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  • il y a 8 heures
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00:00:06Musique
00:00:20Très heureux de vous retrouver pour ce nouveau 7 Infos, le débat.
00:00:23Ce soir, nous parlons de démocratie qui longtemps a été présentée comme un modèle universel,
00:00:30mais qui aujourd'hui est questionnée sur le continent africain.
00:00:34Entre instabilité politique, coup d'état et critique de certains dirigeants,
00:00:39notamment au Burkina Faso, une idée revient.
00:00:42La démocratie telle qu'elle est pratiquée ailleurs est-elle adaptée au continent africain ?
00:00:47Alors l'Afrique est-elle prête pour la démocratie ou doit-elle inventer son propre chemin ?
00:00:53Nous en parlons dans ce 7 Infos, le débat, avec Dr. Coné-Mébra, politologue.
00:00:58Bonsoir, docteur.
00:00:59Bonjour, merci.
00:00:59Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:01:01C'est moi.
00:01:02Juste à côté de vous, il y a Aouman Gaël Lapa, vous êtes analyste sociopolitique.
00:01:06Merci également d'être sur ce plateau.
00:01:08C'est un plaisir.
00:01:08Et en face de vous deux, il y a Serge Koufi, que je retrouve avec beaucoup de plaisir.
00:01:12Il est journaliste politique. Merci Serge d'être avec nous.
00:01:15Je t'en prie, Daniel.
00:01:16Alors, on va commencer avec Dr. Coné-Mébra.
00:01:19On va revenir avec vous à la base même du sujet.
00:01:22Quand on parle de démocratie aujourd'hui en Afrique, est-ce qu'on parle vraiment du même concept
00:01:27qui est adopté dans les pays occidentaux ?
00:01:32Merci pour la question.
00:01:35Si nous nous en souvenons, le discours de la boule du président, de l'ex-président français Mitterrand,
00:01:45qui a consacré la fin du parti unique et l'ouverture du multipartisme,
00:01:52doit nous amener à comprendre que la démocratie a été souhaitée par les nations qui la pratiquaient déjà.
00:02:01Donc, dire aujourd'hui que la démocratie serait un concept ou une culture étrangère à l'Afrique,
00:02:11je ne pense pas.
00:02:13Parce que de toutes les formes d'accession au pouvoir dans notre ère actuelle,
00:02:20la démocratie reste la forme la plus parfaite du système de gouvernance
00:02:26qui pourrait assurer la paix, la stabilité, la sécurité et la quiétude des populations.
00:02:36Quand on soit dans les pays occidentaux ou encore en Afrique, est-ce qu'on parle du même concept ?
00:02:39Évidemment que nous parlons du même concept, puisque la démocratie, qui est ce processus,
00:02:49qui veut que l'organisation de l'État, la désignation des dirigeants de l'État
00:02:55et la situation des populations, tout cela est contenu dans le concept de la démocratie.
00:03:02En Afrique, comme en Europe, les mots de désignation des chefs relèvent toujours de la majorité
00:03:14ou de l'expression du suffrage.
00:03:16Donc, que ce soit en Europe ou en Afrique, dans le concept actuel de la démocratie,
00:03:21on a toujours recours au suffrage des citoyens ou des populations.
00:03:26Sauf qu'en Afrique, on observe quand même de nombreuses tensions électorales sur le continent.
00:03:33Du coup, une question se pose naturellement, c'est à vous que je vais m'adresser.
00:03:37Est-ce que ces crises à répétition traduisent qu'il y a un échec de la démocratie ?
00:03:43Oui, clairement, il y a un échec.
00:03:46Avant même de répondre à ta question, il faut dire que d'abord, le concept de la démocratie est universel.
00:03:53Tu as posé la question à Dr Mébrasse, c'est universel.
00:03:55Je pense qu'il n'y a pas de déclinaison de la démocratie africaine ou asiatique ou bien sud-américaine.
00:04:03Elle est la même pour tout le monde.
00:04:04C'est le même principe des démocraties qui prévalent en Europe, comme en Afrique et ailleurs, partout dans le monde.
00:04:10Maintenant, en Afrique, c'est vrai que dans l'application de la démocratie, dans l'exercice de la démocratie,
00:04:15il y a des difficultés en Afrique.
00:04:16Tu as parlé tantôt des coups d'état, des crises, des guerres et autres.
00:04:19Je pense que c'est la mauvaise application des principes de la démocratie qui envoie ces situations conflictuelles en Afrique.
00:04:26Parce que si les principes démocratiques sont appliqués dans les stricts rigueurs, je pense qu'il ne devrait pas y
00:04:32avoir de problème en Afrique.
00:04:33Alors justement, au-delà des institutions, parce que c'est sûr qu'elles sont concernées quand on parle de démocratie,
00:04:39au-delà de ces institutions-là, il y a des populations, chère Gaël Aounan-Lakbar.
00:04:43Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que les Africains, mais dans leur globalité, adhèrent de façon réelle au
00:04:50principe démocratique ?
00:04:53Le principe démocratique, c'est le système de gouvernance le moins douloureux.
00:04:57Donc les populations, consciemment, psychologiquement, dans l'esprit,
00:05:05adoptent et préfèrent la démocratie, à quoi ? À la monarchie,
00:05:10qui est opposée à la monarchie, qui est un système dirigé par un souverain
00:05:15et qui est remplacé par ses descendants.
00:05:18Qu'il soit efficace, qu'il ne le soit pas,
00:05:21c'est comme si le destin était déjà figé à ce niveau.
00:05:24Donc ce système-là, il a existé.
00:05:26On a vu les limites de ce système, voilà pourquoi on est passé à la démocratie.
00:05:31Donc, pour répondre à la question, les populations, dans l'esprit,
00:05:35c'est le système le plus accepté et c'est le plus abouti, comme certains le disent.
00:05:40J'ai fait un peu d'histoire, parce que c'est important pour ceux qui suivent.
00:05:45La démocratie naît après la Révolution française.
00:05:51Donc, ils quittent la monarchie pour venir à une expérimentation,
00:06:00une introduction même de la démocratie avec ses lois fondamentales,
00:06:05qui sont la souveraineté du peuple, l'égalité devant la loi,
00:06:10et puis les droits fondamentaux dont on parle,
00:06:14les différents droits fondamentaux de la démocratie.
00:06:18On va parler de souveraineté du peuple, on va parler de liberté d'expression,
00:06:22et tout ce qui vient avec.
00:06:24Mais en ce moment-là, ce n'était pas une démocratie aboutie.
00:06:28Je veux bien parce qu'il y a des choses que nous, Africains, on ne comprend pas.
00:06:32La démocratie, dans ce parcours que je raconte,
00:06:38est née en 1789.
00:06:41Et jusqu'en 1870, on parlait de démocratie instable.
00:06:47Parce que, justement, ils ont adopté la démocratie.
00:06:50Ils étaient dans la monarchie.
00:06:51Mais il ne faut pas oublier qu'ils avaient leurs habitudes.
00:06:54Ce qui a fait que la monarchie...
00:06:56Ils parlaient de monarchie constitutionnelle.
00:06:59Et il y a eu encore, pendant que la monarchie a été installée,
00:07:02il y a eu l'Empire de Napoléon,
00:07:05qui est venue, qui a tout remis en cause,
00:07:07qui s'est installée,
00:07:08et qui a fait vraiment longtemps,
00:07:11avant de pouvoir, après la chute de Napoléon,
00:07:14bon, je ne sais pas si je peux le dire,
00:07:16c'est que c'était un dictateur ou bien quoi.
00:07:18Mais, il a pris le pouvoir,
00:07:20il s'est accaparé le pouvoir,
00:07:22comme on voit aujourd'hui en Afrique,
00:07:23avec certains chefs d'État,
00:07:25et il a été là longtemps.
00:07:26C'est quand il tombe,
00:07:28que maintenant, on passe à la République.
00:07:31Et la République, à partir de cet instant-là,
00:07:33devient un peu plus stable.
00:07:34Et jusqu'à 1944,
00:07:38on arrive maintenant,
00:07:39c'est là maintenant qu'en Europe,
00:07:40en France surtout,
00:07:41on parle maintenant,
00:07:42à partir de 1944-45,
00:07:44on parle maintenant de démocratie aboutie.
00:07:47Vous voyez que c'est un parcours.
00:07:49Essayons de compter les années.
00:07:51De 1789 à 1870,
00:07:54ça fait 81 ans.
00:07:58De 1789 à 1945,
00:08:03c'est plus de 160 ans.
00:08:05Donc, on va dire que depuis le point de départ,
00:08:07jusqu'à la démocratie moderne que nous voyons aujourd'hui,
00:08:10plus de 200 ans.
00:08:11Ils ont fait, voilà, autour de 200 ans.
00:08:14Voilà pourquoi aujourd'hui,
00:08:15ils ont tiré toutes les leçons.
00:08:17Ils ont connu les coups d'État.
00:08:18Ils ont connu la violence.
00:08:19Ils ont connu tout ce que nos pays connaissent aujourd'hui.
00:08:22Je dis ça pour quoi ?
00:08:23Pour dire que la démocratie dont on parle,
00:08:26c'est la même démocratie qui est chez nous ici.
00:08:29qu'il nous faut simplement appliquer.
00:08:32Mais qu'on a du mal à pouvoir appliquer
00:08:35parce que nous ne sommes qu'en phase expérimentale de ce système.
00:08:39Parce que, n'oubliez pas que nous sommes beaucoup,
00:08:41notre société a été gérée par des royaumes.
00:08:45Chacun pense à son ethnie, à sa tribu.
00:08:49Donc, la démocratie,
00:08:50dans la démocratie, on réussit à mettre quelqu'un à la tête.
00:08:53Mais une fois qu'il a la tête, il veut faire quoi ?
00:08:55Conserver le pouvoir le plus longtemps possible
00:08:58pour pouvoir mettre ces gens à l'aise.
00:09:00C'est ce qui nous fatigue.
00:09:02Est-ce que cette conservation de pouvoir
00:09:04qu'on voit généralement en Afrique,
00:09:06est-ce que ce non-respect des textes démocratiques
00:09:10n'est pas souvent lié à l'histoire coloniale ?
00:09:14Est-ce que vous pensez que l'histoire coloniale
00:09:17qu'on connaît les différents pays africains
00:09:19influence quelque part le non-respect
00:09:21de ces textes démocratiques en Afrique ?
00:09:23Bon, je ne pense pas ainsi
00:09:26parce que la démocratie en Afrique,
00:09:32comme on a l'amertume de le constater aujourd'hui,
00:09:38quand une personne accède au pouvoir,
00:09:43il suffit de peu
00:09:47pour que la personnalité,
00:09:52la volonté de conserver le pouvoir
00:09:57vienne modifier, n'est-ce pas,
00:10:01tout ce qui caractérise la démocratie elle-même.
00:10:07Quand on fait le constat dans nos pays aujourd'hui,
00:10:11pourquoi la démocratie est importante pour nous africains ?
00:10:17Moi, par exemple, je suis issu d'une communauté malinquée.
00:10:25Dans ma région,
00:10:27le mode de désignation du chef
00:10:30est propre aux individus qui partagent mon environnement.
00:10:34Si nous quittons cette partie du nord
00:10:37pour arriver à l'ouest,
00:10:42un pays, par exemple, Bété,
00:10:45on va te dire que le chef, c'est le Woudi,
00:10:49c'est-à-dire celui qui a cette aptitude
00:10:52d'arracher le pouvoir.
00:10:55Alors, quand on va au centre,
00:10:59on va au nord savaneux,
00:11:02les méthodes et les modes de désignation des chefs
00:11:05se diffèrent d'un peuple à un autre.
00:11:08Alors, quand on a cette diversité des cultures,
00:11:13quand on a cette différence
00:11:16dans l'approche,
00:11:19dans la conception
00:11:20de désigner le chef,
00:11:22le principe démocratique
00:11:24qui veut que
00:11:25on choisisse un individu,
00:11:29on choisisse une personnalité,
00:11:32en surmontant
00:11:34les frontières ethniques,
00:11:36les barrières régionales,
00:11:37devient donc un principe,
00:11:39j'allais dire,
00:11:41parfait.
00:11:42Qu'est-ce qu'on constate ?
00:11:45On voit des individus
00:11:47qui,
00:11:49j'allais dire,
00:11:50prêchent de bonnes idéologies,
00:11:52mais une fois
00:11:53qu'elles sont soumises à l'épreuve
00:11:56du concept de la démocratie,
00:11:59elles s'isorent pratiquement.
00:12:02Donc, ce qui fait qu'aujourd'hui,
00:12:05les Africains,
00:12:06j'allais dire,
00:12:08est-ce qu'ils sont déçus ?
00:12:10Mais,
00:12:11se sentent abusés
00:12:13par le concept de la démocratie.
00:12:15Alors, dans ce contexte-là,
00:12:16ça veut dire que Serge Kofi,
00:12:18l'information ou le journaliste,
00:12:20les hommes de médias
00:12:21ont un rôle crucial à jouer.
00:12:24Pour vous, aujourd'hui,
00:12:25c'est quoi les...
00:12:26Est-ce que les médias,
00:12:28fréquents, jouent pleinement
00:12:29ce rôle-là
00:12:30dans l'ancrage démocratique ?
00:12:32Oui,
00:12:32j'ai presque envie de dire
00:12:34oui et non à la fois.
00:12:35Parce que je pense que
00:12:36les médias,
00:12:37les médias quand même
00:12:38dans l'ensemble,
00:12:39travaillent quand même
00:12:40à rappeler les principes
00:12:41de la démocratie,
00:12:42non seulement aux populations
00:12:43et puis aux dirigeants.
00:12:44Surtout, généralement,
00:12:45quand c'est, on va dire,
00:12:46les médias qui ne sont pas
00:12:46proches du parti au pouvoir.
00:12:48Ça s'est fait généralement.
00:12:49Maintenant,
00:12:50en même temps aussi,
00:12:50certaines presses
00:12:51qui sont affiliées
00:12:52au parti politique,
00:12:53c'est-à-dire,
00:12:53généralement,
00:12:54quand c'est le parti au pouvoir,
00:12:56je vais dire,
00:12:56cette presse-là,
00:12:58elle cautionne beaucoup de choses.
00:12:59D'accord.
00:12:59Elle cautionne beaucoup de choses.
00:13:01Maintenant,
00:13:02pour revenir,
00:13:03mais aussi,
00:13:03si tu permets,
00:13:04Daniel,
00:13:04pour revenir à la question
00:13:04qui t'as posée tout à l'heure
00:13:05à Dr. Kone Mébra,
00:13:07si c'est un héritage
00:13:08de la démocratie,
00:13:09si c'est un héritage
00:13:09de la colonisation,
00:13:10je ne le crois pas.
00:13:11Je ne le crois pas
00:13:12parce que,
00:13:12vous savez,
00:13:13je pense que
00:13:14à la fin des années 50,
00:13:16la plupart des pays africains
00:13:18ont souhaité
00:13:18acquérir l'indépendance,
00:13:19ont souhaité se libérer
00:13:21afin de souhaiter
00:13:21avoir l'émancipation.
00:13:24Et quand vous voyez
00:13:24ces pays africains-là,
00:13:26je pense que
00:13:26cette volonté même
00:13:27de l'émancipation,
00:13:28pour moi,
00:13:28passe-t-il de la démocratie ?
00:13:30Tout à fait.
00:13:30Parce que quand on est sur le jour
00:13:31de colonisateurs
00:13:32et qu'à un certain moment,
00:13:33on estime qu'on veut
00:13:34se s'autodéterminer,
00:13:36pour moi,
00:13:36c'est déjà,
00:13:37on est déjà ancré
00:13:38dans la démocratie.
00:13:39Et quand ces pays-là
00:13:40ont l'indépendance,
00:13:41la plupart,
00:13:42en 1960,
00:13:42des pays francophones,
00:13:44anglophones,
00:13:44tout ça,
00:13:45maintenant,
00:13:45c'est dans l'application
00:13:46de ce qu'on a reçu
00:13:47maintenant qui pose problème.
00:13:49Effectivement.
00:13:49Et pour répondre aussi,
00:13:51pour répondre à ce que
00:13:52Gaël a dit,
00:13:53il a dit que
00:13:54la démocratisation en Europe,
00:13:55ça a été le fruit
00:13:56d'un long processus.
00:13:57Mais moi,
00:13:57je pense que l'Afrique
00:13:58a quand même
00:13:59un avantage pour moi
00:14:00sur l'Europe.
00:14:00Parce que les Européens,
00:14:01finalement,
00:14:01au final,
00:14:02c'est quoi ?
00:14:02Qui les a enseignés
00:14:03la démocratie ?
00:14:04Personne.
00:14:04C'est eux-mêmes,
00:14:05en fin de compte.
00:14:06Nous,
00:14:06on a l'avantage
00:14:06d'avoir des maîtres
00:14:07qui nous ont enseignés
00:14:08comment il faut marcher
00:14:09sur la voie de la démocratie.
00:14:11Donc,
00:14:11pour moi,
00:14:11ça devait,
00:14:12le processus
00:14:12devait aller plus vite
00:14:13en Afrique qu'ailleurs.
00:14:14Et vous le dites si bien,
00:14:15il ne va pas plus vite
00:14:16parce que ces dernières années...
00:14:17Oui,
00:14:17après le discours de la boule
00:14:20en 1990,
00:14:20Jacques Chirac,
00:14:21qui est conditionnel,
00:14:21l'aide au développement,
00:14:23à l'instauration
00:14:24de la démocratie,
00:14:25tout ça,
00:14:25le multipartisme.
00:14:26Quand on fait le bilan
00:14:27de 1990 à aujourd'hui
00:14:28à 2026,
00:14:29je pense que le bilan
00:14:31est quand même mitigé.
00:14:32Il y a la possibilité
00:14:33de faire mieux
00:14:34que ce qu'on voit aujourd'hui.
00:14:35Mais je pense,
00:14:36je pense que c'est vraiment
00:14:36que je pense
00:14:37que c'est une question
00:14:38de volonté.
00:14:39Parce que généralement,
00:14:39les gouvernements africains
00:14:40n'ont pas cette volonté.
00:14:41Ou du moins,
00:14:42quand on est dans l'opposition,
00:14:43on est très...
00:14:44On est très critique.
00:14:46On est très critique.
00:14:47On appelle à la démocratie.
00:14:48Mais quand on est au pouvoir,
00:14:49bon, finalement,
00:14:50et le bilan,
00:14:51il est là.
00:14:51Ces dernières années,
00:14:52comme je le disais,
00:14:53ont été marquées
00:14:54par plusieurs coups d'État
00:14:55en Afrique.
00:14:56Serge Aouman-Lakwa,
00:14:57est-ce que c'est un rejet
00:14:58de la démocratie
00:15:00ou plutôt
00:15:01une crise de gouvernance ?
00:15:02Non, ce n'est pas
00:15:03un rejet de la démocratie.
00:15:04Parce que
00:15:06de tous les coups d'État
00:15:07qui ont pu être opérés,
00:15:09on n'a jamais vu
00:15:11un régime,
00:15:12qu'il soit militaire
00:15:14ou civil,
00:15:16demander à ce qu'on révise
00:15:17la Constitution
00:15:18pour repasser
00:15:19à la monarchie.
00:15:20On reste toujours
00:15:20à la démocratie.
00:15:22Donc,
00:15:22ce n'est pas un rejet.
00:15:24Mais ce que je voulais
00:15:25attirer ici
00:15:26comme élément nouveau,
00:15:28c'est,
00:15:28vous savez,
00:15:29la démocratie même
00:15:30est basée,
00:15:31elle doit être basée
00:15:32sur le principe
00:15:33de l'alternance.
00:15:35C'est ça même
00:15:35le vrai fond de la démocratie.
00:15:37L'alternance.
00:15:38Il ne faut pas qu'un seul individu
00:15:40dirige le pays
00:15:41pendant 20 ans.
00:15:42Il ne faut pas qu'un seul individu
00:15:44dirige le pays
00:15:44pendant 30 ans.
00:15:45Il ne faut pas qu'un seul individu
00:15:47et son groupe
00:15:49dirigent le pays
00:15:50pendant X années.
00:15:52l'alternance permet
00:15:54de pouvoir faire
00:15:55avancer
00:15:57le pays.
00:15:58Parce que
00:15:59quand vous mettez en place
00:16:01même un programme
00:16:01de gouvernement
00:16:02ou bien un projet
00:16:04de société,
00:16:05vous avez un temps
00:16:07pour pouvoir
00:16:08épuiser.
00:16:09Mais une fois,
00:16:10vous allez pouvoir
00:16:11le remarquer
00:16:11pour la plupart des pays
00:16:14où les gens ont fait
00:16:1530 ans,
00:16:1540 ans au pouvoir,
00:16:16après on a l'impression
00:16:17que plus rien n'avance.
00:16:19On tourne sur soi.
00:16:21Parce que justement,
00:16:22l'usure du temps
00:16:23aussi du pouvoir.
00:16:24Parce que ce qu'ils ont prévu
00:16:26lorsqu'ils voulaient
00:16:27le pouvoir,
00:16:28ils ont fini d'épuiser
00:16:29ou bien même
00:16:29ils ont échoué.
00:16:30Il faut une nouvelle
00:16:33classe
00:16:33pour venir proposer
00:16:34du nouveau.
00:16:35C'est ça le principe
00:16:36de l'alternance.
00:16:37Malheureusement,
00:16:38chez nous,
00:16:39quand on prend le pouvoir,
00:16:41on veut le conserver
00:16:42le plus longtemps possible.
00:16:45Alors que
00:16:46avec le temps,
00:16:47on finit par s'épuiser,
00:16:49on finit par ne plus
00:16:50être efficace.
00:16:51C'est sur le courant même.
00:16:52Pourquoi
00:16:53on a toujours du mal
00:16:55à être démocrate
00:16:56quand je pense
00:16:57à l'aspect
00:16:58que Kone Mébrad
00:16:59disait tout à l'heure,
00:17:00même si je l'ai évoqué
00:17:01premièrement,
00:17:01l'aspect socio-culturel.
00:17:05Nous sommes
00:17:06plus de 60 ethnies
00:17:07en Côte d'Ivoire.
00:17:09Plus d'une vingtaine,
00:17:11trentaine de civilisations
00:17:12ont passé,
00:17:13les ethnies
00:17:13et puis les civilisations
00:17:14ce n'est pas la même chose
00:17:15au niveau de l'application
00:17:16des justes et coutumes.
00:17:19Vous viendrez au sud,
00:17:20vous voyez que les aquains,
00:17:21il y a plusieurs ethnies,
00:17:23mais ils ont une même manière
00:17:24d'accéder au pouvoir
00:17:25comme chez les oués,
00:17:27qui ont leur manière,
00:17:28comme pour les peuples,
00:17:29les mandés et tout.
00:17:31Le système diffère en fonction
00:17:32des groupes.
00:17:33Voilà,
00:17:33donc le système diffère.
00:17:35Mais ne nous trompons pas,
00:17:36c'est la même chose aussi
00:17:38en France,
00:17:39en Angleterre.
00:17:40Il y a des peuples,
00:17:41il y a l'Écosse,
00:17:42il y a,
00:17:43comment on appelle,
00:17:44les Gaulois,
00:17:45tout cela.
00:17:46C'est comme ça aussi.
00:17:47Mais comment ils ont réussi
00:17:49à finalement arriver
00:17:50à cette démocratie-là ?
00:17:51Parce qu'ils ont mis en avant
00:17:53le concept de nation.
00:17:55Une fois qu'on met,
00:17:56on réussit le concept de nation,
00:18:00la nation c'est quoi ?
00:18:01C'est appartenir
00:18:04au même territoire,
00:18:05au même espace
00:18:06et on se considère tous
00:18:08étant les mêmes égaux.
00:18:11Donc une fois que vous arrivez
00:18:12à construire et à appliquer
00:18:14le concept de nation,
00:18:16vous êtes une nation.
00:18:16Donc ce qui fait que,
00:18:17moi, je suis un avicat,
00:18:19quand je vois Seij,
00:18:20ou bien je vois qu'on est,
00:18:22quel que soit d'où il vient,
00:18:24il est ivoirien comme moi,
00:18:26nous sommes de la même nation.
00:18:27Donc dès cet instant-là,
00:18:28le clivage de la tribu
00:18:30ou bien de quoi que ce soit
00:18:32est écarté.
00:18:33Le clivage de la religion
00:18:34et tous ces éléments
00:18:36qui entrent en ligne de compte
00:18:37sont écartés.
00:18:37Quand on aura atteint
00:18:38ce niveau-là,
00:18:40je pense qu'on pourra
00:18:40facilement maintenant
00:18:41réussir à appliquer
00:18:42cette démocratie modèle
00:18:45déjà finie
00:18:46qu'on nous a simplement
00:18:48proposé
00:18:48et que nous avons accepté.
00:18:50On est tous jeunes
00:18:51sur ce plateau.
00:18:52On sent beaucoup
00:18:54sous nos cieux
00:18:55la jeunesse très mobilisée
00:18:57derrière les partis politiques.
00:18:59Est-ce que vous pensez
00:19:00que ces derniers-là
00:19:00croient encore aujourd'hui
00:19:02à la démocratie ?
00:19:03Bien sûr,
00:19:04ils y croient.
00:19:04On les voit
00:19:05dans les différents partis politiques,
00:19:09quand il y a des activités,
00:19:11lorsqu'il s'agit
00:19:12de joutes électorales
00:19:13et tout,
00:19:13ils viennent,
00:19:14même si souvent
00:19:14la mobilisation est faible.
00:19:16ne pensons pas
00:19:17que le fait
00:19:19que souvent
00:19:19on ne sent pas
00:19:20les jeunes,
00:19:21on voit souvent
00:19:22le taux d'abstention
00:19:23et certains éléments
00:19:24que les gens
00:19:25ne s'intéressent pas.
00:19:26C'est l'environnement
00:19:27qui fait
00:19:28parce qu'il y a
00:19:29un déficit
00:19:30de démocratie.
00:19:31Comme je l'ai dit
00:19:31tout à l'heure,
00:19:32nous sommes,
00:19:33la démocratie
00:19:34est dynamique.
00:19:35On ne peut pas,
00:19:35par exemple,
00:19:36en Côte d'Ivoire,
00:19:36dire qu'en termes
00:19:38d'application
00:19:38de la démocratie,
00:19:39nous sommes à 100%.
00:19:40C'est qu'on n'est pas réel.
00:19:42Certains pourraient vous dire
00:19:44qu'on est à 60%,
00:19:46on est à 70%,
00:19:47mais on n'est pas aussi
00:19:48dans la monarchie,
00:19:48on n'est pas dans la dictature,
00:19:50on est dans la démocratie
00:19:51avec ses limites,
00:19:52avec ses erreurs
00:19:52qu'on essaie de corriger
00:19:53pour avancer.
00:19:55Vous partagez l'avis.
00:19:56Bien sûr,
00:19:56vous me permettrez même
00:19:57de rebondir sur
00:20:00la posture
00:20:01de la jeunesse politique
00:20:04face à l'évolution
00:20:06du concept.
00:20:07Mais si les jeunes
00:20:08sont découragés,
00:20:09c'est parce qu'ils croient
00:20:11en la démocratie
00:20:12et c'est parce qu'ils estiment
00:20:13que la façon dont
00:20:16la démocratie est appliquée
00:20:19est décevante
00:20:20pour eux,
00:20:21les jeunes générations
00:20:22qui estimaient mieux
00:20:24dans l'application
00:20:25de ce concept-là
00:20:28au niveau de leurs aînés,
00:20:30des intellectuels
00:20:31qui les ont enseignés,
00:20:33voient que cette démocratie
00:20:34dans son entièreté
00:20:36souffre
00:20:37aux mains de ceux
00:20:38qui les ont alertés
00:20:41sur le concept
00:20:43d'innovation,
00:20:45d'institution,
00:20:46de règles,
00:20:48voient que ce même concept-là
00:20:50souffre dans leurs mains.
00:20:51Les jeunes ne peuvent
00:20:52être que déçus.
00:20:53et ça,
00:20:54ça en appelle,
00:20:55n'est-ce pas,
00:20:56à une espérance nouvelle
00:20:58qui veut que
00:21:01nous acceptions
00:21:03la démocratie
00:21:05pas comme
00:21:08l'organisation des élections,
00:21:10mais comme un processus,
00:21:13comme l'a dit
00:21:15Gaël,
00:21:16comme un processus.
00:21:17quand vous écoutez
00:21:18les Africains,
00:21:20quand vous écoutez
00:21:21même des intellectuels
00:21:22et même des présidents,
00:21:24pour eux,
00:21:25la démocratie,
00:21:26c'est organiser
00:21:27les élections
00:21:27et puis hop,
00:21:29j'ai la légitimité,
00:21:30l'opinion internationale
00:21:32constate que
00:21:33j'ai organisé
00:21:33les élections,
00:21:34donc je peux
00:21:36jouer de la légitimité
00:21:37qu'il faut.
00:21:37Alors que la démocratie,
00:21:39l'élection n'est qu'un État
00:21:41dans la démocratie.
00:21:42La démocratie,
00:21:44c'est aussi
00:21:45comment le peuple
00:21:46se sent
00:21:47dans sa vie sociale,
00:21:49comment le peuple
00:21:50se sent
00:21:51dans
00:21:52son pouvoir d'achat,
00:21:55comment le peuple
00:21:55se sent
00:21:56face à sa justice,
00:21:58comment
00:21:59lui qui incarne
00:22:01l'institution,
00:22:02que ce soit
00:22:02la présidence,
00:22:03que ce soit
00:22:04la justice,
00:22:05que ce soit
00:22:05l'armée,
00:22:06comment sont-ils
00:22:07traités
00:22:09par rapport
00:22:10aux populations.
00:22:11C'est tout ça
00:22:12la démocratie.
00:22:13Donc quand on a
00:22:14dépassé l'étape
00:22:15de l'élection,
00:22:17on vient maintenant
00:22:18à l'étape
00:22:19de l'impact
00:22:20de cette démocratie
00:22:21qui provient
00:22:22de quoi ?
00:22:23Qui provient
00:22:24de la santé
00:22:25de l'institution
00:22:26qui est censée
00:22:28permettre
00:22:28le réjaillissement
00:22:30de l'application
00:22:31de cette démocratie.
00:22:32C'est bien que vous parliez
00:22:32d'institution
00:22:33parce que sans elle,
00:22:34c'est difficile
00:22:35d'aller loin
00:22:35on en est certain.
00:22:37Est-ce que la démocratie
00:22:38peut réellement
00:22:39aujourd'hui fonctionner
00:22:40sans base institutionnelle ?
00:22:42Non, pas du tout
00:22:43parce que je pense
00:22:44que c'est les institutions
00:22:44même qui fondent
00:22:46l'essence
00:22:47d'une bonne démocratie
00:22:48dans un pays.
00:22:49Répondre-moi
00:22:49à ta question,
00:22:50ça me fait penser
00:22:51un peu à cette phrase
00:22:52que Barack Obama
00:22:53avait dite
00:22:54en 2009 jusqu'au Ghana.
00:22:55Il a dit
00:22:55l'Afrique n'a pas besoin
00:22:56d'hommes forts
00:22:57mais d'institutions fortes.
00:22:58Mais elles sont toujours
00:22:59critiquées ces institutions.
00:23:00Oui, mais c'est justement
00:23:01si les institutions
00:23:01étaient fortes,
00:23:03vous voyez que le système
00:23:03politique d'un pays,
00:23:04généralement les pays africains,
00:23:05n'allait pas reposer
00:23:06si un seul homme.
00:23:07Je n'ai pas envie de citer
00:23:07des exemples des pays
00:23:08ici sur ce plateau.
00:23:09Mais vous voyez,
00:23:10on voit des pays en Afrique
00:23:11où tout est centralisé,
00:23:13tout le pouvoir
00:23:13est entre les mains
00:23:14d'une seule personne.
00:23:15À la limite,
00:23:16la personne m'a supplé
00:23:17toutes les institutions
00:23:18du pays.
00:23:18Non, mais vous pouvez citer
00:23:19les...
00:23:19Oui, oui,
00:23:20supplé toutes les...
00:23:20Du champs pays.
00:23:21Oui, je vais donner
00:23:21un exemple.
00:23:22Oui, je finis, je finis.
00:23:24Vous voyez,
00:23:25donc je pense que
00:23:25au-delà...
00:23:27Même la Côte d'Ivoire
00:23:28l'a vécu.
00:23:28Peut-être en Côte d'Ivoire,
00:23:29on dira qu'on était
00:23:30encore sous le temps
00:23:31du parti unique.
00:23:32Mais même après ça,
00:23:33quand le pouvoir,
00:23:34tout le pouvoir d'un pays
00:23:35est centralisé dans la main
00:23:36d'une seule personne,
00:23:37on n'est plus
00:23:38dans un contexte démocratique.
00:23:39Or, si les institutions
00:23:40sont fortes,
00:23:41vous voyez,
00:23:41ça permet d'assurer
00:23:42cette pérennité
00:23:42même à l'État.
00:23:44Un pays comme le Cameroun,
00:23:47je vais mettre
00:23:47les pieds dans les plans,
00:23:48un pays comme le Cameroun,
00:23:49le pouvoir est détenu
00:23:50depuis combien de décennies
00:23:51par un seul homme ?
00:23:5240 ans.
00:23:5340 ans,
00:23:53il n'y a pas de la tenance.
00:23:54Tout se résume au président.
00:23:57Vous voyez,
00:23:57bon,
00:23:58un tel pays...
00:23:59Ce n'est pas parce
00:23:59qu'il est trop compétent.
00:24:01Non,
00:24:02moi, c'est ça.
00:24:02Et ça, ça me dérange.
00:24:03Vous voyez,
00:24:03c'est ce qu'on appelle
00:24:04même en psychologie
00:24:05le péril apocalyptique.
00:24:08Ça dit quoi ?
00:24:09Après moi,
00:24:10c'est le chaos.
00:24:11C'est-à-dire,
00:24:12aujourd'hui,
00:24:12quand on voit
00:24:12dans certains pays africains
00:24:13les présidents
00:24:14qui sont en port
00:24:14depuis plusieurs décennies,
00:24:16à la limite,
00:24:16il faut croire au peuple
00:24:17que si je ne suis plus là,
00:24:18si je ne suis plus là,
00:24:19c'est fini.
00:24:20Le pays se crouille.
00:24:21Alors que ce n'est pas vrai.
00:24:22Avant vous,
00:24:23le pays a existé.
00:24:23Après vous,
00:24:24le pays va exister.
00:24:26Donc,
00:24:26ce n'est pas parce
00:24:26qu'ils sont compétents.
00:24:27Les compétents,
00:24:27il y en a toujours.
00:24:28Il y en aura toujours.
00:24:29Alors,
00:24:30avec ce qui se passe
00:24:31au Burkina Faso,
00:24:33le débat a pris
00:24:34une autre dimension.
00:24:35Est-ce qu'on peut dire
00:24:35que la démocratie
00:24:37est inadaptée
00:24:38à certains contextes africains,
00:24:40Gaël ?
00:24:41Non.
00:24:42Il n'y a pas,
00:24:42pour les Africains,
00:24:43il n'y aura pas
00:24:44de démocratie sur mesure.
00:24:46Ce n'est pas une camisole
00:24:47qu'on va coudre
00:24:48dans un pays spécialement.
00:24:49La démocratie
00:24:50a ses principes.
00:24:52Et les jeunes
00:24:52dont on parlait aujourd'hui,
00:24:54s'ils se plaignent,
00:24:55ils veulent le changement
00:24:56et tout,
00:24:56c'est parce qu'ils,
00:24:57justement,
00:24:57ils sont nourris
00:24:59à la mamelle
00:24:59de cette démocratie
00:25:00qu'ils ont appris.
00:25:01Ils connaissent les fondements
00:25:02et quand ils regardent
00:25:03sur le terrain,
00:25:03ils voient que ce n'est pas
00:25:04ce qui est appliqué.
00:25:05Donc, c'est là
00:25:06que se retrouve le malaise.
00:25:07Donc, quand des militaires
00:25:08décident de prendre le pouvoir
00:25:10et qu'ils suspendent
00:25:12la Constitution,
00:25:13parce que quand on suspend
00:25:14la Constitution,
00:25:15ça avait dit qu'on n'est
00:25:16plus en démocratie.
00:25:18Ils peuvent créer
00:25:19la charte de révolution.
00:25:21Ça dépend des pays.
00:25:22Il y a d'autres
00:25:22où ils créent
00:25:22une charte de révolution.
00:25:24Chez nous,
00:25:25ici, en Côte d'Ivoire,
00:25:25on avait vu CNSP
00:25:26avec le général Géhi.
00:25:29Ça dépend.
00:25:30Ils créent quelque chose
00:25:32pour une transition
00:25:34et puis après,
00:25:35si ça se passe bien,
00:25:36on revient maintenant
00:25:37à l'ordre constitutionnel.
00:25:38Sauf que,
00:25:39malheureusement,
00:25:40pour le Burkina,
00:25:40le Mali,
00:25:41les pays de la plupart
00:25:42des pays de l'AES,
00:25:43ils sont venus,
00:25:44ils se sont maintenus.
00:25:45On ne sait pas
00:25:45si on est dans un système
00:25:47de monarchie.
00:25:48On ne sait plus
00:25:48si on est dans la démocratie.
00:25:50Et puis,
00:25:50on est suspendu comme ça.
00:25:51Quand c'est comme ça,
00:25:52c'est dangereux.
00:25:53Parce qu'à ceux-là,
00:25:55comment va se faire
00:25:56la succession ?
00:25:56Parce qu'il s'agit
00:25:57d'un pays.
00:25:58Que vous vouliez ou non,
00:25:59il y aura un changement
00:26:00un jour.
00:26:01Ce changement-là,
00:26:02il s'impose.
00:26:03Sera-t-il pacifique ?
00:26:05Sera-t-il comme eux-mêmes
00:26:06ils sont venus ?
00:26:07C'est là que se pose
00:26:08la question.
00:26:08Maintenant,
00:26:09je veux parler un peu
00:26:10aussi de la démocratie
00:26:12chez nous ici.
00:26:13Chez nous,
00:26:14c'est-à-dire ?
00:26:14En Côte d'Ivoire.
00:26:15Regardez par exemple,
00:26:16c'est un parcours
00:26:17de 1960 à aujourd'hui.
00:26:20En 1960,
00:26:21c'est de la même démocratie
00:26:22qu'on parle.
00:26:22Parce que je ne pense pas
00:26:23qu'après qu'on ait
00:26:24eu l'indépendance,
00:26:25au niveau international,
00:26:26on ait fait une ramification
00:26:28pour modifier ce qu'on appelle
00:26:29démocratie.
00:26:30Ce sont les mêmes tests de base,
00:26:32ce sont les mêmes fondements.
00:26:33Mais en 1960,
00:26:35lorsque le président
00:26:35Oufoui-Boigny
00:26:36prend le pouvoir,
00:26:37on assiste à quoi ?
00:26:39Au parti unique.
00:26:41Depuis 1960
00:26:42jusqu'en 1990,
00:26:4330 ans après.
00:26:45C'était la démocratie,
00:26:46nous ?
00:26:46N'est-ce pas ?
00:26:47On était en démocratie,
00:26:48mais sauf que
00:26:49la pluralité
00:26:50n'était pas appliquée.
00:26:52Je développe comme ça
00:26:53pour dire qu'on va voir
00:26:54combien de fois
00:26:55c'est une affaire
00:26:56de dynamique.
00:26:56De processus.
00:26:57Parce qu'on est entré
00:26:59en démocratie en 1960,
00:27:01mais le président est là,
00:27:02les institutions fonctionnent
00:27:03et tout,
00:27:04mais sauf qu'il n'y a pas
00:27:05de parti d'opposition,
00:27:06c'est le parti unique
00:27:07dans cette démocratie.
00:27:09Ça, en ce moment-là,
00:27:10il n'y avait pas de pluralité.
00:27:11De 1990,
00:27:13où on vient maintenant
00:27:15consacrer le multipartisme,
00:27:17qui a aussi prévu
00:27:18dans la même constitution,
00:27:19dans la même démocratie
00:27:20qu'on a décidé d'appliquer
00:27:21depuis le début,
00:27:22qui finalement arrive
00:27:2330 ans après.
00:27:24Après cela,
00:27:25on passe à une trajectoire
00:27:26d'instabilité.
00:27:28Coup d'État en 1999,
00:27:31rébellion en 2002,
00:27:33et puis la crise
00:27:34post-électorale de 2011.
00:27:36Là, c'était une période
00:27:37vraiment instable
00:27:38pour la démocratie ivoirienne.
00:27:40On continue d'évoluer.
00:27:41Après 2011,
00:27:43aujourd'hui,
00:27:44on est dans une démocratie
00:27:46en reconstruction,
00:27:47avec plusieurs tensions.
00:27:49mais on est en reconstruction.
00:27:51C'est pour ça que je dis
00:27:51que c'est dynamique.
00:27:53On pourra critiquer
00:27:54tout ce qui ne marche pas.
00:27:56Il y a des avancées aussi.
00:27:57Mais l'effort qu'il y a à faire,
00:28:00c'est de ne pas aller retomber
00:28:03dans les coups d'État
00:28:05inutiles.
00:28:06Note démocratique
00:28:07de la Côte d'Ivoire sur 10,
00:28:09qu'est-ce que vous donneriez ?
00:28:117 sur 10.
00:28:12Donc, tu en connais mes bras ?
00:28:146 sur 10.
00:28:16Moi, je donne 5 sur 10.
00:28:185 sur 10.
00:28:19Pourquoi 7 ?
00:28:217 parce que,
00:28:22je l'ai dit tout à l'heure,
00:28:23il y a des avancées,
00:28:24comme aussi,
00:28:26il y a beaucoup d'éléments
00:28:27à améliorer.
00:28:32Vous voyez, par exemple,
00:28:34hier,
00:28:35si la date est bonne,
00:28:36le ministre de la Justice
00:28:37était devant le Parlement
00:28:40pour introduire
00:28:41un nouveau test de loi.
00:28:42Et vous savez,
00:28:42ce test de loi, c'est quoi ?
00:28:43C'est un test de loi
00:28:44qui va créer une institution
00:28:46pour suivre la détention
00:28:48des gens qu'on arrête.
00:28:50Ça veut dire que
00:28:51ce sera une organisation
00:28:54autonome,
00:28:54à l'image du CLDH,
00:28:56qui aura le pouvoir
00:28:57de passer dans les prisons
00:29:00et vérifier si
00:29:01et lutter surtout
00:29:03contre la torture,
00:29:05vérifier la condition
00:29:07des gens dans leurs arrestations.
00:29:08Vous savez que ce problème-là,
00:29:10il persiste en Côte d'Ivoire,
00:29:10on en parle toujours.
00:29:12On enlève les gens,
00:29:13la manière de les arrêter,
00:29:14il y a d'autres qui parlent
00:29:15de tortue,
00:29:16quand ils sont en prison,
00:29:17ils disent qu'ils sont
00:29:17dans des conditions inhumaines
00:29:18et tout.
00:29:19Cette institution-là,
00:29:20beaucoup ne sont pas jugés à temps.
00:29:21Voilà,
00:29:22toute cette institution-là
00:29:22doit connaître le jour
00:29:23dans les prochains temps
00:29:25en Côte d'Ivoire,
00:29:26ici,
00:29:26et elle fonctionne
00:29:29selon les règles internationales.
00:29:31Je dis bien,
00:29:31à l'image du CNDA.
00:29:32Donc, vous voyez que ça,
00:29:33on peut dire que c'est une avancée.
00:29:34D'accord.
00:29:35C'est pour ça qu'il y a une avancée.
00:29:35C'est pour ça qu'il y a une avancée.
00:29:36Je peux juste vous répondre.
00:29:39Vous avez donné 5 sur 10.
00:29:405 sur 10.
00:29:41Mais d'abord,
00:29:41je vais dire,
00:29:42Gaël,
00:29:42en fait,
00:29:42ce n'est pas le fait que
00:29:44prendre des lois,
00:29:45je vais dire,
00:29:45le corpus légal,
00:29:47il est assez fourni en Côte d'Ivoire.
00:29:48Mais ce n'est pas ça
00:29:48le problème en réalité,
00:29:49c'est l'application.
00:29:50Parce qu'on peut prendre des lois,
00:29:53on peut créer
00:29:53de nouvelles institutions,
00:29:54mais est-ce que cela est appliqué ?
00:29:56Parce que,
00:29:56oui,
00:29:56c'est ce qui me rébut,
00:29:57et puis c'est pourquoi
00:29:57j'ai donné 5.
00:29:58Vous savez,
00:29:59je pense qu'en Côte d'Ivoire,
00:30:00c'est vrai,
00:30:01Gaël a dit qu'il y a eu des avancées,
00:30:02mais je pense qu'on aurait pu faire mieux.
00:30:04Vous voyez,
00:30:05c'est pourquoi je pense,
00:30:06pour moi,
00:30:07ce qui me déçoit le plus,
00:30:08parlant de la démocratie en Afrique,
00:30:10je pense que nos gouvernants,
00:30:11ils connaissent la réalité.
00:30:12La plupart,
00:30:14soit été à l'école en Europe,
00:30:15ont vécu en Europe,
00:30:16ils savent,
00:30:17en fait,
00:30:17ils connaissent le modèle adéquat
00:30:20de la démocratie,
00:30:20mais en réalité,
00:30:21quand ils arrivent en Afrique,
00:30:22ils veulent donner une version,
00:30:24je fais une version africaine
00:30:25de la démocratie.
00:30:25Moi, c'est ce qui me dérange.
00:30:27Non, mais il n'y en a pas,
00:30:27ça n'existe pas,
00:30:28mais c'est ce qui me dérange.
00:30:29La note démocratique de Dr Mibras,
00:30:31c'est 6 sur 10.
00:30:32Pourquoi 6 ?
00:30:33Alors,
00:30:34je veux aborder dans le même sens
00:30:36que mon confrère.
00:30:38Vous voyez,
00:30:40tout à l'heure,
00:30:40j'ai dit que la démocratie,
00:30:43c'est un concept.
00:30:45C'est un processus.
00:30:48Quand on le déballe
00:30:50et qu'on considère que l'élection
00:30:52est une partie
00:30:53ou une étape
00:30:55dans l'application
00:30:56de la démocratie,
00:30:58on va dire
00:31:00qu'au-delà
00:31:02des élections,
00:31:03il y a plusieurs autres temps
00:31:05qui doivent être satisfaits.
00:31:08Aujourd'hui,
00:31:08en Côte d'Ivoire,
00:31:10quelle est la situation
00:31:11de la liberté individuelle ?
00:31:15Aujourd'hui,
00:31:16quelle est
00:31:17la tenue
00:31:19des dirigeants
00:31:21face à la loi maîtresse
00:31:23de la République ?
00:31:25Quelle est
00:31:27la situation
00:31:28de la justice
00:31:29face aux autorités
00:31:31qui gouvernent ?
00:31:33Donc,
00:31:34c'est toutes ces questions.
00:31:37Du point de vue institutionnel,
00:31:40est-ce qu'aujourd'hui,
00:31:41en Côte d'Ivoire,
00:31:42de la manière
00:31:43dont on traite
00:31:45injusticiable,
00:31:46c'est
00:31:47est-ce qu'on peut
00:31:49soumettre
00:31:50une autorité institutionnelle
00:31:53aux mêmes obligations ?
00:31:56Le constat est là.
00:31:58Le constat est là.
00:31:59On a le sentiment
00:32:01que c'est lorsqu'on a
00:32:03les leviers du pouvoir
00:32:06que la justice
00:32:07est plus forte.
00:32:09Donc,
00:32:09du point de vue
00:32:11liberté,
00:32:12du point de vue
00:32:13de la qualité
00:32:14de la protection
00:32:15des droits,
00:32:17il faut être honnête,
00:32:19il y a un grand retard.
00:32:21Mais du point de vue
00:32:22développement
00:32:24infrastructurel,
00:32:25il y a eu
00:32:26une avancée.
00:32:27Ce point
00:32:28fait également
00:32:29partie
00:32:29de la démocratie
00:32:31parce que la démocratie
00:32:32existe
00:32:32pour faire du bien
00:32:34aux populations.
00:32:35Au-delà de la Côte d'Ivoire,
00:32:37est-ce que vous pensez
00:32:38qu'il existe
00:32:39un modèle
00:32:40africain
00:32:41de gouvernance démocratique ?
00:32:43Allez-y, Serge.
00:32:44Moi,
00:32:45je prends deux pays déjà,
00:32:45je pense qu'ils sont des exemples.
00:32:47Je prends le cas du Sénégal.
00:32:48C'est vrai que ces dernières années,
00:32:49il y a eu quand même
00:32:50quelques chauffouris
00:32:51lors de l'élection présidentielle.
00:32:52Mais globalement,
00:32:52quand tu regardes
00:32:53depuis 1960,
00:32:54le Sénégal,
00:32:54il y a quand même
00:32:55une alternance.
00:32:56Il y a eu quand même
00:32:57qui est petit couac.
00:32:58Mais globalement,
00:32:59c'est bon.
00:33:00Le Sénégal,
00:33:00l'un des rares pays en Afrique
00:33:02qui n'a pas encore
00:33:03connu des coups d'État.
00:33:04L'un des rares pays en Afrique.
00:33:05Depuis 1960,
00:33:06la plupart des pays
00:33:07ont connu des coups d'État
00:33:07sauf le Sénégal.
00:33:08Ça veut dire que
00:33:08c'est un exemple à saluer.
00:33:10Et puis,
00:33:10je prends l'exemple aussi
00:33:11d'un pays comme le Ghana.
00:33:12C'est vrai que le Ghana
00:33:13a connu ses airs troubles
00:33:15avec plusieurs coups d'État.
00:33:16Mais après,
00:33:17l'érité de John Williams,
00:33:18je pense qu'il y a eu
00:33:19quand même une alternance
00:33:20qui est assez pacifique
00:33:22et puis qui est cool.
00:33:23Quand je regarde ça,
00:33:24souvent,
00:33:24je m'assois,
00:33:25je me dis,
00:33:25mais comment les autres font ?
00:33:27Et puis,
00:33:27on a les autres
00:33:29pour appliquer cela
00:33:30chez nous ou ailleurs.
00:33:31C'est compliqué.
00:33:33Il suffit de respecter
00:33:34un peu les règles
00:33:34qu'on s'est librement données
00:33:36et puis les choses
00:33:36vont fonctionner normalement.
00:33:38Mais vous savez,
00:33:39généralement,
00:33:40on défend la démocratie
00:33:42quand on est dans l'opposition.
00:33:43Je pense que c'est ça
00:33:43le vrai problème de l'Afrique.
00:33:45Quand on est dans l'opposition,
00:33:46c'est là qu'on estime
00:33:47que le pays devait fonctionner
00:33:48comme ça.
00:33:49Mais quand on est au pouvoir,
00:33:50le regard change, en fait.
00:33:51Alors,
00:33:52dans le même sens,
00:33:53le multipartisme
00:33:54est souvent présenté
00:33:56comme un acquis.
00:33:57Est-ce que vous pensez,
00:33:58Gaël,
00:33:58que dans ce contexte
00:33:59dans lequel on est,
00:34:00ce multipartisme-là
00:34:01est toujours bénéfique ?
00:34:06Bénéfique ?
00:34:07Oui.
00:34:08Pourquoi ?
00:34:09Parce que
00:34:10de l'histoire
00:34:11de la Côte d'Ivoire,
00:34:12il n'y a pas eu
00:34:12qu'un seul pays
00:34:13qui a dirigé
00:34:14depuis 1963 aujourd'hui.
00:34:15C'est à cause
00:34:16du multipartisme
00:34:18et par le multipartisme
00:34:19qu'on a connu
00:34:20le PDCI
00:34:20qui a fait plus de 30 ans
00:34:22à la tête
00:34:22de la Côte d'Ivoire,
00:34:23peut-être
00:34:24presque 50 ans.
00:34:26Voilà,
00:34:2640,
00:34:26presque 50 ans.
00:34:28Après,
00:34:28on a vu le FPI.
00:34:29Après le FPI,
00:34:30on a pu voir
00:34:31aujourd'hui le RHTP.
00:34:32Donc,
00:34:33de ce point de vue-là,
00:34:34oui.
00:34:35Mais,
00:34:36d'un autre point de vue,
00:34:39la conservation
00:34:40du pouvoir.
00:34:42La conservation du pouvoir,
00:34:43c'est cette gangrène-là.
00:34:45qui mine
00:34:45notre démocratie.
00:34:47Est-ce que
00:34:47pour ce qu'un parti politique
00:34:49pourrait s'en détacher
00:34:50la conservation du pouvoir ?
00:34:52C'est un état d'esprit.
00:34:54C'est ça.
00:34:54C'est l'application
00:34:55de la démocratie,
00:34:56de l'alternance.
00:34:58Il parlait du Ghana
00:34:59tout à l'heure.
00:35:01Mais,
00:35:01là-bas,
00:35:03un parti prend le pouvoir,
00:35:05il fait soit un mandat,
00:35:06deux mandats,
00:35:06quand ça arrive,
00:35:07il va encore aux élections.
00:35:08S'il a perdu,
00:35:08c'est fini,
00:35:09c'est rétile,
00:35:10l'autre vient,
00:35:10et puis on avance.
00:35:11Chez nous,
00:35:12si on ne veut pas,
00:35:12on se dit que si je suis là,
00:35:14si je ne suis pas là demain,
00:35:15mes proches vont devenir quoi ?
00:35:17C'est ça le problème.
00:35:18Et puis,
00:35:18on veut se maintenir.
00:35:19Autant que vous voulez
00:35:20vous maintenir aux affaires,
00:35:21mais vous ne pouvez pas appliquer
00:35:23normalement la démocratie.
00:35:25Vous êtes obligé
00:35:25de teindre le coup
00:35:26à la démocratie.
00:35:27C'est pour ça que je disais
00:35:28tout à l'heure,
00:35:29nous sommes dans un processus.
00:35:30Et moi,
00:35:31je veux bien y croire.
00:35:32Parce que la Chine
00:35:34ne s'est pas construite
00:35:35en une nuit.
00:35:36On était en 1960,
00:35:38on a vu des choses,
00:35:39c'est ce que je disais
00:35:40tout à l'heure.
00:35:41Entre 90 à 2011,
00:35:42on a vu des choses.
00:35:44Et puis aujourd'hui,
00:35:44de 2011 à 2026,
00:35:47on voit aussi des choses.
00:35:48Il y a des choses
00:35:49qui se corrigent,
00:35:50comme il y en a aussi
00:35:51qui persistent,
00:35:52qui demeurent,
00:35:53parce que ceux qui sont
00:35:54aux affaires
00:35:55veulent toujours être là.
00:35:56Dans le respect
00:35:57des textes démocratiques,
00:36:00est-ce qu'il y a un rôle
00:36:01que doit jouer l'armée ?
00:36:02Docteur Mébrard.
00:36:04Le seul rôle
00:36:05de l'armée,
00:36:07c'est d'encadrer
00:36:10l'esprit
00:36:11et la forme
00:36:12du système.
00:36:15L'armée,
00:36:17son rôle régalien,
00:36:19c'est de protéger
00:36:20ses concitoyens.
00:36:22ces concitoyens-là
00:36:25sont unis
00:36:26dans le principe
00:36:30qui est transmis
00:36:32par l'existence
00:36:33des institutions.
00:36:34Donc,
00:36:35l'armée doit protéger
00:36:36les institutions.
00:36:37Et l'institution
00:36:38est incarnée
00:36:38par des présidents
00:36:40d'institutions.
00:36:40Au plus haut sommet,
00:36:42le chef de l'État.
00:36:43Donc,
00:36:43c'est ça,
00:36:44le rôle de l'armée.
00:36:44L'armée,
00:36:46quels qu'en soient
00:36:47les tensions
00:36:50institutionnelles,
00:36:52l'armée doit jouer
00:36:52qu'un rôle
00:36:53neutre,
00:36:54un rôle d'arbitre.
00:36:56Quand l'armée
00:36:58constate
00:36:58que
00:37:00le blocage
00:37:02institutionnel
00:37:03peut engendrer
00:37:04des effets
00:37:05de ralentissement
00:37:07de l'économie,
00:37:08l'armée,
00:37:10avec
00:37:10le penchant
00:37:12ou en connaissance
00:37:13du penchant,
00:37:14de la population,
00:37:15l'armée peut
00:37:16entrer en ligne
00:37:17de compte
00:37:17pour encadrer
00:37:19le processus
00:37:20en fixant
00:37:21les délais
00:37:24de sa mission
00:37:26pour pouvoir
00:37:27aboutir
00:37:27rapidement
00:37:28à la continuité
00:37:29de l'ordre démocratique.
00:37:30À côté de l'armée,
00:37:31il y a la société civile.
00:37:32Est-ce que vous pensez
00:37:32que cette société civile
00:37:34est capable
00:37:35aujourd'hui
00:37:36de défendre
00:37:37véritablement
00:37:38la démocratie
00:37:39sous nos yeux ?
00:37:39Oui,
00:37:40ça devait
00:37:40mettre son rôle
00:37:41le rôle de la société civile.
00:37:42C'est-à-dire
00:37:42de défendre la démocratie,
00:37:44de travailler
00:37:44à l'instauration
00:37:45de la démocratie.
00:37:45Ça devait être
00:37:46le constat qu'on fait.
00:37:48Mais le constat,
00:37:48malheureusement,
00:37:49encore mille fois,
00:37:50hélas,
00:37:51sous nos yeux,
00:37:52la société civile
00:37:53est généralement
00:37:53cartée d'un parti politique.
00:37:55Malheureusement.
00:37:56Et même ceux
00:37:57qui sont,
00:37:58je veux dire,
00:37:58qui sont équidissants
00:37:59des chapelles politiques,
00:38:00généralement,
00:38:00parce qu'à Forne,
00:38:01on les attend très peu
00:38:02ou on ne les attend pas du tout.
00:38:04Généralement,
00:38:05c'est la société civile
00:38:06qui est proche
00:38:06d'un camp,
00:38:07d'un parti,
00:38:08soit c'est du parti au pouvoir,
00:38:10c'est de l'opposition
00:38:10qu'on entend le plus.
00:38:11Et ça,
00:38:12ça contribue à,
00:38:13je veux dire,
00:38:16à décrédibiliser
00:38:16le discours
00:38:17de la société civile.
00:38:18Parce que quand vous venez,
00:38:19vous êtes,
00:38:20je veux dire,
00:38:20une tête de ponte,
00:38:22une ponte de la société civile
00:38:23et qu'on vous sait
00:38:25encarté d'un parti politique.
00:38:27Mais généralement,
00:38:27ça décrédibilise tout le monde,
00:38:28on n'a pas toujours confiance.
00:38:29Voilà, votre discours
00:38:29n'est plus crédible.
00:38:31Mais quand vous défendez
00:38:33la position,
00:38:34peu importe,
00:38:35votre positionnement,
00:38:36mais bon,
00:38:36le discours importe,
00:38:38ça devait être le rôle
00:38:39de la société civile
00:38:40mais encore une fois
00:38:41sous nos cieux en Afrique.
00:38:44Vous savez,
00:38:45et puis la politique,
00:38:46je pense que le danger,
00:38:47c'est qu'en Afrique,
00:38:48on conçoit la politique
00:38:49comme un moyen
00:38:49d'ascension sociale.
00:38:50Je pense que tout part de là.
00:38:52Ça se fait que quand
00:38:52quelqu'un a perdu la parole
00:38:53à l'heure
00:38:53de se maintenir au pouvoir,
00:38:55c'est ça.
00:38:56Parce qu'aujourd'hui,
00:38:56la politique sous nos cieux
00:38:57est devenu un moyen
00:38:58d'ascension sociale.
00:38:59Par la politique,
00:39:00moi, Serge Kofi,
00:39:01je suis journaliste,
00:39:01je peux facilement
00:39:02me retrouver directeur
00:39:03qui parle d'une société
00:39:04par la publique.
00:39:05Donc vous voyez,
00:39:06et quand j'ai la chance
00:39:08d'appartenir
00:39:09un camp politique,
00:39:10ce sera le camp
00:39:10qui est au pouvoir.
00:39:11Mais je vais tout faire
00:39:12pour que ce camp
00:39:13reste au pouvoir.
00:39:14Vous vous parlez
00:39:15d'ascension sociale,
00:39:16moi, ça me fait penser
00:39:17à ce qu'on appelle
00:39:19corruption.
00:39:20Pour certains observateurs,
00:39:21il y a un très bon lien
00:39:22entre la corruption
00:39:23et la démocratie,
00:39:26enfin,
00:39:27et le frein,
00:39:28entre la corruption,
00:39:29pardon,
00:39:29et le frein
00:39:29à la démocratie en Afrique.
00:39:31Est-ce que c'est quelque chose
00:39:31que vous validez
00:39:32à Oumanga El Lapma ?
00:39:33Le combat contre la corruption,
00:39:35c'est...
00:39:37disons,
00:39:38c'est une question
00:39:39de volonté,
00:39:40de volonté politique,
00:39:41surtout.
00:39:42La corruption peut bien
00:39:43exister en France,
00:39:44en Grande-Bretagne,
00:39:47au Brésil,
00:39:48bon, là-bas,
00:39:48ça existe, hein.
00:39:50Mais en fait,
00:39:51quand vous êtes aux affaires
00:39:54et que vous voulez lutter
00:39:55contre la corruption,
00:39:58vous risquez de vous retrouver
00:39:59à appliquer la loi
00:40:02sur vos proches.
00:40:04parce que ce sont eux
00:40:05qui ont les plus grandes
00:40:07responsabilités.
00:40:08Or, très souvent,
00:40:09eux-mêmes,
00:40:10ils sont impliqués.
00:40:11Du coup,
00:40:12ça devient difficile.
00:40:14Ça devient difficile.
00:40:15Sinon,
00:40:15si...
00:40:17Je pense que
00:40:18éradiquer la corruption
00:40:20pour un État,
00:40:20pour un pays
00:40:21qui le veut,
00:40:22sincèrement,
00:40:23bénéficie de tous les leviers,
00:40:25il n'y a aucun problème.
00:40:26Mais quand on fait
00:40:27du deux fois deux mesures,
00:40:28on parle de corruption,
00:40:30on s'intéresse seulement
00:40:31aux petits policiers
00:40:32au bord de la route,
00:40:33ou bien on s'intéresse seulement
00:40:35à un petit cas isolé,
00:40:37on prend pour faire un exemple,
00:40:38mais quand ceux-mêmes
00:40:39qui sont à la tête
00:40:40des grosses institutions
00:40:41sont impliqués,
00:40:42on ne voit rien.
00:40:43Dans ce moment-là,
00:40:44ça ne fait qu'encourager
00:40:45tout le monde,
00:40:46ça devient un État d'esprit.
00:40:47On se dit que c'est
00:40:48ce qui marche.
00:40:49Tu veux,
00:40:49tu ne veux pas,
00:40:49tu dois passer par là.
00:40:50Tu vas à la fonction publique,
00:40:51tu déposes un papier,
00:40:53il faut forcément mettre
00:40:53quelque chose sur ton dossier.
00:40:54Toutes ces choses-là
00:40:56doivent être normalement
00:40:57combattues
00:40:58et aidées par le pouvoir.
00:41:00qui, si elle a vraiment
00:41:01la volonté de le faire,
00:41:03et on a constaté un peu,
00:41:04on a constaté
00:41:05le pouvoir actuel,
00:41:06on fait souvent les,
00:41:08quand on fait les évaluations,
00:41:10on voit que la Côte d'Ivoire
00:41:11ne fait que progresser
00:41:12dans la lutte.
00:41:13Mais comme je dis encore,
00:41:15c'est une question
00:41:16qui est dynamique,
00:41:18qui est un processus.
00:41:19On va y arriver.
00:41:20Je ne sais pas
00:41:21si ce sera dans 50 ans,
00:41:22dans 100 ans,
00:41:23ou si on va faire 200 ans
00:41:25comme la France,
00:41:25mais on va y arriver,
00:41:27il faut y croire.
00:41:27Moi, j'y crois.
00:41:28Parce que quand on dit
00:41:29souvent,
00:41:29un des principes fondamentaux
00:41:31de la démocratie,
00:41:32c'est la liberté d'expression.
00:41:34Il faut qu'on soit honnête.
00:41:36Il y a des pays
00:41:37ici en Afrique
00:41:38où tel que nous sommes
00:41:39assis en train d'échanger,
00:41:41en train de débattre,
00:41:41en train de parler,
00:41:42où on donne notre point de vue,
00:41:44contradiction ou pas,
00:41:46moi, on ne m'a jamais
00:41:47interpellé
00:41:48parce que je suis venu
00:41:48faire une telle émission.
00:41:50Alors que dans certains pays,
00:41:53vous ne pouvez pas.
00:41:54Ça, au moins,
00:41:55il faut reconnaître
00:41:56que c'est un acquis.
00:41:57Et même si vous avez
00:41:58fait quelque chose,
00:41:59on va vous interpeller,
00:42:01vous demander,
00:42:01vous allez vous expliquer.
00:42:03Or, dans certains pays,
00:42:04on n'a pas ça.
00:42:05Vous parlez de liberté
00:42:06et d'expression,
00:42:07moi, ça me permet
00:42:07d'aborder la question
00:42:08de l'essor.
00:42:08En même temps,
00:42:08ce n'est pas le libertinage aussi.
00:42:10Oui, ça me permet
00:42:11d'aborder l'essor du numérique,
00:42:13les réseaux sociaux aujourd'hui.
00:42:15Est-ce que vous pensez
00:42:17qu'ils réagissent,
00:42:18qu'ils renforcent
00:42:19ou qu'ils fragilisent
00:42:20la démocratie sous nos yeux ?
00:42:22Je veux dire
00:42:23que les réseaux sociaux,
00:42:26renforcent la démocratie.
00:42:29Grâce aux réseaux sociaux,
00:42:30aujourd'hui,
00:42:32la parole
00:42:33est à tout le monde.
00:42:36Des gens qui n'avaient pas
00:42:37la parole,
00:42:39aujourd'hui,
00:42:40à l'aide d'un téléphone,
00:42:42ils peuvent
00:42:43donner leur point de vue
00:42:45sans forcément être
00:42:46sur un plateau de télé.
00:42:47Donc,
00:42:48les réseaux sociaux
00:42:49ont contribué
00:42:51à renforcer
00:42:52la liberté
00:42:53d'expression
00:42:54et à étendre,
00:42:56n'est-ce pas,
00:42:58j'allais dire,
00:42:59l'esprit
00:43:01démocratique
00:43:01en Afrique
00:43:02et partout dans le monde.
00:43:04Et il y a aussi
00:43:04les leaders d'opinion
00:43:05qui prennent,
00:43:06mine de rien,
00:43:06de plus en plus de place.
00:43:08Est-ce que vous pensez
00:43:09que leurs interventions
00:43:11influencent positivement
00:43:12le débat ?
00:43:12Bien sûr,
00:43:14bien sûr,
00:43:14parce que
00:43:15c'était quoi
00:43:16le défi ?
00:43:17d'arriver à parler
00:43:19à la cible recherchée.
00:43:21Grâce aux réseaux sociaux,
00:43:23aujourd'hui,
00:43:24on peut s'adresser
00:43:26à la cible demandée.
00:43:28Vous parlez ici,
00:43:29vous pouvez être entendu
00:43:31à 2000 kilomètres,
00:43:32vous pouvez être entendu
00:43:33par des milliers
00:43:35de jeunes gens
00:43:38qui partagent
00:43:39votre quotidien
00:43:39ou qui sont affiliés
00:43:41aux personnes
00:43:42que vous recherchez
00:43:43ou à la cible
00:43:44que vous recherchez.
00:43:45Donc,
00:43:46à travers les réseaux sociaux,
00:43:48tous ceux qui n'ont
00:43:49par exemple
00:43:50pas de post-téléviseur,
00:43:52tous ceux par exemple
00:43:53qui n'ont pas de radio,
00:43:54tous ceux par exemple
00:43:55qui sont dans des zones
00:43:56difficilement accessibles
00:44:00à l'antenne traditionnelle,
00:44:02les réseaux sociaux
00:44:04deviennent une télévision
00:44:06pour eux.
00:44:07Donc,
00:44:07par ce moyen,
00:44:09tous les leaders d'opinion
00:44:10qui l'utilisent
00:44:12finissent par
00:44:14arriver
00:44:14à atteindre
00:44:16les cibles
00:44:17visées.
00:44:18Donc,
00:44:19les réseaux sociaux
00:44:19ont contribué
00:44:20à enrichir
00:44:22le débat,
00:44:23ont contribué
00:44:25à rapprocher
00:44:27l'esprit
00:44:28du consensus
00:44:29qui est
00:44:30le socle
00:44:31et la base
00:44:32sur laquelle
00:44:33la démocratie
00:44:34se nourrit,
00:44:35se renforce
00:44:36et se stabilise.
00:44:38Serge ?
00:44:39Enfin,
00:44:39Gaël ?
00:44:40Les réseaux sociaux,
00:44:42j'ai envie de faire
00:44:43un parallèle
00:44:43avec la démocratie.
00:44:45Alors,
00:44:46sur le point de vue
00:44:47forme,
00:44:48sur la forme,
00:44:49les réseaux sociaux
00:44:50c'est Internet,
00:44:51c'est l'ouverture
00:44:52sur le monde,
00:44:53c'est l'ouverture
00:44:54sur les canaux
00:44:55et tous ces éléments-là.
00:44:56Parce qu'aujourd'hui,
00:44:57grâce aux réseaux sociaux
00:44:58du Parle à la forme,
00:44:59vous pouvez être ici
00:45:00et puis adresser
00:45:01un message facilement
00:45:02à quelqu'un
00:45:02qui est en Chine
00:45:03ou bien même
00:45:04à toute la population
00:45:04selon les éléments
00:45:06que vous allez faire
00:45:07par rapport
00:45:07à l'algorithme.
00:45:09Mais malheureusement,
00:45:10ce canal formidable
00:45:14que les Occidentaux,
00:45:16une fois de plus,
00:45:17ont créé,
00:45:18chez nous ici,
00:45:19on est encore
00:45:20en train de mal utiliser,
00:45:22de mal appliquer
00:45:23comme on applique
00:45:24mal la démocratie.
00:45:25C'est comme si
00:45:25on est maudit en fait.
00:45:28Les réseaux sociaux,
00:45:29vous allez dans
00:45:30les autres pays,
00:45:31ça sert à éduquer,
00:45:32à former,
00:45:34à enseigner,
00:45:35à faire avancer
00:45:37dans l'idée.
00:45:38Chez nous ici,
00:45:39il y a un certain groupe
00:45:41qui aujourd'hui
00:45:42est sur les réseaux sociaux
00:45:44immoralité,
00:45:45vulgarisation
00:45:47de la sexualité,
00:45:49de la drogue,
00:45:51de tout ça.
00:45:52Et puis,
00:45:52ce qui me choque,
00:45:53c'est que
00:45:55on ne les interpelle pas.
00:45:58On ne les interpelle
00:45:59pas forcément
00:45:59pour les emprisonner,
00:46:01mais quand quelqu'un
00:46:02fait une sortie
00:46:04qui choque
00:46:04les meurs,
00:46:06qui choque
00:46:07l'éducation
00:46:08des enfants,
00:46:08parce que ces réseaux sociaux,
00:46:09les enfants
00:46:10sont de 16 ans,
00:46:1015 ans,
00:46:1114 ans,
00:46:12ils sont sur ces réseaux.
00:46:13Quand quelqu'un
00:46:14se fait une sortie,
00:46:15exposition de fonds
00:46:16et tout,
00:46:19il faut quand même
00:46:20les interpeller
00:46:20pour leur dire
00:46:21bon,
00:46:22voilà,
00:46:22il faut baliser,
00:46:24mais on ne le fait pas.
00:46:25Malheureusement,
00:46:27j'ai fini sur un cas.
00:46:29Il y a eu
00:46:30une influenceuse
00:46:31qui a fait une sortie
00:46:32dernièrement
00:46:33sur les réseaux sociaux,
00:46:34je n'ai pas cité,
00:46:35avec tout ce qu'on peut penser,
00:46:37vulgarité,
00:46:38tout ce qui va.
00:46:39Et il y a quelqu'un,
00:46:40un jeune homme,
00:46:41qui a fait un commentaire,
00:46:43mais lui,
00:46:44il tombait sous le coup
00:46:45de son commentaire,
00:46:47il tombait sous le coup
00:46:48du non-respect,
00:46:49je crois,
00:46:50de la situation
00:46:51de la femme,
00:46:51parce qu'en substance,
00:46:53son message
00:46:53voulait dire
00:46:54que battre une femme,
00:46:55c'est normal.
00:46:57Là, tout de suite,
00:46:59le ministère
00:47:00de la femme
00:47:02a porté plainte.
00:47:03Et il a été pris.
00:47:05Mais tous les autres
00:47:07qui font des vidéos,
00:47:09qui font tout ce que
00:47:10j'étais en train de dire
00:47:11tout à l'heure.
00:47:12Est-ce que vous êtes
00:47:12un peu le fan
00:47:13qu'il a été interpellé ?
00:47:14Non, je suis d'accord.
00:47:16Il est interpellé,
00:47:18c'est bien.
00:47:18Maintenant, lui,
00:47:19c'est la première fois
00:47:20qu'il a fait un commentaire.
00:47:21Mais il y a dans ce pays
00:47:22des gens qu'on connaît
00:47:23qui ne font que
00:47:24tous les jours
00:47:25fait des choses.
00:47:26On se plaît,
00:47:27mais on ne voit rien.
00:47:28Alors, vous le dites.
00:47:29Les réseaux sociaux,
00:47:29pour moi,
00:47:30pour terminer,
00:47:30pardon,
00:47:31sur le point de guerre,
00:47:31pour moi,
00:47:32si je veux faire
00:47:32un parallèle,
00:47:33tout à l'heure,
00:47:33il n'y a pas d'un parallèle,
00:47:34je veux faire le parallèle,
00:47:35même pas avec la démocratie,
00:47:36mais avec le multipartisme.
00:47:38Où les réseaux sociaux
00:47:39sont venus consacrer
00:47:39davantage la liberté
00:47:40d'expression.
00:47:41Et à la base,
00:47:42c'est une bonne chose.
00:47:43D'accord.
00:47:43Comme il l'a dit,
00:47:44ça permet d'éduquer,
00:47:44d'échanger,
00:47:45c'est une bonne chose.
00:47:46Mais vous voyez,
00:47:46l'utilisation qui en est faite,
00:47:48il y a eu tellement
00:47:49des déviations.
00:47:49C'est un peu comme
00:47:50le multipartisme.
00:47:51À la base,
00:47:51le multipartisme,
00:47:52c'est une bonne chose.
00:47:54La pluralité des pensées
00:47:55et tout ça.
00:47:55Mais vous voyez,
00:47:56dans l'application en Afrique
00:47:57du multipartisme,
00:47:58le terrain,
00:47:58le débat,
00:47:59il va souvent sur le terrain
00:48:01ethnique,
00:48:02c'est le clan
00:48:03qui est privilégié.
00:48:04Donc, pour moi,
00:48:05c'est un peu ça.
00:48:06C'est un peu ça.
00:48:06Je pense qu'il faut travailler,
00:48:08il faut travailler à CENI,
00:48:09surtout au niveau
00:48:10de l'utilisation
00:48:10des réseaux sociaux,
00:48:11tout comme il faut travailler
00:48:12à faire une bonne application
00:48:13du multipartisme.
00:48:15On parle de démocratie,
00:48:17on parle de sa promotion,
00:48:19mais souvent,
00:48:20le constat qui est fait
00:48:21sur le terrain,
00:48:22c'est que les militaires
00:48:23qui viennent prendre
00:48:24le pouvoir par coup d'État
00:48:26sont souvent applaudis
00:48:27par certains peuples.
00:48:28Comment est-ce qu'on pourrait
00:48:29l'expliquer,
00:48:30Dr Mebra?
00:48:31Alors,
00:48:32ça peut s'expliquer par,
00:48:34comme on l'a déjà dit,
00:48:37la grande amertume
00:48:40vécue
00:48:41par les populations.
00:48:43qui se sentent,
00:48:46après avoir
00:48:47espéré
00:48:48des leaders
00:48:50issus
00:48:51du cadre électoral,
00:48:53que leurs
00:48:54préoccupations,
00:48:55leur quotidien
00:48:57soient satisfaits
00:48:59par l'application
00:49:00d'une politique
00:49:00d'orientation claire,
00:49:02ils sont venus
00:49:03à être désespérés
00:49:05dans l'attente.
00:49:06Quand ces militaires
00:49:07arrivent,
00:49:09on ne voit pas mieux
00:49:10des actions
00:49:12de révolution.
00:49:13qui auraient pu
00:49:14être faites
00:49:15par des civils.
00:49:18Alors,
00:49:20c'est l'amertume
00:49:21des populations,
00:49:23c'est la déception
00:49:24des populations
00:49:25qui amènent
00:49:26ces populations
00:49:27à applaudir
00:49:28l'armée.
00:49:29Sinon,
00:49:30l'armée
00:49:30n'a pas pour rôle
00:49:32de définir
00:49:33une politique générale
00:49:35pour un État.
00:49:36L'armée,
00:49:37son rôle,
00:49:38vous me permettrez
00:49:39de structurer
00:49:39sur ça,
00:49:40c'est de protéger.
00:49:42Maintenant,
00:49:43qu'est-ce qui fait
00:49:44que ces populations
00:49:45applaudissent encore
00:49:46les militaires ?
00:49:47C'est un manque
00:49:49d'éthique.
00:49:50Les leaders civils
00:49:52qui portent
00:49:53la responsabilité
00:49:54de développer
00:49:56une politique
00:49:56de développement,
00:49:58quand ils viennent
00:49:59au pouvoir,
00:50:00qu'est-ce qu'ils font ?
00:50:02Ils s'enrichissent.
00:50:04Quand quelqu'un
00:50:06commence à avoir
00:50:08une pensée
00:50:08contradictoire,
00:50:10la liberté
00:50:11d'expression
00:50:12est confisquée.
00:50:15Les nominations
00:50:15ne sont plus
00:50:17sur la base
00:50:17de la compétence,
00:50:19mais sur la base
00:50:20du rendement politique,
00:50:22sur la base
00:50:23du copinage politique,
00:50:25sur la base
00:50:26du régionalisme
00:50:28politique,
00:50:29ou quelquefois
00:50:30du rapprochement
00:50:31ethnique,
00:50:31ou quelquefois
00:50:33de la soumission
00:50:33politique.
00:50:35Alors,
00:50:35quand ces populations
00:50:36qui ont tant
00:50:37espéré
00:50:38finissent par voir
00:50:39que celui
00:50:40qui est censé,
00:50:41qui porte
00:50:42le costume,
00:50:43qui est le civil,
00:50:44qui est issu
00:50:45des élections,
00:50:46qui a fait
00:50:46des promesses
00:50:47politiques,
00:50:48mais en fin de compte,
00:50:49en 5 ans,
00:50:51en 10 ans,
00:50:52qu'il n'a même
00:50:53pas été capable
00:50:54d'accomplir
00:50:55même 10%
00:50:57de ce qu'il a dit,
00:50:58et qu'en 6 mois,
00:50:59on voit des militaires
00:51:01avec une posture
00:51:03révolutionnaire,
00:51:04qui ne sont pas
00:51:04dans les discours,
00:51:05mais dans les actes,
00:51:06et qui viennent
00:51:07de façon concrète,
00:51:08de façon précise,
00:51:10accomplir des actes
00:51:11de développement,
00:51:12des actes politiques
00:51:13forts,
00:51:14on va les applaudir,
00:51:15même si on n'est pas
00:51:15d'accord avec le moyen
00:51:17qu'ils ont utilisé
00:51:18pour prendre le pouvoir.
00:51:19Est-ce que c'est un avis
00:51:20que vous partagez ?
00:51:21Moi,
00:51:23j'ai pris une image
00:51:24encore,
00:51:24une fois de plus.
00:51:26Vous voyez
00:51:27l'image d'une femme
00:51:28dans une maison,
00:51:30séquestrée
00:51:31par un inconnu,
00:51:32un bandit,
00:51:33un braqueur,
00:51:34pendant une longue période,
00:51:37et elle connaît
00:51:38toutes sortes
00:51:39de souffrances
00:51:41dans cette séquestration-là.
00:51:43Et puis,
00:51:44tout d'un coup,
00:51:45elle est là,
00:51:45elle rêve,
00:51:46elle se dit,
00:51:46« Ah, mais il faut
00:51:47qu'un sauveur vienne,
00:51:48il faut qu'on me sauve,
00:51:49il faut qu'on me sauve. »
00:51:51Et puis,
00:51:51un jour,
00:51:52son ex,
00:51:55avec qui elle avait été,
00:51:57mais qu'elle a trouvé
00:51:58qu'il avait des limites
00:51:59qui n'étaient pas bonnes,
00:51:59qu'elle a dû critiquer
00:52:00et chasser,
00:52:01celui-là vient,
00:52:02il casse la porte
00:52:03et puis il entre.
00:52:05Tout de suite,
00:52:06comment elle va se sentir ?
00:52:08C'est ce même ex-là.
00:52:10Mais,
00:52:11le soulagement,
00:52:12elle sera heureuse
00:52:14de le voir lui,
00:52:15qui aura certainement
00:52:16bouté sur braqueur
00:52:18là-dedans.
00:52:19Mais,
00:52:20voici un peu
00:52:21ce à quoi ressemble
00:52:23cette histoire
00:52:24des militaires
00:52:25qui prennent le pouvoir.
00:52:26Le peuple
00:52:29est déçu,
00:52:30est frustré,
00:52:31n'a même plus d'espoir.
00:52:33C'est comme,
00:52:34comme on dit,
00:52:35l'incendie,
00:52:36pour l'éternité,
00:52:37on n'a pas besoin
00:52:37d'eau propre.
00:52:38Donc,
00:52:38celui qui vient,
00:52:39en tant que militaire,
00:52:40il renverse
00:52:41l'ordre constitutionnel,
00:52:42il est là.
00:52:44Et puis,
00:52:44tout le monde est content.
00:52:46Mais,
00:52:46pour combien de temps ?
00:52:47Parce que c'est un feu
00:52:48de paille.
00:52:49Je le dis ici,
00:52:51aucun militaire
00:52:51ne peut développer
00:52:52un pays.
00:52:52Même si certains
00:52:53viendront me dire
00:52:54qu'il y a eu des militaires
00:52:55qui ont fait leur temps
00:52:56et tout,
00:52:56ils n'ont jamais
00:52:57développé un pays.
00:52:58quand ils font
00:52:59le coup d'État,
00:53:00les gens peuvent applaudir
00:53:01et tout,
00:53:02mais il faut qu'ils se donnent
00:53:03une période
00:53:03de transition.
00:53:04Trois mois,
00:53:04six mois de transition.
00:53:05Rapidement,
00:53:06ils retournent en casenne
00:53:07et ils donnent le pouvoir
00:53:08à ceux
00:53:08qui ont été formés
00:53:09pour faire avancer le pays.
00:53:13Un militaire
00:53:13ne peut pas faire
00:53:13dix ans,
00:53:14quinze ans
00:53:14à la tête d'un pays.
00:53:15Vous voulez aller où ?
00:53:16Merci.
00:53:17C'est ce que la Côte
00:53:18a vécu en 2000,
00:53:19je crois,
00:53:20après le coup d'État
00:53:20de 1999.
00:53:21On a tous vu
00:53:22que les Ivoiriens
00:53:22sont sortis massivement
00:53:23dans les rues
00:53:23pour applaudir
00:53:24le coup d'État
00:53:29Ça a commencé à agresser.
00:53:30La même populaire
00:53:31est sorti pour...
00:53:32Et je me rappelle
00:53:32d'une expression
00:53:33que j'avais aimée
00:53:33d'un journal panafricain
00:53:35qui avait dit
00:53:36que le journal Gueye
00:53:37est arrivé comme un sauveur,
00:53:39il est parti comme un voleur.
00:53:41Je pense que c'est un schéma
00:53:41qui s'applique
00:53:42à beaucoup de régimes militaires.
00:53:44Quand on a connaissance
00:53:45de tous ces défis,
00:53:47de toutes ces difficultés,
00:53:49ça veut dire que quelque part,
00:53:50il y a une certaine
00:53:52éducation citoyenne
00:53:53qu'il faut développer
00:53:55pour construire durablement
00:53:57cette démocratie.
00:53:57dont on parle tant.
00:54:00Pour vous,
00:54:01ce serait la bienvenue.
00:54:05Gouverner
00:54:07relève
00:54:10de la moralité,
00:54:12de l'éthique.
00:54:14Ceux qui incarnent...
00:54:16On aura beau dire
00:54:17les institutions
00:54:18ont construit
00:54:20certes des bâtiments,
00:54:21mais ce ne sont pas
00:54:22des bâtiments qui bougent.
00:54:24Ce sont des humains
00:54:25qui font fonctionner
00:54:29la démocratie.
00:54:32Ce sont des humains
00:54:33qui appliquent
00:54:35l'orientation générale politique.
00:54:37Donc,
00:54:38ce qu'on attend
00:54:39de ces chefs
00:54:42d'institution,
00:54:43c'est d'être
00:54:44l'exemple
00:54:46de ce qu'ils veulent
00:54:48appliquer.
00:54:50C'est d'être
00:54:51des modèles
00:54:52de ce qu'ils veulent
00:54:55amener
00:54:56leur population
00:54:57à suivre.
00:54:59Les gens
00:55:02entendent
00:55:02et écoutent
00:55:04ce que vous dites,
00:55:06mais ils sont
00:55:06influencés
00:55:07par votre façon de faire.
00:55:09L'Afrique
00:55:10est-elle prête
00:55:11pour la démocratie ?
00:55:12On va faire un dernier tour
00:55:13de table
00:55:13sur cette question
00:55:14principale
00:55:15avant de nous laisser.
00:55:17Dr Mébrard,
00:55:17je vous accorde
00:55:18une minute
00:55:18pour terminer,
00:55:19s'il vous plaît.
00:55:20Pour dire que
00:55:22l'Afrique,
00:55:23au regard
00:55:24de tout ce
00:55:25qu'on a connu,
00:55:27c'est beaucoup
00:55:27de vérité,
00:55:29c'est beaucoup
00:55:30de contrastes,
00:55:33c'est beaucoup
00:55:34de décalages
00:55:35qui peuvent
00:55:36nous amener
00:55:37à croire
00:55:37que l'Afrique
00:55:38n'était pas
00:55:39en capacité.
00:55:41Mais,
00:55:42malgré tout
00:55:43ce décalage,
00:55:45il y a quand même
00:55:45beaucoup
00:55:47d'avancées.
00:55:48Il y a des traités,
00:55:51il y a
00:55:51des conventions,
00:55:53de la CDAO
00:55:54par exemple,
00:55:54qui impose
00:55:55que
00:55:57six mois
00:55:58avant les élections,
00:55:59il ne doit pas
00:56:00avoir
00:56:00de modifications
00:56:01constitutionnelles.
00:56:02Il y a
00:56:03par exemple
00:56:05l'accord
00:56:06de Bamako
00:56:06d'octobre 2000.
00:56:09Donc,
00:56:09tous ces accords
00:56:11internationaux
00:56:12ont contribué
00:56:12à apaiser
00:56:14le climat
00:56:15démocratique.
00:56:16L'Afrique,
00:56:17avant l'arrivée
00:56:18de ce concept
00:56:19démocratique,
00:56:20elle avait,
00:56:21j'allais dire,
00:56:22la gestion féodale
00:56:24traditionnelle
00:56:25de nos communautés.
00:56:27Et cette
00:56:29participation
00:56:29communautaire
00:56:30sous l'arbre
00:56:31a été
00:56:32un succès.
00:56:33Donc,
00:56:34les mentalités
00:56:34africaines
00:56:35sont prêtes
00:56:36à la gouvernance.
00:56:38Si notre culture
00:56:39est venue
00:56:41pour améliorer,
00:56:43pour enrichir
00:56:44la culture
00:56:45de gouvernance
00:56:46africaine
00:56:47que nous avons,
00:56:48c'est un plus.
00:56:49C'est aux intellectuels
00:56:51qu'il fallait
00:56:53intégrer,
00:56:55décentraliser
00:56:56la pensée
00:56:56démocratique.
00:56:57on est resté
00:56:58dans la capitale.
00:56:59Quand vous venez
00:57:00dans des pays
00:57:01africains,
00:57:02on a le sentiment
00:57:06que la démocratie
00:57:07n'existe que
00:57:07dans la capitale.
00:57:08Mais quand vous allez
00:57:09dans les villes
00:57:10de l'intérieur
00:57:11des pays,
00:57:12regarder
00:57:12l'approche
00:57:14idéologique
00:57:15des populations
00:57:16en banlieue,
00:57:17en localité,
00:57:18en zone rurale,
00:57:19c'est de postule
00:57:20tribale.
00:57:21Ça veut dire que
00:57:22la conscience
00:57:23et l'éducation
00:57:24démocratique
00:57:25n'a pas changé
00:57:27les populations.
00:57:28Donc il faut
00:57:28tous les partis politiques
00:57:30une bonne modification
00:57:32éducative
00:57:33dans toutes les sphères.
00:57:34Serge Coffey,
00:57:34l'Afrique est-elle prête
00:57:36pour la démocratie ?
00:57:37Pour moi,
00:57:37l'Afrique a tout ce qu'il faut
00:57:39pour aller plus loin
00:57:40dans la pratique
00:57:40de la démocratie.
00:57:41Mais pour moi,
00:57:42simplement,
00:57:42elle n'en a pas la volonté.
00:57:44Elle n'en a pas la volonté.
00:57:45Sinon, je pense que...
00:57:46Pour parler de ses dirigeants.
00:57:47Parler de ses dirigeants,
00:57:48de sa classe politique,
00:57:49elle n'en a pas la volonté.
00:57:50Sinon, on pouvait aller plus loin.
00:57:51Gael a dit,
00:57:51c'est un processus,
00:57:52je suis d'accord avec ça,
00:57:53c'est un processus.
00:57:54L'instauration de la démocratie,
00:57:55l'application de la démocratie,
00:57:56c'est un processus.
00:57:57Mais on pouvait aller plus loin.
00:57:59Il aurait pu y avoir
00:57:59davantage d'acquis.
00:58:01Mais je pense
00:58:02qu'on n'a pas la volonté.
00:58:03Gael,
00:58:04on va terminer avec vous.
00:58:05Est-ce que,
00:58:05pour vous,
00:58:06est-ce que l'Afrique
00:58:07est prête
00:58:08à faire pour la démocratie ?
00:58:11Si je regarde à la loupe
00:58:12avec le déficit
00:58:15d'application du concept
00:58:19de nation,
00:58:21du concept
00:58:22de conservation
00:58:23du pouvoir,
00:58:25du concept
00:58:28de la volonté
00:58:30d'avoir une démocratie
00:58:32faite sous mesure
00:58:34pour l'Afrique,
00:58:35je dirais que l'Afrique
00:58:36n'est pas encore prête
00:58:37pour la démocratie.
00:58:39Mais si on va
00:58:40sur la volonté profonde
00:58:45de faire changer les choses,
00:58:47d'appliquer vraiment
00:58:48la démocratie,
00:58:49que je dis,
00:58:51la démocratie aboutie,
00:58:53celle-là qui a subi
00:58:54plusieurs mutations
00:58:57avant d'être celle
00:58:58qui est aboutie
00:58:59depuis 1945,
00:59:00qu'on nous a donnée
00:59:01de 1945 à 70
00:59:03il n'y a que 15 ans.
00:59:04On nous a donné
00:59:05cette démocratie-là
00:59:07moderne,
00:59:08propre,
00:59:09il nous suffit
00:59:09simplement de vouloir
00:59:11l'appliquer.
00:59:11Mais comme on tient
00:59:13toujours à se maintenir
00:59:15au pouvoir,
00:59:16on tient toujours
00:59:17à maintenir sa tribu,
00:59:18son clan,
00:59:19sa région
00:59:20au pouvoir,
00:59:21on est obligé
00:59:22de tordre le coup
00:59:22à la démocratie
00:59:23et c'est malheureux
00:59:24pour l'Afrique.
00:59:25J'espère,
00:59:25moi j'ai l'espoir,
00:59:27j'espère qu'au fil du temps
00:59:29on va arriver finalement
00:59:30à avoir une démocratie
00:59:31stable.
00:59:32Parce que pour l'instant
00:59:33nous sommes dans
00:59:33une démocratie instable.
00:59:35Et vous l'avez dit
00:59:35même si c'est dans 50 ans.
00:59:37Merci à tous les trois
00:59:38d'avoir participé
00:59:39à cette émission.
00:59:40Aumangael Lacroix,
00:59:41vous êtes analyse
00:59:42sociopolitique.
00:59:42Merci d'avoir répondu
00:59:44à toutes nos questions.
00:59:45Docteur Coné-Mébra,
00:59:46merci encore
00:59:46d'avoir été sur ce plateau.
00:59:48Je rappelle à nos
00:59:48téléspectateurs
00:59:49que vous êtes politologue
00:59:50et le journaliste
00:59:52politique sur ce plateau.
00:59:53Il n'y a rien d'autre,
00:59:54il n'y a personne d'autre
00:59:55que M. Serge Kofi.
00:59:57Merci également Serge
00:59:58d'avoir été sur ce plateau.
01:00:00Mesdames et messieurs,
01:00:01cette émission a terminé.
01:00:02Merci de l'avoir suivi.
01:00:03On se dit à demain
01:00:04pour un autre numéro
01:00:06de cette Info le Débat.
01:00:07Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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