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  • il y a 2 heures
Intervenant(s) :
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France
Céline Pigalle, directrice du réseau de radios ICI

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Bonjour, bonjour à toutes, bonjour à tous. Alors parler du Tour de France, 45 minutes, je ne sais pas si
00:06ce sera suffisant, n'est-ce pas, mon cher Christian, pour évoquer cette magnifique épreuve,
00:10ces magnifiques épreuves, puisqu'on parle au pluriel depuis 2022 et le retour du Tour de France Femmes sur les
00:18antennes de France Télévisions et dans le calendrier international.
00:21Alors le Tour de France, vous le savez toutes et tous, c'est beaucoup plus qu'une course de vélo.
00:25C'est une course de vélo avant tout, évidemment, mais c'est aussi un formidable vecteur d'attractivité pour les
00:30territoires qui sont traversés par ces deux courses,
00:33Tour de France Hommes et Tour de France Femmes, dont les parcours seront dévoilés d'ailleurs le 23 octobre prochain
00:39au Palais des Congrès. Je vous invite évidemment à suivre cet événement, toujours très important dans le calendrier de fin
00:47de saison.
00:47Découvrir les parcours du Tour, c'est toujours un événement. Christian, comment est-ce qu'on trace le parcours, les
00:57parcours des Tours de France ? Est-ce qu'on part d'une feuille blanche ?
01:01Est-ce qu'on se dit, tiens, là, ça fait longtemps qu'on n'est pas allé là-bas ?
01:04Quels sont les impératifs auxquels doivent répondre les parcours des Tours de France ?
01:12Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Céline, bonjour Alexandre. Il est très taquin, parce qu'en fait, il a
01:16un seul objectif.
01:17parce qu'il sait très bien ce que je vais répondre. Comment on trace un parcours du Tour de France
01:21?
01:22Je descends à la cave, je regarde ce qui manque. On fait un Gevrèche-Chambertin-Nuit-Saint-Georges, on va
01:27vers Saint-Emilion.
01:29Ça permet sur les réseaux sociaux de mettre prud'homme fait sa cave.
01:33D'abord, il faut que l'une des différences fondamentales par rapport à tout le monde du sport, c'est
01:38que nous, nous ne pouvons aller que là où l'on souhaite qu'on aille.
01:42Parce que nous ne sommes nulle part chez nous, on n'a pas notre stade, notre piscine, notre parquet de
01:45baskets, notre patinoire.
01:47Donc il faut une candidature d'une ville, d'une agglomération, d'un département.
01:51On a beaucoup d'accords avec les départements.
01:53Pour une évidence, c'est que les routes dépendent des conseils départementaux et que les routes, c'est évidemment le
01:58terrain d'expression des champions et des championnes.
02:00Donc une fois qu'on a dit ça, le lieu du grand départ, ce qu'on appelle désormais le grand
02:03départ, détermine énormément le parcours du Tour de France.
02:07On ne sait pas nécessairement où on ira, mais on sait tout de suite où on n'ira pas.
02:10Je vous prends un exemple.
02:122024, on est parti de Florence en Italie, c'était la toute première fois dans l'histoire, pourtant dans un
02:15pays qui respire le cyclisme.
02:17Partait de Florence, c'était les 80 ans du débarquement.
02:20On savait très bien qu'on n'irait pas en Normandie, on est allé à Colombie-les-Églises comme un
02:24symbole.
02:24Parce que le Tour, c'est la plus grande compétition cycliste au monde, mais c'est en effet bien plus
02:29que ça.
02:30C'est de l'histoire, c'est de la géographie, c'est de la culture, la prise de vue dominante
02:33du Tour de France.
02:35En général, il dit que je fais le rang outant quand je fais ça avec mes mains.
02:38C'est l'hélicoptère, l'hélicoptère de France Télévisions.
02:40Le Tour, c'est de la découverte et la découverte est un élément essentiel dans la récite du Tour.
02:45Et puis le plus important de tout, ce sont les sourires, c'est l'insouciance, c'est un tout petit
02:50peu de bonheur.
02:52Alors le Tour ne change pas la vie des gens, je n'ai pas cette prétention-là, mais il met
02:55un peu de soleil, un peu de bonheur, un peu de sourire.
02:58Et je répète régulièrement que le Tour, c'est 3500 kilomètres de sourire.
03:02Aux dernières nouvelles, pour l'année prochaine, avant les dernières reconnaissances, c'est précisément 3333 kilomètres, plus les 1000 kilomètres
03:08désormais de la version féminine.
03:10Ce sont des sourires partout, c'est un public familial, c'est un public formidable.
03:13Des Français, des étrangers, des femmes, des hommes, des gros, des maigres, tout le monde avec le même sourire.
03:20C'est ce qui frappe le plus les gens qui montent dans la voiture.
03:24Céline, j'imagine que pour vous aussi, le jour où les parcours des Tours de France sont dévoilés, c'est
03:29un moment important pour organiser votre maillage, votre couverture du territoire.
03:36Avant même qu'il ne soit dévoilé, je suis obligée de vous dire que Christian est l'objet de toutes
03:41les attentions.
03:43Il y avait récemment une réunion de l'ensemble des rédacteurs en chef du réseau des radios locales ici, les
03:49radios locales de Radio France à la Maison de la Radio.
03:51Christian a été invité et l'ensemble des rédacteurs en chef se pressaient à ses côtés pour une petite pression
03:58amicale sur la nécessité que le Tour passe à proximité de leur station
04:02et pour aussi essayer de savoir avant tout le monde si le Tour allait passer près de chez eux.
04:08Il faut le dire, pour notre réseau des radios locales, pour Radio France d'abord, qui est partenaire du Tour
04:14de France avec France Info et le réseau des radios locales,
04:17mais pour les locales plus spécifiquement, le Tour, c'est un événement majeur.
04:22En préparant ce moment avec vous, j'en discutais avec un certain nombre de directeurs et l'un d'entre
04:26eux m'a dit
04:26« Le passage du Tour pour une de nos stations, c'est un twist en fait. Il y a un
04:32avant et un après. Il y a tout ce qu'on peut préparer en amont.
04:36Il y a toute la station qui se mobilise. »
04:37Il me racontait aussi que ce n'est pas difficile d'obtenir que les gens ne posent pas de congés
04:42cette semaine-là.
04:43Ils le font très naturellement et en réalité, ils se battent plutôt pour les accréditations qu'il ne faut les
04:48solliciter pour s'engager sur cet événement.
04:50Et d'ailleurs, c'est valable, et au fond, le Tour est ainsi fait que c'est valable dans les
04:55stations et c'est valable dans les territoires où ils passent,
04:58qu'ils mobilisent absolument tout type de population, tout type de personnel, tout type d'engagement.
05:06C'est-à-dire que dans les stations, c'est évidemment les journalistes qui vont suivre l'étape, mais ce
05:11sont aussi bien sûr les techniciens,
05:13mais ce sont aussi celles qu'on appelle les chargées d'accueil. Je dis celles parce que c'est rarement
05:17des hommes.
05:17Qui ont aussi le contact avec le public en amont de l'État pour raconter comment on va ou non
05:24pouvoir circuler ce jour-là.
05:28Les règles de sécurité, évidemment. Toutes les initiatives aussi qui sont engagées par les associations du CRU, les commerçants du
05:36CRU.
05:36Donc il y a une mobilisation parfaitement exceptionnelle du réseau des radios locales et un engagement.
05:42Et je dois dire que cette année, on a monté une marche supplémentaire parce que vous savez, les radios locales
05:46de Radio France s'appelaient France Bleu jusqu'ici.
05:49Et désormais, elles s'appellent ici.
05:52Et cet événement est tellement important pour nous qu'on s'est dit que c'était le meilleur endroit pour
05:56raconter cette histoire de notre changement de nom.
05:58Et donc pour la première fois, en plus de suivre la course, en plus d'accompagner les villages départ, les
06:05arrivées,
06:06nous avons aussi été présents sur la caravane du Tour avec cette nouvelle marque ici qui a donc traversé une
06:12large partie de la France auprès du Tour de France.
06:15Alors si le Tour de France est attractif, c'est parce qu'il est regardé. Il est consommé par énormément
06:22de Français et de Françaises.
06:24En 2025, 45 millions de Français et de Françaises ont regardé au moins une minute du Tour de France sur
06:30les antennes linéaires et numériques de France Télévisions.
06:33Et pour le Tour de France Femmes, ce chiffre s'élève à 25. 25 millions de Français et de Françaises
06:39ont regardé au moins une minute du Tour de France Femmes à la fin du mois de juillet et au
06:43début du mois d'août.
06:44Ce sont des audiences qui font un peu figure d'ovni aujourd'hui dans le paysage audiovisuel français.
06:49On atteint des parts de marché de plus de 34% en moyenne sur France 2 et France 3 à
06:53l'après-midi.
06:55Oui, parce que je vais te reprendre, parce que vous êtes tellement modeste à France Télévisions, et l'Henri qui
07:00ne me dira pas le contraire, que tu donnes les audiences globales.
07:02En fait, si on compare à la durée, pas la match de foot, mais la match de foot avec prolongation,
07:06c'est-à-dire sur France 2, la part de moyenne du Tour de France cette année, c'est 42
07:10,6.
07:1242,6. 42,6. On ne va pas aller dans les détails plus précisément, encore que ça veut dire 3
07:19fois la part de marché de France Télévisions.
07:212,9 précisément et 3,8 fois l'audience moyenne de France 2 sur cette chaîne à ce moment-là.
07:29L'audience du Tour Femmes, le pic d'audience du Tour Montmartre, qui est le plus grand depuis 20 ans,
07:33en vérité depuis 2006 précisément, c'est-à-dire depuis qu'il y a le minute par minute dans les
07:38audiences.
07:398,7 millions. La deuxième audience des 30 jours du Tour de France.
07:44Des 30 jours du Tour de France, parce que nous, surtout pour des raisons marketing, on les sépare, parce qu
07:48'on est incapable d'organiser les deux épreuves en même temps.
07:50Et qu'on ne va pas mettre, n'est-ce pas, le Tour sur la 2, la version féminine sur
07:54la 3, ou le contraire, ça n'aurait pas vraiment de sens.
07:55La deuxième audience des 30 jours du Tour, c'est Châtel-Pauline-Ferrand-Prévaux.
08:03C'est-à-dire que vous avez 1, Montmartre, 2, Châtel-PFP, 3, Levantour.
08:09Et ça, c'est un changement fondamental.
08:12Parce qu'on avait tendance à enjoliver un peu les audiences, je le dis très clairement.
08:15Là, il n'y a plus rien à enjoliver.
08:17Sur les 30 audiences du Tour, la deuxième audience la plus forte, c'est celle de l'arrivée finale du
08:22Tour de France Femmes à Châtel.
08:25Appellation officielle, Tour de France Femmes avec Zwift.
08:27Oui, alors moi, ce sera sans Zwift, mais le Tour de France Femmes...
08:31Pas avec un S, tu ne mets pas un coup de balai, ce n'est pas ce que ça veut
08:34dire.
08:36Donc voilà, c'est quand même très très fort.
08:37Sachons donc que ces audiences-là, parce qu'en fait, la France, en termes de part de marché, n'est
08:41que le quatrième pays en termes d'audience.
08:43Vous avez d'abord la Belgique côté Flandre, ils sont quasiment à 70%, 69,6% sur les 3 semaines
08:50du Tour en intégralité.
08:51C'est quasiment obligatoire en Flandre.
08:52C'est de la folie.
08:53Oui, près de 60% en Danemark, 45% aux Pays-Bas, 42,6% donc pour France 2 l
08:59'après-midi, et 40,5% pour la Belgique Sud, comme on dit dans le jargon de l'audiovisuel, à
09:05savoir les francophones.
09:07Voilà, donc un ovni.
09:09Et en Allemagne, et en Allemagne.
09:11Je suis obsédé par les audiences.
09:12Parce que, je vais encore reparler de l'enregistrement, mais j'ai présenté Stade 2 autrefois.
09:17Et quand vous présentez une émission hebdomadaire, le directeur général vous appelle ou pas.
09:22Donc soit il vous a appelé avant l'heure 5, tout va bien, soit il ne vous a pas appelé,
09:26mais il n'en pense pas moins.
09:27Voilà, donc 13,5% de part de marché sur ARD, la première chaîne allemande, c'est quasiment 21 millions
09:34de personnes qui ont été touchées.
09:35C'est une part de marché considérable en Allemagne, où il y a une dispersion beaucoup plus importante du public
09:40à la télévision.
09:41Donc c'est quelque chose de fort dans un pays qui est évidemment très important pour l'Europe, pour la
09:44France, et qui a de nombreux habitants.
09:46Oui, sachant que l'Allemagne avait boudé le Tour de France pendant quelques années, avant de faire son retour avec
09:52une diffusion sur la télévision publique allemande.
09:54Donc on l'a compris, Christian, le Tour de France est regardé, est consommé par une majorité de Français et
09:58de Françaises.
09:59Combien de candidatures avez-vous sous le coup de départements, de communes, de collectivités désireuses d'accueillir le Tour de
10:05France ?
10:05Alors nous avons chaque année, peu ou prou, 300 candidatures, donc 250 en France, une cinquantaine à l'étranger.
10:11Dans les candidatures françaises, il y a nombre de départements, de conseils départementaux.
10:15Je prends les Hauts-de-Pyrénées, conseils départementaux, et donc candidats, candidats permanents, on peut aller, à condition que la
10:24maire soit évidemment d'accord.
10:26Mais comme point possible, vous avez aussi bien Tarbes, Lannemesan, Castel-Nomagnouac, nous sommes allés il y a quelques années
10:32chez Antoine-Dupont,
10:33que Saint-Larry-Soulon, avec les versions Pladadet, Col du Portet, que Luzard-Dillenne, que Péiragut, que Loudanvire, enfin bref,
10:39il y a 7, 8, 10 possibilités pour nous.
10:42Donc, quoique ce sont des possibilités théoriques, mais il faut aussi qu'on puisse s'installer, 190 pays reprennent les
10:49images du Tour de France, il faut qu'on puisse s'installer.
10:51Alors on a, ma seule fierté depuis 20 ans, ce sont ce qu'on appelle les zones techniques dissociées.
10:57Il y a 20 ans, sur l'arrivée du Tour de France, il y avait une seule zone technique.
10:59En fait, je ne m'intéressais pas du tout à ça, mais pas du tout, du tout, quand j'étais
11:03journaliste.
11:04Or, si vous ne comprenez pas la technique et la logistique, vous ne pouvez pas comprendre un parcours du Tour
11:07de France.
11:08Donc c'était une zone technique qui avait une forme indéterminée, mais elle était unique.
11:12A partir du moment où on est scinde, on peut aller dans d'autres endroits.
11:15Quand on va au Puy-de-Dôme, quand on va au Granon, étape exceptionnelle du Tour il y a 3
11:21ans,
11:21on met un dixième de la zone technique en haut, et les 9 dixièmes ailleurs.
11:25Puis Dôme, un dixième en haut, les 9 dixièmes au circuit de Charade.
11:29Ce qui est évidemment essentiel pour rendre la montagne aux champions.
11:32Qu'est-ce que je veux ? Les champions et la télé en direct.
11:36Ça te va ? Les champions et la télé en direct.
11:38Avant la musique, c'était...
11:39Non, mais évidemment que vous y êtes.
11:41Je n'ai pas oublié mon passé.
11:43Il peut même y avoir la presse écrite et des photographes.
11:45Imaginez un peu, c'est dingue.
11:46Mais ça, c'est un élément évidemment très très important.
11:49C'est-à-dire aller où on souhaite, où on a envie d'aller, où on a envie de faire
11:52le plus possible,
11:54rayonner le Tour de France.
11:56Avant, c'était, il faut que tout passe.
11:57Donc si la caravane ne passe pas, on n'y va pas.
11:59Mais si, on va y aller.
12:00On va aller au granon, et on va même laisser le granon propre.
12:03On est reparti quand la dernière cabine des toilettes était sortie.
12:06Mais bien sûr que chez nous, ça, je vous le dis, c'est la vérité.
12:10Je peux avoir le sentiment de fanfaronner.
12:12On se fait quand même bien engueuler.
12:14Pas par les gens, mais dans notre organisation ou par nos partenaires.
12:17Parce qu'à un moment, ils se sont éloignés de ce qu'on leur propose.
12:21Mais je répète ce que je vous dis.
12:22Ce qui compte pour moi, c'est les champions ou les championnes au sommet, dans un endroit,
12:26et puis la retransmission télé en direct pour que le Tour rayonne dans les 190 pays où il est diffusé,
12:32sur des images de France Télévisions.
12:34Et avec, naturellement, les journalistes de Radio France.
12:36Et d'autres sites.
12:37C'est que j'ai travaillé comme toi dans le public et dans le privé.
12:39Donc, nous sommes des êtres hybrides.
12:43Alors, Céline, il y a des exemples concrets sur le pouvoir d'attractivité du Tour de France.
12:47Je pense notamment à des endroits un peu perdus, un peu déshérités,
12:53que le Tour de France a su mettre en lumière ces dernières années.
12:55Je pense notamment à la planche des Belfilles.
12:58Ça, c'est un exemple concret.
12:59Aujourd'hui, tout le monde peut situer la planche des Belfilles sur la carte de France, ou presque.
13:02Alors qu'il y a 15 ans, c'était un endroit qui était complètement perdu, abandonné, j'ai envie de
13:06dire,
13:07et que le Tour de France a remis en lumière.
13:09C'est ça aussi la force du Tour.
13:11Absolument.
13:12Il y a pour nous une station qui est une station très importante, qui est celle de la Creuse,
13:16territoire sur lequel nous sommes de loin les premiers, la première radio la plus écoutée.
13:21Et la Creuse a eu la chance d'accueillir deux fois, coup sur coup, le Tour de France.
13:26Et je sais à quel point, au fond, ce sont des récits sur les antennes.
13:30Le jour où est annoncé le tracé, dans les semaines qui suivent, à J-100,
13:35toute la semaine qui précède et en réalité dans les jours qui suivent le passage de l'étape.
13:41Et au fond, ce que j'ai constaté dans l'échange avec les directeurs quand on parle du passage du
13:47Tour,
13:47c'est aussi que le Tour va parfois là où, globalement, plus grand monde ne va.
13:53Dans des endroits où, par exemple, on peine à animer une ville ou un village,
14:00soudain, il y a une animation incroyable où se retrouvent les plus jeunes, les plus âgés,
14:06les plus déshérités, les plus riches, et où on arrive à faire société, finalement.
14:13Et peut-être ce que moi, j'ai reconstaté ces deux dernières années à la tête du réseau des radios
14:19locales
14:20à travers le Tour de France, c'est à quel point, au fond, le Tour nous renvoie à une image
14:24d'un pays un peu idéal.
14:26Dans les circonstances agitées que nous traversons d'un point de vue politique au niveau national,
14:31une première chose qui m'a frappée, c'est qu'au départ, à l'arrivée, vous avez les élus du
14:36cru,
14:38par ordre de responsabilité, plus ou moins importante, et tout ça fonctionne, est en ordre de bataille.
14:44Vous avez les autorités aussi, les autorités administratives, vous avez un certain nombre de responsables économiques,
14:50et cette société, elle est en ordre de bataille, elle va finalement pas si mal.
14:55C'est peut-être aussi ça qu'on voit à travers ce passage du Tour de France.
15:00Et puis, vous avez une organisation au cordeau.
15:04On a parlé tout à l'heure du fait qu'il fallait parfois disséminer les différentes équipes sur le territoire,
15:10mais finalement, ça fait de l'animation, ça fait de la joie, ça fait du partage, ça fait de l
15:17'échange,
15:17ça fait y compris des engueulades, saines et sympathiques, quand ça ne se passe pas comme on le voudrait,
15:23mais ça fait... Le mot est un peu galvaudé, puis politiquement, il est parfois utilisé de façon péjorative,
15:30mais ça fait du vivre ensemble, au sens où aussi, chacun a sa place dans cette histoire.
15:36C'est-à-dire que le public, celui qui voit le tour passer devant sa maison et qui l'a
15:41décoré,
15:42il joue un rôle, il a un rôle dans cette histoire, il se raconte aussi dans les jours qui précèdent
15:47que peut-être la caméra va passer sur sa maison, et il s'organise pour ça.
15:51Donc il y a à la fois le public, et encore une fois, quelle que soit sa place pour le
15:55reste dans la société,
15:56il joue un rôle. Il y a évidemment les coureurs, il y a évidemment les journalistes,
15:59il y a évidemment l'organisation, il y a les entreprises, il y a les autorités administratives,
16:03il y a le département, il y a la région. Et chacun est à sa place, en ordre de bataille,
16:09et encore une fois, je pense que c'est aussi une des raisons pour lesquelles ces moments sont si festifs,
16:13parce qu'on se souvient qu'on y arrive tous ensemble.
16:17Christian, vous êtes d'accord avec ce tableau d'une France idéale, traversée par le Tour de France ?
16:25Je veux surtout rebondir, Alexandre, sur ce qu'a dit Céline.
16:28La délégation de la Creuse, je l'ai vue arriver il y a une demi-douzaine d'années,
16:32avec la présidente du département, la remarquable Valérie Simonnet, avec la préfète,
16:37avec des députés et sénateurs de toutes tendances confondues, me disant,
16:41« Monsieur le directeur, ça fait 11 ans que vous n'avez plus traversé le département.
16:45Je sais où on arrive et d'où on part, je n'ai pas en tête la liste des 30
16:50ou 35 départements traversés tous les ans. »
16:52Et là, je me suis dit, « Waouh ! »
16:55C'est aussi un miroir de ce que représente le Tour de France.
16:58Et donc, oui, en effet, ensuite, j'avais ça en tête, pour qu'un jour, dès que ce serait possible,
17:03nous puissions passer chez eux.
17:05On disait, Naguère, « Baisse la tête, tu auras l'air d'un coureur. »
17:09Si, dans la Creuse, si, en Haute-Saône, les gens relèvent la tête parce qu'ils ont retrouvé de la
17:15fierté,
17:15parce que le Tour de France s'est passé chez eux, parce qu'à la radio, le matin, sur ici,
17:19ils ont entendu une fois, deux fois, dix fois le nom de leur commune,
17:22parce qu'ils le lisent dans les journaux, ce nom, parce qu'ils l'entendent à la radio,
17:26parce qu'ils voient la prise de vue aérienne qui sublime leur village,
17:30alors oui, entre guillemets, on sert à quelque chose au-delà de l'organisation pure et dure
17:35d'une simple compétition cycliste. Le Tour, c'est ça.
17:39La planche des belles filles, en fait, on avait hier le débriefing du Tour version du cyclisme.
17:43Le débriefing avec Sixtine Davout, notre directrice de la communication,
17:47débriefing général, il sera la semaine prochaine.
17:49On était au siège de l'Assemblée des départements de France.
17:53Et la planche des belles filles, ça s'est fait là, il y a 20 ans.
17:56C'est-à-dire que notre référent auprès des départements,
17:59aujourd'hui, c'est François Patria, c'est François Sauvadet,
18:03le président de la Côte d'Or qui est président du département de France.
18:05À l'époque, c'était Claudie Le Breton, qui était président de la Côte d'Or,
18:10et le délégué Tour de France, c'était Yves Crattagé, président, à l'époque,
18:13du Conseil général de la Haute-Saône, du Conseil départemental, aujourd'hui.
18:16Il faut que vous veniez en Haute-Saône, vous ne venez jamais.
18:18Puis j'avais vu sur les réseaux sociaux la cyclo des trois ballons.
18:21Et tout le monde disait que l'ascension vers la planche des belles filles,
18:23c'est ce qu'il y avait le plus dur dans les Vosges.
18:25Les Vosges, c'est la légende du Tour de France, c'est le Ballon d'Alsace dès 1905.
18:28C'est en fait le premier sommet dans l'histoire du Tour de la troisième édition.
18:31Mais bon, ça ne fait plus de différence, aujourd'hui, le Ballon d'Alsace.
18:34Donc, on va voir, etc.
18:35Et il y avait un plan de développement global de cette toute petite station
18:40qui était, à l'époque, il y a une douzaine d'années, la seule station de ski.
18:44On y skie plus souvent, mais on y skie encore parfois du département de la Haute-Saône.
18:48Et donc, ils avaient la volonté de développer le tourisme là-bas.
18:52Parce qu'il faut que ça...
18:53Ce n'est pas simplement avoir le Tour pour avoir le Tour pour un élu, à mon sens.
18:57Il faut que ça s'insère dans un projet global.
18:58C'est comme ça que la planche des belles filles est venue.
19:00On y est allé en 2012.
19:02Pour nous, sportivement, on a vu l'ordre.
19:05L'ordre de la planche des belles filles, c'était l'ordre du Tour sans écart.
19:09C'est la première victoire de Chris Froome.
19:11Wiggins, c'est en jaune.
19:12Tous ceux qui sont juste derrière vont gagner le Tour de France dans les années qui suivent.
19:15Et à chaque fois, c'était comme ça.
19:16Mais un an plus tard, en 2013, je lis dans la presquettine régionale,
19:21le Tour n'a rien apporté à la planche des belles filles.
19:24Et en fait, c'est la récurrence.
19:26C'est-à-dire le fait de revenir un nom phénoménal, la planche des belles filles.
19:30On est anglais, on est allemand, on est espagnol.
19:32La planche des belles filles, ça sonne.
19:34Les pentes, les pentes hyper raides.
19:36Le fait qu'avec Yves Cratinger, on ait pu justement imaginer l'avenir.
19:40Se dire, tiens, il y aura un contre-la-monde.
19:42Ça, c'est le coup de bol total.
19:43Le Tour de France se joue à la veille de l'arrière finale en 2020 sur la planche des belles
19:47filles.
19:47Je pensais à Louis Pasteur, qui est d'un peu plus loin de Besançon.
19:50Mais on était, Yves Cratinger et moi, en train de faire les 100 pas dans la salle d'interview du
19:55Tour.
19:55Là où les journalistes allaient se retrouver quelques minutes après à la fin de l'étape.
19:58En se disant, ce n'est pas possible.
19:59Ça ne va pas se produire ici, ça s'est produit là.
20:02On est allé ensuite plus haut, pour celles et ceux qui suivent le Tour de France.
20:06Plus haut, ce n'est pas goudonné, etc.
20:07On arrive tout en haut de la montagne.
20:09Parce que je lui disais, mais on ne peut pas monter là-haut.
20:11Et on l'a fait.
20:12Donc, à chaque fois, on a inventé quelque chose d'autre.
20:14C'est comme ça qu'on a pu revenir.
20:15Et oui, en effet, quand dans la Haute-Saône, en fond de vallée, touchée fortement par le chômage,
20:22les gens voient arriver des cyclos belges, hollandais, britanniques, australiens, à fort pouvoir d'achat.
20:27Oui, en effet, ils relèvent la tête et ils sont fiers.
20:31Alors, la force du Tour, Christian, aussi, c'est d'aller dans les mégapoles, dans les grandes villes,
20:35mais aussi dans des communes de 300-400 habitants.
20:38Comment faites-vous pour aller, je ne sais pas, à Sarran, à Castelnau-Mahognac ?
20:44On en a parlé il y a deux ans.
20:46En fait, on est parfois très surpris.
20:49Dans le Sud-Ouest, par exemple, on veut savoir si, a priori, on peut faire un départ d'étape.
20:55Il faut savoir simplement s'il y a un foirail.
20:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans les villes moyennes, il y a souvent plus de place que dans
21:00les grandes villes.
21:01Et puis, les gens des tout petits villages, il y a 20 ans, c'était le Tour qui signait, ISO
21:05qui signait, avec une ville.
21:07Aujourd'hui, on signe avec la commune, la communauté de communes, la ville, l'agglo et le département.
21:12Souvent, il y a trois signataires.
21:13Ils se mettent à plusieurs pour signer.
21:16Mais s'installer, c'est parfois plus facile.
21:19Aigurand, par exemple, dans le département de l'Inde, jamais j'aurais imaginé qu'on pourrait s'installer un jour
21:23à Aigurugand.
21:24Aigurand nous intéressait pour aller vers le massif central, pour aller faire une étape significative dans le massif central.
21:29Aigurand, on s'installe comme on veut.
21:32Et puis, surtout, quand on est dans une petite commune, les gens donnent tout.
21:37Dans les villages, les gens nous disent, mais vous nous avez fait confiance, mais vous n'aviez pas peur ?
21:41Je dis, moi, les seuls endroits où j'ai peur, c'est dans les grandes villes.
21:44Les seuls endroits où j'ai peur, c'est dans les grandes villes.
21:46Parce que dans les petites communes, ils font tout, absolument tout, pour que ça marche.
21:50Parce que c'est pour eux, ce n'est pas l'événement de l'année, pour eux, c'est l
21:53'événement de la décennie.
21:54Donc, ils se battent pour ça.
21:56Et puis, on a une organisation qui est celle d'une armée en marche,
22:01qui a été mise en place par des militaires, d'ailleurs, il y a 30 ou 40 ans.
22:04Et oui, ça marche relativement bien.
22:06Mais on accompagne les gens, c'est-à-dire que ce n'est pas un carcan.
22:09C'est pour accompagner les gens, leur dire, attendez, on va faire, on sait faire, venez avec nous.
22:15Le Tour de France marche très fort également.
22:18La marque Tour de France marche très fort à l'international.
22:20Vous l'avez dit, Christian, 190 pays diffusent les images produites par France Télévisions chaque été.
22:26C'est la même chose pour le Tour de France Femmes.
22:28Les grands départs à l'étranger.
22:29On en a eu beaucoup ces dernières années, avec le Danemark en 2022,
22:33Bilbao en 2023, l'Italie en 2024, il y aura Barcelone l'année prochaine.
22:37Ça, on peut le dire, ce n'est pas un secret.
22:39Édimbourg en 2027.
22:41Comment expliquer ce pouvoir, cette attractivité du Tour de France à l'international ?
22:45Est-ce qu'on se bat pour avoir le Tour de France dans les pays qui sont nos voisins ?
22:52Oui, alors d'abord, deux choses.
22:54Le premier passage du Tour de France à l'étranger, à votre avis, c'était quand ?
22:581907.
22:58Non, pas toi, tu n'as pas le droit de répondre.
23:01J'ai bon ?
23:02Alors, c'est 1906, mais la première arrivée, c'est 1907.
23:05C'était à Metz, qui était allemande à l'époque.
23:07Donc, en fait, le Tour, à l'époque, c'était une logique complètement différente.
23:10C'est-à-dire qu'Henri Desgranges, le créateur du Tour, voulait dire,
23:12c'est toujours chez nous, jusqu'à ce que les autorités allemandes lui disaient,
23:15t'es bien gentil, mon vieux, mais tu as arrêté d'arriver chez nous.
23:18Mais il était quand même allé jusqu'en 1910.
23:20Et ensuite, c'est Genève en 1913.
23:22Donc, ce n'est pas quelque chose de spécialement récent.
23:25Quand j'étais gamin, le premier grand départ, c'est 1954.
23:28Et quand j'étais gamin, les départs à l'étranger, ils étaient très fréquents.
23:31C'était 73, 75, 78, 80, 82.
23:34La différence fondamentale pour nous Français, c'est qu'à l'époque, c'était en général un Français qui gagnait.
23:37Donc, on regardait plus le résultat que le lieu du grand départ.
23:41Mais oui, non seulement j'assume, mais je revendique les grands départs du Tour à l'étranger,
23:48à la condition absolue que nous allions dans nos villages.
23:51C'est-à-dire partir de l'étranger, dans des capitales, dans les villes précieuses,
23:55toucher davantage de gens et faire rayonner notre pays, faire rayonner la France,
23:59faire rayonner nos villages, leur redonner de la fierté.
24:02Ça, c'est quelque chose d'absolument capital pour moi.
24:04Les gens, parfois, ne comprennent pas ça.
24:06Mais les gens qui sont en bord de la route, ils sont tous français.
24:10Les gens, on est partis en 2014 du Yorkshire.
24:13Pour moi, le Yorkshire, c'était un petit chien.
24:16Et c'est tout.
24:17Nous sommes partis de l'Ids, des foules monumentales,
24:20les noms des peuples traduits en français.
24:23Dans un monde où nous ne respectons plus la langue française,
24:27si tu ne vas rigoler, où on est en franglais permanent,
24:29alors que la langue française est ce qui nous unit et nous unira ou nous perdra demain.
24:35La langue française.
24:37Au-delà de la couleur de la peau, au-delà des urines sociales.
24:40La langue française.
24:41Et en fait, ce sont les nantis comme nous qui, de plus en plus, sont en franglais.
24:45C'est bien d'être en français.
24:46Parler anglais, c'est formidable.
24:47Être en français, avec notre langue, la défendre, son autorité.
24:50Les gens, ils viennent chercher le français.
24:53Quand ils veulent le tour.
24:55Nous, on leur envoie une image où on est en franglais,
24:57mais eux veulent le français.
24:59Les noms des peuples à l'île se traduit en français.
25:02Le black swan avait disparu, c'était le signe noir.
25:05Et ces gens-là qui regardent le tour,
25:07qui deviennent amoureux du tour de France,
25:09et peut-être aussi de la France,
25:10ils vont voir Castelomanioac,
25:12ils vont voir Aigurande,
25:14ils vont voir La planche des belles-filles,
25:17Houlou d'Anviel.
25:19Donc ça, c'est absolument capital pour moi.
25:22Donc oui, les grands départs à l'étranger.
25:23Je suis fasciné aujourd'hui,
25:24quand on va à l'étranger,
25:27et ça, c'est récent,
25:28on est reçu par les plus hautes autorités.
25:30On était en République tchèque.
25:32Ils ont eu des élections récentes.
25:35République tchèque,
25:35République tchèque, candidate au tour.
25:37On arrive à Prague,
25:38reçu par le Premier ministre,
25:40donc de l'époque,
25:42il n'y a pas que c'est nous qui s'achète en chevant,
25:43on est le Premier ministre,
25:45la présidente de la Chambre des députés,
25:47donc de l'Assemblée nationale,
25:48le maire de Prague,
25:50le président de la région.
25:52On va déjeuner avec l'ambassadrice de Slovénie
25:55il y a 4 ou 5 mois,
25:57elle prend un coup de téléphone pendant le déjeuner,
26:00il va y avoir une surprise,
26:01le Premier ministre slovène au café.
26:04Le Danemark,
26:06quand le Danemark veut le tour,
26:08le Premier ministre,
26:08Lars Loker à Smyssen,
26:09qui est un fou de vélo,
26:10le prince héritier,
26:11qui est désormais le roi de Danemark.
26:13Il y a des journalistes,
26:14tout ça,
26:14il y a des caméras de TV de Danemark
26:15qui me disent,
26:16mais vous vous rendez compte,
26:17à part le président du CEU,
26:18un chef d'État,
26:18personne n'est reçu comme ça.
26:20Hyper impressionnant,
26:21en lien avec les 59% de parts de marché,
26:24avec des CTMM fous,
26:25parce qu'ils avaient fait,
26:27pour le grand départ,
26:27des plaques d'égout avec le tour.
26:30Et donc,
26:30j'avais un peu de mal à sourire.
26:32Je ferais préférer que ce soit autre chose,
26:33éventuellement un gâteau
26:34avec marqué le tour de France.
26:35Une plaque d'égout qui existe toujours,
26:37c'est-à-dire que vous vous baladez
26:38dans Copenhague,
26:39Roskilde,
26:40ou Valle,
26:41une certaine de villes danoises,
26:43et vous allez trouver,
26:44sur la plaque d'égout,
26:45tour de France.
26:46C'est extraordinaire.
26:47Donc voilà,
26:48c'est dire qu'il y a une envie du tour
26:50qu'on voit partout,
26:51qui est très forte.
26:51Là, je suis en costard,
26:53j'ai la cravate pas loin,
26:54parce que je dîne
26:55avec le ministre d'Espan de Luxembourg ce soir,
26:56avec le grand-duc,
26:57le nouveau grand-duc de Luxembourg,
26:58qui est grand-duc depuis le 3,
27:01donc depuis quelques jours seulement,
27:02veut me remettre là aussi
27:03une candidature de grand départ pour le tour.
27:05Donc en fait,
27:05on a des rendez-vous permanents,
27:07permanents, permanents,
27:07et on est, oui,
27:09je dirais pas qu'on nous fait
27:10la danse du ventre,
27:11mais on a envie de nous voir.
27:15J'avais même un coup de téléphone hier
27:16d'Aurore Amaury me disant
27:20« Christian, on a un contact machin,
27:22qu'est-ce qu'on fait ? »
27:25Aurore Amaury,
27:26et le A de Amaury Sportorganisation,
27:28la soeur de Jean-Etienne,
27:29mon patron.
27:31Donc grand départ du tour à Barcelone
27:33pour les hommes,
27:34grand départ de Lausanne
27:35pour les femmes l'année prochaine.
27:37Céline,
27:37ces grands départs à l'étranger,
27:38est-ce qu'il vous coupe pas un peu
27:40de vos auditeurs,
27:41de votre maillage territorial ?
27:42Justement,
27:43quel est votre regard
27:43sur ces grands départs à l'étranger
27:44qui sont de plus en plus récurrents ?
27:46Alors évidemment,
27:47nos locales ne sont pas associées
27:49de la même manière
27:49à ces départs-là,
27:51quoiqu'elles suivent néanmoins,
27:53parce que c'est le début
27:54de l'histoire
27:55et de l'aventure.
27:56Mais au fond,
27:58moi je trouve très touchant
27:59le fait que des villes étrangères
28:01aient envie d'appartenir
28:02au tour de France.
28:04C'est-à-dire,
28:04il y a encore des gens
28:05qui d'un seul coup
28:06ont envie d'avoir
28:07un petit bout de France,
28:08ont envie d'être français
28:09d'une certaine façon,
28:10ont envie de faire partie
28:12de cette histoire.
28:13Et d'une certaine façon,
28:14la taille aussi
28:15de ces villes de départ
28:16versus les villages,
28:18c'est le coup de projecteur
28:20de que vous soyez grand
28:21ou petit,
28:22finalement,
28:23vous appartiendrez
28:24et vous pourrez participer
28:26à cette aventure.
28:28Donc, à mon avis,
28:29c'est aussi à rebours
28:31un coup de projecteur
28:33sur ensuite
28:34les petits endroits,
28:35les beaux endroits.
28:36Ce qui est frappant
28:36en tout état de cause,
28:38c'est que pour tous,
28:40c'est la meilleure campagne
28:42de l'office de tourisme
28:44qui puisse être rêvée.
28:46Au fond,
28:47pour ces grandes métropoles,
28:48parfois,
28:49comme pour tous ces lieux,
28:51pour certains méconnus,
28:53avant que le tour ne passe.
28:54Et soudain,
28:55l'investissement,
28:57le fait d'avoir accueilli
28:58le départ,
28:59l'arrivée,
28:59le fait d'avoir vu
29:00passer la course,
29:01le fait d'avoir vu
29:02ces images absolument magnifiques.
29:04Vous voyez,
29:04il y a beaucoup
29:05de similitudes entre nous.
29:06Je pensais tout à l'heure,
29:08tu parlais des images
29:09par hélicoptère.
29:10Quand on diffuse
29:11nos matinales
29:12des radios locales
29:13sur France 3,
29:15le matin,
29:16il y a des images
29:16par drone
29:17qui accompagnent
29:17les morceaux en musique.
29:19Il y a des images
29:19par drone,
29:20on écoute la musique
29:22et les titres
29:24sont illustrés
29:25par des images
29:26des plus beaux paysages.
29:27Vous voyez,
29:27toutes ces choses
29:28que nous avons en commun
29:29pour se souvenir
29:30du pays exceptionnel
29:32qui est le nôtre,
29:33pour se souvenir
29:34de sa richesse,
29:35de sa diversité,
29:36du patrimoine
29:37parfaitement incroyable
29:38aussi qui est le nôtre.
29:39En revanche,
29:40en entendant Christian,
29:41je me disais tout à l'heure,
29:41il y a un truc
29:42qui serait mon pire cauchemar,
29:43c'est de faire
29:44un trivial poursuite
29:45spécial géographie française
29:47avec lui
29:47parce que je pense
29:48que là,
29:49personne n'est au niveau.
29:50Tu vas faire rire
29:51des gens
29:51parce que,
29:52qui d'ailleurs
29:53m'a fait faire ça ?
29:53Je ne sais plus
29:54quel réseau social
29:55et en fait,
29:56il faut mettre les...
29:57Il y en a un qui rigole
29:58et alors,
29:59ils disent,
29:59mais finalement,
30:00il n'est pas si bon que ça.
30:01Et alors,
30:01Strasbourg,
30:01ce sont mes racines.
30:03Paf,
30:03je suis à 150 bancs
30:03de Strasbourg.
30:04Je dis,
30:04mais posez-vous
30:05vraiment la question
30:05parce que je sais
30:06où est Strasbourg.
30:09C'est-à-dire qu'en fait,
30:10le truc,
30:10il était décalé.
30:11Ça ne tapait pas
30:13au bon endroit
30:13parce que je vous confirme,
30:14je sais où est Strasbourg.
30:15Donc,
30:16si j'ai mis d'autres villages,
30:17si j'ai des bien placés,
30:18c'est peut-être que là,
30:19j'ai eu de la chance.
30:21Mais ce qui est certain,
30:23c'est qu'à travers le tour,
30:25on redécouvre tous ces lieux,
30:27on redécouvre tous ces villages,
30:28on redécouvre toutes ces montagnes,
30:29on redécouvre tous ces espaces
30:31et au fond,
30:32je pense que de ce point de vue-là,
30:34on a la même ambition
30:35qui est de valoriser justement
30:37et parfois de se sortir un peu
30:40de ce qui peut se passer
30:41dans quelques arrondissements centraux
30:45qui ne résument pas d'abord
30:46ce qu'est ce pays
30:48et ce qu'il vit
30:49et qui d'autre part
30:51ne fournit pas toujours
30:52toutes les solutions
30:53dont nous aurions besoin
30:54alors que la conviction,
30:56c'est qu'il y a partout
30:58des populations,
30:59des gens engagés,
31:01des citoyens
31:02qui ont leur mot à dire,
31:04qui ont envie et besoin
31:05de participer
31:07et de ce point de vue-là,
31:09ce que font les radios locales
31:10et ce que fait le Tour de France,
31:11c'est très en harmonie.
31:14Christian,
31:15j'ai une question
31:16que j'ai envie de vous poser
31:18depuis longtemps.
31:19Est-ce qu'il y a des endroits,
31:19est-ce qu'il y a encore des endroits
31:21où le Tour n'est jamais allé
31:22et où vous rêvez d'aller ?
31:24Il y a plein d'endroits.
31:27Je ne sais pas comment te répondre.
31:28Pardon de te tutoyer.
31:31Mais c'est ce qu'on fait
31:32d'ordinaire, non ?
31:33On a le droit.
31:34Depuis longtemps.
31:36J'avais le rêve
31:37de retourner au Puy-de-Dôme.
31:38Ça a été hyper compliqué.
31:40Ça, c'est fait.
31:41Oui, c'est fait.
31:44J'avais la jalousie
31:46d'arriver à Montmartre
31:47en ayant vu les images des Jeux,
31:49ce qu'on n'aurait jamais pu obtenir
31:50sans les Jeux Olympiques,
31:51bien évidemment.
31:51Et on s'est dit aussitôt,
31:53mon adjoint Pierre-Yves Thouault,
31:55un Breton de Mur de Bretagne,
31:56le pays des galets de saucisses,
31:57était sur place.
31:58Moi, j'étais devant la télé.
31:59On s'est appelés le soir.
32:00Et là, si on n'a pas l'année prochaine,
32:02on n'aura jamais.
32:03Donc, on l'a eu.
32:05Le succès a été phénoménal.
32:07On était morts de trouille
32:08parce qu'il fallait qu'il y ait
32:09au moins autant de monde que je.
32:11Il fallait qu'il y ait une vraie course.
32:13Il fallait qu'il n'y ait pas de chute.
32:14Et quand, en remontant les Champs-Elysées,
32:16juste avant le premier passage
32:17sur Montmartre,
32:17on a vu le ciel noir, la pluie.
32:19On n'avait pas du tout anticipé
32:20que les feuilles,
32:21on savait qu'elles n'allaient pas tomber,
32:22mais que des choses allaient tomber,
32:24des arbres, etc.,
32:25qu'on avait balayés
32:26après l'averse précédente,
32:28mais qui étaient retombés
32:28juste avant le passage des coureurs.
32:30On s'est dit...
32:32Et tout s'est bien passé.
32:33Donc, voilà.
32:36De la discussion, de la rencontre.
32:38Je me souviens des lacets de Montvernier.
32:39Je ne sais pas si vous voyez
32:40les lacets de Montvernier
32:42dans les Alpes-Saint-Jean-de-Maurienne.
32:43Ce sont 18 lacets à flanc de montagne
32:45qui sont extraordinaires.
32:46Quand vous êtes sur l'autoroute
32:47dans le secteur, on les voit.
32:48Moi, j'étais passé 100 fois.
32:50Je n'avais jamais regardé la route devant moi.
32:52Maintenant, je les vois toujours.
32:53Ça, c'était le maire de Foncouverte.
32:55Un salon de l'agriculture.
32:57Salon de l'agriculture.
32:59Essentiel.
32:59Les rencontres.
33:00Salon de l'agriculture.
33:01Vous voyez absolument tout le monde.
33:03Et donc, j'avais dit au maire de Foncouverte,
33:04qui malheureusement a décidé d'aujourd'hui,
33:06il n'y a pas que chose de beau chez toi.
33:06Il me dit, il y a la scène de Montvernier.
33:08Je prends mon portable,
33:09je vois le truc extraordinaire.
33:10On avait d'ailleurs fait un zoom arrière
33:11à la présentation
33:12qui durait au moins 30 secondes.
33:14Il y en a encore.
33:15Donc, il me dit,
33:15mais quand est-ce que tu veux les mettre ?
33:16Je me dis, la prochaine fois.
33:17Il y a plein de choses.
33:19Moi, le fait de ne pas avoir été coureur
33:21ne me manque pas du tout.
33:23Et pourquoi ?
33:24Parce qu'autour de moi,
33:25il y a 8 anciens coureurs.
33:26Parce que l'équipe de Thierry Gouvenot,
33:27de patron des compétitions,
33:28ils sont allés partout.
33:29Ils ont roulé.
33:30Ils ont fait des dizaines de milliers de mètres partout.
33:32Ils ont d'autres copains
33:33qui étaient coureurs cyclistes
33:33qui ont fait la même chose.
33:35On parle aux élus.
33:37On les écoute.
33:37On regarde les réseaux sociaux.
33:38Donc, en fait,
33:39il y a un tas de sources potentielles
33:42de lieux qu'on connaît
33:43ou qu'on ne connaît pas.
33:43De gens qui rêvent.
33:46la boucle autour de Toulouse
33:49il y a 3 mois.
33:50Parce qu'il y a 2 ans,
33:52on a eu 3 étapes de plaines
33:54sans la moindre attaque.
33:55C'est pas possible.
33:56Donc, on a réduit les étapes de plaines.
33:57C'est pas si simple de vouloir la réduire
33:58parce que votre arrivée, votre départ,
34:00les villes, elles sont toujours à la même distance.
34:02Et donc, d'essayer de mettre une côte
34:04ou quelque chose.
34:05Pêche David.
34:06J'avais vu traîner ça sur les réseaux sociaux.
34:08Mais ça s'est fait parce qu'un gamin
34:10a écrit à Thierry Gouvenot en disant
34:11« Mais M. Gouvenot, M. Gouvenot,
34:13il y a une côte à côté de chez moi,
34:15à la côté de l'hôpital.
34:16C'est un truc de dingue. »
34:17Il faut le faire.
34:17Ça s'est fait vraiment comme ça.
34:19Donc, en fait, on a des gamins,
34:20ça me fait penser à moi, enfant,
34:21qui nous envoient le parcours du tour,
34:233 semaines de parcours du tour,
34:24tous les ans.
34:25J'ai même eu un gars,
34:27c'est un souvenir formidable,
34:29c'est quelque chose qui vit toujours.
34:30Un petit gars qui m'avait écrit,
34:32il y a 15 ans,
34:34en me disant
34:35« Je rêverais de travailler avec vous. »
34:37Et je lui ai répondu en lui disant
34:39« C'est bien, mais travaille d'abord
34:41ton orthographe. »
34:44Il est aujourd'hui avocat.
34:46Il est avocat.
34:47Il vient sur le tour pendant 3 semaines
34:49comme simple équipier du tour.
34:52Le barreau, d'ailleurs,
34:53lui fait des yeux noirs en disant
34:55« Mais qu'est-ce que tu viens foutre là ? »
34:57« Vous êtes avocat, maître. »
34:58Il vient par passion du tour.
35:00Et aujourd'hui, quand je lui envoie un texto,
35:02c'est moi qui fais attention.
35:07Est-ce que je vois que l'or avance ?
35:10J'ai autre chose, moi,
35:11que je n'ai pas dite.
35:13On fait de temps à autre
35:14un séminaire sur le thème
35:16« Le tour de mes rêves ».
35:17Et j'ai retenu une phrase
35:19qui a marqué au fer rouge,
35:20c'était à l'époque
35:21le fils de Stéphane Bourri
35:23qui est notre patron des lignes d'arrivée.
35:26Certains disent,
35:26vous ne voyez pas qui c'est,
35:27mais vous allez voir très vite,
35:28certains disent qu'il est un bon plat cœur.
35:31Et son fils
35:34m'a dit à l'époque
35:35« Le tour de mes rêves,
35:37c'est le tour qui passe devant chez moi. »
35:40Ce n'est pas le Galibier,
35:41ce n'est pas le Tourmalet,
35:42ce ne sont pas les pavés,
35:43ce n'est pas Montmartre,
35:44ce n'est pas la rue Lapique,
35:45c'est le tour qui passe devant chez moi.
35:46Et là, on se retrouve complètement.
35:49La proximité.
35:50La proximité.
35:51Parler aux gens directement.
35:53Il m'est arrivé,
35:54puisque je suis avec des contacts
35:56avec de très, très nombreux politiques de terrain,
35:59d'être invité pour la percée du vin jaune,
36:01la percée du vin jaune,
36:03dans le Jura, etc.
36:05Un ambassadeur par an, etc.
36:08Certains sourient,
36:11la qualitative,
36:12les preuves qualitatives,
36:13les preuves quantitatives.
36:13Et donc,
36:14j'ai passé un week-end invité,
36:17parlant du tour,
36:18mais avec du temps libre,
36:19à suivre simplement
36:20celui qui était à l'époque
36:22le président du Conseil départemental,
36:24un sénateur désormais
36:25de la Ve République
36:26au physique de sénateur de la 3ème.
36:28Il n'a pas arrêté
36:29de se faire engueuler.
36:31Il n'a pas arrêté
36:33de se faire engueuler.
36:34Sauf que
36:36les gens lui disaient
36:37« Monsieur le Président,
36:38elle engueulait. »
36:39Les gens lui disaient
36:40« Clément,
36:41il s'appelle Clément,
36:41elle engueulait. »
36:44Mais il y avait ce lien.
36:46Au départemental suivant,
36:48personne ne s'est présenté
36:49contre lui.
36:51Personne.
36:52Et donc,
36:52ensuite,
36:52il a été réélu
36:53président du département
36:54puisqu'il n'avait personne
36:55contre lui
36:55dans sa circonscription.
36:57Ce qui compte surtout,
36:59parce que le tour,
36:59c'est tellement plus
37:00que du sport,
37:01ce qui compte surtout,
37:02c'est que le lien existe.
37:06C'est-à-dire que
37:07les gens de chez lui,
37:08d'accord ou pas d'accord
37:09avec ses opinions,
37:09mais ils savent très bien
37:10qu'il parle d'eux
37:11quand il va à Paris
37:12et qu'il les défend.
37:13Dans les Hauts-de-Pyrénées
37:14que j'évoquais tout à l'heure,
37:15François Fortassin,
37:16qui était sénateur,
37:17président du Conseil général
37:18à l'époque des Hauts-de-Pyrénées,
37:19qui a créé les Amis du Tour
37:21au Sénat,
37:21ses obsèques,
37:23ses obsèques dans la petite chapelle
37:28de sa vallée des Hauts-de-Pyrénées,
37:29la vallée de la Barousse,
37:31avec des dizaines et des dizaines
37:34d'élus,
37:35l'écharpe tricolore,
37:36qui descendaient de la montagne,
37:38qui venaient du fond des vallées
37:39pour dire à ce monsieur,
37:40qui était un monsieur
37:41incroyablement bonhomme
37:42et sympa,
37:43« Oui, François,
37:44François Fortassin,
37:45merci,
37:45on savait que quand tu étais à Paris,
37:47tu parlais de nous
37:48et tu nous défendais
37:49et tu nous rendais de la fierté. »
37:50C'est-à-dire qu'il faut un lien,
37:51un lien avec les gens.
37:52C'est beaucoup plus compliqué,
37:53évidemment,
37:54dans les grandes villes,
37:54mais ce lien,
37:55il est capital.
37:57On s'adresse à quelqu'un.
37:59On sait que les gens,
37:59ils parlent de vous,
38:00ils veulent vous défendre.
38:01Et c'est ça qu'il faut retrouver.
38:02Et si le Tour de France,
38:03il permet de retrouver,
38:04je ne suis pas en train de délirer
38:05dans une carrière politique,
38:06rassurez-vous,
38:07mais ce lien-là,
38:08il est capital,
38:09qu'il y ait un lien,
38:09qu'il ne soit pas un truc artificiel
38:12avec un zombie ou je ne sais pas quoi.
38:13Non, les gens,
38:14on le connaît.
38:15Clément,
38:16tu es un as,
38:17tu es une brelle,
38:17tu avais promis ça,
38:18tu ne l'as pas fait.
38:19Oui, Clément.
38:21Il va parler pour nous
38:22et c'est lui qui a été désigné.
38:24Et on comprend mieux
38:25pourquoi le Tour de France
38:25fait régulièrement étape
38:26dans le Jura
38:27depuis quelques années.
38:29Il est du Doubs d'à côté,
38:30donc la dernière fois
38:31que je l'ai vu,
38:31je l'ai laissé
38:33en train de déguster
38:34de l'absinthe.
38:35Moi, il fallait que j'y aille.
38:37Je te raconterai tout
38:38en privé.
38:39Tu t'es bien défilé ce soir-là.
38:41Merci, Christian.
38:42Ça a arrivé, ça a arrivé.
38:45Est-ce que vous avez des questions ?
38:46Peut-être,
38:47parce que je vois que l'heure avance,
38:48il est 10h40 passé.
38:50Est-ce que vous avez des questions ?
38:51Oui, je vois qu'il y a des mains
38:52qui se lèvent.
38:53Alors, est-ce qu'il y a
38:54des micros disponibles
38:55ou comment ça se passe ?
39:00One, two, test.
39:06Bonjour, déjà, merci beaucoup
39:08pour la conférence.
39:09Je me suis régalé.
39:11J'avais une question.
39:12Vous parliez justement
39:13des projets de départ.
39:15Est-ce que ça fait partie
39:18de vos projets
39:19avec les problématiques
39:20que ça peut faire
39:21en termes de décalage horaire
39:22et de logistique ?
39:23Alors, en fait,
39:24vous avez tout dit.
39:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
39:25on ne peut pas le faire
39:26pour des raisons réglementaires.
39:28C'est-à-dire que,
39:29depuis quelques années,
39:29l'Union cycliste internationale
39:33a créé un nouveau règlement
39:35qui fait qu'on n'a pas le droit
39:35de faire plus de 4 heures de vol
39:37et 2 heures de décalage horaire
39:39avant le Tour de France
39:40parce que c'est une compétition,
39:42évidemment, extrêmement exigeante.
39:45Je pense, quoi qu'il en soit,
39:46que s'il y avait une volonté politique
39:48très forte à un moment de dire...
39:51Moi, j'ai travaillé à RFO.
39:53Je ne sais plus comment ça s'appelle, d'ailleurs.
39:54Toi, tu comprends ce que je veux dire.
39:55La première.
39:56C'est extraordinaire.
39:57Le Tour de la Guadeloupe,
39:58c'est absolument phénoménal.
39:59C'est extraordinaire.
40:00L'île de la Réunion,
40:01il suffit de prendre la route normale,
40:02aller vers les Cierques.
40:04Si la hausse, ma fat, Salazis,
40:07ce serait extraordinaire.
40:08Mais aujourd'hui, réglementairement,
40:10nous n'avons pas le droit.
40:11Le Tour a failli partir en l'an 2000.
40:13C'était avant moi
40:14avec Jean-Marie Leblanc.
40:15Il y avait un projet.
40:15A l'époque, c'était Lucette-Michot-Chevry
40:17avec le président qui était Jacques Chirac.
40:19Et donc, il y avait eu
40:20plusieurs voyages d'études.
40:21En fait, ça s'était heurté,
40:22la logistique, là.
40:23C'est-à-dire qu'il fallait
40:24prendre le Concorde.
40:25Mais si le Concorde
40:26avait dans ses soutes les vélos,
40:28l'avion était obligé
40:29de s'arrêter aux Açores,
40:30donc on perdait tout le temps, etc.
40:32Et puis après,
40:32il y a eu l'accident du Concorde.
40:33Donc, il n'y a pas eu de suite.
40:35Mais j'ai régulièrement
40:35cette question-là
40:36qui est une question
40:36tout à fait légitime.
40:38Et je dis juste la règle,
40:40mais je me défausse un peu
40:41en disant ça.
40:41Cela dit,
40:42on n'a pas aujourd'hui
40:43une candidature
40:46en bonne et due forme.
40:48Je n'ai pas rencontré
40:48les autorités des Antilles
40:50de la Réunion.
40:52On ne va pas aller
40:52beaucoup plus loin.
40:55Oui, il y a assurément
40:57le cadre, le décor
40:58qui est essentiel pour le Tour.
40:59Et il y a une passion
41:00pour les cyclistes
41:01qui est impressionnante, bien sûr.
41:04Vous avez parlé
41:06de la Plange des Belles Filles
41:07que vous avez découvert
41:08notamment grâce aux réseaux sociaux.
41:09Donc, à quel point
41:10l'avènement de ces nouveaux médias,
41:11des réseaux sociaux,
41:12ça vous aide
41:13ou vous permet de découvrir
41:14de nouvelles côtes
41:15au moment de faire le parcours ?
41:16Non, c'est juste
41:17un élément de plus,
41:18si tu veux.
41:18C'est vraiment un élément de plus,
41:19mais c'est un élément
41:20qui peut être parfois utile
41:20parce que les gens
41:21ne se rendent pas compte.
41:21C'est-à-dire qu'on va nous proposer
41:22des chemins de chèvre,
41:23on est proposé des chemins
41:24complètement défoncés.
41:27Là, dans les nouvelles arrivées
41:29des tables de tour,
41:30il y a une arrivée
41:30qui n'est pas spécialement haute.
41:31On nous a proposé
41:31d'arriver 4 km plus haut
41:32puis 10 km plus haut,
41:33etc.
41:34Avec toutes les difficultés
41:35de redescendre.
41:36Si vous voulez, par exemple,
41:37quand on est dans les Alpes
41:39où il y a de nombre
41:40de stations d'altitude
41:42où les coureurs
41:43peuvent être logés,
41:44Courchevel,
41:45Maribel,
41:45l'Alpe-de-Hèse,
41:46Tignes,
41:50mais quand tu es en arrivant
41:51en cul-de-sac
41:52et qu'il faut redescendre,
41:53il faut savoir
41:54ce que tu as fait la veille
41:55et ce que tu as fait le lendemain.
41:56Dans notre jargon,
41:57on a des PPO,
41:58des points de passage obligés.
41:59Si tu es déjà arrivé sur le tour,
42:00tu verras PPO,
42:01points de passage obligés.
42:02C'est exactement pareil pour moi.
42:04Je sais que j'ai un PPO
42:05dans 3 ans, par exemple.
42:07Je sais d'où on va partir,
42:08mais je sais aussi
42:08que la 10e étape,
42:09je veux qu'on aille là.
42:10Il faut que l'étape d'avant
42:11et l'étape d'après
42:12soient compatibles avec ça.
42:14Lorsque nous avons fait
42:15une arrivée au Galibier,
42:16la seule de l'histoire,
42:17en 2011,
42:18donc 1911-2011,
42:19centenaire du premier franchissement
42:20du Galibier,
42:21il fallait 3 zones techniques.
42:22Il y en avait une au Lotaré,
42:23la plus importante.
42:24Il y en avait une,
42:25et moi, à l'époque,
42:25je pensais qu'on ferait l'arrivée
42:26au tunnel.
42:27Je ne sais pas si vous voyez,
42:28mais le sommet du Galibier,
42:31c'était par un tunnel
42:32jusqu'à il y a une quarantaine d'années,
42:33à 2.556 mètres,
42:35et après,
42:35c'est passé au-dessus de 2.642.
42:36Il a fallu qu'on utilise,
42:37tu avais quasiment
42:38que les caméras en haut,
42:39avec un quart,
42:39à 2.642.
42:40Ensuite,
42:41tu avais une autre partie
42:41à 2.556,
42:42et la troisième partie
42:44au col du Lotaré.
42:46C'est hyper compliqué.
42:48Laurent,
42:49Eric,
42:49est à la fois ravi
42:50parce que c'est toujours
42:50les meilleures audiences,
42:51mais sa production dit,
42:52enfin,
42:52Laurent,
42:53Eric,
42:53laisse pas faire ça,
42:53etc.
42:54C'est compliqué,
42:55c'est dangereux,
42:56on va tout planter,
42:57il n'y aura pas d'image.
42:58Bref,
42:59mais tu as toujours
43:00cet équilibre-là,
43:01comme un vélo,
43:01à trouver.
43:02Quelle était ta question ?
43:03Je suis parti là-dessus,
43:03je m'en bats là.
43:05Ah oui,
43:06les réseaux sociaux.
43:07Oui,
43:07c'est un élément parmi d'autres,
43:08mais c'est un élément
43:08important,
43:09évidemment.
43:10Mais moi,
43:10ce que j'adore,
43:11mais c'est mon grand âge,
43:11c'est que j'ai 64 ans,
43:12c'est quand justement,
43:13tu as un gamin
43:14qui t'envoie un truc écrit
43:15au stylo avec des feuilles
43:17qui te colle
43:20les profils
43:20des ascensions,
43:23c'est phénoménal.
43:24Donc oui,
43:24bien sûr,
43:25ça aide,
43:25mais pas plus que la connaissance
43:27de Thierry Gouvenoux.
43:28Tu imagines bien,
43:29Thierry Gouvenoux,
43:29il est Normand de Vire,
43:30l'étape de Vire,
43:31qu'il avait en tête depuis longtemps,
43:33il n'a pas eu besoin
43:34de beaucoup d'aide,
43:34encore que ça n'est même pas vrai,
43:36puisqu'il est allé voir
43:38Guillaume Martin
43:39qui était un peu plus loin.
43:43La seule chose
43:43que je sache faire,
43:45c'est être journaliste.
43:46Le journalisme,
43:46les métiers de ma vie,
43:47je suis devenu journaliste
43:48grâce au Tour de France
43:48à travers le Tour
43:49en l'écoutant à la radio
43:51sur France Inter,
43:52en moyenne,
43:53avec Jean-Paul Brouchon,
43:53Emile Toulouse,
43:54notamment à l'époque.
43:57Le Tour,
44:01ce géant,
44:02écouter le Tour
44:03m'a donné envie
44:04d'être journaliste.
44:05J'ai voulu commenter
44:06le Tour.
44:07Je suis devenu journaliste,
44:08j'ai eu cette chance-là
44:08à la radio,
44:09radio qu'on a bien connue,
44:11et ensuite à la télévision.
44:12Puis après,
44:12un jour,
44:12on m'a demandé
44:13d'être directeur du Tour.
44:14Donc,
44:16tout est lié à ça.
44:17L'immense chance que j'ai,
44:18le privilège que j'ai,
44:22c'est de faire
44:23ce qui m'a toujours rêvé.
44:24J'ai toujours rêvé
44:25pas d'être directeur du Tour,
44:26je n'ai pas rêvé
44:26d'être directeur du Tour,
44:27j'ai rêvé de commenter
44:28le Tour de France.
44:28Parce qu'il y a
44:29une différence fondamentale
44:30entre lui et moi.
44:33Et tu sais ce que c'est ?
44:35Ce sera le mot de la fin.
44:36C'est le foie.
44:38Parce que je ne savais pas
44:39quand j'étais journaliste
44:40à quel point le foie,
44:41F-O-I-E,
44:43était essentiel
44:44pour la tâche
44:45que j'allais avoir
44:46à mener à bien.
44:47Parce que quand tu es
44:47à Saumur,
44:48à 7h31,
44:50quand on te sert
44:50ton premier verre de blanc,
44:52ton premier verre de rouge
44:53à 7h34,
44:54que tu as 10 généraux
44:55du cadre noir devant toi,
44:56que tu vas faire
44:57la matinale
44:58pour ici France Bleu
44:59à l'époque
45:00et qu'une caméra
45:01de France Télévisions
45:01te suit toute la journée,
45:02tu te dis
45:02la journée va être longue.
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