00:00A l'occasion de travaux, comme cela arrive de temps en temps, il y a eu la découverte d'une
00:05bombe de la Seconde Guerre mondiale,
00:07une bombe anglaise de 225 kg, dont 110 kg de charges explosives.
00:12C'était le 10 avril dernier, il y a quelques jours, et sur la base des constats qui ont été
00:16faits par les professionnels, les démineurs,
00:19nous avons décidé de procéder aujourd'hui, dans ce que vous appelez effectivement une drôle de journée, au déminage de
00:24cette bombe.
00:25Quel est le dispositif justement qui est mis en place autour de cette bombe, de cette opération de déminage ?
00:31Quels sont les moyens mobilisés ?
00:36C'est un dispositif important parce que nous parlons d'un périmètre dans lequel vivent 15 000 personnes.
00:4215 000 personnes qui devront avoir évacué au moment où nous commencerons à procéder aux opérations de déminage.
00:47Il y a plus de 800 agents et bénévoles des associations agréées de sécurité civile qui sont mobilisés.
00:54821, très exactement, pour moitié des forces de l'ordre mobilisées par monsieur le préfet de police.
01:01Cette opération est une opération d'ampleur.
01:03Elle a commencé à 7 heures ce matin et l'évacuation devrait prendre plusieurs heures, sans doute deux ou trois
01:09heures,
01:10avant de pouvoir commencer les opérations de déminage.
01:12Dans ce périmètre de sécurité, il y aura aussi des drones pour surveiller ?
01:20Nous sommes évidemment vigilants à ce qui se passe sur le sol au moment de la réalisation de cette évacuation.
01:28Et donc il y a des drones qui seront mobilisés quand les effectifs de police ne pourront plus rentrer dans
01:33le périmètre
01:34pour continuer à voir ce qui se passe.
01:36Cette surveillance aérienne, elle est importante pour nous donner de la visibilité sur le terrain.
01:39Et évidemment, s'il y avait une urgence, puisque nous sommes très sensibles aux populations
01:44et que certaines personnes n'avaient pas eu le temps d'évacuer,
01:47nous pourrons intervenir, le cas échéant, avec les secours sanitaires, avec les effectifs de police.
01:53S'il y avait la moindre difficulté, c'est une opération sensible qui a été préparée depuis plusieurs jours
01:58et sur laquelle nous avons tenu à ne laisser aucun trou dans la raquette
02:01pour être bien certain que nous serons en mesure d'apporter la réponse sécuritaire et sanitaire à la moindre difficulté.
02:09Comment les habitants ont été prévenus et de quelle façon aussi ils sont pris en charge aujourd'hui ?
02:18Nous avons utilisé tous les moyens de communication possibles.
02:21Les municipalités ont distribué des flyers depuis jeudi.
02:25Nous avons évidemment abondé les réseaux sociaux.
02:28Vous-même et vos collègues avez largement relayé cette information.
02:31Et puis nous avons utilisé un outil qui est extrêmement utile,
02:34que beaucoup de Français connaissent depuis les Jeux olympiques et paralympiques.
02:37C'est le système FR Alert.
02:39Nous avons envoyé un premier SMS vendredi matin à l'ensemble des habitants de la zone
02:45pour les prévenir de cet événement.
02:47Et puis nous avons envoyé un second SMS ce matin à 7h,
02:52cette fois avec une sonnerie un peu plus intrusive,
02:55pour les prévenir du début de l'opération d'évacuation.
02:59Les communes ont mis à disposition 5 centres pour que,
03:03comme l'a très bien dit l'un des 3 maires concernés,
03:06cette journée soit la moins désagréable possible
03:08et pouvoir accueillir dans de bonnes conditions nos concitoyens.
03:11Parce qu'évidemment, un dimanche matin et toute une journée,
03:14on s'attend à faire autre chose que de devoir se retrouver dans un gymnase,
03:17parfois avec ses enfants.
03:19Et donc chacun a veillé à ce que cet accueil puisse se faire de la meilleure des manières.
03:23C'est une mobilisation totale, une mobilisation générale pour que cette journée se passe dans de bonnes conditions.
03:29Alexandre Brugère, une toute dernière question de la part de Bruno Combi,
03:32qui m'accompagne sur ce plateau, ancien officier de la Marine Nationale et polytechnicien.
03:36Oui, j'ai une question pour le préfet Brugère.
03:39Donc, monsieur le préfet, d'abord, combien de temps est-ce que ça doit durer si tout va bien ?
03:43Ensuite, de combien de mètres est le périmètre d'évacuation ?
03:47C'est sur quelle distance ?
03:48Ça se compte en dizaines de mètres, en centaines de mètres.
03:51Quelle est la distance ?
03:52Et puis, enfin, dernier point, techniquement,
03:54comment est-ce qu'ils s'y prennent, les démineurs, pour neutraliser cette bombe ?
04:01Alors, l'opération commence, comme je l'ai dit, à 7 heures.
04:03L'heure le plus tardif, c'est jusqu'à 19 heures au plus tard,
04:08dans le prévisionnel que nous avons,
04:09mais la phase d'évacuation dure 2 à 3 heures.
04:12Et dans la meilleure des configurations,
04:15le déminage ne pourrait prendre que, je mets des guillemets, 3 ou 4 heures.
04:19Et donc, au plus tôt, le début d'après-midi, au plus tard, la fin d'après-midi.
04:23Mais nous avons informé les populations sur cette borne de la fin d'après-midi.
04:26C'est un élément très important.
04:28Ensuite, sur la question des périmètres que vous posez, qui est essentiel,
04:31il y a un premier périmètre de 450 mètres de rayon autour de la bombe,
04:36qui nécessite une évacuation totale.
04:39Et puis, il y a un second périmètre sur le rayon entre 450 mètres et 1000 mètres.
04:45Et sur ce second périmètre, nous avons interdit des manifestations collectives,
04:50les marchés, la présence de terrasses pour les commerçants.
04:53Mais les gens peuvent librement circuler, être à leur domicile,
04:57sans que cela pose de difficultés.
04:59Et puis, pour répondre à votre troisième question sur la manière dont ça va se passer concrètement,
05:02aujourd'hui, la bombe est enfoncée dans une partie du sol.
05:07Il va donc commencer par falloir l'extraire.
05:10Ensuite, cette bombe va être enterrée dans un trou creusé pour l'occasion,
05:15un trou de 2 mètres de profondeur.
05:17Et puis, troisième opération, la neutralisation de la bombe.
05:20Il y a deux options possibles.
05:21Soit les démineurs parviennent à neutraliser la bombe.
05:24Et dans ces cas-là, la bombe neutralisée sera transportée en région et ne présentera plus aucun danger.
05:31Soit les démineurs ne parviennent pas à neutraliser la bombe.
05:34Et dans ce cas, la bombe sera ensevelie dans ce trou.
05:38On y remettra une grande quantité de terre dessus et nous la ferons exploser.
05:43Voilà, ça, c'est d'une certaine manière le scénario du pire,
05:47celui qui amènera à ce qu'il y ait une opération la plus longue par rapport au scénario idéal que
05:53j'évoquais tout à l'heure.
05:55Mais ce sont des professionnels.
05:57Ils ont prévu tous les scénarios possibles.
05:58Ce n'est pas la première bombe qu'ils démine, fort heureusement.
06:01Et nous avons toute confiance dans le personnel mis à disposition par M. le préfet de police,
06:06le laboratoire central de la préfecture de police, pour réaliser cette opération dans les meilleures conditions.
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