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  • il y a 4 mois
Les députés examinent la proposition de loi "visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat" portée par le député Charles Rodwell (EPR). Le texte prévoit notamment d'étendre la durée de rétention administrative des étrangers placés sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui ont déjà été condamnés par la justice. La proposition de loi reprend une mesure déjà adoptée à l'été 2025, en réaction au meurtre de Philippine en septembre 2024, mais la disposition avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Les députés ont adopté la proposition de loi en commission le 11 février, sans les voix de la gauche. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée sur le texte fin mars. Le 13 avril, les députés entament l'examen du texte dans l'hémicycle.

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00:00:01Générique
00:00:07Bonjour, bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Dans ce nouvel épisode, je vous propose de voir ou de revoir les débats sur la proposition de loi visant
00:00:14à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat.
00:00:19Mais avant de commencer l'examen pur et dur du texte, les députés doivent se prononcer sur une motion de
00:00:24rejet du groupe socialiste.
00:00:26Regardez.
00:00:26Nous démarrons ce soir dans l'hémicycle l'examen de la proposition de loi que j'ai déposée avec 150
00:00:32de nos collègues qui visent à renforcer la sécurité des Français, la rétention administrative et la prévention du risque d
00:00:40'attentat.
00:00:41Permettez-moi de commencer cet examen en rendant hommage à une famille, celle de Philippine-le-Noir de Carlin.
00:00:49Philippine habitait ma circonscription, sa famille y habite toujours et le soir du 20 septembre 2024, Philippine a été enlevée
00:01:03et assassinée dans le bois de Boulogne.
00:01:05Ce meurtre a endeuillé toute une famille. C'est à elle que je pense ce soir. Ce meurtre a traumatisé
00:01:12des centaines d'habitants de ma circonscription et il a bien sûr touché des millions de Français.
00:01:17En sa mémoire, j'ai pris l'engagement de mener un combat, celui de permettre l'adoption d'un texte
00:01:23qui renforcera la sécurité de nos familles tout en protégeant coûte que coûte nos libertés publiques.
00:01:28J'ai pris l'engagement de mener ce combat de manière républicaine et transpartisane. Et républicaine, transpartisane, la préparation de
00:01:37ce texte l'a été.
00:01:39Je tiens à remercier mon groupe et remercier Gabriel Attal pour sa confiance et son soutien. Le fait que ce
00:01:45groupe ait été soutenu par l'ensemble de notre groupe en témoigne.
00:01:49Je tiens à remercier le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres Bruno Retailleau, Gérald Darmanin et vous, M. le
00:01:55ministre Laurent Nunez.
00:01:57Votre soutien sans faille nous a permis d'aboutir à un texte à la fois concret, efficace et pleinement respectueux
00:02:04de la Constitution.
00:02:06Je tiens à remercier les hommes et les femmes du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice,
00:02:11ainsi que mon équipe et les administratrices qui nous ont accompagnés dans cette préparation.
00:02:15Leur engagement fait honneur à notre pays. Enfin, je tiens à saluer la mémoire de notre collègue Olivier Marlex.
00:02:23Je sais l'importance qu'il a portée aux enjeux que nous nous apprêtons à débattre. Son expertise a constitué
00:02:30pour moi un exemple tout au long de la préparation de ce texte.
00:02:34J'adresse ses pensées notamment à nos collègues du groupe de la droite républicaine.
00:02:38Et je remercie très sincèrement Michel Barnier d'avoir accepté de porter cette proposition de loi avec nous.
00:02:45Notre travail commun et le soutien de 150 de nos collègues du socle commun et indépendant témoignent d'une réalité.
00:02:52L'alliance des forces républicaines est possible.
00:02:55Elle est même nécessaire pour trouver un juste équilibre entre la protection de la liberté publique et le renforcement de
00:03:02la sécurité des Français.
00:03:04Ainsi, chers collègues, permettez-moi de démarrer l'examen de ce texte par deux remarques.
00:03:11Première remarque, j'espère sincèrement que la mémoire de ces familles qui ont été frappées par l'horreur nous permettra
00:03:18d'avoir un débat digne dans cette Assemblée.
00:03:21J'insiste sur ce point pour une raison.
00:03:24Lors de l'examen de ce texte en commission, certains ici ont parlé de déportation.
00:03:31Certains ont même évoqué les camps de concentration, souillant ainsi l'une des périodes tragiques de l'histoire de notre
00:03:38pays et du continent européen.
00:03:40Ces propos ne sont dignes ni de cette Assemblée, ni du débat important que nous nous apprêtons à avoir.
00:03:47Pour ma part, que les choses soient dites, quelles que soient vos opinions, quelles que soient vos convictions, vous pourrez
00:03:54compter sur mon attitude républicaine dans ce débat.
00:03:57Et j'attends évidemment le même respect en retour.
00:04:00Deuxième remarque, concernant les individus visés par ce texte.
00:04:05J'assume de porter un texte dont les dispositions s'appliqueront chacune à quelques dizaines de personnes par an.
00:04:12Deux réalités caractérisent ces individus.
00:04:151. Les personnes concernées par une partie des dispositions sont des personnes malades, atteintes de troubles psychiatriques très graves et
00:04:24à qui notre société doit proposer des solutions pour être soignées.
00:04:29C'est, je crois, le devoir de tout humaniste de contribuer à mener cette mission.
00:04:342. Ces personnes sont des individus extrêmement dangereux qui présentent tous une menace liée à des faits de terrorisme ou
00:04:44à de très graves actes de criminalité.
00:04:46En ce sens, l'objectif de ce texte est assumé.
00:04:50Nous voulons empêcher ces individus de passer à l'acte afin que ce qui est arrivé à tant de familles
00:04:56ne se reproduise plus sur le territoire français.
00:05:00Il serait inconscient de ma part de vous assurer que ce texte apporte une réponse à toutes les menaces.
00:05:06Je suis en revanche convaincu qu'il contribue de manière décisive à renforcer la sécurité des Français tout en préservant
00:05:15nos libertés publiques.
00:05:17Alors dans ce texte, quelles solutions voulons-nous apporter concrètement ?
00:05:21Pour ce qui concerne ces personnes très dangereuses et atteintes de troubles psychiatriques graves, nous assumons de vouloir les examiner
00:05:30et de les soigner avant et non pas après leur passage à l'acte.
00:05:35L'attentat de Birakheim nous le rappelle cruellement en décembre 2023.
00:05:39Nos lois ne sont aujourd'hui pas adaptées pour soigner ces personnes malades et dangereuses, pour protéger la société de
00:05:46leur passage à l'acte.
00:05:47Pour ce qui concerne les terroristes, nous assumons de vouloir renforcer notre arsenal antiterroriste afin que les individus concernés soient
00:05:57mieux suivis et mieux surveillés.
00:06:00Nous assumons de vouloir placer en rétention de sûreté des terroristes qui posent un grave et imminent danger.
00:06:08Comment peut-on accepter qu'un criminel de droit commun puisse se retrouver en rétention de sûreté mais pas un
00:06:15terroriste ?
00:06:15Nous créerons la rétention de sûreté pour les terroristes.
00:06:19Enfin oui, nous assumons de vouloir allonger la durée de rétention administrative pour les terroristes et les criminels sous OQTF
00:06:29les plus dangereux afin de les mettre hors d'état de nuire avant de les expulser du territoire français.
00:06:36Comment accepter que des terroristes soient relâchés avant qu'ils ne soient expulsés ?
00:06:40Nous allongerons la durée de rétention administrative pour les terroristes sous OQTF.
00:06:45Comment accepter que des violeurs et des assassins, tels que celui de Chilipine, soient relâchés avant qu'ils ne soient
00:06:53expulsés ?
00:06:54Enlèvements, actes de torture, séquestration aggravée, viols.
00:06:58Nous allongerons la durée de rétention administrative pour les étrangers sous OQTF ayant commis ces faits de violence d'une
00:07:05particulière gravité.
00:07:06Alors, certains hurleront au risque d'inconstitutionnalité.
00:07:13Je leur réponds que cette proposition de loi s'inscrit dans un respect total et absolu de notre état de
00:07:20droit.
00:07:21Toute la jurisprudence du Conseil constitutionnel a été respectée.
00:07:26Toutes les dispositions prévues dans ce texte ont fait l'objet d'un avis du Conseil d'État.
00:07:31Toutes ces recommandations ont elles aussi été prises en compte.
00:07:36Ce long travail de préparation est le signe d'une conviction qui est la nôtre.
00:07:40Nous ne ferons jamais partie de ceux qui, par l'instrumentalisation de l'état de droit,
00:07:46veulent désarmer la police pour plonger des millions de Français dans l'insécurité.
00:07:49Nous ne ferons jamais non plus partie de ceux qui, au nom d'une idéologie liberticide,
00:07:56sont prêts à abattre les fondements de l'état de droit sur lesquels repose notre démocratie.
00:08:01Nous, nous sommes convaincus d'une chose,
00:08:04jamais le respect de l'état de droit ne nous condamnera à l'impuissance.
00:08:10J'en suis convaincu parce que ce texte en témoigne.
00:08:14En plus d'être pleinement constitutionnel, il porte des mesures efficaces
00:08:19à des vraies problématiques auxquelles notre société fait face
00:08:22et vis-à-vis desquelles nul d'entre nous ne peut se voiler la face.
00:08:28Ces mesures concrètes, efficaces, constitutionnelles,
00:08:32doivent nous permettre de trouver un équilibre juste
00:08:35entre la protection de nos libertés publiques
00:08:37et le renforcement de la sécurité des Français.
00:08:40Ce texte, nous le devons à toutes les familles de France
00:08:43qui ont été frappées par la pire des injustices,
00:08:46celle de perdre l'un des leurs,
00:08:49mort sous les coups d'un individu qui jamais n'aurait dû passer à l'acte.
00:08:52Pour ces familles, pour renforcer notre sécurité,
00:08:56pour protéger nos libertés publiques,
00:08:59j'invite chacun à rejeter la motion de rejet
00:09:02et à voter pour ce texte.
00:09:04Je vous remercie.
00:09:07La parole est à M. Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
00:09:24Madame la Présidente, M. le Président de la Commission des lois,
00:09:28M. le rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés,
00:09:32Depuis 2015 et singulièrement depuis 2017,
00:09:35la France s'est attachée à bâtir puis à consolider sans relâche
00:09:38son dispositif de lutte contre le terrorisme.
00:09:42Mise en place du chef de fila de la DGSI,
00:09:45installation de l'état-major permanent
00:09:48rassemblant tous les services de renseignement et judiciaire concernés,
00:09:52instauration du parquet national antiterroriste,
00:09:54création du service national du renseignement pénitentiaire,
00:09:58mis en oeuvre de la doctrine de suivi des sortants de prison
00:10:02condamnés pour terrorisme islamiste ou radicalisés en milieu carcéral.
00:10:06Sur la dernière décennie, les gouvernements successifs n'ont eu de cesse
00:10:11de chercher à perfectionner le dispositif de lutte antiterroriste,
00:10:15resserrer toujours davantage les mailles du filet.
00:10:19Ils l'ont fait non pas par des réformes structurelles lourdes,
00:10:22mais par une série d'initiatives opérationnelles
00:10:25destinées à favoriser le décloisonnement inter-service,
00:10:28le partage de l'information
00:10:29et faire émerger une gouvernance clarifiée, centralisée et coordonnée.
00:10:36Parallèlement, les moyens humains, budgétaires et techniques
00:10:39des services de renseignement impliqués dans la lutte antiterroriste
00:10:42ont été considérablement accrus,
00:10:44surtout en assurant la transposition dans le droit commun
00:10:48des dispositions dérogatoires de l'état d'urgence
00:10:51avec la loi CILT du 30 octobre 2017,
00:10:54confortée par la loi relative à la prévention d'actes de terrorisme
00:10:59et renseignements du 30 juillet 2021,
00:11:02qui a offert aux acteurs de la lutte contre le terrorisme
00:11:05un cadre légal, juridique, efficace et protecteur
00:11:09à la hauteur de la menace.
00:11:10A partir de 2019, le gouvernement en place
00:11:14a souhaité aller encore plus loin en s'attaquant au séparatisme
00:11:17qui, comme l'attestera l'attentat tragique
00:11:20qui a frappé l'enseignant Samuel Paty à l'automne 2020
00:11:24et parfois l'antichambre du terrorisme islamiste.
00:11:28Déploiement des cellules de lutte contre l'islamisme radical,
00:11:31adoption de la loi confortant le respect des principes
00:11:34de la République du 24 août 2021
00:11:36et bientôt, je l'espère,
00:11:38la présentation d'un projet de loi
00:11:39renforçant la lutte contre le séparatisme et l'antrisme.
00:11:43Comme directeur général de la Sécurité intérieure,
00:11:45secrétaire d'État,
00:11:46coordonnateur national du renseignement
00:11:48de la lutte contre le terrorisme,
00:11:49enfin ministre de l'Intérieur,
00:11:50je me suis retrouvé à chaque étape
00:11:52cohortisant de ces différents dispositifs
00:11:54qui forment sans doute le combat premier
00:11:57de mon engagement républicain
00:11:58et en vérité celui de l'ensemble
00:12:01des responsables politiques de ces dix dernières années.
00:12:04Voilà pourquoi nous ne sommes pas seulement
00:12:07favorables à la proposition de loi
00:12:09que nous examinons aujourd'hui,
00:12:11nous sommes convaincus de sa nécessité.
00:12:14Parce qu'elle s'inspire très directement
00:12:16des retours d'expérience opérationnelle des services,
00:12:19parce qu'elle s'inscrit aussi dans l'esprit
00:12:22et le sens même de notre action depuis 2015,
00:12:25resserrer encore et toujours l'émail du filet.
00:12:28En effet, au travers de plusieurs mesures,
00:12:30la proposition de loi que nous examinons ce soir
00:12:34répond à l'une des principales recommandations
00:12:36formulées aujourd'hui par les acteurs
00:12:38de la lutte antiterroriste
00:12:39pour parachever le dispositif existant.
00:12:42La prévention du passage à l'acte
00:12:44des individus radicalisés
00:12:46présentant des troubles de comportement.
00:12:48Que nul dans cet hémicycle ne se risque à dire
00:12:51qu'il s'agirait là d'un enjeu accessoire.
00:12:53Car depuis 2020,
00:12:55sur les 73 porteurs de projets terroristes,
00:12:5747% d'entre eux présentaient des troubles de comportement
00:13:01et un tiers souffraient
00:13:03de pathologies psychiatriques avérées.
00:13:06De même, la moitié des attentats terroristes
00:13:09effectivement commis sur notre sol
00:13:11l'ont été par des individus
00:13:13présentant des troubles de comportement.
00:13:15C'était en cette année noire de 2020
00:13:18le cas des attentats de Villejuif,
00:13:20de Romand-sur-Isère et de Colombe.
00:13:22C'était l'année suivante,
00:13:24le cas unique de 2021 à Rambouillet.
00:13:26En 2023, c'était encore le même constat
00:13:29et M. le rapporteur l'a cité
00:13:31dans l'attentat de Bireykeim
00:13:32qui soulignait notre impuissance à agir.
00:13:36L'auteur, déjà condamné,
00:13:37une première fois pour des faits terroristes
00:13:39en bouffée schizophrénique,
00:13:42n'avait pu être hospitalisé
00:13:43sans consentement,
00:13:44faute de troubles à l'ordre public caractérisés.
00:13:47Ce sera enfin le cas
00:13:49pour deux des trois passages à l'acte terroriste
00:13:50enregistrés en 2025
00:13:52à Abt et à Mulhouse.
00:13:53A ce jour, plus de 15% des personnes
00:13:56qui sont inscrites au fichier
00:13:58au FSPRT
00:13:59présentent des troubles psychologiques.
00:14:02Non, l'injonction
00:14:03d'examens psychiatriques,
00:14:05l'extension de la rétention
00:14:07de sûreté judiciaire
00:14:08ou encore l'information
00:14:09au préfet
00:14:10dans le cadre de l'hospitalisation
00:14:12sans consentement de ces profils
00:14:14n'ont rien de disposition
00:14:16accessoire, inutile ou excessive.
00:14:19Pour les responsables
00:14:20de la lutte antiterroriste,
00:14:22dont je fus très directement
00:14:23à travers mes différentes fonctions,
00:14:25comme pour les agents
00:14:26des services spécialisés
00:14:27qui s'y investissent sans compter,
00:14:29chaque attentat commis
00:14:31est un échec
00:14:31dont l'empreinte
00:14:33les suivra longtemps.
00:14:34Il en va ainsi également
00:14:35des crimes les plus atroces
00:14:37à l'image de celui
00:14:38qui, le 21 septembre 2024,
00:14:41coûte à la vie
00:14:41et à la jeune Philippine.
00:14:43Là encore,
00:14:43la proposition de loi
00:14:45de votre collègue Charles Rodwell,
00:14:46poursuivant le travail
00:14:48engagé par Olivier Marlex
00:14:49pour lequel j'ai
00:14:51à cet instant
00:14:52moi aussi une pensée,
00:14:53se propose de corriger
00:14:55ce qui peut apparaître
00:14:56comme des dysfonctionnements
00:14:57objectifs.
00:14:58Ainsi,
00:14:59de la possibilité
00:15:00de porter à 210 jours
00:15:01la rétention administrative
00:15:03des étrangers
00:15:03condamnés pour terrorisme,
00:15:05base légale en vigueur
00:15:06depuis 2018
00:15:07mais qui avait été supprimée
00:15:09par le Conseil constitutionnel
00:15:10dans sa décision rendue
00:15:12sur la loi Eustache-Brignot
00:15:13à l'été 2025,
00:15:14le texte que nous examinerons
00:15:16proposera dans une rédaction
00:15:18équilibrée
00:15:18et entourée
00:15:19de nombreuses garanties
00:15:20d'étendre ce régime
00:15:22dérogatoire
00:15:23aux étrangers
00:15:23définitivement condamnés
00:15:25pour des faits
00:15:25d'atteinte aux personnes
00:15:26et dont le comportement
00:15:28représente encore
00:15:29une menace réelle,
00:15:31actuelle
00:15:31et particulièrement grave
00:15:33pour l'ordre public.
00:15:35Ce soir,
00:15:36j'invite très solennellement
00:15:37les députés
00:15:37à soutenir ce texte,
00:15:39à s'en saisir pleinement
00:15:40au cours des débats
00:15:41qui s'ouvrent
00:15:42et à se faire
00:15:43les héritiers responsables
00:15:44du législateur
00:15:45de 2017,
00:15:45de 2018
00:15:46et de 2021,
00:15:49législateur
00:15:49qui a bâti
00:15:50tour à tour
00:15:50le dispositif
00:15:51de lutte
00:15:51contre le terrorisme
00:15:52sur lequel
00:15:53nous comptons aujourd'hui.
00:15:54C'est grâce à celui-ci
00:15:55que 64 attentats islamistes
00:15:57ont été déjoués
00:15:58depuis 2017
00:15:59sur le territoire français.
00:16:01Mais dans la même période,
00:16:02on dénombre
00:16:0334 attaques terroristes
00:16:04perpétrées
00:16:05dont nous avons le devoir
00:16:06de tirer humblement
00:16:07les leçons.
00:16:08En matière de terrorisme,
00:16:10si le risque zéro
00:16:11n'existe pas,
00:16:12que ce ne soit jamais
00:16:13le fait d'une réticence
00:16:14à voter un texte utile,
00:16:15d'une pudeur excessive
00:16:16à se doter
00:16:17du type performant
00:16:18ou d'un dogmatisme
00:16:19qui n'a pas sa place
00:16:20dans le combat
00:16:21que nous menons
00:16:21contre le terrorisme.
00:16:23Cette lutte
00:16:23est apolitique
00:16:24plus que tout autre.
00:16:25Elle doit nous rassembler
00:16:26comme elle a su
00:16:27instinctivement le faire
00:16:28au lendemain
00:16:29des attentats
00:16:29qui ont endeuillé
00:16:30notre histoire nationale.
00:16:35Je vous remercie.
00:16:38La parole est à monsieur
00:16:39Florent Boudier,
00:16:40président de la commission
00:16:41des lois constitutionnelles
00:16:42de la législation
00:16:43et de l'administration
00:16:43générale de la République.
00:16:49Merci, madame la présidente,
00:16:51monsieur le ministre,
00:16:53monsieur le rapporteur,
00:16:54mes chers collègues.
00:16:55Je voudrais également
00:16:55avoir une pensée
00:16:56pour notre ancien collègue
00:16:58Olivier Marlex
00:16:59à ce moment.
00:17:00Pour l'examen
00:17:02de la proposition
00:17:02de texte
00:17:03dont nous débattrons
00:17:04cette semaine,
00:17:05la commission
00:17:06s'est attachée
00:17:07avec rigueur
00:17:08à identifier
00:17:09les points de vigilance
00:17:11soulevés
00:17:12par les décisions
00:17:13du Conseil constitutionnel
00:17:14et les avis
00:17:14du Conseil d'Etat.
00:17:16Je veux d'ailleurs
00:17:17dire à ce propos
00:17:17que lorsque le Conseil constitutionnel
00:17:20censure
00:17:21des dispositions législatives,
00:17:22notre rôle,
00:17:23me semble-t-il,
00:17:25est moins
00:17:25de fustiger
00:17:26le juge
00:17:28constitutionnel
00:17:29que d'en tirer
00:17:30toutes les conséquences
00:17:31pour respecter
00:17:32nos règles fondamentales.
00:17:34C'est le moins
00:17:34que nous puissions faire
00:17:35en tant que législateurs.
00:17:37Et c'est ce que la commission
00:17:38des lois
00:17:39s'est efforcée
00:17:40de faire.
00:17:41Nos travaux
00:17:42ont permis
00:17:42de corriger
00:17:43certaines des faiblesses
00:17:44de l'article 1er
00:17:45sur l'injonction
00:17:46d'examens psychiatriques.
00:17:48Les amendements
00:17:49proposés en séance
00:17:50par le gouvernement
00:17:51et le rapporteur
00:17:52témoignent à cet égard
00:17:53de leur volonté
00:17:54de prendre en compte
00:17:56l'avis du Conseil d'Etat
00:17:57rendu le 25 septembre
00:17:592025.
00:18:01Il est en effet
00:18:02indispensable
00:18:02de concilier
00:18:03l'objectif
00:18:03de valeur constitutionnelle
00:18:04de lutte
00:18:05contre le terrorisme
00:18:06avec la liberté fondamentale
00:18:08d'aller et venir
00:18:08ou encore
00:18:09de consentir
00:18:11aux soins.
00:18:12C'est une ligne de clade
00:18:12qui est évidemment
00:18:13toujours étroite
00:18:14et sensible.
00:18:15La commission des lois
00:18:16a par ailleurs précisé
00:18:17pour éviter tout risque
00:18:18d'insécurité juridique
00:18:19le champ
00:18:20de l'article 2
00:18:21qui crée
00:18:21une mesure
00:18:22de rétention
00:18:23de sûreté
00:18:23pour les criminels
00:18:24condamnés
00:18:24à des peines
00:18:25de plus de 15 ans
00:18:26d'emprisonnement
00:18:26pour terrorisme.
00:18:28Concernant l'article 3,
00:18:29le Conseil d'Etat
00:18:30a appelé notre attention
00:18:30sur l'extension
00:18:32des mesures judiciaires
00:18:33de prévention
00:18:33de la récidive terroriste,
00:18:35l'extension
00:18:35aux condamnés
00:18:36de droit commun
00:18:37du fait
00:18:38de leur radicalisation
00:18:39terroriste
00:18:39en cours de détention.
00:18:40Le Conseil a appelé
00:18:42sur ce point
00:18:42à adopter
00:18:43des adaptations minimales,
00:18:44je cite.
00:18:45Nous n'avons pas pu
00:18:46les adopter
00:18:46en commission.
00:18:47Je porterai
00:18:48par conséquent
00:18:49un amendement
00:18:49en ce sens.
00:18:50Nous en obéanterons
00:18:51cette semaine.
00:18:52s'agissant des mesures
00:18:53portant sur la rétention
00:18:54administrative
00:18:55des étrangers.
00:18:56La commission des lois
00:18:57a veillé
00:18:57à en tirer
00:18:58les conséquences
00:19:00de la censure
00:19:01intervenue
00:19:02à la suite
00:19:03de la loi
00:19:03du 11 août
00:19:042025.
00:19:05A l'initiative
00:19:06de son rapporteur,
00:19:07et je vous remercie,
00:19:07elle a d'abord
00:19:08réaffirmé le caractère
00:19:09exceptionnel
00:19:09du régime dérogatoire
00:19:10applicable aux étrangers
00:19:12présentant
00:19:13une particulière
00:19:13dangerosité,
00:19:14c'est à l'article 8.
00:19:16Un second amendement
00:19:17du rapporteur
00:19:17a également permis
00:19:18d'en préciser
00:19:19la portée
00:19:20en retenant
00:19:21que ce régime dérogatoire
00:19:22pouvait s'appliquer
00:19:23aux étrangers
00:19:24condamnés,
00:19:25condamnés pour des faits
00:19:26d'atteinte aux personnes
00:19:27et punis
00:19:28d'au moins 3 ans
00:19:30d'emprisonnement
00:19:30conformément
00:19:31aux recommandations
00:19:31du Conseil d'Etat.
00:19:33Surtout,
00:19:33et c'est un point essentiel,
00:19:34le dispositif
00:19:35se démarque
00:19:36de celui
00:19:36qui avait été censuré,
00:19:38il exclut désormais
00:19:39toute forme
00:19:39d'automaticité
00:19:40entre une condamnation pénale
00:19:41et l'allongement
00:19:42de la durée
00:19:43de rétention,
00:19:44et il reviendra
00:19:45à l'administration
00:19:46de démontrer
00:19:47dans chaque situation
00:19:48le caractère réel
00:19:49et actuel,
00:19:50vous l'avez dit
00:19:51M. le rapporteur,
00:19:52vous l'avez dit également
00:19:52M. le ministre,
00:19:54de la menace
00:19:54pour l'ordre public.
00:19:55Par ailleurs,
00:19:56l'article 8,
00:19:57tel qu'adopté
00:19:58par la Commission,
00:19:59s'inscrit directement
00:20:00dans le prolongement
00:20:01de la décision QPC
00:20:02du Conseil constitutionnel
00:20:03du 16 octobre 2025.
00:20:06Il encadre
00:20:07le nombre
00:20:07de placements décidés
00:20:08sur le fondement
00:20:09d'une même décision
00:20:10d'éloignement
00:20:10et en fixe,
00:20:12par ailleurs,
00:20:13la durée maximale
00:20:14cumulée.
00:20:15Conformément
00:20:16tel l'avis
00:20:16du Conseil d'Etat,
00:20:17il prévoit également
00:20:18des garanties renforcées
00:20:19au fil des placements
00:20:20avec une durée
00:20:21de rétention dégressive
00:20:23et un contrôle accru,
00:20:24un contrôle renforcé
00:20:25du juge judiciaire.
00:20:27Pour autant,
00:20:28quelques questions
00:20:28juridiques
00:20:29demeurent,
00:20:30me sont utiles,
00:20:31raison pour laquelle
00:20:32j'ai déposé
00:20:32un amendement
00:20:33à l'article 8
00:20:34pour le rapprocher
00:20:35de la décision
00:20:36du Conseil constitutionnel
00:20:38du 7 août 2025.
00:20:40Le Conseil y relevait
00:20:41que le dispositif censuré
00:20:43était susceptible
00:20:44de s'appliquer
00:20:44à des étrangers
00:20:45pour lesquels
00:20:45le juge pénal
00:20:46n'avait pas prononcé
00:20:48une interdiction
00:20:49du territoire,
00:20:50mais après plusieurs échanges
00:20:52avec vos collaborateurs,
00:20:54M. le rapporteur,
00:20:55nous aurons l'occasion
00:20:56dans la semaine,
00:20:57je suppose,
00:20:58de clarifier ce point.
00:20:59Voilà,
00:20:59mes chers collègues,
00:21:00les points sur lesquels
00:21:01la Commission des lois
00:21:02a travaillé,
00:21:03les points de vigilance,
00:21:04notamment constitutionnel
00:21:05et conventionnel,
00:21:06sur lesquels il était
00:21:07de notre devoir
00:21:08d'intervenir
00:21:08et de continuer
00:21:09de le faire
00:21:10dans l'hémicycle
00:21:11tout au long
00:21:11de cette semaine.
00:21:11je vous remercie.
00:21:13Je vous remercie.
00:21:15J'ai reçu
00:21:16de M. Boris Vallot
00:21:17et des membres
00:21:18du groupe socialiste
00:21:18apparenté
00:21:19une motion de rejet
00:21:20préalable
00:21:20déposant en application
00:21:21de l'article 91
00:21:22à l'INA 5 du règlement.
00:21:23La parole est à Mme Céline Hervieux.
00:21:34Madame la Présidente,
00:21:36Monsieur le Ministre,
00:21:37Monsieur le Rapporteur,
00:21:38chers collègues,
00:21:4010 ans nous séparent
00:21:41de la plus grande vague
00:21:42d'attentats terroristes
00:21:43qu'est connue notre pays
00:21:44sur son sol,
00:21:45de l'attentat de Charlie
00:21:47à celui de la promenade
00:21:48des Anglais
00:21:49en passant par le Bataclan
00:21:50et Saint-Denis.
00:21:52En tant qu'élu de Paris,
00:21:53je suis dépositaire
00:21:54aussi de se souvenir
00:21:55de ce traumatisme
00:21:56particulièrement vif
00:21:58dans nos mémoires.
00:21:59Nous pleurons encore
00:22:00la tragédie
00:22:01de ces centaines
00:22:02de pertes humaines
00:22:03arrachées à la vie
00:22:04par la folie
00:22:05criminelle
00:22:06d'individus fanatisés.
00:22:07Nous avons combattu
00:22:09le terrorisme islamique
00:22:10sur notre sol.
00:22:12Et nous le disons
00:22:13avec force,
00:22:14la lutte contre le terrorisme
00:22:16existe du sérieux.
00:22:17Une vie en sécurité,
00:22:19sans crainte
00:22:20d'attaques aléatoires,
00:22:21est un droit fondamental
00:22:23que les États
00:22:24doivent défendre.
00:22:24Je ne conteste pas
00:22:26au rapporteur
00:22:26l'importance
00:22:27qu'il entend donner
00:22:28à la nécessaire lutte
00:22:29anti-terrorisme
00:22:30et je dirais même
00:22:30que son intention
00:22:31est louable.
00:22:33Pourtant,
00:22:33j'ai l'honneur,
00:22:34messieurs,
00:22:35dames,
00:22:35de vous proposer
00:22:36une motion de rejet
00:22:37sur ce texte
00:22:38et sur cette proposition
00:22:39de loi.
00:22:40Pourquoi ?
00:22:41L'émotion légitime
00:22:42que laisse derrière lui
00:22:43le terrorisme
00:22:44ne doit pas l'emporter
00:22:45sur le sérieux.
00:22:46Cette proposition de loi
00:22:48qui vise prétendument
00:22:49à prévenir
00:22:49les risques d'attentats
00:22:51est d'abord un texte
00:22:52élaboré sans le sérieux
00:22:54nécessaire,
00:22:55sans études d'impact,
00:22:57sans études de faisabilité,
00:22:58sans non plus avoir réuni
00:23:00l'ensemble des parties
00:23:01prenantes,
00:23:02magistrats,
00:23:03professionnels de la santé
00:23:04mentale,
00:23:05personnels des lieux
00:23:06de privation de liberté
00:23:07qui sont pourtant tous
00:23:08au cœur de ce texte
00:23:09et concernés par les dispositifs
00:23:11que vous avancez.
00:23:12La méthode qui est retenue
00:23:14relève de la mauvaise farce,
00:23:15un avis du Conseil d'État
00:23:17pour éviter
00:23:17l'inconstitutionnalité.
00:23:19Donc si,
00:23:19M. le Président
00:23:20de la Commission des lois,
00:23:21vous tirez les conséquences
00:23:22des réponses
00:23:23du Conseil constitutionnel,
00:23:24moi je m'étonne
00:23:25que vous persistiez
00:23:26dans vos erreurs.
00:23:27Ce qui est contestable
00:23:29dans ce texte
00:23:29est à la fois
00:23:30le discours et la méthode.
00:23:31Un discours pseudo-psychiatrique
00:23:33et une méthode,
00:23:34celle de l'arbitraire forcené.
00:23:37Notre conviction
00:23:38à l'issue de l'examen
00:23:39de ce texte en commission,
00:23:40c'est que le discours
00:23:41comme la méthode
00:23:42retenue en font
00:23:43un texte aussi inefficace
00:23:45que dangereux
00:23:46dans la lutte antiterroriste.
00:23:50Le discours d'abord,
00:23:52c'est l'idée,
00:23:53aussi simple que fausse,
00:23:55qui veut que les terroristes
00:23:57soient des malades mentaux.
00:23:58Ce discours est sans fondement.
00:24:01C'est pourtant le discours
00:24:02qui irrigue plusieurs dispositions
00:24:04de cette proposition de loi,
00:24:05de l'injonction
00:24:06aux soins psychiatriques
00:24:07à l'extension du régime
00:24:09de la rétention de sûreté
00:24:10pour les personnes
00:24:11présentant des troubles psychiatriques.
00:24:13Le recours à la psychiatrie
00:24:16n'est d'aucune utilité
00:24:18dans la prévention
00:24:19du risque terroriste.
00:24:21Les fanatiques
00:24:22ne sont pas
00:24:23des malades mentaux
00:24:24qu'il suffirait de soigner
00:24:25pour défanatiser.
00:24:27Leurs passages à l'acte,
00:24:29dans la très grande majorité
00:24:30des cas,
00:24:31ne sont pas l'expression
00:24:33d'une pathologie psychiatrique.
00:24:35Et s'il avait pris le temps
00:24:37de les auditionner,
00:24:38le rapporteur le saurait,
00:24:40parce que les professionnels
00:24:41de santé
00:24:42et les magistrats
00:24:43sont formels,
00:24:45la radicalisation terroriste
00:24:46est très rarement
00:24:47dans notre pays
00:24:48appréhendée
00:24:48sous l'angle psychiatrique.
00:24:50Et d'ailleurs,
00:24:51les radicalisés
00:24:51ne constituent pas
00:24:52le public habituel
00:24:54des hospitalisations
00:24:55sous contrainte.
00:24:56Et d'ailleurs,
00:24:56vous le savez personnellement.
00:24:57Donc quand j'entends
00:24:58le ministre de l'Intérieur
00:24:59nous dire que ce texte
00:25:00découle des retours opérationnels
00:25:02de ses administrés
00:25:05et de son administration,
00:25:06j'aimerais bien entendre
00:25:07le ministère de la Justice
00:25:08parce que je pense
00:25:09qu'ils n'ont pas été entendus.
00:25:10Les magistrats,
00:25:11j'aimerais bien entendre
00:25:12votre collègue
00:25:12du ministère de la Santé
00:25:14parce qu'ils n'ont pas
00:25:14été plus entendus,
00:25:15les psychiatres
00:25:16et les professionnels
00:25:17de santé sur ce texte.
00:25:19La psychiatrisation
00:25:20telle qu'elle est prévue
00:25:20par le texte
00:25:21est absolument incompatible
00:25:23avec les exigences de soins.
00:25:24Et les médecins psychiatres
00:25:26nous l'ont dit.
00:25:26Ils sont là pour soigner,
00:25:28pas pour pallier
00:25:29les carences sécuritaires
00:25:30de l'État.
00:25:31On ne rend pas
00:25:32un avis clinique,
00:25:33psychiatrique
00:25:34sur la base
00:25:34de notes de renseignement.
00:25:35Il est illusoire
00:25:37de penser
00:25:37qu'on peut solliciter
00:25:38un psychiatre
00:25:39en quelques heures
00:25:39de notre pays
00:25:40pour réaliser
00:25:40un examen diagnostique
00:25:41alors qu'aujourd'hui
00:25:42on a déjà du mal
00:25:43à hospitaliser.
00:25:44On a un système
00:25:45de santé mentale public
00:25:46qui est déjà exsangue
00:25:47et en grande difficulté.
00:25:48La psychiatrie
00:25:49est à bout de souffle
00:25:50dans notre pays.
00:25:51Elle manque de moyens.
00:25:52On met parfois
00:25:53aujourd'hui plusieurs semaines
00:25:54pour trouver une place
00:25:54en hospitalisation.
00:25:56Il est illusoire
00:25:57aussi d'exiger
00:25:58d'un psychiatre
00:25:58de produire un diagnostic
00:25:59donc en quelques heures
00:26:00en amont
00:26:01de tout passage
00:26:02à l'acte
00:26:02pour établir
00:26:03une potentielle
00:26:04dangerosité
00:26:05sans trouble objectivé
00:26:06par un comportement
00:26:07extérieur clair.
00:26:09Illusoire de penser
00:26:10enfin mes chers collègues
00:26:11qu'on peut prévenir
00:26:12un passage à l'acte
00:26:13terroriste
00:26:13de cette manière.
00:26:14C'est pourtant
00:26:15ce que le texte
00:26:16exige des psychiatres
00:26:17et leur faire porter
00:26:19cette responsabilité
00:26:20est une insulte
00:26:21à leur profession.
00:26:22C'est concourir
00:26:23par ailleurs
00:26:24à la stigmatisation
00:26:25des personnes
00:26:25qui sont en souffrance
00:26:26psychique
00:26:27dans notre pays
00:26:27dont j'avais cru comprendre
00:26:28de la part
00:26:29d'un ancien Premier ministre
00:26:30que c'était une priorité
00:26:31pour l'État.
00:26:32A l'évidence aussi
00:26:33le texte consacre
00:26:34un véritable excès
00:26:35de pouvoir.
00:26:37Avec cette loi
00:26:37le pouvoir exécutif
00:26:39exercerait une nouvelle
00:26:40tutelle sur l'autorité
00:26:41judiciaire
00:26:41puisque le texte
00:26:42prévoit que le préfet
00:26:43puisse solliciter
00:26:44le juge des libertés
00:26:45et de la détention
00:26:45en cas de refus
00:26:46de l'individu
00:26:47de se soumettre
00:26:47à l'injonction
00:26:48de cet examen psychiatrique
00:26:49pour l'ordonner.
00:26:51Je le rappelle
00:26:52sans passage à l'acte
00:26:53alors que le juge
00:26:54ne peut en joindre au soin
00:26:55que dans le cadre
00:26:55d'une procédure pénale
00:26:56jusqu'à maintenant.
00:26:58Le discours pseudo-psychiatrique
00:27:00des défenseurs
00:27:01de cette loi
00:27:01inspire aussi
00:27:02l'extension du régime
00:27:03de la rétention
00:27:03de sûreté
00:27:04aux individus condamnés
00:27:06pour des faits
00:27:06de terrorisme
00:27:07présentant un trouble psychiatrique.
00:27:09Il faut dire
00:27:10la vérité aux Français.
00:27:13La sûreté judiciaire
00:27:14doit avoir été décidée
00:27:15au moment du prononcé
00:27:17de la condamnation.
00:27:18Elle n'est donc applicable
00:27:19que dans les cas
00:27:20où elle a été prononcée
00:27:21c'est-à-dire
00:27:21très rarement en pratique.
00:27:23Ensuite,
00:27:24la sûreté judiciaire
00:27:25pâtit d'un vice originel.
00:27:26Le régime
00:27:27distingue
00:27:27les victimes majeures
00:27:29mineures
00:27:29et n'est applicable
00:27:30pour les victimes majeures
00:27:31qu'en cas de récidive.
00:27:33Quid des victimes majeures
00:27:34hors cas de récidive ?
00:27:35A l'évidence,
00:27:36le texte rate
00:27:37encore une fois
00:27:38sa cible
00:27:38et les troubles graves
00:27:40de la personnalité
00:27:41qui sont évoqués
00:27:42dans le texte
00:27:43érigés en critères
00:27:44cumulatifs
00:27:45alors que je le redis
00:27:46il n'en est rien
00:27:47du lien prétendu
00:27:48entre fanatisme
00:27:49et maladie mentale
00:27:50vide le texte
00:27:52de son effectivité
00:27:53et rendent le régime
00:27:54définitivement inopérant.
00:27:56J'ai dit un mot
00:27:57du discours
00:27:58qui règle la loi
00:27:58après le discours
00:27:59que nous contestons
00:28:00vient la critique
00:28:01de la méthode
00:28:01une méthode
00:28:03aussi simple
00:28:03qu'elle est dangereuse
00:28:04l'arbitraire
00:28:05l'arbitraire
00:28:07comme seule réponse
00:28:08au terrorisme
00:28:09l'excès de pouvoir
00:28:10de l'exécutif
00:28:11et l'enfermement
00:28:12préventif
00:28:13sans décision
00:28:14de justice
00:28:14sur ordre
00:28:15cet entrainement
00:28:17c'est un renoncement
00:28:18à tous les principes
00:28:19fondamentaux
00:28:19de notre état de droit
00:28:21cette méthode
00:28:22l'arbitraire
00:28:22comme système
00:28:23y règle les articles
00:28:243, 5, 7, 8
00:28:25et 8 bis
00:28:27disons-le d'emblée
00:28:28il est très rare
00:28:29que le juge
00:28:30y reclure au régime
00:28:31de la prévention
00:28:32de récidives terroristes
00:28:33il y a seulement
00:28:33deux décisions
00:28:34aujourd'hui
00:28:35en vérité
00:28:36il ne permet pas
00:28:37d'interdire les contacts
00:28:38une mesure
00:28:38de surveillance judiciaire
00:28:40en la matière
00:28:40est beaucoup plus efficace
00:28:41son extension
00:28:42ne servirait donc
00:28:43à rien
00:28:45mais la proposition
00:28:46de loi
00:28:46prévoit le déclenchement
00:28:47du régime
00:28:48sur la base
00:28:48d'une évaluation
00:28:49de la dangerosité
00:28:50potentielle
00:28:51faite par l'administration
00:28:52pénitentiaire
00:28:53en anticipation
00:28:54de la commission
00:28:55d'un acte terroriste
00:28:56alors que le danger
00:28:57doit être avéré
00:28:58pour prendre une mesure
00:28:59privative de liberté
00:29:01les critères retenus
00:29:03sont éminemment subjectifs
00:29:04comment allez-vous
00:29:05objectiver
00:29:05la probabilité
00:29:06très élevée
00:29:07de commettre
00:29:07un acte terroriste
00:29:08on tombe ici
00:29:09en plein dans un critère
00:29:10d'opinion
00:29:11alors que les terrorismes
00:29:12se jugent
00:29:13et ne peut en aucun cas
00:29:14faire l'objet
00:29:15d'une approche
00:29:16prédictive
00:29:17on est là
00:29:18en flagrant délit
00:29:19d'inconstitutionnalité
00:29:20une nouvelle fois
00:29:21le choix de l'arbitraire
00:29:23c'est aussi
00:29:23la possibilité
00:29:24prévue par le texte
00:29:25pour le ministère
00:29:25de l'intérieur
00:29:26d'assortir l'appel
00:29:27formé contre les jugements
00:29:28des tribunaux administratifs
00:29:29annulant le renouvellement
00:29:30d'une micasse
00:29:31d'une demande
00:29:32de sursis à exécution
00:29:33c'est le choix
00:29:34de renforcer encore
00:29:35le pouvoir du ministère
00:29:36contre la décision
00:29:37du juge administratif
00:29:39alors oui
00:29:39les micasses
00:29:40assurent
00:29:40un confort
00:29:41pour les services
00:29:41de renseignement
00:29:42mais seule
00:29:43la surveillance humaine
00:29:44les écoutes
00:29:45les filatures
00:29:46sont à même
00:29:46de déjouer
00:29:47des tentatives
00:29:48de passage
00:29:48à l'acte criminel
00:29:49et surtout
00:29:50vous le savez
00:29:50ces mesures
00:29:51se heurtent parfois
00:29:52frontalement
00:29:52au travail
00:29:53du subi du judiciaire
00:29:54lorsque par exemple
00:29:55le simple fait
00:29:56d'aller travailler
00:29:57implique un sauf conduit
00:29:58on attendait
00:30:00en tout cas mieux
00:30:00pour nous protéger
00:30:01contre le terrorisme
00:30:03que des mesures
00:30:03qui attaquent
00:30:04frontalement
00:30:04notre état de droit
00:30:06et qui sont pour autant
00:30:06tout à fait inefficaces
00:30:08dans la lutte
00:30:09antiterroriste
00:30:11mais le choix
00:30:12ultime
00:30:13des auteurs
00:30:13de ce texte
00:30:14pour l'arbitraire
00:30:15c'est sans aucun doute
00:30:17l'allongement
00:30:17de 180 à 210 jours
00:30:19de la durée
00:30:20de rétention
00:30:21en centre
00:30:21de rétention
00:30:22administrative
00:30:23ce choix
00:30:24de l'arbitraire
00:30:26c'est aussi
00:30:26celui du mensonge
00:30:27et de la lâcheté
00:30:29commençons par dire
00:30:30qu'il n'y a pas
00:30:30pire arbitraire
00:30:31dans notre pays
00:30:32que la rétention
00:30:33administrative
00:30:34pour motif
00:30:35d'ordre public
00:30:37un centre
00:30:37de rétention
00:30:38administrative
00:30:39c'est la prison
00:30:40sans le procès
00:30:42en France
00:30:43dans le pays
00:30:43qui a pris la bastille
00:30:44l'administration
00:30:46dispose encore
00:30:47du droit
00:30:47d'enfermer
00:30:48des gens
00:30:48sans aucune
00:30:49forme de jugement
00:30:50des étrangers
00:30:52au pays
00:30:53des droits
00:30:53de l'homme
00:30:55l'allongement
00:30:56de la durée
00:30:56de rétention
00:30:57c'est l'allongement
00:30:59de l'enfermement
00:31:00à la discrétion
00:31:01de l'administration
00:31:03et s'agissant
00:31:04d'une décision
00:31:04pouvant s'ajouter
00:31:05à la précédente
00:31:06donc c'est l'enfermement
00:31:07indéfini
00:31:07et perpétuel
00:31:09le choix
00:31:10de l'arbitraire
00:31:11c'est aussi
00:31:11le choix
00:31:11du mensonge
00:31:12parce que
00:31:13promettre aux français
00:31:14qu'on va régler
00:31:15le problème du terrorisme
00:31:16en augmentant
00:31:16la durée de rétention
00:31:17au gras de 30 jours
00:31:18c'est mentir
00:31:19aux français
00:31:21l'éloignement
00:31:22des personnes étrangères
00:31:23ne dépend pas
00:31:23du délai de rétention
00:31:24mais de la qualité
00:31:25du dialogue
00:31:26entre chancellerie
00:31:27de la coopération
00:31:28entre les états
00:31:29et nous savons très bien
00:31:30que les laissés-passer
00:31:31consulaires
00:31:32en général
00:31:32sont délivrés
00:31:33dans les premiers jours
00:31:34de la rétention
00:31:34vous savez très bien
00:31:35que les individus
00:31:36que vous ciblez
00:31:37sont enfermés
00:31:37pendant des années
00:31:38des mois
00:31:39voire des années
00:31:40dans les prisons
00:31:40donc qu'est-ce que vous faites
00:31:41de ce temps
00:31:42pour demander
00:31:43les laissés-passer consulaires
00:31:44faire croire aux gens
00:31:45qu'augmenter la rétention
00:31:46de 30 jours
00:31:47ça va nous permettre
00:31:48de mieux les obtenir
00:31:49c'est une honte
00:31:49et manipuler les victimes
00:31:51de ces attentats
00:31:52et de ces crimes
00:31:53pour vos ambitions idéologiques
00:31:54c'est aussi une honte
00:31:55d'une manière générale
00:31:57les laissés-passer consulaires
00:31:59sont délivrés
00:31:59très rapidement
00:32:00et vous le savez
00:32:01l'augmentation
00:32:02de la durée de rétention
00:32:03ne permet en aucun cas
00:32:04de mieux éloigner
00:32:06les ressortissants étrangers
00:32:07dont leur pays d'origine
00:32:08ne veulent pas
00:32:09au mensonge
00:32:11s'ajoute la lâcheté
00:32:12la lâcheté
00:32:14vis-à-vis des personnels
00:32:15de ces centres de rétention
00:32:16le placement
00:32:17en centre de rétention
00:32:19administratif
00:32:19de fichiers S
00:32:20ou d'individus
00:32:22signalés pour radicalisation
00:32:23dans des lieux
00:32:25où règne souvent
00:32:26le chaos
00:32:26associé à la promiscuité
00:32:28c'est absolument
00:32:31irresponsable
00:32:31la lâcheté
00:32:33c'est de laisser penser
00:32:34qu'on peut
00:32:35enfermer
00:32:36sans danger
00:32:36des personnes
00:32:38qui sont radicalisées
00:32:39avec d'autres retenues
00:32:40la lâcheté
00:32:42c'est de faire peser
00:32:43la responsabilité
00:32:43du risque zéro
00:32:44sur une administration
00:32:46celle des CRA
00:32:47et un personnel
00:32:48d'ailleurs
00:32:48qui est dévoué
00:32:49livré à lui-même
00:32:50avec souvent
00:32:51des jeunes professionnels
00:32:52alors que les conditions
00:32:54de vie dans les CRA
00:32:55sont déjà inacceptables
00:32:57les personnels
00:32:58sont formels
00:32:58les CRA
00:33:00ne sont pas adaptés
00:33:01à l'allongement
00:33:02infini
00:33:02de la période
00:33:03de rétention
00:33:04ni prévu
00:33:05pour la rétention
00:33:06d'individus
00:33:06aussi dangereux
00:33:08qui peuvent
00:33:08par nature
00:33:09influencer les autres
00:33:10alors mes chers collègues
00:33:12oui la république
00:33:13a le droit
00:33:13de se défendre
00:33:14par des moyens
00:33:16qui entravent
00:33:16parfois nos libertés
00:33:17mais ce droit
00:33:19doit toujours
00:33:20être conduit
00:33:21de manière strictement
00:33:22adaptée
00:33:23nécessaire
00:33:24et proportionnée
00:33:25tel n'est précisément
00:33:27pas le cas
00:33:28avec ce texte
00:33:28malgré notre arsenal
00:33:30policier
00:33:31et judiciaire
00:33:32le risque zéro
00:33:34n'existe pas
00:33:35le risque zéro
00:33:37c'est l'apanage
00:33:38des états
00:33:39totalitaires
00:33:41or la France
00:33:42est un état de droit
00:33:44et un état de droit
00:33:47ne se défend pas
00:33:48en renonçant
00:33:49à ses principes
00:33:52ce texte
00:33:57est une atteinte
00:33:59à notre état de droit
00:33:59et l'état de droit
00:34:00contrairement
00:34:01à ce que j'ai entendu
00:34:02plus tôt
00:34:02ne vous condamne pas
00:34:03à l'impuissance
00:34:04contrairement
00:34:05à ce que vous avancez
00:34:06monsieur le rapporteur
00:34:07ce texte
00:34:08est sans nul doute
00:34:09un coup politique
00:34:10pour ses auteurs
00:34:11de la communication politique
00:34:13il est surtout
00:34:14un coup d'épée
00:34:15dans l'eau
00:34:15dans la lutte
00:34:16antiterroriste
00:34:17un très mauvais coup
00:34:19pour notre état de droit
00:34:20et pour toutes ces raisons
00:34:21mes chers collègues
00:34:22nous déposons
00:34:23une motion de rejet
00:34:24et votre honneur
00:34:25c'est de la voter
00:34:26je vous remercie
00:34:31avant de passer
00:34:32à la mise en voie
00:34:33on va poursuivre
00:34:33avec les explications
00:34:34de vote
00:34:35je rappelle
00:34:36un orateur par groupe
00:34:37pour deux minutes maximum
00:34:38on commence avec madame Lebec
00:34:39c'est à vous
00:34:40merci madame la présidente
00:34:42je vous prie par avance
00:34:43de m'excuser
00:34:44pour mon extinction de voix
00:34:45une motion de rejet
00:34:46préalable
00:34:47c'est le choix
00:34:48qu'a fait la gauche
00:34:48ce soir
00:34:49sans proposer
00:34:50d'alternative
00:34:51au problème
00:34:51il refuse purement
00:34:53et simplement
00:34:53que nous débattions
00:34:54de ce texte
00:34:55je veux que ce choix
00:34:56soit clair pour tout le monde
00:34:58la gauche refuse
00:34:59de débattre d'un texte
00:35:00qui vise à combler
00:35:01des lacunes juridiques
00:35:02identifiées
00:35:03documentées
00:35:03qui ont coûté des vies
00:35:04des vies que nous aurions
00:35:06pu protéger
00:35:06si notre cadre légal
00:35:08avait été à la hauteur
00:35:09un texte qui
00:35:10rappelons-le
00:35:11s'applique aux français
00:35:12comme aux étrangers
00:35:13avec des articles
00:35:14qui concernent
00:35:14le suivi psychiatrique
00:35:15la prévention de la récidive
00:35:16terroriste
00:35:17la transmission d'informations
00:35:18entre services
00:35:19ce texte a été soumis
00:35:20à l'avis du conseil d'état
00:35:21il est le fruit
00:35:22de longs mois de travail
00:35:23d'ajustement
00:35:24de garantie
00:35:26constitutionnelle
00:35:27soigneusement intégrée
00:35:28un texte encadré
00:35:29proportionné
00:35:29soumis au contrôle du juge
00:35:30à chaque étape
00:35:31on peut être en désaccord
00:35:32sur des articles
00:35:33on peut vouloir modifier
00:35:34des dispositions
00:35:35c'est le rôle du parlement
00:35:36et nous l'aurions accueilli
00:35:37volontiers
00:35:37mais refuser le débat lui-même
00:35:39sur un sujet aussi grave
00:35:40que la sécurité des français
00:35:41et la prévention du terrorisme
00:35:43est un choix politique
00:35:44et c'est un choix
00:35:45que les français jugeront
00:35:46le groupe ensemble
00:35:47pour la république
00:35:47votera évidemment
00:35:48contre cette motion de rejet
00:35:49parce que ce débat
00:35:50nous le devons en français
00:35:51je vous remercie
00:35:52je vous remercie
00:35:54la parole est à monsieur
00:35:55Léaumont
00:35:57merci
00:35:58madame la présidente
00:36:00monsieur le député
00:36:02monsieur le ministre
00:36:03de l'intérieur
00:36:04de Louis XVI
00:36:06avec ce texte
00:36:07vous proposez donc
00:36:08de rétablir
00:36:09les bastilles
00:36:10mais réservées
00:36:10aux sols étrangers
00:36:11ce qui est contraire
00:36:13à l'article 1er
00:36:14de la déclaration
00:36:14des droits de l'homme
00:36:15et du citoyen
00:36:16qui dit que les hommes
00:36:17naissent et demeurent
00:36:18libres et égaux en droit
00:36:19je vous signale
00:36:20que la déclaration
00:36:20des droits de l'homme
00:36:21et du citoyen
00:36:22ne fait pas de différence
00:36:22entre les étrangers
00:36:23et les français
00:36:24puisque comme républicains
00:36:26nous considérons normalement
00:36:27que les règles
00:36:28que nous appliquons
00:36:28aux français
00:36:29s'appliquent aussi
00:36:30aux étrangers
00:36:31qui sont sur le territoire
00:36:32de la république
00:36:33et que normalement
00:36:34nous ne faisons pas de différence
00:36:35d'ailleurs
00:36:36la proposition
00:36:37que vous faites
00:36:37est inefficace
00:36:38pour des terroristes
00:36:40qui seraient
00:36:40en réalité français
00:36:42puisque vous ne pouvez pas
00:36:43les enfermer
00:36:43dans des centres
00:36:44de rétention administrative
00:36:45mais peut-être
00:36:46que cela finira
00:36:47par arriver
00:36:47et que au fond
00:36:48vous voulez pouvoir
00:36:49en bastiller les gens
00:36:50sans procès
00:36:51comme vous avez
00:36:53essayé peut-être
00:36:54de le faire
00:36:55avec madame Rima Hassan
00:36:57pour le reste
00:36:58vous confondez tout
00:36:59vous confondez tout
00:37:00puisque vous confondez
00:37:01la question
00:37:02des troubles psychologiques
00:37:03et la question
00:37:05du terrorisme
00:37:06et de la radicalisation
00:37:07et vous voyez
00:37:08comment votre responsabilité
00:37:10sur ce sujet
00:37:11est importante
00:37:12vous qui
00:37:13en quelques années
00:37:14avez divisé par deux
00:37:16le nombre de lits
00:37:17dans les hôpitaux psychiatriques
00:37:19alors même
00:37:20que vous venez
00:37:21aujourd'hui nous dire
00:37:22qu'il faudrait développer
00:37:23des moyens
00:37:24pour faire face
00:37:24au terrorisme
00:37:25bref
00:37:26vous confondez
00:37:27la question psychiatrique
00:37:29et la question terroriste
00:37:30et moi je veux saluer
00:37:32le travail
00:37:33le travail de celles et ceux
00:37:33qui justement
00:37:34luttent contre cette menace
00:37:36terroriste
00:37:36le travail de celles et ceux
00:37:38qui font ce travail
00:37:39de manière précise
00:37:41et qui ne sont pas
00:37:42des médecins
00:37:43mais qui sont des services
00:37:44de renseignement
00:37:45oui
00:37:45je salue leur travail
00:37:46parce que ça
00:37:47c'est une manière utile
00:37:49de lutter
00:37:49contre le terrorisme
00:37:51pour le reste
00:37:52nous combattrons ce texte
00:37:53et évidemment
00:37:53nous voterons cette motion
00:37:55de rejet préalable
00:37:56et je signale à madame Lebec
00:37:57que quand il s'agit
00:37:58de supprimer le 1er mai
00:37:59vous votez les motions de rejet
00:38:01pour que ça aille
00:38:01directement au Sénat
00:38:04je vous remercie
00:38:05la parole est à monsieur Houllier
00:38:09si madame la présidente
00:38:10évidemment ma première observation
00:38:11sera le fait
00:38:13que le groupe
00:38:13Ensemble pour la République
00:38:14est bien mal avisé aujourd'hui
00:38:15de reprocher le dépôt
00:38:16d'une motion de rejet préalable
00:38:17après son attitude
00:38:18la semaine passée
00:38:20dans ce même hémicycle
00:38:21la deuxième remarque
00:38:22sera pour noter
00:38:24finalement
00:38:25l'incohérence de ce texte
00:38:26qui cumule
00:38:27à la fois des mesures
00:38:28sur le soin psychiatrique
00:38:29sous injonction
00:38:30de police administrative
00:38:31des mesures
00:38:32sur des sûretés
00:38:33antiterroristes
00:38:34après détention
00:38:35de détenus
00:38:36et des mesures
00:38:37qui entretiennent
00:38:38une savante confusion
00:38:39entre l'immigration
00:38:41d'une part
00:38:42fustelle irrégulière
00:38:43et la délinquance
00:38:44d'autre part
00:38:44ce qui était jusque là
00:38:46l'apanage de l'extrême droite
00:38:47c'est une des premières raisons
00:38:48pour lesquelles
00:38:49la motion de rejet
00:38:50s'impose
00:38:50la deuxième raison
00:38:52pour laquelle
00:38:52elle s'impose
00:38:53c'est naturellement
00:38:55l'inutilité des mesures
00:38:56qui vous a été démontrée
00:38:56avec éclat
00:38:58par ma collègue
00:38:58Céline Hervieux
00:38:59puisqu'elle n'aurait pas
00:39:02empêché finalement
00:39:03les crimes
00:39:03sur lesquels
00:39:04vous vous servez ce soir
00:39:05puisque c'est bien
00:39:06ce que vous faites
00:39:07et elle n'aurait pas
00:39:08empêché non plus
00:39:10des mesures
00:39:11de déradicalisation
00:39:12à l'égard des prévenus
00:39:13ou des détenus
00:39:14qui seraient relâchés
00:39:15tout comme
00:39:15elles n'empêcheront pas
00:39:17les maladies mentales
00:39:18de prospérer
00:39:18si vous ne consacrez pas
00:39:19les moyens
00:39:20ce que vous vous refusez
00:39:20à faire jusqu'à présent
00:39:21et puis au fond
00:39:22je veux attirer votre attention
00:39:24sur la troisième raison
00:39:25qui nous pousse
00:39:26à déposer cette notion
00:39:27de rejet préalable
00:39:27c'est celle
00:39:28de l'inconstitutionnalité
00:39:29manifeste de vos mesures
00:39:31sur au moins
00:39:32deux d'entre elles
00:39:32les articles
00:39:33qui concernent
00:39:34la sûreté antiterroriste
00:39:36ils ont été sanctionnés
00:39:36dans les mêmes dispositions
00:39:39en 2020
00:39:39par le conseil constitutionnel
00:39:40c'était la proposition
00:39:41de loi de nos collègues
00:39:43Gauvin et Brun Pivet
00:39:44qui prévoyaient
00:39:45le prononcé
00:39:45par la juridiction
00:39:47régionale
00:39:47de sûreté
00:39:48de rétention
00:39:49des mesures
00:39:50que vous apprêtez
00:39:51à rétablir
00:39:51les mesures
00:39:52qui sont celles
00:39:53sur la rétention
00:39:54administrative
00:39:54le président
00:39:56de la commission
00:39:56des lois
00:39:57Florent Boudier
00:39:57vient d'avouer
00:39:58leur inconstitutionnalité
00:39:59en proposant
00:40:00de modifier
00:40:01exactement
00:40:01comme nous l'avions relevé
00:40:02l'article 8
00:40:03l'article 8 bis
00:40:04et toutes les dispositions
00:40:06que nous avions critiquées
00:40:06en commission
00:40:07c'est la raison
00:40:08pour laquelle
00:40:08à nouveau
00:40:09la motion de rejet
00:40:10préalable s'impose
00:40:10elle aurait pu s'imposer
00:40:11dès le départ
00:40:12si vous nous aviez écouté
00:40:12en commission
00:40:14je vous remercie
00:40:15la parole est à monsieur Barnier
00:40:20merci madame la présidente
00:40:22monsieur le ministre
00:40:23mes chers collègues
00:40:24à cet instant
00:40:25j'ai à mon tour
00:40:26évidemment en mémoire
00:40:27ce que disait
00:40:28à cette tribune
00:40:29le 1er juillet 2025
00:40:31notre très regretté
00:40:33collègue
00:40:34Olivier Marlex
00:40:35qui fut l'un des tout premiers
00:40:37à porter ce texte
00:40:38devant notre assemblée
00:40:39ces mots
00:40:40sont les suivants
00:40:41l'émotion appelle
00:40:42non pas l'excès
00:40:43et la caricature
00:40:45mais la dignité
00:40:46et la responsabilité
00:40:48il y a en effet
00:40:49dans ces enjeux
00:40:50beaucoup d'émotion
00:40:51de colère aussi
00:40:51mes chers collègues
00:40:52en septembre 24
00:40:54notre pays
00:40:55était bouleversé
00:40:55par l'assassinat
00:40:56barbare
00:40:57de la jeune Philippine
00:40:58le noir de Carland
00:41:00un peu plus tard
00:41:01en février 25
00:41:02un homme de 69 ans
00:41:04a lui aussi été assassiné
00:41:05dans les mêmes conditions
00:41:06à Mulhouse
00:41:07et nous pensons
00:41:08à toutes ces victimes
00:41:10à leur famille
00:41:11et j'imagine
00:41:12madame Hervieux
00:41:13ce qu'a en réalité
00:41:13le sentiment
00:41:14en vous écoutant
00:41:15parler tout à l'heure
00:41:16d'études d'impact
00:41:22avec cette mémoire
00:41:24que nous devons légiférer
00:41:25et je recommande
00:41:26à chacun d'entre nous
00:41:27de ne pas avoir
00:41:28la mémoire courte
00:41:29c'est avec cette mémoire
00:41:31que nous présentons
00:41:32aujourd'hui
00:41:33avec Charles Hotwell
00:41:34et plusieurs dizaines
00:41:35de parlementaires
00:41:36cette proposition de loi
00:41:37il y a en effet
00:41:38beaucoup de dispositions
00:41:39dans ce texte
00:41:40notamment
00:41:40la prévention psychiatrique
00:41:42qui vaut partout
00:41:43madame Hervieux
00:41:44partout
00:41:44mais il y a aussi
00:41:46une mesure
00:41:47portant
00:41:47la possibilité
00:41:48de mener
00:41:50de 90 à 210 jours
00:41:51la rétention administrative
00:41:52de personnes étrangères
00:41:54ayant commis
00:41:55des crimes
00:41:55des délits graves
00:41:56faisant l'objet
00:41:57d'une obligation
00:41:58de quitter le territoire
00:41:59ou constituant
00:42:00une menace
00:42:01pour l'ordre public
00:42:02madame Hervieux
00:42:03mesdames
00:42:04mes chers collègues
00:42:04cette disposition
00:42:05n'est pas de droite
00:42:06ou de gauche
00:42:07elle est du côté
00:42:08des victimes
00:42:09elle est du côté
00:42:10de la sécurité
00:42:12que nous devons
00:42:13que l'état
00:42:13doit aux citoyens
00:42:14à tous les
00:42:14à tous les français
00:42:17le dispositif
00:42:17qui vous est proposé
00:42:19qui a été revu
00:42:19et corrigé
00:42:20comme l'a dit
00:42:20notre président
00:42:22de la commission des lois
00:42:22est conforme
00:42:24aux droits européens
00:42:25conforme
00:42:25à nos principes
00:42:26constitutionnels
00:42:27il est marqué
00:42:28par l'esprit
00:42:29de responsabilité
00:42:32mes chers collègues
00:42:34il me semble
00:42:35que dans cette émission
00:42:36nous sommes là
00:42:36pour trouver des solutions
00:42:37aux préoccupations
00:42:39des français
00:42:40c'est un texte
00:42:41de bon sens
00:42:42un texte utile
00:42:43voilà pourquoi
00:42:43notre groupe
00:42:44de la droite républicaine
00:42:45souhaite le rejet
00:42:47de cette motion
00:42:47merci
00:42:49la parole est à madame
00:42:50Balagel Mariki
00:42:54madame la présidente
00:42:56monsieur le rapporteur
00:42:57monsieur le ministre
00:42:58chers collègues
00:42:59nous rejetons ce texte
00:43:01parce qu'il ne renforce
00:43:03pas la sécurité
00:43:03il va affaiblir
00:43:04nos libertés
00:43:05ce faisant
00:43:05il affaiblit
00:43:07l'état de droit
00:43:07et ce n'est pas la peine
00:43:09de célébrer
00:43:09la défaite d'Orban
00:43:10la veille
00:43:11pour vous comporter
00:43:12comme lui
00:43:12le lendemain
00:43:13vous changez profondément
00:43:15la logique
00:43:15de notre droit pénal
00:43:17vous n'allez plus
00:43:18seulement juger
00:43:19les actes
00:43:19mais des intentions
00:43:20des opinions
00:43:21des suspicions
00:43:22la psychiatrie
00:43:23devient un outil
00:43:24de tri sécuritaire
00:43:25alors qu'elle devrait
00:43:26rester un outil
00:43:27de soin
00:43:28et pire
00:43:28vous faites de la radicalisation
00:43:31un phénomène médical
00:43:32alors qu'il est social
00:43:33complexe
00:43:34et politique
00:43:35ensuite vous banalisez
00:43:37l'idée d'un enfermement
00:43:38sans fin
00:43:38avec la rétention
00:43:39de sûreté
00:43:40une personne peut être
00:43:41maintenue enfermée
00:43:42après sa peine
00:43:43sur la base
00:43:44d'une dangerosité
00:43:45supposée
00:43:45on ne punit plus
00:43:47pour ce qui a été fait
00:43:48mais on anticipe
00:43:49ce qui pourrait
00:43:50advenir
00:43:51et troisièmement
00:43:52vous transformez
00:43:52la rétention administrative
00:43:53en une quasi-prison
00:43:55un exemple
00:43:56aujourd'hui
00:43:56des personnes
00:43:57pourraient être
00:43:57enfermées
00:43:58jusqu'à 210 jours
00:43:59dans des conditions
00:44:00indignes
00:44:00alors que l'on sait
00:44:02qu'une personne
00:44:03sur deux
00:44:03est effectivement
00:44:04éloignée
00:44:05et quand elle l'est
00:44:05c'est au bout
00:44:06de 45 jours
00:44:07en moyenne
00:44:07autrement dit
00:44:08on enferme
00:44:09pour longtemps
00:44:10et pour rien
00:44:11et là vous allez
00:44:12franchir une troisième
00:44:13ligne démocratique
00:44:14majeure vous acceptez
00:44:15qu'une mesure jugée
00:44:16illégale par un juge
00:44:18continue de s'appliquer
00:44:19dans quel état de droit
00:44:21une décision de justice
00:44:23peut être neutralisée
00:44:24par l'administration
00:44:25est-ce que vous vous rendez
00:44:26compte
00:44:27de la porte que vous êtes
00:44:28en train d'ouvrir
00:44:29vers l'autoritarisme
00:44:30et surtout une démocratie
00:44:32qui commence à enfermer
00:44:33sur des hypothèses
00:44:34est une démocratie
00:44:35qui ne sait plus très bien
00:44:37pourquoi est-ce qu'elle
00:44:38enferme
00:44:38pour toutes ces raisons
00:44:39nous rejetons ce texte
00:44:41et nous voterons
00:44:41la motion de rejet
00:44:42du groupe socialiste
00:44:44je vous remercie
00:44:46la parole est à monsieur
00:44:47Martineau
00:44:49merci madame la présidente
00:44:51monsieur le ministre
00:44:52le groupe les démocrates
00:44:53s'opposera à cette motion
00:44:55de rejet préalable
00:44:56car rejeter un texte
00:44:58avant même son examen
00:44:59en séance publique
00:45:01reviendrait
00:45:02oui oui on ne l'a pas rejeté
00:45:03non non la parole est à monsieur
00:45:05Martineau
00:45:05je vous remercie
00:45:06rejeter ce texte
00:45:06avant même son examen
00:45:08en séance publique
00:45:08reviendrait à refuser le débat
00:45:10sur un sujet qui exige
00:45:12précisément l'inverse
00:45:14de la confrontation d'idées
00:45:15de la rigueur
00:45:16et du travail collectif
00:45:18nous sommes confrontés
00:45:19à une menace terroriste
00:45:21qui évolue
00:45:21qui se complexifie
00:45:23et qui met à l'épreuve
00:45:24nos outils juridiques
00:45:25les profils que nous devons
00:45:27aujourd'hui appréhender
00:45:28mêlant radicalisation
00:45:30et troubles psychiatriques
00:45:31rendent encore plus difficile
00:45:33la prévention du passage
00:45:34à l'acte
00:45:35face à cette réalité
00:45:36pouvons-nous sérieusement
00:45:37considérer
00:45:38qu'il ne faudrait pas
00:45:39débattre des moyens
00:45:40d'y répondre
00:45:41pour le groupe
00:45:42Les Démocrates
00:45:43la réponse est clairement
00:45:44non
00:45:44ce texte comporte
00:45:45des dispositions
00:45:46importantes
00:45:47il propose des évolutions
00:45:49attendues
00:45:49notamment pour renforcer
00:45:51l'efficacité
00:45:52des mesures d'éloignement
00:45:53des individus dangereux
00:45:55améliorer le suivi
00:45:56de certains profils à risque
00:45:57ou encore combler
00:45:58des lacunes identiflées
00:45:59de notre droit
00:46:00ce texte peut ne pas
00:46:02convenir à certains
00:46:03ici en l'état
00:46:04mais précisément
00:46:05le rôle du débat
00:46:07parlementaire
00:46:08que d'en ajuster
00:46:09les équilibres
00:46:11et de mieux
00:46:11les sécuriser
00:46:12juridiquement
00:46:13si besoin
00:46:14refuser d'entrer
00:46:15dans cette discussion
00:46:16ce serait se priver
00:46:18collectivement
00:46:19de notre capacité
00:46:20à légiférer
00:46:21utilement
00:46:22c'est aussi
00:46:23méconnaître le travail
00:46:24déjà accompli
00:46:24en commission
00:46:25des lois
00:46:26pour renforcer
00:46:27les garanties
00:46:28et tenir compte
00:46:28des exigences
00:46:29constitutionnelles
00:46:30enfin
00:46:31rejeter ce texte
00:46:32d'emblée
00:46:33c'est envoyer
00:46:34un message incompréhensible
00:46:36à nos concitoyens
00:46:37qui attendent de nous
00:46:39non pas des postures
00:46:40mais des réponses
00:46:41le groupe
00:46:42Les Démocrates
00:46:43soutient l'objectif
00:46:44poursuivi
00:46:44par cette proposition
00:46:45de loi
00:46:46mieux protéger
00:46:47les français
00:46:48face à une menace
00:46:49bien réelle
00:46:50c'est pourquoi
00:46:51nous défendons
00:46:52son examen
00:46:53en séance publique
00:46:54dans cet hémicycle
00:46:55là où le débat
00:46:57démocratique
00:46:58doit pleinement
00:46:58s'exprimer
00:46:59pour toutes ces raisons
00:47:00nous voterons
00:47:01contre cette motion
00:47:02de rejet
00:47:02je vous remercie
00:47:03je vous remercie
00:47:05la parole est à
00:47:06monsieur Berrios
00:47:07madame la présidente
00:47:09monsieur le ministre
00:47:09monsieur le rapporteur
00:47:11nous avons été
00:47:13150 parlementaires
00:47:15à signer
00:47:15la proposition
00:47:16de loi
00:47:17de Charles-And-Well
00:47:19et
00:47:20nous l'avons fait
00:47:21avec
00:47:22avec gravité
00:47:24en pensant
00:47:26comme l'a rappelé
00:47:26le premier ministre
00:47:27Michel Barnier
00:47:28à l'instant
00:47:29aux victimes
00:47:30et à leurs familles
00:47:33certes
00:47:34le risque zéro
00:47:35n'existe pas
00:47:36madame Hervieux
00:47:36vous avez parfaitement
00:47:37raison
00:47:38mais je crois
00:47:39que notre honneur
00:47:40collectif
00:47:41c'est précisément
00:47:43de travailler
00:47:43à s'en rapprocher
00:47:45et
00:47:46lorsque nous vous proposons
00:47:48de renforcer
00:47:49la sécurité
00:47:49la rétention administrative
00:47:51et la prévention
00:47:52des risques
00:47:52d'attentats
00:47:53c'est le chemin
00:47:54que nous vous proposons
00:47:55tous collectivement
00:47:56et on peut que regretter
00:47:58que de l'extrême gauche
00:47:59LFI jusqu'au PS
00:48:01vous nous disiez
00:48:02finalement
00:48:02circuler
00:48:03il n'y a rien à voir
00:48:05au contraire
00:48:06il y a tout à voir
00:48:08les victimes
00:48:09les familles
00:48:10les français
00:48:10attendent
00:48:11qu'on les protège
00:48:12et nous pouvons
00:48:14nous saisir
00:48:14de ce sujet
00:48:15nous pouvons
00:48:16en débattre
00:48:17et vous nous expliquez
00:48:18tranquillement
00:48:18que tout cela
00:48:19n'est pas grave
00:48:20que vous êtes
00:48:21élue parisienne
00:48:22et que par conséquent
00:48:23vous avez
00:48:24en héritage
00:48:25les faits d'attentats
00:48:26qui se sont passés
00:48:27à Paris
00:48:28mais que surtout
00:48:29il ne faudrait pas
00:48:29en parler ici
00:48:30et que surtout
00:48:31il ne faudrait pas
00:48:32pouvoir en débattre
00:48:33et bien au groupe Horizon
00:48:34nous pensons
00:48:35exactement l'inverse
00:48:36au groupe Horizon
00:48:37indépendant
00:48:38nous pensons
00:48:38exactement l'inverse
00:48:39et c'est la raison
00:48:40pour laquelle
00:48:41nous voterons
00:48:42évidemment contre
00:48:42votre motion de rejet
00:48:44je vous remercie
00:48:45la parole est à
00:48:47monsieur Mazori
00:48:48madame la présidente
00:48:50monsieur le ministre
00:48:50monsieur le rapporteur
00:48:51monsieur le président
00:48:52mes chers collègues
00:48:53il y a deux façons
00:48:54de faire de la politique
00:48:55sur les sujets de sécurité
00:48:56soit on affronte le réel
00:48:58soit on l'esquive
00:48:59et sans surprise
00:49:00une partie de cet hémicycle
00:49:01malheureusement
00:49:01choisit systématiquement
00:49:03et immanquablement
00:49:04la seconde option
00:49:05et encore une fois de plus
00:49:07avec cette motion de rejet
00:49:07préalable
00:49:08cette motion est un renoncement
00:49:10alors que ce texte
00:49:11répond à une menace
00:49:12bien réelle
00:49:12qui pèse sur notre pays
00:49:14nous parlons de sécurité
00:49:15de terrorisme
00:49:16de ces failles
00:49:17dans notre cadre légal
00:49:18tragiquement révélées
00:49:19ces dernières années
00:49:20et que nos concitoyens
00:49:21eux ne supportent plus
00:49:23dans ce contexte
00:49:24nous empêcher même
00:49:25de débattre du texte
00:49:26c'est envoyer un signal
00:49:27de désarmement politique
00:49:29je le dis clairement
00:49:30on peut avoir des réserves
00:49:31et plusieurs députés
00:49:32de notre groupe
00:49:32en ont
00:49:33et ne manqueront pas
00:49:34de les exprimer
00:49:35on peut vouloir encadrer
00:49:36davantage certaines mesures
00:49:37afin d'assurer
00:49:38un meilleur équilibre
00:49:39entre sécurité
00:49:40et liberté publique
00:49:41mais encore
00:49:42faut-il pouvoir
00:49:43en débattre
00:49:44le pire
00:49:45c'est que votre motion
00:49:46repose sur une illusion
00:49:47dangereuse
00:49:48l'idée qu'en écartant
00:49:49ce texte
00:49:50on réglerait d'un trait
00:49:51tous les problèmes
00:49:51qu'ils soulèvent
00:49:52les menaces
00:49:53elles ne disparaissent pas
00:49:55les individus radicalisés
00:49:56qui cumulent terrorisme
00:49:57et troubles mentaux
00:49:58qui menacent gravement
00:49:59notre sécurité
00:50:00ne vont pas disparaître
00:50:02malheureusement
00:50:02avec votre motion
00:50:04c'est aussi une question
00:50:05de responsabilité
00:50:07vis-à-vis des français
00:50:07qui attendent
00:50:09que nous agissions
00:50:09ce que vous refusez
00:50:11d'entendre
00:50:11c'est que la sécurité
00:50:12reste malgré tout
00:50:14la première préoccupation
00:50:15de nos concitoyens
00:50:16dans ces conditions
00:50:18bloquer le débat
00:50:19parlementaire aujourd'hui
00:50:20nous semblerait incompréhensible
00:50:22par conséquent
00:50:23le groupe Liott
00:50:23votera contre
00:50:24cette motion de rejet
00:50:26je vous remercie
00:50:27la parole est à madame Faucillon
00:50:30merci madame la présidente
00:50:32nous allons évidemment
00:50:33voter cette motion de rejet
00:50:34je veux dire quand même
00:50:35à quel point
00:50:36il est assez insupportable
00:50:37d'entendre
00:50:38certains collègues
00:50:39venir résumer
00:50:40le débat
00:50:41qui nous animerait aujourd'hui
00:50:42sur pour ou contre
00:50:44le terrorisme
00:50:45je le dis
00:50:45parce que
00:50:46lorsque des terroristes
00:50:47ont perpétré des attentats
00:50:49sur notre sol
00:50:50ils n'ont pas ciblé
00:50:52telle ou telle
00:50:52opinion politique
00:50:53ils n'ont pas choisi
00:50:54d'endeuiller des familles
00:50:55parce qu'elles étaient de gauche
00:50:56ou parce qu'elles étaient de droite
00:50:58ils ont tiré dans le tas
00:50:59et ils ont fait
00:51:00des malheureux partout
00:51:01donc un petit peu de respect
00:51:03s'il vous plaît
00:51:03quand nous abordons
00:51:04ces débats
00:51:05en revanche
00:51:06oui il y a des réponses
00:51:07différentes
00:51:08face au terrorisme
00:51:09et nous pensons
00:51:10très clairement
00:51:11que ce texte
00:51:11n'est pas une réponse
00:51:12mais un réflexe
00:51:13un mauvais réflexe
00:51:15devenu systématique
00:51:16en exploitant
00:51:18chaque drame
00:51:18pour durcir encore
00:51:19restreindre encore
00:51:20enfermer encore
00:51:21et peu importe
00:51:22que ce soit efficace
00:51:24ou non
00:51:24l'essentiel
00:51:25c'est d'afficher
00:51:26une prétendue fermeté
00:51:28je dis prétendue
00:51:29parce que ce n'est pas
00:51:30l'empilement de mesures
00:51:31inefficaces
00:51:32ce n'est pas l'affaiblissement
00:51:34méthodique
00:51:34de l'état de droit
00:51:35qui va nous permettre
00:51:36d'accéder à cette sécurité
00:51:38et ce qui est proposé ici
00:51:40c'est toujours
00:51:40la même chose
00:51:41plus de surveillance
00:51:42plus d'enfermement
00:51:43et moins de garantie
00:51:44et vous le faites
00:51:45surtout sans jamais
00:51:47être capable
00:51:48de démontrer
00:51:48que ce que vous avez voté
00:51:50jusque là fonctionne
00:51:50vous refusez ce débat de fond
00:51:52car en fait
00:51:53ce n'est pas votre question
00:51:54ici vous ne réglez rien
00:51:55vous ôtez à alimenter
00:51:57une dérive
00:51:57un récit
00:51:59je reviens par exemple
00:52:00sur la proposition
00:52:01d'aller jusqu'à 540 jours
00:52:02de rétention administrative
00:52:04l'idée
00:52:05l'idée
00:52:06n'est évidemment
00:52:06de rien régler
00:52:07d'autres collègues
00:52:08l'ont expliqué
00:52:09avant moi
00:52:09des personnes ressortent
00:52:11avant
00:52:12bien souvent
00:52:12et elles ne sont pas
00:52:14expulsées
00:52:15les laissés-passer consulaires
00:52:16interviennent
00:52:16beaucoup plus tôt
00:52:17non avec cette mesure
00:52:18l'idée c'est de continuer
00:52:20à créer
00:52:20dans les consciences
00:52:21un fil continu
00:52:22entre l'immigration
00:52:24et la criminalité
00:52:26je le dis
00:52:27ce texte ne renforcera
00:52:28en rien
00:52:28la sécurité
00:52:29en revanche
00:52:30il banalise
00:52:31l'arbitraire
00:52:31c'est pourquoi
00:52:32nous voterons
00:52:32cette motion de rejet
00:52:33je vous remercie
00:52:35j'ai vu
00:52:36monsieur Lomand
00:52:36votre rappel au règlement
00:52:37mais il est d'usage
00:52:38pendant les explications de vote
00:52:39qu'il n'y ait pas de rappel au règlement
00:52:41voilà je vous remercie
00:52:42sur le vote
00:52:43de la motion de rejet
00:52:44je suis saisie par le groupe
00:52:45la France insouise
00:52:45une demande de scrutin public
00:52:46de scrutin adensé
00:52:47dans l'ensemble
00:52:47de l'Assemblée nationale
00:52:48on poursuit
00:52:49avec monsieur Fessa
00:52:50allez-y
00:52:51merci madame la présidente
00:52:53à chaque dépôt
00:52:54de motion de rejet
00:52:55la gauche nous gratifie
00:52:56de grandes envolées lyriques
00:52:58pour nous expliquer
00:52:59le fondement
00:53:00de son dépôt
00:53:01de cette motion de rejet
00:53:02je crois que c'est beaucoup plus binaire
00:53:04en fait
00:53:04c'est un stimulus
00:53:05chez vous
00:53:06quand vous entendez des mots
00:53:07comme renforcer la sécurité
00:53:09ou immigration
00:53:10etc
00:53:10ça déclenche le dépôt
00:53:12d'une motion de rejet
00:53:13à l'UDR
00:53:14c'est l'inverse
00:53:15en fait
00:53:15nous on a un autre stimulus
00:53:16c'est que quand on entend
00:53:18ces mots là
00:53:18on a envie d'en parler
00:53:20de progresser
00:53:20de travailler le texte
00:53:21et de renforcer la sécurité
00:53:23voilà
00:53:24donc
00:53:26évidemment
00:53:26nous ne voterons pas
00:53:27votre motion de rejet
00:53:28je vous remercie
00:53:29je vous remercie
00:53:31la parole est à monsieur Taverne
00:53:36merci madame la présidente
00:53:37monsieur le ministre
00:53:38monsieur le président
00:53:39de la commission des lois
00:53:39monsieur le rapporteur
00:53:40chers collègues
00:53:41bon ce n'est pas étonnant
00:53:42de voir la gauche
00:53:43l'extrême gauche
00:53:43déposer une motion de rejet
00:53:45puisque à partir du moment
00:53:46où il y a des textes
00:53:47pour essayer d'assurer
00:53:48la sécurité des français
00:53:49vous y opposez toujours
00:53:50vous avez toujours plus
00:53:52de compassion pour les voyous
00:53:53que pour les victimes
00:53:54ça fait partie de votre ADS
00:53:56et votre philosophie
00:53:58vous avez beaucoup plus
00:53:59de compassion
00:54:00pour les narcotrafiquants
00:54:01que pour les honnêtes gens
00:54:02vous avez beaucoup plus
00:54:04de compassion
00:54:04pour les individus dangereux
00:54:05que pour une nouvelle fois
00:54:06les honnêtes gens
00:54:08vous êtes les partisans
00:54:10de l'insécurité
00:54:12vous voulez désarmer
00:54:13les policiers
00:54:14vous voulez supprimer
00:54:15la vidéoprotection
00:54:16dès qu'il y a des textes
00:54:17pour donner des moyens
00:54:18supplémentaires
00:54:19à nos policiers
00:54:20à nos gendarmes
00:54:20à nos magistrats
00:54:21vous vous y opposez
00:54:22systématiquement
00:54:23et là on voit en fait
00:54:24les socialistes
00:54:25qui essaient de prendre
00:54:26leur distance
00:54:27avec la France insoumise
00:54:28mais quand il s'agit
00:54:30de voter un texte
00:54:30pour assurer la sécurité
00:54:31des français
00:54:32le naturel revient au galop
00:54:33et vous vous associez
00:54:35à la France insoumise
00:54:37ce qu'il faut changer
00:54:39c'est la politique
00:54:40migratoire en France
00:54:41puisque je rappelle
00:54:42qu'en 2015
00:54:43moi j'étais sur le terrain
00:54:45mesdames et messieurs
00:54:45les députés
00:54:46j'ai eu des terroristes
00:54:48face à moi
00:54:49qui avaient dit
00:54:50que dans les flux migratoires
00:54:53il y avait très certainement
00:54:54des terroristes
00:54:55c'était François Hollande
00:54:56et vous n'avez jamais
00:54:58voulu changer
00:54:59la politique migratoire
00:55:00donc nous ce que nous voulons
00:55:02c'est changer profondément
00:55:04la politique migratoire
00:55:05avec un référendum
00:55:06puisque les français
00:55:07n'ont jamais été consultés
00:55:09sur cette question
00:55:10donc bien évidemment
00:55:11nous voterons
00:55:13contre cette motion de rejet
00:55:15et nous voterons
00:55:16pour ce test
00:55:16puisque notre priorité
00:55:17c'est la sécurité
00:55:19des français
00:55:19allez je vais mettre
00:55:22en voie la motion
00:55:23de rejet préalable
00:55:24je rappelle que c'est
00:55:25un scrutin public
00:55:26le scrutin est ouvert
00:55:32le scrutin est clos
00:55:35voici le résultat du scrutin
00:55:37votant 189
00:55:38exprimé 189
00:55:39majorité 95
00:55:40pour 55
00:55:41contre 134
00:55:42l'Assemblée nationale
00:55:43n'a pas adopté
00:55:44la motion de rejet
00:55:45préalable
00:55:46n'est pas adopté
00:55:57alors j'avais un rappel
00:55:59au règlement
00:55:59là de monsieur Léaumant
00:56:03sur la base
00:56:04de quel article
00:56:06merci madame la présidente
00:56:07sur la base
00:56:07de l'article
00:56:0891
00:56:09aliné à 5
00:56:10relatif aux motions
00:56:11de rejet préalable
00:56:12je signale quand même
00:56:13à nos collègues
00:56:14qui nous ont fait la leçon
00:56:15sur les motions de rejet
00:56:16préalable
00:56:16que quand vous voulez
00:56:18faire adopter des textes
00:56:19sans l'approbation
00:56:19de l'Assemblée nationale
00:56:20vous adoptez
00:56:21les motions de rejet
00:56:22préalable
00:56:22vous êtes même prêt
00:56:23à récupérer celle
00:56:24de la gauche
00:56:24pour aller faire supprimer
00:56:26le problème
00:56:26je vous remercie
00:56:27fort heureusement
00:56:28on va poursuivre avec la discussion générale
00:56:33que ceux qui veulent quitter
00:56:35l'hémicycle
00:56:36fassent rapidement
00:56:36s'il vous plaît
00:56:37pour qu'on puisse continuer
00:56:39donc nous reprenons
00:56:40avec la discussion générale
00:56:41madame Lebec
00:56:42c'est à vous
00:56:45madame la présidente
00:56:46monsieur le ministre
00:56:47monsieur le rapporteur
00:56:47mes chers collègues
00:56:49ce texte est né de faits
00:56:51de faits concrets
00:56:51de vies brisées
00:56:52de drames que nous aurions pu
00:56:54et dû éviter
00:56:55Philippine avait 19 ans
00:56:56elle a été assassinée
00:56:57en septembre 2024
00:56:59son meurtrier avait été condamné
00:57:01pour viol en 2021
00:57:02il faisait l'objet
00:57:03d'une OQTF
00:57:04il avait été placé
00:57:05en rétention administrative
00:57:06et il était sorti
00:57:08faute de base légale
00:57:09pour le maintenir
00:57:10quelques mois plus tard
00:57:11le 22 février 2025
00:57:13à Mulhouse
00:57:14Lino Soussa-Lourreiro
00:57:15perdait la vie
00:57:16sous les coups
00:57:17d'un ressortissant étranger
00:57:18radicalisé
00:57:19présentant des troubles psychiatriques
00:57:21condamnés pour apologie
00:57:22du terrorisme
00:57:23et libérés
00:57:24là encore
00:57:24faute de base légale
00:57:25ces drames
00:57:27nous devons les nommer
00:57:28pas pour les instrumentaliser
00:57:29pas pour instrumentaliser
00:57:31leur mémoire
00:57:32mais parce que notre rôle
00:57:33en tant que législateur
00:57:34est d'éviter
00:57:35qu'ils se reproduisent
00:57:37et je dis cela
00:57:37avec d'autant plus de gravité
00:57:38que certains dans cet hémicycle
00:57:40ont choisi de s'opposer
00:57:41à ce texte en commission
00:57:42je leur pose la question
00:57:43simplement
00:57:44que proposez-vous à la place
00:57:46ces actes
00:57:47ont un point commun
00:57:48ils ont été commis
00:57:49par des individus
00:57:50présentant à la fois
00:57:50des signes de radicalisation
00:57:52et des troubles psychiatriques
00:57:54ils sont ce que les spécialistes
00:57:55appellent des profils hybrides
00:57:57des profils qui déjouent
00:57:58nos catégories habituelles
00:57:59et qui pour cette raison
00:58:00passent trop souvent
00:58:01entre les mailles du filet
00:58:02depuis 2023
00:58:03sur 43 individus
00:58:05impliqués dans des projets
00:58:06d'attentats djihadistes
00:58:06en France
00:58:07dix présentaient
00:58:08des troubles psychiatriques
00:58:09ce n'est pas une coïncidence
00:58:11c'est une réalité
00:58:12que notre droit
00:58:12n'avait pas suffisamment
00:58:13pris en compte
00:58:14je veux le dire clairement
00:58:15nos services
00:58:16font un travail remarquable
00:58:17ce n'est pas leur compétence
00:58:19qui est en cause
00:58:19c'est le cadre juridique
00:58:20dans lequel ils opèrent
00:58:21il peut exister
00:58:22quelques jours de battement
00:58:23quelques heures de flottement
00:58:24administratif
00:58:25entre la fin d'une mesure
00:58:26de rétention
00:58:26l'attente d'une autorisation
00:58:28de surveillance
00:58:28la transmission
00:58:29d'une information
00:58:30entre services
00:58:31et c'est dans cet interstice
00:58:32qu'un drame peut survenir
00:58:34pas par négligence
00:58:35par insuffisance
00:58:36du cadre légal
00:58:37permettez-moi de rappeler
00:58:38l'architecture du texte
00:58:39car il importe
00:58:39de ne pas le caricaturer
00:58:416 de ces 8 articles
00:58:42s'appliquent aux français
00:58:43comme aux étrangers
00:58:44ceux qui veulent en faire
00:58:45un texte anti-immigration
00:58:46font une lecture
00:58:47franchement malhonnête
00:58:48de ce que nous proposons
00:58:49ce texte cible
00:58:51des individus dangereux
00:58:52pas des catégories
00:58:53de population
00:58:53la première série
00:58:55de mesures
00:58:55concerne des profils hybrides
00:58:56l'article 1er
00:58:58permet au préfet
00:58:59sous contrôle du juge
00:58:59de prendre une mesure
00:59:00d'injonction
00:59:01d'examen
00:59:01psychiatrique
00:59:02à l'égard
00:59:04d'individus dangereux
00:59:05susceptibles
00:59:05de passer à l'acte
00:59:06l'article 2
00:59:07étant la rétention
00:59:08de sûreté
00:59:08aux condamnés
00:59:09pour terrorisme
00:59:09présentant une forte
00:59:11probabilité de récidive
00:59:12cette mesure existe
00:59:13pour les personnes
00:59:13condamnées pour pédophilie
00:59:14mais pas pour terrorisme
00:59:15le droit antiterrorisme
00:59:17est moins disant
00:59:17que le droit commun
00:59:18et c'est un angle mort
00:59:19que nous comblons enfin
00:59:21l'article 3
00:59:22étant le régime
00:59:23de prévention
00:59:24de la récidive terroriste
00:59:25aux condamnés
00:59:25de droits communs
00:59:26radicalisés en détention
00:59:27car ce qui compte
00:59:28c'est l'état de dangerosité
00:59:29à la sortie
00:59:30et pas seulement à l'entrée
00:59:31l'article 4
00:59:33améliore la transmission
00:59:34d'informations
00:59:35entre services psychiatriques
00:59:36préfets et renseignements
00:59:37la deuxième série
00:59:38de mesures
00:59:38en force nationale
00:59:40antiterroriste
00:59:40en comblant
00:59:41des angles morts juridiques
00:59:42l'article 5
00:59:43améliore le suivi
00:59:44des personnes
00:59:44sous mesure
00:59:45de contrôle administratif
00:59:46l'article 6
00:59:46encadre la procédure
00:59:48de changement
00:59:48de nom
00:59:48de prénom
00:59:49pour lutter
00:59:50contre les stratégies
00:59:50de dissimulation identitaire
00:59:52et ce n'est qu'aux
00:59:53deux derniers articles
00:59:53que nous abordons
00:59:54enfin la rétention
00:59:55administrative
00:59:56l'article 7
00:59:57rétablit la base légale
00:59:58pour maintenir
00:59:59en rétention
00:59:59jusqu'à 210 jours
01:00:00les étrangers
01:00:01condamnés pour terrorisme
01:00:02l'article 8
01:00:03étant cette durée maximale
01:00:04aux étrangers
01:00:04sous OQTF
01:00:05condamnés
01:00:05pour des faits graves
01:00:06d'atteinte aux personnes
01:00:07dont le comportement
01:00:08constitue
01:00:08une menace réelle
01:00:10actuelle
01:00:10et d'une particulière gravité
01:00:12pour l'ordre public
01:00:13l'article 8 bis
01:00:14introduit en commission
01:00:15permet de replacer
01:00:16en rétention
01:00:17un étranger dangereux
01:00:18sur le fondement
01:00:19de la même mesure
01:00:20d'éloignement
01:00:20sans avoir engagé
01:00:21une nouvelle procédure
01:00:22il ne s'agit pas
01:00:23de mesures de masse
01:00:24nous parlons ici
01:00:25de cas très ciblés
01:00:26particulièrement dangereux
01:00:27pour l'ordre public
01:00:28ce sont des mesures
01:00:29encadrées
01:00:30proportionnées
01:00:30soumises à chaque étape
01:00:31au contrôle du juge
01:00:32mes chers collègues
01:00:33un travail de longue haleine
01:00:34a été engagé
01:00:35pour poser un dispositif
01:00:36pleinement conforme
01:00:37aux exigences constitutionnelles
01:00:38ceux qui s'y sont opposés
01:00:40en commission
01:00:40ont le droit de le faire
01:00:41mais qu'ils assument
01:00:42que ce soit devant les français
01:00:43ce texte ne cherche pas
01:00:44à contourner nos libertés publiques
01:00:45il cherche à les protéger
01:00:47tout en protégeant
01:00:48d'abord les personnes
01:00:49l'équilibre entre sécurité
01:00:50et liberté
01:00:51n'est pas un slogan
01:00:52c'est une exigence constitutionnelle
01:00:53que ce texte s'efforce
01:00:54de respecter
01:00:55article après article
01:00:56le groupe ensemble
01:00:57pour la république
01:00:58votera avec détermination
01:00:59en faveur de cette proposition
01:01:01de loi
01:01:01je vous remercie
01:01:04merci
01:01:08la parole est à monsieur Kerbrat
01:01:14pardon
01:01:16je dis monsieur Kerbrat
01:01:17comme je dis madame Lebec
01:01:19ça vous d'ailleurs
01:01:21comme propos
01:01:22ce que vous avez à l'instant
01:01:23c'est à vous
01:01:26madame la présidente
01:01:28monsieur le ministre
01:01:28monsieur le rapporteur
01:01:30chers collègues
01:01:30lors de l'examen
01:01:32de la précédente loi sécurité
01:01:34le conseil constitutionnel
01:01:35avait expulsé
01:01:36par la grande porte
01:01:37les mesures xénophobes
01:01:38de monsieur Retailleau
01:01:39les voici qui reviennent
01:01:41par la fenêtre
01:01:41cette fenêtre
01:01:42c'est vous
01:01:43représentant du bloc central
01:01:44qui l'ouvrez
01:01:45vous ne cherchez plus
01:01:46à incarner un cercle
01:01:47de la raison
01:01:48vous assumez désormais
01:01:49d'être le marche-pied
01:01:50de la réaction
01:01:50on prétend
01:01:52ce texte technique
01:01:53c'est ici un manche-change
01:01:54soit ces défenseurs
01:01:57ne l'ont pas lu
01:01:57soit ils en dissimulent
01:01:59sciemment l'origine
01:02:00car grâce à la presse
01:02:01nous savons d'où il vient
01:02:02ce n'est pas le fruit
01:02:04d'une réflexion parlementaire
01:02:05mais une commande directe
01:02:07d'un ancien ministre
01:02:08de l'intérieur
01:02:08c'est une liste de courses
01:02:10rédigée en sous-main
01:02:11par la coordination nationale
01:02:12du renseignement
01:02:13faute de grandes lois
01:02:14les services secrets
01:02:15sont désormais
01:02:16des députés
01:02:17pour porter leur lubie
01:02:18liberticide
01:02:19après tout
01:02:20monsieur Valoré
01:02:20s'est bien acheté
01:02:21un groupe parlementaire
01:02:22et une commission d'enquête
01:02:23pourquoi les services
01:02:24ne feraient-ils pas de même
01:02:27en creux
01:02:28la cible est immuable
01:02:29le musulman
01:02:30que l'on assimile
01:02:32par réflexe
01:02:32aux terroristes
01:02:33comme on faisait hier
01:02:34aux juifs
01:02:35un traître diasporique
01:02:36ou du protestant
01:02:37un hérétique siditieux
01:02:38dans cet ibici
01:02:39nous nous revendiquons
01:02:42et sommes pierres
01:02:42d'être les héritiers
01:02:43des effusards
01:02:43nous refusons
01:02:45de voir un ennemi
01:02:46intérieur
01:02:46en celui qui n'a pas
01:02:47la bonne religion
01:02:48quant à vous
01:02:49entre vos slogans
01:02:50de l'anti-france
01:02:51vos citations de Maurras
01:02:52et de Barès
01:02:53et vos slogans
01:02:54inspirés de Vichy
01:02:55vous érigez
01:02:56la suspicion en preuve
01:02:57et l'instinct du préfet
01:02:58en vérité absolue
01:03:00article par article
01:03:02nous allons démontrer
01:03:03le caractère liberticide
01:03:04de ce texte
01:03:05de la honte
01:03:05commençons par la monstruosité
01:03:07que vous avez enfantée
01:03:08en commission
01:03:08l'article 8 bis
01:03:10et le rétablissement
01:03:11des lettres de cachet
01:03:12pour justifier
01:03:13l'injusticiable
01:03:14vous utilisez
01:03:15encore aujourd'hui
01:03:16des drames nationaux
01:03:17comme le meurtre tragique
01:03:19de Philippines
01:03:19oui c'est un cynisme
01:03:21sans limite
01:03:21vous savez parfaitement
01:03:23que dans cette affaire
01:03:24le suspect a été relâché
01:03:25après 70 jours
01:03:27bien avant le plafond
01:03:28légal
01:03:29à 90 jours
01:03:30prétendre
01:03:31qu'allonger
01:03:31la durée de rétention
01:03:32protégera les français
01:03:33est un mensonge
01:03:35éhonté
01:03:35ce n'est pas le droit
01:03:36qui a failli
01:03:37c'est votre administration
01:03:38pourtant
01:03:39vous inventez
01:03:41la perpétuité
01:03:42perpétuité
01:03:43administrative
01:03:43par tranche
01:03:44vous voulez autoriser
01:03:45le cumul
01:03:46des placements
01:03:46de rétention
01:03:46jusqu'à 360 jours
01:03:48voire 540 jours
01:03:50c'est 18 mois
01:03:52de prison
01:03:53de rétention
01:03:54sans aucune infraction
01:03:55réelle
01:03:55même vos propres cadres
01:03:57au ministère de l'intérieur
01:03:58le confit à la presse
01:04:00c'est de la pure posture
01:04:01si un pénit
01:04:03ne délivre pas
01:04:04les laisser passer
01:04:04consulaires
01:04:05en 3 mois
01:04:06il ne le fera pas
01:04:07davantage
01:04:07en 18
01:04:08vous préparez
01:04:09dépenser
01:04:10325 000 euros
01:04:11d'argent public
01:04:12par personne retenue
01:04:13plutôt que d'assumer
01:04:15votre naufrage diplomatique
01:04:16les CRA
01:04:17ne sont pas des zones
01:04:18de transit
01:04:18ce sont les nouvelles
01:04:19bastilles
01:04:20de la république
01:04:23avec l'article 1
01:04:24vous transformez
01:04:25les préfets
01:04:26en psychiatres
01:04:27en créant
01:04:27une injonction
01:04:28de soins
01:04:28sur simple suspicion
01:04:30des services
01:04:30de renseignement
01:04:31en commission
01:04:32vous avez cru rusé
01:04:33en ajoutant
01:04:34l'aval d'un juge
01:04:35pour valider
01:04:35l'intervention policière
01:04:36mais
01:04:37vous avez menti
01:04:38à la représentation nationale
01:04:39le conseil d'état
01:04:41dans l'avis
01:04:42que vous avez tenté
01:04:43de dissimuler
01:04:43vous a répondu
01:04:44à la page 73
01:04:45l'intervention
01:04:47du juge judiciaire
01:04:48ne changera rien
01:04:48à l'illégalité
01:04:50du dispositif
01:04:51un juge
01:04:51n'a pas le pouvoir
01:04:53de valider
01:04:53un enfermement médical
01:04:54sans diagnostic médical
01:04:55préalable
01:04:56c'est donc ici
01:04:57une dérive cicatrique
01:04:57de l'état
01:04:59vos articles 2
01:05:00et 3
01:05:00sur la rétention
01:05:01de sûreté
01:05:01sont une escroquerie
01:05:02politique
01:05:03vous promettez
01:05:04une protection immédiate
01:05:05alors que les principes
01:05:06de non réélectrocutivité
01:05:07des lois pénales
01:05:08empêchera ces mesures
01:05:09de s'appliquer
01:05:10aux détenus
01:05:11aujourd'hui
01:05:12cessez ici
01:05:12de jouer des super-héros
01:05:13de plateau télé
01:05:14et surtout de ce Disney News
01:05:15vos gesticulations
01:05:16ne font qu'on nourrir
01:05:17le mépris
01:05:18envers nos travaux
01:05:18l'article 5
01:05:20marque le franchissement
01:05:21d'un seuil
01:05:22dans le mépris
01:05:22de l'autorité
01:05:23de la chose
01:05:24juge jugé
01:05:24vous permettez
01:05:25à la place Beauvau
01:05:26de maintenir
01:05:27les mesures individuelles
01:05:28de contrôle
01:05:28administratif
01:05:29et surveillance
01:05:29les MICAS
01:05:30malgré la saisine
01:05:31du juge
01:05:32en première instance
01:05:33comme en appel
01:05:33c'est ici
01:05:34la logique factieuse
01:05:35du syndicat Alliance
01:05:36qui a dit
01:05:37que le problème
01:05:38de la police
01:05:38c'est la justice
01:05:39pour nous
01:05:40quand un juge
01:05:40déclare
01:05:41qu'une mesure
01:05:41est illégale
01:05:42le ministre doit
01:05:43obéir
01:05:43point barre
01:05:45enfin
01:05:45l'article 6
01:05:46est d'une cruauté
01:05:47inédite
01:05:48vous vous interdissez
01:05:49aux personnes transgenres
01:05:51fuyant une dictature
01:05:52qui nie son existence
01:05:53de changer de prénom
01:05:54ici
01:05:55si elle ne fournit pas
01:05:56les papiers du régime
01:05:56qu'elle fuit
01:05:57vous vous faites
01:05:58les greffiers
01:05:58des dictatures homophobes
01:06:00et transphobes
01:06:02validisme
01:06:02transphobie
01:06:03racisme
01:06:04et détention arbitraire
01:06:05voilà le bois pourri
01:06:07dont est fait votre texte
01:06:08nous nous y opposerons
01:06:09de toutes nos forces
01:06:10comme vous l'avez compris
01:06:11votre texte
01:06:12n'est pas amendable
01:06:13il est jetable
01:06:14si cette assemblée
01:06:15persiste
01:06:16à regarder 2027
01:06:17avec les lunettes
01:06:18de Le Pen et Pasqua
01:06:19le conseil constitutionnel
01:06:21se chargera
01:06:22de renvoyer votre projet
01:06:23aux poubelles de l'histoire
01:06:24alors vous pourrez
01:06:25hurler au gouvernement
01:06:26des juges rouges
01:06:27ces mêmes juges
01:06:28que vous nommez
01:06:29depuis 9 ans
01:06:30mais la vérité est là
01:06:31on ne bâtit pas
01:06:31une république
01:06:32sur la suspicion
01:06:33et l'enfermement
01:06:35je vous remercie
01:06:37la parole est à monsieur
01:06:38houllier
01:06:40madame la présidente
01:06:41monsieur le ministre de l'intérieur
01:06:42monsieur le président
01:06:43de la commission des lois
01:06:44monsieur le rapporteur
01:06:45chers collègues
01:06:46pour celles et ceux
01:06:47qui y sont restés
01:06:48l'examen de cette proposition
01:06:50de loi ressemble
01:06:50à une immense répétition
01:06:51la répétition
01:06:53d'un printemps sécuritaire
01:06:54succédant à un hiver budgétaire
01:06:56et précédant
01:06:57à un été de censure constitutionnelle
01:06:58tel que nous l'avons connu
01:06:59l'été passé
01:07:01la répétition d'erreurs
01:07:02d'imprécision
01:07:03de manipulation
01:07:04des faits divers
01:07:05qui tout horrible soit-il
01:07:06n'autorise pas le législateur
01:07:07à tordre la réalité
01:07:08pour ses propres fins créatrices
01:07:10ou la flatterie
01:07:10d'une opinion publique
01:07:11qu'aucune mesure
01:07:13ne viendra contenter
01:07:14le premier constat
01:07:15qui s'impose à l'analyse
01:07:16de votre proposition
01:07:17est celui de l'incohérence
01:07:18et de la surenchère
01:07:19l'incohérence d'abord
01:07:21partant d'une première
01:07:21censure constitutionnelle
01:07:23brillamment obtenue
01:07:23lors de la première tentative
01:07:24de monsieur Retailleau
01:07:25de porter à 210 jours
01:07:27le délai de rétention
01:07:28administrative
01:07:28des étrangers
01:07:29ayant commis des infractions
01:07:30vous avez souhaité
01:07:31la reprendre
01:07:33ajouter des mesures
01:07:34de police administrative
01:07:35en joignant des soins
01:07:36psychiatriques
01:07:37de personnes radicalisées
01:07:38puis des mesures
01:07:39de sûreté
01:07:40pour les détenus
01:07:40condamnés
01:07:41pour terrorisme
01:07:41ou se radicalisant
01:07:43durant leur séjour
01:07:44en détention
01:07:45le tout sans même
01:07:46qu'une juridiction
01:07:47du fond
01:07:48ne statue
01:07:49sur leur atteinte
01:07:49aux libertés
01:07:50ces couches successives
01:07:52de mesures
01:07:53n'ont en commun
01:07:53que leur atteinte
01:07:54manifeste
01:07:55aux libertés fondamentales
01:07:56et elles sont toutes
01:07:57loin d'être
01:07:57ni nécessaires
01:07:58ni proportionnées
01:07:59à l'objectif
01:08:00de sauvegarde
01:08:00de l'ordre public
01:08:01qui est affiché
01:08:02elles entretiennent
01:08:03savamment
01:08:04la rhétorique
01:08:04fausse
01:08:05malsaine
01:08:06corrélant
01:08:07immigration
01:08:07et criminalité
01:08:08sous l'une
01:08:09des formes
01:08:09les plus graves
01:08:09le terrorisme
01:08:10elles mêlent
01:08:12confusément
01:08:13caricaturellement
01:08:14radicalité
01:08:15et santé mentale
01:08:16et l'inutilité
01:08:18de ces dispositions
01:08:18est au fond
01:08:19la deuxième
01:08:20caractéristique
01:08:21de la proposition
01:08:22comment prétendre
01:08:23sans se tromper
01:08:24qu'en confiant
01:08:25à l'autorité préfectorale
01:08:26un pouvoir
01:08:27de police administratif
01:08:28nouveau
01:08:28permettant
01:08:29l'injonction
01:08:29de soins psychiatriques
01:08:30pour des personnes
01:08:31suspectées de radicalité
01:08:32la protection
01:08:33de nos concitoyens
01:08:34en serait
01:08:34par miracle
01:08:35assurée
01:08:37en commission
01:08:37d'ailleurs
01:08:38vous avez été en peine
01:08:38de nous définir
01:08:40la base des éléments
01:08:42médicaux préexistants
01:08:43sur lesquels
01:08:44ils se fondaient
01:08:44notamment
01:08:45sur l'existence
01:08:46de notes blanches
01:08:46de renseignements
01:08:47ou non
01:08:48vous n'avez écarté
01:08:49aucune de nos objections
01:08:50fondée sur les avis
01:08:51des psychiatres
01:08:52sur la durée nécessaire
01:08:53pour établir un diagnostic
01:08:55sur les places disponibles
01:08:56en hospitalisation
01:08:58et quant à la prolongation
01:08:59de la durée de détention
01:09:00au-delà des peines
01:09:00d'individus condamnés
01:09:02pour des faits de terrorisme
01:09:03ou alors encore une fois
01:09:04se radicalisant en prison
01:09:06vous avez concédé
01:09:08qu'il s'agissait à nouveau
01:09:09de la juridiction choisie
01:09:10en 2020
01:09:11lorsque le conseil constitutionnel
01:09:13s'était prononcé
01:09:14au fond
01:09:14vous avez dit
01:09:15votre conception de la prison
01:09:16un isolement de la société
01:09:17qui soit un but ultime
01:09:19et final
01:09:21et ça n'est qu'un pisalet
01:09:23puisque nous avons
01:09:24un outil existant
01:09:25qui est le suivi
01:09:25socio-judiciaire
01:09:26une rustine
01:09:27sans incidence
01:09:28de la dangerosité
01:09:29de ces détenus
01:09:30qui au fond
01:09:31ne pourront pas
01:09:32passer leur vie
01:09:33en prison
01:09:34puisque naturellement
01:09:35c'est interdit
01:09:36j'en viens à l'extension
01:09:37de la durée de rétention
01:09:38administrative
01:09:38des étrangers délinquants
01:09:40sur ce sujet plus grave
01:09:41vous instrumentalisez
01:09:43le meurtre
01:09:43de Philippine le Noir
01:09:45dont l'auteur
01:09:45a été libéré
01:09:46au bout de 70 jours
01:09:47lorsque la loi
01:09:48permet sa rétention
01:09:49actuelle
01:09:50jusqu'à 90 jours
01:09:51c'est donc
01:09:52de mon point de vue
01:09:53l'écœurement
01:09:54qui prévaut
01:09:55face à une telle
01:09:56récupération
01:09:57de faits tragiques
01:09:59tant plus
01:09:59que vous savez
01:10:00que le maintien
01:10:00en rétention
01:10:01d'un étranger délinquant
01:10:02ça a été dit
01:10:02n'a jamais permis
01:10:04de favoriser
01:10:05son expulsion
01:10:06le succès
01:10:06de l'exécution
01:10:07d'une OQTF
01:10:07étant d'abord lié
01:10:09au premier jour
01:10:10du placement
01:10:10en rétention
01:10:12monsieur le ministre
01:10:12vous avez d'ailleurs
01:10:13à ce titre
01:10:14multiplié les déplacements
01:10:15et je veux le saluer
01:10:16en entretenant
01:10:17des relations diplomatiques
01:10:18que votre provocateur
01:10:20prédécesseur
01:10:20avait rompu
01:10:21et ce qui explique
01:10:22son bilan médiocre
01:10:23sur les reconduites
01:10:24des étrangers
01:10:24parce qu'il n'avait
01:10:26pas pu les conduire
01:10:28de même
01:10:28vous avez aussi
01:10:29changé la doctrine
01:10:30du ministère
01:10:30de l'intérieur
01:10:31en demandant
01:10:32au corps préfectoral
01:10:33de concentrer
01:10:33leurs efforts
01:10:34sur l'exécution
01:10:35des OQTF
01:10:35des étrangers délinquants
01:10:36ce qui permettait
01:10:37aussi de régulariser
01:10:38ceux qui travaillaient
01:10:39et là encore
01:10:39je vous en félicite
01:10:40je ne déplore juste
01:10:41que votre prédécesseur
01:10:42ait perdu autant de temps
01:10:43avec sa doctrine
01:10:44alors au fond
01:10:45on pourrait moquer
01:10:46et ignorer
01:10:46toutes les dispositions
01:10:47que vous proposez
01:10:47s'ils n'étaient pas
01:10:48caractérisés
01:10:49par un dernier marqueur
01:10:50celui de leur dangerosité
01:10:52une dangerosité
01:10:53qui réside
01:10:54dans l'illusion projetée
01:10:55d'une tolérance
01:10:56ou d'un risque zéro
01:10:57un mirage
01:10:58proposé
01:10:59de repousser
01:10:59toujours plus loin
01:11:00et surtout
01:11:01de porter entrave
01:11:02pour cela
01:11:03aux limites
01:11:03de l'état de droit
01:11:05nous législateurs
01:11:06nous sommes éclairés
01:11:07des limites
01:11:07que nous constituants
01:11:09fixons
01:11:10et que le juge
01:11:10constitutionnel
01:11:11se borne
01:11:11à faire respecter
01:11:13et en proposant
01:11:14les mesures précitées
01:11:15par deux fois
01:11:15déjà déclarées
01:11:16inconstitutionnelles
01:11:17en 2020
01:11:17s'agissant des mesures
01:11:18de sûreté
01:11:19antiterroriste
01:11:19en 2025
01:11:20pour ce qui concerne
01:11:21la rétention administrative
01:11:21vous organisez
01:11:22l'impuissance publique
01:11:23pour mieux la dénoncer
01:11:24vous orchestrez
01:11:25une campagne
01:11:25de délégitimisation
01:11:27du conseil constitutionnel
01:11:28qui ne manquera pas
01:11:29de vous rappeler
01:11:29à nos obligations communes
01:11:30celles de la loi fondamentale
01:11:32vous alimentez
01:11:32la défiance
01:11:33et le populisme
01:11:34et avec la remise en cause
01:11:36de l'état de droit
01:11:36vous installez l'idée
01:11:37que seul un pouvoir autoritaire
01:11:38illibéral serait efficace
01:11:40ce qui est radicalement inexact
01:11:42pour lutter contre le terrorisme
01:11:43comme nous l'avons fait
01:11:44depuis 2015
01:11:45nous répondrons présents
01:11:45pour assurer la sauvegarde
01:11:47de l'ordre public
01:11:47y compris lorsque
01:11:49les infractions
01:11:50sont commises
01:11:50par des étrangers
01:11:50nous répondrons présents
01:11:51mais nous refusons
01:11:52de cotiser
01:11:53à l'entreprise réactionnaire
01:11:54que vous vous apprêtez
01:11:56à mener
01:11:56parce qu'elle conduira
01:11:57aux effets contraires
01:11:59aux objectifs
01:11:59que vous affichez
01:12:00je vous remercie
01:12:02je vous remercie
01:12:04la parole est à
01:12:05madame Demestre
01:12:07madame la présidente
01:12:08monsieur le rapporteur
01:12:10monsieur le ministre
01:12:11mes chers collègues
01:12:12Thomas Hobbes écrivait
01:12:14dans le Léviathan
01:12:15en 1651
01:12:16l'obligation des sujets
01:12:18envers le souverain
01:12:19dure aussi longtemps
01:12:20et pas plus
01:12:21que dure la puissance
01:12:22grâce à laquelle
01:12:23il a la capacité
01:12:24de les protéger
01:12:25Hobbes posait ainsi
01:12:26le fondement même
01:12:27du contrat social
01:12:28la légitimité du pouvoir
01:12:30se mesure
01:12:31à sa capacité
01:12:32de protection
01:12:33c'est l'avertissement
01:12:34que nous donnait
01:12:35le 8 juin 1978
01:12:37Alexandre Solzhenitsyn
01:12:38à la tribune de Harvard
01:12:39dans un célèbre discours
01:12:41intitulé
01:12:42le déclin du courage
01:12:43l'excès de droits
01:12:44et de libertés individuelles
01:12:46rend la société
01:12:47incapable
01:12:48de se protéger
01:12:48elle-même
01:12:49or un état
01:12:50qui ne protège
01:12:51plus ses citoyens
01:12:51cesse peu à peu
01:12:53d'être un état
01:12:54il devient une apparence
01:12:56une mécanique
01:12:56sans âme
01:12:57un enchevêtrement
01:12:58de procédures
01:12:59derrière lesquelles
01:13:00le danger
01:13:00lui ne cesse
01:13:02de progresser
01:13:03c'est de cela
01:13:04dont il s'agit
01:13:05aujourd'hui
01:13:05non pas d'un texte
01:13:06technique de plus
01:13:08mais d'une question
01:13:09fondamentale
01:13:10la France a-t-elle encore
01:13:11la volonté
01:13:12d'assumer
01:13:12ce que l'état
01:13:13exige d'elle
01:13:15protéger
01:13:15décider
01:13:16agir
01:13:18en 2024
01:13:19sur 130 000
01:13:20obligations
01:13:20de quitter le territoire
01:13:21prononcées au nom
01:13:22de la république
01:13:22moins de 15 000
01:13:24ont été exécutées
01:13:25soit à peine plus
01:13:26d'une sur dix
01:13:28que vaut
01:13:28une décision de justice
01:13:30non exécutée
01:13:31que devient l'autorité
01:13:32de l'état
01:13:32lorsqu'elle s'exprime
01:13:33sans se faire respecter
01:13:35allons-nous continuer
01:13:36à constater
01:13:37sans agir
01:13:38à Mulhouse
01:13:39en février 2025
01:13:40un homme radicalisé
01:13:42condamné pour apologie
01:13:43du terrorisme
01:13:43et suivi pour troubles
01:13:45psychiatriques
01:13:45a été remis en liberté
01:13:47faute de base légale
01:13:48suffisante
01:13:48il a tué un homme
01:13:50et blessé des dizaines
01:13:51d'autres
01:13:51juste après sa remise
01:13:52en liberté
01:13:54quelques mois plus tôt
01:13:55le 21 septembre 2024
01:13:56dans le bois de Boulogne
01:13:58Philippine le Noir
01:13:59de Carlin
01:14:00était assassinée
01:14:00à l'âge de 19 ans
01:14:01en sortant de son université
01:14:03Paris-Dauphine
01:14:04là encore
01:14:05le meurtrier
01:14:06condamné en 2021
01:14:07à 7 ans de prison
01:14:09pour viol
01:14:09venait d'être relâché
01:14:11d'un centre de rétention
01:14:12dans l'attente
01:14:13d'un laissé passé consulaire
01:14:14qui sera délivré
01:14:14quelques jours plus tard
01:14:16ces morts
01:14:17ne sont pas des accidents
01:14:18elles sont les conséquences
01:14:19directes
01:14:20de nos insuffisances juridiques
01:14:21de nos renoncements répétés
01:14:24le texte
01:14:24qui nous est soumis
01:14:25aujourd'hui
01:14:25veut réparer
01:14:26ces défaillances juridiques
01:14:27or nous le devons
01:14:28aux victimes
01:14:29et à leurs familles
01:14:30il prolonge
01:14:31le travail engagé
01:14:32avec conviction
01:14:33et rigueur
01:14:34par notre collègue
01:14:35Olivier Marlex
01:14:36dont je veux saluer
01:14:37la mémoire
01:14:38et l'engagement
01:14:38il était un serviteur
01:14:40de la République
01:14:41d'une exigence absolue
01:14:42un parlementaire
01:14:44de conviction
01:14:44un véritable gaulliste
01:14:46nous lui devons
01:14:47de continuer
01:14:48ce qu'il avait engagé
01:14:50la loi du 11 août 2025
01:14:52issue de ces travaux
01:14:53a été en partie
01:14:53censurée
01:14:54par le Conseil constitutionnel
01:14:56les sages ont jugé
01:14:57que l'allongement
01:14:58de la rétention
01:14:58à 180 ou 210 jours
01:15:00n'était pas suffisamment
01:15:01proportionné
01:15:02dans les termes
01:15:03où il avait été rédigé
01:15:04ils n'ont pas dit
01:15:05que l'objectif
01:15:06était illégitime
01:15:07ils ont dit
01:15:08trouver les mots justes
01:15:10cette proposition de loi
01:15:11déposée par notre collègue
01:15:12Charles Rodwell
01:15:13porte cette ambition
01:15:14son objectif est clair
01:15:16corriger trois insuffisances
01:15:18majeures de notre droit
01:15:19d'abord l'inadéquation
01:15:20entre la durée maximale
01:15:21de rétention
01:15:22aujourd'hui de 90 jours
01:15:23et les délais nécessaires
01:15:25à l'exécution effective
01:15:26des mesures d'éloignement
01:15:27cette contradiction
01:15:28conduit à la libération
01:15:29d'individus parfois dangereux
01:15:30en décalage total
01:15:32avec l'objectif poursuivi
01:15:33ensuite l'absence
01:15:34de dispositifs adaptés
01:15:35pour les profils
01:15:36mêlant radicalisation
01:15:37idéologique
01:15:38et troubles psychiatriques
01:15:39qui échappent aujourd'hui
01:15:40au cadre classique
01:15:41enfin la fragilité juridique
01:15:43de certains dispositifs
01:15:44de surveillance
01:15:45pouvant entraîner
01:15:46des ruptures de suivi
01:15:47incompatibles
01:15:48avec les exigences
01:15:49de prévention
01:15:50face à cela
01:15:51la proposition de loi
01:15:52apporte des réponses
01:15:53encadrées
01:15:53elle permet dans des cas
01:15:55strictement définis
01:15:55et sous contrôle du juge
01:15:57de prolonger la rétention
01:15:58jusqu'à 210 jours
01:15:59pour les profils
01:16:00les plus dangereux
01:16:00elle introduit des outils
01:16:02adaptés
01:16:03pour mieux appréhender
01:16:04les situations à risque
01:16:05elle sécurise juridiquement
01:16:07les dispositifs de suivi
01:16:08et renforce
01:16:09la circulation
01:16:10de l'information
01:16:10ce texte ne suspend pas
01:16:12l'état de droit
01:16:13il lui redonne sa force
01:16:14il ne restreint pas
01:16:15la liberté par principe
01:16:16il la protège
01:16:17par devoir
01:16:18et la france
01:16:19n'est pas seule à agir
01:16:20le 26 mars 2026
01:16:21le parlement européen
01:16:23a adopté
01:16:24le règlement
01:16:24dit retour
01:16:25applicable aux étrangers
01:16:26en situation irrégulière
01:16:27et portant la durée
01:16:29maximale de rétention
01:16:30de 18 à 24 mois
01:16:31l'europe adapte
01:16:32ainsi ses instruments
01:16:33à la réalité
01:16:34des flux migratoires
01:16:35et aux impératifs
01:16:36de sécurité
01:16:37mes chers collègues
01:16:39il n'est pas
01:16:39de liberté réelle
01:16:40où l'état
01:16:41renonce
01:16:42à contraindre
01:16:42ceux qui la menacent
01:16:44car à défaut de fermeté
01:16:46pour les coupables
01:16:46ce sont toujours
01:16:48les innocents
01:16:48qui payent le prix
01:16:49de nos renoncements
01:16:50la question
01:16:52qui nous est déposée
01:16:53dépasse le droit
01:16:54sommes-nous encore
01:16:55capables d'agir
01:16:56avec la force
01:16:57la clarté
01:16:58et le courage
01:16:59que la situation exige
01:17:00je le crois
01:17:01et c'est pourquoi
01:17:02le groupe de la droite
01:17:03républicaine
01:17:04apportera
01:17:05son plein soutien
01:17:06à ce texte
01:17:06d'équilibre
01:17:07entre sécurité
01:17:08ordre public
01:17:10et liberté
01:17:11je vous remercie
01:17:12je vous remercie
01:17:14la parole est à
01:17:15madame Balagel Mariki
01:17:18madame la présidente
01:17:19monsieur le ministre
01:17:20monsieur le rapporteur
01:17:22chers collègues
01:17:24nous avons une grande
01:17:26histoire en héritage
01:17:27une histoire dans laquelle
01:17:28la liberté est une exigence
01:17:30fondatrice
01:17:31non négociable
01:17:32et ce qui nous caractérise
01:17:34comme société politique
01:17:35c'est cet attachement
01:17:36viscéral
01:17:37à la liberté
01:17:38et je le dis
01:17:39avec gravité
01:17:40nous sommes en train
01:17:41d'abandonner
01:17:42presque silencieusement
01:17:43ce trésor
01:17:44depuis plus de dix ans
01:17:46notre droit
01:17:47glisse texte après texte
01:17:49vers un état
01:17:50d'exception
01:17:51permanent
01:17:51ce qui devait être
01:17:53l'exception
01:17:53est désormais
01:17:54devenu la norme
01:17:55et c'est aussi
01:17:56votre manière
01:17:57ordinaire
01:17:58de faire la loi
01:17:59je regarde lucidement
01:18:01le pays
01:18:01dans lequel nous vivons
01:18:02un pays
01:18:03l'on peut enfermer
01:18:05après la peine
01:18:06où l'exécutif
01:18:07prend le pas
01:18:08sur le judiciaire
01:18:09où le soupçon
01:18:10remplace la preuve
01:18:11rien de tout cela
01:18:13n'était concevable
01:18:14il y a encore
01:18:14quelques années
01:18:15et pourtant
01:18:16tout cela s'installe
01:18:18presque sans débat
01:18:19ce texte
01:18:20s'inscrit pleinement
01:18:21dans ce mouvement
01:18:22il est le fait
01:18:23d'un contexte
01:18:24de surenchère
01:18:25politique
01:18:25permanent
01:18:26où certains
01:18:27ont fait de la peur
01:18:28un programme
01:18:28mais à ce jeu là
01:18:29chacun le sait
01:18:30il y a toujours
01:18:32plus radical que soi
01:18:33et on finit
01:18:34toujours par s'y perdre
01:18:35voilà
01:18:36comment le bloc
01:18:37dit central
01:18:37franchit aujourd'hui
01:18:39des seuils
01:18:39inacceptables
01:18:40le premier seuil
01:18:42concerne la psychiatrie
01:18:43vous introduisez
01:18:44dans notre droit
01:18:45l'idée qu'une pensée
01:18:46pourrait justifier
01:18:47la contrainte
01:18:48vous autorisez
01:18:49l'administration
01:18:49à imposer
01:18:50un examen psychiatrique
01:18:51y compris par la force
01:18:52publique
01:18:53en raison d'opinions
01:18:54supposées
01:18:55vous instrumentalisez
01:18:56ainsi la psychiatrie
01:18:57à des fins sécuritaires
01:18:59contre la vie
01:19:00des professionnels
01:19:01et c'est un basculement
01:19:02le deuxième seuil
01:19:04c'est la rétention
01:19:05de sûreté
01:19:05vous fondez
01:19:06la privation
01:19:07de liberté
01:19:07sur des notions
01:19:08floues
01:19:09dangerosité
01:19:09probabilité
01:19:10de récidive
01:19:11sur quel fondement
01:19:13scientifique
01:19:14repose une telle
01:19:15affirmation
01:19:15vous en venez
01:19:17à justifier
01:19:17l'enfermement
01:19:18sur une hypothèse
01:19:19vous banalisez
01:19:20l'idée qu'une personne
01:19:21puisse être enfermée
01:19:22non pour ce qu'elle a fait
01:19:24mais pour ce qu'elle
01:19:26pourrait faire
01:19:27ce n'est plus
01:19:28du droit pénal
01:19:28c'est du droit pénal
01:19:30de la projection
01:19:31le troisième seuil
01:19:33c'est la rétention
01:19:34administrative
01:19:34la rétention
01:19:36n'est pas une peine
01:19:37nous ne le répéterons
01:19:39jamais assez
01:19:40c'est une mesure
01:19:41exceptionnelle
01:19:42destinée à permettre
01:19:43un éloignement
01:19:44rapide
01:19:44et vous en faites
01:19:46un outil de privation
01:19:47de liberté
01:19:48autonome
01:19:49sans perspective
01:19:50d'éloignement
01:19:50au nom d'une menace
01:19:52supposée
01:19:52vous transformez
01:19:54la rétention
01:19:55administrative
01:19:56en rétention
01:19:57de sûreté
01:19:57qui ne dit pas
01:19:58son nom
01:20:00vous le faites
01:20:01en parfaite
01:20:02connaissance
01:20:02des conditions
01:20:04violences
01:20:05atteintes
01:20:06à la dignité
01:20:06des personnes
01:20:07détresses
01:20:08psychiques
01:20:08suicides
01:20:09les rapports
01:20:10dans l'écrat
01:20:11existent
01:20:11les alertes
01:20:12sont connues
01:20:13et pourtant
01:20:13vous choisissez
01:20:15d'allonger
01:20:15encore
01:20:16l'enfermement
01:20:17le quatrième seuil
01:20:19et là
01:20:20vous franchissez
01:20:21un principe
01:20:21vous fragilisez
01:20:22un principe
01:20:23fondamental
01:20:24celui de l'autorité
01:20:25de la chose jugée
01:20:26vous acceptez
01:20:27qu'une mesure
01:20:28jugée illégale
01:20:29continue de produire
01:20:31ses effets
01:20:32parce que l'administration
01:20:34interjette appel
01:20:35autrement dit
01:20:35une décision
01:20:36de justice
01:20:37peut être neutralisée
01:20:39par la volonté
01:20:40de l'administration
01:20:40c'est une inversion
01:20:42de la hiérarchie
01:20:42des normes
01:20:43c'est la pyramide
01:20:44à l'envers
01:20:44c'est une remise
01:20:45en cause
01:20:46directe
01:20:47de l'état
01:20:47de droit
01:20:48et on nous dira
01:20:49que tout cela
01:20:50répond à une demande
01:20:51de sécurité
01:20:52mais il y a des lignes
01:20:54que l'on ne franchit
01:20:55pas sans se perdre
01:20:56et là
01:20:56vous vous êtes perdus
01:20:57dans le populisme
01:20:58vous êtes dès lors
01:20:59perdus
01:21:00pour la république
01:21:01en quelques articles
01:21:02vous dessinez
01:21:03un droit
01:21:04qui s'intéresse
01:21:05aux pensées
01:21:05qui enferme
01:21:06sur des hypothèses
01:21:08qui prolongent
01:21:09la contrainte
01:21:10et qui s'effacent
01:21:11devant l'administration
01:21:13ce que vous construisez
01:21:14aujourd'hui
01:21:15ce n'est pas
01:21:15une société
01:21:16plus sûre
01:21:17c'est une société
01:21:18de la peur
01:21:19et une société
01:21:20de la peur
01:21:20est toujours
01:21:21une société
01:21:22plus violente
01:21:23mes chers collègues
01:21:25la question
01:21:26qui nous est posée
01:21:26n'est pas seulement
01:21:27celle de l'efficacité
01:21:28mais c'est aussi
01:21:29une question
01:21:29de fidélité
01:21:30la fidélité
01:21:31à un droit
01:21:32qui juge des actes
01:21:33et non des intentions
01:21:35la fidélité
01:21:36à une justice
01:21:36dont les peines
01:21:37ne se prolongent pas
01:21:39indéfiniment
01:21:39sans fondement
01:21:40la fidélité
01:21:41enfin
01:21:42à une idée
01:21:43de la liberté
01:21:43qui ne se négocie pas
01:21:45et pour toutes ces raisons
01:21:46nous ne voterons pas
01:21:47ce texte
01:21:48nous examinons
01:21:50aujourd'hui
01:21:50un texte exigeant
01:21:51qui répond
01:21:52à une menace
01:21:53grave
01:21:53je veux saluer
01:21:55ici
01:21:55le travail du rapporteur
01:21:57Charles Rodwell
01:21:58et le remercier
01:21:59pour son écoute
01:21:59attentive
01:22:00ainsi que pour sa volonté
01:22:02constante
01:22:02de dialogue
01:22:03tout au long
01:22:05de l'examen
01:22:05de ce texte
01:22:06merci
01:22:07depuis plusieurs années
01:22:08notre pays
01:22:09est confronté
01:22:10à une évolution
01:22:11du terrorisme
01:22:12qui bouscule
01:22:13nos cadres
01:22:13d'analyse
01:22:14et met à l'épreuve
01:22:15nos instruments
01:22:16juridiques
01:22:17les drames récents
01:22:18qu'il s'agisse
01:22:19de l'attentat de Mulhouse
01:22:20en février 2025
01:22:21ou d'autres crimes
01:22:23commis par des individus
01:22:24sous EQTF
01:22:25nous rappellent
01:22:26une réalité difficile
01:22:27celle de profil
01:22:29dit hybride
01:22:30mêlant
01:22:31radicalisation
01:22:32et troubles psychiatriques
01:22:34dont la détection
01:22:35et le suivi
01:22:36sont particulièrement
01:22:37complexes
01:22:38face à cette situation
01:22:39nous avons
01:22:40une responsabilité
01:22:41collective
01:22:42protéger les français
01:22:43sans affaiblir
01:22:45ceux qui font
01:22:46de notre pacte
01:22:46démocratique
01:22:47car face
01:22:48au terrorisme
01:22:49deux écueils
01:22:50guettent toujours
01:22:51le législateur
01:22:52le premier
01:22:53serait de ne pas voir
01:22:55et de ne nier
01:22:56les failles
01:22:58de notre droit
01:22:59le second
01:23:00serait de légiférer
01:23:01dans la précipitation
01:23:02au risque
01:23:04de fragiliser
01:23:04nos libertés
01:23:05sans renforcer
01:23:06réellement
01:23:07notre sécurité
01:23:08le groupe
01:23:09les démocrates
01:23:10refuse ces deux dérives
01:23:11nous assumons
01:23:13une ligne claire
01:23:14celle de l'efficacité
01:23:16et de la solidité
01:23:17juridique
01:23:18oui
01:23:19notre droit
01:23:20doit évoluer
01:23:21et doit combler
01:23:22certaines lacunes
01:23:23manifestes
01:23:25mais il doit le faire
01:23:26avec rigueur
01:23:27à cet égard
01:23:29ce texte comporte
01:23:29des avancées
01:23:30que nous soutenons
01:23:31pleinement
01:23:31je pense d'abord
01:23:32aux articles 7 et 8
01:23:34qui traitent
01:23:35de la rétention
01:23:35administrative
01:23:36des étrangers
01:23:37condamnés
01:23:37pour actes terroristes
01:23:39et représentant
01:23:40une menace grave
01:23:41en l'état actuel
01:23:43de notre droit
01:23:44les durées de rétention
01:23:45sont insuffisantes
01:23:46pour mener à bien
01:23:47des procédures
01:23:48d'éloignement
01:23:49notamment
01:23:50lorsque la coopération
01:23:51consulaire
01:23:52est lente
01:23:52ou incertaine
01:23:53en portant
01:23:54à 210 jours
01:23:55la durée maximale
01:23:56de rétention
01:23:57pour les individus
01:23:58condamnés
01:23:58pour des faits
01:23:59terroristes
01:24:00l'article 7
01:24:01apporte une réponse
01:24:03pragmatique
01:24:03il ne s'agit pas
01:24:05d'une surenchère
01:24:06sécuritaire
01:24:07mais d'une mesure
01:24:08donnant à l'administration
01:24:09le temps nécessaire
01:24:11pour exécuter
01:24:12des décisions
01:24:13qui aujourd'hui
01:24:14restent trop souvent
01:24:15théoriques
01:24:15de la même manière
01:24:17l'article 8
01:24:18étant ce régime
01:24:19à des étrangers
01:24:20qui sans être
01:24:21condamnés
01:24:22pour terrorisme
01:24:23représentent
01:24:24une menace
01:24:24d'une particulière
01:24:25gravité
01:24:25à l'ordre public
01:24:26là encore
01:24:28il ne s'agit pas
01:24:28de banaliser
01:24:29l'exception
01:24:30mais de reconnaître
01:24:30une réalité
01:24:31certains profils
01:24:32exigent
01:24:33un traitement
01:24:34spécifique
01:24:34strictement encadré
01:24:36ces dispositions
01:24:37ont été retravaillées
01:24:39pour tenir compte
01:24:40des exigences
01:24:41constitutionnelles
01:24:42notamment
01:24:42après les censures
01:24:44intervenues
01:24:45en 2025
01:24:45en commission
01:24:47des lois
01:24:47nous avons voté
01:24:48un nouvel article
01:24:498 bis
01:24:49permettant de renouveler
01:24:51les placements
01:24:51en rétention
01:24:52fondée
01:24:53sur une même décision
01:24:55d'éloignement
01:24:55en tenant compte
01:24:57là aussi
01:24:57des exigences
01:24:58constitutionnelles
01:24:59avec des limites
01:25:00de durée cumulée
01:25:01ces trois articles
01:25:02donnent des garanties
01:25:04cible des situations
01:25:05précises
01:25:06et renforcent
01:25:07l'efficacité
01:25:07de l'action publique
01:25:08pour toutes ces raisons
01:25:10le groupe
01:25:10les démocrates
01:25:11les votera
01:25:11sans hésitation
01:25:12nous soutenons
01:25:14également
01:25:14l'amélioration
01:25:15de la transmission
01:25:16d'informations
01:25:16entre autorités
01:25:17administratives
01:25:18pour les personnes
01:25:19faisant l'objet
01:25:20d'une mesure
01:25:21de soins psychiatriques
01:25:22sans consentement
01:25:23et représentant
01:25:24une menace
01:25:25terroriste
01:25:26notamment
01:25:27les autorisations
01:25:28de sortie
01:25:28et les levées
01:25:29de mesures
01:25:30s'agissant
01:25:31de l'injonction
01:25:32administrative
01:25:33d'examen psychiatrique
01:25:34pour prévenir
01:25:35les actes terroristes
01:25:36l'objectif est clair
01:25:38intervenir
01:25:39en amont
01:25:40avant le passage
01:25:40à l'acte
01:25:41dans cette zone grise
01:25:42où les outils actuels
01:25:44sont insuffisants
01:25:45nous partageons
01:25:46cet objectif
01:25:47nous savons tous
01:25:48que le droit actuel
01:25:49ne permet pas
01:25:50toujours
01:25:50d'agir à temps
01:25:51avec ce dispositif
01:25:53le préfet pourra
01:25:54imposer un examen
01:25:55à des personnes
01:25:55pour lesquelles
01:25:56il existe des raisons
01:25:57sérieuses de penser
01:25:58qu'elles sont
01:25:59susceptibles
01:26:00de compromettre
01:26:00la sûreté des personnes
01:26:02ou de constituer
01:26:03une menace grave
01:26:04pour leur public
01:26:05du fait de leur adhésion
01:26:06à des théories
01:26:07incitant
01:26:07ou faisant
01:26:08l'apologie
01:26:08du terrorisme
01:26:09s'accompagnant
01:26:10de troubles mentaux
01:26:11le dispositif
01:26:13a été renforcé
01:26:13en commission
01:26:14pour garantir
01:26:15l'admission
01:26:15sous contrainte
01:26:16ne soit
01:26:17autorisé
01:26:18par le juge
01:26:19que si
01:26:20l'avis médical
01:26:20initial
01:26:21était fait
01:26:22état de troubles
01:26:24psychiatriques
01:26:25suffisamment
01:26:25caractérisé
01:26:26le travail du rapporteur
01:26:28sur ce texte
01:26:29en étroite collaboration
01:26:30avec le conseil d'état
01:26:31a permis de faire
01:26:32en sorte
01:26:33que chaque mesure
01:26:34attentatoire
01:26:34ou liberté
01:26:35soit proportionné
01:26:36et assorti
01:26:37de garanties
01:26:38judiciaires
01:26:39fortes
01:26:40mes chers collègues
01:26:41la lutte contre
01:26:42le terrorisme
01:26:42exige de la fermeté
01:26:44ce texte
01:26:45apporte des réponses
01:26:46concrètes
01:26:47à des difficultés
01:26:48bien identifiées
01:26:49il constitue
01:26:50une étape utile
01:26:51pour mieux prévenir
01:26:52les passages à lac
01:26:52renforcer l'efficacité
01:26:54de notre dispositif
01:26:55le groupe
01:26:56les démocrates
01:26:57soutient pleinement
01:26:57cet objectif
01:26:58et nous voterons donc
01:27:00ce texte
01:27:01je vous remercie
01:27:01voilà pour le début
01:27:03de l'examen
01:27:03de ce texte
01:27:04c'est la fin
01:27:04de cet épisode
01:27:05à bientôt
01:27:06sur lcp
01:27:06Sous-titrage
01:27:09Sous-titrage
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