Sûrement l’une des images les plus marquantes de Coachella 2026 : The Strokes utilisant l’une des plus grandes scènes des États-Unis pour livrer une véritable leçon d’histoire, de celles que le pouvoir préfère souvent reléguer à l’arrière-plan.
C’est en interprétant un titre qu’ils n’avaient pas joué sur scène depuis près d’une décennie, "Oblivius", que Julian Casablancas — qui avait déjà affiché son soutien à Bernie Sanders — a accompagné une projection visuelle particulièrement chargée.
À l’écran défilaient des images de dirigeants liés, à des degrés divers, à l’histoire des ingérences américaines, parmi lesquels Jacobo Árbenz, renversé en 1954 avec une implication documentée de la CIA, mais aussi Omar Torrijos et Jaime Roldós Aguilera, tous deux morts en 1981 dans des crashs d’avion que certain·es soupçonnent d’avoir été commandités par la CIA.
On pouvait également voir Martin Luther King Jr., accompagné d’une mention : "le gouvernement américain reconnu coupable de son meurtre lors d’un procès civil". Un verdict bien réel, rendu à Memphis en 1999.
Mais la performance ne se limitait pas au passé. Des images plus récentes évoquaient des frappes controversées au Moyen-Orient ainsi que la situation dans la bande de Gaza, dans le contexte d’un conflit prolongé où le rôle du soutien diplomatique et militaire américain est régulièrement critiqué pour ses conséquences sur les populations civiles.
Quelques jours auparavant, Julian Casablancas était déjà monté sur scène avec un t-shirt détournant le logo d’Amazon. "Prime" y était transformé en "Crime".
Avec cette performance, The Strokes ont utilisé leur plus grande scène depuis des années pour mettre en lumière des épisodes historiques et des enjeux contemporains souvent peu présents dans les récits dominants ou l’enseignement grand public. Une manière de rappeler que les projecteurs peuvent aussi servir à informer, questionner… et rouvrir le débat.
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