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  • il y a 2 jours
Paris à l'aube. Un parterre de zinc et de petites cheminées immuables. Dans un instant, les quelques onze millions d'âmes qu'abrite la ville vont glisser de leurs lits, s'habiller, s'embrasser, encore embués, pour sortir, courir, traçant autant de trajectoires qu'ils portent de possibles. Pour aller où ? Pour chercher quoi ? Qu'est-ce qui les anime ?
Soixante ans après "Le Joli Mai" de Chris Marker et Pierre Lhomme, posons à nouveau la question qu'est Paris un jour du mois de mai...
À quoi rêvent ces visages aux allures pressées que nous croisons chaque jour ? D'amour ? De carrières ? De vacances, de fêtes, de planter des arbres ? Est-ce que la société de consommation et de confort a répondu aux attentes, aux espoirs de leurs grands-parents puis de leurs parents ? Croit-on encore aux lendemains qui chantent ?

Documentaire écrit et réalisé par Vanya Chokrollahi et Romain Rampillon / Année : 2023 / Durée : 65' / Coproduction : Bellota Films / LCP-Assemblée nationale

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Transcription
00:00:13C'est une capitale du monde qui s'offre à cette heure pudique comme une vue d'éternité.
00:00:24Devant nous, un parterre de zin et de petites cheminées immuables, parsemé ça et là d'un arc de triomphe,
00:00:30d'une tour Eiffel ou Montparnasse.
00:00:39Un voyageur du temps, revenu après une longue errance et embrassant d'un large coup d'œil cette vue, reconnaîtrait
00:00:46sans mal sa ville, à quelques détails près.
00:00:53Pourtant, les serrures ne s'ouvrent plus aux mêmes clés.
00:01:03Les fenêtres que nous observons et qui s'éclairent une à une nous paraissent d'étonnantes constellations.
00:01:12Dans un instant, les quelques 11 millions d'âmes qu'abritent la ville vont glisser de leur lit, s'habiller,
00:01:18s'embrasser, encore embuée, un peu gauche, pour sortir, courir, se presser, traçant autant de trajectoires qu'ils portent de
00:01:27possible.
00:01:32Pour aller où ? Pour chercher quoi ? Qu'est-ce qui les anime ?
00:01:42En ce jour de printemps, l'aube comme un rideau va se lever, et chaque Parisien s'apprête une fois
00:01:47de plus à jouer la pièce ou la siffler, et nous de leur demander de quoi est fait cette ville
00:01:55un jour du mois de mai.
00:02:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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00:18:13C'est pas nous qui avons demandé les JO, donc ceux qui ont organisé les JO doivent trouver une alternative,
00:18:20une solution pour nous les habitants innocents qui sont sur le terrain, qu'on n'a rien demandé à qui
00:18:26que ce soit.
00:18:27Voilà, donc j'ai vraiment résisté comme je pouvais, je n'ai pas baissé les bras, dans cette affaire là,
00:18:37il y a plus de business que sport, parce que notre Bayer, il a fait son jeu, la Solido a
00:18:48fait son jeu, comment ça se fait qu'on va dépenser, je ne sais pas, 6 milliards,
00:18:566 milliards d'euros dans des équipements olympiques, on n'arrive pas à trouver, à reloger 300 résidents d'un
00:19:09foyer, des travailleurs innocents qui n'ont demandé rien à personne.
00:19:17C'est quoi votre métier ?
00:19:19Je suis dans les travaux publics.
00:19:21Alors comment on apprend à lutter comme ça, à s'organiser ?
00:19:24C'était infernal pour moi, c'était trop dur, parce que je me suis retrouvée devant mes responsabilités, je suis
00:19:31une élue.
00:19:33Vous vous rendez compte ?
00:19:34C'est 300 personnes qui m'ont élue, pour les représenter, dans les meilleurs et dans les pires.
00:19:44Dans les meilleurs et dans les pires.
00:19:46C'est 300 personnes qui m'ont appelé à lutter, dans les meilleurs et dans les pires.
00:20:27Normalement, j'espère que ça va bien se passer.
00:20:32Mais si ça ne se passe pas bien, j'ai quand même une appréhension par rapport à ce qui pourrait
00:20:35se passer, par rapport à ce que ça pourrait provoquer.
00:20:41Sans dire les mots, tout le monde voit ce que je veux dire.
00:20:44J'ai bon espoir, mais il faut que...
00:20:48Je ne peux pas le dire maintenant.
00:20:52Il faut attendre la prochaine génération.
00:20:56Voilà, c'est-à-dire qu'en fait, moi je pense qu'il y a quand même un bon nombre
00:20:59de personnes qui ont voté pour Macron ou pour Le Pen,
00:21:02qui dans 10 ans seront morts.
00:21:03Donc, ou même moins.
00:21:05Donc, en fait, c'est horrible pour moi.
00:21:08Je trouve ça épouvantable.
00:21:09Ils vont voter pour la retraite à 65 ans, alors qu'ils sont tous à la retraite.
00:21:13Pour moi, c'est d'un égoïsme...
00:21:15Je trouve le français con, égoïste et égocentrique.
00:21:21Il n'y a pas de sens de l'humain et de la communauté.
00:21:26J'exerce la profession d'assistante sociale et je passe ma vie à ça, en fait, beaucoup trop.
00:21:32Est-ce que vous pouvez me raconter une journée ?
00:21:34Qu'est-ce que vous faites quand vous le faites le bel matin ?
00:21:38Dans les bons jours, je peux avoir quelques minutes de méditation.
00:21:41Dans les mauvais jours, je suis plutôt en retard parce que j'ai du mal à me lever.
00:21:46Et je prends mon vélo, je prends mes pieds, ça dépend de l'heure.
00:21:49Et je pourrais aller travailler maintenant à côté de chez moi,
00:21:52parce que j'ai trop de la chance depuis pas longtemps de travailler pas trop loin.
00:21:58d'apprécier mon quartier que j'adore, le nord-est parisien que j'adore.
00:22:05Et de vivre le nez dans le guidon toute la journée au travail.
00:22:12Donc le travail prend une grande part de votre temps ?
00:22:15Ouais, prend vraiment beaucoup de temps.
00:22:17Et ensuite, qu'est-ce que vous faites ?
00:22:18De mon énergie.
00:22:19Et bien ensuite, je sors pour aller me soigner du stress que m'a provoqué le travail.
00:22:25En ce moment, ce qui me fait vivre, c'est ma fille.
00:22:28Le reste, j'en ai rien à foutre.
00:22:30Et qu'est-ce que vous souhaitez pour la génération ?
00:22:32Bon, elle va en chier.
00:22:34Je suis dédosée, je suis grossière, mais je pense que ça va être terrible.
00:22:38Du coup, les gens m'ont dit, oui, les jeunes, ils font plus rien, il y a de faux.
00:22:41Mais ça, c'est faux.
00:22:42C'est faux.
00:22:42Ça, c'est faux.
00:22:43Pour ma part, ils font des TikToks.
00:22:44Ils font des TikToks, mais ils font pas tous des TikToks.
00:22:47Il y en a, ils font d'autres indélandes.
00:22:48Donc, j'ai bon espoir.
00:22:50Ils mettent plus le feu à leur porte de leur lycée, tu vois.
00:22:53J'ai toujours été en colère, je pense.
00:22:55Il y a des chiffres qui sont rassurants, là, quand même, pour ces élections.
00:22:59Mais pour les jeunes, du coup, elle aussi, elle est en colère.
00:23:04Je suis démonstratif, je crois.
00:23:05Je suis démonstratif.
00:23:06Non, je suis plus démonstratif qu'elle, mais je pense que c'est génétique.
00:23:09Je sais que la colère est génétique.
00:23:11Et j'avais un grand-père qui était très, très en colère.
00:23:14Donc, un militant communiste et tout.
00:23:16Donc, je pense que ça vient de là.
00:23:18Alors, je suis très fière d'être sa petite fille.
00:23:22Est-ce que vous êtes heureuse ?
00:23:23Oui.
00:23:25Oui.
00:23:27Et en même temps, insatisfaite.
00:23:29Donc, mais oui, je suis dans la gratitude de ce que j'ai, du milieu dans lequel je vis
00:23:36et de la chance que j'ai de faire le métier que je fais parce que je l'aime
00:23:40et que je suis en contact avec des êtres humains tous les jours
00:23:42et que j'ai l'impression de servir un minimum à quelque chose, même si c'est imparfait.
00:23:48Voilà.
00:23:49Mais que je vis dans un pays en paix et que je suis une femme dans une société où je
00:23:53suis libre
00:23:54et ce n'est pas le cas partout.
00:23:57C'est important d'être.
00:23:58Oui.
00:23:59Vital.
00:24:01Carrément vital.
00:24:03Je crois que c'est le plus important, en fait.
00:24:05Et j'ai de la chance d'avoir ça.
00:24:09Donc, oui, je suis heureuse.
00:24:12Après, je voudrais être amoureuse.
00:24:18Je voudrais vivre dans un milieu où, justement, je me sentirais plus apaisée.
00:24:25Au soleil, au bord de la mer, avoir une vie plus saine.
00:24:30Je n'en sais rien.
00:24:31Respecter davantage mon mot, le rythme de mon corps.
00:24:35Enfin, voilà.
00:24:37Mais bon.
00:24:38Et qu'est-ce qui vous en compège ?
00:24:40Eh bien, mon incapacité à concrétiser des rêves.
00:24:47Je ne vais pas savoir dans quelle direction aller.
00:24:49Peut-être un manque de confiance en moi qui me sabote un peu le truc.
00:24:56Il y a plusieurs facteurs.
00:25:00Des peurs, certainement.
00:25:03Ou quoi d'autre, je ne sais pas.
00:25:05Il n'y a pas grand-chose qui m'en empêche, en fait.
00:25:06Parce que je suis assez libre, en fait.
00:25:07Mais je suis toujours là, quand même.
00:25:12Et c'est Emmanuel Macron qui est réélu président de la République.
00:25:17Quand tu as la merde jusqu'au cours, il ne faut surtout pas baisser la tête.
00:25:20C'est exactement ça.
00:25:21Il faut toujours lever la tête.
00:25:23Il faut toujours être dans l'espérance, croire.
00:25:26Et espérer que les choses iront mieux.
00:25:28Parce que si on se met à être trop pessimiste...
00:25:32Moi, j'ai très peu d'espoir.
00:25:33Je pense que je fais partie de ces pessimistes-là.
00:25:35Pas qu'ils pensent qu'il n'y a plus rien à faire.
00:25:37Et qu'il faut tout abandonner.
00:25:40Je pense qu'il y a encore des choses à faire.
00:25:42Mais c'est vrai que...
00:25:44Quand on voit nos dirigeants actuels...
00:25:47Surtout dans les pays les plus puissants, en fait.
00:25:50Moi, je me dis...
00:25:53Mais que tout est foutu.
00:25:55Clairement, même moi, c'est...
00:25:56Je me dis, pour moi, ça ira.
00:25:58Le temps que je vive, je vais faire ma vie.
00:26:01Et puis ça ira.
00:26:03Mais pour les générations fures...
00:26:05Moi, j'ai des Novenias.
00:26:06J'en ai sept.
00:26:08Et je m'inquiète aussi pour eux.
00:26:10J'ai du mal à comprendre quelqu'un qui, par exemple,
00:26:13est totalement indifférent par rapport à tout ce qui se passe en Ukraine.
00:26:16C'est pas juste en Ukraine.
00:26:17Il y a le Sahel.
00:26:17Il y a partout un peu dans le monde.
00:26:20La situation, par exemple, de certains étudiants qu'on a ici en France.
00:26:24Quelqu'un qui restait chez soi et qui dirait...
00:26:26Enfin, ça ne le toucherait pas parce que c'est pas dans ce monde.
00:26:29Parce que c'est des sujets qui...
00:26:31J'ai vraiment du mal parce que...
00:26:34On ne vit pas tout seul.
00:26:36Et on vit avec les autres.
00:26:37On a besoin des autres.
00:26:39Quand on va au travail, c'est qu'il y a des autres qui travaillent pour nous ou avec nous.
00:26:42Qui sont dans des situations totalement différentes.
00:26:44Donc, on ne peut pas dire...
00:26:46Leur situation ne touche pas parce que ça ne touche pas.
00:26:51Ça nous touche forcément parce qu'on a interagé avec eux.
00:27:43Sous-titrage MFP.
00:27:53C'est parti.
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