explique que par le sport,
04:59c'est peut-être la seule façon de comprendre mon corps.
05:03C'est aussi la seule façon peut-être de l'accepter et 30 ans plus tard, peut-être aussi de
05:07l'aimer.
05:09Donc, c'est par le sport que je me suis construite, c'est par le sport que je me suis
05:12découverte,
05:12c'est pas le sport que j'ai appris à me connaître.
05:15Et quand je finis mes études, donc moi, j'ai fait une formation de médecin militaire.
05:22Quand je finis mes études, je soutiens ma thèse.
05:24Et dans l'armée, on a ces visites d'aptitude tous les deux ans.
05:27Et là, le coup près tombe parce que ça faisait déjà quelques mois que je ne pouvais plus faire une
05:31garde
05:32à l'hôpital de 24 heures parce que la douleur était insoutenable.
05:36Et donc, la suite logique, c'est que je me fais réformer.
05:39Et en me réformant, il me fait comprendre qu'il me reste tous les sports portés à découvrir.
05:46Donc, pour faire simple, il y avait la natation et le cyclisme.
05:49Et dans le cyclisme, j'y vois une opportunité de voyage, j'y vois une opportunité de sensation de vitesse.
05:56Et donc, c'est comme ça que je débarque en 2017 sur un vélo.
06:00Une opportunité d'épanouissement.
06:02Tu as dit quelque chose de très fort.
06:05J'y voyais aussi l'occasion dans 30 ans d'aimer mon corps.
06:09Est-ce que c'est le cas aujourd'hui, 30 ans plus tard ?
06:1137 ans plus tard, oui.
06:1337 ans. Je voulais raccourcir un peu la durée.
06:15Non, mais ce qu'il faut savoir, c'est que petite, très tôt, je suis tombée dans le harcèlement scolaire.
06:21Très tôt, j'ai compris ce que c'était l'exclusion sociale.
06:25Et puis, l'exclusion, finalement, en tout cas, le retard scolaire aussi.
06:29Je n'avais pas des bulletins qui volaient très haut.
06:35Et en fait, pour tenir, je n'ai pas arrêté de me raconter.
06:38T'inquiète pas, quand on rentre en 30 ans, ça ira.
06:40Je ne sais pas pourquoi, 30 ans.
06:42Mais le fait est, c'est que 30 ans, j'étais médecin et j'étais en train de préparer mes
06:47Jeux Paralympiques de Tokyo.
06:49Donc effectivement, ça commençait à aller.
06:50Il m'a fallu encore quelques années pour accepter mon corps.
06:53Et finalement, je pense que c'est le milieu paralympique qui m'a permis de l'accepter et finalement de
07:00l'aimer.
07:01Et c'est vrai qu'on parle souvent d'inclusion par le sport.
07:05Alexis, qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
07:07Est-ce que tu as eu l'impression de t'accomplir davantage à la suite de ton accident et donc
07:12de ton handicap en tant que sportif de haut niveau ?
07:16L'acceptation de son propre état, déjà, est très importante.
07:20C'est son chemin personnel qu'on doit faire avant tout.
07:23Et bien sûr qu'une fois qu'on l'a fait, on sait que le regard des autres est difficile.
07:28Il est persistant parfois.
07:30Et en fait, il faut réussir à se faire une certaine carapace autour de ça en se disant que de
07:34toute façon, le regard des autres, on ne l'évite jamais.
07:36Finalement, la curiosité, elle est normale.
07:39Et il faut juste mettre des mots.
07:40Et c'est pour ça que, bon, aujourd'hui, j'ai mis un pantalon.
07:42Mais globalement, j'adore être en short assez souvent dans ma vie.
07:47Parce qu'en fait, cette prothèse, elle fait partie de ma vie.
07:48Et naturellement, quand dans la rue, des enfants interpellent un peu plus facilement que les adultes,
07:54c'est juste de mettre des mots.
07:56Ça s'appelle une prothèse.
07:57Et forcément, parce que ces enfants n'en voient pas beaucoup ou quasiment jamais, ils sont forcément interloqués.
08:02Plus cette différence, on va la mettre en avant, plus on va la voir de façon régulière,
08:08et plus on saura ce que c'est.
08:10De base, des lunettes, ce sont des prothèses de vue.
08:14Aujourd'hui, on a banalisé ça en mettant le mot lunettes.
08:16Mais en fait, des prothèses de vue, il y en a beaucoup, beaucoup qu'en ont.
08:19Est-ce qu'on prend ces gens-là, finalement, pour des handicapés ?
08:21Non.
08:22Et pour autant, ils mettent bien ces prothèses, ces lunettes, pour mieux voir.
08:25Donc nous, on met bien notre prothèse pour mieux marcher.
08:27Donc finalement, on est tous un petit peu handicapés de quelque chose.
08:30Est-ce que Cléo, tu as vécu ça difficilement ?
08:34Aussi, la perception des autres sur toi, sur ton corps, sur ton handicap, dans le milieu scolaire,
08:40ou même, par la suite, dans le sport que tu expérimentes maintenant à haut niveau ?
08:44Est-ce que le regard des autres a été lourd pour toi à vivre ?
08:48Oui, très.
08:50Très, je pense que je ne vais toujours pas accepter.
08:53Mais toujours, l'été, etc., quand il faut remettre un short, une jupe,
08:58c'est toujours très compliqué.
09:00Parce que, même si je sais que c'est naturel,
09:03et que moi, je me mets à la place des autres,
09:06je sais que je serai pareil, mais je ne sais pas, je n'arrive pas à accepter.
09:09Mais regarde, ça a pris 37 ans pour Marie, et aujourd'hui, tout va bien.
09:14Ça, c'est le point positif.
09:16Qu'est-ce qu'il faudrait faire, Marie, aujourd'hui ?
09:18Vous êtes des ambassadeurs du parasport,
09:21et on a vibré avec vous pendant les Jeux Paralympiques de 2024.
09:23Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour qu'il soit encore plus inclusif ?
09:26On a beaucoup parlé d'héritage après les Jeux.
09:29Il y a un constat, parfois amer, qui est dressé aujourd'hui, à raison d'ailleurs.
09:33Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour le rendre encore plus inclusif ?
09:37Pour moi, il y a deux choses qui sont primordiales.
09:39La première, c'est...
09:41Là, on a l'exemple d'Alexis,
09:44qui, lui, est en capacité de parler de tout concernant son handicap.
09:48Et puis on a Cléo, qui exprime encore des endroits de malaise
09:53et qu'il faut respecter.
09:54Et pour moi, la première étape, c'est que
09:57chaque athlète qui fait partie de cette équipe de France,
10:01pour moi, c'est important qu'il et elle se posent la question
10:04de ce qu'ils sont capables de faire pour rendre, on va dire,
10:10la différence et le handicap plus normal.
10:14Ça, c'est la première chose, mais ça, c'est propre à chacun et à chacune,
10:17de se regarder dans un miroir et de se dire,
10:19OK, moi, avec ce que j'ai, avec ce qui me construit,
10:21ce qui me définit, qu'est-ce que j'ai à raconter ?
10:23Peut-être que ce sera juste de venir sur une table ronde aujourd'hui,
10:26à demain le sport.
10:27Peut-être que ce sera d'être porte-drapeau d'une équipe de France.
10:29En fait, il n'y a pas de bon choix ou de bonne situation,
10:35mais en revanche, c'est important de se poser la question,
10:37surtout quand on a une visibilité, quand on est en équipe de France.
10:40Et la deuxième chose, c'est que,
10:41et ça, c'est un combat que je porte tous les jours,
10:44c'est que l'inclusion, ça se conjugue au pluriel.
10:46En fait, là, on parle de handicap, on parle de représentation.
10:49Si on veut que le sport soit inclusif,
10:51il faut qu'il soit représentatif, mais pour tout le monde.
10:53C'est-à-dire qu'il faut que tout le monde ait la possibilité
10:55de pouvoir se projeter dans un ou une athlète.
10:57Il faut que tout le monde ait la possibilité
10:59de pouvoir se sentir représenté.
11:01Moi, quand je dis que Marie-Jopérec m'a fait rêver,
11:04en fait, ce qui est étrange, c'est qu'à ce moment-là,
11:06à la maison, on m'expliquait déjà
11:08qu'elle subissait du racisme
11:10dans la manière dont elle était traitée médiatiquement.
11:12Et en fait, quand mon père me raconte ça,
11:15moi, je comprends qu'elle a une différence,
11:16et en fait, c'est par la différence que je m'identifie.
11:18Et pourtant, on ne vit pas du tout la même différence.
11:20Et j'aurais aimé de voir une Marie-Amélie Le Fur à la télé à ce moment-là,
11:24parce que probablement que déjà,
11:25ça ne m'aurait pas mis mon rêve
11:27de sport de haut niveau en sourdine,
11:30et peut-être que je me serais
11:32encore plus sentie représentée.
11:33Donc en fait, voilà, on parle de représentation,
11:35mais pour représenter, il faut aller au-delà du handicap.
11:37L'inclusion, ça se conjugue au pluriel,
11:39et il faut le faire de manière multidimensionnelle.
11:41Il faut porter ce genre de parole,
11:43et c'est pour ça que vous êtes importante aujourd'hui
11:45dans ce genre de débat, de table ronde,
11:48où la parole est libre,
11:50et ça fait du bien à entendre.
11:52Alexis, je voudrais savoir
11:53si le sport t'a permis de t'élever à des hauteurs
11:57que tu n'aurais jamais osé imaginer.
12:00Parce que t'as tout gagné.
12:01Oui, oui, mais...
12:02Je peux dire, on parlait de Dash tout à l'heure,
12:05tu vas avoir 40 ans, dans pas longtemps.
12:07Qu'est-ce que tu peux encore atteindre ?
12:10En fait, bien au-delà du sport,
12:12c'est presque, effectivement,
12:16l'accident lui-même
12:17qui m'a fait évoluer en tant qu'homme, en fait.
12:20Tout ce qui était handicap, etc.,
12:22à la base, j'y connaissais rien,
12:23et en fait, j'avais pas dans mon environnement
12:25quelqu'un qui était touché par ça.
12:26Donc quand ça vous paraît assez lointain,
12:29en fait, vous êtes un peu moins attentif
12:31à ce qui se passe.
12:32Alors depuis, parce que moi,
12:34j'ai été accidenté en 2010,
12:35donc depuis, le chemin a énormément évolué
12:37et on parle beaucoup plus de tout ça.
12:39Mais en fait, ce qui est juste incroyable,
12:41c'est qu'en fait, grâce à ça,
12:44je me suis jamais plus donné de limites.
12:47On a toujours tendance à vouloir essayer de...
12:50On a du mal à sortir de notre zone de confort, en fait.
12:52Et finalement, je suis totalement sorti de ça
12:56et ça m'a rendu un homme, je pense, meilleur,
13:01meilleur dans le sens du terme,
13:02puisque ça m'a ouvert des perspectives
13:04que jamais j'aurais pu imaginer,
13:07que ce soit dans le sport,
13:08mais que ce soit aussi des valeurs humaines,
13:10des valeurs associatives,
13:11où j'ai accompagné un maximum de gens
13:13et ça me fait toujours plaisir, en fait,
13:15de recevoir des messages,
13:17de toutes parts, en fait,
13:19comme quoi tu véhicules des choses positives.
13:21Et ça, c'est grâce au sport.
13:22Et c'est pour ça que le sport,
13:23voilà, je me bats et je me battrai,
13:25quoi qu'il arrive,
13:26pour qu'on arrive,
13:27qu'on arrête de le minimiser, en fait.
13:29L'impact du sport,
13:30ça dépasse bien plus que du sport.
13:31Voilà, c'est vraiment super important.
13:34Et est-ce que tu as conscience de ça, Cléo ?
13:36Tu es 13 ans, tu es encore très jeune,
13:38malgré ta maturité.
13:39Mais je sais, par exemple,
13:40que là, pour nous rejoindre ici aujourd'hui,
13:42tu es sorti du taxi,
13:44il y a quelqu'un qui t'a reconnu,
13:46qui t'a félicité pour ce que tu incarnes aussi.
13:49Est-ce que tu as la sensation d'avoir aussi,
13:52comme Marie et Alexis le disaient,
13:53une forme de responsabilité aujourd'hui
13:57par rapport à tout ça ?
13:58Est-ce que ce n'est pas lourd à porter,
13:59déjà à 13 ans ?
14:01Non, moi, ça me rend un peu plus fier,
14:03parce que si je peux inspirer d'autres personnes
14:05à commencer le sport
14:07et à ne pas rester au fond de son lit,
14:09triste parce qu'il est handicapé,
14:11je préfère ça,
14:12et qu'il reste comme ça à rien faire.
14:15C'est sûr, c'est un outil d'épanouissement.
14:18On disait, Marie,
14:19il y a des sportifs de haut niveau aujourd'hui
14:21dans le parasport
14:22qui s'accomplissent à travers leurs performances,
14:25pas qu'eux, évidemment,
14:26mais ça aide, on l'a dit,
14:27à se reconstruire.
14:28C'est une étape aussi importante.
14:29Le sport sert aussi,
14:31on l'a dit, à accepter son handicap,
14:33mais à se reconstruire
14:34et à se projeter.
14:36Oui, c'est sûr,
14:37mais le sport est au-delà du sport,
14:39l'activité physique,
14:40détachée de toute notion de performance.
14:43La définition de l'activité physique,
14:44c'est une mise en mouvement du corps
14:46et mettre en mouvement son corps,
14:47surtout quand il a une atipie fonctionnelle,
14:51ça permet de le découvrir.
14:54quand on est dans le...
14:55ou qu'on acquiert un handicap en cours de vie,
14:59en fait, notre corps devient encore plus unique
15:00parce qu'on n'a pas d'autre choix
15:03que de le détacher de la norme.
15:04Et Alexis en parlait,
15:05mais c'est vrai que quand on est dans la norme,
15:08c'est très dur de sortir de sa zone de confort.
15:11C'est peut-être un des avantages
15:13que je vois au handicap,
15:14c'est que nous, on n'a pas le choix
15:16d'aller explorer des nouveaux horizons,
15:18on n'a pas le choix d'aller se découvrir,
15:20on n'a pas le choix de casser les codes
15:23parce qu'en fait,
15:23on n'a pas de cases qui nous correspondent.
15:25La seule case qu'on a, c'est la nôtre
15:27et c'est à nous de la construire,
15:28c'est à nous de la décorer et de la définir.
15:30Et c'est par l'activité physique qu'on y arrive
15:32et un peu aussi de suivi psy,
15:34mais l'activité physique,
15:36c'est un outil qui est primordial
15:38pour pouvoir se connaître
15:40et qui apporte énormément de bien-être
15:42au-delà de la santé.
15:43Et quand on arrive au niveau,
15:45comme c'est le cas pour vous trois,
15:46est-ce que ça ajoute de la pression
15:49pour la performance et les résultats ?
15:51Parce qu'on le disait,
15:53le sport paralympique a longtemps
15:55été un peu dans l'ombre, malheureusement,
15:57en tout cas n'était pas dans la lumière
15:58comme il le méritait.
16:00Est-ce que vous, toi,
16:01en tant que porte-drapeau, Alexis,
16:03et toi, en tant que championne,
16:05triple championne du monde de paracyclisme,
16:08quand tu arrives sur les Jeux de Paris 2024,
16:10tu te mets un petit peu plus de pression
16:12en disant pour exister véritablement,
16:14pour marquer l'esprit des gens,
16:16il faut que je sois au top, performante ?
16:19Étonnamment, non.
16:21Parce qu'avec toute l'année qui a précédé
16:24et Paris 2024 qui a grossi de jour en jour,
16:27je comprends que cet événement
16:28va aller au-delà du sport
16:29et que ce qui va être primordial,
16:32c'est comment est-ce que je vais me raconter.
16:34Peut-être que je ferai médaille,
16:35peut-être pas,
16:36mais qu'est-ce que j'ai envie de raconter
16:37à travers mes Jeux ?
16:38Qu'est-ce que j'ai envie de raconter
16:39à travers les courses que je vais faire ?
16:41Qu'est-ce que je vais raconter
16:42à travers mon corps
16:43que je vais mettre en mouvement
16:44et en effort ?
16:45Et ce qui est assez étonnant,
16:48c'est qu'avec mon entraîneur,
16:49Grégory Boger,
16:50quand on décide, après Tokyo,
16:52de repartir pour Paris,
16:54on décide de ne jamais parler de médailles.
16:56On décide de parler d'alignement
16:58avec moi-même
16:58et que si je suis alignée avec moi-même,
17:00il y aura des records persos
17:01qui vont tomber
17:02et s'il y a des records persos,
17:03la suite logique, c'est les médailles.
17:05Mais il n'a jamais été question
17:07de gagner des médailles.
17:07Il a été question que je sois alignée
17:09avec qui j'étais.
17:10Pour être alignée avec qui j'étais,
17:11il fallait que je sois en permanence
17:12dans la recherche
17:13de me connaître toujours plus.
17:15Et juste avant de quitter
17:18mon endroit d'entraînement
17:19pour aller au village paralympique
17:21et de commencer ces Jeux,
17:23les derniers mots de Grég,
17:24ça a été de me mettre la main
17:25sur l'épaule et de me dire
17:27juste tout est en train de s'aligner.
17:29Et quand il me dit ça,
17:31en fait, je sais qu'on a fait
17:33ce qu'il fallait.
17:33Je sais que moi,
17:34j'ai fourni le travail nécessaire
17:37en termes de prépa mentale
17:39et de suivi psy
17:40et qu'effectivement,
17:41tout est en train de s'aligner
17:42et la suite a raconté.
17:46Et elle était magnifique.
17:47Est-ce que c'est la même approche
17:49pour toi, Alexis ?
17:50Non, j'étais tout à fait
17:51dans la même approche.
17:51Moi, j'étais dans un autre mood.
17:53J'étais dans un autre mood
17:54parce qu'effectivement,
17:55j'étais attendu
17:56et que je voulais vraiment
17:57en mettre plein les yeux.
17:59dans cette dernière ligne droite,
18:01effectivement,
18:01j'ai l'envie à 200%
18:03d'être porte-drapeau
18:04et d'essayer d'apporter
18:05mon expérience
18:06aux plus jeunes
18:06de l'équipe de France, etc.
18:08Donc, avec Antonin,
18:09on a essayé de faire ça au mieux.
18:11Et en fait, moi,
18:12je voulais,
18:13par cette fenêtre de tir
18:14de Paris 2024,
18:16pour ces premiers Jeux
18:17paralympiques en France,
18:18je voulais mettre du haut niveau
18:20et je voulais mettre
18:21de la performance
18:22dans les yeux des gens,
18:23en fait,
18:23parce que je pense que
18:24beaucoup ont minimisé
18:25l'impact
18:26et minimisé finalement
18:27peut-être les performances
18:28sportives des athlètes
18:30paralympiques.
18:31Et en fait,
18:32moi, je m'étais missionné
18:33de dire,
18:33mais en fait,
18:34je vais faire un feu d'artifice
18:35sur le pont Alexandre 3.
18:36Je veux que les gens
18:36se rendent compte
18:37de la puissance
18:38et de la difficulté
18:39du paratriathlon aujourd'hui.
18:41Et donc, voilà,
18:42je m'étais mis
18:42une grosse, grosse pression
18:43et cette pression
18:45était très, très importante,
18:47mais aussi,
18:47je m'en suis nourri
18:48parce que moi,
18:49j'aime bien les challenges
18:50et j'avais besoin
18:51d'être sous pression, en fait.
18:52Donc, cette pression,
18:53j'ai essayé de la transmettre
18:54de façon positive,
18:55mais j'étais taqué pression.
18:57Et finalement,
18:58cette pression,
18:59elle se libère
18:59le soir de la cérémonie
19:01d'ouverture
19:01où en fait,
19:02avec ce porte-drapeau,
19:03ce drapeau dans les bras,
19:04je prends un shoot
19:05d'adrénaline
19:05mais comme jamais,
19:07je me sentais un junkie,
19:08j'ai pris une dose magnifique
19:10et j'ai senti que là,
19:11en fait,
19:11j'avais switché
19:12et que ça y est,
19:13j'étais imbattable.
19:14C'était fini.
19:15Et il l'est,
19:16il est imbattable
19:17même avec les valides
19:17parce que figurez-vous
19:18quand il s'avance
19:20sur des tris
19:20et c'est arrivé en Normandie,
19:22chez toi,
19:25des valides.
19:25Ça passe aussi par là,
19:27par moment.
19:28Oui.
19:28Moi, j'adore mon sport
19:29parce qu'en fait,
19:30je suis triathlète
19:31avant d'être paratriathlète
19:32donc j'ai une licence
19:32de triathlon
19:33et bien sûr que
19:34quand je suis au niveau
19:35international,
19:35je me confronte
19:36avec des gens
19:37dans ma catégorie
19:38d'handicap
19:39mais finalement,
19:40en fait,
19:40quand je fais le triathlon
19:41de Deauville,
19:41je fais le triathlon
19:42de n'importe où en France,
19:43en fait,
19:43je suis triathlète
19:44et en fait,
19:45les vibrations sont hyper importantes
19:47dans ces courses-là
19:47parce qu'en fait,
19:48moi,
19:48je prends le départ de la course
19:49et comme en paralympique,
19:51en fait,
19:51je veux gagner quoi
19:53et souvent,
19:54ça permet de remettre
19:55le niveau sportif
19:57sur le devant en fait
19:57et c'est vrai
19:58que les gens minimisent
19:59toujours un petit peu
20:00le côté performance
20:01parce que
20:03quand on touche
20:03au monde paralympique,
20:04on est toujours un peu
20:05dans un premier temps
20:06sur le côté...
20:07Plus l'histoire,
20:09ce qui s'est passé avant.
20:10la pathologie,
20:10etc.
20:11C'est bien
20:11parce que c'est normal,
20:12les gens sont curieux
20:13mais par contre,
20:14aussi important,
20:15c'est le moment
20:15de parler de chrono en fait.
20:17Marie Patouillet,
20:17qu'est-ce qu'elle est capable
20:18de développer sur une piste
20:19en watt,
20:20en vitesse,
20:20de déplacement,
20:21etc.
20:21C'est ça que moi,
20:22personnellement,
20:23sportif,
20:23je recherche,
20:24Alexis Enquinquance
20:25et voilà,
20:26c'est quoi son record
20:27sur D-Born en course à pied ?
20:29Enfin, vous voyez,
20:29c'est bien de parler
20:30de la pathologie
20:31parce que finalement,
20:32les gens s'y intéressent
20:33mais en fait,
20:34très vite,
20:34il faut balayer ça
20:35et il faut aussi
20:35rebalayer après
20:36le côté sportif
20:37puisque finalement,
20:38quand il y a des coureurs
20:38lambda qui savent
20:39ce que c'est
20:40que le vélo,
20:40la course à pied
20:40ou la natation,
20:41peu importe,
20:42en fait,
20:42ils se disent
20:43ah mais en fait,
20:43ce qu'ils font,
20:44je ne suis vraiment
20:45pas en capacité
20:45de le faire.
20:46Est-ce que nous y sommes
20:47tout à fait
20:48dans cette reconnaissance
20:50de la performance pure ?
20:53Je pense qu'avec
20:54les Jeux paralympiques,
20:55il y a un cap
20:56qui a été franchi.
20:57Je pense qu'aujourd'hui,
20:58quand on nous regarde,
20:59on se questionne moins
21:01sur c'est quelle catégorie
21:03et puis cette catégorie-là,
21:04c'est quoi son handicap
21:05et puis elle,
21:05je n'y comprends rien,
21:06on ne voit rien,
21:07est-ce qu'elle est vraiment
21:08légitime d'y participer ?
21:10Je pense qu'on a un peu
21:11franchi ce cap justement
21:12avec cette parenthèse
21:14des Jeux paralympiques
21:15et ça,
21:17c'est vraiment,
21:18pour moi,
21:18c'est vraiment une bonne chose
21:19parce que,
21:20c'est vrai que les catégories,
21:23parce que de ce que dit Alexis,
21:24en fait,
21:25c'est important,
21:26moi c'est pareil,
21:26j'ai toujours tenu
21:28à participer
21:28au championnat de France élite
21:30même si je savais
21:31que je n'avais aucune sélection
21:33au niveau valide,
21:34au niveau international
21:35que je pouvais aller chercher
21:36mais ça ne m'a pas empêché
21:37d'aller chercher des titres
21:38de championnat de France élite,
21:40ça ne m'a pas empêché
21:42d'aller chercher aussi
21:42des médailles d'argent
21:44et de bronze
21:44et c'est aussi un moyen
21:46de donner de la valeur
21:47à notre performance
21:47mais quand on a le privilège
21:49de pouvoir s'aligner
21:50avec des athlètes dits valides
21:53parce que tous les handicaps
21:54n'ont pas ce privilège-là
21:55et ça fait partie aussi
21:57de nos responsabilités à nous
21:59d'athlètes avec un handicap
22:01qui nous permet de courir
22:02au milieu des valides
22:04de pouvoir consolider
22:06la valeur de nos performances
22:07pour que d'autres athlètes
22:09et d'autres types de handicaps
22:10puissent avoir la même légitimité
22:12et bénéficier du même regard
22:15lié à la performance
22:16et pas à leur handicap.
22:18Et là aussi
22:19faire changer les mentalités
22:20instruire
22:21on le disait
22:22parce que parfois
22:23ces performances
22:24que vous réalisez
22:25avec des valides
22:27suscitent
22:27des commentaires
22:28parfois pas toujours
22:30agréables
22:30Alexis je sais que certains
22:31disaient
22:32il s'est aligné avec nous
22:33mais sa prothèse
22:35renvoie une telle énergie
22:36avec le carbone
22:37c'est pour ça
22:37qu'il nous a battus
22:38et ça aussi
22:39il faut combattre
22:39ces idées-là.
22:40Il faut les combattre
22:41mais moi personnellement
22:42ça me fait rire
22:42parce qu'en fait
22:43ce qui est génial
22:44c'est que quand j'ai commencé
22:45le triathlon
22:46j'étais bien loin
22:46du niveau que j'ai aujourd'hui
22:47et en fait
22:48on entendait sur le bord de la route
22:50ah c'est bien
22:50il fait du sport
22:50il est courageux
22:51c'est génial
22:52sauf que maintenant
22:53que je suis capable
22:53de gagner les courses
22:54on entend
22:55ah mais c'est normal
22:56il a une prothèse
22:57mais ça c'est une victoire
22:58en fait
22:58c'est une victoire
22:59parce qu'on nous dit handicapé
23:01on nous dit
23:01finalement le mot handicap
23:03c'est un peu une faiblesse
23:04et malgré tout
23:05du coup
23:06on arrive à rentrer
23:07dans la tête des gens
23:07en leur disant
23:08mais finalement
23:08il est peut-être amélioré
23:09grâce à cette prothèse
23:10donc en fait
23:11on a tout gagné
23:12en fait la victoire
23:12elle est là
23:13donc je pense
23:13qu'il faut presque plus
23:14s'en amuser
23:15parce que
23:16tu sais ce que c'est
23:17quand tu retires ta prothèse
23:18si tu t'amuses à courir
23:19un diborne
23:20ou quoi que ce soit
23:20les impacts sont tellement violents
23:22qu'au niveau de la peau
23:23au niveau du moignon
23:24c'est jamais forcément très beau
23:25ça ne vaudra jamais
23:26un vrai pied en fait
23:27donc en fait
23:28aujourd'hui
23:29tout a évolué
23:30et ça évoluera encore
23:31et c'est super
23:32mais il ne faut jamais croire
23:33que ça vaut
23:34une vraie jambe
23:35une prothèse
23:36ça reste quelque chose
23:37qui vient agrémenter
23:38un manque
23:38mais bien sûr
23:40que voilà
23:40ça ne vaudra jamais
23:41une vraie jambe
23:42ça c'est la partie invisible
23:43qu'on a du mal
23:44à montrer
23:45et à faire comprendre
23:46effectivement
23:47Cléo
23:48toi
23:48tu as besoin
23:49au quotidien
23:51dans ton quotidien
23:52de faire changer
23:54aussi
23:54le regard
23:55qu'on porte sur toi
23:56que ce soit à l'école
23:57ou même dans les tournois
23:59auxquels tu participes
24:00ou maintenant
24:01tu t'as franchi
24:02de tout ça
24:02assez facilement
24:04non ça va
24:05après j'ai eu la chance
24:07d'avoir une scolarité
24:09assez facile
24:10t'es bonne élève
24:11ça va
24:12ouais
24:13il y a papa qui est là
24:14donc
24:16mais
24:17donc oui
24:18les élèves étaient
24:19toujours
24:20très gentils
24:21très gentils
24:22très accueillants
24:23avec moi
24:24etc
24:25même si au collège
24:26ça a été un peu plus dur
24:26mais ils n'ont pas été méchants
24:28c'était surtout le regard
24:29mais
24:31j'essaye de passer
24:33un peu au dessus
24:34Marie
24:35toi t'as la double casquette
24:36tu l'as dit
24:37athlète de haut niveau
24:38médecin
24:39est-ce qu'il y a des passerelles
24:40qui se font naturellement
24:42entre les deux domaines
24:44est-ce que ça t'a nourri
24:45est-ce que ça t'a permis
24:46aussi peut-être
24:47de voilà
24:47de t'inspirer
24:48de certaines valeurs
24:49du sport
24:51transmettre des choses
24:52à travers
24:53ton métier
24:54parce que ton métier
24:55c'est celui-là
24:58quand tu parles de passerelles
24:59tu parles de
25:00ce que ça m'apporte moi
25:01mon métier
25:01en tant que sportif
25:02et inversement
25:03exactement
25:04est-ce que tu t'es nourri
25:06des deux finalement
25:06dans ton parcours
25:07pour à la fois t'accomplir
25:09en tant que sportif de haut niveau
25:10il y a toujours un équilibre
25:11à essayer de trouver
25:13surtout quand on n'est pas
25:15on vit pas
25:15de sa discipline
25:17ce qu'il faut savoir
25:18c'est que ça a été plus dur
25:19pour moi de devenir médecin
25:20que de devenir championne paralympique
25:22pour la simple et bonne raison
25:24c'est que
25:24pourtant j'ai fait la même durée
25:27d'études
25:27que de
25:28en tant que sportif de haut niveau
25:29mais en tant que sportif de haut niveau
25:31autour de moi
25:31j'avais une psychologue
25:32j'avais une préparatrice mentale
25:34j'avais un préparateur physique
25:35j'avais un entraîneur
25:37j'avais un nutritionniste
25:39et ces cinq personnes là
25:40m'envoyaient un message
25:41tous les jours
25:42tous les deux jours
25:42pour savoir comment j'avais dormi
25:43comment ça allait dans mon couple
25:44comment j'avais mangé
25:45est-ce que j'avais mal quelque part
25:47est-ce que j'avais besoin de quelque chose
25:49même si
25:50au moment des entraînements
25:52ça pouvait être douloureux
25:53j'avais tous ces personnes là
25:55qui se souciaient de comment j'allais
25:56quand j'étais étudiante en médecine
25:57bah en fait j'étais toute seule
25:59j'étais toute seule
26:00à subir du sexisme
26:02à subir de l'homophobie
26:03à subir des charges de travail
26:05qui sont parfois indécentes
26:07et
26:08et finalement
26:09quand je débarque dans le haut niveau
26:11et que j'ai déjà passé ça
26:12je me dis
26:12mais il peut se passer n'importe quoi
26:14dans le haut niveau
26:14je sais que je suis capable
26:16et inversement
26:17quand je commence à découvrir le haut niveau
26:18quand je commence à me rendre compte
26:20à quel point
26:20chaque détail compte
26:21je me rends compte
26:22que j'ai quand même un bagage
26:23on va dire universitaire
26:25qui me permet de comprendre
26:27énormément de choses
26:28dont l'anatomie
26:29dont la compréhension du mouvement
26:31et effectivement
26:31je me rends compte que
26:32il suffit que je regarde une vidéo
26:34d'un départ arrêté sur piste
26:36et
26:37bah l'effort d'après
26:38j'arrive à
26:39à retranscrire immédiatement
26:40l'information que j'ai prise
26:41parce que je comprends peut-être
26:42mieux mon corps
26:43avec toutes les
26:45les compétences que j'ai
26:46donc oui
26:47il y a énormément de
26:48de transferts qui se fait
26:49d'un milieu à un autre
26:50alors le sport ça a ce pouvoir aussi
26:52de générer des émotions
26:54de vibrer
26:55on l'a tous vécu
26:56à puissance 1000
26:57pendant les jeux paralympiques
26:59est-ce que c'est
27:00quelque chose
27:01qui te plaît
27:02toi Alexis
27:03quand t'es dans ton quotidien
27:05de voir
27:06ce que tu peux représenter
27:08aujourd'hui
27:09à quel point
27:10tu peux inspirer
27:11des générations
27:12on parle de
27:12voilà
27:12d'un sport
27:14qui nous permet
27:14de nous élever
27:15d'avoir un vrai impact
27:17sur la société
27:18j'imagine que ça doit être
27:19une immense fierté
27:20aujourd'hui pour toi
27:21ce rôle de porte-drapeau
27:23il y a largement contribué
27:24mais
27:24tes performances sportives
27:26et la manière
27:27vous le notez tous
27:28dont il s'exprime
27:30c'est quand même
27:30l'un des ambassadeurs
27:32et c'est là que je vais
27:33commencer à bégayer du coup
27:34non pas du tout
27:35je te connais
27:36je sais que
27:37non mais
27:37j'imagine que
27:39quand on connait
27:40vos parcours de vie
27:41ça doit être quand même
27:42une fierté aujourd'hui
27:43de voir que les choses
27:44aussi ont évolué
27:45dans le bon sens
27:46même s'il y a encore
27:47énormément de travail
27:48à faire
27:49oui oui bien sûr
27:49qu'on est super fiers
27:51je pense indirectement
27:52de contribuer à tout ça
27:53à ce changement de sociétal
27:55changement d'idéologie
27:56autour de toutes ces thématiques là
27:59ce qui est juste difficile
28:00c'est que en fait
28:01cette parenthèse enchantée
28:02qu'on a pu connaître
28:03l'année dernière
28:04c'est 1% de ce qu'on fait
28:06quotidiennement en fait
28:07tous ces entraînements
28:08dans le froid
28:10sous la pluie etc
28:11toutes ces semaines
28:12et ces mois
28:13d'absence de la maison
28:14de galères
28:15de machins
28:15de trucs
28:16c'est pour vivre
28:171% entre guillemets
28:18de féerie
28:19et c'est vrai que
28:20cette féerie
28:20elle a été magique
28:21à vivre
28:23mais là en fait
28:24c'est un peu un tsunami
28:25qu'on a connu
28:26avec Paris 2024
28:27ça a été exceptionnel
28:28l'année dernière
28:29mais là le creux de la vague
28:30il est quand même
28:30assez violent
28:31et c'est pas l'actualité
28:32en ce moment
28:33qui nous donne
28:34de l'espoir
28:36donc voilà
28:37on en est là
28:37et bien sûr que
28:38je sais qu'avec Marie
28:40et avec plein d'autres
28:40on va véhiculer ce message
28:42et on va continuer
28:43à se battre
28:43pour le véhiculer
28:44mais est-ce qu'il y a
28:46réellement des vraies oreilles
28:47aujourd'hui qui nous écoutent
28:48c'est souvent un peu ça
28:49le problème
28:50je t'observe
28:51et je suis content
28:52de constater
28:52que je suis pas le seul
28:53à fondre
28:55littéralement
28:55il fait extrêmement chaud
28:56Marie tu voulais réagir
28:58à ce que disait Alexis
28:58ouais je voulais dire
28:59il me semble qu'on vient
29:00d'être élus
29:01à la commission
29:02des athlètes
29:03paralympiques français
29:04donc à nous
29:06d'utiliser cette place
29:07et cette parole
29:08pour continuer
29:09à travailler
29:09avec le CPSF
29:10et à faire bouger les choses
29:12mais est-ce que selon toi
29:13la société
29:14à travers
29:14les jeux paralympiques
29:17a véritablement mesuré
29:19l'impact
29:20que les athlètes paralympiques
29:22avaient eu
29:23en termes
29:23on parlait tout à l'heure
29:24de performance
29:25mais de
29:26de changement de regard
29:27on parle d'un sport
29:28qui inclut
29:29est-ce que le sport
29:30inclut véritablement
29:31autant qu'on le dit
29:33qu'on le pense
29:34selon toi
29:35t'es sûr que tu poses
29:36la question
29:36à une personne
29:37oui
29:39moi malheureusement
29:40j'ai plutôt tendance
29:41à dire que non
29:41j'ai tendance à dire
29:42que les politiques
29:43aiment raconter
29:44que le sport
29:44est universel
29:46sauf que ce n'est pas vrai
29:48même dans l'équipe
29:49de France paralympique
29:49tous les handicaps
29:50ne sont pas représentés
29:52il y a des handicaps
29:53pour qui
29:53leur performance à eux
29:55c'est de pouvoir sortir
29:56de chez eux
29:56et d'aller acheter
29:57une baguette de pain
29:57et ça c'est une performance
29:59qui a autant de prix
30:00pour moi
30:00que ma médaille d'or
30:03aux jeux paralympiques
30:04donc non
30:05le sport
30:06n'inclut
30:09pas tout le monde
30:09encore
30:10et c'est ça
30:11qui est un peu triste
30:12et c'est pour ça
30:13que moi j'aime bien aussi
30:15raconter les jeux
30:16oui
30:16raconter nos médailles
30:17oui
30:18je suis extrêmement fière
30:20de tout ce que j'ai pu accomplir
30:21mais de prendre un peu
30:22de recul
30:22et d'essayer
30:23de détacher aussi
30:25la notion de performance
30:26dans le sport
30:27parce que l'activité physique
30:28littéralement
30:28ça sauve des vies
30:29et c'est important
30:31d'y donner accès
30:32à tout le monde
30:33sans forcément
30:34y mettre
30:34une notion de performance
30:36ou en tout cas
30:36de compétition
30:38voilà
30:39et je trouve que
30:39dans le milieu paralympique
30:40enfin dans le parasport
30:42on en est encore loin
30:43oui on a fait rêver
30:44plein de personnes
30:45en situation de handicap
30:45on a donné des représentations
30:47on a fait passer le message
30:48que c'était possible
30:51mais aujourd'hui
30:52est-ce que les clubs
30:53les assos
30:54sont en capacité
30:55d'accueillir plus
30:59de licenciés
31:00de pratiquants
31:00et de pratiquantes
31:01ça a fatalement généré
31:02des vocations
31:03il y a eu plein de demandes
31:04de licences supplémentaires
31:05mais est-ce qu'ils sont
31:07assez entourés
31:07est-ce qu'ils sont
31:08assez structurés
31:09non
31:09est-ce qu'il y a
31:10assez de matériel
31:10non
31:11est-ce que les salles de sport
31:12en accès libre
31:14sous abonnement
31:14se sont vraiment posé
31:16la question
31:16si leur salle
31:16était vraiment accessible
31:17à tout type de personnes
31:19je suis pas sûr
31:20je rappelle
31:21je précise juste
31:22qu'avant les jeux
31:24pour une personne
31:25en situation de handicap
31:25il fallait parcourir
31:2650 km autour de chez soi
31:28pour trouver une structure
31:29capable
31:30de vous accueillir
31:31parce que
31:31c'est bien beau
31:32de dire
31:32la pratique
31:34effectivement
31:35se généralise aujourd'hui
31:36sauf qu'il faut aussi
31:37des encadrants
31:38formés
31:38à accueillir des personnes
31:39en situation de handicap
31:40et pour tous les types
31:41de handicap
31:42c'est pas encore le cas
31:43ça a été doublé
31:44mais on est encore
31:44très loin du compte
31:45et c'est pour ça
31:46que je trouve
31:47vos points de vue
31:48intéressants aujourd'hui
31:48parce qu'on évoquait
31:50l'héritage
31:50l'héritage peut-être
31:52en termes d'image
31:52sur le changement
31:53de regard qu'on a porté
31:55sur les athlètes paralympiques
31:56oui
31:56en revanche
31:57il y a encore
31:58un chemin
31:59à parcourir
32:00pour faire
32:02une société
32:03véritablement inclusive
32:04on aura beau faire briller
32:05si derrière
32:06il n'y a pas le relais
32:08à quoi bon
32:09ce sera que des parenthèses
32:11enchantées
32:11et on aura du mal
32:12à laisser
32:14un héritage
32:15toi t'as passé
32:16un petit coup de gueule
32:17ces derniers jours
32:17Alexis
32:18en la matière
32:19oui en fait
32:20là pour revenir
32:21sur ce que tu dis
32:21les clubs labellisés
32:23c'est super
32:23effectivement
32:2450 km
32:25c'est pas acceptable
32:25c'est trop loin
32:26mais en fait
32:27je pense aussi
32:28qu'aujourd'hui
32:29il y a des clubs
32:29beaucoup de clubs
32:30qui sont pas forcément
32:31labellisés
32:31pour accueillir
32:32des gens
32:32en situation de handicap
32:33mais qui sont en capacité
32:34de le faire
32:35donc en fait
32:35il y a aussi des gens
32:36aujourd'hui
32:36qui doivent naturellement
32:37parce qu'ils ont vibré
32:39parce qu'ils ont envie
32:39de se remettre
32:40à une activité physique
32:41tout simplement
32:42contacter le président
32:43de l'association
32:44en question
32:44pas très loin de chez elle
32:45en se disant
32:46j'ai telle ou telle pathologie
32:47est-ce que vous êtes en mesure
32:49ou pas de m'accepter
32:50de venir au moins faire un test
32:51pour voir si finalement
32:52je peux venir pratiquer avec vous
32:53et ça c'est la plus belle
32:55chose qu'on pourrait tous faire
32:56parce que si finalement
32:57on est tous en capacité
32:58de faire du sport
32:59et de faire du tous ensemble
33:00tous unis
33:01ça serait top
33:03alors ce qui est intéressant
33:04après l'histoire de Cléo
33:05c'est qu'elle démontre
33:06un peu tout ce qu'on évoque
33:07c'est-à-dire qu'on a besoin
33:09quand même malgré tout
33:10quand on est enfant
33:11de modèles
33:13et son modèle à elle
33:14ça a été Pauline
33:15c'est Pauline des roulettes
33:16qui t'a donné envie
33:17de faire du tennis fauteuil
33:20et donc ça c'est grâce aussi
33:21sans doute
33:22à la médiatisation
33:24pardon
33:25de Pauline
33:26et de ce qu'elle a accompli
33:27tu as une relation
33:27assez particulière
33:28avec elle
33:29ouais on est assez proche
33:31on se raconte
33:32beaucoup de choses
33:33elle est aussi là
33:34pour m'épauler
33:35dans les moments
33:36un peu plus bas
33:37et même dans les moments
33:38les plus hauts
33:39mais elle est toujours
33:40derrière moi
33:41et on essaye
33:43de se voir
33:43le plus souvent possible
33:44et c'est grâce à elle
33:47que je suis là aujourd'hui
33:48et donc
33:49on est assez proche
33:51on me dit souvent
33:51que c'est ma marraine de tennis
33:52ou que c'est ma grande soeur
33:55est-ce que vous réalisez
33:56des actions comme ça
33:58parfois
33:58de sensibilisation
34:00dans des écoles
34:01peut-être dans des hôpitaux
34:03Marie
34:04est-ce que ça vous arrive
34:06de faire ça ?
34:08là cette année
34:08j'ai plus rentabilisé
34:10dans les entreprises
34:10parce que disons-le clairement
34:12le nerf de la guerre
34:13ça reste l'argent
34:14et c'est vrai que cette année
34:16j'ai fait beaucoup
34:16beaucoup de prises de parole
34:17dans les entreprises
34:18surtout dans les entreprises
34:21qui étaient en lien
34:22avec Paris 2024
34:24de faire passer le message
34:26que ces entreprises-là
34:30sont actrices aussi
34:31de l'héritage à laisser
34:32et que c'est important
34:33je fais aussi dans les assos
34:36je participe beaucoup
34:37à des tables rondes
34:38et je suis aussi
34:40dans la création
34:41d'une application
34:43qui a pour but
34:44de pouvoir accompagner
34:46tout type de sportifs
34:48et quand je dis
34:48tout type de sportifs
34:49il y a aussi
34:49les personnes à mobilité réduite
34:50ou en situation de handicap
34:53voilà
34:54c'est un engagement
34:55de tous les jours
34:56on le sait
34:56Alexis
34:57parce qu'on parle
34:58des entreprises
34:59qui
35:00alors toi tu disais
35:01par opportunisme
35:03sont venues aussi
35:04sur les jeux paralympiques
35:05mais qui ont parfois
35:06tendance un peu
35:07à déserter
35:08une fois que les podiums
35:09sont rangés
35:10et ça on peut
35:10vraiment le regretter
35:12tu oeuvres aussi
35:13alors je sais que toi
35:14t'as perdu
35:14on peut le dire
35:15la moitié de tes sponsors
35:16depuis les jeux de Paris 2024
35:17oui oui c'est une réalité
35:18c'est sûr que
35:19on parle de jeux paralympiques
35:21là et de situations de handicap
35:22mais finalement
35:22c'est la même chose
35:23le constat pour les athlètes olympiques
35:25il y a eu effectivement
35:26beaucoup d'entreprises
35:27beaucoup de teams d'athlètes
35:28qui se sont créés
35:28pour les jeux de Paris
35:30et ça a été
35:31une très très bonne chose
35:32puisqu'effectivement
35:33on avait besoin
35:34de ce soutien moral
35:35financier etc
35:36pour préparer Paris
35:39beaucoup beaucoup
35:39se sont effectivement
35:41retirés
35:41voilà
35:42ça a été de l'opportunisme
35:43ils se sont acheté les jeux
35:44mais bon voilà
35:44tant mieux
35:45on peut que leur dire
35:47qu'ils font une erreur
35:49mais tant pis pour eux
35:49mais heureusement
35:50bien sûr
35:51que beaucoup d'athlètes
35:52et de partenaires
35:53ont continué l'aventure
35:55et continuent à soutenir
35:57et voilà
35:58c'est juste que
35:59après avoir connu
36:00toute cette effervescence
36:01et tout cet émerveillement
36:02je pense que tous les athlètes
36:04se disaient qu'à minima
36:05on resterait à peu près
36:06ce qu'on connaissait
36:07et c'est vrai que
36:08du jour au lendemain
36:09quand tu travailles
36:10pour la même chose
36:11mais que tu perds
36:11la moitié de tes revenus
36:12ça met forcément
36:13une petite claque
36:14donc voilà
36:15il faut juste
36:16tirer le constat
36:18le bilan
36:19et essayer de remobiliser
36:20justement
36:21des entreprises
36:22à croire
36:23et à leur faire croire
36:24que justement
36:25que c'est vraiment important
36:26de miser sur le sport
36:27alors pour conclure
36:29avant d'échanger
36:30avec le public
36:32qui nous suit attentivement
36:32depuis tout à l'heure
36:33si vous aviez un message
36:34à faire passer
36:35aujourd'hui
36:36soit aux jeunes générations
36:37soit justement
36:39aux entreprises
36:41aux acteurs
36:42du secteur privé
36:44qui doivent continuer
36:45à accompagner
36:47le mouvement paralympique
36:48ce serait quoi
36:48aujourd'hui
36:49Alexis ?
36:50moi tout simplement
36:51le message que j'aime
36:52distribuer aux gens
36:53c'est de croire
36:54en ses rêves
36:55voilà
36:55parce que finalement
36:57petit, grand
36:58on a tous
36:59la faculté
37:00de se coucher le soir
37:01et de dormir
37:02et du coup
37:02de rêver
37:03et en fait
37:04il ne faut pas
37:04avoir peur de rêver
37:05un rêve
37:06ça peut paraître
37:07totalement fou
37:08mais en fait
37:08qui on est
37:09pour savoir
37:10ce qui est réalisable
37:11ou pas réalisable
37:11donc voilà
37:12tout simplement
37:13moi j'ai rêvé
37:14un jour
37:14que je serai champion
37:15paralympique
37:15c'était pas du tout
37:17destiné à ça
37:18et pourtant
37:18j'ai réussi à le faire
37:19deux fois même
37:20deux fois même
37:21donc deux rêves
37:21deux rêves
37:23il y en aura peut-être
37:24un troisième
37:24parce que je sais
37:25que ton dernier
37:26grand défi
37:26c'est ça
37:27ça serait de finir
37:28en boteau
37:29donc je vais me coucher
37:30ce soir et je vais rêver
37:31je vous souhaite de rêver
37:34Marie ?
37:36moi le message
37:37que j'aimerais faire passer
37:38et c'est en lien direct
37:39avec le titre
37:40qui est sous mes yeux
37:41le sport qui inclut
37:42c'est de rappeler
37:42que le sport
37:43pas du tout le sport
37:44l'inclusion
37:45se conjugue au pluriel
37:46et que
37:47qu'on soit une institution
37:49publique
37:50qu'on soit une entreprise
37:51qu'on soit une asso
37:52qu'on soit un club
37:55bref
37:55quand on accompagne
37:56des gens
37:57quand on relationne
37:58avec des gens
37:59si on se veut inclusif
38:00on se doit
38:01de le penser
38:02de manière
38:03constante
38:06multidimensionnelle
38:07voire intersectionnelle
38:08c'est à dire que
38:08là on a parlé
38:09principalement de handicap
38:10mais à côté de ça
38:11je fais partie
38:11de la communauté LGBT
38:12à côté de ça
38:13je suis aussi une femme
38:14donc là je viens
38:15de vous lister
38:15trois étiquettes
38:16de discrimination
38:17dont deux
38:18qui ont été extrêmement
38:19violentes
38:20et extrêmement lourdes
38:20à subir
38:21pendant ma carrière
38:22de sportif de haut niveau
38:23et je parle pas
38:23de handicap
38:25donc pour moi
38:26est-ce que mon sport
38:27en équipe de France
38:28a été inclusif ?
38:29Non
38:29même si mon handicap
38:30a été inclus
38:30donc voilà
38:31juste passer le message
38:32que l'inclusion
38:34quand vous voulez
38:36réfléchir sur l'inclusion
38:37faites-le au pluriel
38:39c'est très clair
38:40et c'est très fort
38:43et l'inclusion
38:44je parlais de Constance
38:45Marie
38:45par rapport au fait
38:46qu'on parle beaucoup
38:47d'inclusion
38:48quand il y a un événement
38:49de la dimension
38:49des jeux paralympiques
38:51et puis encore une fois
38:52quand ça s'arrête
38:54on a du mal
38:55à poursuivre
38:56un peu les efforts
38:58Cléo
38:58donne-nous un petit message
38:59d'optimisme
39:00à tous les enfants
39:01que tu inspires aujourd'hui
39:03sans doute
39:04qu'est-ce que le sport
39:05finalement t'apporte
39:07aujourd'hui
39:07dans ton quotidien
39:09est-ce que tu rêves
39:10j'imagine
39:11d'aller faire
39:12alors Los Angeles
39:13sera peut-être
39:14un peu tôt
39:15non ?
39:16C'est un rêve
39:17Los Angeles
39:18même si
39:18je sais pas
39:20je sais pas
39:21si je vais réussir
39:22à y aller ou pas
39:23mais moi
39:24le message
39:25que j'aimerais faire passer
39:25c'est juste
39:27de jamais perdre espoir
39:28parce que moi
39:29j'avais arrêté
39:30de faire du sport
39:30j'avais essayé
39:32la natation
39:33la gym
39:33etc
39:33et à cause du regard
39:35des autres
39:35et à cause du fait
39:36que c'était pas du tout adapté
39:38j'ai arrêté d'essayer
39:40parce que je savais même pas
39:41que ça existait
39:42à la base
39:42le sport
39:43pour les handicapés
39:45entre guillemets
39:46mais si finalement
39:47et donc
39:49le jour où j'ai rencontré
39:50Pauline
39:50j'ai su que
39:52finalement
39:52ça pouvait exister
39:53donc
39:53j'ai jamais baissé les bras
39:56super
39:57formidable
39:58on peut les applaudir
39:59bien fort
40:00tous les trois
40:01alors on est à votre disposition
40:03pour une petite série
40:05de questions réponses
40:07mais il faut pas dépasser
40:096 minutes
40:10parce que Marie Patouillet
40:11a un train
40:12voilà
40:12je révèle tout
40:14donc voilà
40:18bonjour
40:19bonjour
40:19merci beaucoup
40:20j'avais une question pour vous
40:22est-ce que vous pensez
40:23que les personnes
40:24qui sont valides
40:24vous aident assez
40:25pour justement parler
40:26du handicap
40:27et du sport
40:28et de l'handicap
40:29quoi
40:29s'il vous plaît
40:30merci
40:33oui et non
40:35vous avez une heure
40:36non mais il y a un exemple
40:38oui
40:39quand il s'agissait
40:41de parler des jeux
40:41et de construire
40:42une seule et même équipe
40:43et quand il y a eu
40:44la journée paralympique
40:44il n'y a pas eu
40:45un seul athlète olympique
40:46qui est venu
40:48voilà
40:48donc je pense que
40:49tu parlais de constance
40:50et bien la constance
40:51elle se
40:53elle doit exister aussi
40:55à cet endroit là
40:58Marie Patouillet
40:59ladies and gentlemen
41:01une balle perdue
41:04bonjour
41:04j'aimerais juste
41:06parce que je pense
41:07que quand on parle
41:08d'inclusion
41:09moi je
41:11j'ai été inclus
41:12aussi dans le rugby
41:13je dirais
41:14quelque part
41:15parce que je suis dyspraxique
41:16TDAH
41:17et donc ça fait partie
41:18des handicaps invisibles
41:19et je pense que nos politiques
41:22ils n'ont pas trop d'idées
41:24là-dessus
41:24moi je pense que
41:25ce qui pourrait être
41:26hyper enrichissant
41:27pour donner une certaine
41:28lisibilité
41:29c'est par exemple
41:30quand il y a un championnat
41:31une finale de coupe de France
41:33et bien il y a la finale
41:34le soir même
41:36la finale
41:37handi foot
41:38coupe de France
41:39quand il y a un championnat
41:41de France
41:41athlétisme
41:42et bien comme vous avez fait
41:43pour les para-olympiques
41:44qu'on fasse exactement
41:46la même chose
41:47mais sur toutes les compétitions
41:49en France
41:49voilà
41:50très bonne intervention
41:52je précise juste
41:54je ne me fais pas
41:55le porte-parole du mouvement
41:56mais il y a des configurations
41:58où c'est possible
41:59et on a notamment
42:00diffusé le
42:02le para-triathlon
42:04les championnats d'Europe
42:05à Vichy
42:05dans la foulée
42:07mais il y a parfois
42:08des disciplines
42:09qui nécessitent
42:09malheureusement
42:10des aménagements
42:11ce qui explique
42:12la raison pour laquelle
42:13on n'a pas toujours
42:14des compétitions valides
42:15mais on pourrait
42:16pourquoi pas
42:17à l'avenir
42:17créer aussi
42:18des épreuves mixtes
42:20finalement
42:21Marie
42:21ça pourrait
42:21les anglais sont très bons
42:23pour ça
42:23donc pourquoi pas
42:24le faire en France
42:25peut-être qu'il faudrait aussi
42:26se décentrer
42:28et arrêter de regarder
42:29notre nombril
42:29et aller voir ce qui se passe
42:30à l'étranger
42:31les anglais sont très bons
42:32pour ça
42:33mais bon
42:33il y a visiblement
42:34finalement
42:34on met un peu de temps
42:35à s'en inspirer
42:36mais on s'y inspire quand même
42:37parce que les championnats
42:37du monde de cyclisme
42:38à Annecy
42:40regroupera à la fois
42:41ce qui avait été
42:42le cas à Zurich aussi
42:43oui
42:44ce qui avait été
42:44le cas à Zurich
42:46voilà
42:48il vous reste
42:49trois minutes
42:52je vais faire
42:53ça marche
42:54oui
42:55d'abord un grand merci
42:56à vous
42:57d'accord
42:58parce que
42:59vous êtes des exemples
43:01exceptionnels
43:02franchement
43:03ma question
43:04c'est
43:04combien de temps
43:06passez-vous
43:07par jour
43:07à vous entraîner
43:08parce que tout à l'heure
43:09on parlait de gens
43:10qui regardaient ça
43:11comme
43:12voilà
43:12c'est bien
43:13il fait du sport
43:14j'ai l'impression
43:15que vous entraînez
43:15encore plus
43:16que les athlètes
43:17de haut niveau
43:19Alexis
43:20dort deux heures
43:21sinon le reste du temps
43:23alors
43:25moi personnellement
43:26je ne m'entraîne pas plus
43:26que les athlètes olympiques
43:28de triathlon
43:28mais je m'entraîne
43:29tout autant en fait
43:30donc moi aujourd'hui
43:31une semaine type
43:31d'entraînement
43:32c'est entre 25
43:3330 heures par semaine
43:34voire 35
43:34quand on est en stage
43:37la réalité
43:37c'est que
43:38voilà
43:39beaucoup ont connu
43:39Cassandre Beaugrand
43:40avec sa médaille d'or
43:41l'année dernière
43:41en triathlon
43:43voilà
43:43c'est exceptionnel
43:44ce qu'elle a fait
43:44mais en fait
43:45moi je n'ai pas à rougir
43:46de ses performances sportives
43:47quand on me demande
43:48moi personnellement
43:49mon niveau sportif
43:50vis-à-vis des garçons
43:51bien sûr
43:51qui sont plus forts que moi
43:52mais ils ont tout
43:53pour être plus forts
43:53ils ont deux jambes de bras
43:54par contre
43:55si on doit élever
43:55moi mon niveau sportif
43:57aujourd'hui
43:58en fait
43:58je me compare souvent
44:00aux meilleurs athlètes féminines
44:01parce que leur chrono
44:02en fait
44:02c'est clairement
44:03ce que je suis en capacité de faire
44:04donc moi j'ai souvent milité
44:06pour que
44:07au sein de la fédération française
44:08de triathlon
44:10on fasse des stages communs
44:12olympiques
44:13paralympiques
44:13parce qu'en fait
44:14on apprend tous
44:14des uns des autres
44:15c'est ridicule
44:16de vouloir nous mettre
44:17dans des cases
44:17en fait
44:18on apprend tous
44:19des uns des autres
44:20je prends souvent
44:21un exemple tout bête
44:22mais vraiment rapide
44:23on a un gars
44:24qui s'appelle Louis Noël
44:25il est né sans jambes
44:26le cordon ombilical
44:26de sa mère
44:27s'est entouré autour des jambes
44:29il est sans jambes
44:30sauf que ce mec
44:31est vraiment relou
44:32parce qu'il a un sourire
44:33greffé sur le visage
44:34tout le temps
44:35mais imaginez-vous
44:36au petit déjeuner
44:36vous avez un athlete olympique
44:37qui vient de se blesser
44:38un petit peu
44:38autour d'Achille
44:39qui va faire la gueule
44:41parce que ça le fait chier
44:42d'être blessé
44:42mais finalement
44:43est-ce que c'est grave ?
44:44non
44:44parce que vous avez un mec
44:45qui arrive sans jambes
44:46et si ça
44:47ça vous met pas un peu
44:47de plomb dans la tête
44:48et de relativiser un peu
44:49sur ce que c'est
44:50que la vie
44:50le sport de haut niveau
44:52ben voilà
44:53mais sauf que vous voyez
44:54ça fait 8-9 ans
44:55que je suis dans la fédération
44:56que j'ai milité pour ça
44:57et en fait
44:58j'ai presque un peu
44:59baissé les bras
44:59parce qu'en fait
45:00cette idée
45:01qui paraît simple
45:01sur le papier
45:02et pour la réaliser
45:03c'est hyper compliqué
45:05il faut pas
45:05il faut pas baisser les bras
45:08dernière question
45:09parce que là
45:10véritablement
45:10Alexis a perdu
45:112 litres d'eau
45:12et je dois pas être
45:13pas être très loin
45:14et Marie a son train
45:16dernière question
45:17madame
45:17oui Mathieu
45:18on peut aussi
45:19te féliciter
45:21parce que tu es
45:21un inspirant
45:22toi aussi
45:22tu as dit des autres
45:23mais on l'a pas dit de toi
45:24donc je pense qu'on peut t'en venir
45:25merci merci
45:26ma fille espère te rencontrer demain
45:27parce qu'on vient à Roland-Garros
45:29pour ton événement
45:29je n'ai pas payé
45:31je vous rassure
45:31je ne connais pas cette dame
45:35en fait
45:36je viens d'intégrer
45:36le club des 300
45:37et au départ
45:38je me sentais pas à ma place
45:39parce qu'en fait
45:39mon projet
45:40était concernant le handicap
45:41parce que je suis aidante
45:43donc tout le monde était là
45:44pour valoriser
45:44la place de la femme
45:46mais pas
45:46du handicap
45:48et en fait
45:48je me suis dit
45:49que j'avais quelque chose à porter
45:50parce qu'une fois
45:50que j'ai intervenu
45:52j'ai cloué le bec
45:52à tout le monde
45:54et donc mon projet
45:55est d'aller dans les écoles
45:56de parler de parasport
45:57de leur faire découvrir le parasport
45:59aujourd'hui la problématique
46:00c'est le financement du matériel
46:02je veux bien aller dans les écoles
46:03à titre gracieux
46:04leur parler des Jeux Olympiques
46:05des Paralympiques
46:06mais je n'ai pas
46:07les matériels adéquats
46:08j'ai participé à un concours
46:09j'ai perdu
46:09bon
46:10mais voilà
46:10il y a des gens
46:11même dans les bénévoles
46:13de Paris 2024
46:13qui sont majoritairement
46:15des personnes
46:16qui ont des parcours de vie
46:18aussi valonnés
46:19il y a des gens
46:20qui sont volontaires
46:21qui sont prêts à donner
46:22de leur temps
46:23mais on n'a pas les moyens
46:24et financiers
46:25pour acheter de matériel
46:26et voilà
46:27on essaie
46:28de faire bouger les lignes
46:30à ce sujet
46:31je perçois votre émotion
46:32et ça y est
46:33je vous remets
46:34vous êtes partout
46:36votre fille va bien ?
46:38oui
46:38elle sera là demain ?
46:39elle vous a préparé quelque chose
46:40pour demain ?
46:41génial
46:41on essaie
46:43de faire bouger les choses
46:44on aura l'occasion
46:44d'en discuter
46:45entre nous
46:46et puis bon
46:47peut-être que demain
46:48on aura vraiment des vrais ministres
46:50qui œuvreront
46:51comme ils le doivent
46:53pour le bien de la France
46:55merci à toutes et à tous
46:57pour votre attention
46:58merci beaucoup
46:58merci à tous
47:00merci à tous
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