- il y a 2 jours
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00:06:39C'est pas un menuisier que t'aies dit de faire ça.
00:06:40Non, c'est une amie.
00:06:41Ah bah alors y'a vite.
00:06:46Ça vous a de respirer le bois, c'est comme nous, c'est vivant.
00:06:48Si tu l'enveloppes dans un truc qui laisse pas passer l'air, le bois, lui, il va respirer.
00:06:51Et en respirant, c'est comme nous, il dégage l'humidité.
00:06:54Cette humidité se condense sur le plastique et comme l'air ne passe pas, le bois soit est pourri, soit
00:06:58est de gondole.
00:06:59Je te parle d'espérance parce qu'un jour, il y a un con qui m'a dit d'emballer
00:07:01à la table de ma grand-mère.
00:07:02Quand elle est sortie du plastique, la table, c'était plus une table, c'était des montagnes russes.
00:07:06Ah bah dis-donc.
00:07:11Ah bah à coup je te remercie beaucoup, c'est vraiment gentil de me dire ça.
00:07:14Ah bah je t'en prie, c'est normal.
00:07:18Monsieur, j'ai un souci, je vous ai pris ces 10 mètres de plastique, mais en fait je viens de
00:07:21me rendre compte que c'était pas une bonne idée.
00:07:23Ça y est, il fallait y penser avant parce que maintenant c'est coupé, c'est coupé, je peux pas
00:07:25vous l'en prendre moi.
00:07:26Je vais pas passer aux caisses.
00:07:27Non mais ça n'a rien à voir, puisque je vous dis qu'il est coupé.
00:07:31Il va falloir rester presque rien sur votre rouleau.
00:07:35A la limite je veux bien vous acheter la chute, et puis ça ce sera le rouleau, voilà.
00:07:37Mais j'ai déjà vendu la chute.
00:07:39Et puis comme c'était une chute, ben j'ai facturé au tarif chute.
00:07:42C'est enregistré.
00:07:43Quand il reste 10 mètres sur un rouleau, on peut pas vendre 1m20 au tarif chute, vous comprenez, c'est
00:07:47logique.
00:07:48Oui, c'est logique.
00:07:52Ou alors il y a une autre solution.
00:07:54La chute je l'ai vendue à une dame avec un manteau rouge cerise.
00:07:58Plutôt framboise.
00:08:03Si vous me la ramenez, j'annule son ticket au tarif chute.
00:08:06Je lui refacture au tarif normal, et vous lui payez la différence.
00:08:10Je reprends les 10 mètres, j'annule votre ticket, et puis comme ça tout le monde est content.
00:08:16Elle est partie au rayon électricité.
00:08:30Excusez-moi, vous n'auriez pas acheté une chute de plastique, par exemple ?
00:08:33Horreur du plastique.
00:08:45Excusez-moi, madame, je voudrais vous demander un service.
00:08:47Oui.
00:08:48Voilà, j'ai acheté 10 mètres de plastique comme le vôtre, par erreur.
00:08:51Oui.
00:08:51Et je voudrais le rendre, mais comment dire ?
00:08:55Le vendeur ne peut pas me le reprendre parce que vous avez acheté la chute du rouleau.
00:08:57Oui.
00:08:58Et que, donc, il ne peut pas vous avoir vendu une chute s'il en reste 10 mètres.
00:09:01Vous comprenez ?
00:09:02Oui, bien sûr, c'est évident, mais mon mari est vangé là en double fil, et là, je peux
00:09:06moi vous aider, j'ai fait mes cours en courant.
00:09:07Bon, écoutez, madame, on ne peut pas bloquer les caisses comme ça, ce n'est pas possible.
00:09:10Là, il n'y a personne derrière vous.
00:09:11Oui, bien pour l'instant, mais le temps que vous y alliez et que vous reveniez, c'est
00:09:1310 personnes qu'il y aura.
00:09:15Les gens ont qu'à réfléchir avant d'acheter, c'est tout.
00:09:17426 francs, s'il vous plaît.
00:09:18Chec ou carte de crédit ?
00:09:19Carte de crédit.
00:09:22Je vais vous donner ce code.
00:09:32Vous ne l'avez pas retrouvée ?
00:09:33Non, mais j'ai eu l'idée, vous annulez le ticket de la dame au tarif.
00:09:35Je suis le coup, vous me le refacturez au tarif normal et je paie la différence.
00:09:37Si vous n'avez pas trouvé la cliente, c'est qu'elle est passée aux caisses et aux caisses.
00:09:40S'ils l'auront enregistrée au tarif de chute, moi, je n'y peux rien.
00:09:45Vous trouvez ça chouette ?
00:09:47Oui, c'est très joyeux.
00:09:49Vous avez dit ça pour me faire plaisir ?
00:09:51Non, je vous assure, c'est un rôle de limite psychanalique.
00:09:54Alors, en fait, voilà ma question.
00:09:57Si un jeune entre dans ma cuisine, est-ce qu'il va se dire « putain, elle est branchée ?
00:10:01»
00:10:02Moi, je me le dirai certainement.
00:10:04C'est génial.
00:10:16Oh, mais je suis en colère, j'aurais pu vous aider.
00:10:18Je ne sais pas où est passé mon mari.
00:10:19Ils ont dû l'obliger à circuler, c'est insupportable.
00:10:23On ne retrouve plus sa place qu'une part, c'est ça que ça veut dire.
00:10:25On paie et on n'a plus sa place.
00:10:28Vous voyez, on en vient bizarre, à peine humain.
00:10:30Si il fallait cette histoire des voitures, je vous aurais rendu service.
00:10:33Non, mais ce n'est pas grave, je n'avais qu'à réfléchir à mon âge.
00:10:35Mais on ne réfléchit plus.
00:10:36Comment voulez-vous qu'on passe du temps à réfléchir sur un morceau de plastique
00:10:39avec toutes les aurores qui se passent sur cette terre ?
00:10:42Cela dit, ça peut toujours faire bien.
00:10:44Moi, j'en utilise beaucoup, beaucoup pour stocker mes meubles qui sont dans la cave.
00:10:47Elle est humide.
00:10:49Ben là, vous me soulagez.
00:10:50C'est pour ça que je l'avais acheté, mais là, dans les rayons, je rencontre un ami,
00:10:52il me dit que le bois respire et que le plastique, justement, c'est très mauvais pour la respiration du
00:10:56bois.
00:10:57Comment ça ?
00:10:58Parce qu'il dégage de l'humidité à l'intérieur et comme l'air ne fait d'être plus,
00:11:02soit il gondole, soit il pourrit.
00:11:04Alors là, c'est ma mère qui va être ravie si j'ai gondolé sa table.
00:11:06Je suis désolée.
00:11:07Oh, mais pas du tout.
00:11:08Au contraire, vous me rendez service, gondolé ou pourri.
00:11:12Je vais encore vous embêter.
00:11:13Ça vous ennuierait si je vous donnais mon numéro de téléphone.
00:11:15Vous pourriez me dire ce qu'il en est avant que moi je...
00:11:17Ah, mais pas du tout.
00:11:17Donnez-le-moi au contraire.
00:11:19Hypothèse, vérification par l'expérience et nous sommes en pleine science.
00:11:22Là, c'est passionnant.
00:11:28Merci.
00:11:28Vous voyez, on ne se parle jamais assez.
00:11:31Ah, excusez-moi.
00:11:32Bon, alors, on fait comme ça.
00:11:33Je vous appelle.
00:11:39Qui était-ce ?
00:11:40Une folle qui m'a fait chier avec une histoire de plastique qu'elle me laisse faire rembourser.
00:11:44Bref.
00:11:45Ça prend rien à ce que tu racontes.
00:11:46Laisse tomber.
00:11:47Tu avais l'impression que c'était quelqu'un que tu connaissais ?
00:11:49Vous étiez en pleine conversation.
00:11:50Écoute, j'étais là comme un piquet, alors autant parler.
00:11:52Tu n'as pas un reproche ?
00:11:54Il ne manquait plus que ça.
00:11:56Dis-moi.
00:12:00Tu n'es jamais descendu dans la cape pour voir ce qui se passait du côté des meubles ?
00:12:02Tu crois que j'ai que ça va faire ?
00:12:04Est-ce que j'ai dit ça ?
00:12:05Non, mais j'avais l'impression que tu me le reprochais.
00:12:08Mais tu es paranoïaque.
00:12:09Pas sur l'armarque, allons à l'essentiel.
00:12:11Pourquoi tu me poses cette question sur les meubles ?
00:12:12Parce qu'on les a emballés sous du plastique.
00:12:14Oui, mais alors ?
00:12:15Alors, le bois respire, figure-toi.
00:12:19Certes.
00:12:20Je crois que ça te passionne.
00:12:21Non, ça ne me passionne pas.
00:12:23Et moi, tu crois que ça me passionne ?
00:12:24Peut-être pas, mais toi, tu y penses, tandis que moi, je n'y pense pas.
00:12:27Bon, ce qui prouve ta supériorité.
00:12:29Quelle supériorité ?
00:12:30Tu n'as pas ce genre de basse préoccupation.
00:12:32Elle t'a contaminée.
00:12:33Qui ça ?
00:12:34Ta copine, la cinglée au plastique.
00:12:37Ah, c'est agréable à entendre, ça, tu vois.
00:12:39Enfin, si moi je suis cinglée, j'ai au moins les pieds sur terre et je n'ai pas l
00:12:42'intention de laisser tout pourrir à la cave.
00:12:44On ne laisse pas tout pourrir à la cave.
00:12:47On y a stocké une table, une armoire, je ne sais pas trop quel bidule qui appartenait à ta mère,
00:12:51dont on n'avait rien à foutre.
00:12:53Alors, si tout cela pourrit, c'est une bonne occasion pour appeler une entreprise au débarras.
00:12:57Tu savais que le bois respirait ?
00:12:58Oui, je le savais, mais j'ignorais que sous le plastique, il pourrissait.
00:13:01Maintenant que tu m'en parles, ça me paraît logique.
00:13:03Tout à fait possible, en effet.
00:13:05T'as les clés sur toi ?
00:13:06Oui, je les ai, mais je n'ai pas du tout l'intention de descendre à la cave maintenant.
00:13:08Mais si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais.
00:13:10Ce qui prouve que la question n'est pas fondamentale.
00:13:12Pour toi, peut-être, mais pour moi, elle est fondamentale.
00:13:17T'es en pleine crise phobique.
00:13:19Arrête de cloper, Sophie, s'il te plaît, ça me rend malade.
00:13:22Alors, avant de descendre à la cave, je te conseille d'attendre que la crise phobique soit passée,
00:13:25parce que si les meubles sont pourris, tu vas déprimer, je préfère t'avertir.
00:13:29Est-ce que tu pourrais parler avec un peu plus de modestie ?
00:13:31Oui, je suis extrêmement modeste.
00:13:34Et je vais te le prouver, parce que je sais bien, moi,
00:13:37que même si la table de ta mère n'est pas entièrement pourrie sur son plastique,
00:13:41et que ce n'est pas ça qui va m'empêcher de...
00:13:43Merde, quel con, celui-là !
00:13:45Ne t'énerve pas, c'est toi, Kator.
00:13:46Tu dois être maître de ton véhicule.
00:13:48Sophie, s'il te plaît, ne m'énerve pas.
00:13:52Oh, quelle tête de navet !
00:13:54Ça, il a envie de passer la nuit pour deux éraflures.
00:13:59C'est typique de monomania, puis là.
00:14:03C'est pas très grave, on va pas faire toute une histoire pour un morceau de plastique, quand même.
00:14:07Oui, vous avez raison, excusez-moi, j'ai pas fait attention, ma femme me parlait.
00:14:11Ah, alors...
00:14:13Bonsoir.
00:14:21Bien.
00:14:22Qu'est-ce que je disais ?
00:14:24Tête typique de monomaniaque.
00:14:26Ça va, Sophie, n'enfonce pas le clou.
00:14:29Oui, je disais que même si la table de ta mère n'était pas entièrement pourrie sous son plastique,
00:14:35je sais bien, moi, que ça ne m'empêchera pas de pourrir,
00:14:38parce que je pourris de plus en plus chaque jour.
00:14:39Mes neurones se détruisent.
00:14:41Oui, oui.
00:14:41Voilà, mes cellules se régénèrent de moins en moins.
00:14:45Mais je n'ai pas besoin de m'accrocher à une table en chaîne
00:14:48pour essayer de me persuader du contraire.
00:14:49Je suis un être fragile et périssable, et ça, je le sais.
00:14:54Arrête de cloper, Sophie, s'il te plaît.
00:14:57C'est pour ça qu'ayant peu de temps à passer sur cette terre,
00:14:59j'essaie de me consacrer à des choses plus essentielles.
00:15:03Et c'est ça que tu appelles être moleste ?
00:15:05Eh oui.
00:15:06Moi, je vais te dire, tu te crois malin parce que tu énonces une espèce de généralité
00:15:09que n'importe quel idiot à coup d'un zinc peut dire,
00:15:12je suis mortel.
00:15:13Mais tu ne sens pas ce que tu dis, tu n'éprouves pas ce pourrissement.
00:15:16Tu le penses, c'est tout.
00:15:18Et ta table en chaîne à toi, c'est ton orgueil.
00:15:22Tu penses à ce que tu dis ?
00:15:23Oui.
00:15:24Et je crois bien que je préfère l'angoisse fébrile, humaine donc,
00:15:28de la femme du magasin à ta superbe et inhumaine modestie.
00:15:31Eh bien, tu n'as qu'à vivre avec elle.
00:15:33Tu trouves cette réplique intelligente ?
00:15:35Non.
00:15:36Mais elle est de celles dans les pièces de boulevard
00:15:37qui ont le mérite de déclencher la scène de ménage.
00:15:40Et moi, je préfère ça.
00:15:42Que tu me dises clairement ce qui se cache sous cette histoire de plastique.
00:15:45Quel est le dessous de table entre nous ce soir ?
00:15:47Je déteste les jeunes mous.
00:15:49Particulièrement les miens ?
00:15:50Particulièrement les tiens qui se veulent le pertinent, l'acanien ou je ne sais quoi d'aussi con que ça.
00:16:07Fille-moi les clés.
00:16:08Je vais lui téléphoner.
00:16:09À qui ?
00:16:10À cette femme neuf.
00:16:11Intéressante et curieuse qui veut savoir s'il boit pourri quand il ne respire pas librement.
00:16:15C'est mon portable ?
00:16:15J'ai mon portable.
00:16:16Quand tu seras dans la cave au milieu des plastiques, du bois, des moisissures,
00:16:19si tu as encore le cœur à manger, appelle-moi, je te dirai dans le restaurant de suite.
00:16:30Allô ?
00:16:31Je suis la femme du plastique.
00:16:33Oui, alors voilà, je suis dans ma cave et pour tout vous dire, c'est compliqué.
00:16:36J'ai une table.
00:16:38Le plateau est intact, ni pourri, ni condolé, parfait.
00:16:40Mais les pieds, eux, sont fendus.
00:16:44L'armoire, pour les portes apparemment tout va bien.
00:16:46Mais les planches, elles, sont pourries.
00:16:49Tous les bois ne respirent peut-être pas de la même façon.
00:16:53Vous pouvez peut-être demander à votre amie que vous donniez des renseignements là-dessus.
00:16:58Très bien.
00:17:03Allô ?
00:17:04Allô ?
00:17:05J'ai entendu crier.
00:17:07Allô ?
00:17:09Allô ?
00:17:10Merde, alors.
00:17:11Elle est toute seule dans sa cave.
00:17:13Je ne sais pas où elle habite, je ne sais même pas son nom.
00:17:15Soit elle s'est tordue pied, soit elle s'est fait buter.
00:17:17Oh, Marie.
00:17:19Si elle ne rappelle pas, c'est qu'elle s'est fait buter.
00:17:22Elle était bien, cette femme.
00:17:23C'est rare de nos jours, les gens qui tiennent parole.
00:17:25Attends un peu pour son éloge funèbre.
00:17:30Oh !
00:17:32Ah non !
00:17:35Oh !
00:17:36Oh !
00:17:38Ah !
00:17:39Voilà.
00:17:42Quand ton copain t'a dit que ça risquait de gondoler,
00:17:44tu déposais le plastique n'importe où dans le supermarché
00:17:46et tu passais au caisse avec rien.
00:17:48Mais tu te rends compte de ce que tu me dis ?
00:17:50Bah oui, je ne vois pas où est le problème.
00:17:52C'est une question d'honnêteté vis-à-vis de ce type, c'est tout.
00:17:55Si chacun se fait couper quelque chose
00:17:57et l'abandonne n'importe où avant de passer aux caisses,
00:17:59tu vois le désordre ?
00:18:01C'est l'anarchie, quoi.
00:18:04Chacun pour soi.
00:18:05Tu es citoyenne ou tu n'es pas citoyenne ?
00:18:07Bah oui, je suis citoyenne, justement.
00:18:08Je n'aime pas me faire avoir par les grandes surfaces.
00:18:11Allô ?
00:18:11Allô ?
00:18:12Oui, excusez-moi, la minutrice était éteinte.
00:18:16La minutrice était éteinte.
00:18:17Oui, oui, oui, oui.
00:18:18Alors, on m'appelle ?
00:18:19D'accord, on fait comme ça.
00:18:20On se rappelle, à bientôt.
00:18:23Est-ce que tu m'as fait flipper avec tes histoires de cave ?
00:18:29Je ne me suis pas fait entubée par le magasin,
00:18:30je n'avais qu'à réfléchir avant d'acheter, c'est tout.
00:18:32D'ailleurs, c'est toi qui m'as donné l'idée du plastique.
00:18:34J'aurais dû me méfier de toi plutôt que du magasin.
00:18:36Bon, écoute, tu as l'escabeau,
00:18:38tu essaies de ne pas te casser la gueule avec
00:18:39parce que je ne tiens pas à en être responsable.
00:18:41Et puis, quand on n'en a plus besoin,
00:18:43tu le dépos chez la concierge.
00:18:45Écoute, on ne va pas se disputer pour ça, mais tu comprends ?
00:18:48J'ai été élevée chez les bourges, moi.
00:18:50J'ai fréquenté les écoles religieuses, tout ça.
00:18:52Ça laisse des traces.
00:18:54Il y a des valeurs.
00:18:56Il y a des principes.
00:18:57Ça va, Elisabeth.
00:18:58Je n'ai pas m'oufté tout à l'heure
00:18:59parce que je ne suis pas là pour te donner des leçons,
00:19:00mais quand même, il y a des limites.
00:19:02Tu as disé ta dame pour un morceau de plastique,
00:19:04mais quand il s'agit de faire travailler les gens au noir,
00:19:05alors là, plus d'âme du tout.
00:19:09Bon, excuse-moi de te laisser là-dessus,
00:19:10mais je me tiens parce qu'avec cette histoire d'escabeau,
00:19:13je n'ai pas bouffé depuis ce matin.
00:19:15Ah bon ?
00:19:18Non, j'exagère.
00:19:28Oui, alors, c'est quoi le résultat ?
00:19:30Alors, signons-toi que la salle est de la mer.
00:19:32Les pieds sont fendus et l'armoire de la mienne,
00:19:34les flanches sont pourries.
00:19:36Eh bien, tu vois, c'est comme pour tout.
00:19:37Ça dépend des cas.
00:19:40Tu me rejoins ?
00:19:46Salut, Franck.
00:19:47C'est Franck qui vient d'arriver.
00:19:49Il dit d'un avec moi ?
00:19:50Oui, bien sûr.
00:19:51Il dit d'un avec moi, viens nous rejoindre.
00:19:56Je ne vais pas emmerder Franck avec cette histoire.
00:19:59Je verrai.
00:20:00Je verrai.
00:20:02D'accord.
00:20:05Avec quelle histoire ?
00:20:06Monsieur ?
00:20:07Rapidement, tente avec ta choucroute la même chose,
00:20:10avec un petit guérot.
00:20:13Alors, c'est quoi l'histoire ?
00:20:14Je ne sais rien.
00:20:15C'est Sophie qui me fatigue avec une histoire de table
00:20:17qui est stockée à la cave,
00:20:19avec une armoire aussi sous un plastique,
00:20:21qui gondole, qui ne gondole pas,
00:20:22qui pourrit, qui ne pourrit pas.
00:20:24Et pourquoi un tel gondole ?
00:20:25Et pourquoi une telle gondole pas ?
00:20:26Enfin, bref.
00:20:27Alors, comme tu es décorateur,
00:20:28demande-lui à Franck, il doit savoir, lui.
00:20:31Maintenant que tu es au courant,
00:20:32c'est plus la peine d'en parler.
00:20:34Comment ça va ?
00:20:34Ça va, ça va.
00:20:35Je suis un peu claqué.
00:20:36J'ai passé deux jours au Cameroun.
00:20:38Qu'est-ce que tu as été faire là-bas ?
00:20:39Je ne sais pas te le dire.
00:20:40C'est glauque ?
00:20:43Non, ce n'est pas glauque.
00:20:45Pour choisir du bois pour un client.
00:20:47Il y a des journées qui sont bizarres.
00:20:49Ce type aura à faire toute sa maison avec du lambril.
00:20:51Alors, évidemment, tout ce que je lui propose,
00:20:52c'est trop cher.
00:20:53Il y a des bois qui sont très beaux,
00:20:54mais ils sont pleins d'eau.
00:20:55Alors, tu les poses à la dimension,
00:20:57tu les fixes,
00:20:58et deux mois plus tard,
00:20:59ils commencent à sécher,
00:20:59et comme tu les as fixés,
00:21:00ils se fendent.
00:21:02Évidemment, si tu achètes du tec ou de le koumé,
00:21:04c'est moins cher.
00:21:05De toute façon, ce n'est pas le bois qui est cher,
00:21:06c'est le stockage.
00:21:07Parce que du bois comme ça,
00:21:08qui vient d'être débité, ça ne vaut rien.
00:21:09Il faut le laisser sécher,
00:21:10il faut le laisser respirer à l'air libre plusieurs années.
00:21:12Après, là, tu peux t'en servir.
00:21:14Tu peux le poser,
00:21:15il est sec, il ne se fend plus.
00:21:16Ce type, tu ne peux pas lui faire comprendre ça.
00:21:19Ah, merci.
00:21:23En même temps, c'est un chantier important.
00:21:25Je ne peux pas laisser tomber.
00:21:27J'ai été voir un copain à le doigt là.
00:21:30On va peut-être me trouver une solution,
00:21:32parce que maintenant, on peut précipiter du hélissement.
00:21:34Il n'y a pas du bois qui ne bouge pas ?
00:21:36Non, non, non.
00:21:37Le chêne peut-être.
00:21:38Ou alors le santal, parce que tu bois.
00:21:40Très serré, tu vois, mais c'est hors de prix.
00:21:41Je ne devrais pas manger cette choucroute,
00:21:43parce que je suis énervé,
00:21:43elle va me rester sur l'estomac.
00:21:44Je ne mange pas trop vite.
00:21:45Mais ce n'est pas ça, je suis noué.
00:21:47Je suis noué.
00:21:48Parce que c'est grave ce qui se passe en ce moment.
00:21:50Les gens veulent bien payer la matière,
00:21:51mais ils ne veulent pas payer le travail.
00:21:52Il n'y a plus aucune valeur accordée au travail.
00:21:55C'est une civilisation qui prend l'eau, quoi.
00:22:00Et toi, ça va ?
00:22:01Très bien.
00:22:02C'est un peu difficile en ce moment,
00:22:03parce que à force de mettre la psychanalyse à toutes les sauces,
00:22:07un peu partout dans les médias,
00:22:09il y a du discrédit.
00:22:11Les gens se méfient.
00:22:12Ça, j'ai remarqué, parce que, il y a 10 ans,
00:22:14si tu n'étais pas en analyse, tu es passé pour un con.
00:22:17Maintenant, quand tu es, tu as l'air d'un mouton.
00:22:20Voilà, un mouton, c'est dommage.
00:22:23Enfin, heureusement, il y a encore des gens qui vont tellement mal
00:22:26que, mode ou pas mode, ils ont besoin d'une analyse.
00:22:29Ils le savent et ils viennent.
00:22:31Alors, la clientèle change, mais...
00:22:34On a de moins en moins de patients,
00:22:36mais on a des vrais patients, au moins c'est gratifiant.
00:22:39Des patients qui savent que tout dépend d'eux,
00:22:41et pas de moi, et que c'est comme pour le bois.
00:22:43C'est le temps qui fait la qualité de l'analyse.
00:22:46Des patients qui ont de la patience.
00:22:47Non, regarde ce ventre, regarde mon ventre.
00:22:49Tu vois, je mange, j'enfle.
00:22:52Alors, je garde ces patients-là,
00:22:53et puis, de plus en plus, je complète avec autre chose.
00:22:56Je m'occupe du corps.
00:22:58Parce que, finalement, c'est très lié, le corps et l'esprit.
00:23:01Alors, je me suis formé à l'ostéopathie,
00:23:03j'ai mon cabinet pour l'esprit,
00:23:04et la pièce d'à côté, pour le corps.
00:23:07C'est pas mal, ça.
00:23:09Finalement, tu peux faire basculer
00:23:11ceux qui viennent en analyse vers le massage.
00:23:13Et inversement, non ?
00:23:14Tu plaisantes.
00:23:15On ne touche pas un analysant.
00:23:17Et on ne prend pas en analyse quelqu'un qu'on a touché.
00:23:19Ben, ça, tu vois, je savais pas, ça.
00:23:21Ben, sûr que non.
00:23:25Tu penseras à me passer un coup de fil à Sophie
00:23:28quand t'auras le temps pour la rassurer
00:23:29sur cette histoire de bois ?
00:23:30Oui, c'est dingue, c'est dingue.
00:23:32J'étouffe.
00:23:33J'ai un poids sur l'estomac, non ?
00:23:35Si j'avais su que ça te tenterait,
00:23:37j'aurais pu autre chose.
00:23:37Ben, attends, attends, j'ai pas 5 ans dans la nuit.
00:23:40Je suis responsable de ce que je fais, non ?
00:23:41Certes.
00:23:41Bon, alors voilà.
00:23:42Je me fais du mal, je suis responsable,
00:23:44c'est bien fait pour moi.
00:23:44Oui.
00:23:47Si je dis à Céline que j'ai mangé une choucroute,
00:23:49elle va m'engueuler parce qu'elle veut que mes risques.
00:23:50Moi, je peux toujours lui dire que c'est psychosomatique.
00:23:52De toute façon, c'est psychosomatique.
00:23:54C'est sans doute parce que Céline t'interdit
00:23:55de manger de la choucroute que ça te réussit pas.
00:23:57Tu culpabilises.
00:23:58Non, tu crois ?
00:23:59Oui, on peut le penser.
00:24:02Voilà.
00:24:05Ah, excuse-moi.
00:24:13Qui vous a donné mon portable ?
00:24:19Non.
00:24:21Non, je ne crois pas que ce soit vraiment une bonne idée
00:24:24de vous suicider cette nuit.
00:24:25Tu déconnes, là.
00:24:27Non, tu déconnes.
00:24:28Non.
00:24:30Non, je crois que de toute façon,
00:24:33on est appelé à se revoir bientôt.
00:24:36Oui, vous pouvez m'appeler,
00:24:38mais sur la ligne, chez moi, s'il vous plaît.
00:24:41Voilà.
00:24:41Merci.
00:24:46Mange, mange, mange.
00:24:53Marie a raison.
00:24:54Je suis complètement malhonnête.
00:24:55Je n'aurais jamais dû faire faire les travaux au noir.
00:24:57C'est bien fait pour moi si tout est raté.
00:25:02Non, moi, je suis punie.
00:25:02Il y a une justice.
00:25:03Je paie.
00:25:04C'est très bien.
00:25:05Je n'ai rien de compte qu'à moi-même.
00:25:09C'est très clair.
00:25:10Aïe !
00:25:12Elle ne va pas marier pas une sainte.
00:25:13Elle doit bien avoir des choses à se reprocher, elle aussi.
00:25:18Alors, 38.
00:25:29Je n'ai rien à foutre de cette table.
00:25:34Ça fait 5 ans qu'elle est dans la cave.
00:25:36Mais tout de même, il exagère.
00:25:37C'est sa façon de dire les choses qui m'insupporte.
00:25:41Il m'aurait pris dans ses bras.
00:25:42Il m'aurait dit mon amour.
00:25:43Viens, on descend tous les deux tout de suite à la cave.
00:25:44J'aurais répondu, laisse tomber, ça n'aurait aucune espèce d'importance.
00:25:47Mais il me dit avec son air supérieur, t'es phobique.
00:25:53Est-ce qu'il dirait ça à ses patients ?
00:26:02Sophie a raison, je n'ai pas été correct avec elle.
00:26:04Jamais je ne dirai à un de mes patients que vous êtes phobique.
00:26:07Ce serait une erreur monumentale.
00:26:09Alors, pourquoi est-ce que tu dis ça à Sophie ?
00:26:11Eh bien, parce que Sophie n'est pas ma patiente, mais ma femme.
00:26:14Est-ce que tu peux t'autoriser à dire n'importe quoi à ta femme ?
00:26:17Sophie devrait être contente que je ne la considère pas comme une patiente.
00:26:20Voilà, c'est tout ce que je peux dire.
00:26:25Je crois quand même que je réponds un peu à côté.
00:26:32C'est la raison, je ne dois plus manger le choucroute.
00:26:34Je ne me tiens plus dans mon pantalon.
00:26:40En même temps, Xavier n'a pas tort.
00:26:42C'est peut-être parce qu'elle me l'interdit que ça ne me réussit pas.
00:26:47Pourtant, il faut être juste.
00:26:48Ce n'est pas parce que Céline m'interdit de manger de la choucroute
00:26:50que la choucroute me fait grossir.
00:26:51D'ailleurs, aucune science n'a jamais pu prouver
00:26:53qu'une chose qu'on n'avait pas mangée pouvait vous faire grossir.
00:26:58Eh oui, mais je l'ai mangée.
00:27:17Tu rentres tard ?
00:27:18Eh oui, oui.
00:27:19Tu as dîné ?
00:27:20Non, non, pas encore.
00:27:21Il y a des trucs dans la cuisine.
00:27:22Oh non, non, je fais mon gym.
00:27:23On va partir de demain.
00:27:39On se met là ?
00:27:40Non, désolé, là, ce n'est pas vous-y, ce n'est pas pour huit.
00:27:42Justement, on est cinq, on tient, c'est parfait.
00:27:44Où est-ce que je vais mettre les huit qui vont arriver ?
00:27:45Il y a deux tables qui vont si bien, regardez.
00:27:47Oh, il y a des soleils, ils en sont au café.
00:27:48Non, mais je ne vais quand même pas virer les gens, il fallait réserver.
00:27:50Mais je suis venue à 11h pour dire qu'on serait six.
00:27:52Oui, mais vous ne m'avez pas dix, je réserve pour six.
00:27:53Et puis d'ailleurs, vous êtes cinq.
00:27:55Arrête, Marie, il faut son boulot.
00:27:56Adressez-vous le patron, si vous voulez tout changer.
00:27:58Il sait justement, il est où le patron ?
00:27:59Arrête, Marie, on va au lit d'eau.
00:28:00Ça ira aussi.
00:28:01Non, mais attends, quand même, cette fille a un quotient qui a voisine le zéro.
00:28:03C'est bon, on va au lit d'eau, viens.
00:28:06Mais c'est possible, si tout le monde veut passer en premier, où est-ce qu'on va ?
00:28:08C'est plus gérable, les gens sont odieux.
00:28:09Preuve, il n'y a que...
00:28:38Alors, je vais reprendre là où j'ai commencé.
00:28:40C'est là où j'ai laissé la dernière fois.
00:28:44Je vous disais que je n'arrive pas à me faire respecter.
00:28:51Bon, si je dis quelque chose, il ne conteste pas, il n'argumente pas.
00:28:57Non, ça reviendrait à donner trop d'importance à ce que je suis, à ce que je pense.
00:29:05Non, il soupire.
00:29:08Bon, alors qu'est-ce qu'il faut entendre par là ?
00:29:12Que je l'emmerde ?
00:29:14Voilà ce que je dois entendre dans son soupir.
00:29:18Ou alors, ou alors que je le désespère.
00:29:24Ce n'est pas gai un soupir, c'est même, je dirais, mortifère.
00:29:30On a l'impression de tuer l'autre.
00:29:36Vous, au moins, quand je vous parle, je ne vous entends pas soupirer.
00:29:39Vous écoutez.
00:29:41Je suis sûre que vous m'écoutez.
00:29:46Je suis chez vous et je sens qu'il y a du respect.
00:29:49Et un homme, un jour, à la sortie d'un séminaire, qui m'avait dit
00:29:54« Votre communication était à couper le souffle. »
00:29:59Alors, ça, c'est quelque chose que je n'ai jamais oublié.
00:30:03Et d'ailleurs, je crois que si j'ai couché avec lui,
00:30:06en fait, c'est à cause de ça.
00:30:10Je ne dis pas ça pour vous dire que j'ai envie de coucher avec vous, du tout.
00:30:15Ce n'est pas ça.
00:30:18Enfin, quoi que.
00:30:22Non, si je dis ça, c'est parce qu'on a envie d'exister, quand même.
00:30:26C'est normal d'avoir envie d'exister.
00:30:37Madame ?
00:30:38Si je vous en mets deux, ça fait moins de la livre.
00:30:40Si je vous en mets trois, ça fait un peu plus.
00:30:41Bon, ben, mettez-moi deux.
00:30:43Non, trois.
00:30:44Deux.
00:30:46Deux ?
00:30:46Ou trois ?
00:30:47Deux.
00:30:48Non, finalement, mettez-moi trois.
00:30:50Voilà.
00:30:52Ah !
00:30:53Est-ce que vous avez trouvé une solution pour le plastique ?
00:30:56Non, mais...
00:30:57Ah, je suis plutôt préoccupée par une affaire de rideaux.
00:31:00Alors là, je peux sans doute vous donner un coup de main.
00:31:02J'ai passé ma vie dans les rideaux.
00:31:04Au revoir.
00:31:09Mais c'est passionnant.
00:31:11Bonjour.
00:31:16Non, non, par ici.
00:31:17Excusez-moi, je me trompe tout le temps.
00:31:24J'enlève tout.
00:31:25Bonne habitude.
00:31:27La dernière fois, j'allais lire des bons slips.
00:31:29Oui, très bien.
00:31:30Gardez-nous.
00:31:38Je vais vous laisser vous détendre.
00:31:40Détendez-vous bien.
00:31:43Nous allons prendre notre temps.
00:31:51Dites-moi, vous êtes vivant ou vous êtes mort ?
00:31:55Parce qu'avec tout le silence, parfois, je me le demande.
00:31:59Enfin, là, vous soupirez, ça va, c'est déjà ça.
00:32:04Parfois, j'ai l'impression d'être enfermé avec un cadavre dans un cercueil.
00:32:09Si même je vous entendais respirer, mais...
00:32:12Non.
00:32:14Moi, je viens ici pour vous entendre respirer.
00:32:18Comme quand j'étais petit et que j'étais collé contre la poitrine de ma mère.
00:32:22Elle respirait.
00:32:24Et moi, je respirais avec.
00:32:27J'avais envie de vivre.
00:32:30Dites-moi, vous n'avez jamais pensé entreprendre une analyse ?
00:32:33Pourquoi une analyse ? Je ne suis pas fou.
00:32:35J'ai des douleurs dans le dos.
00:32:37Sinon, je ne serais pas là.
00:32:38Très bien.
00:32:39C'est pas important de libérer son agressivité.
00:32:42Comme ça, si vous êtes bien détendu, je vous ferai moins mal en vous touchant.
00:32:45Asseyez-vous sur le bord.
00:32:47Bien au fond.
00:32:48Tenez-vous bien droit.
00:32:50Retirez vos lunettes.
00:32:54Je suis noué, là.
00:32:55Nous allons vous dénouer.
00:32:57Tournez la tête à droite.
00:33:00Revenez.
00:33:01À gauche.
00:33:03Huit baguettes de bambou noir par fenêtre et du papier Shinto, translucide.
00:33:10Je vous donnerai l'adresse de l'importateur.
00:33:12Si vous voulez plus de lumière, hop, vous tournez les baguettes.
00:33:14On va me voir.
00:33:16À moitié, seulement à moitié.
00:33:18Et vous, vous mettez quoi ?
00:33:20Moi, j'équipais surtout des ambassades.
00:33:22Ça dépendait des pays.
00:33:23Rideau, store, papier, j'ai tout.
00:33:26Ah, maintenant, moi, j'ai mis des stores américains.
00:33:31J'hésite.
00:33:37C'est typique.
00:33:39Le plateau est en chaîne, les pieds sont en être.
00:33:41Normal.
00:33:41Le plateau est resté droit et les pieds sont tordus.
00:33:44Le jour où tu veux t'en servir, tu fais un des pieds en chaîne.
00:33:47Ah, mais je regarde parce que c'est un souvenir.
00:33:49S'ils changent les pieds, c'est plus un souvenir.
00:33:52Oui.
00:33:59Je voudrais te poser une question de confiance.
00:34:01Réponds-moi sincèrement.
00:34:01Oui.
00:34:02Est-ce que tu me trouves gros ?
00:34:04Ah, mais tu t'en as très mal avec moi, je ne regarde jamais les gens comme ça.
00:34:07Il n'y a que la beauté intérieure qui m'intéresse.
00:34:08Oh, tu es simple pour me faire plaisir.
00:34:09Ah, mais pas du tout.
00:34:10D'ailleurs, je ne sais pas si tu es beau intérieurement.
00:34:12Bon, donc je ne t'intéresse pas, je ne suis rien à tes yeux.
00:34:14Mais je n'ai pas dit ça.
00:34:15Sophie, je voudrais que tu m'embrasses.
00:34:18Mais Xavier, tu vois que tu n'es pas beau intérieurement.
00:34:21T'es méchante.
00:34:22Mais je ne suis pas méchante.
00:34:23Et pourquoi j'aimerais bien savoir pourquoi tu me dis tout ça dans la cave ?
00:34:25Parce que c'est intime.
00:34:26La cave ?
00:34:27Oui.
00:34:53Alors, c'est le choucroute.
00:34:57J'ai dit à Céline que j'avais des ballonnements psychosomatiques.
00:35:01Elle était très gentille avec moi.
00:35:03Je dormis comme un ange.
00:35:04C'est le contraire d'Exabier qui a fait des cauchemars toute la nuit.
00:35:06Tu fumes trop ?
00:35:07Non, dans la journée, j'ai à peine le temps de fumer une cigarette entre deux patients.
00:35:10Ah bon, pourquoi ?
00:35:11Tu interdises de fumer ?
00:35:12Non.
00:35:14Mais j'ai eu une patiente, une fille, qui ne fumait pas.
00:35:17Elle a fait un transfert positif sur moi.
00:35:20À la fin de la première année d'analyse, elle s'est mise à fumer aussi.
00:35:23Son analyse est finie, mais j'ai appris qu'elle était à l'hôpital avec un cancer du poumon.
00:35:28Ah oui, ça c'est traumatisant.
00:35:30Mais enfin, elle est responsable de ce qu'elle fait.
00:35:31Certes.
00:35:32Arrête de dire ça, c'est insupportable.
00:35:35Certes.
00:35:35Je préfère ne rien dire.
00:35:38C'est pas peine de soupirer comme ça, des constantations.
00:35:46Où tu vas ?
00:35:47J'ai un rendez-vous.
00:35:48Ah, je descends avec toi.
00:35:50Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
00:35:51Là, je redescends au bureau, j'ai un patient dans cinq minutes.
00:35:53Je vais t'acheter à mon piquet.
00:36:10Le principe, c'est qu'ils arrivent pile à l'heure pour rencontrer personne.
00:36:13Et là, il est en avance.
00:36:14Ah bon.
00:36:25C'est qui Roland Durie ?
00:36:26C'est le pseudo-dénie de Xavier quand il manipule.
00:36:28Enfin, je veux dire la colonne, quand il fait l'ostéopathe.
00:36:30Tu comprends ?
00:36:31Ah oui, oui.
00:36:32Le client là-haut, c'était pour la colonne ou pour la psychanalyse ?
00:36:35Ah, celui-là, je suis dit tout de suite, analyse, je ne me trompe jamais.
00:36:38D'ailleurs, de temps en temps, on fait un jeu avec Xavier.
00:36:40Je regarde arriver par la flèche de l'appart et il me demande
00:36:41la femme à six heures, corps ou esprit ?
00:36:43Corps !
00:36:44Le type à dix heures, esprit.
00:36:46Je me suis trompée qu'une seule fois, c'est tout.
00:36:47Mais à quoi tu vois ça ?
00:36:48Celui qui vient en analyse, il a l'air de transporter sa tête.
00:36:51Celui qui vient se faire masser, il amène son corps.
00:36:52C'est pas du tout, du tout la même allure.
00:36:53C'est sûr, c'est si démon.
00:36:54Et quand tu t'es trompée ?
00:37:01Je vais par là, moi.
00:37:03Oui, c'est passionnant ce que tu me racontes là.
00:37:05Je t'assure, tu me laisses sur ma faim.
00:37:41Bonjour.
00:37:43Bonjour, docteur.
00:37:47J'étais un petit peu en avance, là.
00:37:50Je réfléchissais, je me demandais si je ne devrais pas entamer une analyse.
00:37:54Il faudrait que je prenne un rendez-vous avec votre confrère.
00:37:56Mais balance, maman.
00:37:57Alors, comment ça va aujourd'hui ?
00:37:58Très bien, vous savez, quand je viens ici, c'est pour m'occuper de moi, ce que je n'arrive
00:38:03jamais à faire par ailleurs.
00:38:04Il y a toujours ce petit truc, là.
00:38:07Très bien.
00:38:08Nous allons nous occuper de vous.
00:38:15Vous aimez les plantes, vous aussi.
00:38:18Moi, j'adore les plantes.
00:38:22Allongez-vous sur le dos.
00:38:23Mais je déteste les fleurs coupées.
00:38:31Ma femme change l'eau, cette odeur de pourriture, de cimetière, là, ça m'écœur.
00:38:42Aller sur les choses à un point de vue d'homme.
00:38:45C'est normal, puisque vous êtes un homme.
00:38:47Oui, mais je vois bien ce qu'il y a de péjoratif, là-dedans, pour ma femme.
00:38:52Encore un petit étirement.
00:38:57Je vous disais, je vois bien ce qu'il y a de péjoratif, là-dedans, pour ma femme, un point
00:39:00de vue d'homme.
00:39:01C'est un point de vue égoïste.
00:39:04Vanite.
00:39:04Oh !
00:39:10Ça fait du bien.
00:39:11C'est pour ça, hein ?
00:39:13Repressez-vous doucement.
00:39:19Essayez-vous sur le bord.
00:39:22Prochaine fois, je m'occuperai des dorsales.
00:39:25Elle me regarde, j'ai l'impression d'être un clown blanc.
00:39:30Un clown blanc ?
00:39:31Oui, vous savez, celui qui joue de la trompette en se donnant des airs, alors qu'on voit très bien
00:39:35qu'il a été roulé dans la farine.
00:39:36Les clowns blancs ne sont pas roulés dans la farine ?
00:39:38Dans du talc, si vous préférez.
00:39:41J'ai dit du talc.
00:39:43Vous avez dit du talc.
00:39:45À propos de talc, ça me rappelle, mais déjà tout petit, j'avais la sensation d'être roulé dans la
00:39:49farine.
00:39:50Quand je rentrais de l'école, ma mère, qui avait un amant, ne m'ouvrait jamais la porte.
00:39:55Ce qui fait que j'étais obligé de retourner à la boutique pour aller chercher la clé, ce qui lui
00:39:58laissait le temps.
00:40:00Mais enfin, je ne vois pas pourquoi je vous raconte tout ça.
00:40:03Vos parents étaient commerçants ?
00:40:05Oui, mon père était boulanger.
00:40:08Très bien, vous pouvez vous rhabiller.
00:40:16Ce qui compte, c'est d'être bien dans sa tête.
00:40:19C'est ce qu'on recherche tous, mais est-ce qu'on peut y arriver ?
00:40:21Absolument.
00:40:22Moi, ça fait plus de 30 ans que j'essaie et j'y suis arrivée.
00:40:25Il n'y a pas de chance qu'on se soit certaine, mais de ça, oui.
00:40:28À moi, non.
00:40:30Mais vous m'auriez connue il y a...
00:40:32Deux, presque deux ans, j'étais quelqu'un de très inquiète.
00:40:35Tout me paraissait impossible.
00:40:36Je ne parlais pas de vous, mais de moi.
00:40:38Je ne dis pas certaine du tout d'aller bien dans ma tête.
00:40:42Je vous plains, c'est pas drôle de ne pas être claire dans sa tête.
00:40:48Je sais que les commerçants ont besoin de gagner leur vie,
00:40:51mais je n'aime pas qu'on me prenne pour une éliote.
00:40:53Pardon, madame ?
00:40:53C'est ça que vous appelez un haric coffee,
00:40:55que vous allez nous faire payer 40 francs ?
00:40:59Ah, mais c'est pas un haric coffee.
00:41:01Ah oui, je suis bien d'accord avec vous, c'est pas un haric coffee.
00:41:03Je ne vois pas pourquoi on débourserait 80 francs pour deux verres de glaciaire.
00:41:27Non, non, si on ne s'était pas manifesté, on attendrait encore.
00:41:40Vous m'êtes très sympathique.
00:41:47Non, il n'y a pas besoin d'une commode, par hasard.
00:41:51Euh, non.
00:41:54J'ai tendance à entasser, à stocker même.
00:41:56Mais j'ai décidé de me défaire de tout ce qui m'en compte.
00:41:58Quand je jette, ça me fait beaucoup de bien.
00:42:00Oui, c'est comme si on faisait le ménage dans sa tête.
00:42:03Enfin, comme je dispose de cette commode, j'aurais pu vous la céder.
00:42:07C'est gentil.
00:42:09A priori, non.
00:42:10Merci.
00:42:11Bon, il faut que je vous laisse.
00:42:13Je vais rester.
00:42:14Encore un peu, il faut que je parle au serveur.
00:42:17Mais j'ai votre téléphone.
00:42:33Allô, français des comms ?
00:42:34Bonjour.
00:42:34Je voudrais changer de numéro et mettre le nouveau sur liste rouge.
00:42:37Oui, c'est ça.
00:42:3901 42 22 46 07.
00:42:41Oui, j'attends.
00:42:45Oui, je note.
00:42:4801 56 57 64 12.
00:42:52D'accord.
00:42:52Et ça prend un effet à partir de quand ?
00:42:54C'est parfait.
00:42:55Merci.
00:42:58C'est quoi ?
00:42:59À partir de maintenant, je suis sur liste rouge.
00:43:01Qu'est-ce qui te prend ?
00:43:03Pour être vraiment bien, il ne faut voir personne.
00:43:04Ou presque.
00:43:05Seulement les gens essentiels.
00:43:08Où tu es ?
00:43:09Ah.
00:43:10Tu vois ce que je veux dire ?
00:43:18Il est très beau, ce pantalon.
00:43:20Oui, je l'aime bien.
00:43:23Tu ne savais pas qu'il te plaisait ?
00:43:26Il me plaît beaucoup, beaucoup.
00:43:28Il va très bien.
00:43:42Je te le donne.
00:43:50Décroche, mais fais court.
00:43:55Allo ?
00:43:56Oui, excusez-moi, je suis occupée.
00:43:58Non, je vous ai dit que je n'en ai pas l'usage.
00:44:00Mais faites passer une annonce.
00:44:01Vous se trouverez sans doute quelqu'un qui peut vous la racheter.
00:44:04Non, mais c'est très gentil, la question n'est pas là.
00:44:07Non, moi, a priori, non.
00:44:09Excusez-moi, je suis très occupée.
00:44:11C'est qui ?
00:44:11Personne.
00:44:12Comment personne ?
00:44:13C'est la fille du rouleau de plastique.
00:44:15Elle veut me refiler une commode.
00:44:16C'est à cause d'elle que tu te mets sur liste rouge ?
00:44:18Mais pas du tout.
00:44:20Je lui ai dit non, c'est non.
00:44:21Ah bon, je croyais qu'elle te persécutait.
00:44:24C'est le genre de gens fragiles avec lesquels il faut faire attention.
00:44:27T'invites à boire un verre, tu y vas, il fixe sur toi, tu ne t'en sors plus.
00:44:31Surtout toi, tu ne sais pas dire non.
00:44:32Tu as bien entendu que j'ai dit non.
00:44:34Oui, mais ne te laisse pas envahir.
00:44:35Et surtout, ne la vois pas.
00:44:37Mais cette fille est très bien.
00:44:39Tu vois des cas pathologiques partout, toi.
00:44:42Qu'est-ce qui me dit que tu n'es pas un cas pathologique ?
00:44:45Ce n'est pas parce qu'elle veut me donner une commode qu'elle est folle.
00:44:47Il y a quand même des gestes désintéressés.
00:44:49Tu n'as aucune confiance en moi.
00:44:51Ma parole à moi, tu ne crois pas qu'elle est désintéressée ?
00:44:53Tu es un donneur de leçons.
00:44:55Tu vas ?
00:44:56Je vais là où j'ai envie d'aller.
00:45:00Tu n'as qu'à me faire confiance.
00:45:01Et me dire je panique parce que j'ai rencontré une emmerdeuse,
00:45:04une délirante qui me fait peur.
00:45:06Et je fais couper mon téléphone parce que je n'ai pas le courage,
00:45:08de lui dire en face qu'elle me fait chier.
00:45:10Voilà, un couple, c'est une affaire de confiance,
00:45:12pas une affaire d'orgueil.
00:45:14Ne me fais pas confiance, je ne peux pas faire l'amour avec toi.
00:45:17Je veux bien te réconforter.
00:45:18Je ne veux pas être un médicament contre l'angoisse.
00:45:20Je ne suis pas un godmichet.
00:45:21Je suis un homme, je veux exister.
00:45:22C'est normal de vouloir exister, non ?
00:45:24Vous avez décidément que tu me fais trop chier avec tes tirades.
00:45:27Et voilà.
00:45:28Dès que j'existe,
00:45:30dès que j'essaie d'être moi,
00:45:31alors là, au lieu de me prendre dans tes bras,
00:45:33de me dire que tu m'aimes,
00:45:34que tu veux bien, toi aussi, me réconforter,
00:45:37voilà ce qui se passe, Xavier,
00:45:39tu me fais chier.
00:45:40Eh bien, toi aussi, tu me fais chier.
00:45:42Voilà, tu peux bien accepter
00:45:43toutes les commodes que tu veux
00:45:44de traîner une corde délirante derrière toi.
00:45:46Ça m'est égal, je vais prendre l'air.
00:45:48Mais Xavier, t'en vas pas, je te fais confiance, je t'assure.
00:45:55Excuse-moi, je suis fatigué.
00:46:00Je me mêle de ce qui ne m'en garde pas.
00:46:01Tu fais ce que tu veux.
00:46:04Tu as raison, cette femme est certainement
00:46:06beaucoup moins givrée que moi.
00:46:12Et puis, si cette commode te fait envie,
00:46:16eh bien, pourquoi pas ?
00:46:18Pourquoi pas ?
00:46:30Voilà.
00:46:32Quand on veut donner quelque chose,
00:46:33il faut que ce soit propre.
00:46:34C'est une preuve de respect.
00:46:36Oui, j'y tiens beaucoup, c'est ce qu'on m'a appris.
00:46:39Quand les stores seront posés
00:46:41et que j'aurai donné cette commode,
00:46:43je leur ai l'esprit plus libre,
00:46:44je pourrai enfin refaire des choses plus essentielles.
00:46:48Écrire, par exemple.
00:46:50J'ai une idée de roman.
00:46:52Mais je peux pas commencer à écrire
00:46:53si tout n'est pas rangé.
00:46:56Oui !
00:46:57Est-ce que vous êtes un peu plus libre, maintenant ?
00:47:00Je serai pas longue.
00:47:01Vous m'avez dit non, a priori.
00:47:02Est-ce que vous avez eu le temps de réfléchir ?
00:47:05Oui, bien sûr, c'est tout à fait normal.
00:47:08Si Léla a demandé l'olive,
00:47:08est-ce que je voudrais vous la faire porter demain ?
00:47:10Oui, j'attends.
00:47:14Ah, très bien, ça me fait très plaisir.
00:47:17Donnez-moi votre adresse.
00:47:19Eh bien, parfait, à demain, alors.
00:47:26Finalement, je suis assez content
00:47:27de lui avoir dit oui pour cette commode.
00:47:30De ma façon à moi d'exister à ses yeux,
00:47:34d'accepter de renier mes intuitions.
00:47:37parce que
00:47:39cette femme avec sa commode
00:47:40c'est une obsessionnée, j'en suis certain.
00:47:46Je comprends tout, vous avez.
00:47:47Il est beaucoup plus intelligent et plus fort que moi.
00:47:50J'ai l'impression qu'il est dans mes pensées.
00:47:53Est-ce qu'il a compris que
00:47:55Franck, ce matin, m'avait rangé dans la cave ?
00:47:58Il s'en fout.
00:48:01Je crois que j'existe plus pour lui.
00:48:04Est-ce que j'existe encore pour toi ?
00:48:06Arrête tes conneries.
00:48:07Toi bien, je regarde l'épine-mure.
00:48:14Vous aviez vraiment de la chance
00:48:15de vivre avec Sophie.
00:48:16Céline m'accorde trop d'importance aux apparences.
00:48:27Ça sert à rien de manger des trucs légers
00:48:29si t'en manges le triple.
00:48:35Alors, le beurre, excuse-moi.
00:48:37C'est du beurre frais.
00:48:38Le beurre frais ne fait pas grossir.
00:48:39C'est le beurre fric.
00:48:40C'est pas moi qui me dis de faire un régime.
00:48:42Tu me répètes sans arrêt que t'es trop gros.
00:48:43Moi, j'essaie de t'aider.
00:48:44Maintenant, c'est à toi de voir.
00:48:46Bon, alors, mets-moi un peu.
00:48:48Juste ce qui te paraît raisonnable.
00:48:53Merci.
00:48:54Merci.
00:48:59T'es vraiment méchante.
00:49:03Demain.
00:49:04Enfin, quand j'aurai réglé cette affaire de commode,
00:49:06je me mets sérieusement à écrire.
00:49:19Madame la Présionaire.
00:49:22Thank you.
00:49:23C'est parti.
00:49:27Bien.
00:49:28C'est parti.
00:49:38Qu'est-ce qu'il y a, là ? Ça va pas ?
00:49:41Je me suis fait licencier. Ils m'ont dit de partir et de plus revenir.
00:49:44On peut pas vous licencier comme ça. Vous avez un contrat.
00:49:46Oui, mais c'est un contrat de durée déterminée.
00:49:48Justement, il y a une durée.
00:49:50Jusqu'à samedi, pas jusqu'à samedi. Après, ils veulent plus que je revienne.
00:49:53Ils m'ont dit.
00:49:55Mais qu'est-ce que vous avez fait ?
00:49:57Rien, il y a des gens qui sont pleins, les clients ont un table de 10.
00:50:00Il paraît que je suis pas aimable.
00:50:02A vous ?
00:50:11Tiens, si je donne 20 balles, tu peux aller me chercher à l'éclop au distributeur ?
00:50:13Oui, bien sûr.
00:50:17Tu peux pas te bouger pour aller chercher tes clubs, toi ?
00:50:19Un, deux, trois.
00:50:33Merci.
00:50:33De rien.
00:50:34Ben, pendant que tu y es, dis avec plaisir.
00:50:38Annie, tu t'es fait virer pour quoi de la cantine ?
00:50:40Je vous l'ai dit.
00:50:41Non, mais répète, parce que j'ai pas tout compris.
00:50:43Parce que j'arrivais pas à tout faire et que je m'énervais, alors je faisais connerie sur connerie.
00:50:47J'arrivais pas à prendre les commandes, servir et faire la vaisselle.
00:50:51D'accord.
00:50:52Et nous, on t'a engagé pour faire quoi ?
00:50:56Les dossiers pour les concerts.
00:50:57Voilà.
00:50:58Alors, tu veux un côté ou tu te mets là, tu fais comme tu veux, mais tu fais...
00:51:01Les dossiers pour les concerts.
00:51:03Deux, trois.
00:51:16Excusez-moi.
00:51:19Allô ?
00:51:20Non, là, je peux pas te parler, je suis en répétition, là.
00:51:23Non, non, non, je veux pas, non.
00:51:25Non, j'ai pas envie de me bousiller une main avant l'enregistrement.
00:51:28Mais non, je te dis, non, tu comptes pas sur moi, tu pompes quelqu'un d'autre.
00:51:31Ouais, ben peut-être, mais toi, t'es une emmerdeuse.
00:51:33Ben voilà, ben c'est ça.
00:51:33Ouais.
00:51:34Allez, ciao.
00:51:36Voilà.
00:51:40Voilà.
00:51:43Et voilà.
00:51:45Attention.
00:51:47Ah là là, c'est bon.
00:51:48Vous voulez qu'on a...
00:51:49Oh là !
00:51:51Oh là là là, là là là là.
00:51:53Oh là, il s'est trop bien.
00:51:56Par là.
00:51:57Là, ça va ?
00:51:58C'est très bien.
00:52:01Et bon, ben voilà, c'est fait.
00:52:03On peut y aller maintenant ?
00:52:05Oui, oui, merci beaucoup.
00:52:08Merci, merci beaucoup.
00:52:12Vous m'avez pas dit combien vous en vouliez ? Est-ce que vous avez bien réfléchi ?
00:52:15Oui, j'ai réfléchi, je vous la donne.
00:52:17Ah, merci beaucoup, mais je ne peux pas accepter.
00:52:19Vraiment, ça me gêne.
00:52:20Je suis contente, elle va être bien, là.
00:52:23Et voyez-moi, à votre place, je la mettrai pas là, je la mettrai là.
00:52:26Ah oui, mais je préfère ici parce que c'est juste à côté de la banquette.
00:52:29Quand quelqu'un est assis, il peut poser un verre ou quelque chose, c'est pratique.
00:52:33J'aime pas trop les tables basses.
00:52:34Mais faites attention tout de même parce que le dessus est un marquetrice et fragile.
00:52:37Si le verre est mouillé, ça fait des marques.
00:52:39C'est pour ça que je préférais vous l'acheter parce qu'on sait jamais.
00:52:41Vous me l'avez donné oui, mais moi, je vais pouvoir l'utiliser à ma façon.
00:52:44Oui, bien sûr.
00:52:47Vraiment, c'est pour vous que je disais ça à quelqu'un de s'asseoir là
00:52:49et poser un verre tout mouillé, là, par exemple.
00:52:52C'est pour ça que je préférais vous l'acheter.
00:52:54Oh non, c'est un cadeau.
00:52:55Moi aussi, on boit un verre ensemble de temps en temps, ça suffit à moi de pleinement heureux.
00:53:00Ah, voilà l'objet.
00:53:03Oui, c'est vraiment très commode, je veux dire très pratique.
00:53:07C'est Elisabeth.
00:53:08Je m'en doutais.
00:53:09Bonjour.
00:53:10Vous voulez boire un verre ?
00:53:11Non, merci.
00:53:12J'espère que Sophie n'a pas trop marchandé avec vous.
00:53:14Elle me fait honte même dans les soucs.
00:53:16Non, c'est un cadeau.
00:53:23Ah, vous ne vous inquiétez pas, je crois que l'éponge.
00:53:26Dior.
00:53:30Je crois me souvenir que nous avons une séance demain matin.
00:53:34Je ne crois pas que ce serait une bonne idée de vous suicider cette nuit, non ?
00:53:38Je vous attend.
00:53:39Vous voyez, je crois que j'avais raison, c'est un endroit risqué.
00:53:41Le vin, ça tâche.
00:53:43Je suis vraiment désolée.
00:53:44C'est dommage parce que je l'avais bien ciré.
00:53:46Ma mère me l'a toujours dit, il ne faut jamais rien poser dessus.
00:53:49Elle n'y posait jamais rien, elle.
00:53:51Même pas un vase, juste un buste en bronzé.
00:53:52Encore, elle mettait un apron en dessous pour parier.
00:53:55Ah oui, un buste ?
00:53:56Oui, de mon grand-père, son père, qui était poète.
00:54:00Je suis désolée de te le rappeler, Sophie, mais nous avons un rendez-vous au restaurant.
00:54:03Oh, j'ai oublié.
00:54:04J'ai peur que Céline et Franck nous attendent.
00:54:08Oh, ben, on ne va pas insister pour ce soir.
00:54:11J'ai un produit à la maison, je vous l'apporte demain, je vous montrerai.
00:54:14Écoutez, je suis désolée, il faut vraiment y aller.
00:54:18Juste une dernière chose, excusez-moi, je vérifie.
00:54:23Ah, ah, ah.
00:54:31Je suis désolée.
00:54:32Bon, ben, je vous appelle demain avant de passer.
00:54:34Très bien, au revoir.
00:54:35Merci.
00:54:36Merci bien.
00:54:40Est-ce qu'on va déjeuner ?
00:54:41À nulle part, on les retrouve ce soir au théâtre.
00:54:43Franck veut qu'on voit son décor.
00:54:44Mais alors ?
00:54:44Tu déconnes, là, Sophie.
00:54:46Tu n'as pas fini de la payer, cette commode.
00:54:47Tu vas voir, tu vas payer de ta personne.
00:54:49Mais c'est toi qui m'as dit d'accepter.
00:54:50Oui, je sais, mais ça va être lourd, très lourd.
00:54:53Mais franchement, je ne vois pas.
00:54:54Tu ne vois pas que cette commode n'est pas une commode ?
00:54:57C'est un caveau de famille.
00:54:59Ne confisque pas un caveau de famille.
00:55:01Mais je n'ai rien confisqué.
00:55:02Oui, ben, si un jour, je te retrouve découpé en morceaux
00:55:04dans les tiroirs complètement ficelés,
00:55:05dans des bretelles de soutien-gorge,
00:55:06je ne serais pas étonné.
00:55:07Mais tu sais que tu es un malade mental.
00:55:09Tu es complètement givré.
00:55:11Quelquefois, j'ai l'impression d'être néprosé,
00:55:12mais je sais d'où ça vient.
00:55:13Tu es là, sans arrêt.
00:55:15Tu es complètement paranoïaque.
00:55:17Tu es dangereux, même.
00:55:21Qu'est-ce que tu penses de mon pantalon ?
00:55:23Il me plaît beaucoup, il va très bien.
00:55:30Est-ce que tu veux refaire l'histoire, toi ?
00:55:32Eh ben, non, je n'ai pas envie, là.
00:55:33Ce n'est pas parce que tu baisses ton pantalon
00:55:34que d'un seul coup, le monde va s'arrêter de tourner
00:55:36et que je vais excuser les tortures psychiques
00:55:38que tu me fais vivre.
00:55:39Très bien.
00:55:40Ne fais pas le psychanaliste avec moi, s'il te plaît.
00:55:42Je ne supporte pas.
00:55:43Un jour, c'est toi qu'on va retrouver dans la commode.
00:55:45L'ostéopathe, tu peux le faire avec toi ?
00:55:47Je vois.
00:55:49C'est comme ça que tu me saches ton métier ?
00:55:50Mais je vais te dénoncer, moi.
00:55:53Tu comptes pas te changer avant d'aller au théâtre ?
00:55:55Je ne sais pas, ce n'est pas maintenant.
00:56:02Mais mon pauvre Xavier, t'es un obsédé sexuel.
00:56:20Merci.
00:56:21Je vais juste me laver les mains.
00:56:23Annie, je suis présente, Elisabeth.
00:56:25Bonjour.
00:56:26Bonjour.
00:56:26Alors, vous dérangez pas, je me lave juste les mains.
00:56:30Vous dérangez pas.
00:56:31Il y a des serviettes sous le lavabo.
00:56:32Je vais passer à l'air de la serviette.
00:56:33Plus souple ton poignet.
00:56:40Assieds-toi.
00:56:42Vas-y.
00:56:44Vas-y, j'ai, j'ai, j'ai, j'ai, j'ai, j'ai.
00:56:45Pas grave, mais pour une serviette.
00:56:47Excuse-moi, continuez, faites comme si je n'étais pas là.
00:56:49Faites comme si rien n'était.
00:56:53Je vais réparer ça.
00:56:56En fait, tu joueras peut-être pas des trucs compliqués, on verra bien, mais au moins, tu prendras du plaisir.
00:57:00Je ne suis pas d'accord avec toi.
00:57:01Le plaisir, c'est quand même de très bien jouer.
00:57:03Tu ne peux pas comprendre ça, toi, comme c'est démoralisant, les trucs médiocres.
00:57:07C'est démoralisant, les trucs médiocres.
00:57:08Toi, tu as commencé très jeune, tu as eu un très bon prof, ça t'a encouragé.
00:57:11Ensuite, comme tu es obsessionnel.
00:57:13Enfin, ce qui n'est pas une critique.
00:57:15Tout le monde est névrosé, moi la première, mais enfin...
00:57:17Tu sais, moi je fais ça pour m'amuser.
00:57:18Oui, tu vas voir.
00:57:20Enfin, chacun son truc.
00:57:21Moi, je ne sais pas, mais...
00:57:23J'ai passé ma journée à écrire, je peux te dire que ce n'est pas facile.
00:57:28Je vais arrêter d'ailleurs.
00:57:30C'est démoralisant de se sentir médiocre.
00:57:33Et voilà, c'est tout ce que j'avais à dire en fait.
00:57:35Rien de plus.
00:57:38Bon, moi je vais aller acheter les gâteaux.
00:57:41Qu'est-ce que vous voulez ?
00:57:42Tu fais comme tu veux, tu choisis.
00:57:45Je prendrais bien un jambon-beurre.
00:57:47Ce n'est pas au même endroit.
00:57:48Non, mais il y a un café au coin, je l'ai bu.
00:57:57Je n'ai pas fait de gaffe, j'espère.
00:57:58Si tu es découragée, ce n'est pas la peine de décourager les autres.
00:58:01Je ne suis pas découragée, je vais très bien.
00:58:04D'autant plus que c'est très clair pour moi, je ne suis pas faite pour écrire, c'est tout.
00:58:08C'est très important d'être lucide.
00:58:10J'ai essayé, je n'y arrive pas, je ne vais pas déprimer pour ça.
00:58:13Mais fais attention avec Annie.
00:58:14C'est difficile la contrebasse.
00:58:16Si elle se lance à fond là-dedans et qu'elle n'y arrive pas.
00:58:18Elle va déprimer.
00:58:20Lève-toi.
00:58:23C'est le moment, casse-toi.
00:58:25Casse-toi !
00:58:28T'as une rigidité psychique.
00:58:30Incroyable.
00:58:33Fais-moi quand même.
00:58:34Non, tu ne peux rien entendre.
00:58:36Tu as toujours raison.
00:58:39T'es monseuse.
00:58:40Monseuse et mégalomane.
00:58:43Alors maintenant, c'est très clair dans ma tête, ne plus rien demander à personne.
00:58:46Ne plus rien donner, ne plus rien dire, ne plus rien faire, ne plus rien avoir.
00:58:49Alors là, c'est la paix.
00:58:50S'il y a une chose qui est claire, c'est bien celle-là.
00:59:01Bon sangouille, c'est pas la peine, je m'en vais.
00:59:03Mais il est en train de le faire, t'as qu'à l'emporter ?
00:59:04J'ai pas faim.
00:59:05Tu sais, pour la contrebasse, je pense que tu peux y arriver, je veux très très très bien.
00:59:09Moi, je fais un exemple, elle a raison, j'arrive à rien.
00:59:11Mais non, elle n'a pas dit ça.
00:59:12Elle n'a pas dit, mais elle le pense.
00:59:14Mais comment tu peux savoir ce qu'elle pense ?
00:59:16Elle n'a même pas besoin de le penser, je n'arrête pas de lui dire.
00:59:18Si elle me croit, ça suffit.
00:59:20D'ailleurs, je pense qu'elle a confiance en moi, elle sait que je suis lucide.
00:59:27Tu veux boire quelque chose ?
00:59:28Non, non, je vais y aller, là.
00:59:37Le cognac.
00:59:41Alors, ton sentiment ?
00:59:44La question est, on va dans les loges ou on n'y va pas ?
00:59:46Bon, je vais pas beaucoup aimer la pièce, je vais pas beaucoup les acteurs, mais le décor, oui, c'est
00:59:49pas mal.
00:59:50Bon, on va dans les loges, on pourra lui dire, ça lui fera plaisir.
00:59:52Mais si on rencontre les acteurs, qu'est-ce qu'on va leur dire ?
00:59:54Ça va leur faire de la peine.
00:59:55On n'est pas obligés de leur dire.
00:59:57Et s'ils nous demandent ?
00:59:58On dira qu'on a trouvé ça intéressant.
01:00:01Intéressant ?
01:00:02Non, mais tu les prends pour des idiots.
01:00:04Intéressant, mais c'est ce qu'il y a de pire.
01:00:05Si on me dit que mon travail est intéressant, moi je flippe.
01:00:07Je ne vois pas.
01:00:08Bon, on fait pas l'innocent, intéressant, ça veut dire chiant.
01:00:11Au fond, ça veut dire sans intérêt.
01:00:14Le décor, toi tu dis, c'est pas mal.
01:00:17Moi je le trouve très bien.
01:00:18Comme toi, quand tu dis très bien, on dirait que t'encourages un malade.
01:00:20Tandis que moi, quand je dis pas mal, on entend mon admiration.
01:00:24Tu comprends la différence ?
01:00:27Pas mal ton décor.
01:00:29Non, c'est très bien.
01:00:31Oui, mais enfin, vous avez trouvé ça à chier.
01:00:33Pas du tout, non.
01:00:34C'est très, très, très intéressant.
01:00:36Ah, bon, tu me rassures, j'étais inquiet.
01:00:39Bon, allez, on va dîner, hein.
01:00:42Attendez un instant, vous voyez le type là ?
01:00:45C'est un musicien génial.
01:00:46Il est sur le prochain spectacle.
01:00:48Je le connais, on est à l'école ensemble.
01:00:51Jean-Paul ?
01:00:52Je te laisse.
01:00:53Tu te souviens de moi ?
01:00:55Céline, salut.
01:00:57Ça fait bien dix ans.
01:00:59Des amis, Sophie, Xavier.
01:01:01Bonjour.
01:01:03Excusez-moi, j'ai l'air bizarre, mais je veux pas croiser ce type là-bas.
01:01:06Un décor plus nul, j'ai jamais vu.
01:01:09Moi, je le trouve très bien.
01:01:10Moi aussi.
01:01:11Bon, je file, j'ai un rendez-vous.
01:01:13Au revoir, Céline.
01:01:14Au revoir.
01:01:16Je suis nulle.
01:01:17J'ai pas osé lui dire que Franck était mon mari.
01:01:19Il était très bien, je t'assume.
01:01:21Ce type est prédentieux, c'est vrai.
01:01:25Excusez-moi, il voulait absolument me parler de mon décor.
01:01:28Ils sont tellement opportunistes que quand ils te disent c'est génial, tu sais pas quoi
01:01:30penser.
01:01:31Moi, je préfère ceux qui te disent c'est nul.
01:01:33Oui.
01:01:34Ton musicien génial, là, il trouve que ton décor est nul.
01:01:37Ah bon ? Ça me fait de la peine.
01:01:39Ah non, il faut pas.
01:01:40Il est pas intéressant.
01:01:41Très prétentieux.
01:01:42Vous êtes à même un peu bête.
01:01:43Oui.
01:01:43Oui, oui, mais il n'empêche que sa musique est géniale.
01:01:45Bon, on va manger.
01:02:05Vous m'avez dit, je vous attends demain à 11h et c'est ça qui m'a sauvé, sinon
01:02:08j'y allais.
01:02:09Parce que ma vie, je la trouve complètement ratée.
01:02:12J'aurais voulu faire quelque chose qui vaille la peine.
01:02:14Je voulais être peintre ou écrivain, vous le savez.
01:02:17Résultat, j'ai une galerie qui marche mal et je suis pas fichu d'écrire une plaquette
01:02:20pour les gens que j'expose.
01:02:21Ils me méprisent d'ailleurs.
01:02:22Parce que je prends un pourcentage.
01:02:24Ils se rendent pas compte des frais.
01:02:27Ah, l'autre jour, j'entre dans un café, il y avait deux de mes peintres qui étaient
01:02:30là et qui disaient, t'as demandé à la mackerel ce qu'elle en pense.
01:02:35Et l'autre, la mackerel ne pense pas, elle compte.
01:02:41Mais vous n'êtes pas une mackerel.
01:02:43Ce sont des mots, vous êtes d'accord ?
01:02:45Ce n'est pas votre réalité.
01:02:48Je sais plus quelle est ma réalité.
01:02:52Je vais devoir fermer la galerie, j'ai plus d'argent.
01:02:57Je ne sais pas ce que j'ai de dire.
01:03:00Je ne pourrais même plus venir vous voir.
01:03:18Vous aussi, vous êtes un mackerel.
01:03:21Enfin, on pourrait le dire, non ?
01:03:23À mardi.
01:03:25À mardi.
01:03:35Est-ce que t'en penses, toi ?
01:03:37Je suis un mackerel ou je ne suis pas un mackerel ?
01:03:40Merci.
01:03:43Merci.
01:03:49Merci.
01:04:19Je viens de trouver ça dans la commode.
01:04:22Elisabeth, c'est très clair pour moi, il faut nous séparer.
01:04:25J'espère que c'est clair pour toi aussi, sinon travail pour que ça le devienne.
01:04:28Après dix ans d'analyse, enfin j'y vois clair.
01:04:31Nous nous sommes trompés dès le départ, nous étions aveugles, ne cherche plus à me voir, ne m'appelle plus,
01:04:34fais comme si je n'existais plus, Marc.
01:04:39Qu'est-ce que j'en fais ?
01:04:41Faut lui rendre.
01:04:42Mais c'est atroce.
01:04:43C'est son histoire.
01:04:46Je l'ai envoyée par la poste.
01:04:48Surtout pas. T'imagines si elle trouvait ça une deuxième fois dans son courrier ?
01:04:54Surtout pas.
01:04:57C'est parti.
01:05:27C'est qui ?
01:05:29Sophie, à qui vous avez donné la commode ?
01:05:32Je ne peux pas ouvrir, je suis occupée là.
01:05:34C'est juste pour vous donner quelque chose que j'ai retrouvé dans un tiroir.
01:05:37C'est quoi ?
01:05:39Une lettre.
01:05:41Envoyer-la à moi.
01:05:42Je préférerais la glisser sous votre porte.
01:05:44C'est quoi cette lettre ?
01:05:45C'est signé Marc.
01:05:47C'est ça l'interrupture ?
01:05:48Oui c'est ça.
01:05:49Vas-y c'est ça.
01:05:51Je peux appuyer un instant pour parler ?
01:05:53Je suis en train de s'en parler.
01:05:56C'est toi Tintin ?
01:05:57T'as encore vu tes clés ?
01:05:59Oui.
01:06:00On ne va pas prendre les rognons à la charcuterie ?
01:06:02Très bien, très bien.
01:06:03Et tu prends aussi du museau ?
01:06:06Tu m'entends ? Il n'y a plus de museau.
01:06:08Il a entendu madame, il a entendu.
01:06:10Heureusement que vous êtes là, il me laisserait crier dans le désert celui-là.
01:06:15Je ne vais pas bien là, pas bien du tout.
01:06:17Alors foutez ce truc à la poubelle.
01:06:19Vous voulez que je monte ?
01:06:20Si ça ne va pas, je peux faire quelque chose pour vous.
01:06:23Non, non, ça va.
01:06:29Au revoir.
01:06:49Qu'est-ce qu'il prend, ça ne va pas ?
01:07:03Elle ne va pas bien du tout.
01:07:05Elle est enfermée chez elle.
01:07:08Qui ?
01:07:08La fille à la commode.
01:07:10Elle n'a pas voulu m'ouvrir.
01:07:12Qu'est-ce que tu as fait de la lettre ?
01:07:14Rien.
01:07:15Elle m'a dit de l'acheter.
01:07:17Tu ne l'as pas fait ?
01:07:17Non.
01:07:20Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
01:07:21C'est pour soigner mon géranium.
01:07:27Il est tout sec.
01:07:28Ne touche pas.
01:07:28Je te dis qu'il est tout sec.
01:07:29Oui, ben, tu n'en occupes pas.
01:07:30J'ai quand même le droit d'avoir des affaires à moi.
01:07:32Si tu veux le laisser crever.
01:07:33Ah, puis arrête avec tes trucs de bonne femme de se mêler tout le temps
01:07:35comme si j'étais incapable d'élever un géranium.
01:07:37C'est en obsession à toi de vouloir donner à manger, à boire, donner des conseils.
01:07:42Il n'y a pas de problème, on le laisse crever.
01:07:46Bon, alors, qu'est-ce que je fais avec Elisabeth ?
01:07:49Je lui fous la paix.
01:07:51Mais tu n'es pas gentil, toi.
01:07:52Tu ne vas pas bien.
01:07:53Je vais très, très bien.
01:07:55Ah bon ?
01:08:03Bonjour, madame.
01:08:05Bonjour.
01:08:10Ah, monsieur Tremblay.
01:08:11Bonjour.
01:08:13Alors, c'est Genoux ?
01:08:14Eh ben, je suis votre conseil.
01:08:16J'ai été voir votre confrère diététicien.
01:08:18Oui, vous avez commencé un régime ?
01:08:20Oui, j'ai commencé.
01:08:22J'ai le droit à un oeuf sans sauce, avec de la salade deux fois par jour.
01:08:28Ou alors, un yaourt sans sucre, ou 100 grammes de jambon sans gras, avec un peu plus mousse à midi,
01:08:38et deux biscottes sans sel.
01:08:40Ou alors, de yaourt sans matière grasse à 0% sans sucre.
01:08:45Et je dois boire deux litres d'eau sans bulle.
01:08:48Sans bulle.
01:08:49Vous savez que, on est fait de 80% d'eau.
01:08:53Vous voyez là, l'eau que je veux perdre.
01:08:56Eh bien, on me dit d'en boire pour en perdre.
01:08:58La seule chose que j'aime dans ce régime, c'est les cuisses de dinde.
01:09:02J'ai le droit.
01:09:03Sans la peau.
01:09:05J'aime bien les cuisses de dinde.
01:09:07Oh, il a une jolie couleur, votre géranium.
01:09:10Oui, n'est-ce pas ?
01:09:12Ma mère, elle portait du rouge à lèvres de cette couleur-là.
01:09:15Elle ressemblait un peu à Dalida, ma mère.
01:09:18Quand j'étais petit, elle me chantait, et gratte, et gratte sur ta mandoline, mon petit bambino.
01:09:26Vous connaissez ?
01:09:27La musique est plus jolie que tout le ciel de l'Italie.
01:09:31Ta vie est gratte, et gratte sur ta mandoline, mon petit bambino.
01:09:37Tu peux chanter tant que tu veux.
01:09:40Elle ne te prend pas au sérieux.
01:09:43Je sais bien que tu l'adores, bambino, bambino.
01:09:46Et qu'elle a de jolis yeux, bambino, bambino.
01:09:52Excusez-moi, je viens pour l'ostéopathe.
01:09:55J'ai besoin de prendre un rendez-vous avec lui, j'ai des douleurs dans le dos.
01:09:58Il vient de prendre une urgence, un patient qui souffrait beaucoup, je ne peux pas le déranger.
01:10:03De toute façon, il vaut mieux que vous dissociiez le lieu où vous venez en analyse et le lieu où
01:10:07vous recevez des soins.
01:10:08C'est préférable.
01:10:09Il n'y a pas l'air de beaucoup souffrir, en tout cas.
01:10:11Qui sait ?
01:10:12Qui sait de quelle nature est la souffrance de l'autre ?
01:10:15Je vous donnerai l'adresse d'un autre ostéopathe à la prochaine séance.
01:10:17Au revoir.
01:10:22Il n'y aura pas de prochaine séance.
01:10:24Je considère que mon analyse est terminée.
01:10:27Et gratte, gratte sur ta mandoline, mon petit bambino.
01:10:33Ta musique est plus jolie que le soleil de l'Italie.
01:10:39Ça va docteur ?
01:10:41Oui, très bien.
01:10:42Avant, j'étais gêné, je me suis dit que si le patient de l'analyste était là, que je chantais.
01:10:48Très bien, s'ils vont encore ailleurs.
01:10:50Ne vous inquiétez pas, vous avez du prêt, il ne prend plus de patient.
01:10:54Tenez, reculez-vous bien jusqu'au bout.
01:10:56Appuyez-vous contre moi.
01:10:57Voilà.
01:10:58Croisez les mains.
01:11:00Mettez-les derrière la nuque, comme ça, bien en bas.
01:11:03Appuyez-vous contre moi.
01:11:04Inspirez.
01:11:05Et relâchez.
01:11:07Voilà.
01:11:09Je n'ai jamais osé y aller toute seule.
01:11:11C'est de la faiblesse de caractère.
01:11:14Il faut pourtant bien que je le fasse.
01:11:16Personne ne le fera à ma place.
01:11:17C'est une bonne idée de le faire ensemble.
01:11:19Je le trouve aussi.
01:11:21Il faut faire les choses.
01:11:27Voilà.
01:11:28Merci, madame.
01:11:29Alors, voici votre contrat.
01:11:30Tout est en règle.
01:11:31Je vous remercie.
01:11:33Bien.
01:11:34Alors, comment on procède-t-on ?
01:11:36Allez-y, si vous avez des choses à faire.
01:11:39Allez-y, parce que moi, il me faut toujours beaucoup de temps pour choisir.
01:11:41Je ne vous ai pas demandé.
01:11:43Elle vous plaît, mon urne ?
01:11:43Oui, elle est très simple et de très bon goût.
01:11:45Ah, vous voyez, je suis soulagée de l'avoir fait.
01:11:48Je me sens en règle avec ma conscience.
01:11:50Je ne vous remercierai jamais assez.
01:11:52Bon, ben, reste à financer l'opération.
01:11:54Alors, je vais mettre tout mon fourbi dans le camion.
01:11:56Vous me rejoignez ?
01:11:56Tenez, madame.
01:11:57Voici le catalogue de nos articles.
01:11:58Ah, oui, ça peut intéresser les amis.
01:12:03Je vous laisse, pardonnez-moi.
01:12:04Je vais m'occuper de la dame.
01:12:07Bon, alors, je continue pour vous, madame.
01:12:10Euh, voyons.
01:12:11Ah, oui, celui-ci.
01:12:14Pardon.
01:12:14Celui-ci, c'est notre tout dernier modèle.
01:12:16Sapin français très simple, très discret.
01:12:19Rembourrage mousse de nylon recouvert satin.
01:12:21Vous avez trois couleurs au choix.
01:12:23Bleu, blanc, rouge.
01:12:24Hum, hum.
01:12:25On le décline également avec poignet et vis en bronze.
01:12:27Et garniture molleton au couvert de soie.
01:12:29Pourquoi la soie ?
01:12:30Parce qu'avec la soie, nous avons un éventail de couleurs beaucoup plus chatoyantes.
01:12:34Vous voyez, par exemple, euh, tenez.
01:12:36Par exemple, nous avons, vous voyez, violet, verre amande.
01:12:39Mais le vert, ça porte malheur, non ?
01:12:42Oui, c'est vrai.
01:12:43Celui-ci est un modèle très, très apprécié.
01:12:47Avec option crucifié en cuivre massif sur le couvercle,
01:12:50le poignet et vis en cuivre assorti, bien entendu.
01:12:52Capitonnage de très, très grande qualité.
01:12:54Coussin.
01:12:55Coussin assorti, bien entendu.
01:12:57Et un grand éventail de couleurs.
01:12:59Et surtout de bois.
01:12:59À cage ouvergne, par exemple.
01:13:01Un bois très, très dur.
01:13:03Vraiment très dur et très résistant.
01:13:06C'est un bois qui respire ?
01:13:07Pardon ?
01:13:08Je veux dire, est-ce qu'il se tord ?
01:13:09Est-ce que l'humidité le...
01:13:10Ah non, madame, non, non, il ne se tord pas.
01:13:12Non, tous nos bois sont traités contre l'humidité, bien entendu.
01:13:15Et alors, vous avez le modèle chêne, la forme américaine,
01:13:18avec le crucifié incorporé, si vous le souhaitez,
01:13:20poignet et vis assorti, bien entendu.
01:13:22Et le même choix de garniture que pour le précédent.
01:13:25Celui-là, vraiment, vraiment est parfait.
01:13:27Et très solide.
01:13:29Quasi imputréci.
01:13:31Oui, parce que je veux dire,
01:13:33dans un cercueil, l'humidité, ça vient des deux côtés.
01:13:36Je comprends.
01:13:36Je comprends, madame.
01:13:37Mais cela dit, pour vous rassurer,
01:13:39tous nos cercueils sont étanches.
01:13:41Regardez.
01:13:41Entre le bois et le capitonnage,
01:13:43vous avez une épaisse feuille de plastique
01:13:48qui protège le bois de l'humidité intérieure.
01:13:50Du plastique.
01:13:51Du plastique.
01:13:54Du plastique.
01:13:56Du plastique, du plastique.
01:13:58Du plastique, mais c'est extraordinaire, ça.
01:14:02Alors, il y a une solution à tout.
01:14:04Mais bien sûr, madame, il y a une solution à tout.
01:14:07Je suis absolument ravie.
01:14:12Parce que, d'ordinaire, vous voyez,
01:14:13il n'y a de solution à rien.
01:14:14Mais là, alors là, vraiment, je suis complètement ravie.
01:14:16Le plastique, je l'ai déjà.
01:14:18Au revoir, monsieur.
01:14:23Elisabeth !
01:14:25Elisabeth, c'est Marie !
01:14:30Elisabeth !
01:14:30Qu'est-ce qui se passe ?
01:14:32Rien.
01:14:33Ah, vous êtes une amie ?
01:14:35Euh, non, mais je la connais un peu.
01:14:36Je ne vous comprends pas, elle n'a pas l'air d'être là.
01:14:39Vous l'avez vu au téléphone aujourd'hui ?
01:14:40C'est-à-dire, je suis un peu inquiète,
01:14:42je suis passée ce matin,
01:14:42elle ne voulait pas ouvrir la porte.
01:14:44Elle n'allait pas bien.
01:14:45Ah bon ?
01:14:45Elle vous a dit ce qu'elle avait ?
01:14:46Ah non, mais elle n'allait pas bien.
01:14:48Bon, ben, qu'est-ce qu'on fait, là ?
01:14:50Je n'aurais jamais dû lui rapporter cette lettre.
01:14:52Je ne pense pas que ce soit ça.
01:14:54Je l'ai guérée hier soir,
01:14:55t'aimerais m'énerver.
01:14:57Elle est dépressive ?
01:14:58Pas du tout.
01:15:01Vous m'appréciez, elle vous fait signe ?
01:15:03Oui, on s'y est au courant.
01:15:24Vous êtes sûre que vous n'en voulez pas ?
01:15:25Pas de regret.
01:15:26J'en avais une.
01:15:27Je m'en suis débarrassée.
01:15:28C'est quel genre de commode ?
01:15:30Marqueterie, fin du 19 yens.
01:15:31Oui, ça se vend bien, hein ?
01:15:32J'ai donné.
01:15:33Vous avez eu tort, vous auriez pu en tirer 15, 20 milles.
01:15:37Vous laissez, je ramasserai.
01:15:40Oh, cette lettre !
01:15:41Mais je les cherche tellement souvent,
01:15:43impossible de mettre la main dessus.
01:15:44Vous pouvez la garder, pour moi, ça ne vaut rien.
01:15:46Ah ben tant mieux, pour moi, elle vaut beaucoup.
01:15:50Je vous remercie.
01:15:52Merci bien.
01:15:55Ma chérie,
01:15:57mon doux petit corps de soie et de velours.
01:16:00Il pleut sur Douaumont.
01:16:03Personne n'a bon moral dans nos maudites tranchées.
01:16:06Jacques est mort hier soir dans mes bras.
01:16:09C'est pour ça que moi aussi, aujourd'hui, je suis triste.
01:16:14Je voudrais tant que cette sale guerre se termine
01:16:16pour pouvoir te serrer contre moi.
01:16:20Si je tardais à revenir,
01:16:23décide de m'oublier.
01:16:26Je t'embrasse, mon tendre amour.
01:16:29Toi et notre petite Eva,
01:16:30que j'imagine à ton image.
01:16:34Pierre.
01:16:40Eva, c'est moi.
01:16:43Il en est revenu ?
01:16:46Non.
01:16:50J'ai toujours pensé que j'irais un jour à Douaumont
01:16:52et puis...
01:16:54Finalement, je ne l'ai pas fait.
01:17:15Elisabeth !
01:17:17Je suis là, Eva.
01:17:21Je crois que j'ai trouvé, c'est là.
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01:17:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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